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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 15:22



Les vies se suivent et ne se ressemblent pas, mais elles s’enchaînent avec une logique impitoyable. Si chacune d’elles a sa loi propre et sa destinée spéciale, leur suite est régie par une loi générale qu’on pourrait appeler la répercussion des vies. D’après cette loi, les actions d’une vie ont leur répercussion fatale dans la vie suivante. Non seulement l’homme renaîtra avec les instincts et les facultés qu’il a développés dans sa précédente incarnation, mais le genre même de son existence sera déterminé en grande partie par le bon ou le mauvais emploi qu’il aura fait de sa liberté dans sa vie précédente. Pas de parole, pas d’action qui n’ait son écho dans l’éternité, dit un proverbe. Selon la doctrine ésotérique, ce proverbe s’applique à la lettre d’une vie à l’autre. Pour Pythagore, les injustices apparentes de la destinée, les difformités, les misères, les coups du sort, les malheurs de tout genre trouvent leur explication dans ce fait que chaque existence est la récompense ou le châtiment de la précédente. Une vie criminelle engendre une vie d’expiation ; une vie imparfaite, une vie d’épreuves. Une vie bonne détermine une mission ; une vie supérieure, une mission créatrice. La sanction morale qui s’applique avec une imperfection apparente au point de vue d’une seule vie, s’applique donc avec une perfection admirable et une justice minutieuse dans la série des vies. Dans cette série, il peut y avoir progression vers la spiritualité et vers l’intelligence, comme il peut y avoir régression vers la bestialité et vers la matière. A mesure que l’âme monte en degrés, elle acquiert une part plus grande dans le choix de ses réincarnations. L’âme inférieur la subit ; l’âme moyenne choisit entre celles qui lui sont offertes ; l’âme supérieure qui s’impose une mission l’élit par dévouement. Plus l’âme est élevée, et plus aussi elle conserve, dans ses incarnations, la conscience claire, irréfragable de la vie spirituelle, qui règne au-delà de notre horizon terrestre, qui l’enveloppe comme une sphère de lumière et envoie ses rayons dans nos ténèbres. La tradition veut même que les initiateurs du premier rang, les divins prophètes de l’humanité, se soient souvenus de leurs précédentes vies terrestres. Selon la légende, Gautama Bouddha, Cakya-Mouni avait retrouvé dans ses extases le fil de ses existences passées, et l’on rapporte de Pythagore qu’il disait devoir à une faveur spéciale des Dieux de se souvenir de quelques-unes de ses vies antérieures.




25+La+Vision+de+l27Enfer



Nous avons dit que, dans la série des vies, l’âme peut rétrograder ou avancer, selon qu’elle s’abandonne à sa nature inférieure ou divine. De là une conséquence importante dont la conscience humaine a toujours senti la vérité avec un tremblement étrange. Dans toutes les vies, il y a des luttes à soutenir, des choix à faire, des décisions à prendre dont les suites sont incalculables. Mais sur la route montante du bien qui traverse une série considérable d’incarnations, il doit y avoir une vie, une année, un jour, une heure peut-être où l’âme, parvenue à la pleine conscience du bien et du mal, peut s’élever par un dernier et souverain effort à une hauteur d’où elle n’aura plus à redescendre et où commence le chemin des cimes. De même, sur la route descendante du mal, il y a un point où l’âme perverse peut encore revenir sur ses pas. Mais ce point une fois franchi, l’endurcissement est définitif. D’existence en existence, elle roulera jusqu’au fond des ténèbres. Elle perdra son humanité. L’homme deviendra démon, le démon animal, et son indestructible monade sera forcée de recommencer la pénible, l’effrayante évolution par la série des règnes ascendants et des existences innombrables. Voilà l’enfer véritable selon la loi de l’évolution, et n’est-il pas aussi terrible et plus logique que celui des religions exotériques ?

