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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 15:09

 

Le nom de Dieu

A-t-on besoin de croire en un dieu ou en une ineffable Lumière pour grandir et semer le bonheur autour de soi ? J’ai vu tant d’adeptes de toutes les fois affaiblir leurs propres « troupes » par des affirmations couleur guimauve et des attitudes inconsidérées ! Tellement peu crédibles et si ennuyeux… Tant et si bien que j’ai souvent eu envie de m’exclamer que, décidément, je n’étais pas croyant mais que je vivais sans limite et que c’était sans doute mieux ainsi !

  

 

Genese

 

 

 

 

- Dieu ? Rassure-toi… Moi non plus je ne sais pas qui il est ! D’ailleurs aucun de mes semblables ne le sait. Et cela ne devrait pas te surprendre… Je t’ai suffisamment dit de prendre garde aux mots ! Un nom ne définit rien. Il évoque des contours, projette une ombre, nous faisant souvent oublier qu’une ombre… cela se déplace. Alors Dieu, vois-tu… !

 

Cette fois, je ne l’ai pas sentie venir. La voix a explosé au-dedans de moi comme pour mieux mériter ce qualificatif de « Présence » que je lui donne respectueusement. Avec elle, mon bavardage cesse.

 

- Ecoute-moi bien… Dans tous les univers où la conscience parvient à une certaine forme de maturité, la notion de Dieu, au sens où elle est communément admise sur Terre, est considérée comme absurde et ne correspond à rien d’autre qu’à quelque chose de puéril et de primaire. Dans ces espaces et ces mondes-là, chacun comprend fort bien que Dieu n’est pas une personne, mais une Force, un Champ de Conscience totale qui a la particularité de s’expanser continuellement et aussi de grandir à travers notre propre croissance. Pour mes semblables, le nom de Dieu tente simplement de définir un élan d’Amour inqualifiable. Ce nom esquisse la réalité d’une Puissance incernable qui ne privilégie pas l’humain sur les autres règnes… Une Puissance qui s’exprime analogiquement et en permanence dans tous les domaines que l’onde de Sa conscience génère, imbibe et maintient… c’est-à-dire Tout ! Et, contrairement à ce que l’on croit, tout cela n’est pas sérieux, vois-tu ! C’est joyeux… même si mon vocabulaire demande une petite gymnastique d’abstraction.

 

Alors, chez moi, Dieu a cessé depuis longtemps de revêtir le masque d’un sage barbu ou d’être assimilé à un doigt justicier répondant à une morale humaine. Il se laisse, au contraire, approcher doucement comme la Supraconscience aimante et agissante au moteur de laquelle nous contribuons constamment. Oh non, Dieu, si tu tiens à cette appellation, ne punit jamais ni ne récompense ! Pourquoi ne pas se débarrasser d’un tel schéma vieillot et ridicule ? Dieu représente pour nous cet équilibre de justesse et d’harmonie qui fait que toute forme de vie s’autorégule et grandit en se rapprochant sans cesse de la Source qui l’a générée et à laquelle elle participe par sa seule présence.

 

Ainsi, l’idée de résurrection et le sens profond de la Pâque prennent-ils une autre dimension… Ils rejoignent la notion de mariage, de fusion ou encore de retrouvailles avec cette Force d’Amour primordiale qui ne nous avait jamais abandonnés, mais que nous avions oubliée.

 

- Donc, le problème, c’est bien l’oubli !

 

- L’oubli… dans l’illusion du Temps ! Le problème, ou plutôt sa solution, réside dans le dépassement de ce paradoxe. En réalité, cela revient à dire que tout, absolument tout, est définitivement indissociable de ce fabuleux champ d’hyperconscience que l’on appelle Force Divine. Il n’y a aucun aspect facultatif à sa Présence au cœur du plus petit atome de tout ce qui est. Une telle Présence est un état de fait qui n’a même pas besoin que tu crois ou non en elle. Chaque être, chaque élément de l’Univers, fût-il infime, peut dès lors se concevoir comme une parcelle noble de la Divinité, laquelle a accepté l’aventure de se perdre et de s’oublier dans sa propre Création… et cela afin de pousser cette dernière toujours plus loin.

 

Oui, c’est ainsi… Alors, écris bien que le vieillard barbu que les hommes ont fait à leur image, c’est-à-dire qui pense à la façon d’un terrestre, qui préfère tel peuple à tel autre et dicte ses lois une fois pour toutes comme on rédigerait les règlements d’une classe, fait exploser de rire le Peuple des étoiles !

