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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 12:00

 

L’Argile dans l’Ecriture, image de la Misère et de l’Esclavage de ce Monde

Cette même argile, mélange de terre et d’eau, c’est-à-dire des deux « éléments » les plus inférieurs (opposés à l’air et au feu, symbole du psychisme et de l’esprit), est inévitablement considérée comme l’image de la déchéance des Ames tombées ici-bas :

« Votre mémoire sera comme de la cendre, et vos têtes superbes seront comme de la boue… » (Job : XIII, 12).  

 

 

Dieu potier Khnoum qui façonna les espèces

 

 

 

« Je les écraserai et je les réduirai en poussière, comme il en est de la boue des rues… » (IIe Livre des Rois, XXII, 43).

« Il a exaucé mes prières, et il m’a tiré de l’abîme de misère, de la boue profonde où j’étais… » (David, Psaumes, XXXIX, 2).

« Ils prirent donc Jérémie… Et l’ayant attaché avec des cordes, ils le firent descendre en cette basse-fosse, où il n’y a point d’eau, mais seulement de la boue… » (Jérémie : XXXVIII, 6).

« Vous avez ouvert le chemin à vos chevaux à travers la mer, à travers la boue des grandes eaux… » (Habacuc : III, 15).

« Et comme vous avez pu voir en ce songe que les pieds de la statue étaient en partie d’argile et en partie de fer, ainsi le royaume sera divisé… » (Daniel : II, 41).

« Les méchants sont comme une mer, toujours agitée, qui ne se peut calmer, et dont les flots vont se briser sur le rivage avec une écume sale et bourbeuse… » (Isaïe : LVII, 20).

Selon ce dernier verset, la matière absolue serait donc le résidu de la « mer astrale », elle-même image d’un milieu dans lequel les Ames sont ballotées et en danger de perdition. D’où le symbolisme du filet du Pêcheur, que les Papes portent encore de nos jours gravé sur leur anneau, et qui est l’image de la Grâce Divine retirant l’homme (petit ichtus, en grec poisson et anagramme des noms du Christ « Jésus Sauveur des Hommes ») de la « mer ténébreuse » et diabolique, dont parle l’apocryphe « Histoire de Joseph le Charpentier ». L’ésotérisme lamaïque connaît lui aussi l’Hameçon de miséricorde et le Lasso de Compassion.

Il est d’ailleurs évident que cette même argile est dans l’Ecriture l’image de la prima materia inférieure.

De l’argile symbolique, matière première du Monde d’En-Bas

Lorsque les hommes révoltés contre Dieu projettent de créer la Tour de Babel, il semble bien qu’ils aient en vue de modifier le Cosmos, contrairement à l’ordre préétabli.

« Ils s’entredirent encore : Venez, faisons-nous une Ville et une Tour qui soient élevées dans le Ciel, et rendons notre nom célèbre avant que nous nous dispersions sur toute la Terre… 

 

Le dieu créateur Ptah sur son tour de potier

 

« Et ils se dirent l’un à l’autre : Allons, faisons des briques et cuisons-les au feu. Ils se servirent donc de briques comme de pierres, et de bitume comme de ciment… » (Genèse : XI, 4, 3).

« Toute ma force s’en est allée, desséchée comme la Terre cuite au feu… » (David, Psaumes, XXI, 16).

Cette tour de Babel, c’est la contre-Eglise, c’est l’organisation des Lieux-Bas par les Anges réprouvés, puisque l’Eglise pré-existante est, elle-même, symbolisée par une tour dans la vision d’Hermès, évêque de Cumes, un des quatre pères apostoliques :

« Et la tour, dis-je, que représente-t-elle ? Cette tour, me répondit le Pasteur, c’est l’EGLISE… Elle a été créée la première, avant toute chose… C’est pour elle que le Monde fut créé… » (Hermès : le Pasteur : XIII, 2 et IIIe Vision).

Tombées ici-bas, les Ames humaines deviennent les esclaves du Prince de ce Monde qui, par la défaillance d’Adam « Gardien des Limites », s’est emparé du Cosmos avec ses cohortes démoniaques. D’où :

« Les Egyptiens haïssaient les enfants d’Israël et ils les affligeaient en les insultant. Et ils leur rendaient la vie impossible en les employant à des travaux pénibles de mortier et de briques, et à toutes sortes d’ouvrages de terre, dont ils étaient accablés… » (Exode : I, 14).

« Et comme le roi d’Egypte les traitait avec dureté et les accablait de travail à réaliser des ouvrages de terre et de briques, qu’il les obligeait à faire pour bâtir des villes, ils crièrent vers Dieu, qui frappa de différentes plaies toute la terre d’Egypte… » (Judith : V, 10). 

 pantheon 

« Puisez de l’eau pour vous préparez au siège, rétablissez vos remparts, entrez dans l’argile, foulez-la aux pieds, et mettez-la en œuvre pour en faire des briques… » (Nahum : III, 14).

« Est-ce vous, qui saisissant les extrémités de la Terre, l’avez secouée et en avez précipité les impies ? Elle reprendra une face nouvelle, comme une molle argile, et elle demeurera ferme comme son vêtement… » (Job : XXXVIII, 14).

