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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 19:44

 

On sait combien le Christ a parlé en paraboles, combien celles-ci sont profondes et à double-sens, car, ainsi qu’Il l’a précisé :

« Les perles ne doivent pas être données aux pourceaux. » (Mathieu : VII, 6).

Reprenons donc la parabole du denier de César :

« Mais Jésus connaissant leur duplicité leur dit : Pourquoi me tentez-vous ? Apportez-moi un denier, que je le voie. Ils lui en apportèrent un. Et il leur demanda : De qui est cette image et cette inscription ? Ils lui dirent : De César. Jésus leur répondit : Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu… » (Marc, Evangile : XII, 13-17).

Or, cette parabole est rapportée de façon bien plus complète dans un texte du milieu du IIe siècle, la Pistis-Sophia, de Valentin :

« Au sujet de cette parole, que tu nous as dite autrefois, lorsqu’on t’apporta ce denier, tu vis qu’il était d’argent et d’airain… Et lorsque tu vis que la pièce était mélangée d’argent et d’airain, tu dis : « Rendez au Roi ce qui appartient au Roi, et à Iahveh… »

Autrement dit, à la mort (le denier, comme l’obole, était déposé sous la langue au moment de l’inhumation), restituez au Roi (Dieu) l’argent (symbole de la Lune, de l’Eglise) et au Démiurge l’airain, symbole des combats et du désordre (l’airain des glaives et des boucliers), c’est-à-dire, respectivement, l’âme et la chair à leurs auteurs.

C’est pourquoi Origène pouvait conclure :

« Et Israël certes, et aussi Juda, sont ensemencés d’une semence, non seulement d’Hommes, mais aussi d’animaux… » (Origène, Commentaires sur l’Evangile de Jean : I, 29).

Et, dès lors, certains par l’enseignement même des Ecritures que l’Archonte d’ici-bas a pu participer, soit malgré lui, par ordre d’En-Haut, ou par pure malice ou par simple orgueil, à l’élaboration de formes matérielles, nous devons suivre le développement de cette vérité, en toutes ses conséquences.

Au sujet des âmes qui appartiennent, les uns au Christ, les autres à l’Adversaire, nous lisons ceci dans l’ « Evangile des Douze Apôtres », un apocryphe copte, qu’Origène n’hésitait pas à considérer comme antérieur à celui de saint Luc, avec l’ « Evangile des Egyptiens » :

« Et le Seigneur Jésus descendit de la montagne avec ses Disciples. Or, voici que Satan se présenta à eux sous la forme d’un pécheur. De nombreux démons le suivaient, portant une multitude de filets, de pièges, d’hameçons, et de crochets, jetant les uns et les autres sur la montagne. 

 

Christ et le Diable

 

« Lorsque les Apôtres les virent jeter leurs filets et leurs hameçons ainsi, s’ils s’étonnèrent beaucoup, disant : « Seigneur, quel est l’homme de cette sorte, qui fait de telles choses dans un désert ?... »

« Et Jésus leur dit : « Pierre, celui-là est celui dont je t’ai dit : « Voici que Satan vous demande, pour vous cribler comme on crible le froment. Moi, j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. »

« Et Jean lui dit : « Que trouvent-ils en un tel désert ?... » Et Jésus répondit : « Mon bien-aimé Jean, celui après lequel il cherche, voici qu’il l’a pris. C’est le Pécheur qui prend tous les poissons mauvais… C’est le Chasseur qui capture toutes les bêtes souillées, et quiconque est mauvais… »

« Philippe lui dit : « Qui donc, Seigneur, a été saisi par l’hameçon ou dans le filet de celui-ci ? » Et Jésus lui dit : « Il y a une multitude qui est prise par l’hameçon ou le filet de celui-ci… »

« Et André dit au Seigneur : Seigneur, quel est donc le bénéfice de celui-ci à faire transgresser les hommes ?... »

« Et Jésus répondit : « Est-ce que je ne suis pas venu pour prendre en Mon Royaume ceux qui sont à Moi ?... Celui-ci cherche aussi ceux qui sont à lui pour son tourment. Car j’ai supporté cette grande humiliation : Je suis descendu dans le Monde, afin d’arracher Mes brebis à la Mort, qui est celui-ci… » (Evangile des Douze Apôtres, IVe Fragment). 

 

ascension11

 

Nous observons tout d’abord que, précipité par Dieu hors de cette « lumière » spirituelle que la tradition nomme Eden, en punition d’un péché primitif, l’Homme-Esprit a été soumis à un Geôlier qui est le Prince de ce monde.

