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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 18:07

Le regard animiste

 

Vous les appelez animistes en posant trop souvent sur eux un regard condescendant. Quel être sensé, dites-vous, accorderait une âme aux animaux, aux phénomènes et à certaines créations de la Nature ? Et pourtant ! Votre malheur à vous, hommes et femmes de la fin d’un Temps, est d’avoir savamment tout désacralisé. Est-ce la frayeur de ce que signifie véritablement la Vie qui vous dicte cela ?

 

C’est une évidence… car le regard que pose l’animiste sur le monde est un regard qui oblige au respect. Que peut-on exploiter et respecter en même temps ? Rien !

 

On ne saigne pas à blanc ce à quoi on accorde une vie digne de ce nom, c’est-à-dire une conscience, ne serait-ce qu’à l’état de bourgeon. On ne le fait pas… à moins de s’être soi-même privé de son âme. Et c’est ce qui est arrivé à beaucoup d’entre vous ! Comment tomber plus bas qu’en amputant le monde et même l’univers de Ce qui en constitue l’Essence ?


 

20 ErnstTempStAnt 1945

 

 

Tu le sais, il ne saurait y avoir la moindre manifestation de vie sans que celle-ci ne soit habitée par une âme. Je n’ai pas dit « une âme humaine », mais simplement une âme. Le principe de cette dimension n’est pas votre privilège exclusif, loin s’en faut !

 

Vous avez développé une forme d’intelligence… mais certes pas l’Intelligence. Il en est de même pour l’âme. Vous n’extériorisez que l’une des facettes du principe absolu de celle-ci. L’un de ses aspects qui, en vérité, est encore bien embryonnaire. Ah, le privilège de l’exclusivité ! Apprenez qu’au lieu d’enrichir, il ne fait jamais que tracer une voie de pauvreté.

 

Oui, la Divinité vous fait peur parce qu’Elle vous parle à chaque seconde qui passe sans que vous vous attardiez à l’écouter. Elle vous murmure constamment Sa présence à travers la multitude des divinités dont elle use afin de conjuguer la Vie.

 

Que diriez-vous d’un peintre qui limiterait sa palette à une seule couleur ? La dimension symphonique, vois-tu, est celle de l’Univers. Si le Compositeur est le seul créateur de son œuvre, il a néanmoins besoin d’une multitude d’instruments et d’interprètes pour lui donner vie et sens. Peut-être fera-t-il appel au talent d’un premier violon, cependant la plénitude de sa symphonie ne se réalisera que par l’exemple du jeu de ses musiciens…

 

La loi de l’analogie est celle du Cosmos. Lorsque l’on a compris une telle vérité et ce qu’elle implique, on est alors prêt à faire un grand pas vers une compréhension globale de la Vie et du respect qui lui est dû…

 

Honore donc un tronc d’arbre si tu le veux ou même une pierre… car toute « chose » est habituée à sa façon et à un degré qui lui est propre par l’un des aspects de Ce qui Est et qui imprègne l’Univers.

 

Si tu pouvais écouter le flot circulatoire de la sève au sein d’un végétal, tu y reconnaîtrais des battements comparables à ceux d’un cœur. Si ton oreille était assez subtile pour se prolonger au centre d’une pierre et y condenser le temps, elle y percevrait une respiration. Tout vit de la vie qui lui est propre… et tout est donc mémoire car, répète-le : Ainsi qu’il ne saurait y avoir de vie sans une forme d’âme, il ne peut non plus y avoir de vie sans mémoire.

 

Je ne parle pas simplement d’une mémoire assujettie au temps tel que vous le concevez mais d’une mémoire de l’Origine, c’est-à-dire de l’appartenance au Divin. Tout palpite dans la nostalgie sacrée de son Point de Création et de sa destination ultime.  Reconnaître cela, comprends-tu, c’est déjà respecter l’Un en Tout. C’est aussi apprendre dans le Multiple, les premières lettres de cet alphabet par lequel nous sommes destinés à composer des syllabes, puis des mots, des phrases et, finalement, une œuvre entière afin d’Etre et de se souvenir de soi… en tant que Créateur.

