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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 11:24

Demon est Deus Inversus

 

Cette phrase symbolique, sous ses aspects multiples, est certainement très dangereuse et très iconoclaste aux yeux de toutes les religions, ou plutôt de toutes les théologies dualitisques modernes, et surtout aux yeux du Christianisme. Il n’est pourtant ni juste ni correct de dire que ce soit Christianisme qui ait conçu et enfanté Satan. Satan a toujours existé en qualité « d’Adversaire », le Pouvoir opposé requis pour l’équilibre et l’harmonie des choses dans la Nature, comme l’Ombre est nécessaire pour rendre la Lumière plus brillante, la Nuit pour donner du relief au Jour et le Froid pour nous faire apprécier davantage le confort de la Chaleur. L’homogénéité est une et indivisible. Mais si l’Unique et Absolu homogène n’est pas une simple figure de langage, et si l’Hétérogénéité, sous son double aspect, est son produit, son ombre ou sa réflexion bifide, alors cette homogénéité divine elle-même doit renfermer en elle-même à la fois l’essence du bien, du mal. Si « Dieu » est Absolu, Infini et la Racine Universelle de toutes choses dans la Nature et dans son Univers, d’où proviendrait le Mal ou le Diable, si ce n’était de cette même « Matrice d’Or » de l’Absolu ? Nous sommes donc forcés soit d’accepter l’émanation du bien et du mal, d’Agathodaïmon et de Kakodaïmon, comme jaillissant du même tronc de l’Arbre de l’Etre, soit de nous résigner à l’absurdité de croire à deux Absolus éternels !

 

 

 

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Comme nous devons rechercher l’origine de l’idée en remontant jusqu’aux tous débuts de l’esprit humain, il n’est que juste de rendre son dû en même temps au Diable proverbial. L’antiquité ne connaissait aucun « dieu du mal » distinct, qui fût complètement et absolument mauvais. La pensée païenne représentait le bien et le mal comme des frères jumeaux, nés de la même mère, la Nature, et aussitôt que cette pensée cessa d’être Archaïque, la Sagesse devint de la philosophie. Au début, les symboles du bien et du mal n’étaient que de simples abstractions, la Lumière et les Ténèbres ; plus tard, ils furent choisis parmi les phénomènes cosmiques périodiques les plus naturels et les plus constants, comme le Jour et la Nuit, ou le Soleil et la Lune. Les Légions des Divinités Solaires et Lunaires furent alors appelées à les représenter, et l’on opposa le Dragon des Ténèbres au Dragon de la Lumière. La Légion de Satan est un Fils de Dieu, au même titre que celle des B’ne Alhim, les Enfants de Dieu qui vinrent « se présenter devant le Seigneur » leur Père (Job, II, I). Les « Fils de Dieu » ne devinrent les « Anges Déchus » qu’après s’être aperçus que les filles des hommes étaient belles (Genèse, VI, 2). Dans la philosophie indienne, les Souras sont classés parmi les premiers et les plus brillants des Dieux, et ne deviennent des Asouras que lorsqu’ils sont détrônés par l’imagination brahmanique. Satan ne revêtit jamais une forme anthropomorphique et individualisée, jusqu’au moment ou l’homme créa un « Dieu vivant unique et personnel », et ce ne fut alors que par nécessité urgente. Il fallait un écran, un bouc émissaire pour expliquer la cruauté, les bévues et l’injustice trop évidente de celui à qui l’on attribuait la perfection absolue, la miséricorde et la bonté. Ce fut le premier effet Karmique de l’abandon d’un Panthéisme philosophique et logique, pour édifier, en guise d’appui pour l’homme paresseux, « un Père miséricordieux dans le Ciel », dont les actions de tous les jours et de toutes les heures, comme Natura Naturans, la « Mère belle mais froide comme la pierre », contredisent l’existence. Cela conduisit aux jumeaux primordiaux, Osiris-Typhon, Ormazd-Ahriman et, finalement, Caïn-Abel et tous les tutti quanti d’opposés.

  

« Dieu », le Créateur, qui avait commencé par être synonyme de Nature, finit par être transformé en son auteur. Pascal résout astucieusement la difficulté en disant : « La nature possède des perfections pour prouver qu’elle est l’image de Dieu, et des défauts pour établir qu’elle n’est que son image ».

  

 

 

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Plus on se reporte en arrière, dans l’obscurité des époques préhistoriques, plus la forme prototype du récent Satan semble philosophique. Le premier « Adversaire », revêtu d’une forme humaine individuelle, que l’on rencontre dans la vieille littérature pouranique, est l’un des plus grands parmi ses Richis et ses Yogis-Nârada, surnommé le « faiseur de combats ».

  

C’est un Brahmapoutra, un fils de Brahmâ, le mâle. Mais nous parlerons de lui plus tard. On peut s’assurer de ce qu’est réellement le grand « Trompeur », en le cherchant avec des yeux ouverts et un esprit sans préjugés, dans toutes les Cosmogonies et dans toutes les Ecritures de l’antiquité.