Or, alors que tout l’enseignement de la Révélation, que ce soit celle du Sinaï (imparfaite étant donné son médiateur…), ou celle complète du Christ, vise à libérer l’Homme de certains instincts et de dangereuses passions, il apparaît nettement que son corps charnel vise, bien au contraire, à les susciter et à les entretenir, puisqu’il est organisé et constitué pour cela.  

Si donc on admet que ce corps est, entièrement et totalement, réalisé conformément aux normes et aux intentions divines, il apparaît une contradiction fort nette entre les dits instincts issus du corps et la loi morale imposée à l’esprit.

Car l’on oublie par trop facilement que les prétendus organes de reproduction ne sont peut-être pas tout à fait destinés à la perpétuation de l’espèce ! Ils se divisent, ne l’oublions pas, en deux catégories. Il y a les organes du plaisir sexuel, et les organes de la reproduction proprement dite. En effet, une femme excisée, c’est-à-dire à qui on a retiré le clitoris, les petites lèvres (ainsi que cela se pratique fréquemment en Afrique Noire), si elle est ainsi rendue à peu près frigide, demeure féconde, et une femme à qui on a retiré les ovaires, voire l’utérus, demeure soumise au désir sexuel tout en étant stérile. 

 

Adam et Eve de Jérôme Bosch-v01

 

Les organes du plaisir sont donc en même temps ceux du désir. Qui donc alors est leur Auteur ?

Que l’on ne vienne point nous dire que Dieu tente ainsi lui-même l’Homme, par certains détails de l’enveloppe qu’il lui a donnée, pour lui permettre de triompher ou de succomber. Car ce rôle de tentateur est réservé à Satan :

« Alors Satan se leva contre Israël, et il incita David à en faire le dénombrement… » (IIe Livre des Rois, XXIV, 1 ou Chroniques I, XXXI, 1).

Mais si, bien au contraire, nous admettons que le soin de réaliser ce corps charnel, voulu par Dieu comme devant être la prison de l’âme humaine, au même titre que l’Univers devenait celle des Anges déchus et de la Collectivité humaine corrompue, si cette tâche a été confiée au Geôlier que l’Homme s’était imprudemment donné pour Maître, un peu comme à un exécuteur des hautes-œuvres (et c’est aussi un des rôles du Démiurge), alors nous pouvons admettre que le corps et ses instincts ont été réalisés en contradiction avec la règle morale perçue et admise par l’esprit…

En ce sens, on comprend alors des expressions comme « la chaîne des passions », « l’aiguillon de la chair », « la servitude des instincts ». 

 

Le Jardin des Délices de Jérôme Bosch-v02

 

Ceci semble confirmé par l’influence certaine des Astres (véhicules, corps physiques, ou simplement centres de propagation de l’influence occulte des Archontes) sur le corps matériel de l’Homme, et encore mieux par des « correspondances analogiques » certaines entre le Cosmos et l’Homme charnel.

Et il est non moins certain que ces influences cosmiques ne déclencheront pas des réactions semblables dans les trois catégories d’hommes. Celles-ci sont, en effet, semblables à trois catégories de vases. La première a les siens garnis de terre féconde et de bonnes graines qui lèveront un jour. La seconde a les siens également garnis de terre, mais des graines y seront-elles jamais semées ? Et dans l’affirmative, lèveront-elles ? La dernière n’est composée que de vases vides, d’où, par conséquent, rien ne saurait sortir, même si des graines venaient à y être jetées. C’est ainsi que sont les hommes.

Les uns ont l’esprit, l’âme, la chair. Les autres l’âme et la chair. D’autres, la chair seulement. Cette triple constitution de l’homme est d’ailleurs attestée par saint Paul.

Cette division, établie par les Gnostiques, permet à de Faye de conclure ainsi :

« En dehors de Dieu Lui-même, il y a, si l’on peut s’exprimer ainsi, trois Puissances ou Chefs : le Christ, le Démiurge, le Diable. A ces trois personnages, correspondent trois domaines et trois catégories d’êtres.

« En haut, est le domaine spirituel, qui appartient en propre au Christ. Vient ensuite le domaine intermédiaire, dont le Démiurge a été le monarque et le dieu jusqu’à l’avènement du Christ. Tout en bas, se trouve le domaine matériel, sans un rayon de l’esprit. C’est la Sphère propre au Diable. » (De Faye : Gnostiques et Gnosticisme, III, « Les disciples de Valentin »). 

