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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 18:51

 

Le Démiurge est l’Ordre, parfois basé sur l’injustice, mais l’Ordre tout de même. Le Daïmon est l’anarchie… C’est pourquoi le Démiurge laisse une impression de puissance, mais aussi d’une équité relative à l’égard de qui suit docilement sa morale « relative ». D’où l’aveu du Démiurge à Salomon quant à David, son père :

 

« Hiram, roi de Tyr, envoya ses serviteurs vers Salomon, car il apprit qu’on l’avait oint roi à la place de son père, et il avait toujours aimé David… » (I, Rois, V. 1).

 

Dans le légendaire judéo-arabe, les serviteurs d’Hiram sont en réalité les Génies que Salomon avait à son service. Ce qui renforce l’hypothèse qu’Hiram est l’image du Démiurge.

 

13 – Le Destin, s’il est codifié, soumis à des lois, prévisible par enchaînement des causes et des effets, est justiciable, défendable, équitable, eu égard à l’intention générale du Démiurge et par rapport au plan qu’il a conçu sur le Monde.

 

La Fatalité n’est que la réaction et le fait d’un plan contraire, logique, elle n’est que la réaction instinctive, systématiquement contraire à tout, du Daïmon ou Diabolos. Ce dernier est donc opposé, et ce a priori, à toute volonté étrangère à la sienne, que cela soit celle de Dieu ou celle du Démiurge.

 

C’est dire que le Daïmon tend à détruire les joies que le Démiurge dispense à la créature, comme il tend par ailleurs à apaiser les peines que le dit Démiurge lui réserve, en châtiment de ses désobéissances à sa propre Loi. On peut déduire de ceci que certaines joies terrestres appartiennent en propre au Diabolos, certaines autres au Démiurge. Egalement que certaines épreuves relèvent de l’un, certaines autres du second.


14 – Du point de vue gnostique général, le Daïmon est le prince du plan hylique (physique, matière), le Démiurge est le prince du plan psychique (mental), et le Soter, ou Sauveur, l’est du plan pneumatique (esprit, spirituel), seul domaine permanent, éternel, durable.


On retrouve là l’image bien connue d’Empédocle d’Agrigente, qui considérait le Monde comme un char attelé et conduit. Le cocher du char était le symbole du pneuma, le cheval l’était de la psychée, le char de l’hylée.


15 – C’est moins pour imiter Dieu que parce que les choses inférieures tendent à reproduire les choses supérieures, que le Démiurge s’est, à son tour, rétracté d’une fraction de son essence pour, lui aussi, se dédoubler et avoir ainsi un auxiliaire.


Mais cette rétraction d’une Créature imparfaite a encore aggravé l’imperfection primitive dans la fraction ainsi « émanée » et abandonnée à elle-même. D’où la nocivité absolue du second.


Cette fraction ainsi dédoublée par le Démiurge, livrée à elle-même, a constitué alors le Daïmon.  

 

 

 

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Deux versets de l’Ecriture peuvent souligner cette imperfection de l’œuvre du Démiurge :


« Comme Jésus entrait dans Capernaüm (ce mot signifie « champ de pénitence », c’est donc bien le Monde d’ici-bas…), un centenier l’aborda, le priant et disant : Seigneur, mon serviteur est couché à la maison, atteint de paralysie et souffrant beaucoup… » (Mathieu, Evangile : VIII, 5).


Pour Héracléon, disciple de Valentin, (cité par Origène comme un argument en faveur de l’Apocatastase) l’épisode du centenier et de son serviteur malade s’applique au Démiurge et à son émanation, le Diabolos. La « maladie » c’est le péché pur.


Le second verset, nous l’avons déjà analysé :


« Vous avez pour père le Diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père… Il est menteur, et son père l’est… » (Jean, Evangile : VIII, 44).


On l’a vu, la Loi donnée au Sinaï est imparfaite par rapport à celle que nous apportera plus tard le Christ. C’est dire que Moïse, Josué, etc… ne reçurent jamais un enseignement parfait, mai seulement une adaptation, une ombre, la préfigure, un à-peu-près. D’où l’apostrophe du Christ à ceux qui vinrent avant lui, et qu’il qualifie de voleurs et de brigands (Jean, Evangile, X, 8-9). Ce n’est point Moïse et ses successeurs qu’il traite ainsi, mais ceux qui se manifestèrent à eux bien avant Lui, comme étant de soi-disant dieux, et que Paul signale en son Epître 1er aux Corinthiens (VIII, 5-6), c’est-à-dire le Démiurge et son fils le Diable. C’est pourquoi, les Prophètes qui se manifestèrent au cours de la longue histoire d’Israël, ne furent pas tous ni toujours inspirés par Dieu et Son Esprit de Vérité. Qu’on en juge :


« Et Michée dit : Ecoute donc la Parole de l’Eternel. J’ai l’Eternel assis sur son Trône, et toute l’Armée des Cieux se tenant auprès de Lui, à sa Droite et à Sa Gauche. Et l’Eternel dit : « Qui donc séduira Achab pour qu’il monte à Ramoth en Galaad, et qu’il y périsse ? » Et un Esprit vint se présenter devant l’Eternel et dit :

 

« Moi, je le séduirai… » L’Eternel dit alors : « Comment ?... » - « Je sortirai, répondit-il, et je serai un Esprit de mensonge dans la bouche de tous ses Prophètes… » L’Eternel dit alors : « Tu le séduiras et tu en viendras à bout. Sors donc et fais ainsi… » (I, Rois : XXII, 19-23, ou III Rois, idem).

