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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 12:00

La Théogonie des Dieux Créateurs

   

Pour bien comprendre l’idée qui se cache sous toutes les Cosmologie anciennes, il est nécessaire d’étudier et d’analyser comparativement toutes les grandes religions de l’antiquité, car ce n’est que par cette méthode que l’idée mère peut être mis en évidence. La Science exacte, si elle pouvait s’élever à une telle hauteur en remontant à la source première et originale des opérations de la Nature, appellerait cette idée la hiérarchie des Forces. La conception originale, transcendante et philosophique, était une. Mais comme, au cours des âges, les systèmes commencèrent à refléter de plus en plus les idiosyncrasies des nations et comme celles-ci, après s’être séparées se formèrent en groupes distincts, dont chacun évoluait suivant la direction particulière de sa nation ou de sa tribu, le développement excessif de l’imagination humaine jeta graduellement un voile sur l’idée principale. Tandis que dans quelques pays les Forces, ou plutôt les Pouvoirs intelligents de la Nature, reçurent des honneurs divins qu’ils ne méritaient guère, dans d’autres – comme de nos jours en Europe et dans les autres pays civilisés - l’idée seule que ces Forces soient douées d’intelligence paraît absurde et on la déclare anti-scientifique. On se sent par conséquent soulagé par les données que l’on trouve dans l’Introduction à « Asgard and the Gods », « Tales and Traductions of our Northern Ancestors », publié par W.S.W. Anson, où il est dit :

  

 

 

Ingres - Jupiter et Thetis

 

  

« Bien que dans l’Asie centrale, sur les bords de l’Indus, dans le pays des Pyramides, dans les péninsules grecques et italienne et même dans le Nord, où errèrent les Celtes, les Teutons et les Slaves, les conceptions religieuses des peuples aient revêtu des formes différentes, leur origine commune est pourtant encore reconnaissable. Nous appelons l’attention sur le rapport qu’il y a entre les histoires des dieux, la pensée profonde qu’elles renferment et leur importance, afin que le lecteur puisse voir que ce n’est pas un monde magique dû à une imagination vagabonde qui s’ouvre devant lui, mais que… la Vie et la Nature ont constitué la base de l’existence et de l’action de ces divinités ».

 

Bien qu’il soit impossible pour un Occultiste, ou pour un étudiant de l’Esotérisme Oriental, d’accepter l’étrange idée que « les conceptions religieuses des nations les plus fameuses de l’antiquité sont en relations avec les débuts de la civilisation parmi les races Germaniques », il n’en est pas moins content de voir exprimer des vérités comme celles-ci : « Ces contes de fées ne sont pas des histoires sans signification, écrites pour amuser les oisifs ; elles renferment en elles la religion profonde de nos ancêtres ».

 

Précisément. Non, seulement leur Religion, mais aussi leur Histoire, car un mythe en Grec signifie tradition orale, transmise de bouche en bouche d’une génération à l’autre. Et, même d’après son étymologie moderne, ce mot veut dire une déclaration fabuleuse exprimant une vérité importante, l’histoire de quelque personnage extraordinaire, à la biographie duquel l’imagination populaire a donné un développement excessif, grâce à la vénération d’une série de générations, mais qui n’est pas entièrement une fable. Tout comme nos ancêtres, les Aryens primitifs, nous croyons fermement à la personnalité et à l’intelligence de plus d’une des Forces qui produisent des phénomènes dans la Nature.

 

