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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 10:52

Apollonius de Tyane

 

Apollonius de Tyane a vécu au 1er siècle de notre ère, et de nombreux auteurs ont tenté de faire passer ce personnage contemporain de Jésus pour un imposteur. Il restera pour l’histoire religieuse à la fois un grand thaumaturge, un brillant philosophe et surtout un mystique. Ce personnage mystérieux jadis vénéré, mais aujourd’hui totalement oublié du public est d’autant plus intéressant à redécouvrir et à étudier qu’il vécut à la même époque que le Christ. Il eut les mêmes expériences spirituelles que ce dernier et accomplit les mêmes prodiges.



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Pour ceux qui étudient les origines du christianisme, il n’est pas de période plus intéressante dans l’histoire orientale et occidentale. Malgré les récentes découvertes archéologiques, entre autres celles de Qumram et de Nag Hammadi, nous restons malgré tout mal documentés en ce qui concerne les conditions religieuses et sociales de cette époque ; les souverains, hommes d’Etat et guerres de l’Empire semblant avoir absorbé la majeure partie de l’intérêt des historiens des premiers siècles. Sur ce terrain particulier de l’histoire politique, il nous est possible de connaître les actes publics des Empereurs et de contrôler ces renseignements d’après des archives et des inscriptions. Lorsque nous désirons connaître les actes privés de ces mêmes Empereurs et les mobiles de leurs actes, nous nous trouvons souvent dans le domaine des préjugés, des scandales ou tout simplement, des simples spéculations hasardeuses. Les actes politiques d’un Empereur ou de ses subordonnés peuvent nous donner une faible idée de l’état général des conditions sociales de l’époque, mais ils n’en donnent aucune concernant les conditions religieuses, sauf bien sur dans les cas où la religion touche au domaine de la politique. Si nous voulions tirer de notre code civil ou de la récente « Constitution européenne » une conception de notre spiritualité ou des religions suivies par nos concitoyens, ce serait mission impossible.

 

Il est tout aussi difficile de reconstituer de manière fiable un tableau de la vie religieuse du 1er siècle de notre ère, d’après les actes ou les écrits officiels retrouvés parfois dans des conditions miraculeuses. Il en est de même pour les documents qualifiés d’authentiques qui nous sont parvenus par le biais d’archives ou de bibliothèques religieuses. Ils sont loin de nous aider à nous faire une idée des plus fiables du milieu dans lequel par exemple Paul et Pierre introduisirent la foi chrétienne nouvelle en Asie Mineure, en Grèce ou à Rome. Ce n’est qu’en réunissant laborieusement des parcelles d’informations disséminées dans d’obscures bibliothèques, en récupérant des textes gnostiques ayant échappé à la censure ou encore en récoltant des manuscrits perdus et des fragments d’inscriptions ou d’ouvrages de littérature sauvées de l’Inquisition que nous pouvons percevoir l’existence d’une autre réalité historique.

 

Nous faisons alors la connaissance d’un tout autre monde d’associations religieuses et de cultes parfois bien curieux. Même par ce biais et par cette méthode, nous n’obtenons encore que des notions fragmentaires, très peu précises sur ce qui se passait réellement dans ces sociétés initiatiques ou ces confréries secrètes. Le peu que nous en apprenons nous donne une idée des principes religieux auxquels leurs membres se référaient, tout en regrettant le fait que nous nous trouvons dans l’impossibilité actuelle d’en savoir davantage.

 



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Apollonius de Tyane, ce penseur néo-pythagoricien fait partie de ces personnages influents qui furent volontairement occultés et oubliés par l’histoire, particulièrement par les autorités religieuses. Apollonius de Tyane était ce que l’on appelle un « thaumaturge ». Elément moins connu du public, depuis près de dix-neuf siècles, de nombreux mystiques et initiés se sont recommandés de lui. Lorsque l’on se donne la peine de chercher des ouvrages consacrés à Apollonius de Tyane, on s’aperçoit qu’il existe un certain nombre d’ouvrages, ce qui est assez normal puisqu’il fut, le plus célèbre philosophe néo-pythagoricien du monde gréco-romain. Le dictionnaire, de manière succincte, nous apprend qu’il est né dans les premières années de l’ère chrétienne à Tyane une ville du sud de la Cappadoce. Issu d’une famille possédant une grande fortune, il a tout d’abord étudié sous Euthydémus et Euxénus d’Héraclée un  pythagoricien qui enseignait à Tarse, le centre intellectuel le plus important de l’époque. On remarquera surtout qu’il était doué d’une mémoire prodigieuse. Infatigable voyageur, il sillonnera longuement l’Asie Mineure, s’établira un moment à Egée et en Perse, étudiera même dans un monastère situé au Népal et se rendra par la suite en Inde. Partout où il passait, les portes des temples, des sanctuaires sacrés et des communautés s’ouvraient à lui, ce qui nous porte à croire qu’il devait, par son initiation, exister entre ces différents centres une espèce de filiation analogue à celle des sociétés initiatiques.