« Un Potier qui manie l’argile molle comme il lui plaît, en fait, par son travail, tous les vases dont nous nous servons. Il les forme de la même boue, et pour des usages honnêtes et pour d’autres qui ne le sont pas. Et le seul juge de l’emploi qu’il doit faire de ces vases, c’est le Potier… » (Sagesse : XV, 7).

« Et par un vain travail, il forme de la même boue un « dieu », lui qui a été formé de la même terre un peu auparavant, et qui, peu après, doit y retourner, lorsqu’on lui redemandera l’âme qu’il avait reçue en dépôt… » (Sagesse : XV, 8).

« Comme l’argile est dans la main du potier, qui la manie et la forme à son gré, et comme il l’emploie à tous les usages qu’il lui plaît, ainsi l’Homme est dans la main de celui qui l’a créé… » (Ecclésiastique : XXXII, 13).

« Ainsi le potier s’assied près de son argile, il tourne la roue avec ses pieds, et il ne fait rien qu’avec art et mesure, en un soin continuel pour son ouvrage. Son bras donne la forme qu’il veut à la dite argile, son cœur s’appliquant à donner la perfection dernière à son ouvrage… » (Ecclésiastique : XXXVIII, 33).

« Cette pensée est folle et impie ! Comme si l’argile s’élevait contre le potier, comme si le vase disait à celui qui l’a formé : Ce n’est point vous qui m’avez créé… Et comme si l’ouvrage disait à l’ouvrier : Vous êtes un ignorant… » (Isaïe : XXIX, 16).

« Je l’ai appelé du septentrion, et il viendra de l’Orient. Il reconnaîtra la grandeur de MON NOM, il traitera les grands de ce Monde comme de la boue, et il les foulera aux pieds comme le potier foule sous ses pieds l’argile… » (Isaïe : XLI, 25).

« Malheur à l’Homme qui dispute contre celui qui l’a créé, lui qui n’est qu’un peu d’argile et qu’un vase de terre ! L’argile dit-elle au potier : Qu’avez-vous fait ? Votre ouvrage n’a rien d’une main savante… » (Isaïe : XLV, 9).

On le voit, par tous ces versets des Ecritures, le Potier, l’Argile, et le Vase qu’il modèle, sont des symboles particulièrement réservés à la matière du monde, à son modeleur, et aux êtres qu’il en tire. Dans la Bible, pour ces mêmes désignations, les scribes sacrés successifs ont utilisé les mêmes mots. Il y a donc là l’indication, par la pérennité de cet usage même, d’une clé du vocabulaire sacré. Et, il faut bien le reconnaître, ce triple symbole est en accord avec la règle ésotérique traditionnelle :

Potier --------- Esprit --------- Pneuma --------- Spirituel

Vase ---------- Ame ----------  Psyché ---------- Psychique

Argile -------- Corps ---------- Sôma ------------- Matériel

Dès lors, et en présence de cette certitude issue de cette clé, nous allons pouvoir rechercher dans la tradition judéo-chrétienne des passages scripturaires mettant en évidence de façon absolue l’existence de ce Démiurge, ou ouvrier divin.

Dans le traité talmudique Yebamoth (16b) on cite un « Prince du Monde ». Et, nous dit A. Cohen en son ouvrage « Le Talmud », les écrivains tardifs du judaïsme l’ont identifié à l’Ange Metatrôn. Ce nom est probablement venu du latin metator : précurseur. On voyait en effet jadis en lui l’Ange qui précéda les Israélites dans le désert.

« Et j’enverrai un Ange, pour qu’il vous serve de précurseur, afin que je chasse les Chanaéens, les Amorhéens, les Héthéens, les Phérézéens, et les Jabuséens… » (Exode : XXXIII, 2).

« Mais pour vous, allez, et conduisez ce peuple au lieu que je vous ai dit. Mon Ange marchera devant vous… » (Exode : XXXIV, 34).

  

Angel-2

 

« Alors l’Ange de Dieu qui marchait devant le camp des Israélites alla derrière eux et, en même temps, la Colombe de Nuée quittant la tête du peuple se mit aussi derrière, entre le Camp des Egyptiens et le Camp d’Israël. Et la nuée était ténébreuse d’une part, et de l’autre éclairait la nuit, en sorte que les deux armées ne purent s’approcher durant tout le temps de la nuit… » (Exode : XIV, 20).

Il est donc difficile de soutenir, avec le Rituel Latin de la « Bénédiction du Cierge Pascal », que, lorsque le Diacre entonne l’Exultet :

« Il chante cette nuit bienheureuse qui fut témoin de la sortie des Hébreux de la terre d’Egypte, sous la conduite de la Nuée qui les illuminait de la splendeur du Christ… »

Car cette Nuée n’est pas là l’image du Sauveur, mais simplement celle de l’Ange qui, au sommet du Sinaï, dictera la Loi.

