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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 19:32

La Création du Monde

 

Cosmogonies et Mythes

 

    

 

La Genèse du Monde 

 

 

« Dieu ne savait que faire, et bâillait, seul en son réduit, quand, semant au hasard son œuvre et ses paroles, il jeta dans les cieux ces outres folles, ivres de vent, pleines de bruit ». Victor Hugo, « La Légendes des siècles ».

 

Le « Big Bang »

 

Depuis des millénaires, les hommes se sont posés des questions sur leurs origines et celles du monde. Ils ont échafaudé de nombreuses cosmogonies mythologiques ou théologiques. Avant de devenir scientifiques ou philosophiques, ces cosmogonies servirent à désigner avant tout les nombreuses légendes décrivant la genèse de l’univers et de la création des hommes et des animaux. Les théories des anciens, par leur naïveté, font sourire aujourd’hui mais que penser de celle du « Big Bang » que l’on croyait imparable et qui est actuellement revisitée ?

 

Toute cosmogonie implique que l’homme se situe par rapport à un système dans lequel il est un élément actif. Mais tous les systèmes imaginés par les hommes ne furent pas compatibles. La vérité porta de nombreux visages et chacun prétendit tenir le bon. La question de la création du monde et les conflits religieux qui agitèrent notre planète prouvent que les êtres humains sont très attachés à la notion du divin. Elle seule parvient à donner un sens à leurs vies. Le terme de « cosmogonie » apparaît en 1585. Il est formé des mots grecs « kosmos », signifiant « univers » et « gonos », la « naissance », la « génération ». La cosmogonie relate la création du monde à travers les différents mythes qui y sont liés. Ces mythes fondateurs furent à l’origine des civilisations.

 




 

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Les éléments souvent associés à la Création furent le serpent et l’œuf cosmique auxquels on doit aussi ajouter l’eau, symbole de pureté, matrice originelle d’où toutes les vies furent issues et aussi l’idée d’un chaos primordial, d’un désordre cosmique initial d’où naquit un monde harmonieux et ordonné, suite à un conflit, une séparation entre Lumière et Ténèbres. Les étapes classiques que l’on retrouve dans la plupart des mythes créationnistes sont : l’apparition de l’univers à partir du néant ou du chaos, la naissance de l’espace et du temps, de la Lumière, de la matière et des quatre éléments et l’apparition de la vie à partir de la fusion de ces éléments. Les cosmogonies primitives se transmirent oralement. La première trace écrite fut grecque, citons la « Théogonie d’Hésiode, la « Bibliothèque d’Apollodore » d’un auteur anonyme et les « Métamorphoses » d’Ovide. Mais la plus connue dans le monde occidental reste l’Ancien Testament faisant partie des textes sacrés des religions dites « révélées », ayant sensiblement les mêmes fondements et les mêmes buts : expliquer l’origine et dire pourquoi cette vision est la seule qui soit authentique. Il y a incontestablement dans toute cosmogonie une querelle potentielle avec celle du voisin…

 

Au commencement, la couleur de la nuit éternelle étendait son noir manteau sur l’espace et le temps. Les éléments à venir se trouvaient là, en attente, dans un embryon portant les germes de milliards de galaxies. Il était le lieu de divergence et le point de convergence, l’origine et la finalité, le ventre qui engendre, qui aspire et qui broie, l’être et le néant, la présence et la dissolution. Tout existait dans l’Unité première, tout s’organisait en son sein, tout se construisait par elle. Au sein d’un cercle virtuel, un point minuscule s’agrandissait, s’amplifiait, se dilatait. Tout allait naître de ce centre et tout y reviendrait un jour pour s’y fondre, y mourir et permettre l’éclosion d’autres mondes et de nouvelles vies. Ce monde clos où tout était dans le rien et où le rien présidait au tout, un beau matin « explosa » ! Une force gigantesque, parfaite, ordonnée, structurée et pure surgit dans l’espace obscur, dans le néant glacial, dans le ventre originel de l’espace mère non encore fécondé.

 

Une fois sa semence projetée au centre de cette singularité conceptuelle, l’espace porta l’enfant de Dieu et accoucha de l’univers et du temps. L’amour transforma le vide en matière, l’obscurité en lumière, les ténèbres en apothéose de feux et d’énergie. L’amour donna une forme à ce qui n’en avait pas, une vie à ce qui n’existait pas, une raison à ce qui ignorait ce que le mot « penser » signifiait. L’amour donna son nom à toute chose et pénétra chaque élément de son énergie de vie. La vibration d’amour a créé l’univers. L’homme lui donna le nom de DIEU !



