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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 18:34
Anges et Démons

 

L’éternel combat des Fils de la Lumière
contre les Fils des Ténèbres

 


Toutes les religions reconnaissent l’existence d’un monde spirituel peuplé d’entités exerçant une influence positive ou négative sur notre univers physique. L’existence des anges et des démons est confirmée à maintes reprises dans les textes sacrés. Si certaines entités arborent des ailes magnifiques et sont d’une lumineuse beauté, d’autres portent des cornes et des ailes de chauve-souris et sont d’une laideur repoussante. Durant le Moyen-âge, les anges étaient considérés comme les principes animant l’univers et les éléments, les agents personnifiant la nature. On leur attribuait le mouvement des corps célestes. Ils étaient sensés gouverner les planètes.

 


 
 

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Nous retrouvons cette idée dans le Talmud et la Kabbale, cette dernière attribuant chaque planète à un ange régent et la direction de chaque degré du zodiaque à un ange servant. Un grand nombre d’anges préside aux mouvements des galaxies, des étoiles et des astres célestes. Ils sont responsables des cycles, de la lumière, de la vie et des principes de l’univers. Nous considérons les anges comme des messagers, de serviteurs zélés de la divinité qui exécutent sa volonté. Nous leur prêtons généralement un rôle de gardien, de guide, d’initiateur. Pourtant, il n’existe aucun passage dans la Bible mentionnant que Dieu créa des esprits pour le servir. De même, aucun texte sacré n’évoque jamais le terme « d’ange gardien ». En réalité, nous savons très peu de choses sur les anges, leur création, leurs rôles et leurs missions. Les théologiens se contredisent quant à leur nature, leurs actions sur le monde et leur éventuel libre arbitre.

 

Si certaines entités conservent l’ordre et l’harmonie, d’autres apportent troubles, confusions, désordres et chaos, cherchant à nous induire au mal et à détruire l’œuvre du Créateur. Selon Origène (Père de l’Eglise du IIIième siècle) « tous les hommes sont assistés de deux anges, le mauvais qui le pousse au mal, et le bon qui le pousse au bien. » Il disait : « Il est manifeste, et on peut montrer par de nombreux indices que l’âme humaine, tant qu’elle est dans le corps, peut recevoir des opérations diverses correspondant à la diversité des esprits bons et mauvais. Les esprits mauvais corrompent l’âme sensitive et intellectuelle par des pensées variées et des suggestions coupables. Au contraire, on reçoit l’opération du bon esprit quand on est mû et poussé au bien et inspiré de choses célestes et divines. » (De Principis, III, 3,4 p. 260). Pour arriver à leurs fins, les démons se servent de la tentation, de l’exacerbation des désirs matériels et charnels, des pulsions animales instinctives présentes en chacun de nous.

 

Au besoin, ils vont jusqu’à posséder l’âme des fidèles. Le Christ institua les vertus du baptême destinées à casser la prédominance naturelle des démons sur l’âme humaine et à la vouer à Dieu, ce qui n’empêche nullement le diable de tourmenter les hommes jusqu’à leur mort. Les nations ont également leurs anges protecteurs tout comme leurs démons qui les poussent à la guerre et à la destruction. Le monde monastique où règne le jeune, la prière et l’ascétisme est un univers clos très prolifique en matière de réalités démoniaques, le diable semblant prendre un malin plaisir à jouer aux pénitents tous les tours possibles, utilisant les tentations, la luxure, la vanité, les sévices corporels, les souffrances morales…

 

 

 

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Parfois, il revêt l’apparence d’un ange de lumière pour mieux tromper son monde. Au fil des épreuves, l’Eglise est devenue experte en démonologie et assure la formation de prêtres exorcistes chargés, à l’image du Christ, de chasser le malin du corps des possédés. Toutefois, elle reste dans une prudente réserve quand il s’agit de parler des démons comme des anges d’ailleurs… Parallèlement, magiciens et sorciers ont, grâce à leurs contacts permanents avec les forces des ténèbres, pu identifier un certain nombre d’esprits malins et les domaines dans lesquels ils agissent. Ils ont établi un certain nombre de règles destinées à se protéger de leurs attaques, à obtenir de leur part des faveurs et la réalisation de leurs souhaits matériels.

