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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 17:19

Les Mystères de la Vie après la Mort

 

 

 

Les Mystères de l’Au-delà

 

Enfer – Purgatoire – Paradis

 

Tous les prophètes ont traité de la question métaphysique de l’après vie. La source de leur connaissance, telle qu’ils l’ont tous proclamé, était la révélation Divine. Si la vie après la mort n’existe pas, la croyance en Dieu devient inutile. La foi en la vie éternelle ne garantit pas seulement la félicité dans l’au-delà, elle rend aussi les individus plus responsables et plus conscients dans leurs actions.



 

Dante And Virgil In Hell 1850 40f6

 

 

 

Les diverses représentations de l’au-delà illustrent les tentatives de l’homme de se donner de « l’après mort » une idée concrète, ressemblant à la vie matérielle dans sa beauté (Paradis) ou sa laideur (Enfer). La vie après la mort, assez proche de l’existence terrestre est soit idéalisée, soit corrompue. Elle varie des visions infernales de Dante, décrivant un monde de souffrances et de tourments absolus, à une sphère d’ivresse ou l’âme s’élève à la dimension suprême de la pureté et du spirituel, à travers des ascensions lumineuses et béatifiques. La croyance en la réincarnation ou en la résurrection de la chair donne un sens à un monde considéré comme absurde et sert souvent de compensation à l’injustice du sort terrestre.

 

Dans de nombreuses civilisations antiques, le monde de l’au-delà était un séjour réservé aux morts dotés d’une sépulture, les autres étant voués à hanter leurs anciens lieux d’existence. La coutume, déjà répandue chez les peuples primitifs, de pourvoir les tombes d’un mobilier funéraire et de provisions, indique que les défunts poursuivaient une vie spirituelle plus ou moins semblable à celle qu’ils avaient menée sur Terre. Chez la grande majorité des peuples se retrouvent plus ou moins les mêmes croyances : jugement des actes du défunt, pesée de son âme, parfois présidée par un tribunal de Dieux et effectuée sous la surveillance d’un ange ou d’une divinité préposée à cette tâche, différenciation entre les élus, envoyés dans un lieu de délices, et les damnés, condamnés à des supplices éternels.

 

La croyance la plus ancienne, et aussi la plus simple, était que le corps du défunt retrouvait la vie dans sa tombe. En Egypte, on dessinait dans les tombeaux des scènes de la vie domestique ou familiale destinées à commémorer la perpétuation de la vie.

 

Durant l’Ancien Empire, les croyances osirienne et solaire vinrent se rattacher à ce concept de survie. Le corps du défunt, protégé de la corruption grâce aux techniques de l’embaumement, devait éviter bien des périls avant de rejoindre le dieu des morts. Ayant triomphé de tous les obstacles dressés sur sa route, le trépassé arrivait devant Osiris, entouré d’Isis et de Nephtys, accompagnés de quarante deux autres juges. C’est alors qu’avait lieu la pesée de son âme. Le dieu chacal Anubis posait son cœur sur l’un des plateaux de la balance, tandis que la déesse Maât (Vérité-Justice) déposait une plume sur l’autre plateau. Le dieu scribe Thot surveillait et enregistrait la pesée.

 

