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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 19:12
La menace utopique

 

              La hargne que déploie Huxley contre la pensée utopique dans Le Meilleur des Mondes est d’autant plus forte qu’il écrit son roman à une époque où les utopies, longtemps restées de simples vues de l’esprit, ont tendance à s’inscrire dans les faits et la réalité historique. Au cours de cette période, le socialisme (qui fut la principale utopie du XIXe siècle, et la plus généreuse dans ses intentions) donne naissance à la Russie stalinienne. Les fascismes qui à leur manière sont des utopies promettant d’autres formes de société parfaite se développent.

 



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              Pour les hommes de lucidité, il devient clair alors que la démarche utopique, quand elle se réalise, aboutit à la dictature, au refus de la morale, au figement de l’histoire, au mépris de l’homme et du réel que l’on adapte de force à l’a priori de la doctrine. Il n’est donc guère surprenant que les premiers textes anti-utopiques commencent à apparaître au cours de ces années 1920-1930 où les prophètes de la « Cité idéale » et des « lendemains qui chantent » se révélaient, pris dans leur propre logique et quelle qu’ait pu être au départ la pureté de leurs intentions, procureurs féroces, policiers tortionnaires, dictateurs gouvernant par les coups de trique, les déportations en masse et les pelotons d’exécution. Le Meilleur des Mondes est un des premiers romans anti-utopiques. En tant que tel, il a été précédé seulement par certains récits d’Anatole France et surtout par Nous autres de Zamiatine. Fait significatif, ce dernier ouvrage est celui d’un écrivain russe (auquel il valut d’être exilé de son pays) et il évoque de façon indirecte, sous forme d’une anticipation ironique et amère, la société soviétique de l’époque. D’ailleurs, ce n’est sans doute pas un hasard si Huxley emprunte à un autre auteur russe, Nicolas Berdiaeff, lui aussi émigré, l’épigraphe du Meilleur des Mondes : « Les utopies apparaissent comme bien plus réalisables qu’on ne le croyait autrefois. Et nous nous trouvons actuellement devant une question bien autrement angoissante : comment éviter leur réalisation définitive ?… Les utopies sont réalisables. La vie marche vers les utopies. Et peut-être un siècle nouveau commence-t-il, un siècle où les intellectuels et la classe cultivée rêveront aux moyens d’éviter les utopies et de retourner à une société non utopique moins « parfaite » et plus libre. »

 

 






 

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              L’avertissement est clair : l’utopie, si dangereuse pour les esprits libres, est en marche, elle inspire déjà l’organisation de certaines régions du globe, elle menace de se réaliser à l’échelon du monde entier, elle constitue une tendance historique quasi inéluctable. D’ailleurs, pour expliquer l’avènement du Meilleur des Mondes, Huxley imagine dans son roman un processus historique fictif qui n’est pas sans évoquer certaines réalités de l’entre-deux-guerres :

              - un ensemble de problèmes et de catastrophes résultant d’une démographie galopante et de la surpopulation (sous-développement, famines, déséquilibres mondiaux),

              - une terrible « guerre de Neuf ans », dans laquelle il convient de voir une allusion à la guerre de 1914-1918 et au conflit latent qui oppose dans les années trente les pays démocratiques aux Etats totalitaires,

              - un « Grand Effondrement Economique », dont le modèle est manifestement la crise de 1929,

              - une révolution des mentalités, provoquée par les phénomènes précédemment cités et conduisant les gens à doter de tous les pouvoirs un gouvernement mondial pour qu’il leur assure enfin la sécurité,

              - une évolution inouïe des progrès techniques qui permettent à cette « Administration Mondiale » de contrôler totalement la population du globe.

 

 

 
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              On le voit, l’histoire imaginaire qui mène au Meilleur des Mondes ressemble fort à celle du premier tiers du XXe siècle. Et, au-delà des allusions précises au contexte des années 1920-1930, elle s’inspire de tendances dont Huxley a su comprendre qu’elles seraient des constantes de notre siècle ; le sous-développement affectant une grande partie du globe, l’opposition entre libéralisme et totalitarisme sous ses diverses formes, enfin l’accélération hallucinante des progrès scientifiques et techniques – phénomène qui inquiète particulièrement l’écrivain.