 

Le Créateur est un compositeur qui joue de la flûte de Pan. Au risque de paraître blasphématoire, je dirai qu’Il souffle amoureusement le paganisme, c’est-à-dire le chant choral de tout ce qui est ! Mais il n’y a de blasphème que dans le cœur de celui qui connaît l’idée de salir et de rétrécir l’onde de la Vie. Le blasphème réside dans l’ignorance des consciences qui se figent et des mains qui se ferment en se crispant. Ce que vous appelez Dieu ne peut être ni comprimé ni étouffé dans la définition qu’en invente une foi… quelle que soit celle-ci.

 

Pour les Serviteurs des Anges du Seigneur, vos amis dans l’Eternité, toute religion est, en ce sens, un pis-aller et, ultimement, la traduction d’une erreur fondamentale de la conscience humaine. Un enclos sera toujours un enclos. Quand bien même ses barrières seraient du plus bel or, elles ne gommeront jamais, par leur seule présence rassurante, l’infinitude des horizons qui se déroulent au-delà d’elles.

 

La flûte de Pan

 

Ainsi, ne vous méprenez pas : le dieu Pan des Temps anciens, celui qui invite à danser les mille formes de vie de la Création, est l’un des plus grands interprètes de l’Unité absolue. Même aujourd’hui, il est bon de passer par lui en acceptant de reconnaître la ronde sacrée des beautés de l’Univers afin de s’y intégrer. Pas en idée, mais dans les faits.

 

Comment ? D’abord en respectant toute chose qui se trouve à portée de main à chaque instant. Ensuite, en développant le même état d’esprit face à chaque regard croisé. Enfin, en bénissant du dedans de l’être la multitude des circonstances qui, tôt ou tard, feront exploser les frontières.

 

Vois-tu, il existe une façon de croire dans la force de l’Unité mais qui, pourtant, ne fait qu’engendrer la Séparation. C’est celle qui consiste à se fabriquer un système de certitudes au centre duquel tout est ordonné de manière autobloquante. Ce « merveilleusement rassurant » est avant tout du « désespérément desséchant ». Pire… il rétrécit au lavage de la véritable Vie ! C’est pour cela que périra toute religion en continuel état de protection derrière ses dogmes.

 



Edward Burne-Jones Pan and Psyche

 

 

Un dogme, il faut le comprendre, ne permet aucune respiration ; dans une enceinte close, il souffle le même air vicié qui tourne en circuit fermé. Les âmes s’y conditionnent au contact d’une profusion de virus. Celui, par exemple, de la bonne conscience, celui du sentiment de supériorité ou du « bon droit » et donc de tous les droits… La liste pourrait s’en étirer presque indéfiniment, nous ramenant elle aussi, dans sa multiplicité, à l’unité d’un seul grand virus, celui du sommeil de la conscience.

 

Cette mécanique, ou plutôt cette maladie, n’est-elle pas simple à analyser et à diagnostiquer ? A voir l’état de votre planète, il semblerait que non. Voilà pourquoi nous venons aussi en tant que réveilleurs.

 

Retournons au dieu Pan… Crois-tu qu’il soit un symbole ? Pas du tout. Il représente une force effective douée d’autonomie, d’intelligence et d’une merveilleuse conscience de soi. Pan est la somme globale de toutes les formes de vie, donc de toutes les âmes qui tissent la trame de la Nature. Il est leur Champ de Conscience collectif, le grand Etre accompli qui résulte de leur harmonie…

 

En ce sens, tous les éléments qui participent à la Nature deviennent les cellules de son corps. C’est leur complicité profonde, leur entente intime, leur volonté aimante fusionnée qui, orientée et sublimée, lui donnent vie pour maintenir la cohésion de la Création. Il ne se passe rien d’autre au niveau du corps humain… Sur les plans subtils, tu trouveras la même complicité, la même union autour d’un but unique entre les cellules qui vont s’assembler afin de constituer un organe… puis encore une complicité analogue entre la somme des organes qui chercheront à se compléter afin que naisse un corps… Un corps qui jouera le rôle de la Divinité !