 

L’âme peut donc ou monter ou descendre dans la série des vies. Quant à l’humanité terrestre, sa marche s’opère d’après la loi d’une progression ascendante qui fait partie de l’ordre divin. Cette vérité que nous croyons de découverte récente était connue et enseignée dans les Mystères antiques. « Les animaux sont parents de l’homme et l’homme est parent des Dieux », disait Pythagore. Il développait philosophiquement ce qu’enseignaient aussi les symboles d’Eleusis : le progrès des règnes ascendants, l’aspiration du monde végétal au monde animal, du monde animal au monde humain et la succession dans l’humanité de races de plus en plus parfaites. Ce progrès ne s’accomplit pas d’une manière uniforme, mais en cycles réguliers et grandissants, renfermés les uns dans les autres. Chaque peuple a sa jeunesse, sa maturité et son déclin. Il en est de même des races entières : de la race rouge, de la race noire et de la race blanche qui ont régné tour à tour sur le globe. La race blanche, encore en pleine jeunesse, n’a pas atteint sa maturité de nos jours. A son apogée, elle développera de son propre sein une race perfectionnée, par le rétablissement de l’initiation et par la sélection spirituelle des mariages. Ainsi se suivent les races, ainsi progresse l’humanité. Les initiés antiques allaient bien plus loin dans leurs prévisions que les modernes. Ils admettaient qu’un moment viendrait où la grande masses des individus qui composent l’humanité actuelle passerait sur une autre planète pour y commencer un nouveau cycle. Dans la série des cycles qui constituent la chaîne planétaire, l’humanité entière développera les principes intellectuels, spirituels et transcendants, que les grands initiés ont cultivés en eux-mêmes dès cette vie, et les amènera ainsi à une efflorescence plus générale. Il va sans dire qu’un tel développement n’embrasse pas seulement des milliers, mais des millions d’années, et qu’il amènera de tels changements dans la condition humaine que nous ne pouvons les imaginer. Pour les caractériser, Platon dit qu’en ce temps-là les Dieux habiteront réellement les temples des hommes. Il est logique d’admettre que dans la chaîne planétaire, c’est-à-dire dans les évolutions successives de notre humanité sur d’autres planètes, ses incarnations deviennent d’une nature de plus en plus éthérée qui les rapprocheront insensiblement de l’état purement spirituel, de cette huitième sphère qui est hors du cercle des générations et par laquelle les anciens théosophes désignaient l’état divin. Il est naturel aussi que tous n’ayant pas la même impulsion, beaucoup restant en route ou retombant, le nombre des élus aille toujours en diminuant dans cette prodigieuse ascension. Elle a de quoi donner le vertige à nos intelligences bornées par la terre, mais les intelligences célestes la contemplent sans peur comme nous contemplons une seule vie. L’évolution des âmes ainsi comprise n’est-elle pas conforme à l’unité de l’Esprit, ce principe des principes ; à l’homogénéité de la Nature, cette loi des lois ; à la continuité du mouvement, cette force des forces ? Vu à travers le prisme de la vie spirituelle, un système solaire ne constitue pas seulement un mécanisme matériel, mais organisme vivant, un royaume céleste, où les âmes voyagent de monde en monde comme le souffle même de Dieu qui l’anime.

 


 

Creation20of Adam 320

 

 

 

Quel est donc le but final de l’homme et de l’humanité selon la doctrine ésotérique ? Après tant de vies, de morts, de renaissances, d’accalmies et de réveils poignants, est-il un terme aux labeurs de Psyché ? Oui, disent les initiés, lorsque l’âme aura définitivement vaincu la matière, lorsque, développant toutes ses facultés spirituelles, elle aura trouvé en elle-même le principe et la fin de toute chose, alors, l’incarnation n’étant plus nécessaire, elle entrera dans l’état divin par son union complète avec l’intelligence divine. Puisque nous pouvons à peine pressentir la vie spirituelle de l’âme après chaque vie terrestre, comment ferions-nous pour imaginer cette vie parfaite qui devra suivre toute la série de ses existences spirituelles ? Ce ciel des cieux sera à ses félicités précédentes ce que l’océan est à des fleuves. Pour Pythagore, l’apothéose de l’homme n’était pas l’immersion dans l’inconscience, mais l’activité créatrice dans la conscience suprême. L’âme devenue pur esprit ne perd pas son individualité, elle l’achève puisqu’elle rejoint son archétype en Dieu. Elle se souvient de toutes ses existences antérieures, qui lui semblent autant d’échelons pour atteindre le degré d’où elle embrasse et pénètre l’univers. En cet état, l’homme n’est pas homme, comme disait Pythagore ; il est demi-dieu. Car il réfléchit dans tout son être la lumière ineffable dont Dieu remplit l’immensité. Pour lui, savoir c’est pouvoir ; aimer c’est créer ; être c’est rayonner la vérité et la beauté.