 


Les religions

 


- Si vous avez cette attitude par rapport à la notion de Dieu, ce qui me paraît on ne peut plus logique, j’imagine que vous ne vous conformez à aucune religion…

 

- Tu vois juste. Simple question de cohérence ! Finalement, qu’est-ce qu’une religion sinon un credo, assorti d’un code de vie et d’un ensemble de rites destinés à donner une espérance, un idéal et un support moral à tout un peuple ? A l’image de la méditation, la religion n’a rien d’un but en soi. Elle peut se comparer à une échelle ou à un sentier qui serpente plus ou moins et on se doit de la respecter comme telle.

 

Mais écoute-moi bien… Dès que l’on s’aperçoit très clairement que l’on porte, en fait, le tracé de ce sentier en soi ou que les barreaux de l’échelle sont dessinés depuis toujours sur l’écran de notre cœur, alors tout prend un autre relief, une autre couleur, une autre valeur. On a envie de respirer comme autant de pères ou de mères sur lesquels on a eu besoin de s’appuyer temporairement pour se trouver soi-même. Si je puis m’autoriser à te parler d’une façon très directe, peut-être même choquante, je te dirai que nous voyons les religions terrestres comme autant de pis-allers jusqu’à présent inévitables et vraisemblablement nécessaires.

 

 
 

bible-photo

 

 

Ce que je t’affirme là ne cherche pas à flétrir la grandeur des maîtres de sagesse qui les ont inspirées. Ceux-ci sont sans nul doute des êtres-racine de par les principes qu’ils ont incarnés. Cependant, ils ne sont aucunement les bâtisseurs des religions qui portent leur nom. Les credo, les concepts figés, les rites, les obligations et les interdits qui ont surgi après eux sont des inventions humaines, des petits points de repères réclamés par vos personnalités et vos appétits.

 

A d’innombrables reprises, depuis des millions d’années, nous avons tenté de vous faire prendre du recul face à ce schéma mais, à chaque fois, le même phénomène s’est reproduit : le rejet presque immédiat de concevoir un horizon illimité et l’empressement à construire des murailles afin de circonscrire le possible déploiement des pensées… puis de la conscience.

 

Devant, ces réflexes bien terrestres, je peux t’avouer qu’il est arrivé à mon peuple d’éprouver quelque lassitude. Oui… Ces mots te semblent étranges dans ma bouche, n’est-ce pas ?

 

- A vrai dire, on imagine mal la déception ou le découragement chez des êtres tels que vous…

 

- Pourquoi donc ? Nous ne sommes guère, je te le rappelle, d’une essence différente de la vôtre. Dès lors, pourquoi les questionnements et les déconvenues ne seraient-ils pas aussi notre lot ? Ce qui nous rend différents, c’est simplement l’altitude avec laquelle nous avons appris à voler en nous-même et donc, par extension, au-dessus de la trame des phénomènes. Nous avons connu, nous aussi, les méandres de votre pensée collective et en avons expérimenté les voies de garage et les impasses. Nous ne nous y sommes seulement pas autant attardés et c’est ce qui crée l’écart que tu constates. Cependant, cela ne signifie pas pour autant que nous soyons des êtres qui déclinent le « je suis » sans interrogations, ni fissures. Nous sommes, avant tout, des cœurs sans cesse prêts à aimer davantage et ouverts à d’autres métamorphoses. Chassez donc de vos esprits toute idée d’une race de semi-robots sans émotions ni possibles défaillances dès que vous pensez aux… non-terrestres !

 

Puisque nous en étions à parler de religions, je ne t’apprendrai sans doute rien en te disant que mon peuple a favorisé l’implantation de certaines d’entre elles sur Terre à des périodes où elles étaient, de toute évidence, les seules béquilles concevables pour une humanité qui se cherchait trop. Mais hélas, il y a très souvent un terrible fossé entre un idéal que l’on implante et la réalité qui le supplante. C’est pourquoi les religions, à de rares exceptions près, sont devenues rapidement des structures dirigées par des humains confortablement installés sur leur pouvoir. Ainsi, se sont-elles changées, par ricochet, en des machines complexes qui verrouillent et conditionnent les consciences au lieu de les propulser vers de vastes horizons.