 

Médite ceci : Si le Divin est notre origine… Il est également notre résultante commune. Nous le nourrissons. Au fur et à mesure que nous t’enseignerons, ces paroles s’éclaireront.

 

Les divinités en devenir

 

Observe d’un œil nouveau ce corps que tu habites. Il est analogue à la Nature tout entière, il la résume… Et toi, et vous, dont la responsabilité est d’en prendre soin pour l’amener à un stade de réalisation plus grand encore, tu en es, vous en êtes, le dieu. Ceci est vrai tant sur les plans subtils que dans la densité matérielle.

 

Chaque conscience animale ou humaine est la divinité de ses propres organes, de ses cellules et, bien sûr, des molécules qui génèrent celles-ci.

 

Il serait possible de remonter plus loin encore, très au-delà même de la structure atomique. On y verrait non seulement des systèmes solaires avec leurs planètes en orbite mais des nébuleuses et des galaxies en marche vers… la même Réalité que celle qui aimante l’humain. Cette Puissance que nous appelons Dieu est donc la nature même de toute chose et non pas un principe philosophique auquel il serait possible d’adhérer ou pas…

 

Chaque manifestation de vie, où qu’elle en soit de sa floraison, représente une divinité pour l’infinité des particules qui la composent. Parallèlement à cela, elle est aussi une sorte de poussière en devenir de divinité, une particule de Dieu qui se construit avec elle en l’aspirant vers un « toujours plus ».



 

Creation 316

 

 

Voici avec quel œil nous approchons la Création : Nous regardons un homme et nous y voyons un dieu. Nous regardons une femme et nous savons qu’elle est déesse. Si nous les contemplons tous deux dans l’Union, c’est une Divinité encore un peu plus accomplie qui se révèle à nous, la fusion de deux cellules initialisant l’idée d’un « organe » à venir… Comprends-tu ? Comprenez-vous ?

 

Oui… la première approche d’une telle réflexion se traduit par un vertige… presque désespérant. Voilà pourquoi ce n’est pas dans la seule sphère du mentale que tout ceci peut se capter puis être intégré. Il existe un mur intérieur à dépasser. De façon imagée, je dirais que c’est une sorte de « mur de l’ultrason ». Il se franchit au sein d’une qualité de silence et d’amour que l’on découvre seulement en se lançant dans le vide caché entre deux pensées. Loin des points de repère et dans la confiance totale. C’est une aventure à mettre au nombre de celles qui ne peuvent se vivre à moitié.

 

Quand vous saurez verser une larme de joie devant la beauté d’un brin d’herbe ou face à la mémoire contenue dans un simple caillou, alors vous commencerez vraiment à comprendre. Le soleil en vous parlera mieux à ses planètes…

 

Cette compréhension est la base de la véritable ascension de la conscience. Elle permet de ne plus opérer de cassure entre ce qui, en chacun, affirme « moi-je » et les milliards de milliards de manifestations de vie traversant la Création. L’attitude qu’elle implique permet de ne plus stériliser mentalement l’être incarné ; elle fait exploser la paroi de sa bulle d’isolement. En fait, elle suggère un état de communion permanente qui se rit des distances physiques et temporelles avec tout ce qui a été, est et sera.

 

Comment mieux établir un contact direct et spontané avec la Présence du Divin ? C’est si simple que c’est sans doute cela qui vous trouble et vous indispose. Les frontières sont en vous, juste une illusion entretenue…

 

  

L’illusion des frontières

 

Prenez un stylo et tracez une ligne horizontale sur une feuille de papier afin de séparer celle-ci en deux parties… Vous êtes persuadé avoir établi une rupture entre le haut et le bas de votre page. C’est ce que votre œil perçoit et que votre mental accepte.