Cet Ange, à demi-ténèbres et à demi-lumière, est bien le symbole du Démiurge imparfait. Il dut être entouré d’une vénération particulière durant une assez longue période, puisqu’il fallut préciser qu’on ne devait point lui adresser des prières :

« Un sadducéen déclara au rabin Idith : Il est écrit : Il dit à Moïse : Monte auprès de l’Eternel (Exode, XXIV, 1). Cela devait être : Monte auprès de Moi ! Mais le rabin Idith répondit : Non. Car ce n’est pas l’Eternel lui-même qui parlait, mais simplement Metatrôn… Son Nom est en effet le même que celui du Maître, car il est écrit dans l’Exode (XXIII, 20, 21) : « Mon ange marchera devant vous. Respectez-le, car il porte Mon Grand Nom…

- En ce cas, reprit le sadducéen, nous devrions donc le prier ?

- Non, répondit le rabbin, car il est écrit : « Il ne vous pardonnera pas, lui, quand vous pécherez ! (sous-entendu : « Il n’y a que Moi qui puisse le faire »). » (Talmud : Sanhédrin, 38b).

Qu’il soit, de plus, comme Yama dans le panthéon indien, le Seigneur et le Juge des Morts non libérés, nous n’en voulons pour preuves que le passage suivant :

« Trace deux chemins pour servir de passage à l’épée du Roi de Babylone… Car le Roi de Babylone se tient au Carrefour, à l’entrée des deux chemins… » (Ezéchiel, XXI, 26).

  

Le Jugement Dernier de Giotto di Bondone-v02

 

Ainsi, il semble bien que le Démiurge soit, dans la sphère psychique, le Maître des Rétributions posthumes à caractère expiatoire. Souvenons-nous du symbolisme de l’Ypsilonn, (la lettre Y de l’alphabet hellénique), et de ce qu’il désignait chez les Pythagoriciens.

Pourtant, néanmoins, le rôle de Metatrôn serait privilégié par rapport aux autres êtres célestes. Selon la vision d’Elisée ben Abouya, un des quatre extatiques qui réussirent l’ascension de la Mercabah et qui fut des trois qui en recueillirent la perdition, Metatrôn est le seul Ange qui lui apparut assis, en sa vision de l’Assemblée céleste. Symbolisme qui doit s’interpréter comme l’expression ésotérique d’une puissance très proche de celle de Dieu.

Selon la tradition, on lui adjoint un autre Ange du nom de Sandalphôn, terme issu d’un mot grec signifiant « associé à son frère ». Son rôle symbolique est d’unir et de fusionner les prières avant qu’elles parviennent à l’Eternel. (Talmud : Khagiga, 13b).

Ceci semble confirmé pour certains par ce passage :

« Alors, je dis à mon Seigneur : Que marquent ces deux Oliviers, dont l’un est à la droite du Chandelier et l’autre à la gauche ?

« Ne savez-vous pas ce que cela signifie, me dit-il ? Je lui répondis : Non, mon Seigneur…

« Alors, il me dit : Ces deux Oliviers sont les deux Oints de l’Huile Sacrée, qui se tiennent devant le Dominateur de toute la Terre… » (Zacharie : IV, 11, 14).

Un autre grand prophète évoque lui aussi la présence d’un « roi » terrestre. Ezéchiel, décrivant le Tetramorphe divin et les quatre grands animaux symboliques qui le constituent, (l’Ange, l’Aigle, le Lion et le Taureau), ajoute en effet :

« Leurs faces et leurs ailes s’étendaient en haut ; ils se tenaient l’un l’autre par deux de leurs ailes, ils couvraient leurs corps avec les deux autres. Et ces animaux paraissaient, à les voir, comme des charbons brûlants et comme des lampes ardentes…

  

die vision des ezechiel detail 

« Lorsque je regardai ces Animaux, je vis paraître près d’eux comme une Roue qui était sur la Terre et qui avait quatre Faces… » (Ezéchiel : I, 11, 13, 15).

Ainsi donc, dans le Monde matériel, sur la Terre, il est une Entité qui reflète le Tétramorphe du Monde divin. C’est le « Prince du Monde » du Talmud.

Et Metatrôn est parfois nommé Kohen ha Gadol, le Grand Prêtre, ou Maleak ha Elokime : l’Ange dans lequel est Dieu. Or, un des noms de Samaël (Satan), l’Ange de Rigueur, est Sâr ha Gadol : le Grand Prince…

Or, nous savons, d’après la Kabale, que les « Roues » désignent les Ophanims, devenus, dans la tradition ordinaire, les Chérubins. Ainsi, le « Prince du Monde » est un ophanim, c’est-à-dire un chérubin.

Nous aurons l’occasion de revenir sur ce détail.

G. G. Scholem, en son bel ouvrage « Les Grands courants de la Mystique Juive », nous dit à son tour ceci au sujet de Metatrôn :

« La mystique de Metatrôn gravite autour de la personne d’Enoch. Celui-ci, après une vie de piété, fut enlevé et mis, selon la légende, au rang de premier des Anges et de « Prince de la Face » ou de la « Présence Divine », d’où le terme complémentaire adjoint au nom de Métatron : Sar-ha-Panim. »

Il a d’ailleurs de nombreux noms, dont le nombre répond à des considérations mystiques numérales, dans la Kabale. Le « Répertoire de l’Angélologie Juive » de Moïse Schwab, nous en donne un certain nombre : Midras, Miboun, etc…

Les Kabbalistes le nomment aussi l’Adolescent, d’où ce passage de l’Ecriture :

« J’ai vu tous les hommes vivants qui marchent sous le soleil, avec le second jeune Homme, qui doit se lever en la place de l’Autre… » (Ecclésiastique : IV, 16, 15).