 

Les perceptions et les expériences de ces hommes, voués au bien comme au mal, ont enrichi de manière considérable nos connaissances des mondes tant angéliques et démoniaques. Des écrivains comme Dante, des peintres tels Jérôme Bosch ont mis en scène des visions infernales, des descentes aux enfers et des montées au paradis qui eurent un impact non négligeable sur le public. Les anges comme les démons se dévoilèrent largement dans l’imagerie populaire, l’art sacré et la littérature. Durant le Moyen Age, l’Eglise se livra, à travers l’Inquisition, à une chasse aux sorcières exemplaire. Si les entités célestes bénéfiques et maléfiques sont présentes dans notre espace, la science nie toujours leur existence. Fière de ses conquêtes basées sur un rationalisme totalement dénué de spiritualité, elle se refusa à exercer ses expérimentations sur un espace inexplorable (selon ses critères) et sur des créatures incorporelles ne pouvant être appréhendées selon les lois qu’elle s’est fixées. Il n’empêche que nous assistons à une résurgence dans la croyance populaire des anges et des démons, et à un désir croissant de communiquer avec eux.

 

Si comme nous le pensons, ces créatures vivent dans des mondes parallèles de conscience interférant constamment avec le plan terrestre, et si elles travaillent au niveau des causes, alors que nous vivons dans le monde des effets, il est primordial de nous inquiéter de leurs actions et de leurs plans. La meilleure arme de ces êtres est notre cécité. Limité par les trois dimensions de notre espace matériel, prisonnier du temps et de nos cinq sens, nous sommes pareils à des aveugles. C’est pourquoi, nous devons apprendre à reconnaître les traces de leur présence et de leur passage, celle de leur action subtile sur nos consciences. Nous devons parvenir à les identifier de manière à pouvoir (peut-être) déjouer leurs plans, et chercher à nous entretenir avec eux au niveau du conscient afin d’obtenir de l’aide et des conseils. Seul un éveil de conscience global nous permettra de sortir de notre rôle de « pions » pour devenir des acteurs véritables de notre destin.



 

Jardin des delices

 

  

Le « monde astral » (univers vibratoire parallèle) où errent les esprits des décédés en manque de repère ainsi qu’une kyrielle de larves et d’esprits infernaux en quête de proies humaines constitue la « poubelle invisible » dans laquelle nous rejetons toutes nos angoisses, nos fantasmes et nos émotions négatives. Cette frontière vibratoire forme un écran entre le plan matériel et les autres plans spirituels, un passage obligé, une sorte de purgatoire au-delà duquel s’étagent les différents plans de conscience allant du plus dense (le plus obscur) au plus subtil (le plus lumineux). C’est dans cet espace d’émotions pures que les démons et leur maître Satan puisent toute leur énergie vitale. A l’opposé, c’est de nos émotions d’amour, de paix et sérénité dont se repaissent les anges.

 

L’angélologie est liée de près à la démonologie, anges et démons semblant se servir des humains comme des esclaves pour asseoir leur puissance et remporter la bataille finale. Nous évoluons dans un monde dualiste où deux principes opposés s’affrontent. Le premier est bon, c’est le « Prince des Lumières ». Le second est fondamentalement mauvais. Il est le « Prince des Ténèbres ». Ils dirigent l’un et l’autre une véritable armada d’esprits qui leur sont subordonnés. C’est le Dieu unique qui a créé ces deux armées destinées à lutter l’une contre l’autre jusqu’à la fin des temps, dans un combat eschatologique où l’homme est appelé à choisir son camp. Le terrain de cette bataille permanente, c’est la terre.