 

Prenez maintenant une loupe et regardez différemment votre ligne ; vous verrez déjà que votre tracé n’est plus aussi dense que vous l’imaginiez et qu’il présente une multitude de petites irrégularités.



 

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Munissez-vous ensuite d’un microscope classique et observez de plus près cette même ligne. Non seulement son manque de densité vous frappera davantage mais vous constaterez aussi que votre œil peut se faufiler aisément dans les entrelacs de ses imperfections au point de pouvoir presque pénétrer dans sa matière. Votre ligne ne sera déjà plus une frontière mais une zone poreuse, quelque part sur une page que vous aurez perdue de vue.

 

En supposant enfin que vous puissiez disposer du plus puissant des microscopes électroniques et que vous analysiez votre tracé, vous n’auriez même plus sous votre œil l’image d’une ligne de démarcation mais vous seriez obligé de reconnaître qu’entre les infimes particules de l’encre déposée sur la feuille, il existe des espaces vides qui communiquent tous entre eux, rendant votre « frontière » totalement illusoire.

 

Ainsi, dans l’univers, tout communique-t-il avec tout. Ainsi, tous les aspects du « haut » sont-ils en constante relation avec ceux du « bas »… à tel point que ces deux notions traditionnellement contraires ne peuvent plus s’opposer mais se retrouvent en une réalité unique.

 

Ne crois pas que tout cela soit un jeu du mental cherchant à se persuader de quelque chose. C’est un fait absolu. De façon analogue, il n’y a pas de frontière réelle possible entre les éléments qui constituent une cellule, les cellules entre elles, ces cellules et l’organe qu’elles génèrent, les organes entre eux puis le corps auquel celles-ci donnent naissance et ainsi de suite à l’infini.

 

Il n’existe donc pas une seule créature qui puisse être coupée de ses semblables, imperméable aux éléments et aux manifestations de la Nature, séparée de la globalité de son monde puis, finalement, en rupture de rapport avec les autres mondes. Par essence, tout fusionne avec tout, aussi bien dans la densité de la matière que sur les plans les plus subtils.

 

Non, ce n’est pas aller vers un casse-tête que d’entrer dans une telle réflexion. C’est seulement prendre le parti d’abolir en soi toutes les lignes de démarcation existantes. C’est respecter les formes divines qui s’expriment et se réalisent à travers soi, tout en nous aidant à nous expanser à notre tour.

 

Le maillon fait corps avec la chaîne tandis que la chaîne n’est rien sans le mariage de ses maillons… C’est l’idée de l’Union entre les pleins et les vides apparents qui fait naître la chaîne. Réfléchis également à cela.

 

 

L’énigme de la Liberté

 

Et la Liberté où se situe-t-elle, diras-tu ? Elle demeure… changeant de visage selon l’altitude à laquelle s’opère la ronde de la Vie, c’est-à-dire selon la maturité des éléments formant la Danse divine.

 

Plus une molécule, une cellule, un organe ou un être humain – ce qui revient au même – grandissent en niveau de conscience, plus ils se détachent de la « loi du nombre » de leur groupe.

 

Chaque élément est ainsi appelée à s’illuminer et à connaître un rayonnement qui finit par en faire un soleil à sa façon dans la sphère où il évolue. Et qu’est-ce que le noyau d’une cellule sinon son soleil central ?

 



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Pourquoi alors certaines cellules se reproduisent-elles harmonieusement et d’autres anarchiquement ? Pourquoi certains organismes microscopiques jouent-ils un rôle constructeur tandis que d’autres semblent voués à tout ravager autour d’eux ? Parce que la liberté qui entoure chaque organisme ou chaque parcelle d’organisme est comparable à un lubrifiant indispensable au moteur de la Création.