Ainsi, Enoch aurait pris la place d’un « Ange de la Présence » ou « de la Face », primitif. Pourquoi cette substitution ? Peut-être parce que le premier aurait perdu ce rang primordial… Ecoutons donc encore l’Ecriture :

« Le Seigneur m’adressa encore Sa Parole et me dit : Fils de l’Homme, donnez le signal du deuil sur le Roi de Tyr[1]. Et vous lui direz : Voici ce que dit le Seigneur Dieu : « Vous étiez le Sceau de la Ressemblance[2], vous étiez plein de sagesse, parfait en beauté. Vous avez été dans les délices du Paradis de Dieu. Votre vêtement était enrichi de toutes les sortes de pierres précieuses ; sardoine, topaze, jaspe, chrysolithe, onyx, béryl, saphir, escarboucle, émeraude, or furent employées pour relever votre beauté, et les instruments les plus parfaits ont été préparés pour le jour où vous fûtes créé Vous étiez un chérubin qui étend ses ailes et qui protège, je vous avais établi sur la sainte montagne de Dieu, vous marchiez au milieu des pierres étincelantes ! »

Notons encore ce passage d’Ezéchiel, qui, par son identification de Lucifer à un arbre, rend un curieux son cabalistique, si l’on se souvient que les arbres du Jardin d’Eden désignent des connaissances supérieures, des mystères transcendants :

« Fils de l’Homme, dis à Pharaon, roi d’Egypte et à sa multitude : A qui ressembles-tu dans ta grandeur ? Voici, l’Assyrie était un cèdre du Liban, ses branches étaient belles, son feuillage était touffu, sa tige élevée, et sa cime s’élançait au milieu d’épais rameaux. Les eaux l’avaient fait croître, l’abîme l’avait fait pousser en hauteur, des fleuves coulaient autour du lieu où il était planté, et envoyaient leurs canaux à tous les arbres des champs. Ses branches avaient multiplié, ses rameaux s’étendaient, par l’abondance des eaux qui l’avaient fait pousser. Tous les oiseaux du Ciel nichaient en ses branches… Et tous les arbres d’Eden, dans le jardin de Dieu, lui portaient envie… » (Ezéchiel : XXXI, 1-9).

 On sait qu’en hébreu le mot « oiseau » se traduit parfois par reseph, signifiant également « étincelle, fils de la Flamme », ou par kenaph, signifiant « les Ailés » (les Anges), ou par Bal Kenaph les « Maîtres Ailés », c’est-à-dire les dieux du ciel, les bâalim.

On connaît également le symbolisme de l’Arbre, dans la Kabale, symbole de toute création. Et le dernier verset compare notre Pharaon-Lucifer à l’Eden proprement dit. Ainsi donc, lorsque la Genèse nous dit qu’Adam devait garder et travailler le Jardin d’Eden, elle nous ramène à la théorie de Martinez de Pascally, qui, dans son « Traité de la Réintégration des Etres », nous révèle que ce travail consistait à travailler à la ré-illumination de Lucifer.

Metatrôn

« Vous étiez parfait en vos voies au jour de votre création, jusqu’à ce que l’iniquité ait été trouvée en vous. Dans l’étendue de votre action, vos entrailles ont été emplies d’iniquité, vous êtes tombé dans le péché et je vous ai chassé de la montagne de Dieu, je vous ai exterminé, ô chérubin qui protégiez les autres, du milieu des pierres étincelantes… Vous avez perdu la sagesse en votre beauté, votre cœur s’est élevé en son éclat, et je vous ai précipité à terre… » (Ezéchiel : XXVIII, 11 à 17).

Ainsi, le prophète nous précise que l’Ange tombé est un chérubin et qu’il a été précipité sur terre, et, on l’a vu ci-dessus, Enoch, un des prototypes du Christ, en prit la place dans les Hauteurs, comme le Christ lui-même, « un nouveau Lucifer » ainsi que le nomme la liturgie latine, a pris la place du premier.

 

Le souffle d'or

 

D’où ces paroles prêtées à Enoch :

« Dieu m’a pris du milieu du cours du Fleuve – la vie terrestre – et m’a transporté sur les ailes mouvantes de la Shékina vers le Ciel le plus élevé, et Il m’a introduit dans les grands palais, sur les hauteurs du septième ciel, nommé l’Araboth, où se trouvent le trône de la Shékina et de la Merkaba, les légions de colère et des armées de courroux, les Shinanim de feu, les Chérubins aux torches ardentes, les Ophanim, ou charbons enflammés, les Gardiens des Flammes, et les Séraphins de Lumière. Et il m’a placé là chaque jour, pour servir le trône de Sa Gloire… » (Hekhalot Rabbati).