 

La créature humaine reçoit dès sa naissance un ou plusieurs représentants de chaque armée. Elle est douée pour le bien comme pour le mal mais la part de beauté et de laideur n’est pas distribuée à part égale chez tout le monde. C’est ce qui crée la diversité des âmes, des esprits et des consciences. C’est là où réside toute l’importance de notre libre arbitre. Selon Origène, Dieu a créé le monde spirituel et des hiérarchies pour le servir qui se sont mises en place suivant leur degré de fidélité. Dans cette classification, les démons se trouvent au niveau le plus bas, le plan matériel, c’est-à-dire la terre. A propos de la chute des anges, il écrit : « Avant les siècles, tous les esprits étaient purs, démons, âmes et anges, servant Dieu et accomplissant ses commandements. Le Diable qui était l’un d’eux, voulut s’opposer à Dieu et Dieu le rejeta. Toutes les autres puissances tombèrent avec lui. Les unes ayant beaucoup péché devinrent les démons ; les autres qui avaient moins péché devinrent les anges. Restaient les âmes qui n’avaient pas assez péché pour devenir des démons, ni n’étaient assez légères pour devenir des anges » (De Principis, I, 8, 1, p. 96). Etait-ce les créatures humaines qu’il évoquait en parlant de ces âmes pas assez pures pour devenir des anges et pas assez mauvaises pour être des démons ?

 

Angélologie

 

1. Historique

 

Le concept d’êtres spirituels intermédiaires entre Dieu et les hommes est essentiel dans toutes les croyances. L’origine de l’histoire des anges prend sa source dans les anciennes civilisations assyro-babyloniennes. D’un point de vue archéologique, toutes les pistes convergent vers la civilisation de Sumer. C’est de plus de trois mille ans avant notre ère que datent les premières représentations de génies ailés mi-humains, mi-animaux découvertes en Irak.

 

  


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Les précurseurs les plus connus des anges sont les personnages ailés décorant les palais assyriens, des génies protecteurs représentés sous la forme de taureaux androcéphales ailés appelés lamassus, chargés d’éloigner les mauvais esprits. Il existait une multitude d’entités sculptées en relief sur la pierre, représentées tantôt sous l’aspect d’un être humain ailé, tantôt sous celui d’une silhouette ailée mi-humaine pour le corps, mi-animale pour la tête. Ces génies tantôt bons, tantôt mauvais constituaient l’un des grandes préoccupations de la religion d’Assour et de Babylone. Les bons génies appelés shedu, lamassu ou encore karîbu, figurés sous forme de taureaux ailés ou d’aigles, assuraient un rôle protecteur pour les hommes, portaient aux Dieux leurs hommages et attiraient sur eux leurs faveurs, affirmant déjà leur nature de gardiens et de messagers. Les « anges » de la statuaire assyro babylonienne avaient un aspect plutôt monstrueux et imposant. Ils arboraient une double paire d’ailes supérieures et inférieures se réunissant au milieu du dos.

 

Du fait de leur exil à Babylone, les Hébreux furent fortement influencés par ces représentations. Les kâribu se muèrent en « chérubins » décrits par Ezéchiel dans sa vision du char céleste. En Grèce apparurent des créatures célestes représentant le plus souvent des déesses comme Aphrodite, des nymphes ailées et des dieux comme Eros ou encore Hermès, le messager aux sandales ailées, au casque d’Hadès, portant le caducée. Les Grecs divinisèrent la victoire sous le nom de Niké, messagère des Dieux. Les Romains avaient aussi leurs victoires. Elles étaient les garantes du pouvoir impérial.

 

Dans les religions polythéistes, les dieux interféraient directement avec les hommes, ce qui n’empêchait pas l’existence de figure surnaturelles intermédiaires. C’est au terme de nombreux bouleversements qui agitèrent le monde antique que les anges apparurent en tant que messagers subordonnés à un Dieu unique. L’ange n’apparut de manière spécifique que dans les religions révélées comme le Christianisme (Ancien et Nouveau Testament), le Judaïsme (Ancien Testament) et l’Islam (Coran) qui mirent en exergue l’existence d’un seul Dieu, créateur du monde, un être distant qui avait besoin, du fait de sa transcendance, d’êtres intermédiaires entre lui et sa création. Seules les traditions monothéistes développèrent une science des anges.