 

Ce terme est-il définitif ? L’Eternité spirituelle a d’autres mesures que le temps solaire, mais elle a aussi ses étapes, ses normes et ses cycles. Seulement ils dépassent entièrement les conceptions humaines. Mais la loi des analogues progressives dans les règnes ascendants de la nature nous permet d’affirmer que l’esprit parvenu à cet état sublime ne peut plus revenir en arrière, et que si les mondes visibles changent et passent, le monde invisible qui est sa raison d’être, sa source et son embouchure et dont fait partie la divine Psyché – est immortel.



dames-blanches-2
 


C’est par ces perspectives lumineuses que Pythagore terminait l’histoire de la divine Psyché. La dernière parole avait expiré sur les lèvres du sage, mais le sens de l’incommunicable vérité restait suspendu dans l’air immobile de la crypte. Chacun croyait avoir achevé le rêve des vies et s’éveiller dans la grande paix, dans le doux océan de la vie une et sans bornes. Les lampes de naphte éclairaient tranquillement la statue de Perséphone, debout en moissonneuse céleste, et faisaient revivre son histoire symbolique dans les fresques sacrées du sanctuaire. Quelquefois une prêtresse, entrée en extase sous la voix harmonieuse de Pythagore, semblait incarner dans son attitude et dans son visage rayonnant l’ineffable beauté de sa vision. Et les disciples – saisis d’un religieux frisson – regardaient en silence. Mais bientôt le maître, d’un geste lent et sûr, ramenait sur la terre la prophantide inspirée. Peu à peu, ses traits se détendaient, elle s’affaissait dans les bras de ses compagnes et tombait dans une léthargie profonde, d’où elle s’éveillait confuse, triste et comme épuisée de son essor. Alors on remontait de la crypte dans les jardins de Cérès, à la fraîcheur de l’aube qui commençait à blanchir sur la mer, au bord du ciel étoilé.

 

 

Le Plérôme est-il le repaire de Satan ?

 

Il est impossible de savoir si la description grandiose que Milton donne de la bataille de trois jours livrée par les Anges de Lumière aux Anges de Ténèbres, permet de supposer qu’il ait eu connaissance de la tradition Orientale correspondante. Néanmoins, s’il n’a pas eu de rapports personnels avec un Mystique, il a dû en avoir avec une personne qui pouvait consulter les ouvrages secrets du Vatican. Parmi ceux-ci se trouve une tradition concernant les « Beni Shamash » - les « Fils du Soleil » - qui décrit l’allégorie orientale avec des détails bien plus minutieux, dans sa triple version, que ceux que l’on pourrait trouver dans le Livre d’Enoch, ou dans la bien plus récente Révélation de saint Jean, au sujet de « l’Antique Dragon » et de ses divers meurtriers, comme on vient de l’expliquer.

 

Il semble inexplicable de trouver encore, jusqu’à présent, des auteurs qui appartiennent à des sociétés mystiques et qui persistent dans leurs doutes préconçus au sujet de l’antiquité « supposée » du Livre d’Enoch. Ainsi, l’auteur des “Sacred Mysteries among the Mayas and Quiches” est porté à voir dans Enoch un initié converti au Christianisme, et le compilateur anglais des “Mystères de la Magie” d’Eliphas Lévi partage la même opinion. Il fait remarquer que : « A part l’érudition du Dr Kenealy, aucun savant moderne n’attribue à ce dernier ouvrage (le Livre d’Enoch) une antiquité remontant plus loin que le IVe siècle avant J.-C. »

 



Creation 319

 

 

La science moderne s’est rendue coupable d’erreurs plus graves que celle-ci. Tout récemment encore, les plus grands critiques littéraires d’Europe niaient l’authenticité même de cet ouvrage, ainsi que des Hymnes Orphiques et même du Livre d’Hermès ou Thot, jusqu’au moment où des versets entiers de ce dernier ouvrage furent découverts sur des monuments et des tombeaux égyptiens, des premières dynasties.