 

Sans doute trouvera-t-on mes propos bien incisifs, mais je n’en chercherai pas d’autres car il est temps de s’affranchir enfin de toute tutelle morale ou de toute forme de dirigisme spirituel. Je te le dis sans acrimonie, la plupart de vos responsables religieux ont toujours été et sont d’abord des dirigeants, c’est-à-dire des chefs de hiérarchies qui mènent une politique rigide afin d’assurer la continuité et la cohésion de leurs dogmes. Voudraient-ils changer l’ordre de ce fonctionnement qu’ils ne le pourraient pas, ils sont eux-mêmes pris au piège des organisations, maintenant tentaculaires, au moyen desquelles tous les besoins de pouvoir personnel de leur entourage cherchent à assouvir.

 


Créer une batterie psychique

 


- Ne vois-tu pas ces comportements comme une sorte de fatalité, puisque tu parles de vos efforts répétés et sans cesse déçus ? Pourra-t-on un jour casser un tel mécanisme de fonctionnement erroné ? Et puis… si vous réapparaissez aujourd’hui avec force, est-ce parce qu’il vous semble que les données sont différentes ?

 

- Elles sont en effet différentes parce que, malgré tout, la population terrestre vieillit… Je veux dire mûrit en compréhension, même si cela ne semble pas évident à première vue.

 



 

Outer Limits pics2

 

 

Notre espoir repose sur cette partie de votre monde qui a accès à un maximum de données, car c’est au sein de l’information que se situe l’une des solutions au problème tel qu’il se présente actuellement.

 

Crois-tu que toutes les conditions requises à une ouverture du champ de conscience puissent surgir au cœur des peuples dont la première préoccupation est la survie quotidienne ? C’est la population de la Terre globalement appelée occidentale qui porte la responsabilité de ce qui se passera dans les années à venir. C’est elle qui détient incontestablement le code d’ouverture des portes menant à une vision différente des choses.

 

Les Occidentaux dont tu fais partie, ou plutôt ceux qui ont accès à la culture occidentale, n’ont pas d’excuse aujourd’hui pour ne pas repenser leur vie. Leurs besoins élémentaires sont plus que satisfaits et ils peuvent puiser facilement dans un gigantesque réservoir d’informations. C’est sur eux que nous comptons donc. Sur la « batterie psychique » qu’ils représentent. Mais pour cela, il faut abattre le mur de la rétention des données édifié par quelques maîtres-censeurs de l’information. Une bonne partie de ta société serait prête à basculer vers une compréhension plus large et plus aimante des choses de la Vie. Il lui manque seulement quelques impulsions capitales contre lesquelles lutte une certaine conspiration du silence… Une conspiration orchestrée par une minorité d’appétits égoïstes qui conditionne et asservit la cheville ouvrière indispensable que représentent les médias.

 


Le principe de séparation

 


- Lorsque tu dis « conspiration du silence », est-ce ta façon d’évoquer ces fameuses « Forces de l’Ombre » dont on parle dans certains milieux ?

 

- Ecoute… Gomme aussi cette expression-là de ton vocabulaire. Non pas parce qu’elle est injustifiée, mais parce qu’elle ensemence la pensée d’une façon beaucoup trop dualiste. Je préférerais que tu dises « Forces de séparation ». Cela me semblerait plus juste et rendrait compte, avec davantage de précision, du grand mécanisme universel qui ne fonctionne pas, lui, que sur le principe du rapprochement. C’est la lumière qui invente l’ombre… Il ne faut pas l’oublier ! Cette Force que vous appelez Dieu est définitivement la créatrice de cette possibilité que nous avons tous de dire non à l’union. As-tu déjà réalisé que c’est la manifestation du Un qui génère celle du Deux ? C’est pourtant enfantin. L’unité contient en elle-même toutes les potentialités de la multiplicité. Le principe de séparation, vois-tu, fait partie du Jeu.

 

 

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- On peut facilement accepter cela sur le plan des idées mais, quotidiennement, avoue que c’est un peu désespérant ! Comment ne pas devenir fataliste si la séparation nous guette invariablement au détour du chemin ? Je n’ai pas l’impression que ce soit avec de pareilles constatations que le récit de notre discussion sera constructif.

 

- Je m’attendais tout à fait à une telle réplique ! Mais tu fais bien… Nous bavardons entre amis et il faut vider les vieux tiroirs à objections ou à arrières-pensées !