Si le résultat était défavorable (si le cœur pesait plus lourd que la plume), le mort était jeté dans la gueule de Ammit, la grande dévoreuse. Si le jugement lui était favorable, le défunt était admis dans le royaume d’Osiris. Il y obtenait un lopin de terre et poursuivait les mêmes activités que sur la Terre. Les Egyptiens rassemblèrent les formules et les rituels sensés faciliter le long pèlerinage du défunt dans le célèbre « Livre des Morts ». Initialement réservée aux rois, étendue à leurs courtisans, la croyance solaire voulait que le défunt rejoignit le grand Dieu solaire Ré sur sa barque. Pour parvenir jusqu’à la grande divinité, le mort devait subir le rite de la purification effectué par Anubis, sous une tente, à la limite du désert, puis celui de la « lustration solaire » dans une jarre. Enfin, il rejoignait Ré en s’intégrant pour l’éternité dans l’escorte de son embarcation céleste. L’au-delà grec était régi par le dieu Hadès (nom désignant également les Enfers), frère de Zeus et de Poséidon. L’Iliade situait l’Enfer dans des lieux souterrains, secrets, reliés au monde des vivants par des cavernes insondables. Selon l’Odysée, il se trouvait aux confins de l’océan primordial. Pour s’y rendre, l’ombre de du mort devait recourir à Charon, son gardien à qui il devait remettre le péage placé dans sa bouche par les vivants. Charon lui faisait traverser plusieurs fleuves comme l’Achéron (l’Affliction), le Styx (fleuve de la Haine), et le Léthé (l’Oubli). C’est aux Enfers que les âmes des hommes étaient jugées, puis punies dans les régions glauques de l’Erèbe et du Tartare. Les âmes viles étaient soumises aux pires tortures. Les autres, réduites à l’état d’ombres, attendaient de se réincarner. Les Enfers grecs englobaient aussi les Champs Elysées ou Iles des Bienheureux, lieux de séjour des âmes vertueuses.




bosch10                        Badaracco - Bastia
 

 

 

L’Enfer juif était nommé Shéol. Les morts y séjournaient de manière plus ou moins heureuses, en fonction de leurs existences passées. Le Shéol fut souvent décrit comme un abîme de ténèbres. Dans le Nouveau Testament, l’Enfer prit le nom de Géhenne, du nom d’une vallée proche de Jérusalem où l’on jetait les ordures à brûler. Jésus fit allusion à ses flammes, à la séparation des justes et des méchants, et aux pleurs des damnés.

 

L’idée de l’existence d’un Enfer provient d’un long processus d’intégration des traditions mésopotamiennes, hébraïques, gréco-romaines, elles-mêmes influencées par les civilisations celtiques, germanique et extrême-orientale. La « soif du mort » ou les « flammes éternelles » sont des notions provenant des régions où les populations souffrent de la sécheresse et de la chaleur. A l’inverse, chez les populations nordiques, l’Enfer se transforme en marais gelés ou en brouillards glacés.

 

En fonction des régions, nous voyons que les peuples ont élaboré des concepts différents de l’au-delà. L’Hadès grec, le Schéol Hébreu ou l’Arallu des Assyro-Babyloniens, ne furent d’abord que des lieux souterrains où erraient les âmes indifférenciées des défunts. Cette conception évolua par la suite pour répondre à un besoin d’équité. Les bons et les méchants ne pouvaient coexister dans un même lieu et subir un sort identique. Peu à peu, l’au-delà devint le lieu du jugement où était scellé le destin de chaque âme, en fonction de ses mérites ou démérites.

 

Les Enfers ne sont pas seulement habités par les âmes des morts. Les légendes les ont peuplés d’une foule d’allégories terrifiantes, symbolisant l’anéantissement et la souffrance : maîtres, gardiens, monstres, démons, diables… Souvent, ils se divisent en secteurs correspondants aux différentes catégories de damnation. Dante décrivit un monde infernal s’érigeant en degrés multiples. Le Livre d’Enoch, texte apocryphe, donne de nombreux détails sur le Paradis et l’Enfer.

 

L’Apocalypse de Jean (vers 90 après J.-C.) décrit le Jugement dernier et les supplices réservés aux âmes damnés. L’Enfer y est dépeint comme un océan de souffre et de feu. Les textes apocalyptiques apocryphes tels « l’Apocalypse de Pierre », « La Vision de Paul », « l’Apocalypse de Paul », « les Actes de Thomas » décrivent les lieux et les tourments des damnés de manière plus ou moins détaillée : lande fétide hérissée de rochers pointus, parsemée de puits de sang, de brasiers et de fosses remplies d’excréments…



 