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Dans les Ecritures, les anges apparaissent comme les plus fidèles serviteurs du Seigneur. L’angélologie ou angéologie est la science qui étudie les anges. Dans la tradition chrétienne, les anges sont des médiateurs, des serviteurs de Dieu qui exécutent ses ordres. Ils l’assistent dans le gouvernement du monde et le glorifient constamment, à travers des louanges et des chants d’adoration. Dans la Bible, les armées angéliques forment une vaste cour autour de Yahvé. Dieu se sert aussi des anges pour révéler les messages qu’il destine à son peuple. A travers une hiérarchie de rôles, de missions et de pouvoirs, les anges se transmettent mutuellement la lumière divine qu’ils réfléchissent, en distribuant au passage une partie aux êtres humains, les faisant progresser dans la voie de la perfection. Parallèlement à ce courant d’énergie « descendant », existe un courant « ascendant » élevant les prières et les intentions des hommes jusqu’à leur créateur.

 

Les Ecritures font souvent référence à « l’Ange de l’Eternel », sorte de manifestation personnelle du Dieu dans des circonstances données. Son esprit, sa force, son verbe, sa lumière, ses vertus et sa volonté sont véhiculés par les anges dont le nombre est infini. Les Ecritures évoquent des myriades de myriades d’entités célestes formant une vaste armée dirigée par l’archange Saint Michel. Albert le Grand, philosophe et théologien du XIIIe siècle, ne comptait pas moins de 66.666 légions de 66.666 anges, soit un total de 4.444.355.556 ! Ce grand nombre est confirmé par la définition même du mot « Dieu » tiré de l’hébreu « Elohim ». « Elohim » est le pluriel de « Eloah » signifiant « Le Tout Puissant ».

 

Il exprime une pluralité de puissances indiquant des distinctions internes dans la divinité, la possibilité de la présence d’un grand nombre d’être spirituels constituant autant d’émanations de son rayon. L’essence de Dieu est entièrement contenue en chaque ange et chaque ange représente une partie de la nature divine. Dans la Bible, les anges sont mentionnés à de nombreuses reprises. Ils sont les Chérubins gardant l’entrée du Paradis, ceux placés sur l’Arche d’Alliance, les anges destructeurs de Sodome, les messagers de Dieu (annonciation à Marie), les protecteurs des hommes (Tobie et l’archange Raphaël, Daniel sauvé de la fosse aux lions), les armées de Dieu (combat de Saint Michel contre Satan), les révélateurs et les initiateurs (explication du sens caché de certains rêves ou visions)…

 

Avec la venue du Christ, les créatures angéliques furent reléguées au second plan et apparurent essentiellement comme des serviteurs. Elles ne constituèrent plus le lien unique permettant à Dieu de se révéler aux hommes et aux hommes de s’entretenir avec lui. La venue de Jésus empêcha tout culte ou idolâtrie déplacée à leur égard, le fils de Dieu étant définitivement déclaré « supérieur aux anges ». L’idolâtrie aux anges fut dénoncée par Saint Paul dans son Epître aux Collossiens, II, 18-19 : « Ne vous laissez pas frustrer par les gens qui se complaisent dans « l’humilité » et le « culte des anges » au gré de leurs visions ; ils sont gonflés de vanité par la pensée de leur chair ». Le culte des anges fut révoqué par le Concile de Laodicée, dans la seconde partie du IVème siècle qui déclara : « Les Chrétiens ne doivent pas vénérer superstitieusement les anges et en introduire le culte idolâtre. »

 

Dans leur dévotion envers leur Dieu unique, les Hébreux transformèrent toutes les déités vénérées par les peuples du Moyen Orient et de Mésopotamie avec lesquels ils furent en contact, en anges servants. D’après le Talmud, les noms des anges vinrent avec les Israélites de Babylone (597-538 avant J.-C.). S’inspirant de l’art mésopotamien, leurs artistes et écrivains dotèrent les anges d’ailes, de morphologies anthropomorphes (mi hommes mi animaux) et se prirent d’intérêt pour le nom et le rang des anges. Ils héritèrent de ces traditions la conception dualistes de l’univers avec la croyance en des anges bienfaisants et des anges destructeurs en rébellion contre Dieu. La communauté juive de Qumram (Esséniens) considéraient le monde comme un vaste champ de bataille opposant « L’Esprit de Vérité » et « l’Esprit du Mal », ce dernier étant une puissance angélique opposée à Dieu du nom de Bélial.