 

vandergoestemptation

 

  

 

D’où la conclusion des Evangiles :

« On ne met pas une pièce neuve sur de la vieille étoffe, ni du vin nouveau dans de vieilles outres… » (Luc, Evangile : V, 36).

« Un bon arbre ne saurait donner de mauvais fruits, pas plus qu’un mauvais arbre n’en donnera de bons… » (Luc, Evangile : VI, 43).

Ce qui signifie que les êtres de la dernière catégorie ne sauraient jamais devenir d’eux-mêmes des spirituels ou pneumatiques, et que pour les êtres de la catégorie médiane (psychiques), ce n’est pas absolument certain… Il ne leur reste qu’une chance : l’intervention divine. Mais sur cette chance, nos Gnostiques nous transmettent une tradition qui veut que le « Dieu inconnu » soit intervenu en ce sens… 

 

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D’où cet émouvant appel que les Philosophumena d’Hippolyte de Rome nous rapportent, issu des rituélies naasséniennes :

« Réveille-toi, toi qui sommeille, lève-toi, et le Christ luira à tes yeux… » (Hippolyte de Rome : Philosophumena, V).

En ce même ouvrage, nous trouvons ceci :

« En même temps que Basilide, florissait à Antioches de Syrie un certain Satornil, qui enseignait les mêmes doctrines que Ménandre.

« D’après lui, il existe un Père Unique, inconnu de tous, qui a créé des Anges, des Vertus, des Archanges, des Puissances. Et ce sont des Anges, au nombre de sept, qui ont créé le Monde et tout ce qu’il renferme.

« L’Homme, lui aussi, a été fait par des Anges. Une Image éclatante, venant d’en-haut, de la Puissance Suprême, apparut tout à coup. Les Anges ne purent la retenir, raconte Satornil, parce qu’elle remonta aussitôt au Ciel. Alors, ils s’exhortèrent mutuellement par ces paroles « Faisons l’Homme, à l’Image et à la Ressemblance… » (Hippolyte de Rome : Philosophumena, VII, 28). 

 

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Cette « Image », Valentin en parle :

« Autant l’Image est inférieure à la vivante physionomie, autant l’Univers matériel est au-dessous de l’Eon Vivant, ou Monde Suprasensible… De même, le Démiurge est le reflet du Père, qu’on ne peut nommer… » (Valentin : Péri Philôn).

Ce qui veut dire qu’il existe un « Plan » permanent, où les Idées sont les Modèles et les Moules éternels de tout ce qui est susceptible d’être. C’est en ce Monde Idéal, que les Anges avaient détecté le Modèle de l’Homme et c’est selon lui qu’ils le constituèrent, en évertuant la vie au sein de la Matière (qui était leur domaine), en vue de sa réalisation matérielle.   

« Mais une sorte d’épouvante survint aux Anges, en présence de cet Etre qu’ils venaient de former, lorsqu’il proféra des paroles hors de proportion avec ses origines. Cela lui venait de Celui qui, sans se laisser voir, avait déposé en lui une semence de la Substance d’En-haut, et parlait, avec cette hardiesse, en lui…

« C’est ainsi que, parmi les hommes éphémères, leurs ouvrages sont un objet d’effroi pour ceux qui les ont faits, telles des statues, des images, bref tout ce que font leurs mains, pour représenter la Divinité.

« Car Adam ayant été formé au nom de l’Homme, inspirait la crainte de l’Homme Préexistant, lequel était en lui. Alors, les Anges furent stupéfaits, et inquiets, ils altérèrent leur ouvrage. » (Valentin, Epîtres, cité par Clément d’Alexandrie, in Stromates, VIII, 36). 

 

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Dans la pensée du grand docteur, les Anges devinent intuitivement que l’être nouveau qu’ils viennent de générer ici-bas, sera la souche d’une humanité qui, un jour, en donnant naissance au Rédempteur, sera cause de la ruine de leur empire.

Lorsque les êtres, issus de ce prototype initial qu’ils viennent de créer, se seront débarrassés de leur autorité, lorsqu’ils ne jouiront plus, (à travers eux, qu’ils compénètrent à loisir) de la vie charnelle parce que leur expulsion aura enfin été réalisée, ils ne seront plus alors, ces Anges, que des Entités errantes et sans puissance.  

 

 

 

Cette « possession » utilitaire et égoïste, Valentin nous la décrit :

« Un seul est bon, dont la présence se manifeste par le Fils. C’est par lui seul que le cœur peut devenir pur, tout Esprit mauvais étant alors expulsé du cœur. Car une multitude d’Esprits demeurant en lui l’empêchent d’être pur, et chacun de ces Esprits produit les effets qui lui sont propres.