              Tous ces facteurs historiques, réels font que, selon Huxley, l’utopie ne doit plus être considérée, au XXIe siècle, comme une hypothèse intellectuelle mais comme une menace effective, en cours de réalisation.

              Dans le Meilleur des Mondes, la société dans son ensemble est conçue pour assurer aux hommes le bonheur. C’est du moins ce qu’affirment les dirigeants de l’Etat Mondial. En fait, comme dans toute perspective utopique, ces dirigeants ne font qu’imposer à l’humanité l’idée qu’eux-mêmes se font du bonheur. Et cette idée est, en l’occurrence, essentiellement matérialiste.

              Pour les responsables de l’Etat Mondial, en effet, le bonheur consiste uniquement dans la satisfaction de tous les besoins matériels de l’homme, d’une part, et dans l’absence de trouble, de douleur, d’autre part. Les deux critères se rejoignent en ce sens que le fait de ne pas être en mesure de satisfaire ses besoins fondamentaux est, évidemment, source de souffrance. On pourrait condenser en une brève formule – entièrement négative – pareille conception du bonheur : est heureux qui ne ressent rien de désagréable.

              Aussi le Meilleur des Mondes a-t-il été organisé dans un double but :

              - supprimer toutes les occasions de souffrances physiques ou morales liées à la nature même de l’homme (à sa vulnérabilité aux maladies ou à son affectivité développée, par exemple),

              - combler par une abondance extrême de biens de consommation tous les besoins, tous les désirs humains.

 

 


 

 

 

  

Un monde sans souffrances

 

              Le Meilleur des Mondes a ainsi cherché et réussi à vaincre la douleur physique. Grâce aux progrès de la médecine, il a éliminé quasiment toutes les maladies, il a multiplié les médicaments de confort contre les petits malaises de la vie quotidienne. Il a même supprimé la vieillesse.

              « Au travail, au jeu, à soixante ans, nos forces et nos goûts sont ce qu’ils étaient à dix-sept ans », déclare non sans fierté Mustapha Menier. Grâce à toute une série de traitements médicaux adéquats, les habitants du Meilleur des Mondes jouissent jusqu’à leur mort d’un parfait état de jeunesse et de santé. Un tel résultat s’obtient, il est vrai, au prix d’un léger raccourcissement de la durée moyenne de la vie. « La jeunesse à peu près intacte jusqu’à soixante ans, et puis, crac ! la fin », souligne Bernard Marx.

 

              Mais cette fin consiste en une mort rapide qui frappe des sujets rendus inconscients par les drogues calmantes ou euphorisantes. La suprême épreuve qu’est la mort est donc estompée, atténuée. Dans les hôpitaux spécialisés du Meilleur des Mondes, les moribonds ne se rendent même pas compte qu’ils vivent leurs derniers instants. Non seulement les douleurs physiques leur sont épargnées, mais encore, jusqu’à la fin de leur brève agonie, ils sont protégés de l’angoisse de mourir, d’une angoisse qu’ils n’auront d’ailleurs, en fait, jamais connue au cours de leur existence puisqu’on les a conditionnés dès leur plus jeune âge à accepter leur disparition, à ne pas la considérer comme « quelque chose de terrible ».

              Ces dispositions prises pour adoucir la mort, comme celles qui permettent d’abolir la vieillesse, ne répondent pas, bien sûr, à la seule volonté de supprimer des souffrances physiques. Dans l’esprit des responsables de l’Etat Mondial, il s’agit tout autant d’éliminer la souffrance morale – la terreur de la dégradation corporelle, la hantise de la déchéance, l’épouvante face au trépas.