 

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Si l’existence des anges est tenue pour acquise dans la pensée juive, ils ne tiennent pas pour autant une place importante. Ils ne sont que des intermédiaires entre le monde créé et son inaccessible Créateur. Le Judaïsme reconnaît deux catégories d’anges : ceux qui sont porteurs d’un message et s’adressent à un individu en particulier et ceux qui chantent les louanges du Seigneur. Au Ier siècle avant J.-C. pointa un Judaïsme mystique dans lequel l’initié avait besoin du secours des anges pour franchir les sept cieux et accéder au trône divin. Divisés en une hiérarchie ordonnée, les anges reçurent des noms et revêtirent un pouvoir invocatoire magique.

 

S’inspirant des traditions du Judaïsme et Christianisme considérées comme des révélations authentiques ayant précédé la révélation de Mahomet, l’Islam et le Coran mentionnent souvent les anges, principalement Jibril (Gabriel), le transmetteur de la révélation, les démons et les djinns. Tout fidèle est tenu de croire en l’existence des anges, des génies, des démons et des mondes invisibles. Chaque catégorie d’anges est chargée d’une mission spécifique. Certains sont responsables de la marche du monde, des cieux et de la terre, de l’action des planètes, du soleil, de la lune, des vents, de nuages, de la pluie, des plantes et des animaux…

 

Pour l’Islam, les anges appelés « malak » (messagers) sont faits de lumière et les démons de feu. Les anges sont dépourvus de tentation et purifiés de tout désir. Ils n’ont pas de sexe mais possèdent des ailes dont le nombre est variable. Allah a accordé aux anges la faculté de se métamorphoser en fonction des missions dont il les charge. Le plus souvent, ils arborent une apparence humaine et sont d’une grande beauté. Il existe aussi des anges soldats dont le nombre est connu de Dieu seul. Aucun ange ne peut désobéir au Tout Puissant.

 

Les anges du mal comme les anges du bien sont sous son contrôle. Puisqu’il existe sept cieux dans l’Islam, les anges sont répartis en sept classes différentes. Les principaux anges sont Jibril (Gabriel), Mickaël (Michel), Izrâil (Azraël) et Isrâfil (Séraphiel). Les anges de l’Islam sont aussi des observateurs et des scribes. Ils enregistrent scrupuleusement toutes les actions des hommes, notent par écrit chaque parole, recensent fidèlement tout ce qui les concerne. Le Jour de la Résurrection, chacun de nous prendra connaissance de son livre personnel.

 

Les anges protègent les fidèles contre les démons et les ennemis de la religion car l’Islam a son diable. Il porte le nom d’Iblis. Il est le « shaytan » (Satan) des Hébreux et le Lucifer déchu des Chrétiens. Iblis est le personnage à travers lequel Dieu introduit la notion de mal dans l’histoire de l’humanité. Le diable a sous ses ordres des légions de shayatins, des djinns voués à une mission unique, celle de détourner l’homme de sa destination finale, le Paradis. Dans la tradition islamique, les djinns sont considérés comme des êtres à part entière, soumis au jugement final.

 

2. Définition, nature et origine des anges

 

Le mot ange dérive du latin angelus, transcription du grec aggelos, signifiant « messager », « émissaire ». En hébreu, l’ange porte le nom de malakh, signifiant également « messager ». Le mot malakh dérive de la racine laakh qui en langue sémitique évoque une mission, un service, une charge. Le mot ange désigne une fonction, non une nature. L’ange assure le lien entre le Créateur et sa création.

 

Saint Grégoire de Nazianze et plusieurs autres Pères de l’Eglise d’Orient pensaient que les anges existaient depuis longtemps quand Dieu créa le monde mais cette idée fut rapidement abandonnée. La plupart des théologiens d’aujourd’hui s’accordent pour dire que les anges furent créés par Dieu, au même titre que les hommes. Toutefois, l’époque de leur apparition reste imprécise.