  

C’est le Démiurge anthropomorphisé, le Créateur du Ciel et de la Terre, lorsqu’il est séparé des Légions collectives de ses Co-créateurs, qu’il représente et synthétise pour ainsi dire. C’est actuellement le Dieu des Théologies. « Le désir est le père de la pensée ». Ce qui avait été un symbole philosophique laissé jadis pour pervertir l’imagination humaine fut transformé, plus tard, en un Dieu hostile, trompeur, rusé et jaloux.

  

Comme on parle des Dragons et des autres Anges Déchus quelques mots suffiront ici au sujet du Satan dont on a tant médit. L’étudiant fera bien de se souvenir que, chez tous les peuples, à l’exception des nations chrétiennes, le Diable n’est pas considéré jusqu’à présent comme une entité qui soit pire que son aspect opposé, dans la double nature du prétendu Créateur. Ce n’est que naturel. On ne peut représenter Dieu comme la synthèse de l’Univers entier, comme Omniprésent, Omniscient et Infini, et le séparer du Mal. Comme il y a beaucoup plus de mal que de Bien dans le monde, il s’ensuit, logiquement, que Dieu doit inclure le Mal ou en représenter la cause directe, sous peine de renoncer à ses prétentions à l’Absolu. Les Anciens le comprenaient si bien que leurs philosophes, imités maintenant par les cabalistes, définissaient le Mal comme la « doublure » de Dieu ou du Bien, car Demon est Deus inversus est un très vieil adage. En effet, le Mal n’est qu’une force antagoniste aveugle de la Nature : c’est la réaction, l’opposition et le contraste ; c’est le mal pour les uns et le bien pour les autres. Il n’y a pas de malum in se (mal absolu) ; il n’y a que l’Ombre de la Lumière, sans laquelle celle-ci ne pourrait exister, même pour nos perceptions. Si le Mal disparaissait, le Bien disparaîtrait en même temps que lui de la Terre. Le « Vieux Dragon » était pur Esprit, avant de devenir Matière ; passif avant de devenir actif. Dans la Magie Syro-Chaldéenne, Ophis et Ophiomorphos sont réunis, dans le Zodiaque, dans le signe de l’Androgyne Vierge-Scorpion. Avant sa chute sur la Terre, le « Serpent » était Ophis-Christos, et après sa chute il devint Ophiomorphos-Chrestos. Les théories des Cabalistes représentent partout le Mal comme une Force qui est antagoniste mais, en même temps essentielle au bien, comme lui conférant vitalité et existence qu’il ne pourrait jamais avoir autrement. Il n’y aurait pas de Vie possible (dans le sens mâyâvique) sans la Mort ; pas de régénération et de construction sans destruction. Les plantes périraient si elles étaient sans cesse au soleil, et il en serait de même de l’homme, qui deviendrait un automate sans le jeu de son libre arbitre et de son aspiration vers cette lumière solaire qui perdrait son être et sa valeur pour lui s’il n’avait eu que la lumière. Le bien n’est infini et éternel que dans ce qui nous est éternellement caché, et c’est pourquoi nous l’imaginons éternel. Sur les plans manifestés, l’un fait équilibre à l’autre. Bien rares sont les Théistes, croyant à un Dieu Personnel, qui ne font pas de Satan l’ombre de Dieu ; ou qui, les confondant tous deux, ne croient pas avoir le droit d’invoquer leur idole pour solliciter son aide et sa protection, dans le but d’accomplir impunément leurs actions mauvaises et cruelles. « Ne nous induits pas en tentation » est une prière adressée tous les jours à « notre Père dans les Cieux » et non pas au Diable, par des millions de cœurs chrétiens. Ils le font en répétant les paroles mêmes que l’on attribue à leur Sauveur, sans songer un seul instant que Jacques « le frère du Seigneur » contredit formellement cette façon de s’exprimer :

  

« Que nul, lorsqu’il est tenté, ne dise : Je suis tenté par Dieu ; car Dieu ne peut ni être tenté par le mal ni tenter aucun homme ».

  

Pourquoi dire alors que c’est le Diable qui nous tente, lorsque l’Eglise nous enseigne par l’autorité du Christ, que c’est Dieu qui le fait ? Ouvrez n’importe quel livre pieux où le mot « tentation » soit défini dans son sens théologique et vous trouverez aussitôt deux définitions :

  

1) Les chagrins et les soucis au moyen desquels Dieu éprouve son peuple.

 

2) Les moyens et les séductions dont le Diable se sert pour prendre les hommes au piège et les attirer.

  

Pris littéralement, les enseignements du Christ et ceux de Jacques se contredisent ; et quel est le dogme qui puisse les concilier, si l’on repousse l’interprétation occulte ?

  

Parmi ces tentations alternantes, bien avisé sera le philosophe qui pourra décider à quel moment Dieu disparaît pour faire place au Diable ! Aussi lorsque nous lisons que « le Diable est un menteur, et le père du mensonge », c’est-à-dire un mensonge incarné, et que l’on nous dit en même temps que Satan, le Diable, était un Fils de Dieu et le plus beau de ses Archanges, nous préférons, plutôt que de croire que le Père et le Fils sont la personnification d’un gigantesque et éternel mensonge, nous adresser au Panthéisme et à la philosophie Païenne pour être renseignés.