Avec le temps, l’enseignement archaïque devint moins clair ; les nations perdirent plus ou moins de vue le Principe supérieur et unique de toutes choses et commencèrent à transférer les attributs abstraits de la « cause sans cause » aux effets produits, qui devinrent à leur tour causatifs, c’est-à-dire aux Pouvoirs créateurs de l’Univers. Les grandes nations agirent ainsi dans la crainte de profaner l’idée ; les plus petites le firent, soit parce qu’elles ne la comprirent pas, soit faute de posséder le degré de conception philosophique indispensable pour la conserver dans toute sa pureté immaculée. Mais toutes, à l’exception des derniers Aryens, devenus aujourd’hui Européens et Chrétiens, témoignèrent de cette vénération dans leurs Cosmogonies. Comme le montre Thomas Taylor « Monthly Magazine, avril 1797 », celui de tous les traducteurs des fragments grecs qui possède le plus d’intuition, aucune nation n’a jamais considéré le Principe Unique comme étant le créateur immédiat de l’Univers visible, car aucun homme sensé ne s’imaginerait qu’un dessinateur ou un architecte ait construit de ses propres mains l’édifice qu’il admire. D’après le témoignage de Damascius dans son ouvrage intitulé « Des premiers Principes », ils en parlaient comme des « Ténèbres Inconnues ». Les Babyloniens passaient ce principe sous silence. « A ce Dieu-là, dit Porphyre dans son traité « Sur l’Abstinence », qui est au-dessus de toutes choses, on ne doit adresser ni des paroles articulées, ni des pensées internes. » Hésiode commence sa Théogonie par ces mots : « Le Chaos fut produit avant toutes choses », permettant ainsi d’en conclure que sa Cause ou Celui qui l’avait créé devait être respectueusement passé sous silence. Homère, dans ses poèmes, ne s’élève pas plus haut que la Nuit, qu’il représente comme étant respectée par Jupiter. D’après tous les théologiens anciens et les doctrines de Pythagore et de Platon, Jupiter ou l’Artisan immédiat de l’Univers, n’est pas le Dieu très haut. Aussi Homère observe-t-il le silence, non seulement en ce qui concerne le premier Principe, mais aussi en ce qui concerne les deux Principes qui viennent immédiatement après le Premier, l’Ether et le Chaos d’Orphée et d’Hésiode, le Fini et l’Infini de Pythagore et de Platon. Proclus dit, en parlant du Principe le plus élevé, que c’est « l’Unité des Unités qui est au-delà du premier Adyta… plus ineffable que tout Silence, plus occulte que toute Essence… cachée parmi les Dieux intelligibles ».

 

Nous pourrions ajouter quelque chose à ce qu’écrivait Thomas Taylor en 1797, notamment que « les Juifs ne semblent pas s’être élevés plus haut que… l’Artisan immédiat de l’Univers, car Moïse parle des ténèbres qui recouvraient l’Abîme, sans même insinuer que leur Existence eût une cause. Jamais dans la Bible – ouvrage purement ésotérique et symbolique – les Juifs n’ont dégradé leur divinité métaphorique autant que l’ont fait les Chrétiens en acceptant Jéhovah comme leur Dieu vivant, unique et pourtant personnel.

 

Ce Premier, ou plutôt cet Unique Principe, était appelé le « Cercle du Ciel », symbolisé par un hiérogramme représentant un Point dans un Cercle ou dans un Triangle Equilatéral, Point qui était le Logos. Ainsi dans le Rig Véda, ou Brahmâ n’est même pas nommé, la Cosmologie commence par l’Hiranyagarbha, « l’œuf d’or » et par Prajâpati (plus tard Brahmâ) de qui émanent toutes les Hiérarchies de « Créateurs ». La Monade, ou le Point, est l’origine en même temps que l’Unité d’où découle le système numérique tout entier. Ce Point est la Cause Première, mais cela d’où il émane, ou plutôt dont il est l’expression, le Logos est passé sous silence. A son tour le symbole universel, le Point dans le cercle, n’était pas encore l’Architecte, mais la Cause de cet Architecte et le rapport qu’il n’y avait entre ce dernier et le Point était exactement le même que celui qui existait entre ce Point lui-même et la circonférence du Cercle, rapport qui, selon Hermès Trismégiste, ne peut pas être défini. Porphyre montre que la Monade et la Duade de Pythagore sont identiques à l’Infini et au Fini de Platon dans Philebus, où à ce que Platon appelle le sans limite et le limité. C’est la Duade, seule, la Mère qui est substantielle, la Monade étant la « cause de toute unité et la mesure de toutes choses » ; la Duade, Moulaprakriti, le Voile de (Parabrahman), est ainsi représentée comme étant en même temps la Mère du Logos et sa fille, - c’est-à-dire l’objet de sa perception, - le produit producteur et sa cause secondaire. D’après Pythagore, la Monade rentre dans le Silence et les Ténèbres, aussitôt qu’elle a évolué la Triade, dont émanent les sept derniers des dix nombres qui servent la base à l’Univers Manifesté.