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Pour les Chrétiens, l’Enfer est un lieu de déchéance et de supplices. Créé à l’origine pour recevoir les anges déchus, il est devenu la résidence définitive des âmes perverties. L’Enfer est un point de non-retour. Il n’existe aucun espoir d’échapper à ses tourments. « Vous qui entrez ici, perdez tout espoir », écrivit Dante dans sa « Divine Comédie ». L’Enfer est une fournaise où les âmes sont éternellement tourmentées par des diables armés de piques et de fourches. On y trouve une série de tortures qui feraient frémir d’envie les inquisiteurs du Moyen-Age : fours crématoires, fers chauffés à blanc, roues armées de dents acérées, matelas de charbons ardents…

 

L’Enfer chrétien est peuplé de démons, à l’exemple du concept assyrien. Il est relié à la notion de punition éternelle, les tourments des pécheurs n’ayant pas de fin. Sainte-Thérèse d’Avila (1515-1582) eut une vision douloureuse de l’Enfer chrétien : « Je sentis dans mon âme un feu dont je suis impuissante à décrire la nature, tandis que mon corps passait par des tourments intolérables. J’avais cependant enduré dans ma vie des souffrances bien cruelles. (…) De plus, je voyais que ce tourment devait être sans fin et sans relâche. Et cependant toutes ces souffrances ne sont rien encore auprès de l’agonie de l’âme. Elle éprouve une oppression, une angoisse, une affliction si sensible, une peine si désespérée et si profonde, que je ne saurais l’exprimer. Si je dis que l’on vous arrache continuellement l’âme, c’est peu… Ici, c’est l’âme elle-même qui se met en pièces. Je ne saurais, je l’avoue, donner une idée de ce feu intérieur et de désespoir qui s’ajoutent à des tourments et à des douleurs si terribles. Dans ce lieu si infect d’où le moindre espoir de consolation est à jamais banni, il est impossible de s’asseoir ou de se coucher. L’espace manque. (…) Il n’y a point de lumière, mais les ténèbres les plus épaisses. »

 

Saint-François d’Assises (1182-1226) reçut une vision infernale que l’un de ses compagnons raconta en ces termes : « Il fut mené en esprit sur une très haute montagne où il y avait un abîme très profond, et çà et là des rochers brisés et escarpés d’où jaillissaient des aiguilles de diverses hauteurs, en sorte que l’aspect de cet abîme était effroyable à regarder. (…) Un angle lui montra une grande plaine remplie de pierres aiguës et tranchantes, d’épines et de ronces, et lui dit qu’il lui fallait passer pieds nus par toute cette plaine jusqu’à ce qu’il arrive au bout, où il voyait une fournaise ardente dans laquelle il lui fallait entrer. (…)






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Et comme il regardait, il vit autour de la fournaise beaucoup de démons ayant en mains des fourches de fer avec lesquelles, comme il hésitait à entrer, ils le poussèrent brusquement dedans. Puis, l’ange le conduisit à un pont que l’on ne pouvait passer sans grand danger, parce qu’il était très mince et étroit et très glissant sans parapets sur les côtés, et dessous passait un fleuve terrible, plein de serpents, de dragons et de scorpions, et qui répandait une très grande puanteur. »

 

Les prêtres donnèrent aux fidèles des descriptions infernales dantesques, afin de les contraindre, par la peur, à observer les principes moraux et religieux. En brandissant la menace des supplices infernaux, la prédication populaire révéla un jugement divin impitoyable, en contradiction flagrante avec la promesse évangélique. Comment concilier le châtiment éternel et la possibilité de rachat ? Le Nouveau Testament affina la conception de la justice. Le péché était condamnable soit, mais le pécheur ne pouvait être réduit à ses actes ni condamné pour l’éternité. Toute la dimension de la justice divine se manifestait à travers la gratuité de son pardon.

 

Dans la Bible, la notion de Jugement dernier est capitale. Dieu exerce un jugement personnalisé sur chaque individu.

 

Le Jugement est aussi un élément clé du Coran. Les Musulmans croient que le Jugement dernier sera précédé de bouleversements cosmiques pareils à ceux décrits dans l’Apocalypse. L’Enfer islamique est dominé par le feu, la poix brûlante et le souffre fondu. Il est pareil à un monstre qui dévorera tous les pêcheurs. Les damnés y sont tourmentés par une horde de mauvais esprits. Le Coran fait état de la venue d’un Antéchrist et du Christ qui régnera quarante ans sur Terre, après s’être converti à l’Islam. Alors, le cosmos sera détruit, les morts sortiront de leurs tombeaux et seront rassemblés devant le trône du Jugement, lorsque sonnera la trompette de l’ange annonciateur.