 

Certains être humains, tout comme certains cellules, avancent plus vite que d’autres, se font rayonnants plus que d’autres et avant d’autres… La pénétration totale du grand mystère de la Liberté ne peut se communiquer à un esprit simplement humain.

 

La Liberté est sœur de la Vérité. On ne les approche toutes deux que par degrés, à petits pas, faute de quoi elles nous brûleraient. Pourquoi ? Parce qu’elles n’ont pas de définition absolue. Elles s’expansent continuellement puisqu’elles ne connaissent pas de frontière et donc pas de limites !

 

Notre liberté à tous, en tant qu’hommes et femmes parvenus à un certain stade d’humanité, est d’apprendre à choisir, avec une conscience et donc une responsabilité accrues, si nous voulons générer des champs de bataille plutôt que des espaces de paix. Inutile de préciser qu’un tel choix ne se fait pas au niveau de l’intellect isolé des autres dimensions de l’être. L’intellect seul se comporte facilement comme un tyran qui invente les arguments de sa dictature à la mesure de ses besoins. C’est aussi un bâtisseur d’idoles.

 

Tant que l’onde du choix n’est pas descendue jusqu’au noyau de la cellule en étant propulsée par un Amour volontaire et constant, la divinisation de l’être n’est pas réellement amorcée. Elle reste une promesse, un horizon.

 

Dieu pluriel et singulier

 

Comprends-tu donc où se trouve Dieu sur Terre ? Quel nom Lui donner et comment accéder à Sa Présence ? Si tes neurones seuls se mettent en mouvement pour formuler une réponse articulée, tu es encore à côté du Sujet de ta réflexion.

 

Que nul n’aille donc plus loin dans l’enseignement que je te délivre s’il n’est pas capable de le recevoir autrement qu’au premier degré de son mental.

 

Le Dieu de la Terre n’a ni langage favori, ni demeure privilégiée. Il ne crie pas au blasphème si l’on préfère conjuguer Son nom au pluriel plutôt qu’au singulier. En Lui, l’opposition n’a pas de place. Il disperse et rassemble en même temps. Il est l’inspir et l’expir. Il est même l’apnée car, en vérité, Il englobe tout.




L'Archipel des 7 étoiles


Rien n’est à rejeter de ce qui est différencié par le jeu du grand Prisme. Les dieux et les déesses sont les qualités et les fonctions au moyen desquelles l’ultimement Sacré se manifeste… et que vous nourrissez aussi à votre façon en les colorant de vos sentiments, de vos craintes comme de vos aspirations.

 

Quel être se doute qu’il alimente le corps du Divin ? Le courant de Vie n’est pas une émission à sens unique, vois-tu. Il est pareil à une double colonne d’air où l’ascendant rencontre constamment le descendant. Chaque organe est essentiel au corps qui l’héberge. Il assimile et redistribue ce dont celui-ci a besoin… mais dès que le besoin ne s’en fait plus sentir, la fonction s’atrophie puis l’organe disparaît.

 

Dans la grande manifestation du Divin, il est d’anciennes divinités qui sont ainsi comparables à l’appendice dans le corps de l’homme. Le principe de Vie qui leur donnait forme et raison d’être s’est déplacé.

 

Ainsi, dieux et déesses apparaissent puis disparaissent au rythme des besoins et des appels humains. Ils ont les visages et le regard que la puissance énergétiques de la multitude des prières répétées leur confectionne. Un dieu n’agit que le temps où les pensées humaines lui prêtent vie…

 

Cela ne signifie pas pour autant qu’il soit le résultat d’une invention collective. Cela veut dire que si la Conscience qui est à son origine n’est plus alimentée par un besoin et une ferveur. Il n’y a plus raison pour qu’elle pousse la porte subtile qui la fera se manifester.