   

 

Mariage des temps nouveaux

 

   

Dans la Cosmogonie Scandinave il en est encore de même.

   

« Au commencement, il y avait un grand Abîme (le Chaos), ni le jour ni la nuit n’existaient ; l’abîme était Ginnungagap, le gouffre béant, sans commencement ni fin. Le Père de tout, le Non-Créé, l’Invisible, demeurait dans les profondeurs de l’abîme (l’Espace) il exprima sa volonté et tout ce qu’il voulut prit naissance ».

  

Comme dans la Cosmogonie Hindoue, l’évolution de l’Univers est divisée en deux actes, qui sont appelés, dans l’Inde, la création Prâkrita et la création Padma. Avant que les chauds rayons émanant de la « Source de Lumière » n’eussent fait naître la vie dans les Grandes Eaux de l’Espace, les Eléments de la Première Création se montrèrent, et c’est d’eux que fut formé le Géant Ymir, ou Orgelmir (littéralement l’argile brûlant), la matière primordiale différenciée du Chaos. Puis vient la vache Audumla, la Nourrice, de qui est né Bouri, le producteur, dont le fils Bör (Born) eut de Bestla, fille des Géants du Gel (les fils d’Ymir) trois fils, Odin, Willi et We, ou « l’Esprit », la « Volonté » et la « Sainteté ». Cela eut lieu lorsque les Ténèbres régnaient encore à travers l’Espace, lorsque les Axes, les Pouvoirs créateurs ou Dhyân-Chohans, n’étaient pas encore évolués, qu’Yggdrasil, l’arbre de l’Univers, du Temps et de la Vie, n’avait pas encore poussé et qu’il n’y avait pas encore de Walhalla ou Séjour des Héros. Les légendes scandinaves de la Création de notre Vie humaine. Tout ce qui les précède est pour elles les « Ténèbres » où habite le Père de tout, la Cause de tout. Comme l’a fait remarquer l’éditeur d’Asgard and the Gods, bien que ces légendes renferment en elles l’idée de ce Père de Tout, de la cause originale de tout, « il est à peine mentionné dans les poèmes », non pas, comme il le pense, parce qu’avant que l’Evangile ne fût prêché, l’idée « ne pouvait pas s’élever jusqu’à une claire conception de l’Eternel », mais à cause de son caractère profondément ésotérique. C’est pourquoi tous les Dieux créateurs, ou Divinités personnelles n’apparaissent qu’à la phase secondaire de l’Evolution Cosmique. Zeus est né dans Cronos et de Cronos – le Temps. De même Brahma est le produit de l’émanation de Kâla « l’éternité et le temps », qui est l’un des noms de Vishnou. Pour la même raison nous trouvons Odin, le Père des Dieux et des Ases, comme Brahma est le Père des Dieux et des Asouras et nous constatons aussi le caractère androgyne de tous les principaux Dieux créateurs, depuis la seconde Monade des Grecs, jusqu’à la Sephira Adam Kadmon, jusqu’au Brahma ou Prajâpati-Vâch des Védas et jusqu’à l’androgyne de Platon qui n’est qu’une autre version du symbole Indien.

    

 

AnantaVishnu                      brahma

 

   

La meilleure définition métaphysique de la Théogonie primitive, d’après les idées des Védantins, se trouve dans les « Notes sur la Bhagavad Gîta » de T. Subba Row. Parabrahman, l’Inconnu et l’inconnaissable, comme le dit le conférencier à ses auditeurs :

  

« … n’est même pas Atmâ… Il n’est pas Ego et n’est pas Non-Ego, pas plus qu’il n’est la conscience… mais bien que n’étant pas lui-même un objet susceptible d’être connu, il n’en est pas moins capable de soutenir et de donner naissance à toutes sortes d’objets et de sortes d’existences qui deviennent objets de connaissance… C’est l’unique essence où prend naissance un centre d’énergie… qu’il appelle le Logos ».