 

- Alors qu’as-tu à me répondre ?

 

- Qu’effectivement, il y a toutes les raisons de devenir fataliste si on considère la Vie comme un travail du genre combat. Le concept naïf du « Bon Dieu » implique d’emblée celui du « Mauvais Dieu », ce qui revient à dire qu’il y aurait deux dieux de force égale qui se renverraient éternellement la balle. On tourne en rond avec ce regard partiel qui s’en tient au mouvement du balancier. Le tout reste à savoir qui tient justement le pendule, qui l’a conçu ! Et pour répondre à la question, il n’existe pas d’autre solution que d’aller voir au-delà de la pensée, derrière les concepts du Un et du Deux, dans cet espace entre les faits et les idées, là où prend sa source le Jeu, là où ta supraconscience émerge. En d’autres termes, se prendre au jeu de l’existence, c’est tomber dans le piège du labeur et de la lutte duelle, alors que rejoindre le Joueur au cœur de la Vie, c’est participer à l’essence du bonheur.

 

- Si je comprends bien, lui dis-je en décrispant mon front, la pensée qui anime ton peuple repose sur l’attitude qui consiste à ne pas se concevoir comme étant en équilibre instable sur un fil tendu entre le bien et le mal, ou encore à ne pas se voir suspendu à une sorte de pendule qui oscille.

 

- Je t’arrête tout de suite… Il ne s’agit aucunement de ne pas se concevoir ou de ne pas se voir, car tout cela reste de l’ordre des concepts. Il s’agit de savoir, de comprendre que rien de cela n’est consistant, que nous ne sommes ni le support du Jeu, ni ses pièces, pas même les mains qui vont déplacer celles-ci mais, tout à la fois, le concepteur du Jeu, le Jeu, ses pièces et ses acteurs. Dès lors, dis-moi comment il pourrait y avoir en nous un perdant et un gagnant ! Et je te l’ai déjà dit, ce n’est pas une philosophie qui donne son équilibre au monde d’où je viens, mais une volonté de rapprochement avec l’immensité de ce qui peut se deviner derrière l’apparence d’une philosophie.

 

- Et l’amour dans tout cela ? Tu l’évoques encore si peu…

 

- A dessein. Parce qu’il faut en parler autrement, parce qu’il est devenu une sorte d’ingrédient mal défini dont on saupoudre toutes les soupes… L’amour, bien sûr, restera à jamais le ciment du Tout. Il est volonté.

 

- Comment cela ?

 

- Oui… Il est décision, résolution d’inviter le Concepteur du Jeu en soi ou encore d’aller Le rejoindre, ce qui revient au même car, en vérité, il n’y a ni dedans, ni dehors, ni haut, ni bas.

 

- Je te disais bien que cela donnait le vertige ! Nous voilà suspendus au milieu de rien !

 

- Ou au milieu de tout, au milieu du Tout… donc un peu plus près du Souffle créateur. Ce n’est pas si mal, non ?

 


U
ne société masculine

 


La nuit qui vient de s’achever n’a pas été ordinaire. Il s’en faut de beaucoup. Une fois de plus, je me suis retrouvé dans un espace qui n’était pas celui de ma chambre, une sorte de sphère de lumière au sein de laquelle je marchais lentement. Une fois de plus ainsi, j’ignorais comment j’étais arrivé là et vers où je me dirigeais. Evidemment, on va me dire : « Tu rêvais !… » Mais chacun sait ce que c’est qu’un rêve et j’ai tout de suite vu qu’il s’agissait d’autre chose et que ma conscience avait bel et bien été happé par un autre canal de vie. J’ai donc avancé un peu au cœur de la lumière et je m’y sentais si merveilleusement bien que je ne doutai pas un instant que j’allais rejoindre quelque chose d’extrêmement familier. C’est alors que devant moi est apparue, dans la blancheur, une silhouette humaine. La même que deux semaines auparavant.

 

Aussitôt, je me suis dit, comme par réflexe : « Elle va s’estomper… Je vais me retrouver dans mon lit et ce sera difficile. » Mais non, rien de tout cela n’est arrivé. J’ai même remarqué que la silhouette marchait vers moi. Bientôt, nous nous sommes trouvés à une très faible distance l’un de l’autre et c’est à cet instant que j’ai eu une incroyable surprise… Je devrais même dire un choc.