 

Sur le chemin de son évolution, chaque peuple comme chaque être participe à l’activation du grand Prisme de la Création. Il suffit de ressentir la nécessité d’une « couleur » et d’appeler celle-ci avec force pour qu’elle finisse par se révéler… et qu’enfin on lui voue un culte. Il vous suffit donc de penser, de désirer, d’appeler… et d’être nombreux à le faire pour qu’une réponse jaillisse finalement de ce que vous nommez l’Invisible. Une Présence, elle aussi en évolution mais appartenant à une sphère de vie différente de la vôtre, empruntera alors le « moule énergétique » que vous lui aurez préparé et s’exprimera.

 

Le dieu de la fourmi

 

Voyez-vous… il existe autant de manifestations associées au Divin qu’il est de types de niveaux de conscience. Toute forme de vie peut endosser la fonction d’une divinité ou de la Divinité aux yeux d’une autre forme de vie.

 

En regard d’une fourmi, qu’êtes-vous sinon un dieu pleinement réalisé ? D’un geste du doigt, vous pouvez la détourner de son chemin ; d’un coup de pied, vous êtes capable de bouleverser sa collectivité… et, en quelques mouvements de pelle, vous savez créer un cataclysme qui anéantira la géographie de son monde.

 

Pourtant, si vous avez conscience du respect dû à sa vie en tant que cellule en quête de divinisation, vous n’agirez pas inconsidérément vis-à-vis d’elle. Vous ne créerez la « fin de son monde » que par nécessité absolue. Déduisez-en ce qu’il convient d’en déduire…

 



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Faire l’effort de plonger dans une telle compréhension, c’est accomplir un grand pas à l’horizontale. Prolonger ensuite un tel pas à la totalité d’un environnement puis de la Nature, c’est faire de soi le dieu plus conscient et plus responsable de celle-ci. Etre maintenant enfin capable d’opérer un mouvement analogue intérieur, à la verticale, représente un bien plus grand pas encore. Plus grand parce que faisant appel à une logique d’humilité.

 

En vérité, pour certaines Présences qui peuplent l’univers et que vous pourriez, à juste titre, appeler déesses et dieux, vous n’êtes guère autre chose que des fourmis dont les cataclysmes successifs et les apocalypses répétées correspondent à des nécessités en raison de leur état de conscience…

 

Certes, cette vision de l’infiniment petit conjointe à celle de l’infiniment grand n’est pas nouvelle. Elle peut toutefois le devenir si vous la faites quitter votre zone cérébrale, c’est-à-dire si vous vous laissez imprégner par ce que cela implique réellement.

 

En effet, réalisez ceci : Lorsque nous disons « infiniment grand », vous devez entendre « infiniment subtil ». La vraie grandeur, voyez-vous, n’est jamais affaire de dimension. Elle résulte de l’élévation du taux vibratoire, celui qu’une âme va imprimer à un corps… puis celui qu’un regroupement d’êtres offrira à un monde.

 

C’est un tel saut, à la verticale, qui vous est demandé sans plus attendre… faute de quoi votre fourmilière pourrait être balayée assez radicalement et sans que vous en reconnaissiez la raison. Ne voyez surtout là aucune menace, aucun châtiment édicté par une Puissance divine dont nous serions les annonciateurs. Voyez simplement dans ces paroles le rappel ferme et compatissant d’une loi universelle à l’élaboration de laquelle vous participez constamment. Une loi qui attire vers un haut toujours plus haut que le haut. Une loi aussi qui respecte et conjugue les beautés de l’horizontalité des mondes comme autant de propulseurs de la Conscience.

 

Ecoutez encore… Tout dieu a une responsabilité, celle de maintenir l’harmonie au sein de l’univers dont il a généré la définition. Est-il besoin d’en dire plus quant à votre participation inévitable et nécessaire à la Force du Vivant qui, par essence, se dilate à l’Infini ?

 

Dieu du Soleil

 

Montons maintenant plus encore à la verticale… C’est simple, il suffit de suivre le fil directeur que nous venons de lancer en direction de toutes les formes de soleils. Prolongeons notre regard au-delà du et des dieux planétaires. Regardons derrière le voile de cet Invisible qui entretient directement la cohérence de votre monde immédiat.