  

Ce Logos est le Shabda Brahman des Hindous qu’il ne veut même pas appeler Ishvara (le « seigneur » Dieu), de peur que ce terme ne crée une confusion dans l’esprit du public. C’est l’Avalokiteshvara des Bouddhistes, le Verbe des Chrétiens, dans sa signification vraiment ésotérique et non pas tel qu’il est défiguré par la théologie.

  

C’est le premier Jnata, ou l’Ego dans le Cosmos et tout autre Ego… n’est que sa réflexion ou manifestation… Il existe à l’état latent dans le sein de Parabrahman à l’époque du pralaya… [Pendant le Manvantara] il a une conscience et une individualité qui lui sont propres… [Il est un centre d’énergie, mais] de pareils centres d’énergie sont presque innombrables dans le sein de Parabrahman. Il ne faut pas supposer que même ce Logos soit [le Créateur ou qu’il ne soit] qu’un unique centre d’énergie… Leur nombre est presque infini… C’est le premier Ego qui apparaît dans le Cosmos et c’est la fin de toute évolution. C’est, l’Ego abstrait… C’est la première manifestation ou aspect de Parabrahman… Dès que cet Ego commence son existence d’Etre conscient… à son point de vue objectif, Parabrahman lui apparaît comme Moûlaprakriti. Je vous prie de vous rappeler ceci… car c’est là l’origine de toutes les différents auteurs qui ont traité de la philosophie Védantine…

 

Cette Moûlaprakriti est matérielle pour lui [le Logos], de même qu’un objet matériel l’est pour nous. Cette Moûlaprakriti n’est pas plus Parabrahman, que la collection d’attributs accrochés à un pilier n’est ce pilier lui-même ; Parabrahman est une réalité non conditionnée et absolue et Moûlaprakriti est une sorte de voile jeté dessus. Parabrahman, par lui-même, ne peut être vu comme il est. Il est vu par le Logos avec un voile jeté sur lui et ce voile est la puissante extension de la matière cosmique… Parabrahman après être apparu, d’un côté comme l’Ego et de l’autre comme Moûlaprakriti, agit par l’entremise du Logos comme l’unique énergie.

    

 

Monolithe noir

 

  

Le conférencier explique, au moyen d’une belle comparaison, ce qu’il veut dire en parlant de l’activité de Quelque Chose qui n’est Rien tout en étant TOUT. Il compare le Logos au Soleil par qui irradient la lumière et la chaleur, mais dont énergie, lumière et chaleur existent dans l’Espace sous une forme inconnue et ne sont diffusées dans l’Espace que sous une forme de lumière et de chaleur visibles, le Soleil n’étant, lui, que l’agent de cette énergie. C’est la première hypostase triadique. Le quaternaire est constitué par la lumière donnant de l’énergie qu’exhale le Logos.

  

Les Cabalistes hébreux le formulèrent d’une façon qui est ésotériquement identique à celle des Védantins. Ils enseignèrent qu’Aïn-Soph ne pouvait pas être compris, qu’il ne pouvait être ni localisé, ni nommé, bien qu’il fût la Cause sans Cause de tout. De là vient son nom d’Aïn-Soph qui est un terme de négation, « l’inscrutable, l’inconnaissable et l’innommable ». Ils en firent donc un Cercle Sans Fin, une Sphère, dont l’intelligence humaine dans un effort extrême ne pouvait apercevoir que l’arrondi. Pour nous servir des termes qu’emploi quelqu’un qui a complètement déchiffré beaucoup de difficultés dans le système cabalistique, en parlant d’une de ses significations, de son ésotérisme géométrique et numérique :

  

« Fermez les yeux et en vous servant de votre propre faculté de perception consciente essayez de projeter votre pensée au dehors jusqu’aux limites les plus extrêmes, dans toutes les directions. Vous découvrirez que des lignes égales, ou des rayons de perception égaux, s’étendent avec régularité dans toutes les directions, de sorte que l’effort suprême de la perception aura pour résultat la formation de la courbe d’une sphère. La limite de cette sphère sera, nécessairement, un grand cercle et des rayons directs de la pensée dans toutes les directions devront directions devront être les rayons en ligne droite du cercle. Ce soit donc être, au point de vue humain, l’extrême limite de la conception, embrassant, tout entier, l’Aïn-Soph manifesté, qui se formule comme une figure géométrique, c’est-à-dire d’un cercle, avec ses éléments constitués par une circonférence courbe et un diamètre en droite ligne divisé en rayons. Il en résulte qu’une forme géométrique est le premier moyen reconnaissable d’établir un rapport entre Aïn-Soph et l’intelligence de l’homme.