 

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La Genèse se borne à révéler qu’au commencement « Dieu créa le ciel et la terre ». Saint Augustin et Saint Grégoire déclarèrent que quand il était dit que « Dieu créa le ciel », il y incluait évidemment ses habitants. Avec d’autres Pères de l’Eglise, ils prétendirent que les anges furent englobés, soit, dans la création du ciel, soit dans celle de la lumière. Les Ecritures révèlent que « Dieu créa, en six jours, le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils renferment ». Selon Saint Thomas, « il est croyable que Dieu les fit (les anges) quand il produisit l’œuvre des six jours. » Il est improbable que Dieu ait donné naissance à des créatures spirituelles avant de leur assigner un lieu de résidence, tout comme il attendit de créer la terre pour former l’homme et les animaux.

 

Dieu enfanta l’essence immortelle puis l’habilla d’une substance mortelle car il avait besoin d’aide pour entreprendre son vaste programme de créations matérielles. Les peuples du ciel furent créés pour seconder la divinité dans ses œuvres. Le psaume 33, verset 6, affirme : « Les cieux ont été créés par la parole de l’Eternel et toute leur armée, par le souffle de sa bouche ». Même déclaration chez Néhémie, chapitre 9, verset 6 : « Toi seul, tu es l’éternel. C’est toi qui as fait les cieux, les cieux des cieux et toute leur armée. » Selon Saint Thomas, les anges furent créés dans le lieu le plus élevé du monde, le ciel empyrée. L’idée d’un firmament surplombant toutes les sphères célestes des cosmogonies antiques prit naissance au XIIIème siècle.

 

Ce « dixième ciel » selon Saint Thomas d’Aquin était le lieu de résidence de Dieu, des anges et des âmes bienheureuses. Au Moyen Age, cet endroit fut figuré par une série de cercles concentriques. Ce véritable dôme ampli d’une lumière resplendissante détermina l’iconographie traditionnelle du Paradis. Saint Isidore prétendit que le « ciel le plus sublime était celui des anges. » Pour ce qui est de leur nature, l’Eglise catholique considère les anges comme des substances incorporelles, intelligentes et supérieures aux hommes. Saint Justin pensait qu’ils ne nourrissaient de manne céleste, leur conférant une « texture », corporelle particulière.

 

Clément d’Alexandrie, Tertullien, Saint Ambroise, Origène, Saint Augustin les disaient revêtus d’un corps « éthéré ». D’autres les voyaient comme des êtres purement spirituel pouvant à l’occasion prendre « l’apparence humaine ». Le second concile de Nicée, en 787, accepta le principe d’une nature « subtile » et toléra leur représentation. Si nos artistes inspirés ont amplement représenté les célestes messagers, si les témoignages des saints, des mystiques et des êtres humains sauvés par les anges ont fourni des éléments (parfois contradictoires) sur leur apparence et leurs rôles, ont peut se demander si ces personnes n’ont pas tout simplement aperçu ce qu’ils avaient envie de voir ou ce qui leur était « permis » de voir. Il est possible que les anges aient adopté une forme plaisante pour ne pas les effrayer. Les anges projettent dans notre inconscient collectif des images qui ont varié en fonction des époques, des civilisations et des cultures.

 

A travers les siècles, les hommes les ont représentés comme des êtres hybrides, des déesses de la victoire, des nymphes, des fées, des sylphes, des esprits de la nature, des bébés ailés roses et tendres, des silhouettes diaphanes et aériennes, des personnages au sexe ambigu habillés de vêtements liturgiques ou d’aubes de communiants, des soldats cuirassés armés d’épées flamboyantes, des êtres lumineux habillés de blancs et ceinturés d’or, des créatures humaines auréolées de lumière…

 

Les anges sont constitués d’énergie vibratoire et ondulatoire reflétant la lumière, l’esprit et l’amour de Dieu. S’ils sont de purs esprits résidant dans les mondes supérieurs de conscience, il leur arrive de temps à autre de prendre l’apparence d’êtres et de femmes de chair. Cette double facette, à la fois spirituelle et matérielle, a généré de nombreuses interrogations sur leur nature et même sur leur sexe. Les anges empruntent les formes qu’ils leur conviennent, en fonction de la catégorie à laquelle ils appartiennent, de leurs rôles et des missions, que ce soit pour dialoguer entre eux ou pour s’adresser à nous. Nous ne devons émettre aucune exclusive particulière ou général à propos de leur « physique », si tant est qu’ils en aient bien un !