Cet Enoch, dont la chair fut transformée en flammes, les veines en feu, les cils en rayons de lumière, les pupilles en torches enflammées, et que Dieu a placé sur un trône proche du trône de la Gloire, a donc reçu après cette transfiguration céleste, le nom de Metatrôn, c’est-à-dire « précurseur » ou « précédent ». En fait, les grands voyants d’Israël ont vu là le Christ futur, qui est en effet celui que l’homme doit d’abord rejoindre, rencontrer, avant la Divinité elle-même, puisqu’il est le médiateur par excellence, la « porte », ainsi que le disent les évangiles…

  

Maitreya1

 

Mais on peut songer encore au Buisson Ardent de Moïse, à cet Ange de la Face, qui lui affirme : « Dieu est un Feu qui brûle… »

Ce serait après le début du XIe siècle de notre ère, probablement pas avant, nous dit encore G. G. Scholem, que le patriarche Enoch a été identifié selon ses métamorphoses à l’ange Yahoël ou Yohël, qui occupait une position importante et quelquefois très élevée, dans les documents les plus anciens de la mystique du Trône et dans les diverses « apocalypses ».

Le premier qui semble avoir soupçonné l’identité de Metatrôn et de Yahoël est Box, en son « Introduction à l’Apocalypse d’Abraham ». Les caractères les plus remarquables de cet Ange sont alors à cette époque transférés à Metatrôn. Nous trouvons ainsi Yahoël comme premier nom dans les diverses listes des fameux « Soixante-dix noms de Metatrôn », établies pendant la période gaonique, (VIIe au XIe siècle de notre ère).

L’Apocalypse d’Abraham nous dit d’ailleurs ceci :

« Je suis nommé Yahoël, une Puissance, une Vertu, du NOM Ineffable de Dieu, qui demeure en moi… »

On sait que Yaho est un des termes du Tetragramme divin, IO, IA, IAO, IEOAH. Le même Yaoël fut nommé par les gnostiques juifs « le petit IAO », et, au second siècle de notre ère, ce nom avait déjà pris de l’importance dans la littérature gnostique non juive :

« Yahoël est appelé ainsi car il fut le maître de notre ancêtre Abraham, et il lui transmit la Tora… Yahoël est l’Ange qui appela notre maître Moïse pour qu’il s’éleva au Ciel (dans la montée au Sinaï). En effet, dans le traité talmudique Sanhédrin, il est écrit : « Il dit à Moïse : Monte vers Dieu (EL YHWH). Il aurait dû dire « Monte vers MOI ». Or, il a simplement dit : « Monte vers l’Ange dont le nom est celui de son Maître… » Or, en hébreu, EL IHWH est justement l’anagramme de Yahoël… »

Le Talmud de Babylone ne contient, lui, que trois mentions de Metatrôn, et le plus important de ces passages n’a, paraît-il, pas de sens, si on le lui rapporte. Ainsi, cette notion est particulière à la gemara palestinienne.

Cependant, nous savons que la notion d’un démiurge aux ordres de Iaweh était familière à certaines sectes juives de la période de Saadia, sectes dont les doctrines demeurèrent pendant fort longtemps à la limite extrême du judaïsme rabbinique orthodoxe, et ce sont elles qui, certainement, inspirèrent les docteurs gnostiques non-juifs.

En ces sectes, il était enseigné que Dieu n’avait pas créé le Monde directement, mais bien par l’intermédiaire d’un Ange, soit que cet Ange ait été émané de Dieu lui-même (principe de la théologie chrétienne ; le Christ, en tant que Logos, est le saint Démiurge dont parle Clément d’Alexandrie en ses Stromates), soit que Dieu l’ait créé. 

Cet Ange, qui apparaît effectivement comme un véritable Démiurge, est également défini comme étant le sujet de toutes les visions anthropomorphiques de l’Ecriture, et comme « l’Etre éclatant » perçu par les visions des prophètes. Citons simplement Ezéchiel :

« La vingt-cinquième année de notre captivité, au commencement de l’année, le dixième mois, quatorze ans après la ruine de Jérusalem, ce jour-là la main du Seigneur fut sur moi et me conduisait en esprit à Jérusalem.

« Elle me conduisit en une vision divine au pays d’Israël et me mit sur une fort haut montagne, sur laquelle était comme l’édifice d’une ville tournée vers le midi.

« Il me fit entrer dans cet édifice, et je rencontrai d’abord un Homme dont le regard brillait comme de l’airain étincelant. Il tenait d’une main un cordeau de lin fin, il portait dans l’autre une canne à mesurer, et il se tenait devant la porte… » (Ezéchiel : XL, 1 à 3).

Toutefois en sa pénétrante étude « En marge de la Tradition Chrétienne », Albert Frank-Duquesne émet certaines réserves au sujet de ce Metatrôn judaïque, étude qu’il importe de citer ici, en tant que commentaires aux versets d’Ezéchiel cités plus avant (XVIII, 11-17).

« N’est-il pas curieux que, dans le Talmud, qui substitue Metatrôn à la Parole – ou Memrâ – des Targounim, pour faire pièce à l’apologétique chrétienne, ce Metatrôn et le Démon portent, tous les deux, les mêmes surnoms : Sar-ha-Olam (Prince de ce Monde), et El Acher (l’Autre Dieu) ?... »

Or, effectivement, c’est là le nom que les Ecritures chrétiennes donnent à Satan :

« Je ne m’entretiendrai plus guère avec vous, car voilà le Prince de ce Monde qui vient, et cependant, il n’a nul droit sur moi… » (Jean : Evangile, XIV, 30).