 

« Car voici ce que dit le Seigneur des Armées, le Dieu d’Israël : Ne vous laissez point séduire par vos prophètes, qui sont au milieu de vous, ni par vos devins, et n’ayez point égard aux songes que vous avez songés. Parce qu’ils prophétisent faussement en Mon Nom, ce n’est point Moi qui les ai envoyés… » (Jérémie : XXIX, 8, 9).  

 

Dans ses « Philosophumena », Hippolyte de Rome nous rapporte cet enseignement du Gnosticisme traditionnel :


« Les disciples de Marcus disent encore que le Démiurge voulut imiter la Nature Infinie, Eternelle, étrangère à toute limite et à tout temps. Mais il ne put reproduire sa stabilité et sa perpétuité parce qu’il était lui-même le fruit d’une imperfection. Aussi, pour se rapprocher de l’éternité de l’Ogdoade, créa-t-il des temps, des moments, d’innombrables séries d’années, s’imaginant imiter ainsi l’Infinité de cette Nature Eternelle.


« Alors, disent les disciples de Marcus, la Vérité l’abandonna et le Mensonge devint son compagnon. C’est pourquoi, lorsque les Temps seront accomplis, son Œuvre prendra fin… » (Hippolyte de Rome : Philosophumena, lib. VI, 55).


Ces Cycles, et les Régents ou Archontes animateurs de ceux-ci, ressemblent curieusement aux innombrables logos, manous, conducteurs, etc… des systèmes stellaires et planétaires que H. P. Blavatsky nous décrit, en sa théosophie de la « Doctrine Secrète », comme constituant la Création.  

 

 

 

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Il est bien évident que celui que la tradition appelle fort justement le « plus vieil Esprit de l’Univers », l’auteur de la révolte initiale, s’obscurcit spirituellement un peu plus à chaque « création » nouvelle, du fait de ses innombrables crimes antérieurs et de ceux qui furent commis à son instigation. A chaque fois, il oublie un peu plus ses origines, et la Source Première de TOUT. C’est ce que le dialogue entre Moïse et le Pharaon d’Egypte reflète en mode mineur dans l’histoire matérielle d’Israël, histoire qui, comme nous l’avons dit, n’est que la préfigure, le « reflet », de celle de l’Humanité tout entière. Il est traditionnel de soutenir que Moïse est un des « types » préfigurant le Christ, comme Pharaon est en réalité le symbole du « Prince de ce Monde », et l’Egypte le Monde Matériel où les Ames humaines sont prisonnières :


« Moïse et Aaron se rendirent ensuite auprès de Pharaon et lui dirent : Ainsi parle l’Eternel, le Dieu d’Israël : Laisse aller mon Peuple pour qu’il célèbre au Désert une fête en Mon honneur. Et Pharaon répondit : Qui donc est l’Eternel, pour que j’obéisse à sa voix en laissant aller Israël ? Je ne connais point l’Eternel… Et pour cela, je ne laisserai pas aller Israël… » (Exode : V, 1-3).


Notes et réflexions :


Le Maître Jésus affirma que d’une certaine façon, en générant la Création, le Sans-Nom avait du même coup fait jaillir de Son sein la Puissance de Séparativité ou de Dissolution mais que ce n’était là qu’une illusion à des fins d’Eveil. Pourquoi ? Parce que l’ensemble des univers n’étaient pas extérieurs à Sa Conscience et à Son corps qui sont en perpétuelle expansion.

 

Mais dans ce cas, Satan fait-il partie de l’Eternel ? Il est tel un vent que l’Eternel a engendré pour notre avancement et auquel il permet de circuler à travers les mondes… Mais il est aussi un vent que toute forme de vie consciente d’elle-même a la possibilité de nourrir ou non. Si cette Puissance que nous nommons Satan a tant de pouvoir, c’est parce nous lui prêtons main forte à chaque fois que, par l’usage de notre liberté, nous œuvrons dans le sens de la dissolution et non du rassemblement.