 

 

 

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Puisque la clef de la Genèse est en notre possession, la Cabale scientifique et symbolique nous dévoile le secret. Le Grand Serpent du Jardin d’Eden et le « Seigneur Dieu » sont identiques, ainsi que Jéhovah et Caïn – ce Caïn dont la Théologie parle comme d’un « meurtrier » et d’un menteur à Dieu ! Jéhovah pousse le roi d’Israël à dénombrer le peuple, et ailleurs Satan le pousse à faire de même. Jéhovah se change en Serpents Ardents pour mordre ceux qui lui déplaisent, et Jéhovah anime le Serpent d’Airain qui les guérit.

  

Ces récits, courts et en apparence contradictoires, que l’on trouve dans l’Ancien Testament – contradictoires parce que les deux pouvoirs sont séparés, au lieu d’être considérés comme les deux aspects de la même chose – sont les échos, déformés par l’exotérisme et la théologie – au point de n’être plus reconnaissables – des dogmes universels et philosophiques de la Nature, que les anciens Sages comprenaient si bien. Nous retrouvons le même fond sous plusieurs personnifications des Pourânas, mais il y est bien plus ample et bien plus philosophiquement suggestif.

  

Par exemple, Poulastya, un « Fils de Dieu », l’un des premiers descendants, est représenté comme le premier père des Démons, les Râkshasas, les tentateurs et les dévoreurs des hommes. Pishâchâ, un démon féminin, est une fille de Daksha, lui aussi « Fils de Dieu » ; elle est encore un Dieu et la mère de tous les Pishâchâs. Ceux que l’on appelle des Démons dans les Pourânas, sont des Diables très extraordinaires lorsqu’on les juge au point de vue des idées européennes et orthodoxes, puisque tous, Dâvanas, Daityas, Pishâchas et Râkshasas, sont représentés comme extrêmement pieux, se conformant aux préceptes des Védas et quelques-uns, même, comme de grands Yogis. Mais ils sont opposés au clergé, au rituel, aux sacrifices et aux formules, ce que les principaux Yogis font précisément jusqu’à nos jours en Inde, sans être moins respectés pour cela, bien qu’il ne leur soit permis d’appartenir ni à une caste, ni à un rite ; et voilà pourquoi tous ces Géants et Titans pourâniques sont appelés des Diables. Les missionnaires, toujours à l’affût pour chercher à prouver, autant que possible, que les traditions hindoues ne sont que le reflet de la Bible juive, ont combiné tout un roman sur la prétendue identité de Poulastya et de Caïn et sur celle des Râkshasas et des Caïnites, les « Maudits » qui furent cause du « Déluge de Noé ». Poulastya habite Kedara, dont le nom signifie « un emplacement creusé », une mine, et la tradition ainsi que la Bible nous montrent Caïn comme le premier qui ai travaillé les métaux et les ait extraits !

  

S’il est très possible que les Gibborin ou Géants de la Bible sont les Râkshasas des Hindous, il est encore plus certain que tous les deux sont des Atlantéens et appartiennent aux races submergées. Quoi qu’il en soit, nul Satan n’aurait pu mettre plus de persistance à déprécier ses ennemis ou se montrer plus méprisant dans sa haine que ne le font les Théologiens chrétiens en le maudissant, lui Satan, comme le père de tous les maux. Comparez leurs vitupérations et leurs opinions sur le Diable aux idées philosophiques des Sages Pourâniques et à leur mansuétude semblable à celle du Christ. Lorsque Parâshara, dont le père fut dévoré par un Râkshasa, se préparait à détruire la race entière par des artifices magiques, son grand-père, Vasishtha, après avoir prouvé au Sage irrité, par son propre aveu, que le Mal et karma existent, mais que les « Esprits malfaisants » n’existent pas, prononce les suggestives paroles suivantes :

  

« Que ta colère s’apaise ; les Râkshasas ne sont pas coupables ; la mort de ton père fut l’œuvre de la destinée [Karma]. La colère est la passion des insensés ; elle ne sied pas à l’homme sage. Par qui, peut-on demander, quelqu’un est-il tué ? Chaque homme recueille les conséquences de ses propres actes. La colère, mon fils, est la destruction de tous ce qu’un homme obtient… et empêche d’atteindre… l’émancipation. Les… sages fuient la colère ; ne sois pas, mon enfant, sujet à son influence. Ne permets plus qu’aucun de ces inoffensifs esprits des ténèbres soit consumé ; (que ton sacrifice cesse). La miséricorde est la puissance des bons ».