« C’est maintenant que le Monde va être jugé ! C’est maintenant que le Prince de ce Monde va être jeté dehors… » (Jean : Evangile, XII, 31).

« Et lorsque le Consolateur sera venu, il convaincra le Monde du Péché, (de la nécessité) de la Justice et du Jugement. Du péché parce qu’il na point cru en moi. De la Justice parce que je m’en vais vers mon Père et que vous ne me verrez plus. Et du Jugement, parce que le Prince du Monde est déjà jugé… » (Jean : Evangile, XVI, 8, 9, 10, 11).

« Nous savons que le Monde tout entier est sous l’empire du Mauvais Esprit… » (Jean, 1ère Epître, V, 19).

« Tout ce qui est dans le Monde ne vient pas du Père, mais vient du Monde… » (Jean, 1ère Epître : II, 16).

« Car, encore qu’il y en ait qui soient appelés dieux, soit dans le Ciel soit sur le Terre, et ainsi qu’il y ait plusieurs dieux et plusieurs seigneurs… » (Paul, 1ère Epître aux Corinthiens, VIII, 5).

D’où cette parole du Christ :

« Tous ceux qui vinrent avant moi furent voleurs et brigands… Moi seul, je suis la Porte… » (Jean : Evangile, X, 7, 8).

  

Matrix Neo realises

 

« Que si l’Evangile que nous prêchons est encore voilé, c’est pour ceux qui périssent qu’il est encore voilé ! Pour ces infidèles dont le dieu de ce siècle (variante : « de cet éon-ci… ») a aveuglé les esprits, afin qu’ils ne soient point éclairés par la lumière de l’Evangile, de la « Gloire » de Jésus-Christ, qui est l’Image de Dieu… » (Paul, IIe Epître aux Corinthiens, IV, 3, 4).

Voici donc encore un passage qui évoque le rôle d’Ange de la Face et de la Présence exclusivement rempli par le Christ.

D’autre part, on sait ce rôle d’accusateur rempli par Satan :

« Car il a été précipité, l’Accusateur de nos frères, celui qui les accusait jour et nuit devant notre Dieu… » (Apocalypse : XII, 10).

Or, dans certaines traditions initiatiques rapportées par Eliphas Lévi, le Démon apparaît comme le Grand Scribe Universel, le grand agent cosmique qui clicherait les événements, l’Akasha de l’ésotérisme hindou, la « lumière astrale » des Occultistes occidentaux… Ceci est significatif. Et les penseurs libres ou libres penseurs, qui, sous prétexte de « spiritualisme rationnel » s’affirment résolument panthéistes devraient bien réfléchir à cela.

  6 Amas de Galaxie 

Lorsque Staline, en son « Matérialisme Dialectique et Matérialisme Historique », met en relief le caractère unitaire de l’Univers, sous-entendant l’existence d’un principe centralisateur, en nous disant :

« Contrairement à la métaphysique, la dialectique regarde la Nature non comme une accumulation accidentelle d’objets, de phénomènes détachés les uns des autres, isolés et indépendants les uns des autres, mais comme un tout uni et cohérent, où les objets, les phénomènes, sont organiquement liés entre eux, dépendent les uns des autres et se conditionnent réciproquement… »

Il ne fait que découvrir ce que les anciens philosophes païens désignaient par l’expression « Ame du Monde », ce dieu de ténèbres, comme le qualifiait Mani.

La Kabale qualifie encore Metatrôn de « petit dieu », « pourvu de sept Noms », nous dit Frank Duquesne. C’est évidemment curieux, car on songe alors à la Bête à Sept Têtes et à Dix Cornes dont parle l’Apocalypse :

« Puis je vis monter de la Mer une Bête qui avait dix cornes et sept têtes, sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses sept têtes des Noms de Blasphèmes… » (Apocalypse : XIII, 1).

Certaines Kabbalistes chrétiens ont vu dans le Démon la première des Sephiroths. Celles-ci sont des organes de l’activité de Dieu, dans le système kabalistique.

Sans être en dehors de la Divinité, en soi latente et non-manifestée, elles ne sont pas de Sa Substance même, et elles se trouvent à Sa disposition comme des « énergies », à la fois suscitées et immanentes, comme des modes de manifestations. (Noter l’analogie avec la doctrine des énergies divines, que la théologie orthodoxe a reprise à saint Grégoire Palamas).

Or, selon la Kabale, Kether Elyon, « Couronne Suprême de Dieu », l’Ange de la Présence par excellence et le Metatrôn du Talmud, est la première de ces Puissances qui se trouvent « auprès de Dieu » et qui opèrent en son Unité :

« Les Anges reçoivent les commandements divins en-deçà du Voile, et lui seul, Metatrôn, les reçoit au-delà… » (Talmud : Gemara Khagiga, 15a et 16a ; Yebamoth, 16b ; Tosephts, 60a).