 

« L’Antique Dragon » et Satan, qui sont devenus maintenant, séparément et collectivement, les symboles des « Anges Déchus » et les termes théologiques employés pour les désigner, ne sont décrits sous cet aspect, ni dans la Cabale originale (le Livre des Nombres Chaldéen), ni dans la Cabale moderne. En effet, le très érudit, sinon le plus grand des Cabalistes modernes, Eliphas Lévi, décrit Satan en ces termes ardents :

 

« C’est cet Ange qui était assez fier pour se croire un Dieu ; assez courageux pour acheter son indépendance au prix d’une éternité de supplices ; assez beau pour s’être adoré lui-même en pleine lumière divine ; assez fort pour régner encore dans les ténèbres, au milieu de la douleur et pour se faire un trône de son inextinguible bûcher. C’est le Satan du républicain et de l’hérétique Milton… le prince de l’anarchie, servie par une hiérarchie de purs esprits ».

 

Cette description – qui concilie avec tant d’adresse le dogme théologique avec l’allégorie Cabalistique et trouve même le moyen d’englober un compliment politique dans son texte – est tout à fait correcte lorsqu’on la lit convenablement.

 

Oui vraiment ; c’est l’idéal le plus haut, ce symbole à jamais vivant, - on pourrait dire cette apothéose, - du sacrifice de soi-même en faveur de l’indépendance intellectuelle de l’humanité ; cette Energie toujours active protestant contre l’Inertie Statique : ce principe en vertu duquel l’affirmation de Soi-même est un crime et pour lequel la Pensée et la Lumière du Savoir sont odieuses. Comme le dit Eliphas Lévi, avec une justice et une ironie qui n’ont jamais été égalées :

 

« C’est ce prétendu héros des éternités ténébreuses qui, calomnié de laideur, est affublé de cornes et de griffes, qui conviendraient plutôt à son implacable tourmenteur. »

 

C’est lui qui a finalement été transformé en un Serpent, le Dragon Rouge, mais Eliphas Lévi encore soumis aux autorités Catholiques Romaines, - on pourrait ajouter, était trop jésuite, pour confesser que ce Diable n’était autre que l’humanité et n’avait jamais existé sur la Terre en dehors de cette humanité.

 

En ceci, la Théologie Chrétienne, bien que marchant servilement sur les traces du Paganisme, n’a fait que se conformer à sa politique traditionnelle. Elle devait s’isoler et affirmer son autorité. Elle ne pouvait donc mieux faire que de transformer en démons toutes les Divinités Païennes. Chaque brillant Dieu Solaire de l’antiquité, - Divinité glorieuse pendant le jour et son propre adversaire et antagoniste pendant la nuit, appelée Dragon de Sagesse, parce qu’elle était supposée renfermer les germes de la nuit et du jour, a été maintenant transformée en une hypothétique ombre de Dieu et est devenue Satan de par la seule autorité, sans sanction, d’un despotique dogme humain. Après quoi tous ces producteurs de lumière et d’ombre, tous ces Dieux Solaires et Lunaires, ont été maudits, et un Dieu, choisi dans le nombre, puis Satan, ont été ainsi anthropomorphisés tous deux.