 

  

 


 

 

 

Doutons-nous qu’il s’agisse là d’un passage qu’il s’agit de traduire en mode supérieur et non pas en s’en tenant à la signification littérale des mots ? Reportons-nous un peu en avant, et nous saurons que la besogne à laquelle Pharaon tient essentiellement est la procréation des corps et l’entretien de l’Univers matériel, son domaine, puisque nous retrouvons, là encore, le symbolisme de l’argile et de la paille, analysé au début de cette étude :


« Alors les Egyptiens réduisirent les enfants d’Israël à une dure servitude. Ils leur rendirent la vie amère par de rudes travaux en argile et en briques, et par tous les ouvrages des champs, et c’était avec cruauté qu’ils leur imposaient toutes ces charges… » (Exode : I, 14).


« Et ce jour même Pharaon donna cet ordre aux inspecteurs du Peuple et aux commissaires : Vous ne donnerez plus de paille au peuple pour faire des briques, qu’ils aillent eux-mêmes ramasser cette paille… » (Exode : V, 6, 7).


D’ailleurs, en décrétant la destruction des enfants mâles, et en ne laissant la vie qu’aux seules filles, Pharaon, alias le « Prince de ce Monde », vise à l’extinction des esprits des hommes, ne désirant conserver en eux que la seule psychée (filles), pour la bonne tenue du rôle qu’il leur réserve ici-bas : son seul service…


Cet esprit, d’origine divine, personnifié par les enfants mâles d’Israël, le Démiurge n’en a nul besoin, au contraire. Car il lui suffit d’avoir le support psychique (l’âme), - auquel il imprime alors sa propre volonté à loisir – et le véhicule de cette âme, le corps de chair, simple matière issue de l’Hylée. Pour remplacer l’esprit, il lui suffit d’évoquer les « principes » noirs, que Dieu, de toute éternité, par sa prescience et sa sagesse, rejette au Non-être :


« Et le Roi des Ténèbres évoqua, pour les créer, et il les propagea ensuite, des myriades d’espèces, à l’infini, des milliers et des milliers d’horribles Créatures sans nombre… Et les ténèbres s’agrandirent et alors se développèrent ces Démons… » (Le Livre des Trésors d’Adam).  

 

 

 

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On le voit par ce qui précède, le Pharaon d’Egypte, préoccupé d’ouvrages en argile et en paille, est bien l’image du Potier…


Quelle peut être la part prise par le Démiurge et ses Archontes dans la création de l’Homme  Charnel, et d’abord, y en-a-t-il une ? Par la Gnose, nous savons que certaines créatures de forme humaine ne sont pas des hommes, qu’elles ne sont que des apparences, ne possédant que la simple combinaison « hylée-psychée », voire même parfois la simple « hylée ». Et cela, l’Evangile nous le confirme :


« Il (Jésus) leur proposa alors une autre parabole et il dit : Le Royaume des Cieux est semblable à un homme qui a semé une bonne semence dans un champ. Mais, pendant que les gens dormaient, son ennemi vint, sema de l’ivraie parmi le blé, et s’en alla…


« Celui qui sème la bonne semence, c’est le Fils de l’Homme. Le champ, c’est le Monde. La bonne semence, ce sont les Fils du Royaume, l’ivraie, ce sont les Fils du Malin, l’ennemi qui l’a semée, c’est le Diable, la moisson, c’est la Fin du Monde, les moissonneurs, ce sont les Anges… » (Mathieu : Evangile : XIII, 24, 25 et 37-40).


« Ils lui dirent : Nous ne sommes point des enfants illégitimes, nous avons un seul Père : Dieu. Jésus leur dit : Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Je ne suis pas venu de moi-même. Mais c’est Lui qui m’a envoyé. Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage ? Parce que vous ne pouvez comprendre ma parole… Vous avez pour père le Diable, et ce que vous voulez, c’est accomplir les volontés de votre père… » (Jean, Evangile : VIII, 41-44).  

 

 

 

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Notes et réflexions :

 

Le Maître Jésus l’annonce, c’est vous tous, hommes et femmes de ce monde, qui devenez à la fois ses enfants et ses parents en vous nourrissant de lui et en alimentant son action à chaque pas que vous faites vers la désunion. D’une étincelle de rébellion, vous avez fait un grand feu, puis de ce grand feu un immense brasier. Vous êtes l’énergie et le moteur de ce vent par lequel Satan prend forme… jusqu’à vous façonner vous-même !

 

Issu du seul Principe de Liberté, l’Adversaire est maintenant devenu le fruit de vos carences en Amour, constamment entretenu par la sève de vos petitesses. Il est comme un gigantesque réservoir de venin que vous remplissez à chacune de vos bassesses puis dans lequel vous plongez votre coupe à chaque fois que, par vos orgueils, vos colères et aussi vos peurs en esprit et en actes vous vous séparez du Tout.

 

Ainsi, je vous l’affirme, Satan est un peu de vous tant que vous résistez au sentiment d’union totale avec mon Père dans l’Infini… Votre Père !


.../...

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Orphée - dans Esotérisme & Gnose