C’est pourquoi, observe Frank Duquesne :

« On comprend à la fois la grandeur et l’envie de Kether, menacée de découronnement par la Vision anticipée (bien que sans révélation de l’union hypostatique future pourtant…) de la Gloire Suprême promise à l’Image de l’Homme… »

On sait que cette théorie est partie intégrante de la théologie islamique sur les motifs de la chute de Lucifer. La tradition chrétienne en possède des fragments :

« Je considérai ces choses dans le cours d’une vision nocturne, et je vis le Fils de l’Homme, qui venait, avec des nuées, du Ciel, et qui s’avança jusqu’à l’Ancien-des-Jours. Et ils (les Anges) le présentèrent devant Lui. Et Il lui donna la Puissance, l’Honneur et le Royaume, et tous les peuples et toutes les langues le serviront. Sa puissance est une puissance éternelle, qui ne lui sera point ôtée, et son Royaume ne sera jamais détruit… » (Daniel : VII, 13, 14).

C’est pourquoi :

« La Mort est entrée dans le Monde par l’envie du Diable… » (Sagesse, II, 24).

Car :

« Dieu n’a pas créé la Mort. Il a tout créé afin que tous subsistent. Toutes les créatures étaient saines à leur origine, et le règne des Enfers n’était point encore sur la Terre… » (Sagesse : I, 13, 14).

« Parmi ces Puissances angéliques, le Prince de l’Ordre Terrestre, celui à qui Dieu a confié le soin de la Terre, était par nature non mauvais, mais bon. Il avait été créé dans le Bien, n’ayant reçu du Créateur aucune trace de Mal. Mais, ne conservant pas l’Illumination et la Dignité qui lui avaient été octroyées par Dieu, il déchut (par un acte libre de sa volonté), de ce qui est conforme à la nature en ce qui est contre nature. Il se révolta donc librement contre Dieu son Créateur, et s’étant le premier détourné de Dieu, il tomba dans le Mal… » (St-Jean Damascène : De fide orthodoxa, II, 4).

Que ce rôle démiurgique ait été dévolu, par l’effet d’un des plus grands et des plus mystérieux desseins de la Providence, à un Chérubin, ainsi que nous l’avons constaté plus avant, semble bien confirmé par la tradition kabbalistique elle-même, qui veut que les Ophanim ou Chérubins « ordonnent et dégagent le Chaos primordial, l’Hylée. Ils donnent à l’Homme la lumière de la pensée, la force de la sagesse, les très hautes idées et les images par lesquelles nous pouvons concevoir ici-bas les choses divines ».

  

L'Architecte et Néo Matrix-01

 

Ce rôle d’ordonnateur de ce qui n’est encore que désordre, chaos, est confirmé par la théologie catholique, qui veut qu’ils apportent la Grâce, permettent de sortir de la voie du Péché, et de cheminer en celle de la perfection chrétienne, ainsi qu’en fait foi le texte qu’elle attribue, dans la récitation de la « couronne angélique », au second Chœur des Anges.

Mais quant à celui des Chérubins qui est évoqué par la mystérieuse parole de Zacharie : « Et j’allai en la maison du Seigneur, les porter (les trente deniers) à l’Ouvrier-en-Argile… » (Zacharie, XI, 12, 13) parole que nous citions au début de cette étude, il est encore une coïncidence étrange à son sujet, coïncidence qu’on ne peut passer sous silence.

C’est que le « champ du sang », ou Haceldama, que les prêtres achetèrent avec l’argent que l’Iscariote alla jeter, désespéré, dans le Sanctuaire, ce champ se trouve exactement dans cette vallée maudite où l’on faisait autrefois offrande des premiers-nés à Moloch par le truchement du brasier rituel, vallée qu’on nommait et qu’on nomme encore de nos jours du terrible nom de Géhenne…

En son remarquable ouvrage sur « Le Dualisme chez Platon, les Gnostiques et les Manichéens », Simone Petrement souligne le fait que la plupart des idées qui constituent le dualisme gnostique se trouvent en quelque mesure dans les Epîtres de saint Paul, l’Evangile de Jean et, en général, dans tous les écrits néo-testamentaires, à l’exception, bien entendu, des évangiles synoptiques, bien que malgré tout, dans celui de saint Luc, on en pourrait trouver quelques traces.

En complément des recherches précédentes, citons-en quelques-uns.

  


 

 

Il est d’abord évident que pour qui sait lire en profondeur, l’opposition gnostique entre le Royaume de Dieu et le Monde matériel est soulignée de nombreuses fois. Nous sommes très loin d’un Univers créé, organisé, conduit et administré par le Logos Divin seul. Il y a autre chose, un autre personnage, qui y a participé ou y participe encore, et qui fait que cet Univers est plus mauvais que bon. Qu’on en juge :

« Nous savons que nous sommes de Dieu, et que tout l’Univers est sous l’empire du Mauvais Esprit… » (Jean, 1ère Epître, V, 19).

« Vous êtes d’En-Bas, je suis d’En-Haut, vous êtes du Monde, je ne suis pas du Monde… » (Jean, Evangile, VIII, 23).

« Si le Monde vous hait, sachez qu’il ma haï avant vous… Vous n’êtes pas du Monde, et pour cette raison, le Monde vous haït… » (Jean, Evangile, XV, 18, 19).

