Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 18:36

 

L’Acte créateur de Dieu est donc éternel en son principe, il ne l’est pas en ses modalités.


Sur ces créations successives, sur les « Univers antérieurs », nous avons déjà donné en un autre chapitre, les références scripturaires qui permettent d’en souligner la réalité.


5 – Dieu est le « Tout » par excellence, la Création (en ses « aspects » successifs) est donc totalement et absolument « en Dieu ». Mais il serait erroné d’affirmer que Dieu soit totalement en elle. On ne saurait donc, en soutenant cette thèse, aboutir au panthéisme. Toutefois, on ne saurait non plus, affirmer que Dieu est totalement absent de cette Créations et de ses « univers » successifs, puisque l’Ecriture nous dit que c’est son Esprit-Saint qui en est le conservateur, et que rien ne saurait subsister sans Lui. D’où ces curieux logia agrapha que nous révèlent les papyri découverts à la fin du siècle dernier à Oxyrhynque, en Egypte, et où nous trouvons cette stupéfiante parole du Christ :


« Soulève la pierre, tu m’y trouveras… Fends le bois… j’y suis. »

 

 

 

2001 4

 

 

 

6 – La Création constitue donc en Dieu (le « Tout ») une « région » que la Divinité compénètre incomplètement. Dieu la suscite (selon l’excellente image des cabalistes palestiniens d’avant notre ère) en retirant une partie de Ses Infinies Perfections, d’une partie de Son Infini lui-même. Ipso facto, apparaît alors l’Imperfection !


Les « univers » sont donc nécessairement et toujours imparfaits.


C’est cette fraction de l’Essence divine, dépouillée par Dieu lui-même d’une partie de Ses prérogatives, qui constitue la materia prima de toutes ces Créations.


7 – Elle est certainement liée à un mystère que l’on nomme l’aspect féminin de Dieu, savoir la Ténèbre Divine. Nous y reviendrons. C’est en elle que Dieu laisse se manifester les potentialités latentes destinées à constituer les créatures, potentialités auxquelles il reconnaît et accorde le droit de l’être. C’est l’Aïn Soph des cabalistes. L’Aïn en est l’opposé.


8 – Pour conduire, organiser, cette œuvre créatrice permanente, Dieu a Son Logos. Celui-ci à son tour, a un « Maître-Jacques », le Démiurge. C’est, on l’a vu, l’Ange tombé.


Créature malgré tout privilégiée, en vertu du rôle important qui lui est assigné, il a nécessairement des responsabilités supérieures qui ont justifié cette grande part de liberté, cet important libre-arbitre, qui lui sont laissés dans le Monde. Il a donc tendance, plus que les autres créatures, à s’égarer.


Notons, à ce sujet, que la thèse de Lactance, que nous avons rapportée dans le chapitre consacré au « Problème du Mal », n’a jamais été condamnée par les Pères et les Conciles.


9 – Ainsi donc, la Création est et sera toujours plus ou moins imparfaite. Faire disparaître cette imperfection, équivaudrait alors à détruire la dite Création en son principe, qui est justement sa différence d’avec Dieu.


Une création parfaite ne saurait coexister avec un Créateur parfait car la perfection est une ; deux choses ou deux êtres ne peuvent coexister de façon absolue sans qu’il manque à l’un ce que possède l’autre.


Le Monde, ou plutôt la suite des Créations, ne sont que des miroitements accidentels dans ce gigantesque kaléidoscope qu’est la Pensée Divine. C’est dire que Dieu et le Monde sont bien distincts, et si Dieu constitue en partie l’essence du Monde, l’inverse n’est pas vrai.

 

 

 

2001 5

 


Or, Dieu est éternel, parfait, infini, parce que situé en dehors du Temps et de l’Espace. Le Monde, lui, n’est ni éternel, ni illimité, ni parfait puisque soumis au Temps et à l’Espace.


Nous pouvons donc alors conclure avec certitude que Dieu et le Monde sont distincts.


10 – Mais si Dieu et le Monde sont distincts, ce dernier est cependant soumis à une volonté qui se manifeste en lui et par lui. Cette volonté mystérieuse fait preuve d’intelligence, et tend manifestement vers la réalisation d’une intention. Toutefois, il semble que cette « âme du Monde » soit amorale sinon immorale. Le plan qu’elle peut avoir sur le Monde n’est pas suivi de façon absolument rationnelle. Des espèces apparaissent, pour disparaître ensuite. Des catastrophes viennent périodiquement annihiler le déroulement de ce plan que l’on soupçonne. Bref, l’équilibre que cette volonté tend à faire régner dans le Monde de façon absolument mécanique est très différent de la justice divine, et très éloigné de toute marque de miséricorde et d’amour. Cette volonté imparfaite comme le Monde qu’elle anime et conduit n’est donc pas celle de Dieu mais celle du Démiurge.


11 – Le Monde que nous venons d’examiner d’une vue d’ensemble est vivant, à des degrés divers en ses éléments constitutifs. Mais il est également évident que cette volonté qui l’anime et s’y manifeste de multiples façons, revêt deux aspects contraires, souvent même absolument opposés.


L’un d’eux semble à tendances évolutives, constructrices, harmonieuses, conservatrices. C’est la vie d’ici-bas, l’attraction, la production, l’affirmation.


L’autre paraît être à tendances chaotiques, destructrices, involutives, inharmonieuses. C’est la mort d’ici-bas, la répulsion, la destruction, la négation.


Concluons donc que le Démiurge n’est pas le seul animateur du Monde, mais qu’il en partage la possession et le principe même de l’action ici-bas avec un autre « prince », qui est le Diable ou Daïmon du Monde.

C’est la présence de ces deux forces antithétiques qui semble faire croire au dualisme.


12 – Le Démiurge et le Daïmon sont deux forces complémentaires, parfois opposées. Le second entrave ou défait ce que le premier tente ou réalise.

 

 

 

9c92c40dbf04b455a540fe3ca94ff5e6

 


Le Démiurge constitue donc en sa volonté propre le Destin (n’oublions pas qu’il est la LOI…) prévisible parce que relativement harmonisé, évalué, codifié par des éléments durables.


Le Daïmon est la fatalité, sous sa définition populaire, c’est-à-dire imprévisible, inattendue, perturbatrice, toujours maléfique.

 

Notes et réflexions :


Selon le Maître Jésus, Satan n’est pas un être donc pas une conscience ni une volonté individualisée mais plutôt une force participant au fonctionnement de notre type d’univers, un peu comme une sorte de vent. Selon lui, Satan était le fils naturel et inévitable du Principe de Liberté, la résultante du mouvement de rébellion qui en dérivait obligatoirement. C’était nous, les hommes, qui en faisions l’ennemi de l’Eternel alors qu’en réalité il n’était rien d’autre que son instrument.

Aux yeux du Maître Jésus, dans notre monde, la Conscience de l’Amour se mesurait et se désirait face à l’expérimentation du manque d’Amour. La Force d’Union ne pouvait donc s’apprécier que dans la tourmente de celle de la Dispersion. La Puissance rassembleuse et aimante de l’Un ne se percevait pas pleinement sans ce Principe de Séparativité qu’est Satan.

 

 

.../...

 

 

 



 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Orphée - dans Esotérisme & Gnose