 

Jéhovah est un esprit qui joue un rôle

 

Mais la Théologie semble avoir perdu de vue la faculté que possède l’homme de discerner et d’enfin d’analyser tout ce qu’on impose artificiellement à son respect. L’Histoire fait ressortir chez toutes les races et les tribus, surtout chez les nations Sémitiques, une tendance naturelle à exalter la divinité de leur propre tribu au-dessus de toutes les autres, à lui conférer la suprématie sur les Dieux et elle prouve que le Dieu des Israélites était un Dieu de tribu de ce genre et rien de plus, bien que l’Eglise Chrétienne, suivant l’exemple du peuple « élu », trouve bon d’imposer le culte de cette divinité spéciale et de lancer l’anathème contre toutes les autres. Qu’il s’agisse, à l’origine, d’une erreur consciente ou inconsciente, c’est une erreur en tout cas. Dans l’antiquité, Jéhovah n’a jamais été qu’un Dieu « parmi » d’autres « Dieux ». Le Seigneur apparut à Abraham et tout en lui disant : « Je suis le Dieu tout-puissant », il ajouta : « J’établirai mon union… afin d’être un Dieu pour toi » (Abraham) ; et pour sa descendance après lui mais non pour les Européens.

 


Creation of Animals 324

 

 

 

Mais il y avait alors la grandiose et idéale figure de Jésus de Nazareth, à placer contre ce fond obscur, pour la rendre plus radieuse par le contraste, et l’Eglise ne pouvait inventer un fond plus obscur. Ne possédant pas la symbologie de l’Ancien Testament, ignorant la computation véritable du nom de Jéhovah, - le substitut rabbinique secret du nom Ineffable et Imprononçable, - l’Eglise prit pour la réalité, l’ombre savamment fabriquée, prit le symbole générateur anthropomorphisé pour l’Unique Réalité Sans Rivale, la Cause Inconnaissable de Tout. Comme conséquence logique, l’Eglise, dans un but de dualisme, se trouva dans la nécessité d’inventer un Diable anthropomorphisé, - créé, comme elle l’enseigne, par Dieu lui-même. Satan est aujourd’hui devenu le monstre fabriqué par Jéhovah-Frankenstein, c’est la malédiction de son père et une épine dans le flanc divin, un monstre, dont aucun Frankenstein terrestre n’eût pu fabriquer une plus ridicule copie.

 

L’auteur de New Aspects of Life décrit fort correctement le Dieu hébreux, en se plaçant au point de vue cabalistique, comme étant :

 

« L’esprit de la Terre, qui s’était révélé au juif comme Jéhovah… C’est aussi cet Esprit qui, après la mort de Jésus, prit sa forme et jouer son rôle comme Christ ressuscité ».

 

C’est, comme on peut le voir, la doctrine de Cérinthe et de plusieurs Gnostiques, avec fort peu de variations, mais les explications et les déductions de l’auteur sont remarquables :

 

« Personne ne savait… mieux que Moïse… ni aussi bien que lui, combien était grande la puissance de ces (Dieux de l’Egypte), avec les prêtres desquels il avait discuté… de ces dieux dont on prétend que Jéhovah est le Dieu (les Juifs seulement).

 

L’auteur pose cette question :

 

« Qu’étaient-ce donc ces Dieux, ces Achar dont Jéhovah, l’Achad, aurait été le Dieu… en le dominant ? »

 

L’Occultisme répond ceci : C’étaient ceux que l’Eglise appelle maintenant les Anges Déchus et, collectivement, Satan, le Dragon – vaincu, si nous acceptons ce qu’elle dit, par Michel et sa Légion, Michel qui n’était autre que Jéhovah lui-même ou, tout au plus, un des Esprits subordonnés. Aussi l’auteur a-t-il encore raison de dire :

 

Les Grecs croyaient à l’existence de… daimons, mais… furent devancés en cela par les Hébreux, qui croyaient qu’il y avait une classe d’esprits représentatifs qu’ils désignaient sous le nom de démons, « acteurs »… En admettant, avec Jéhovah qui affirmait expressément l’existence d’autres dieux, qui… jouaient le rôle du Dieu Unique, ces autres dieux ne constituaient-ils qu’une classe supérieure d’esprits acteurs… qui avaient acquis et exerçaient de grands pouvoirs ? Et le rôle joué par d’autres ne constitua-t-il pas la clef du mystère de l’état d’esprit ? Mais, ceci une fois admis, comment pourrons-nous savoir si Jéhovah n’était pas un esprit jouant un rôle, un esprit qui prétendait être, et qui devint aussi, le représentant du Dieu unique, inconnu et inconnaissable ? Comment saurions-nous si l’esprit qui se donnait le nom de Jéhovah ne fut pas cause, en s’appropriant ses attributs, que sa propre désignation fut imputée à l’Unique qui est en réalité, aussi dépourvu de nom qu’il est inconnaissable.