 


 

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Les Musulmans conçoivent la mort de deux manières. Selon les anciennes croyances populaires, elle est perçue comme la disparition totale de l’homme, corps et âme. Le défunt est « recréé » par Allah, le Jour de la Résurrection, à partir de l’os résiduel du coccyx. Selon des croyances postérieures, la mort représente la séparation de l’âme et du corps. L’âme va à la rencontre d’Allah, son juge. Le corps revient à la poussière, jusqu’à la résurrection finale qui le réunit de nouveau à son âme. Certains enseignements (Hadith) situent, au moment de la mort, l’interrogatoire du défunt dans son tombeau par les anges Munkar et Nakîr, suivi de l’attribution des récompenses ou des châtiments. Quelle que soit la religion, les théologiens s’accordent à reconnaître que la souffrance la plus terrible reste la privation de Dieu. La pensée chrétienne moderne analyse plutôt les flammes comme des tortures psychiques engendrées par l’âme révoltée (peur, remords, colère…) qui s’éteignent d’elles-mêmes, si l’esprit consent, dans un élan spontané, à se tourner vers l’amour divin. Parfois, les anciennes notions ont fait place à l’idée d’une annihilation du corps et de l’âme ou bien à des théories orientales faisant état de renaissances multiples. De plus en plus de Chrétiens adhèrent au concept de la réincarnation, en y ajoutant parfois les notions de pardon et de repentir chères à leur dogme.

 

L’au-delà tibétain est peuplé de nombreux dieux, génies, démons et saints qui entravent ou facilitent le destin de l’âme. L’homme suit le cycle de renaissances dont il doit échapper pour accéder au bonheur véritable. Dans l’hindouisme, le défunt erre à la recherche de son nouvel état. Il passe le fleuve Vaïtarani, correspondant au Styx grec. Après quoi, il atteint d’autres plans de conscience où durant un temps indéterminé, il assimile les expériences de sa précédente incarnation et se prépare à la suivante. L’âme y liquide aussi une partie de son karma. Le bon karma est épuré dans les multiples lieux de délices rattachés à l’un des nombreux Dieux du panthéon hindou, après quoi elle repart vers une autre étape de son évolution.

 



Vishnu-God-125              resurrection 50

 

 

 

On évoque ainsi le paradis de Shiva, de Vishnou ou encore de Krishna. Les Hindous admettent l’existence d’autres paradis correspondant aux dieux des Chrétiens, des Musulmans, des Juifs, chacun allant dans le lieu qu’il s’est imaginé durant sa vie terrestre. Les Enfers hindous sont des lieux d’expiation des mauvaises actions qui peuvent être des péchés capitaux ou des actes totalement dérisoires à nos yeux, comme par exemple le fait de manger, tout seul, des sucreries, de couper inutilement des arbres ou encore de se marier avant son frère aîné !

 

Certains êtres spirituellement avancés peuvent décider volontairement de se rendre dans les Enfers car ils y voient un moyen de libération plus rapide de leur mauvais karma. Les effets du karma étant multiples, l’âme peut transiter successivement dans plusieurs Paradis et Enfers où elle recueille les fruits de ses bonnes et mauvaises actions. Les six mondes de la renaissance selon les Bouddhistes sont symbolisés par le Bhava-Chakra ou roue de la vie qui comporte six rayons, soit un rayon pour chaque monde de renaissance possible. Ces six royaumes sont divisés en trois mondes allant du plus grossier au plus subtil : le monde du désir ou kâmaloka, le monde de la corporéité sans désir ou rûpaloka, et le monde de la non corporéité ou arûpaloka, ce dernier étant un monde exclusivement spirituel. La sphère des désirs comprend entre autres le monde des enfers ou naraka. Nous sommes susceptibles de renaître dans chacun de ces différents royaumes en fonction de notre karma. Les Enfers bouddhiques sont dirigés par le féroce Dieu Yama et constitués de huit lieux infernaux, chacun d’eux étant lui-même entouré par seize enfers annexes. Bouddha a décrit ces lieux comme étant carrés et dotés de quatre portes. Ils sont hauts, larges, ceints d’un rempart de fer et couverts d’une voûte de fer. Le sol est également de fer, porté à l’incandescence. Les hommes méchants et cruels y expient leurs crimes. Ces endroits ne sont que terreur, effroi et souffrance.