 

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Au départ, les êtres humains ont cru que la Terre se trouvait au centre de l’univers et que tout s’articulait autour d’elle, jusqu'à ce que Copernic et Galilée révèlent qu’en réalité, c’était le soleil qui était au cœur de notre système. Première déception. Lorsque les hommes découvrirent plus tard la notion de « galaxie », ils pensèrent de manière vaniteuse que leur système occupait certainement le centre de la nébuleuse. Là encore, les travaux de Harlow Shapley publiés en 1918, brisèrent leurs rêves. Le système solaire se situait seulement dans les « faubourgs » de la dite galaxie. Ensuite, les êtres humains crurent qu’il n’existait qu’une seule galaxie, la leur. Leurs espoirs furent à nouveau déçus puisque les savants en trouvèrent des milliards d’autres. Quel chemin parcouru depuis le temps où l’espace se réduisait à une petite partie de Méditerranée, autour de la Grèce !

 

Le soleil est maintenant considéré comme une banale étoile, une sorte de grain de sable minuscule perdu dans l’immense espace galactique. La Terre n’est plus qu’une boule dérisoire. Et que dire de l’homme, le soi-disant « joyau de la création », modelé à l’image de Dieu, d’autant que la science a démontré qu’il existait probablement de nombreuses planètes habitées dans l’Univers. Dieu n’a en aucun cas privilégié la Terre en particulier, encore moins la création humaine. Adam et Eve ont certainement des frères et des sœurs extra-terrestres quelque part… Il est temps pour l’homme de se dégager de son nombrilisme primaire.

 

Hubble confirma, au début des années 1930, que la plupart des galaxies s’éloignaient de nous. Les plus éloignées étaient les plus rapides à fuir. On appela ce phénomène la « fuite des galaxies ». En réalité, les galaxies ne s’écartaient pas vraiment, c’était l’Univers entier qui se dilatait. Il était en expansion croissante. Notre Terre qui semblait stable tournait autour du soleil. Ce même soleil décrivait une courbe autour du centre de la galaxie et cette galaxie, en compagnie de milliards d’autres, filait à toute allure vers on ne sait quel fabuleux « attracteur » universel. L’espace était en mutation constante. Rien n’était fixe, immuable, figé. Reprenant les observations de Hubble, Einstein créa un modèle évolutif d’univers. L’auteur de la « théorie de la relativité » conçut, au début du XXème siècle, un espace courbe, fini, fermé comme un œuf, rejoignant en cela les mythes ancestraux du monde entier. Car dans toutes légendes, la forme ovoïde a été étroitement liée à la genèse du monde. Partout, la tradition a présenté l’état originel, le chaos, comme un œuf au sein duquel le ciel et la terre se trouvaient réunis. Cette plénitude sphérique contenait une pluralité infinie de vies s’ordonnant entre elles en un mouvement spiralé partant du centre du principe absolu. Ensuite, l’œuf engendra le monde par explosion ou éclatement Cette croyance rejoint sur bien des points la thèse scientifique du « Big Bang » ou création de l’univers par explosion d’un « point de singularité », centre de condensation extrême contenant l’ensemble des principes en attente.

 

Le Big Bang désigne l’époque de densité et de chaleur extrême qu’a connu l’univers, il y a environ 15 milliards d’années. Cette phase marqua le début de sa dilatation, de son expansion et aussi de son refroidissement. Le terme « Big Bang » fut utilisé pour la première fois par le physicien anglais Fred Hoyle, lors d’un programme radio de la BBC, dont le texte fut publié en 1950. En réalité, Hoyle ne décrivait pas la théorie, mais se moquait d’elle, lui opposant la thèse dite de « l’état stationnaire » dans laquelle l’univers n’avait pas connu de période dense et chaude. Malgré ce côté initialement dédaigneux et moqueur, l’expression perdura et devint le nom scientifique désignant le phénomène par lequel l’univers fut créé.