 

L’auteur démontre alors que « l’esprit Jéhovah est un acteur » de son propre aveu. Il avoua à Moïse « qu’il était apparu aux patriarches comme le Dieu Shaddaï et le Dieu Hélion ».

 

Il assuma d’un seul trait le nom de Jéhovah et c’est sur la foi de l’affirmation de cet acteur que les noms de El, Eloah, Elohim et Shaddaï ont été lus et interprétés en juxtaposition avec Jéhovah, comme signifiant le « Seigneur Dieu Tout-Puissant ». Puis quand le nom de Jéhovah devint ineffable, la désignation d’Adonaï « Seigneur », lui fut substituée et… c’est par suite de cette substitution que le « Seigneur » passa des Juifs au « Verbe » et au Monde Chrétien comme une désignation de Dieu.

 

Et comment saurions-nous, pourrait ajouter l’auteur, si Jéhovah ne représentait pas de nombreux esprits jouant le rôle de l’apparemment unique – Jod ou Jod-Hé ?

 

Mais si l’Eglise Chrétienne fut la première à faire de l’existence de Satan un dogme, ce fut, comme on le démontre dans Isis Dévoilée, parce que le Diable, - le puissant Ennemi de Dieu – devait devenir la pierre d’assise et le pilier de l’Eglise. En effet, comme le fait observer avec raison un Théosophe, M. Jules Baissac, dans son ouvrage intitulé « Satan ou le Diable » :

 

« Il fallait éviter de paraître autoriser le dogme du double principe, en faisant de ce Satan créateur une puissance réelle et pour expliquer le mal originel, on profère contre Manès l’hypothèse d’une permission de l’unique Tout-Puissant ».

 

Ce choix et cette politique furent en tout cas malheureux. On aurait dû établir une distinction bien tranchée entre le personnage jouant le rôle du Dieu inférieur d’Abraham et de Jacob et le « Père » mystique de Jésus, ou bien les Anges « Déchus » n’auraient pas dû être calomniés par de nouvelles fictions.

 

Chaque Dieu des Gentils se rattache à Jéhovah, - les Elohim – et a des rapports étroits avec lui, car ils ne forment à eux tous qu’Une Légion, dont les unités ne différent que par le nom dans les Enseignements Esotériques. Il n’y a aucune différence entre les Anges « Obéissants » et les Anges « Déchus », sauf en ce qui concerne leurs fonctions respectives, ou plutôt l’inertie des uns et l’activité des autres, parmi les Dhyân Chohans, ou Elohim, qui eurent pour mission « de créer », c’est-à-dire de fabriquer le monde extérieur à l’aide de la matière éternelle.

 

Les cabalistes disent que le véritable nom de Satan est celui de Jéhovah retourné, attendu que « Satan n’est pas un Dieu noir, mais la négation de la Divinité blanche », ou de la Lumière de la Vérité. Dieu est la Lumière et Satan représente les Ténèbres ou l’Ombre nécessaire pour la faire ressortir, sans quoi la pure lumière serait invisible et incompréhensible. « Pour les Initiés, dit Eliphas Lévi, le Diable n’est pas une personne, mais une Force créatrice, pour le Bien comme pour le Mal ». Les Initiés représentaient cette Force, qui préside à la génération physique, sous la mystérieuse forme du Dieu Pan ou de la Nature ; de là les cornes et les sabots de cette figure mythique et symbolique, comme aussi le « bouc » chrétien du « Sabbat des Sorcières ». A ce sujet, les Chrétiens ont encore imprudemment oublié que le « bouc » était aussi la victime choisie pour l’expiation de tous les péchés d’Israël, que le bouc émissaire était en réalité le martyr du sacrifice, le symbole du plus grand mystère existant sur la Terre – la « chute dans la génération ».