  

Ce Grand Cercle, que l’Esotérique Oriental réduit au Point dans le Cercle Infini, est l’Avalokiteshvara, le Logos ou Verbe dont parle T. Subba Row. Mais ce cercle, ou ce Dieu manifesté, nous est aussi inconnu, sauf par son Univers manifesté, que l’est l’Unique, bien qu’il soit pour nous plus facile ou plutôt plus possible de le concevoir. Ce Logos qui sommeille dans le sein de Parabrahman pendant le Pralaya, comme notre « Ego est latent (en nous) au moment du Soushoupti » ou sommeil, qui ne peut concevoir Parabrahman que sous forme de Moulaprakriti – qui est un Voile Cosmique formé par « la puissante expansion de la matière cosmique » - n’est donc qu’un organe de la Création cosmique au travers duquel rayonnent l’Energie et la Sagesse du Parabrahman inconnu au Logos comme il l’est à nous-mêmes. De plus, comme le Logos nous est aussi inconnu que Parabrahman l’est en réalité pour Lui, l’Esotérisme Oriental et la Cabale, pour amener le Logos dans les limites de nos conceptions, ont réduit la synthèse abstraite en images concrètes, représentées par les réflexions ou aspects multipliés de ce Logos, Avalokiteshvara, Brahma, Ormazd, Osiris, Adam Kadmon ou tout autre nom qu’il vous plaira – aspects ou émanations manvantariques qui sont les Dhyan-Chohans, les Elohim, les Dévas, les Amshaspends, etc. Les métaphysiciens expliquent, d’après T. Subba Row, la racine et le germe de ces derniers comme étant la première manifestation de Parabrahman, « la trinité la plus élevée que nous puissions comprendre », qui est Moulaprakriti (le Voile), le Logos et l’énergie consciente « de ce dernier », ou son pouvoir et sa lumière (qui sont appelés dans la Bhagavad Gîta Daiviprakriti) ou « la matière, la force et l’Ego, la racine unique du Moi dont tout autre moi n’est qu’une manifestation ou une réflexion ». Ce n’est donc que dans cette Lumière (de conscience), de perception mentale et physique, que l’Occultisme pratique peut rendre le Logos visible par des formes géométriques qui, lorsqu’elles sont étudiées de très près, non seulement donnent une explication scientifique de l’existence réelle et objective des « Sept Fils de la Divine Sophia » qui est cette Lumière du Logos, mais encore montrent, à l’aide de clefs qui ne sont pas encore découvertes, qu’en ce qui concerne l’Humanité, ces « Sept Fils » et leurs innombrables émanations, centres d’énergie personnifiés, sont une nécessité absolue. Ecartez-les et le mystère de l’Etre et de l’Humanité ne sera jamais découvert et on ne s’en approchera même pas très près.

   

 

SourceEye2 

 

 

C’est par cette Lumière que tout est créé. Cette Racine du Soi mental est aussi la racine du Soi physique, car cette Lumière est la transformation, dans notre monde manifesté, de Moûlaprakriti, appelé Aditi dans les Védas. Sous son troisième aspect elle devient Vâch, la Fille et la Mère du Logos, comme Isis est la Fille et la Mère d’Osiris, qui est Horus, et Mout, la Fille, Epouse et Mère d’Ammon, dans le Glyphe Lunaire égyptien. Dans la Cabale, Séphira est la même que Shékinah et elle est, suivant une autre synthèse, l’Epouse, la Fille et la Mère de l’Homme Céleste, Adam Kadmon et lui est même identique, tout comme Vâch est identique à Brahma et est appelée le Logos féminin. Dans le Rig Véda, Vâch est le « langage parole mystique » au moyen duquel la Connaissance Occulte et la Sagesse sont communiquées à l’homme et c’est pour cela que l’on dit que Vâch est « entrée dans les Richis ». Elle est « générée par les Dieux » ; elle est la Vâch divine, la « Reine des Dieux » et elle est associée aux Prajâpatis dans leur œuvre de création, comme Séphira l’est avec les Séphiroth. Elle est, de plus, nommée la « Mère des Védas », « puisque c’est grâce à sa puissance (comme langage mystique) que Brahma les a révélées et que c’est aussi grâce à son pouvoir qu’il produisit l’Univers », c’est-à-dire par la Parole, par des mots synthétisés par le « Verbe » et par des nombres.