  

Tout « sacrifice » de ce genre, ou toute prière adressée à Dieu pour obtenir son assistance, n’est donc pas autre chose qu’un acte de magie noire. Ce que Parâshara demandait dans sa prière, c’était la destruction des Esprits des Ténèbres, pour sa vengeance personnelle. On le traite de Païen, et les Chrétiens l’ont condamné comme tel à l’enfer éternel. Pourtant, en quoi la prière que font les souverains et les généraux avant chaque bataille, dans le but d’obtenir la destruction de leur ennemi, est-elle meilleure ? Une pareille prière est toujours un acte de magie noire de la pire espèce, dissimulé comme est le démon « M. Hyde » sous l’aspect de l’excellent « docteur Jekyll ».

  

Dans la nature humaine, le mal n’indique que la polarité de la Matière et de l’Esprit, une lutte pour la vie entre les deux Principes manifestés dans l’Espace et le Temps, Principes qui n’en font qu’un per se, puisqu’ils ont leur racine dans l’Absolu. Dans le Cosmos, l’équilibre doit être maintenu. Les opérations des deux contraires produisent l’harmonie, comme les forces centripètes et centrifuge qui, dépendant mutuellement l’une de l’autre, sont nécessaires l’une à l’autre « pour que toutes deux puissent vivre ». Si l’une était arrêtée, l’action de l’autre deviendrait immédiatement soi-destructive.

  

 

 

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Puisque la personnification appelée Satan a été analysée en détail sous son triple aspect dans l’Ancien Testament, dans la Théologie chrétienne et dans l’antique manière de penser des Gentils. C’est pour une très bonne raison que nous avons effleuré ici le sujet et essayé de donner quelques explications nouvelles. Avant de pouvoir en arriver à l’évolution de l’homme physique et divin, il faut d’abord que nous ayons une idée bien nette de l’évolution cyclique, que nous nous mettions au courant des philosophies et des croyances des quatre Races qui précédèrent notre Race actuelle et que nous sachions ce qu’étaient les idées de ces Titans et de ces Géants – de vrais Géants, au point de vue mental comme au point de vue physique.. L’antiquité tout entière était imbue de cette philosophie qui enseigne l’involution de l’esprit dans la matière, la descente cyclique progressive ou évolution active et soi-consciente. Les Gnostiques Alexandrins ont suffisamment divulgué les secrets des Initiations et leurs annales regorgent de « chutes des Eons » dans leur double qualité d’Etres Angéliques et de Périodes ; les uns étant l’évolution naturelle des autres. D’autre part, les traditions Orientales des deux côtés des « Eaux Noires », les océans qui séparent les deux Orients sont également pleines d’allégories au sujet de la chute du Plérôme ou de celle des Dieux et des Dévas. Toutes ont représenté la CHUTE comme étant l’allégorie du désir d’apprendre et d’acquérir du savoir, de connaître. La conséquence naturelle de l’évolution mentale, c’est que le Spirituel se transmue en Matériel ou Physique. La même loi de descente dans la matérialité et de remontée vers la spiritualité s’affirma durant l’ère chrétienne.

  

L’allégorie qui était présentée dans Pymandre, il y a peut-être dix mille ans, en vue d’une triple interprétation et pour servir de mémento d’un fait astronomique, anthropologique et même alchimique, c’est-à-dire l’allégorie des Sept Recteurs traversant les Sept Cercles de Feu, fut rapetissée en une interprétation matérielle et anthropomorphique – la Rébellion et la Chute des Anges. Le récit si varié et si profondément philosophique, sous sa forme poétique du « Mariage du Ciel et de la Terre », de l’amour de la Nature pour la Forme Divine, et « l’Homme Céleste » ravi par sa propre beauté réfléchie dans la Nature, c’est-à-dire l’Esprit attiré dans la Matière, est devenu maintenant, par le traitement des théologiens, « les Sept Recteurs désobéissants à Jéhovah, l’admiration de soi générant l’Orgueil Satanique qui fut suivi de leur Chute, car Jéhovah ne permettait qu’on gaspillât aucun culte sauf pour lui ». En un mot, les beaux Anges Planétaires, les glorieux Eons Cycliques des Anciens ont été synthétisés, dans leur forme la plus orthodoxe, en Samaël, le Chef des Démons dans le Talmud, « ce Grand Serpent aux douze ailes qui entraîne avec lui dans sa Chute le Système Solaire ou les Titans ». Mais Schémal – l’alter ego et le type Sabéen de Samaël – signifiait, sous son aspect philosophique et ésotérique, « l’Année » sous son mauvais aspect astrologique, avec ses douze mois, ou « ailes », de maux inévitables dans la Nature. Dans la Théogonie Esotérique, Schémal et Samaël représentaient une divinité particulière. Pour les Cabalistes, ils sont « l’Esprit de la Terre », le Dieu Personnel qui la gouverne et, par conséquent, de facto, identique à Jéhovah. Les Talmudistes eux-mêmes admettent, en effet, que Samaël est un nom divin de l’un des sept Elohim. Les Cabalistes représentent en outre Schémal et Samaël comme étant, tous deux, une forme symbolique de Saturne-Cronos ; les « douze ailes » représentant les douze mois, et le symbole, dans sa collectivité, indiquant le cycle d’une race. En tant que glyphes, Jéhovah et Saturne sont aussi identiques.