 

L’emploi de ses journées était réglé d’une manière invariable. Au lever du soleil, il accomplissait seul certains exercices religieux, dont il n’expliquait la nature qu’à ceux qui, comme lui, avaient subi la discipline « des quatre ou cinq années » de silence. Il s’entretenait ensuite avec les prêtres ou supérieures, selon qu’il résidait dans un temple grec ou non grec ayant des rites publics, ou dans une communauté ayant, outre le culte public, un discipline particulière. Il tenta d’ailleurs de rendre aux cultes extérieurs la pureté de leurs anciennes traditions et il suggéra améliorations aux pratiques des confréries privées. Il était considéré comme un maître de la voie occulte par ceux qui pratiquaient la vie intérieure. La formation de ses disciples constituait la plus importante partie de son travail.




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Maîtres ou élèves, il accordait à tous ses soins, toujours prêt à répondre aux questions, à donner conseils et enseignements. Il ne négligeait pas pour autant la foule et l’enseignait régulièrement, mais l’après-midi seulement, car, disait-il, « ceux qui veulent vivre de la vie intérieure doivent converser avec les Dieux à la pointe du jour, puis jusqu’à midi, donner et recevoir les instructions sur les choses divines, et seulement l’après-midi s’entretenir des choses humaines. » Il connut ainsi au cours de sa longue existence (il mourut presque centenaire) la vie active et secrète de villes aussi prestigieuses que Babylone, Ninive, Antioche, Séleucie, Chypre, Ionie, Ephèse, Troie. Il revint de ses nombreux périples à Lesbos puis au Pirée à Athènes, et à Rome sous l’empereur Néron pour enseigner certaines doctrines mystiques et initiatiques. En 66, Néron ayant publié un décret interdisant le séjour à Rome à tous les philosophes, Apollonius fut contraint de partir pour l’Espagne et débarqua à Cadix. Il s’embarqua ensuite pour l’Afrique et séjourna un moment en des lieux aussi éloignés que la Sicile et Rhodes. C’est de cette île qu’il rejoindra enfin Alexandrie. Il y passera quelques temps et aura plusieurs entretiens avec Vespasien, le futur empereur romain.

 

Il entreprit ensuite un long voyage, remontant jusqu’en Ethiopie, au-delà des cataractes, pour visiter une intéressante communauté d’ascètes, celle des Gymnosophistes. A son retour à Alexandrie, il fut mandé à Tarse pour y avoir un entretien en 81 avec Titus qui venait d’être couronné empereur. Après quoi, il semble être retourné en Egypte, car Philostrate évoque vaguement une période passée par Apollonius en Basse-Egypte et des visites aux Phéniciens, aux Ciliciens, aux Ioniens, aux Achéens avant de rejoindre à nouveau l’Italie.

 

Malgré ce parcours extraordinaire et sa personnalité hors du commun, certains historiens mal intentionnés n’ont voulu voir en lui que l’austérité de ses mœurs et ses discours sentencieux. Il est vrai qu’en 81, lorsque Domitien monta sur le trône, Apollonius censura les actes de l’empereur, de même que jadis il s’était opposé aux extravagances de Néron. Domitien le prit en suspicion mais Apollonius eut le courage de braver le tyran face à face. Il traversa la mer pour aller à Rome où il passa en jugement en 93 et fut acquitté. On évoque assez souvent ses prophéties, tout en retenant la série de miracles (dont quelques-uns sont tout à fait semblables à ceux de Jésus) qu’il a accomplis ou du moins que lui attribuèrent ses disciples. Ce qui est certain, c’est que l’un des derniers faits qui nous soit transmis et le concernant directement est sa vision de l’assassinat de Domitien en 96 à Rome, alors qu’Apollonius se trouvait à Ephèse. Il est certain, au travers des témoignages qui nous sont restés, qu’Apollonius parvint certainement à séduire ses contemporains au point que de nombreux admirateurs firent ériger des statues et de nombreux temples. Sa réputation fut telle qu’elle se maintint assez longtemps auprès de nombreux chrétiens jusqu’au cinquième siècle de notre ère. Des écrits anciens rapportent que sa longue vie fut consacrée à la purification des divers cultes de l’Empire romain et à l’instruction des prêtres de ces diverses religions. Hormis le Christ, aucune figure plus intéressante pour le monde occidental ne semble apparaître à cette époque de l’histoire.

 

Toutefois, les opinions concernant Apollonius sont aussi nombreuses que contradictoires, le récit de sa vie étant parvenu plutôt sous la forme d’un conte merveilleux que sous celle d’une simple biographie. Ceci est lié à la vie austère et retirée que mena Apollonius. Il ne faisait en effet que de rares apparitions en public et réduisait au maximum ses passages pour enseigner. Ce n’est que par indiscrétion qu’on apprit que plusieurs sectes à caractère ésotérique et d’inspiration chrétienne ont eu pour Maître secret ce même Apollonius de Tyane, mort à Ephèse en 97 de l’ère chrétienne. Dans le courant ésotérique de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle des personnages clefs comme Papus et Marc Haven s’inspireront d’ailleurs de sa doctrine pour choisir leur pseudonyme à travers d’un de ses ouvrages qui nous est parvenu « Le Nycthéméron ».