« Ils ne sont pas du Monde, comme Je ne suis pas du Monde… » (Jean, Evangile, XV, 17, 14).

« Je ne prie pas pour le Monde, mais pour ceux que Tu m’as donné… » (Jean, Evangile, XVII, 9).

« Afin que nous ne soyons point condamnés avec le Monde… » (Paul, 1ère Epître aux Corinthiens, XI, 32).

« Nous n’avons pas reçu l’Esprit du Monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu… » (Paul, 1ère Epître aux Corinthiens, II, 12).

  

1-223                  architecte[1]

 

La thèse des docteurs de la Gnose, affirmant que jusqu’à la venue du Sauveur les hommes avaient ignoré le Dieu d’En-Haut, le véritable Créateur de toutes choses, a sa confirmation dans les Evangiles synoptiques eux-mêmes :

« Père Juste, le Monde ne t’a point connu… » (Jean, Evangile, XVII, 25).

« Mon Royaume n’est point de ce Monde… » (Jean, Evangile, XVIII, 36).

« N’aimez pas le Monde, ni les choses qui sont dans le Monde. Si quelqu’un aime le Monde, l’Amour du Père n’est pas en lui. Car, tout ce qui est dans le Monde, le désir de la chair, le désir des yeux, et l’orgueil de la Vie, tout cela n’est point du Père, mais est du Monde… » (Jean, 1ère Epître, II, 15, 16).

 

La Crucifixion de Giotto di Bondone-v03

 

Que d’autres dieux se soient manifestés avant Lui, qu’ils aient tenté de détourner à leur profit le culte des hommes, qu’ils leurs aient dissimulé l’existence d’un Dieu Suprême, supérieur à eux-mêmes, ou bien que par le fait de leur spiritualité restreinte, de leur imperfection, ils aient ignoré ce Dieu, c’est là une thèse gnostique bien connue. Elle est la base de toute doctrine sur le Démiurge. Et le Christ la confirme de façon formelle :

« Tous ceux qui vinrent avant Moi furent des voleurs et des brigands, et les brebis ne les ont point écoutés. Moi seul, je suis la Porte, si quelqu’un entre par Moi, il sera sauvé… » (Jean, Evangile, X, 8, 9).

  

Matrix2 156[1]

 

  

 

 

Que dire en effet de cette prise de position formelle, où le Christ se présente en contradicteur absolu de la Loi :

« Vous avez appris qu’il a encore été dit aux Anciens : Vous ne vous parjurez point, mais vous vous acquitterez envers le Seigneur des serments que vous aurez faits.

« Et Moi, Je vous dis de ne point jurer du tout ! Ni par le Ciel, parce que c’est le Trône de Dieu, ni par la Terre, parce qu’elle est l’escabeau de Ses Pieds, ni par Jérusalem, parce que c’est la Ville du Grand Roi…

« Vous ne jurerez pas non plus par votre tête, parce que vous ne pouvez en rendre un seul cheveu blanc ou noir ! Mais que votre parole soit : Oui, oui, ou bien : Non, non.

« Car tout ce qui se dit de plus vient du Démon… » (Mathieu, Evangile, V, 33-37).

Ce Monde que le Nouveau Testament met ainsi au pilori devant les âmes prédestinées, ce Monde est en effet tout peuplé d’Anges, de Puissances, d’Archontes, d’Autorités plus ou moins légitimes et plus ou moins désintéressées :

 

L'Architecte Matrix-01                            L'ascension vers l'empyrée

 

« Et nous montâmes ; lui (l’Ange) et moi dans le Firmament, et là, je vis Samaël et ses Puissances, et il y avait un grand combat dans le Firmament. Les Anges de Satan se portaient violemment envie l’un à l’autre. Et de même qu’en haut en ce Firmament, il en est ainsi sur la Terre, car l’image de ce qui est dans le Firmament est ici sur la Terre… Ainsi en est-il depuis que le Monde existe, et cette lutte persistera jusqu’à ce que vienne Celui qui détruira le Monde… » (Ascension d’Isaïe : VII, 10-12).

« Ensuite, sera la Fin ; lorsqu’il remettra la Royauté à Celui qui est Dieu et Père, lorsqu’Il détruira toute Domination, tout Autorité, tout Puissance. Car, il faut qu’Il règne jusqu’à ce qu’Il ait mis tous ses Ennemis sous ses pieds… » (Paul, 1ère Epître aux Corinthiens, XV, 24-25).

« Il a effacé l’Acte qui nous condamnait, l’Acte dont les décrets nous étaient contraires, et Il l’a détruit en le clouant à la Croix. Il a ainsi dépouillé les Dominations et les Puissances, et Il les a offertes en spectacle en triomphant d’elles par la Croix… » (Paul, Epître aux Colossiens, II, 14, 15).

.../...

 

 

Matrix-code1

 

  

 

 

 

  

 

 

 


[1] Tyr est aussi le nom de la planète Vénus, encore nommée Lucifer.

[2] Ceci peut correspondre au terme « Ange de la Face »…

 



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Orphée - dans Esotérisme & Gnose