 

Un monde sans passions

 

              De manière générale, d’ailleurs, les maîtres du Meilleur des Mondes ont cherché à détruire toute forme de douleur morale, en quelque domaine que ce soit. Pour cela, ils ont éliminé ce qui peut faire connaître à l’homme ce type de douleur, c’est-à-dire les sentiments et les occasions d’en ressentir. Et dans un tel but, ils ont notamment proscrit du Meilleur des Mondes la famille et la relation monogamique.

 

              Car, pour les Administrateurs, lorsque l’affectivité de l’être humain ne peut s’investir que dans un petit nombre d’objets, dans le cadre limité de la famille ou de la relation monogamique, elle se concentre nécessairement. Et c’est ce processus de concentration qui produit les sentiments profonds, les passions intenses et exclusives. Or, quand on aime avec passion, on risque toujours d’endurer les affres de la jalousie, le chagrin d’être incompris ou abandonné, l’humiliation d’être repoussé, l’insupportable torture de voir souffrir, mourir peut-être la (ou les) personne (s) aimée (s) ; en un mot, quand on aime vraiment, on risque toujours d’être malheureux. Pour préserver les hommes du malheur, il faut donc les empêcher d’aimer, d’éprouver des sentiments, et pour qu’ils n’éprouvent pas de sentiments, il faut faire en sorte que leur sensibilité s’affaiblisse en se diluant, en se dispersant sur une multitude d’objets.

              Voilà pourquoi les Administrateurs, tirant les conclusions logiques de leur raisonnement, ont, d’une part, supprimé la famille grâce à l’ectogenèse et, d’autre part, rendu impossible toute relation amoureuse durable et profonde par l’instauration d’une sorte de communisme sexuel

 

Le communisme sexuel dans le Meilleur des Mondes

 

              On sait que la théorie du communisme sexuel a été développée par des écrivains et penseurs d’inspiration utopiste comme Sade ou Fourier. Au-delà des différences qui existent entre ces auteurs, et sur lesquelles il serait inutile, ici, de s’étendre, cette théorie repose sur un principe fondamental qu’Huxley formule en ces termes : chaque individu doit devenir « la propriété sexuelle commune de tous ». Les tenants du communisme sexuel estiment que, chacun étant en droit de se satisfaire son désir, nul ne l’est par conséquent de se refuser au désir d’autrui. La mise en pratique de ces conceptions provoque bien sûr un échange perpétuel des partenaires qui interdit l’apparition de tout attachement véritable entre ces derniers. On comprend pourquoi Huxley a prêté de telles conceptions aux responsables du Meilleur des Mondes : la circulation permanente des corps et des désirs constitue à leurs yeux le moyen idéal d’éviter aux hommes les sentiments et les souffrances qui sont censés en découler.

           

             Paradoxalement, ce communisme sexuel, qui pourrait, dans une vision naïve des choses, apparaître comme une libération, se révèle aussi contraignant que les conceptions traditionnelles en ces matières. Huxley nous le montre tout au long du roman : le communisme sexuel sécrète ses règles de bonne conduite, ses interdits, ses commandements. En bref, il sécrète une morale qui, pour se situer à l’exact opposé de la morale traditionnelle, n’en est pas moins également impérative, sinon davantage. Cette morale interdit la chasteté, la fidélité, le fait d’entretenir une liaison « intense ou qui traîne en longueur », voire le simple désir de mener une existence affective en tant soit peu personnelle. Elle prône au contraire « la jouissance jusqu’aux limites extrêmes que lui imposent l’hygiène et les lois économiques ». Elle commande de n’avoir que de brèves liaisons, uniquement fondées sur le plaisir des sens, et de toujours répondre au désir des autres, de se montrer « accessible à tous », d’ « appartenir à tous les autres ».