  

Mais lorsque l’on parle aussi de Vâch comme de la fille de Daksha « le dieu qui vit dans tous les Kalpas », cela montre son caractère mâyâvique ; elle disparaît pendant le pralaya, absorbée dans l’unique Rayon qui dévore tout.

  

L’Esotérisme universel présente deux aspects distincts, celui de l’Orient et celui de l’Occident, dans toutes ces personnifications du Pouvoir féminin dans la Nature, ou la Nature nouménale et phénoménale. L’un est son aspect purement métaphysique, comme l’a décrit le savant conférencier dans ses « Notes on the Bhagavad Gîta », l’autre est terrestre et physique et en même temps divin, au point de vue de la conception humaine pratique et de l’Occultisme. Ils sont tous des symboles et des personnifications du Chaos, du « Grand Abîme », ou des Eaux Primordiales de l’Espace, le Voile impénétrable qui se trouve entre l’Inconnaissable et le Logos de la Création. « Se mettant, par la pensée, en rapport avec Vâch, Brahma [le Logos] créa les Eaux Primordiales ». Dans la Katha Oupanishad c’est décrit encore plus clairement :

  

« Prajâpati était cet Univers. Vâch venait après lui. Il s’associa avec elle… elle produisit ces créatures et rentra de nouveau dans Prajâpati ».

   

 

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Cela relie Vâch et Séphira avec la Déesse Kwan-Yin, la « Mère Miséricordieuse », la Voix divine de l’Ame, même dans le Bouddhisme exotérique et avec l’aspect féminin de Kwan-Shai-Yin, le Logos, le Verbe de la Création, en même temps qu’avec la Voix qui parle distinctement à l’Initié, selon le Bouddhisme Esotérique. Bath Kol, la Filia Vocis, la Fille de la Voix Divine des Hébreux, répondant du haut du Siège de Miséricorde derrière le Voile du Temple en est – un résultat.

  

Ici, nous pouvons signaler incidemment un des nombreux reproches que les « bons et pieux » missionnaires de l’Inde ont adressés à la religion du pays. L’allégorie contenue dans le Shatapatha Brâhmana, d’après laquelle Brahmâ, en sa qualité de Père des hommes, accomplit l’œuvre de la procréation grâce à une liaison incestueuse avec sa propre fille Vâch, appelée aussi Sandhyâ, le Crépuscule et Shataroûpâ (aux cent formes), est sans cesse jetée à la figure des Brâhmanes, comme condamnant leur « détestable et fausse religion ». En dehors du fait, oublié à dessein par les Européens, que le patriarche Loth est représenté comme coupable du même crime sous la forme humaine, tandis que c’était sous la forme d’un bouc que Brahmâ, ou plutôt Prajâpati, consomma l’inceste avec sa fille, elle-même sous la forme d’une biche (rohit), la signification ésotérique du troisième chapitre de la Genèse prouve le même fait. De plus, il y a certainement une signification cosmique et non pas physiologique attachée à l’allégorie hindoue, puisque Vâch est une transformation d’Aditi et de Moulaprakriti (Chaos) et que Brahmâ est une transformation de Nârâyana, l’Esprit de Dieu qui entre dans la Nature et la féconde, de sorte qu’il n’y a absolument rien de phallique dans la conception.