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La découverte de l’expansion de l’univers prouvait que celui-ci n’était pas statique et qu’il évoluait. Il en découlait plusieurs interprétations possibles : soit il y avait conservation de la matière et dilution de celle-ci dans le mouvement d’expansion (dans ce cas, l’univers était plus dense par le passé) : c’était la théorie du Big Bang ; soit à l’inverse, l’expansion s’accompagnait d’une création (voire d’une disparition) de matière. Dans ce cadre là, on pouvait imaginer un phénomène de création continue de matière contrebalançant exactement sa dilution par l’expansion. Un tel univers était alors stationnaire, éternel. Il ne pouvait y avoir de conflit entre l’âge de celui-ci et celui d’un objet céleste quelconque. A l’inverse, dans l’hypothèse du Big Bang, l’univers avait un âge défini pouvant être déduit directement de son taux d’expansion. La théorie de l’état stationnaire fut abandonnée.

 

En remontant le temps, les savants découvrirent l’instant où toutes les galaxies se trouvaient réunies en un seul point, une sorte de tête d’épingle. Ils purent remonter jusqu’à l’âge de 10-43 secondes. A ce moment là, l’univers était minuscule, des millions de milliards de fois plus petit qu’un atome ! En son sein, un véritable enfer brûlait de milliards et de milliards de degrés.

 

Ce point infime contenait toutes les créations en attente. Vers l’âge de 1 millionième de seconde, les quarks fusionnèrent en protons et neutrons. Durant les trois premières minutes se créent la plupart des noyaux formant la matière actuelle de l’univers. Ensuite, il fallut attendre des millions d’années pour que protons et électrons forment des atomes d’hydrogène et qu’ils s’unissent en étoiles pour voir naître des atomes plus lourds. Le « cri » originel de l’univers (à mettre peut-être en relation avec le « Verbe » divin) se répercuta  l’infini dans l’espace. Les premiers à le percevoir furent R. Wilson et A. Penzias en 1965. Ils le prirent d’abord pour des parasites alors qu’ils venaient pourtant de trouver le fossile de l’intense chaleur primordiale du Big Bang, appelé le « rayonnement cosmologique de fond de ciel ». La théorie ayant prédit l’existence de ce rayonnement, sa découverte constitua l’un des arguments les plus solides en sa faveur. Elle fut même reconnue par le pape Pie XII qui en 1951 déclara : « Il semble en vérité que la science d’aujourd’hui, remontant d’un trait des millions de siècles, ait réussi à se faire le témoin de ce « fiat lux » initial, de cet instant où surgit du néant, avec la matière, un océan de lumière et de radiations, tandis que les particules des éléments chimiques se séparaient et s’assemblaient en million de galaxies ».



 

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La théorie du Big Bang est toujours considérée par les savants comme l’explication la plus probable quant à la création de l’univers, quoi que pour l’instant, la cosmologie semble entrer dans une phase de précision voire traverser une crise. On évoque deux éléments nouveaux pouvant expliquer un grand nombre d’observations. L’univers contiendrait, en plus des composants habituels, deux éléments jusqu’alors inconnus. Le premier se comporterait essentiellement comme de la matière d’où son nom de « matière noire », le second se comporterait de manière différente et a été appelé « énergie noire » (sa particularité est qu’elle accélérerait l’expansion de l’univers). Des chercheurs proposent des modifications ou des versions alternatives à la théorie de la relativité générale. Leurs choix ne remettent pas en cause cette dernière mais tentent de modifier les équations décrivant le lien entre la courbure spatio-temporelle et son contenu en énergie.

 

De nombreuses tentatives de ce type sont présentées régulièrement au sein de la communauté scientifique. Des pistes nouvelles existent pour aborder les questions cosmologiques et les énigmes qui les accompagnent mais elles sont trop complexes pour être évoquées dans ce dossier. Ces approches très intéressantes suggèrent par exemple l’existence de dimensions supplémentaires capables de modifier l’application de la relativité générale à l’univers. Les conséquences de ces versions étendues de cette théorie n’ont pas encore été testées et beaucoup de travail doit encore être réalisé du point de vue théorique. Envisager la possibilité de l’existence mathématique d’univers parallèles ouvre de nouvelles perspectives de recherches et peut même aboutir à des découvertes fantastiques en matière de spiritualité. Un jour peut-être, nous nous apercevrons que la spiritualité telle que nous la concevons n’existe pas, que les entités que nous appelons « dieux » ou « anges » ne sont en réalité que des êtres inter-dimensionnels…

  

 