 

L’histoire d’Apollonius est surtout connue par un texte de Philostrate, rhéteur du début du IIIème siècle, intitulé « Vie d’Apollonius de Tyane ». Ce témoignagne est donc très postérieur à l’époque de rédaction des Evangiles, alors qu’il s’agit d’un personnage presque contemporain du Christ. Certains chercheurs se sont même posés la question de savoir si Apollonius avait réellement existé. Sa vie paraît d’autant plus indéniable que quelques pères de l’Eglise l’ont évoquée, avant même que Philostrate ne l’écrive. D’autres se sont tout simplement demandés si Apollonius de Tyane n’était pas Jésus-Christ lui-même mais présenté différemment. Mais qu’en est-il vraiment en définitive de la vie de ce grand penseur ? Des chroniques des premiers siècles nous rapportent que pendant ses voyages lointains, on le perdit de vue des années entières et lorsqu’il pénétrait dans les sanctuaires les plus sacrés des temples ou dans le cercle étroit des communautés les plus exclusives, ce qui s’y passait demeurait pour ses contemporains, un vrai mystère.

 

C’est de ce mystère que naquirent probablement toutes les légendes fantastiques forgés par des gens incapables de comprendre une telle démarche d’ascète. C’est pourquoi, dans le portrait que nous dressons de lui dans le présent article, nous tenterons de présenter une courte esquisse du problème soulevé par sa légende et les traditions liées à sa vie. Nous avons la chance de posséder un certain nombre de documents donnant une description du personnage pour le moins énigmatique, en puisant dans la littérature des auteurs classiques mais aussi, et c’est assez surprenant, au travers des écrits des Pères de l’Eglise. Des études plus contemporaines et des bibliographies importantes ont été également réalisées, comme celle entre autres de Silvestre de Sacy, de Chassang, de Laurent d’Aussy, de Mario Meunier, ou encore de Jan Van Rijkenborgh et Jean Louis Bernard. A cela s’ajoute diverses opinions et commentaires issus généralement des courants ésotériques de la littérature ayant survécu au cours des siècles ainsi que les nombreuses discussions engendrées à son sujet.

 

Commençons tout d’abord par les références des auteurs classiques et des Pères de l’Eglise. Nous apprenons ainsi, par une étude anglaise parue au XXième siècle sous la plume de G. Mead, que Lucien le spirituel écrivain de la première moitié du IIème siècle, prit comme sujet d’une de ses satires, l’élève d’un disciple d’Apollonius, plus particulièrement l’un de ceux qui connaissait toute la tragédie de sa vie. Apulée, l’auteur de l’ouvrage initiatique « L’Ane d’or » et un contemporain également de Lucien, mirent Apollonius ainsi que Moïse et Zoroastre ou Osthane, au même rang que les célèbres mages de l’antiquité. Nous trouvons également à la même époque, dans un ouvrage intitulé « Questions et Réponses des Orthodoxes » (attribué d’abord à Justin Martyr et qui eut un grand retentissement vers le milieu du IIème siècle), un intéressant renseignement à son sujet. Il est ainsi posé la question portant le numéro 24 : « Si Dieu est l’auteur et le maître de la création, comment les talismans d’Apollonius possèdent-ils un pouvoir sur les divers ordres de cette création ? Car, ainsi que nous le voyons, ces talismans calment les vagues en fureur, limitent le pouvoir des vents, le pullulement de la vermine, les attaques des bêtes sauvages… »

 

Dion Cassius, dans l’histoire qu’il écrivit de 211 à 222 de notre ère, raconte que l’empereur Caracalla (211-216) éleva une chapelle à la mémoire d’Apollonius. C’est de cette même époque (216) que date la « Vie d’Apollonius » composée par Philostrate, à la demande de Julie Domna, femme de Septime-Sévère et mère de Caracalla, un document qui servi de base à de nombreux travaux cités par Godefroy Oléarius. Celui-ci écrira également la vie d’Apollonius dans l’édition des œuvres qu’il consacra à Philostrate.

 

Lampride, auteur de « La vie d’Alexandre Sévère », vers le milieu du IIIème siècle nous apprend par exemple que cet empereur qui régna de 222 à 235, plaça dans son lararium, à côté de l’image du Christ, d’Abraham et d’Orphée, en bonne place, une statue d’Apollonius. Dans leurs différentes biographies, ces auteurs disculpent Apollonius de toute pratique magique. Godefroy Oléarius nous fournit même des matériaux probants en faveur de l’assertion d’Apulée. De plus, il rappelle que les Evangiles n’étaient guère connus au temps de Philostrate et que celui-ci a surtout fait œuvre d’érudition. Il semble que ce rhéteur était surtout préoccupé de renseigner ses contemporains au sujet de la tradition. Il reflète par ses écrits l’opinion alors établie touchant l’extraordinaire pouvoir dont Apollonius aurait été doté.