 

Eliphas Lévi cherche à expliquer le dogme de son Eglise par des paradoxes et des métaphores, mais il réussit bien misérablement, en présence des nombreux volumes écrits par les pieux Démonologistes Catholiques Romains, avec l’approbation et sous les auspices de Rome. Pour le vrai Catholique Romain, le Diable ou Satan est une réalité ; le drame joué dans la Lumière Sidérale, suivant le voyant de Patmos – qui voulait, peut-être, renchérir sur le récit que contient le Livre d’Enoch – est un fait aussi réel et aussi historique que toute autre allégorie ou que tout autre événement symbolique que l’on trouve dans la Bible. Les Initiés donnent toutefois une explication qui diffère de celle d’Eliphas Lévi, dont le génie et l’intellect plein de ruse devaient se soumettre à un certain compromis qui lui était dicté de Rome.

 

Akasha, le Mysterium Magnum

 

Les véritables cabalistes „qui n’acceptent pas de compromis“ admettent que pour tout ce qui concerne la Science et la Philosophie, il suffit que le profane sache que le Grand Agent Magique, appelé Lumière Astrale par les disciples du Marquis de Saint-Martin, ou Martinistes, Vierge Sidérale et Mysterium Magnum par les Cabalistes et Alchimistes du Moyen Age et Aether, ou reflet de l’Akâsha, par les Occultistes Orientaux, n’est autre que ce que l’Eglise appelle Lucifer. On n’apprendra rien à personne en disant que les scolastiques latins ont réussi à transformer en Satan l’Ame Universelle et le Plérôme, le Véhicule de Lumière et le réceptacle de toutes formes, une Force répandue dans tout l’Univers, avec ses effets directs et indirects, mais on est prêt maintenant à communiquer aux profanes mentionnés plus haut, les secrets même auxquels Eliphas Lévi fait allusion, sans explication suffisante, car le système de révélations voilées d’Eliphas Lévi ne pourrait conduire qu’à de nouvelles superstitions et à de nouveaux malentendus. Qu’est-ce qu’un étudiant en Occultisme, qui serait un commençant, pourrait tirer de phrases hautement poétiques comme celles d’Eliphas Lévi que nous citons plus bas et qui sont aussi apocalyptiques que les œuvres de n’importe quel Alchimiste ?



 
 

Le souffle d'or

 

 

Lucifer (la Lumière astrale)… est une force intermédiaire répandue dans toute la création ; elle sert à créer et à détruire, et la chute d’Adam fut le résultat d’une ivresse érotique qui a fait de sa génération l’esclave de cette fatale Lumière… toute passion amoureuse qui envahit les sens est un tourbillon de cette Lumière qui cherche à nous entraîner vers les abîmes de la mort. La folie, les hallucinations, les visions, les extases sont des formes d’une excitation très dangereuse due à ce phosphore intérieur ( ?). Enfin, cette lumière est de la nature du feu, dont l’usage intelligent échauffe et vivifie, dont l’excès, au contraire, brûle, dissout et anéanti.

 

L’homme serait appelé à prendre un souverain empire sur cette Lumière Astrale et à conquérir par ce moyen son immortalité et il serait menacé en même temps d’être enivré, absorbé et éternellement détruit par elle.

 

Cette lumière, en tant que dévorante, vengeresse et fatale, serait le feu de l’enfer, le serpent de la légende ; l’erreur tourmentée dont elle serait pleine, les larmes et les grincements de dents des êtres avortés qu’elle dévore, le fantôme de la vie qui leur échappe, tout cela serait le Diable ou Satan.