              Dans le Meilleur des Mondes, les principes du communisme sexuel sont évidemment inculqués à chaque citoyen par le conditionnement. Les sujets de l’Etat Mondial se comportent donc « spontanément », dans leur écrasante majorité, selon lesdits principes. Mais il en est certains qui, comme les protagonistes centraux du roman, ne se sentent pas satisfaits d’un tel état des mœurs et qui recherchent, confusément, une autre manière de vivre leur affectivité, et leur sexualité. Ce par quoi Huxley entend souligner, bien sûr, que l’homme a besoin, pour son bonheur, d’autre chose que de la seule jouissance physique.

  

 

                     

 

 

Un monde sans inquiétudes

 

              En dernier lieu, il convient de souligner que le Meilleur des Mondes a supprimé, au-delà même des souffrances physiques et morales, jusqu’aux motifs d’inquiétudes d’ordre intellectuel ou spirituel. En faisant disparaître l’art véritable, la culture et la pensée libre, l’Etat Mondial a privé ses sujets de toute occasion de s’interroger sur le sens de leur existence, sur leur destin individuel, sur leur rapport au monde et à la société. En éliminant l’angoisse de la mort, les dirigeants du Meilleur des Mondes ont rendu caduques toutes les questions sur le possible devenir de l’être après sa disparition physique, toutes les notions d’âme ou d’au-delà, toutes les formes de religion vraie ou de métaphysique. Enfin, grâce au conditionnement et à l’organisation intégrale de leur existence, les sujets de l’Etat Mondial n’éprouvent aucune des préoccupations ou des angoisses liées à l’exercice de la liberté. Ils n’ont pas à réfléchir à ce qu’il conviendrait de faire, on y a réfléchi à leur place. Ils n’ont pas à prendre de décisions, on a décidé pour eux. Ils n’ont pas de responsabilités : il leur suffit de suivre les « rails » de leur conditionnement et de se laisser vivre, totalement pris en charge par leurs supérieurs et par une société qui les gave de biens de consommation, de divertissements abêtissants, de plaisirs…

 

Un bonheur avilissant

 

              La conception uniquement matérialiste du bonheur, appliquée dans le Meilleur des Mondes grâce au totalitarisme utopique, conduit donc à faire de l’homme une sorte d’infirme affectif, intellectuel et spirituel. L’homme heureux, selon la définition de l’Etat Mondial, est un homme privé de la plupart de ses dimensions. C’est un homme dont on a détruit la vie intérieure, la capacité à s’interroger et à réfléchir par lui-même, l’essentiel de la sensibilité, et, pour une part, jusqu’à la conscience de sa propre personne. Car c’est en s’affrontant au monde pour satisfaire ses besoins et ses appétits, c’est en se trouvant en situation de décider ou de faire des choix que l’être humain se définit et prend conscience de lui-même. Dans l’univers de facilité du Meilleur des Mondes, où tout lui est donné, l’homme n’est donc guère en mesure de devenir vraiment conscient de sa vie et de son être.  Dans un tel univers, la volonté d’instaurer le bonheur matériel total se conjugue avec le refus utopique de l’individualité pour tendre vers une dépersonnalisation absolue des hommes.

 

              Et le plus dérisoire en tout cela est que l’habitant du Meilleur des Mondes n’est pas, au sens strict du terme, heureux. Malgré les mesures extrêmes prises pour assurer son bonheur, malgré tout ce qu’on a sacrifié d’humain en lui dans cet objectif, il n’est pas heureux : il est simplement insensibilisé. Grâce à une organisation adéquate de la société, grâce à la mise en place d’une nouvelle morale, on l’a privé de son affectivité en ne lui laissant que la seule sensualité. De ce fait, l’homme du Meilleur des Mondes n’est atteint par aucune peine, certes, mais il n’éprouve pas davantage de joie ; il ne ressent aucune satisfaction profonde, aucun bonheur véritable – nécessairement lié à la possibilité de connaître des sentiments intenses. C’est ce qui explique le malaise que ressentent les plus conscients des sujets de l’Etat Mondial, ceux dont le conditionnement a en partie échoué : de manière vague mais obsédante, ils souffrent de ne rien éprouver, sinon des jouissances physiques qu’émoussent la facilité et la répétition. Ils ont comme une terrible impression de manque, de vide, d’absence. Ils sont malheureux, sans passion ni drame, sans cause précise ; ils sont malheureux parce que, n’ayant aucun motif de l’être, ils n’en ont pas, non plus pour être heureux.