 

Originaire, comme nous l’avons dit, de Tyane, une ville de Cappadoce en Turquie, quelques années seulement avant que Jésus-Christ lui-même ne vint au monde, Apollonius vit sa naissance entourée de prodiges annonçant sa destinée. Arrivé à l’âge de l’adolescence, il résolut de vivre en pythagoricien. A partir de ce moment, il devint végétarien et ne mangea plus aucune viande animale. C’était selon lui, une nourriture impure et propre à alourdir l’esprit. Il se nourrissait de légumes et de fruits, affirmant que tout ce que donnait la terre était pur. Quant au vin, il considérait comme pure la boisson fournie par un arbuste si précieux à l’homme, mais il la jugeait néanmoins contraire à l’équilibre de l’esprit et comme troublant la partie supérieure de l’âme. Après avoir purifié son estomac, il s’honorait de marcher pieds nus, ne portait que des étoffes de lin, renonçant à toutes celles qui étaient faites de poils d’animaux. Il laissa croître sa chevelure et vécut dans le temple. Durant des années, il s’astreignit à un rigoureux silence. « Au lever du soleil, il faisait en secret certaines cérémonies auxquelles il n’admettait pas d’autres témoins que ceux qui avaient observé le silence pendant quatre ans. »




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Ayant renoncé aux biens terrestres, Apollonius partit pour les pays les plus lointains. Dans la ville qui s’appelait jadis Babylone, il s’attacha à Damis, un jeune assyrien qui ne le quitta plus et qui a laissé, des mémoires dont Philostrate dit avoir tiré la majeure partie des faits rapportés. Comme Flavius Philostrate, est le seul auteur dont la biographie d’Apollonius nous soit parvenue et que cet auteur est considéré comme un homme de lettres distingué, il est important de prendre en considération son travail. N’oublions pas qu’il faisait partie du cénacle d’écrivains et de penseurs célèbres dont s’entoura Julie Damna, cette impératrice philosophe, guide intellectuel de l’Empire romain pendant les règnes de son époux Septime Sévère et de son fils Caracalla. Ce fut à la requête expresse de Julie Damna que Philostrate écrivit la vie d’Apollonius, et ce fut elle qui lui donna comme canevas un certain manuscrit qu’elle possédait. Cette grande érudite détenait une importante collection de livres provenant de toutes les parties du monde, principalement des manuscrits de philosophes et des notes biographiques concernant tous ceux qui avaient étudié le sens caché des choses. Certains critiques se sont malgré tout posés la question de savoir si Philostrate était à la hauteur de la tâche qui lui fut confiée car il n’était pas un véritable philosophe mais bien plus un sophiste et un critique d’art passionné. Fanatique de Pythagore et de son école, il les admirait à distance, à travers le prisme de sa vive imagination.

 

Quant aux sources d’où il tira ses documents sur Apollonius, Philostrate les exposa en ces termes : « J’ai tiré mes documents des villes qui ont aimé Apollonius, des temples dont il a rétabli les rites et les règles tombés en désuétude. J’ai recueilli ce que les uns et les autres m’ont dit de lui et j’ai consulté ses propres lettres ». Ce détail est d’autant plus important que nous savons qu’une partie de ces lettres appartenaient à l’empereur Hadrien, un souverain éclairé et un esprit religieux, initié aux mystères d’Eleusis. Il révéla également comment il avait obtenu des informations plus détaillées à propos d’Apollonius et dit que dans l’ancienne cité de Ninus (Ninive en Iraq) vivait autrefois un homme instruit, nommé Damis disciple d’Apollonius. Il raconta les voyages qu’ils entreprirent ensemble, citant au cours de son récit, les idées, les maximes, les prédictions de son maître. Le témoignage qu’il rapporta de ce compagnon de route d’Apollonius dont il avait consulté les notes originales ne peut que nous convaincre de la réalité des périples d’Apollonius en Inde, en Egypte, en Ethiopie, en Espagne, et dans bien d’autres pays. On apprend ainsi des choses étranges comme lorsqu’il traversa le Caucase : « Alors qu’ils marchaient par un beau clair de lune, une entité leur apparut, prenant tantôt une forme, tantôt une autre, et quelques fois devenant tout à fait invisible. Apollonius, sachant ce que c’était, chargea d’imprécations ce fantôme, et dit à ses compagnons d’en faire autant : c’était là, selon lui, le véritable moyen de contrer ce type d’apparitions. Et en effet, le fantôme s’enfuit en poussant des cris aigus comme le font les spectres ». Une autre fois auprès du roi Phraote avec lequel il avait de longs entretiens, Apollonius, s’exprima sur l’oniromancie (la Science des Rêves) car il se considérait comme maître dans cet art. Son disciple Damis écrivit à ce propos : « Ce qu’il y a de plus divin parmi les hommes, se découvre plus facilement à un esprit qui n’est pas troublé par les fumées du vin, mais qui les observe, et dans lequel ils pénètrent, sans être intercepté par aucun nuage. Aussi ces interprètes des songes, ces « oniropoles », comme disent, les poètes, ne se hasarderaient, à expliquer aucune vision sans avoir demandé dans quelle circonstance elle était arrivée. » Plus tard, nous le voyons à Pergame où il existait une extraordinaire bibliothèque qui concurrençait en réputation celle d’Alexandrie.