 

Il existe là un autre voile à découvrir et à soulever. C’est un rideau de lumière qui, contrairement à ce que l’on croit,  n’ignore pas, ne rejette pas et ne méprise pas les beautés du précédent. Un rideau qui en est l’évidente continuité et non l’opposé. Si, jusqu’ici, vous avez pu concilier en vous la merveilleuse unité du Singulier et du Pluriel, c’est parce que, déjà, son reflet agit en vous.




Mariage des temps nouveaux


 

Nous parlions de la Liberté et de son principe déposé à la façon d’un ferment au sein de toute forme de vie, de la plus apparemment insignifiante à la plus incommensurable. Nous parlions de cette Force qui offre la possibilité à chacune d’elles de progresser vers l’état de soleil. Le soleil d’une cellule puis d’un organe. Le soleil d’un corps, son cœur. Le soleil suscitant un regroupement de femmes et d’hommes : un sage. Le soleil aussi illuminant la marche de quelques sages : un Maître de Sagesse. Le soleil, enfin, des Maîtres ascensionnés : celui de l’état de Christ ou de Bouddha…

 

Nous avons dit « enfin » simplement pour stopper le vertige, afin d’opérer une pause dans le mécanisme de la compréhension. Marche par marche, c’est ainsi qu’il faut avancer… Bien ancrer les racines de l’Arbre avant de songer à déployer la totalité de ses branches et des ramifications de celles-ci.

 

L’homme-épine

 

Imaginez… Imaginez maintenant que, au fil des Temps, le cœur d’un homme se soit ensoleillé au point que celui-ci ne puisse faire autrement que sortir du rang de ses semblables… Imaginez aussi qu’il se soit tellement empli de soleil qu’il devienne inévitablement un astre scintillant aux yeux même de tous ceux qui, depuis longtemps, ont commencé à s’illuminer. Qu’advient-il d’un tel homme ? Est-il vénéré de son vivant par les multitudes ?

 

Vous savez bien que non, car sa différence fait peur. Il éblouit. Il blesse les yeux de tous ceux qui vivent encore dans l’ombre de la conscience en hibernation. Il est une épine dans le talon de « l’humanité animale », une écharde qu’il faut expulser de toute urgence. On en fait, soit un démon venu troubler les cœurs, soit une divinité à laquelle il faut vouer un culte. A moins que l’on en fasse le prophète d’une règle de vie figée, c’est dire qu’on le rétrécisse…

 



Maitreya1                                   Morya6



La vérité est qu’un tel homme n’a pas de réelle place possible au sein du monde où il est né. En tant que Maître de Sagesse, il le sait mais, en s’incarnant, il a choisi, coûte que coûte, d’importer vers l’humanité un éclat de ce plus grand Soleil qu’il a su capter et qui a fait s’expanser le sien.

 

Soleil véhiculant un autre soleil, il se présente alors comme un messager divin à ceux qui l’écoutent. Puisqu’il est soleil, la loi universelle des analogies fait que s’installe rapidement et tout naturellement autour de lui un système de planètes : ses disciples. Autant de sensibilités diverses et donc d’orbites différentes.

 

Poussons plus loin la comparaison. Après le départ d’un tel homme, chacun de ses disciples se trouve être, à son tour, source de lumière. Tous ne sont pourtant encore qu’une réflexion de celle-ci. Ils n’entraîneront pas de planètes autour d’eux mais engendreront des sortes de lunes, telles les reflets d’un reflet…

 

Ainsi, voyez-vous, le voyageur de l’Esprit, celui qui se pose les vraies questions, est quelque peu comparable au voyageur interstellaire. Il peut s’intéresser aux lunes, aux planètes et à la multitude des corps célestes mais, ce qui l’habite, c’est la nostalgie joyeuse du Soleil de l’Origine.