    

 

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Cela conduit ensuite à une déduction très curieuse tirée d’un dogme Catholique Romain. Beaucoup d’écrivains renommés, appartenant à l’Eglise Latine, admettent qu’une différence existe et doit être établie, entre les Titans Uraniens, les Géants antédiluviens qui furent aussi des Titans, et ces Géants post-diluviens dans lesquels les Catholiques Romains persistent à voir les descendants du Cham mythique. Pour parler plus clairement, il y a une différence à établir entre les Forces Cosmiques contraires primordiales, guidées par la loi cyclique, les Géants humains Atlantéens et les grands Adeptes post-diluviens, qu’ils fussent de droite ou de gauche. En même temps ces auteurs démontrent que Michel « le généralissime des Légions de Combattants Célestes, le garde du corps de Jéhovah » pour ainsi dire selon de Mirville, est aussi un Titan mais seulement avec l’adjectif « divin » avant son nom. De sorte que ces « Uranides » qui sont partout appelés des « Titans divins » - qui, s’étant révoltés contre Cronos, ou Saturne, sont par conséquent représentés aussi comme étant les ennemis de Samaël, lui-même un des Elohim et synonyme de Jéhovah dans sa collectivité – sont identiques à Michel et à sa légion. En un mot, les rôles sont renversés, tous les combattants sont confondus et aucun étudiant ne peut les distinguer clairement entre eux. L’explication ésotérique peut cependant mettre un peu d’ordre dans cette confusion, au milieu de laquelle Jéhovah devient Saturne, et Michel avec son Armée devient Satan avec ses Anges Rebelles, grâce aux efforts indiscrets de fidèles trop zélés, pour transformer chaque dieu païen en un diable. La véritable signification est beaucoup plus philosophique et la légende de la première « Chute » des Anges prend un aspect scientifique lorsqu’elle est correctement comprise.

 

Cronos représente la Durée sans fin et, par conséquent, immuable, sans commencement, sans fin, au-delà du Temps divisé et au-delà de l’Espace. Les Anges, Génies ou Dévas qui naquirent pour agir dans l’espace et le temps, c’est-à-dire pour traverser les sept cercles des plans super-spirituels et entrer dans les régions phénoménales ou circonscrites super-terrestres, sont allégoriquement représentés comme s’étant révoltés contre Cronos et comme ayant combattu « le Lion », qui était alors l’unique Dieu vivant, suprême. Lorsque Cronos à son tour est représenté comme mutilant Uranus, son père, la signification de cette mutilation (allégorie) est très simple. Le Temps Absolu est représenté comme devenant fini et conditionné ; une partie est dérobée au tout, indiquant ainsi que Saturne, Père des Dieux, a été transformé de l’Eternelle Durée en une Période limitée. Cronos, avec sa faux, coupe jusqu’aux cycles les plus longs, qui nous paraissent interminables et qui, néanmoins, sont limités dans l’Eternité et, avec la même faux, détruit les rebelles les plus puissants. Pas un n’échappera à la faux du Temps ! Qu’on loue Dieu ou les Dieux, ou qu’on les raille, cette faux ne tremblera pas durant la millionième partie d’une seconde dans sa course ascendante et descendante.

  

 

 

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Les Titans de la Théogonie d’Hésiode furent copiés en Grèce sur les Souras et les Asouras de l’Inde. Ces Titans d’Hésiode, les Uranides, étaient jadis représentés comme n’étant qu’au nombre de six, mais grâce à un vieux fragment de manuscrit traitant du mythe grec, on a découvert qu’il y en avait sept et que le septième se nommait Phoreg. Cela démontre absolument leur identité avec les Sept Recteurs. L’origine de la « Guerre dans le Ciel » et de la Chute, doit, selon nous, être certainement attribuée à l’Inde et doit peut-être remonter à une période bien antérieure aux récits qu’en font les Pourânas. La Târakâmaya était en effet postérieure et l’on a la description de trois Guerres distinctes dans presque toutes les Cosmogonies.

 

La première guerre eut lieu dans la nuit des temps, entre les Dieux et les (A) souras et dura toute une Année Divine. En cette circonstance les Divinités furent vaincues par les Daityas, conduits par Hrâda. Mais ensuite, grâce à une ruse de Vishnou, à qui les Dieux vaincus demandèrent du secours, ceux-ci mirent les Asouras en déroute. Dans la Vishnou Pourâna on ne trouve aucun intervalle entre les deux guerres. Dans la Doctrine Esotérique, cependant, l’une des guerres a lieu avant la formation du Système Solaire, l’autre, sur la Terre, à la « création » de l’homme et l’on parle d’une « troisième » qui aurait eu lieu à la fin de la Quatrième Race, entre ses Adeptes et ceux de la Cinquième, c’est-à-dire entre les Initiés de « l’Ile Sacrée » et les Sorciers de l’Atlantide. Nous parlerons de la première lutte, telle que la décrit Parâshara et nous tenterons d’établir une distinction entre les deux récits qui sont confondus à dessein.