 

Il indiquait ce qu’il fallait faire pour obtenir des songes contenant des présages favorables. Mentionnons aussi que du temps de Philostrate, on avait connaissance des phénomènes de lévitation communs chez les fakirs de l’Inde. Ainsi, le même Damis raconta-t-il : « Qu’il les as vu lui-même s’élever en l’air à la hauteur de deux coudées, non pour étonner (car ils se défendaient de telles prétentions), mais parce que, selon eux, tout ce qu’ils faisaient en l’honneur du soleil à quelque distance de la terre était digne de ce Dieu ». A suivre ces témoignages qui ne manquent pas, Apollonius et Damis furent témoins de bien des prodiges. Mais plusieurs écrits initiatiques nous rapportent qu’il y avait surtout des séances secrètes consacrées à la science des astres, à la divination, à l’art de lire dans l’avenir où l’on faisait des sacrifices. Nous avons des traces de ces séances où assistait un certain Iarchas. Ce dernier nous a laissé quatre livres sur l’astrologie, cités entre autre par Méragène. Damis dit encore que « Iarchas fit don à Apollonius de sept anneaux qui portaient les noms de sept planètes, et Apollonius en mettait un chaque jour, selon le nom du jour ». Certaines chroniques rapportent que de retour à Smyrne, Apollonius calma les esprits des habitants lorsque la peste s’abattit sur Ephèse. Ne trouvant aucun remède à opposer au fléau, les Ephésiens envoyèrent des députés à Apollonius, dont ils espéraient qu’il les guérisse. Apollonius ne crut pas devoir différer : « Allons, dit-il, et au même instant il fut à Ephèse », sans doute pour imiter Pythagore, qui s’était trouvé à Thurium et à Métaponte, il rassembla les Ephésiens et leur dit : « Rassurez-vous, dès aujourd’hui, je vais arrêter le fléau. » Il amena la foule dans l’amphithéâtre, à l’endroit où se trouvait encore il y a un siècle une statue d’Hercule le Sauveur. Là se tenait un vieux mendiant qui feignait de loucher. Il portait une besace remplie de morceaux de pain, était vêtu de haillons et avait le visage pâle et défait. « Entourez, cet ennemi des Dieux, s’écrie Apollonius, ramassez autant de pierres que vous en pourrez trouver, et jetez-les sur lui. »

 

Un tel ordre étonna les Ephésiens qui jugeaient inique de tuer un étranger, un homme dont la position était si misérable, et qui par ses prières s’efforçait de provoquer leur commisération. Mais Apollonius insista et pressa les Ephésiens de ne pas le laisser s’en aller. Quelques-uns se mirent alors à lui jeter des pierres. L’homme qui avait auparavant  l’œil louche, fit voir des yeux étincelants et flamboyants. Les Ephésiens reconnurent en lui un démon, et l’ensevelirent sous une montagne de pierres. Après un court intervalle, Apollonius ordonna d’enlever ces pierres, pour que tous voient le monstre qui venait d’être tué. On les écarta et l’on vit que le vieux mendiant avait disparu. A sa place, il y avait un énorme molosse de la taille d’un lion, tout meurtri et la gueule remplie d’écume comme un chien enragé. C’est à cet endroit que fut érigée la statue d’Hercule Sauveur.




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Apollonius fut un philosophe, non seulement au sens ordinaire de ce mot, c’est-à-dire un spéculateur théorique, disciple d’une organisation ou d’une école de discipline et de renoncement, mais surtout au sens pythagoricien du mot. Pour Pythagore, le seul véritable philosophe était celui qui connaissait les secrets de la nature et qui avait autorité pour parler de ce sujet. C’était par la connaissance directe, et non par les discours d’autrui qu’Apollonius connaissait les secrets de la nature. Pour lui, le sentier de la philosophie était la vie même du philosophe, vie qui amenait l’homme à devenir un instrument de connaissance. La religion était non seulement une foi, mais une science, et il ne voyait dans les choses extérieures que des apparences éternellement changeantes. Cultes, rites, religions, étaient égaux à ses yeux, lorsqu’ils possédaient le véritable esprit. Il ne faisait aucune différence entre les races ou les croyances, car il avait dépassé le stade de ces étroites limitations.