 

3. L’apparence des anges

 

Les hommes ont toujours représenté les anges comme des créatures ailées capables de se déplacer à grande vitesse, du fait de leur mission spécifique de messagers. Dans la Bible, nous les voyons effectuer de nombreux voyages. Un ange porta le prophète Habacuc jusqu’à Babylone afin qu’il donne à manger à Daniel, prisonnier dans la fosse aux lions. Une entité angélique enlève saint Philippe alors qu’il est en train de baptiser un officier de la reine d’Ethiopie et le dépose huit à dix lieues plus loin. Dans son songe, Jacob voit une échelle sans cesse parcourue par les anges…

 

Blanches et soyeuses, les ailes représentent  la pureté, la vertu originelle et la douceur. A l’occasion, elles peuvent adopter couleurs tendres et irisées, prenant l’apparence d’ailes de papillons ou de plumes de paon, ces dernières étant un symbole d’immortalité. Mais quand on évoque la présence des anges, parle-t-on d’une présence réelle ou fait-on plutôt allusion à une présence virtuelle ? Si Dieu ne se trouve pas dans un lieu précis mais partout à la fois, en raison de son immensité et de sa puissance, en va-t-il de même pour les « extensions » de son être que sont les anges ?

 

De nombreux penseurs affirmèrent que les anges n’avaient qu’une présence « virtuelle ». Ils opéraient dans un lieu, sans s’y trouver réellement. Saint Thomas ne concevait pas qu’un esprit puisse être absent d’un lieu dans lequel il opérait. Il considérait que les anges avaient une présence « locale », affirmant que chaque substance spirituelle existait dans un lieu de manière « à n’être point ailleurs… »

 



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Un ange peut-il être à plusieurs endroits en même temps ? Pour l’Abbé P. (XIXème siècle), auteur d’un petit livre remarquable sur les « Saints Anges », un ange est un esprit « sans quantité ni situation. » Il ne répond à aucune partie de la matière où qu’elle se trouve. Du fait de sa puissance propre, il peut élargir ou rétrécir le lieu où sa volonté opère, l’étendre jusqu’aux limites de son opération. Un ange peut être présent dans un lieu mais faire ressentir son action dans un espace considérable. Bref, ce n’est pas le lieu qui contient l’ange mais l’ange qui contient le lieu !

 

Emblème de vitesse et de mouvement, les ailes témoignent de la capacité des anges à se déplacer instantanément d’un endroit à l’autre, leur faculté de se mouvoir avec la rapidité de l’éclair, de disparaître instantanément à nos regards ébahis. Au ciel, il n’existe point d’entrave, point d’obstacle à leur passage, c’est pourquoi dans les Ecritures, les anges sont comparés au vent ou aux feux des éclairs.

 

Symboles de légèreté, les ailes des anges sont aériennes presque diaphanes. Elles se confondent avec le halo de lumière dorée entourant le corps spirituel angélique. L’auréole entourant la tête des anges comme une couronne est un symbole d’élévation, de pureté, de sainteté et de gloire divine. Il est possible que les ailes soient des sortes de filaments de lumière à travers lesquels les anges communiquent grâce à un système particulier d’ondes et de vibrations. D’un point de vue strictement iconographique, les ailes constituent le signe distinctif du rôle tenu par chaque catégorie d’anges au sein de la hiérarchie. Les Séraphins possèdent trois paires d’ailes, les Chérubins deux, et les autres anges se contentent d’une seule.

 

Quant à leur apparence, les anges sont généralement considérés comme des êtres androgynes. On pense à tort que l’androgynes. On pense à tort que l’androgynie est un état asexué. C’est faux. Le mot « androgyne » vient du grec andros (mâle) et gunê (femelle). Il signifie la juxtaposition, la confusion des deux polarités en un seul et même individu. Les anges procèdent des deux genres à la fois. Selon les circonstances, ils revêtent l’apparence d’êtres masculins ou féminins. C’est la raison pour laquelle ils troublent tant les créatures humaines. Les anges représentent à nos yeux la beauté extrême, la séduction suprême. Leur mystérieuse beauté a exalté l’imagination de nombreux artistes anciens et modernes.

 

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Orphée - dans Esotérisme & Gnose