   

 

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Il y est dit que les Daityas et les Asouras, s’occupant des devoirs de leurs Ordres respectifs (varnas) et suivant la voie prescrite par les Ecritures saintes, s’imposant même des pénitences religieuses – (singulières occupations pour des démons s’ils sont analogues à nos diables, comme on le prétend) – il était impossible aux dieux de les détruire. Les prières adressées à Vishnou par les dieux sont curieuses, en ce qu’elles font ressortir les idées qu’implique une divinité anthropomorphique. Ayant, après leur défaite, fui vers la côte nord de l’Océan atlantique, les dieux vaincus adressèrent de nombreuses supplications « au premier des Etres, le divin Vishnou » et entre autres, la suivante :

 

« Gloire à toi qui ne fais qu’un avec les Saints, dont la nature parfaite est à jamais bénie, et qui traverse sans gêne tous les éléments perméables ! Gloire à toi qui ne fais qu’un avec la race du Serpent à la langue double, impétueux, cruel, insatiable de plaisir et possédant de grandes richesses… Gloire à toi… O Seigneur, qui n’a ni couleur, ni extension, ni corps (ghana), ni aucune qualité universelle et dont l’essence (roûpa), pure entre les pures, ne peut être appréciée par les saints sages (Paramarshis) les plus grands des Sages ou Richis. Nous nous inclinons devant toi, dans la nature de Brahma, incréée, ne se corrompant pas (avyaya) ; devant toi qui es dans nos corps et dans tous les autres corps et dans toutes les créatures vivantes ; et en dehors duquel rien n’existe. Nous glorifions ce Vâsoudeva, le (souverain) Seigneur (de tous), qui est sans domaine, qui est la semence de toutes choses, que la dissolution ne saurait atteindre, qui est incréé et éternel, qui est dans son essence (Paramapadâtmavat) la condition suprême de l’esprit et dans sa substance (roûpa) l’ensemble de cet univers ».

 

Nous citons ce qui précède comme un exemple du champ énorme que les Pourânas offrent aux critiques hostiles et erronées de tous les Européens bigots, qui basent sur de simples apparences extérieures l’opinion qu’ils se font des religions autres que la leur. Tout homme accoutumé à soumettre ce qu’il lit à une analyse intelligente, verra au premier coup d’œil l’incongruité qu’il y a à interpeller « l’Inconnaissable » reconnu, l’Absolu sans formes et sans attributs, ainsi que les Védantins décrivent Brahman, comme « ne faisant qu’un avec la race du Serpent à la langue double, cruel et insatiable » et à associer ainsi l’abstrait avec le concret, en attribuant des adjectifs à ce qui est illimité et sans conditions. Le professeur Wilson lui-même, qui aurait dû savoir mieux après avoir vécu tant d’années aux Indes entouré de Brahmanes et de Pandits, ne laissa pas échapper une seule occasion de critiquer les Ecritures Hindoues sur ce sujet. Il s’écrie notamment :

 

« Les Pourânas enseignent constamment des doctrines incompatibles ! D’après ce passage, l’Etre Suprême n’est pas seulement la cause inerte de la création mais remplit les fonctions d’une providence active. Le commentateur cite un texte du Véda à l’appui de cette manière de voir : ‘L’Ame Universelle entrant dans les hommes, gouverne leur conduite’. Les incongruités sont d’ailleurs aussi fréquentes dans les Védas que dans les Pourânas.

  

 

 

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Moins fréquentes, en vérité, que dans la Bible mosaïque. Mais les préjugés sont grands dans les cœurs de nos Orientalistes, surtout dans ceux de nos érudits « révérends ». L’Ame Universelle n’est pas la Cause inerte de la Création, ou (Para) Brahman, mais simplement ce que nous appelons le Sixième Principe du Cosmos intellectuel sur le plan manifesté de l’être. C’est Mahat ou Mahâbouddhi, la Grande Ame, le véhicule de l’Esprit, la première réflexion primordiale de la Cause sans forme et ce qui est même au-delà de l’Esprit. Voilà pour l’attaque injustifiée du Professeur Wilson contre les Pourânas. Quant à l’appel, en apparence inconvenant, que les Dieux vaincus adressent à Vishnou, l’explication s’en trouverait dans le texte du Vishnou Pourâna si les Orientalistes voulaient y faire attention. La philosophie enseigne qu’il y a Vishnou en qualité de Brahmâ et Vishnou sous ses deux aspects. Il n’y a qu’un Brahman qui est « essentiellement Prakriti et l’Esprit… »

 

Cette ignorance est, en vérité, admirablement exprimée dans les louanges que les Yogins adressent à Brahmâ, le « soutien de la Terre », lorsqu’ils disent :

 

« Ceux qui n’ont pas pratiqué la dévotion se font une idée erronée de la nature du monde. Les ignorants qui ne comprennent pas que cet Univers est de la nature de la Sagesse et ne le jugent que comme un objet de perception, sont plongés dans l’océan de l’ignorance spirituelle. Mais ceux qui connaissent la vraie Sagesse et dont les intelligences sont pures, contemplent ce monde entier comme ne faisant qu’un avec la Connaissance Divine, comme ne faisant qu’un avec toi, ô Dieu ! Sois favorable, ô Esprit universel ».