 


 

 

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L’être qui se tenait là n’était pas un homme ainsi que je me l’étais imaginé, mais une femme ! Une grande femme au corps très svelte et dont le sourire évoqua aussitôt en moi une image très bouddhique. Je crois bien que mes pensées se sont alors suspendues, car il y avait dans sa présence quelque chose d’énigmatique, de déconcertant tout autant que de rassurant. Je peux dire que, pendant quelques instants, j’ai connu là une véritable paix.

 

Aucune émotion en mon âme… Non. Je me laissais seulement bercer par l’extraordinaire certitude d’être au centre de moi-même et dans une réalité plus concrète que celle de mon quotidien.

 

La femme qui se tenait toujours à quelques pas de moi était jeune, mais assurément pas de cette jeunesse à laquelle nous sommes tous habitués. Elle était différente, tant et si bien qu’en rédigeant ces lignes, je serais plutôt tenté de dire qu’elle ne devait pas avoir d’âge, c’est-à-dire que le temps, tel que nous le connaissons, ne pouvait pas assurer de prise sur elle et qu’elle était donc, peut-être, en réalité, très vieille. J’ai juste eu la possibilité de remarquer le contour parfait de ses traits, le flot ondulé de ses cheveux mi-longs et la clarté de son regard… puis ce fut tout ! Comme si quelque volonté avait actionné un interrupteur en mon centre, je me suis retrouvé à nouveau dans mon lit. Cette fois-ci, je n’y étais plus assis, mais les yeux grands ouverts ainsi qu’en plein jour.

 

Alors, ce matin, j’attends. J’attends une explication. J’attends quelque chose de plus, non pas pour me soulager de mes questions, car je porte encore en moi la paix de cette nuit, mais pour mieux véhiculer toute cette charge d’informations que la vie précipite à travers ma compréhension.

 

- Tu as été surpris, n’est-ce pas ?

 

- A vrai dire, je ne m’attendais pas…

 

- A ce que ce soit une femme qui te parle ?




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- Oui, je le reconnais… Nous vivons dans un monde qui induit tant de réflexes que l’on n’a plus même conscience de ceux-ci ! Evidemment, ce matin en t’entendant à nouveau, je perçois bien tous les accents féminins de ta voix. J’ignore comment je ne les ai pas identifiés tout de suite, alors que maintenant cela me paraît évident.

 

- Non, ce n’était pas si évident que cela. Dans le monde d’où je viens, la différence entre les sexes est réellement moins marquée que dans le tien. Elle existe, bien entendu, mais nous la considérons comme tout à fait secondaire car les deux sceaux complémentaires de la Vie s’impriment en tout être de façon équilibrée. Nous avons intégré le fait que chacun de nous est à la fois homme et femme dans son essence première et que c’est seulement la personnalité incarnée qui opte pour un sexe en fonction de ce qu’elle fixe comme but. Cela ouvre des horizons merveilleux et, lorsque tout cela est bien intégré, cette prise de conscience ne crée aucune ambiguïté ou ambivalence. Je suis bien une femme et non un hermaphrodite !

 

Néanmoins… permets-moi de te dire que ton réflexe de m’associer d’emblée à une présence masculine est révélateur de l’orientation de ton monde.

 

- Je l’avoue, oui… C’est comme si on n’accordait la faculté d’être messager ou instructeur – car tu en es bien un, même si tu t’en défends – qu’aux seuls hommes. Evidemment et heureusement, il existe quelques grandes figures féminines, mais en proportions…

 



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- Et à quoi cela est-il dû, à ton avis ? Y aurait-il moins d’âmes féminines ayant accès à une forme de réalisation intérieure ? C’est à moi de te poser la question, cette fois-ci !

 

- Je me suis toujours dit que c’était relatif aux cycles qui ponctuent l’histoire de l’humanité. Sur Terre, il est clair que nous avons la mémoire courte, mais il me semble qu’il y a forcément eu des périodes de notre évolution durant lesquelles la sensibilité féminine prédominait et remplissait plus officiellement que maintenant la fonction d’éveilleuse. Je peux bien concevoir pourtant que ce n’est qu’un aspect de la question.

 

- En réalité, la pensée, disons… de polarité masculine, qui domine aussi chez certaines femmes, induit par nature un comportement « invasif », ce qui présente des avantages et des inconvénients.

 

- J’imagine que les avantages se manifestent par un côté constructif, entreprenant et structurant.