 

Plus que n’importe qui, Apollonius eut ri de voir ses œuvres qualifiées de miracles, car le miracle (au sens chrétien théologique du mot) était inconnu dans l’antiquité. Aujourd’hui, d’ailleurs, le miracle n’est plus qu’un vestige de superstitions. De plus en plus de savants croient à la possibilité de certains résultats obtenus par les seules forces de la volonté et par certains dons psychiques des individus. Même si la science actuelle explique encore très mal ce phénomène et ne se contente que d’étudier les phénomènes physiques, elle est malgré tout impuissante à les reproduire par ses méthodes d’expérimentation, ce qui l’agace prodigieusement.

 

Les principaux « miracles » attribués à Apollonius sont des prophéties, des visions, la connaissance du passé, des guérisons, des exorcismes. Dans sa jeunesse déjà à Egée, il donna des signes de sa science psychique. Lorsque Apollonius connut Damis celui-ci lui proposa de l’accompagner dans ce long voyage en Inde parce qu’il parlait les langues des contrées que son maître allait traverser. « Mais je les comprends toutes ! » lui répondit notre philosophe avec son air énigmatique habituel, « quoique je n’en ai appris aucune ». Il ajouta : « Ne vous étonnez pas de ce que je comprends ce que disent les hommes, car je sais même ce qu’ils ne disent pas ». Apollonius signifiait par là qu’il pouvait lire dans les pensées et non pas qu’il connaissait toutes les langues.

 

Damis et Philostrate, ignorant la télépathie s’imaginèrent qu’Apollonius comprenait toutes les langues humaines et même le langage des oiseaux et des animaux. Dans son entretien avec Vardane, roi de Babylone, Apollonius proclama clairement ses dons de prescience. Etant médecin des âmes, il pouvait guérir le roi de sa maladie mentale, non seulement parce qu’il connaissait les moyens à utiliser, c’est-à-dire les règles enseignées dans l’école de Pythagore, mais aussi parce qu’il avait la connaissance de la véritable nature et de la personnalité du roi. Nous savons d’ailleurs que la prévision ou prédiction (science profondément étudiée par Apollonius) était l’un des principaux sujets des entretiens de notre philosophe avec les Sages hindous. Ainsi qu’Apollonius l’expliqua à son studieux ami et disciple Télésinus, philosophe et consul romain, la sagesse était une sorte de déification de l’entière nature de l’homme, une sorte d’état permanent d’inspiration. C’est pourquoi, grâce à l’énergie puissance de son être supérieur, Apollonius avait conscience de toutes les choses existantes dans la nature.

 

Les étudiants des écoles de Pythagore et de Platon appelaient « daïmon » ce que, de nos jours, les psychologues nomme l’ego supérieur, la petite voix intérieure qui nous guide et nous conseille. Ce nom désignait le côté spirituel de l’âme, séparé de tout élément purement humain, la partie la plus élevée dans l’homme. Pour les anciens, celui qui pouvait réaliser l’union de sa conscience physique avec cet ego supérieur « habitant les cieux », obtenait pendant sa vie terrestre (ainsi que l’enseignait la philosophie mystique la plus pure de la Grèce), les pouvoirs des démons, de ces entités immatérielles, intermédiaires entre les hommes et les dieux. A un degré supérieur encore, l’homme initié pouvait s’unir à son âme divine, devenant un dieu sur la terre. Plus haut encore, lorsque s’accomplissait son union parfaite avec le principe suprême, il fusionnait avec lui. Ceci nous explique pourquoi Apollonius protesta avec énergie contre l’accusation de magie que les ignorants faisaient peser sur lui, pourquoi il s’indigna qu’on puisse croire qu’il usait d’un art qui n’arrivait à son but qu’avec l’aide d’entités inférieures fourmillant dans les bas-fonds de la nature occulte. Apollonius, en parfait initié et philosophe, refusait d’être confondu avec les devins ou les diseurs de bonne aventure, tous ces arts inférieurs le répugnaient. Il ne manquait jamais d’affirmer que son don de prescience n’avait aucun rapport avec la divination, au sens vulgaire du mot, mais qu’il était « la sagesse que Dieu révélait aux sages ».

 

La plupart des miracles attribués à Apollonius étant des cas de prescience et de prophétie, nous devons reconnaître que les paroles prononcées par lui dans certains cas, furent souvent obscures et énigmatiques. Il en vas d’ailleurs généralement ainsi pour les prédictions : soit, les événements futurs ne peuvent être vus que sous une forme symbolique dont le sens ne devient clair qu’après leur réalisation, soit les voyants eux-mêmes entendent les prédictions sous forme de sentences énigmatiques. Il nous est rapporté quelques exemples très précis de cas de clairvoyance par exemple lorsque Apollonius refusa de s’embarquer sur un navire qui fit naufrage pendant la traversée. Un autre événement eut lieu à Athènes, le jour des fêtes Epidauriennes, alors qu’Apollonius se présentait pour recevoir l’initiation, « l’hiérophante ne voulut pas l’admettre dans le temple, déclarant que jamais, il n’initierait un magicien, et ne découvrirait les mystères d’Eleusis à un homme qui profanait les choses divines. » Une terrible méprise. Les dons de vision et de prédiction d’Apollonius étaient encore une fois injustement considérés comme étant des « tours de magie ».