  

 

 

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Par conséquent ce n’est pas Vishnou, « la cause inerte de la création », qui exerçait les fonctions d’une Providence active, mais l’Ame Universelle, ce qu’Eliphas Lévi appelle, sous son aspect matériel, la Lumière Astrale. Et cette « Ame » est, sous son double aspect d’Esprit et de Matière, le vrai Dieu anthropomorphique des Théistes ; car ce Dieu est une personnification de cet Agent Créateur Universel, à la fois pur et impur, du fait de l’état de sa manifestation et de sa différenciation dans ce Monde Mâyâvique – Dieu et Diable, en vérité. Mais le Professeur Wilson ne sut pas voir combien Vishnou, dans ce rôle, ressemble au Seigneur Dieu d’Israël, « surtout dans ses pratiques de tromperie, de tentation et de ruse ».

 

C’est indiqué aussi clairement que possible dans le Vishnou Pourâna, car il y est dit que : « A la fin de leurs prières (stora) les Dieux virent la divinité souveraine Hari (Vishnou), armée de la cuirasse, du bouclier et de la masse et chevauchant Garouda ».

 

Or, Garouda est le cycle manvantarique. Vishnou est donc la Divinité dans l’Espace et dans le Temps, le Dieu spécial des Vaishnavas. Les Dieux de ce genre sont appelés, dans la Philosophie Esotérique tribaux ou raciaux, c’est-à-dire qu’ils sont un des nombreux Dhyânis, ou Dieux, ou Elohim, dont l’un était ordinairement choisi, pour quelque raison spéciale, par une nation ou une tribu et devenait ainsi, peu à peu, un « Dieu au-dessus de tous les Dieux », le « Dieu très haut » comme Jéhovah, Osiris, Bel ou tout autre des Sept Régents.

 

« L’arbre est connu par ses fruits » ; la nature d’un Dieu par ses actions. Il nous faut juger ces actions, soit en prenant à la lettre les récits qui les décrivent, soit en les acceptant allégoriquement. Si nous comparons entre eux, Vishnou, en sa qualité de défenseur et de champion des dieux vaincus, et Jéhovah, en sa qualité de défenseur et de champion du peuple « élu », ainsi nommé, sans doute, par antiphrase, car c’étaient les Juifs qui avaient choisi ce Dieu « jaloux », nous constaterons que tous deux font appel à la tromperie et à la ruse. Ils agissent ainsi en vertu du principe que « la fin justifie les moyens », afin d’avoir raison de leurs adversaires et ennemis respectifs – les Démons. Ainsi, tandis que, selon les Cabalistes, Jéhovah prend la forme du Serpent tentateur dans le Jardin d’Eden, envoie Satan avec la mission spéciale de tenter Job, harcèle et lasse Pharaon avec Sarah, la femme d’Abraham et « endurcit » le cœur d’un autre Pharaon contre Moïse, afin de ne pas s’enlever l’occasion de frapper ses victimes « de grands fléaux », Vishnou est représenté dans son Pourâna comme ayant recours à une ruse non moins indigne d’un Dieu respectable.

 

Les Dieux vaincus s’adressent à Vishnou dans ces termes :

 

« Aie pitié de nous, ô Seigneur ! Protège-nous, qui sommes venus te demander du secours contre les Daityas (Démons). Ils se sont emparés des trois mondes et se sont appropriés les offrandes qui nous revenaient, en ayant soin de ne pas transgresser les préceptes du Véda. Bien que nous soyons, tout comme eux, des parties de toi… engagés (comme ils le sont)… dans les voies prescrites par l’écriture sainte…, il nous est impossible de les détruire. Toi don de la sagesse est sans bornes (Ameyâtman), indique-nous quelque artifice au moyen duquel nous puissions exterminer les ennemis des Dieux ! »

 

Lorsque le puissant Vishnou entendit leur demande, il fit jaillir de son corps une forme illusoire (Mâyâmoha, le « trompeur par illusion »), qu’il donna aux Dieux en leur disant : « Cette vision trompeuse [Mâyâmoha] trompera complètement les Daityas, de sorte qu’étant détournés de la voie des Védas, ils puissent être mis à mort… Allez donc et ne craignez rien. Que cette vision trompeuse vous précède. Elle vous servira grandement aujourd’hui, ô Dieux ! »

 

Après cela, cette grande illusion [Mâyâmoha] s’étant rendue (sur Terre), vit les Daityas adonnés à des pratiques ascétiques… et s’étant approchée d’eux sous la forme d’un Digambara (mendiant nu) à la tête rasée… Elle leur parla en ces termes, d’un ton doux : « Ah ! seigneurs de la race Daitya, pourquoi pratiquez-vous ces actes de pénitence ? » etc.