« Ils maltraitent l’Ame diversement par de mauvais désirs. Et il me semble qu’il arrive à l’Ame, un peu ce qui arrive à une hôtellerie lorsque des gens grossiers y séjournent. Ils percent les murs, y creusent des trous, souvent ils les remplissent d’ordure. Ils n’ont aucun souci du lieu, sous prétexte qu’il appartient à autrui.

« Il en est de même de l’Ame, tant qu’on la néglige… Elle demeure souillée. Elle est l’asile d’une foule de Démons, mais lorsque le Père qui seul est Bon a égard à elle, elle est alors sanctifiée, et elle resplendit de lumière. C’est pourquoi : bienheureux qui a le cœur pur, parce qu’il verra Dieu… » (Valentin : Epîtres).

En cela, le grand docteur est en accord avec l’Ecriture :

« Lorsque l’esprit impur sort de l’homme (par l’effet du baptême) il erre dans les lieux déserts, cherchant le repos, et il ne le trouve pas. Alors, il dit : Je retournerai dans la demeure d’où j’ai été chassé, et si, en arrivant, il la trouve vide et ornée, il s’en va chercher et ramène sept esprits plus méchants que lui, et entrant dans la maison, il y fait de nouveau sa demeure. Et le dernier état de cet homme est alors pire que le premier… » (Mathieu, Evangile : XII, 43-45). 

 

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Car, nous dit Origène :

« Chacun de nous a un adversaire, qui fait corps avec lui, et dont l’ouvrage est de nous conduire à son Prince… » (Origène, Homélie sur l’Evangile de Luc, XXXV).

Cette incorporation du Démon en nous, vient de notre corps charnel, dont la matière est empruntée à l’origine, au domaine purement démiurgique. Et nous abordons ici le domaine le plus délicat, le plus difficile, du problème posé par l’existence du Démiurge.   

 

 

Dans son « Introduction » à l’ « Homélie sur le Cantique des Cantiques » d’Origène, ouvrage publié avec le concours de Mgr Lagier, Directeur de l’œuvre d’Orient, Dom O. Rousseau, O.S.B. nous dit ceci :

« On connaît le double récit de la création de l’Homme, aux premiers chapitres de la Genèse, récit qui deviendrait, chez les Alexandrins, la « double création ». Philon l’avait déjà expliqué dans un sens tout platonicien, à propos de Genèse, II, 7, en son Commentaire allégorique des saintes Lois :

« Il y a deux genres d’hommes : l’homme terrestre et l’homme céleste. L’homme céleste, en tant que né à l’image de Dieu, n’a pas de part à une substance corruptible et en général terrestre. L’homme terrestre est issu d’une matière éparse, qu’il a appelé une motte. Aussi, dit-il que l’homme céleste a été non pas façonné, mais formé à l’image de Dieu, et que l’homme terrestre est un homme façonné, et non pas engendré par l’Artiste. Mais il faut réfléchir que l’homme de la terre, c’est l’intelligence au moment où elle s’introduit dans le corps. « C’est celle qui est née de la terre et amie du corps, et que Dieu a jugée digne d’un souffle divin », et non pas « l’Intelligence née à Sa Ressemblance et à son Image. »

Chez Philon, l’homme céleste dépendant de la première création est un être immatériel et transcendant, correspondant à l’idée platonicienne de l’homme. Origène interprètera l’Ecriture dans un sens très différent et plus direct. Il intériorise les deux hommes, et explique la double création par les données pauliniennes. 

 

La fontaine d'eau vive

 

Il dit, en son prologue au « Grand Commentaire du Cantique des Cantiques : « Au Commencement même des discours de Moïse, là où il est question des origines du Monde, vous voyons qu’il est parlé de deux hommes, le premier « qui a été fait à l’image et à la ressemblance de Dieu », le second « tiré du limon de la terre ».

C’est instruit et éclairé en cette connaissance que l’apôtre Paul a écrit qu’il y a deux hommes en chacun de nous, car il est écrit : « Lors même que notre homme extérieur se détruit, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour. » (II, Corinthiens, IV, 16), et de même : « Je prends plaisir à la loi de Dieu, selon l’homme intérieur. » (Romains, VII, 22), et d’autres choses semblables.