 

- Oui. Quant aux inconvénients, on peut les résumer par une tendance systématique à étouffer tout ce qui ne lui ressemble pas, tout ce qui ne s’aligne pas sur le modèle décrété juste. Ainsi, y-a-t-il eu beaucoup plus de femmes qu’on ne croit qui, dans les millénaires passés, ont atteint une véritable maîtrise. Les projecteurs de la société masculine se sont seulement refusés à les éclairer. Elles ont ainsi été étouffées, privées de toute possibilité de reconnaissance publique.

 

- Ce que tu confirmes là à de quoi entretenir l’éternel conflit des sexes !

 

- Pas du tout. Je te parle de « société masculine », pas des hommes par opposition aux femmes. Nombre de femmes trouvent d’ailleurs leur juste place dans une telle société, au point de l’entretenir férocement. C’est moins une question de spécificité physique que de polarité dans la sensibilité et c’est précisément une telle notion de polarité qui fait preuve d’un bel équilibre dans le monde d’où je viens.

 


Bonheur et rapports de forces

 


- Je brûle d’envie de te poser une question en rapport avec une remarque que j’ai souvent relevée. Dès que quelqu’un se met à évoquer la possibilité d’un monde où l’harmonie présiderait au niveau des rapports hommes-femmes, on entend fréquemment : « Heureusement que c’est utopique, car un tel monde serait très ennuyeux. » On dit en quelque sorte, et nous l’avons déjà évoqué : « L’équilibre ne raconte rien, le bonheur n’a pas d’histoire et, par chance, cela n’existe pas ailleurs que dans les rêveries. » Comment vois-tu cela, toi qui, justement, m’assures vivre dans une telle société ?




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- Oh, la réponse est simple et c’est toujours la même ! On se bâtit sans cesse les remparts et les impossibilités que l’on veut bien. Si on a l’âme et le cœur semblables à une forteresse, comment pourrait-on penser la vie autrement qu’en rapports de force ? Dans un contexte comme celui-là, chacun est perpétuellement en train de fourbir ses armes et de s’en servir. C’est, dès lors, la seule façon que l’on a de trouver un sens à sa vie. La lutte et les souffrances qui en résultent deviennent les uniques moteurs de l’existence. Il s’agit d’un mécanisme infernal dont on remonte sans cesse le ressort par un réflexe ancestral et puéril qui fait que tout ce qui ne lui ressemble pas est systématiquement considéré comme irréalisable. Voilà pour l’utopie !

 

Quant au bonheur qui n’a rien à raconter, c’est encore une vieille notion terrestre difficile à déraciner et qui traduit, à elle seule, tout le malaise de ta société. Dis-moi pourquoi l’absence de conflit serait-elle perçue, de façon plus ou moins avouée, comme source de monotonie et même d’ennui ?

 

- Sans doute, j’imagine, parce que l’équilibre, l’harmonie et donc le bonheur sont assimilés à une plaine sur laquelle rien ne se passe, alors que les rapports de forces évoquent plutôt des montagnes à gravir où des océans à traverser, en résumé quelque chose de stimulant qui attire, même s’il fait peiner.



 

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- Toi qui sais aujourd’hui à quoi je ressemble… Dis-moi. Ai-je l’air morose ? Ai-je le regard d’un être qui s’ennuie et qui flotte à la surface d’un lac sans ride ?

 

En entendant une telle question, je sens un sourire se glisser au coin de mes lèvres. La réponse est évidemment non… Non, le type de bonheur qui habite mon interlocutrice évoque sans conteste l’inverse de l’uniformité d’une mécanique trop bien huilée. Ce bonheur-là, son bonheur, illustre sans doute le secret, celui que nous cherchons tous.

 

- Mais pourquoi toujours parler de secret ? Il n’y en as pas ! Il n’est question que d’incompréhensions, c’est-à-dire de visions erronées de l’ordre naturel des choses. Aucune force ne s’est plue intentionnellement et arbitrairement à dissimuler certaines vérités aux humains que vous êtes. C’est vous qui faites, en toute liberté, l’expérience d’une impasse. Vous vous comportez comme des mouches capables de se heurter, parfois pendant des heures, contre la vitre d’une fenêtre, à la recherche de l’air et d’une plus grande lumière. Changez de direction ! C’est tout…

 

 

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Orphée - dans Mystères et Paranormal