 

Il n’y a rien de faux dans tout ceci ; rien, sauf une surabondance de métaphores mal employées, comme, par exemple, l’emploi du mythe d’Adam pour donner un exemple des effets astraux. L’Akâsha, la Lumière Astrale, peut être définie en quelques mots ; c’est l’Ame Universelle, la Matrice de l’Univers, le Mysterium Magnum d’où naît tout ce qui existe, par séparation ou différenciation. C’est la cause de l’existence ; elle remplit tout l’Espace infini, c’est l’Espace lui-même, dans un sens, ou, tout à la fois, son sixième et son septième principe. Mais en tant que fini dans l’Infini, par rapport à la manifestation, cette Lumière doit avoir son côté sombre – ainsi que nous l’avons déjà fait remarquer. Or, comme l’Infini ne peut jamais être manifesté, il s’ensuit que le monde fini doit se contenter de l’ombre seule, que ses actions attirent sur l’humanité et que les hommes attirent et forcent à l’activité. Aussi, tandis que la Lumière Astrale est la Cause Universelle dans son unité et dans son infini non-manifesté, elle n’est plus, en ce qui concerne l’humanité, que les effets des causes produites par les hommes au cours de leurs vies pleines de péchés. Ce ne sont pas ses brillants habitants, - qu’on les appelle Esprits de Lumière ou de Ténèbres – qui produisent le Bien ou le Mal, mais c’est l’humanité elle-même qui détermine des actions et des réactions inévitables dans le Grand Agent Magique. C’est l’humanité qui est devenue le « Serpent de la Genèse » et qui est ainsi cause, jour par jour et heure par heure, de la Chute et du Péché de la « Vierge Céleste » - qui devient alors, en même temps, la Mère des Dieux et des Diables ; car c’est la Divinité toujours aimante et bienfaisante pour tous ceux qui émeuvent son Ame et son Cœur, au lieu d’attirer vers eux-mêmes l’ombre manifestée de son essence, désignée par Eliphas Lévi sous le nom de « lumière fatale » qui tue et détruit. L’Humanité, dans ses unités, peut surmonter et maîtriser ses effets, mais seulement par la sainteté des vies et en produisant des causes bonnes. Elle n’a de pouvoirs que sur les principes inférieurs manifestés, - l’ombre de la Divinité Inconnue et Inconnaissable dans l’Espace. Mais dans l’antiquité, et en réalité, Lucifer, ou Luciferus, était le nom de l’Entité Angélique qui présidait à la Lumière de la Vérité, comme à la lumière du jour. Dans le grand Evangile Valentinien, Pistis Sophia, on enseigne que parmi les trois Puissances qui émanent des Noms Sacrés des trois Triples Pouvoirs, celle de Sophia (le Saint-Esprit, suivant ces Gnostiques, - la plus raffinée de toutes), réside dans la planète Vénus ou Lucifer.

 

Ainsi, pour le profane, la Lumière Astrale peut être Dieu et le Diable à la fois – Demon est Deus inversus – c’est-à-dire qu’à tous les points de l’Espace Infini vibrent les courants magnétiques et électriques de la Nature animée, les vagues qui donnent la vie et la mort, car la mort sur la terre devient la vie sur un autre plan. Lucifer, c’est la Lumière divine et terrestre, le « Saint-Esprit » et « Satan » tout à la fois, l’Espace visible étant véritablement rempli d’une manière invisible, par le Souffle différencié et la Lumière Astrale, les effets manifestés des deux qui n’en font qu’un, guidée et attirée par nous, est le Karma de l’Humanité, une entité à la fois personnelle et impersonnelle – personnelle, parce que c’est le nom mystique que Saint-Martin donne à la Légion des Créateurs Divins, des Guides et des Souverains de cette Planète ; impersonnelle, en tant que Cause et Effet de la Vie et de la mort Universelles.

 

La Chute fut le résultat du savoir de l’homme, car ses « yeux furent ouverts ». Il fut, en effet, instruit dans la Sagesse et dans le Savoir Occulte par « l’Ange Déchu », car ce dernier était devenu depuis lors son Manas, son Mental et sa Soi-conscience. Chez chacun de nous, ce fil d’or de la Vie interrompue – passant périodiquement par des cycles actifs et passifs d’existence sensible sur la Terre et suprasensible dans le Dévachan – existe depuis le moment de notre apparition sur cette Terre. C’est le Sûtrâtmâ, le fil lumineux de l’état de la Monade immortelle, impersonnelle, sur lequel nos « vies » terrestres, ou Egos éphémères, sont enfilées comme des perles – suivant la belle expression de la philosophie védantine.


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Orphée - dans Esotérisme & Gnose