 

Sont destinés à y résider les hommes qui ont tué des créatures vivantes par stupidité, esprit de lucre, peur, colère ou bien pour en faire l’élevage, ceux qui ont volé, qui ont fait subir des supplices par le feu… L’Enfer le plus horrible est l’Enfer ininterrompu. Il y a aussi l’enfer « surchauffant » et le « grand hurlant » !

 

Chez les Chrétiens, on trouve un lieu d’expiation provisoire, le « Purgatoire », sorte de niveau intermédiaire, d’étape transitoire sur le chemin du Paradis. Il n’est apparu dans les textes officiels que vers le XIIIe siècle, sous la plume d’un certain Pierre Lombard qui lui donna le nom de « limbes », du latin nimbus, signifiant « bordure », « frange ». Les bébés qui n’avaient pas eu le temps d’être baptisés avant de mourir ou les adultes privés de raison séjournaient dans ces lieux, sans subir de damnation. Toutefois, ils se voyaient privés de la vision béatifique de Dieu.

 


couronn purgatoire-25                   couronn enfts ssterre detai
 

 

 

 

Les âmes des limbes attendaient le Jugement dernier, avant de pouvoir monter au ciel, totalement rachetées. Le Purgatoire (du latin purgare signifiant « purifier ») est le séjour temporaire de ceux qui doivent s’amender, avant de goûter aux divines saveurs du Paradis. Il ressemble à l’Enfer puisque les âmes y éprouvent de la souffrance mais le mal n’y est pas éternel. Il a une valeur réparatrice.

 

Le purgatoire est le palier vibratoire séparant le monde des vivants de l’au-delà. L’action du repentir y est primordiale. Notons que la religion catholique a permis la vente « d’indulgences » destinées à écourter la durée du séjour des trépassés dans le Purgatoire. En 1517, Luther prêcha la Réforme, dénonçant l’aspect commercial de cette pratique, mettant en exergue la gratuité du salut offert par Dieu. Selon Dante, le Purgatoire était lié à l’Enfer. Il était administré par des anges, non par des démons. Le feu y était expiatoire. Les âmes y vivaient dans la privation de Dieu, jusqu’à ce qu’elles aient achevé leur pénitence.

 

Notons que les islamistes, les Juifs et les protestants ne croient pas l’existence du Purgatoire, arguant du fait que les Ecritures n’y font pas mention. A l’opposé de l’Enfer, séjour des damnés, et du Purgatoire, espace réservé à la pénitence des âmes imparfaites, se trouve le Paradis céleste. Le mot « paradis », d’origine perse, repris en hébreu (pardès) et en grec (paradeisos), signifie « verger entouré de murs ». Il correspond au Jardin d’Eden de la Genèse, du mot sumérien edin, signifiant « plaine ». C’est dans ce lieu merveilleux que serait né le premier couple d’humains, Adam et Eve. Ils y vivaient heureux, entourés de fleurs, de fruits capiteux et d’animaux pacifiques jusqu’au moment où ils succombèrent à la tentation, commirent le péché originel à la suite duquel Dieu les chassa, et rendit les hommes mortels.

 



Francois20Enfers


 

Avec sa source centrale et ses quatre fleuves coulant dans quatre directions différentes, l’Eden représente le point d’origine, l’être en son principe divin. Sa localisation géographique a longuement été cherchée depuis l’Antiquité par les exégètes de la foi, les cosmographes et les voyageurs. Beaucoup le site en Irak actuel. Par la suite, l’Eden devint le séjour de l’au-delà réservé aux âmes bienheureuses. En son centre se dresse l’arbre de la vie et de la connaissance. Son fruit offre une surabondance de vitalité et de savoir. Sa perpétuelle régénération en a fait le symbole de la victoire de la vie sur la mort.