 

 


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Un autre exemple de vision à distance est l’annonce faite par Apollonius, pendant un discours qu’il prononça à Alexandrie, de l’incendie d’un temple à Rome, au moment même où il se produisait. De même aussi, un grand nombre de personnes qui connaissent peu de chose de la vie d’Apollonius savent, comme nous l’avons signalé précédemment qu’étant à Ephèse, il eut une vision de l’assassinat de Domitien au moment précis où cet événement se produisait. Il était midi, raconte Philostrate, Apollonius était dans un de ces petits parcs ou jardins avoisinant les faubourgs d’Ephèse où il donnait une conférence sur un profond sujet de philosophie. Sa voix baissa tout à coup, comme sous l’empire d’une violente émotion. Cependant, il continua son discours, mais avec moins d’énergie, comme s’il pensait à un autre sujet. Puis il se tut, comme si les mots lui faisaient défaut. Fixant les yeux à terre, il fit alors quelques pas en avant en criant : « Frappe le tyran, frappe ! » Et cela, non de l’air d’un homme apercevant une scène dans un miroir, mais comme s’il voyait la scène dans toute sa réalité et y prenait part. Se tournant alors vers son auditoire stupéfait, il raconta la vision qu’il venait d’avoir. Quoique tout le monde espérait cette délivrance, personne ne voulut ajouter foi aux paroles d’Apollonius, et on crut que le philosophe avait perdu l’esprit. Mais il dit alors avec douceur : « Vous avez raison d’attendre pour vous réjouir, d’avoir reçu la nouvelle d’une façon normale ; quant à moi, je vais rendre grâces aux Dieux de ce que j’ai vu par moi-même. »

 

Si nous continuons à étudier le livre de Philostrate, nous y trouvons aussi bon nombre de rêves symboliques expliqués par Apollonius, l’interprétation des songes constituant l’un des points les plus forts de la discipline ésotérique de l’école pythagoricienne. Nous ne devons donc pas être surpris de ce que, plein de confiance en ses intuitions, Apollonius obtint un sursis grâce auquel un innocent eut la vie sauve alors qu’il allait être exécuté avec une bande de malfaiteurs. En vérité, même si ces phénomènes échappent aujourd’hui à un homme du 21ème siècle, Apollonius semble avoir eu l’exacte connaissance du passé le plus secret de tous ceux qui l’approchaient par ce que nous pourrions appelé dans un langage plus « moderne » la voix du channeling. Notre génération, qui se familiarise chaque jour davantage avec les faits du paranormal, n’aura pas de peine à croire qu’Apollonius ait détenu de tels pouvoirs, qu’il ait guéri les malades par le magnétisme et chassé les mauvais esprits par la technique de l’exorcisme à une époque où la psychiatrie n’existait pas et où les cas d’obsession et de possession étaient fréquents. Gardons-nous cependant d’être trop crédules par rapport aux récits fantastiques dans lesquels se complaît parfois Philostrate. S’il est probable qu’Apollonius réussit à guérir certaines maladies mentales mal définies, Damis et Philostrate n’avaient aucune notion exacte de ces faits. Ils ont, dans leurs récits, donné libre cours à leur imagination. Il est possible aussi que Philostrate se soit fait seulement l’écho de légendes populaires, comme par exemple dans le cas de la guérison de la fameuse peste d’Ephèse prédite par Apollonius à maintes reprises.

 

Une jeune fille romaine de haute naissance fut dit-on rappelée à la vie par Apollonius. Rencontrant un cortège funèbre, le maître s’approcha du cercueil, étendit les mains au-dessus de la jeune femme, en prononçant des paroles qu’on n’entendit pas, et elle fut réveillée de sa mort apparente. « Mais, ajoute Damis, Apollonius vit-il que l’étincelle de l’âme vivait encore dans cette jeune fille, ce qu’aucun de ses parents ou amis n’avait remarqué (il pleuvait, ce jour-là, et une légère vapeur entourait le visage de la morte) ou bien ralluma-t-il la vie en elle ? Ni moi ni aucune des personnes qui assistèrent à cet événement ne sauraient le dire. » Apollonius, traduit devant Tigellin, fit aussi disparaître sur les tablettes d’un de ses accusateurs ce qui y était écrit. Quoique enchaîné dans le donjon de Domitien, il dégagea sa jambe des fers dont on l’avait chargée pour montrer à Damis qu’il n’était pas réellement prisonnier. Nous ne devons pas supposer qu’Apollonius, à cause de sa connaissance des choses occultes, dédaigna ou négligea l’étude des phénomènes physiques. Au contraire, nombreux sont les cas où Apollonius repoussa, en faveur de l’explication physique d’un phénomène naturel, toute idée d’intervention divine. Telles sont par exemple les explications qu’il donna de l’activité volcanique de l’Etna ou d’un raz de marée en Crète dont il annonça les résultats qui se produisirent immédiatement après. Par le fait de ces troubles sous-marins, une île avait surgi à un point fort éloigné, ce qui fut constaté par la suite. Dans cette catégorie peut être aussi classée son explication des marées à Cadix.