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Quoi qu’il en soit, la théorie du Big Bang est celle qui récolte toujours le plus de suffrages parmi la communauté scientifique. La preuve nous en est donné par le prix Nobel de Physique 2006 décerné par l’Académie Royale des Sciences de Suède à deux Américains pour leurs travaux spécifiques en ce domaine. John C. Mather et George F. Smoot viennent d’être récompensés pour leurs travaux sur les radiations cosmiques qui confortent le bien-fondé de la théorie du Big Bang afin d’expliquer l’origine de l’univers. Leurs recherches ont été basées sur des données récoltées par le satellite COBE lancé par l’agence spatiale américaine en 1989. Mather était le responsable de ce projet auquel participèrent plus de 1000 chercheurs et ingénieurs. Smoot avait en charge l’analyse des variations infimes de température des radiations cosmiques.

 

Tout le monde pourtant ne partage pas le même avis. Prenons par exemple la thèse de Frank Hatem, auteur du livre « Les cinq clefs », logicien, diplômé en sciences politiques. Selon lui, les savants se trompent complètement, Dieu n’est pas l’origine de l’Univers, il en est le but ! L’univers ne peut en aucun cas être le fruit d’une explosion : « On voit mal pourquoi au lieu de s’éteindre, cette explosion aurait donné lieu à une évolution vers la vie et l’intelligence. En outre, si Dieu a voulu la lumière, ce n’est pas en la créant une fois pour toutes et en se reposant ensuite qu’il assure l’existence de l’univers. Enfin, il est définitivement indéfendable de penser que l’origine de l’univers soit dans le passé, compte tenu que le seul univers dont il soit légitime de parler est l’univers présent (…). Ce n’est pas dans le passé qu’il faut expliquer l’univers mais dans le présent. En supposant qu’il y ait eu un acte de création à une époque passée, cela aurait pu engendrer un univers éphémère à ce moment-là. Et maintenant ? Quel est l’acte de création qui fait qu’il y a un univers maintenant ? L’idée de créer un univers qui évolue dans le temps est d’autant plus absurde qu’un créateur ne peut s’empêcher de créer. S’il a créé à un moment donné, que faisait-il avant ? Il n’était pas créateur. Et que fait-il après ? Il n’est plus créateur. Qu’est-ce donc qu’un Dieu créateur pendant un instant dans l’éternité ? »

 

Pour Hatem, il n’y a pas eu explosion mais implosion à l’intérieur du point zéro, une implosion d’amour. Et ce n’est pas il y a 14 milliards d’années qu’elle a eu lieu mais maintenant ! Il n’y a pas de création passée car le temps n’est qu’illusion. Il n’y a qu’un éternel processus créateur. Intéressante proposition mais difficilement défendable pour l’instant sur le plan scientifique.

 

  



6 Amas de Galaxie

 

Reste une question essentielle : juste avant le Big Bang, qu’y avait-il ? Avant 10-43 secondes, qui donna le signal de départ de cette formidable expansion de vies ? Les scientifiques ignorent tout de cette minuscule période, une ignorance qui arrange bien l’Eglise. C’est peut-être là que nous devons rechercher le doigt du Créateur… Un fait est sûr, l’univers est intelligent. Il constitue un ensemble d’éléments indissociables d’une complexité extraordinaire, réglé par des lois spécifiques et immuables.

 

Les phénomènes de vie et de mort sont régulés par ces mêmes lois. La disparition des certaines espèces, la naissance de nouvelles, la mutation d’autres, la transformation perpétuelle de la nature participent à un vaste processus évolutif perfectionniste et élitiste, à un mécanisme lent et purificateur, à la fois matériel et spirituel. La vie est cycles, alternant création et destruction, naissance et mort, inspiration et expiration… Dieu est sans conteste le plus grand architecte de cet univers car il aime les nombres et les rapports. Il est le plus grandiose alchimiste du monde. Il a médité l’ensemble de sa création, a créé chaque particule de matière, a conçu chaque loi, a insufflé la vie là où il voulait qu’elle apparaisse. Au niveau de l’atome comme au niveau du cosmos, tout est régenté par des règles immuables et universelles. Comment cet ensemble de lois précises et complexes pourrait-il être le fruit du hasard ? Comment ce « hasard » pourrait-il inventer des lois ? Comment la « chance » pourrait-elle être à l’origine de cette vaste entreprise de naissances de mondes ? Bref, qui se cache derrière le « Big Bang » ? C’est ce que l’homme tente de découvrir depuis l’aube des temps.


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Orphée - dans Cosmogonies et Mythes