 

Finalement, les Daityas furent séduits par les paroles rusées de Mâyâmoha, comme Eve le fut par les conseils du Serpent. Ils renièrent les Védas. Le docteur Muir traduit ainsi ce passage :

 

« Le grand Trompeur, mettant l’illusion en pratique, trompa ensuite d’autres Daityas, au moyen d’hérésies d’un autre genre. En très peu de temps, ces Asouras (Daityas), abusés par le Trompeur (qui était Vishnou) abandonnèrent tout le système basé sur les ordonnances du triple Véda. Quelques-uns insultèrent les Védas ; d’autres les cérémonies du sacrifice et d’autres encore les Brahmanes. Ceci (s’écrièrent-ils) est une doctrine qui ne supportera pas la discussion ; le meurtre (des animaux pour le sacrifice) ne conduit pas au mérite religieux. Dire que des offrandes de beurre, consumées dans le feu, amènent une récompense future, n’est qu’une assertion enfantine… S’il était vrai qu’une bête égorgée en sacrifice fût transportée au Ciel, pourquoi le fidèle n’égorgerait-il pas son père ?… Les paroles infaillibles, Grands Asouras, ne tombent pas des cieux ; il n’y a que les assertions fondées sur le raisonnement qui soient acceptées par moi et par d’autres personnes intelligentes comme vous-mêmes ! C’est ainsi que, par des moyens divers, les Daityas furent bouleversés par le grand Trompeur (la Raison)… Lorsque les Daityas furent entrés sur la voie de l’erreur, les Divinités firent appel à toutes leurs forces et s’approchèrent pour combattre. Il s’ensuivit un combat entre les Dieux et les Asouras, et ces derniers, qui avaient abandonné le droit chemin, furent défaits par les premiers. Dans le passé, ils avaient été sauvegardés par la cuirasse de droiture qu’ils portaient, mais lorsque celle-ci eut été détruite, ils périrent aussi ».

    

 

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Quoi que l’on puisse penser des Hindous, aucun de leurs ennemis ne saurait les considérer comme des insensés. Un peuple dont les Saints et les Sages ont laissé au monde les philosophies les plus grandes et les plus sublimes qui aient jamais émané de l’esprit humain, doit avoir su la différence entre le bien et le mal. Un sauvage lui-même peut distinguer le blanc du noir, le bien du mal et l’illusion de la sincérité et de la véracité. Ceux qui ont raconté cet épisode dans la biographie de leur Dieu, doivent avoir compris que, dans ce cas, c’était ce Dieu-là qui était l’Archi-Trompeur et que c’étaient les Daityas qui « n’avaient jamais transgressé les préceptes des Védas » qui avaient le beau rôle dans l’affaire et qui étaient les vrais « Dieux ». Il doit donc y avoir eu et il y a, en effet, une signification secrète cachée sous cette allégorie. Dans aucune classe de la société, dans aucune nation, la tromperie et la ruse ne sont considérées comme des vertus divines, sauf peut-être dans les milieux cléricaux des Théologiens et du Jésuitisme modernes.

 

Le Vishnou Pourâna, comme tous les autres travaux de ce genre, tomba plus tard entre les mains des Brahmanes des temples et les vieux manuscrits ont sans doute été falsifiés par des sectaires. Mais il fut un temps où les Pourânas étaient des ouvrages ésotériques et ils le sont encore pour les Initiés qui peuvent les lire avec la clef qu’ils possèdent.

 

Quant à savoir si les Brahmanes Initiés donneront jamais la signification complète de ces allégories, c’est une question qui ne regarde pas l’auteur de cet ouvrage. Son but actuel est de démontrer que tout en honorant les pouvoirs créateurs, sous leurs formes multiples, aucun philosophe n’eût pu accepter, ni n’a jamais accepté, l’allégorie telle qu’elle est présentée, sauf, peut-être, quelques philosophes appartenant aux chrétiens actuels « supérieurs et civilisés ». Comme on l’a vu, en effet, Jéhovah n’est nullement supérieur à Vishnou sur le plan moral. C’est pourquoi les Occultistes, et même quelques Cabalistes, qu’ils considèrent ou non ces Forces créatrices comme des Entités vivantes et conscientes – et l’on ne voit pas pourquoi il n’en serait pas ainsi – ne confondront jamais la Cause avec l’Effet, ni ne prendront l’Esprit de la Terre pour Parabrahman ou Aïn Soph. En tout cas ils connaissent bien la vraie nature de ce qui était appelé par les Grecs le Père Ether, Jupiter-Titan, etc. Ils savent que l’âme de la Lumière Astrale est divine et que son Corps – les ondes de Lumière sur les plans inférieurs – est infernal. Cette Lumière est symbolisé dans le Zohar par la « Tête Magique », le Double Visage sur la Double Pyramide ; la Pyramide noire se dressant sur un sol d’une pure blancheur, avec une tête et une Face blanches dans l’intérieur de son noir triangle ; la Pyramide blanche renversée – reflet de la première dans les Eaux sombres – et laissant voir l’image noire de la Face blanche.

 

Telle est la Lumière Astrale, ou DEMON est DEUS INVERSUS.

 

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Orphée - dans Esotérisme & Gnose