D’où je pense qu’il n’y a pas de doute pour personne que Moïse ait écrit de la création de deux hommes dans la Genèse, puisque l’apôtre qui comprenait mieux que nous ce que Moïse a écrit, parle de ces deux hommes. (Origène, en son « Entretien avec Héraclite » nous déclare : « L’Ecriture dit que l’homme est deux hommes. »)

  Rubens 

« Origène s’étend longuement sur cette idée. Sur ces deux hommes, il établira comme deux structures, deux vies, l’une charnelle, l’autre spirituelle, deux intelligences : puké et noùs, deux amours : éros et agapé. » (Dom O. Rousseau : « Origène : Homélie sur le Cantique des Cantiques, Introduction, pp. 18 à 21).

D’ailleurs saint Paul nous déclare formellement que :

« … S’il y a un corps animal, il y a aussi un corps spirituel. C’est pourquoi il est écrit : « Le premier Adam est devenu une âme vivante, le dernier Adam est devenu un esprit vivifiant… Le premier homme, tiré de la terre, est terrestre, le second homme est du ciel. Et tel est le terrestre, tels sont aussi les terrestres. Et tel est le céleste, tels sont aussi les célestes. » (Paul : 1ère Epître aux Corinthiens, XV, 44-48).  

 


 

  

Nous ne savons dans quel livre, probablement disparu, saint Paul a lu qu’il était écrit « Le premier Adam… le dernier Adam… » Bien des ouvrages formant le fond scripturaire d’Israël ont été perdus au cours de sa longue histoire, à commencer par ce « Livre des Guerres du Seigneur » que cite le « Livre des Nombres » (Nombres, XXI, 15) et que nous ignorons. Disciple du savant docteur Gamaliel, il est possible qu’il ait eu connaissance d’ouvrages réservés, lorsqu’il n’était encore que l’étudiant Saül de Tarse.

Quoi qu’il en soit, la Genèse nous parle de ces deux hommes, en ses premiers et seconds chapitres. Et c’est ce que nous allons maintenant aborder. 

 

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Dans un manuscrit dont les bibliothèques de Carcassonne et de Vienne possèdent chacune un exemplaire, plus connu sous le nom de « Cène Secrète » et dont nous avons déjà parlé, mais que les Albigeois et les Cathares attribuaient à l’apôtre Jean comme un fragment, détaché volontairement, de l’Evangile johannite traditionnel, nous trouvons ce curieux passage :

« Satan conçut le dessein de faire un homme qui fut à son service. Il apporta donc du limon, et fit un homme à l’Image de l’Homme Primitif, et aussi à la sienne à lui. Ensuite, il ordonna à un Ange du Second Ciel d’entrer en cette forme de boue. Il en prit une partie et en fit un second réceptacle, en forme de femme. Et il ordonna à un Ange du Premier Ciel d’entrer en ce nouveau réceptacle. Et les deux Anges pleurèrent en voyant sur eux des formes mortelles et dissemblables. Et Satan leur ordonna de consommer l’œuvre de chair en ces formes de boue… »

  

23 ghost shell1[1]

 

Nous constaterons d’abord que la présentation du récit est faite un peu comme quelque chose de bien connu, de traditionnel dans l’occulte judaïque, Satan utilise le procédé des kabbalistes d’Europe centrale, au Moyen-âge, pour l’élaboration de leurs golem. Et ce procédé (qu’on pourrait d’ailleurs rattacher au récit de la Genèse tout aussi logiquement…) est également celui de la coulée des teraphim, petits « simulacres » divins :

« Il y avait un homme de la montagne d’Ephraïm nommé Mica. Il dit à sa mère : Les mille et cent sicles d’argent qu’on t’a pris et pour lesquels tu as fait des imprécations même à mes oreilles, voici. Cet argent est entre mes mains, c’est moi qui l’avais pris. Et sa mère dit : Béni soit mon fils par l’Eternel ! Il rendit à sa mère les mille et cent sicles d’argent, et sa mère dit alors : Je consacre de ma main cet argent à l’Eternel, afin d’en faire pour mon fils une image taillée et une image fondue, et c’est ainsi que je Te le rendrai. Il restitua cet argent à sa mère. Sa mère prit deux cents sicles d’argent. Et elle donna l’argent au fondeur, qui en fit une image taillée et une image en fonte. On les plaça dans la demeure de Mica. Ce Mica avait une maison de Dieu. Il fait alors un éphod et des teraphim, et il consacra l’un de ses fils, qui lui servit de prêtre. » (Livre des Juges : XVII, 1-5).

.../...

 

 

 

Ghost in The Shell Lina by stardock[1]

 

 

 

  

 

 

 

 

 

   

 

 

  

 

 

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Orphée - dans Esotérisme & Gnose