 

              Il y a là un paradoxe qui n’est qu’apparent ; en effet, toute la psychologie, classique ou moderne, montre qu’il n’est rien de pire pour la personne humaine que l’indifférence, l’insensibilité. Rien de pire pour l’homme que le fait, véritable image de la mort, d’ignorer les émotions et les sentiments. Rien de pire que le « bonheur » par le vide… c’est ce vers quoi tend malheureusement la société d’aujourd’hui… Le Meilleur des Mondes d’Aldous Huxley, roman de science-fiction certes mais métaphore de la société du futur. C’est une satire de la science et de l’économie moderne dont nous pouvons observer les directions possibles, et/ou les choix qui se présentent à notre époque, comme autant de « futurs probables » nous menant vers l’horrible société du Meilleur des Mondes.

 

Une science qui modifie l’homme

 

            Les différences de développement entre les divers aspects matériels de la vie quotidienne dans le Meilleur des Mondes se retrouvent, à un tout autre niveau, dans la façon dont Huxley imagine l’évolution des sciences elles-mêmes. Ainsi, il néglige la physique, l’optique ou la mécanique, qui ne semblent guère avoir progressé à l’ère fordienne par rapport à ce qu’elles étaient vers 1930 ; en revanche, il est fort prolixe sur une biologie, une génétique, une médecine et une psychologie du futur qu’il nous montre comme s’étant considérablement développées. C’est que, une fois de plus, Huxley fait des choix. Il privilégie ce qui rend possible l’instauration du Meilleur des Mondes (ou d’un système comparable) ; il s’intéresse donc presque exclusivement aux sciences qui permettent de modifier l’homme, de l’adapter à un tel type de société.


 

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            D’ailleurs, dans la préface du roman, Huxley précise : « Le thème du Meilleur des Mondes n’est pas le progrès de la science en tant que tel ; c’est le progrès de la science en tant qu’il affecte les individus humains… (…) Les seuls progrès scientifiques qui y soient spécifiquement décrits sont ceux qui intéressent l’application aux êtres humains des recherches futures en biologie, en physiologie et en psychologie ». Huxley s’attache essentiellement aux sciences de la vie parce que « c’est uniquement au moyen des sciences de la vie que la qualité de la vie pourra être modifiée radicalement ». Ce sont ces sciences qui pourront qui peuvent changer l’homme dans sa réalité profonde – physique ou mentale. Voilà pourquoi Huxley anticipe assez audacieusement les progrès du Meilleur des Mondes en matière biologique et psychologique.

 

 

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            Toutefois, même dans ces domaines, la science du Meilleur des Mondes n’est pas une science de fantaisie. Parfaitement au fait, en raison de sa formation initiale et de sa fréquentation des milieux de chercheurs, des avancées scientifiques de son époque, Huxley décrit des savoirs futurs qui sont dans le droit fil de ceux de son temps. Il anticipe, prévoit et prédit plus qu’il n’imagine. Nous nous contenterons d’indiquer, de façon générale, qu’aucune des « merveilles » technologiques ou scientifiques de l’univers de l’ Etat Mondial, y compris l’ectogenèse, n’est en contradiction avec les conceptions scientifiques de base du premier tiers du XXe siècle (ni à plus forte raison avec celles d’aujourd’hui).

 

 


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            Il n’y a, au fond, rien là que de très logique : Huxley ne cherche pas à faire rêver le lecteur sur une science de fantasmagorie aux pouvoirs féeriques ; il entend au contraire l’inciter à réfléchir sur les connaissances réelles de son temps ; il s’interroge d’ailleurs moins sur la science elle-même que sur sa place dans la société, son devenir, sa logique, ses possibles applications.

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