 

L’Eden symbolise un monde idéal libéré de l’emprise du mal. Il exprime toute la nostalgie d’une innocence disparue. Ce regret du Paradis perdu est universel. Il provient du désir de l’homme de dépasser sa condition pour retrouver son état de pureté originelle d’avant la chute. Enoch l’a décrit comme une maison de cristal où trône la Grande Gloire aux vêtements plus blancs que neige et plus éblouissants que le soleil. Les croyances antiques et les religions révélées ont élaboré des formes de Paradis différentes. Toutefois, elles ont en commun l’espoir en la vie éternelle pour les âmes pures et vertueuses.




Paradis
 

 

 

Les mondes célestes chrétiens sont des domaines où les croyants aspirent à l’union éternelle avec Dieu et avec ses anges. Pour les Chrétiens, la volonté d’accéder au salut éternel passe par la descente de la Jérusalem céleste sur Terre. L’Apocalypse de Jean décrit la cité comme une ville d’or pur semblable à du verre transparent, ceinte d’une muraille construite en jaspe, ornée de pierres précieuses et percée de douze portes qui sont douze perles gigantesques éternellement illuminées par la gloire de Dieu. Elle est traversée par le fleuve de vie, transparent comme du cristal. Les élus y jouiront de la béatitude éternelle et de l’extase absolue. L’imagerie populaire chrétienne se figure le Paradis comme un royaume céleste au seuil duquel se tient Saint-Pierre, le gardien de l’Eternel, détenant les clefs des portes. Il ne les ouvre que si l’on décline son nom et qualités. Le jardin d’Eden offre l’image d’une nature généreuse que le Coran décrit en détails, mettant en exergue ses beaux jardins gorgés de fruits, ses enivrantes voluptés, ses femmes permissives, ses douceurs mielleuses…

 

Le « Paradis de Mahomet » exprime le paroxysme des joies terrestres : sources, banquets, jeunes filles radieuses. Le mot Janna, « jardin » est employé soixante-six fois dans le Coran ! Les Bouddhistes considèrent le nirvana comme la seule échappatoire possible au Samsara ou cycle des renaissances multiples. Le mot nirvana signifie littéralement « extinction », comme une flamme qui s’éteint. Cet état est expérimenté par l’être qui a éliminé son ego et toutes les notions s’y rapportant. Il peut être résumé par ces mots : extinction de toute souffrance, paix, sentiment d’absolu, fin de toute trace de ce qui pourrait renaître, mort du désir, total détachement.

 

De nombreux Occidentaux se sont mépris sur le sens véritable de l’état de nirvana. Soit, ils l’ont assimilé au Paradis, soit ils l’ont perçu de manière pessimiste, n’y voyant que vide et anéantissement. De par sa nature, le nirvana échappe à toute définition terrestre. Il se situe bien au-delà des concepts humains. Bouddha n’a pas eu besoin de mourir pour connaître cette béatitude. Il l’expérimente de son vivant, après de nombreuses années d’ascétisme et de méditation. Il a atteint la région du ciel où il n’existe plus rien, où il y a cessation des idées et de la perception. Le nirvana est le domaine où la dualité n’a plus de sens celui de l’Unité retrouvée. Il symbolise la révélation de la nature divine des choses. De nos jours, les notions dépassées du Paradis, de l’Enfer et du Purgatoire sont devenues une source de confusion et de doute pour de nombreux fidèles. La perspective d’une vie spirituelle réduite à un choix aléatoire entre un lieu de délices et une sphère infernale, aussi bien que la perspective d’une annihilation complète du corps et de l’âme ont fait place à d’autres croyances, notamment à celle de la réincarnation.

 

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20 ErnstTempStAnt 1945

 

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Orphée - dans Mystères et Paranormal