 

Avec ce que nous avons décrit précédemment, il est aisé de penser que durant toute sa vie, Apollonius produisit une impression profonde sur la foule par son style de vie, ses enseignements religieux, à la fois populaires et élevés et ses actions merveilleuses. La tradition est formelle à ce sujet. Il n’y a plus d’histoire possible si l’on ne consent pas à lui reconnaître un fondement quelconque. Ce philosophe parcourut de nombreuses contrés lointaines. Il composa quelques ouvrages, entre autres une vie de Pythagore, un traité sur les sacrifices, un autre sur les prédictions astrologiques, des Epîtres et même un Testament. Il se consacra à l’évangélisation de ses contemporains, et fut sans doute face aux tracasseries de nombreux hommes politiques qu’il croisa sur son chemin, comme l’Empereur Domitien. Ce sont des faits que la critique historique ne peut nier.

 

Le texte de Philostrate n’en représente pas moins une histoire largement romancée. Au fil du temps Apollonius a certainement constitué comme pour le portrait de Jésus une sorte de modèle idéalisé. L’excellente analyse donnée par Mario Meunier dans son très beau livre « Apollonius de Tyane ou le séjour d’un Dieu parmi les hommes » paru en 1936 chez Grasset permet de bien comprendre le problème : Jacques d’Arès cite d’ailleurs cet auteur en disant que « malgré l’incroyable popularité et l’étonnant renom d’Apollonius, sa vie, sa légende et son nom ne seraient sans doute parvenus jusqu’au XXème siècle qu’en se maintenant dans le cadre restreint de ces hagiographies, plus ou moins oubliées… si un gouverneur de Bithynie, puis de Basse-Egypte, connu sous le nom de Sossianus Hiéroclès, ne s’était avisé d’utiliser au profit de la réaction païenne l’éclatant prestige du sage de Tyane. C’était sous le règne de Dioclétien, et près d’un siècle après la parution de la Vie d’Apollonius. Désireux de soutenir l’empereur dans la lutte qu’il entreprenait pour paralyser l’extension dans l’Empire du christianisme, Hiéroclès, qui était un sophiste, prit le parti de s’adresser directement aux chrétiens.

 

Dans un opuscule qu’il intitula « Discours ami de la vérité », ce gouverneur de Bithynie, dit Lactance (dans ses Institutions divines), essayait d’affaiblir l’importance des miracles du Christ sans toutefois les nier, et voulait démontrer qu’Apollonius en avait fait de pareils et même de plus grands. Pour réfuter de telles allégations, Eusèbe de Césarée répondit par un petit traité qu’il écrivit contre la Thèse de Hiéroclès sur Apollonius de Tyane. Suivant livre par livre la narration de Philostrate, Eusèbe reconnaissait sans difficulté qu’Apollonius était un sage digne d’admiration ; il admettait tout ce qu’on racontait de sa sainteté, de son enseignement, de son austérité, mais il rejetait les merveilleux prodiges qui lui étaient attribués, les révoquant en doute ou les attribuant, soit à la magie, soit à l’intervention des démons. »

 

D’autres, comme Saint Justin, ont considéré qu’Apollonius détenait une véritable science magique fondée sur la connaissance des lois naturelles, ce qui n’avait rien d’étonnant pour un authentique pythagoricien. En fait, Apollonius est connu essentiellement par l’utilisation que l’on a fait de lui, pour essayer de contrer le Christianisme, en lui opposant le Pythagorisme. L’étude détaillée de sa vie, pour autant qu’on puisse la dépouiller des enjolivures volontaires, révèle un véritable homme de bien, totalement désintéressé, dont la quête était tournée à la fois vers l’Amour et vers la Connaissance, et qui ne pouvait en rien être assimilé à un magicien noir.

 

Compte tenu des nombreux déplacements d’Apollonius au cours du premier siècle, dans l’Empire romain et au-delà, il est absolument impensable qu’il n’ait pas rencontré un certain nombre des disciples du Christ. Certains auteurs ont même imaginé qu’il aurait été un « disciple secret », ce qui expliquerait les pouvoirs dont il disposait, pour le plus grand bien de tous, comme en avaient les apôtres et les disciples. Aurait-il été essénien comme Jean le Baptiste et… Jésus… ? La question reste ouverte…

 

 

  


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Orphée - dans Esotérisme & Gnose