 

Le rôle de l’Avatar

 

Tournons maintenant plus intimement nos regards vers ce Maître de Sagesse qui se révèle comme porteur d’un autre Soleil plus intense que le sien… Les Traditions l’appellent Avatar – ce qui signifie incarnation du Divin – parce qu’il est habité par une Puissance issue du Soleil. Un tel Avatar devient alors « Christ » (c’est-à-dire « béni », « oint » par le Divin. Ce terme n’est pas à comprendre ici dans le contexte du christianisme. Hors de notre contexte historique, il peut y avoir une multitude de christs) car il véhicule une onde de purification et de bénédiction adaptée à l’ensemble du monde où il a choisi de s’incarner.

 

Ainsi que peu d’entre vous sont parvenus à le comprendre, il y a donc lieu d’établir une distinction nette entre, par exemple, le Maître Jésus et le Christ. Le Maître de Sagesse portant le nom de Jésus fut, en fait, un Avatar dont le rôle a été d’être « adombré » durant quelques années par la Présence solaire du Christ.

 



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Lorsqu’on réalise la nature subtile d’une telle investiture, on peut mieux saisir le sens de certaines de ses paroles. Le « Je » qui sortait de ses lèvres n’était pas celui d’un homme de la Terre, fût-il le plus réalisé d’entre eux.

 

Il était prononcé par la Conscience de la plus grande source de Lumière existant dans le système solaire auquel vous appartenez, celle du Christ.

 

Du Christ non réduit à une religion ou à une foi particulière, du Christ en tant que Principe divin se manifestant sous différents noms, sous toutes les latitudes de votre monde et appelant à une montée de la conscience. Comprends-tu ? Comprenez-vous ? Faites une pause en vous-même afin de bien intégrer la nature d’un tel phénomène et de ses conséquences.

 

L’adombrement est quelque peu comparable à une incorporation ultime et éminemment sacrée. Crois bien que nous ne disons pas « sacrée » par convention mais parce que cela touche à l’essence de la plus pure Lumière, celle devant laquelle on ne peut que spontanément s’incliner.

 

Aux yeux des « Serviteurs des Anges du Seigneur », le sacré n’implique pas la religiosité. Il fait partie intégrante de ce que la Vie a de fondamentalement noble, de mystérieux et de beau. Il traduit le miracle permanent de la Création.

 

Le « Je » fusionnel

 

Retournons à l’enseignement de l’Avatar… Le « Je » prononcé par ses lèvres est d’abord un souffle sortant de sa poitrine. Les hommes de la Terre le comprennent soit comme l’affirmation personnelle émanant d’un être « illuminé » au sens péjoratif du terme, soit comme la marque d’un état de divinité exclusif et final. Rien de tout cela n’est juste…

 

Le « Je » de l’Avatar est le signe de l’identification et de la fusion avec le Divin dans ce que Celui-ci a de présentement concevable. L’ultime « Je » n’existe pas. Son Idée se crée, se transforme puis se recrée encore, à l’infini.

 

Tout « Je » qui se dirait final ne saurait être qu’un « moi-je » même subtilement dissimulé. Oui, l’Avatar est un être parvenu au stade d’une fusion de conscience exceptionnelle avec le Principe solaire régissant le système planétaire auquel son monde appartient.

 

Votre Terre, soyez-en certains, a déjà enfanté de nombreux Avatars. Nous les disons fils du Soleil… et le fait est que l’aspect « filial » du Divin est le seul à pouvoir se manifester dans la densité de la matière au moyen de l’incarnation. Qu’il soit la « deuxième Personne » de la Trinité chrétienne ou Vishnou, le « second Principe » de la Trimourti hindoue, il relève de la même grande vérité sans âge. Vishnou, le Fils, a le Soleil pour demeure.

 

Qu’on lui prête l’identité de Rama, de Krishna, d’Osiris, celle de Jésus ou de Quetzalcoatl, cela n’y change rien. Il s’agit de la même Puissance qui vient, d’époque en époque, dire ce qu’elle a dire.

 
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