  

Comme nous l’avons déjà dit, Aditi-Vâch est le Logos féminin, ou Verbe, la « Parole », et Séphira est la même chose dans la Cabale. Ces Logoï féminins, sous leur aspect nouménal de Lumière, de Son et d’Ether, sont tous des corrélations qui prouvent à quel point les Anciens étaient instruits, tant dans la Science Physique, telle qu’elle est aujourd’hui connue des modernes, que dans la naissance de cette Science dans les sphères Spirituelle et Astrale.

  

« Nos anciens écrivains disaient que Vâch était de quatre sortes, qui prenaient les noms de Parâ, Pashyanti, Madhyamâ et Vaikhari. Vous trouverez cette donnée dans le Rig Véda lui-même et dans plusieurs des Oupanishads. Vaikhari Vâch est ce que nous prononçons ».

  

C’est le Son, la Parole ; c’est aussi ce qui devient compréhensible et objectif pour l’un de nos sens physiques et peut être soumis aux lois de perception. Par conséquent :

   

 

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« Chaque sorte de vaikhara Vâch existe dans sa forme madhyamâ… pashyanti et, finalement, dans sa forme parâ… La raison pour laquelle ce Pranava est appelé Vâch est celle-ci : c’est que ces quatre principes du grand Cosmos correspondent à ces quatre formes de Vâch… Le Cosmos entier, dans sa forme objective, est vaikharî Vâch ; la Lumière du Logos est la forme madhyamâ et le Logos lui-même la forme pasyanti, tandis que Parabrahman (au-delà du Noumène de tous les Noumènes) est l’aspect parâ de cette Vâch.

   

En conséquence, Vâch, Shékinah ou la « musique des sphères », de Pythagore, ne font qu’un, si nous choisissons nos exemples dans les trois philosophies religieuses de ce monde qui sont (en apparence) les plus dissemblables, celle des Hindous, celle des Grecs et celle des Hébreux Chaldéens. Ces personnifications et ces allégories peuvent être étudiées sous quatre aspects (principaux) et sous trois aspects (moins importants), soit sept en tout, comme dans l’Esotérisme. La forme parâ est la Lumière et le Son, toujours subjectifs et latents, qui existent éternellement dans le sein de l’Inconnaissable ; lorsqu’elle est transférée dans l’idéation du Logos, ou dans sa Lumière latente, elle est appelée pashyantî, et lorsqu’elle devient cette Lumière exprimée elle est madhyamâ. La Cabale en donne ainsi la définition :

  

« Il y a trois sortes de lumières, plus celle (la quatrième) qui interpénètre les autres : 1) la lumière claire et pénétrante, la lumière objective, 2) la lumière réfléchie et 3) la lumière abstraite ».

  

Les dix Séphiroth, les Trois et les Sept, sont appelés dans la Cabale les Dix Mots DBRIM (Dabarim), les Nombres et les Emanations de la Lumière Céleste, qui est à la fois Adam Kadmon et Séphira, Prajâpati-Vâch ou Brahma. Dans la Cabale, la Lumière, le Son et le Nombre sont les trois facteurs de la création. Parabrahman ne peut être connu que par le Point lumineux (le Logos), qui ne connaît pas Parabrahman, mais seulement Moûlaprakriti. De même, Adam Kadmon ne connaissait que Shékinah, bien qu’elle fût le véhicule d’Aïn-Soph. En sa qualité d’Adam Kadmon, il est, suivant l’interprétation Esotérique, le total du Nombre Dix, les Séphiroth (en étant lui-même une Trinitié) ou les trois attributs en un seul de la Divinité inconnaissable. « Lorsque l’Homme Céleste (le Logos) prit d’abord la forme de la Couronne [Kether] et s’identifia à Séphira, il en fît émaner de la Couronne Sept Lumières splendides », ce qui porte leur total à Dix ; de même Brahmâ-Prajâpati, dès qu’il fut séparé de Vâch tout en lui étant identique, fit jaillir de cette Couronne les sept Richis et les sept Manous en Prajâpatis. Dans l’exotérisme on trouvera toujours 10 et 7, qu’il s’agisse de Séphira ou de Prajâpati ; dans l’exposé ésotérique : toujours 3 et 7 qui font aussi 10. Seulement, lorsque, dans la sphère manifestée, ils sont divisés entre 3 et 7.

   

 

 

soleil mort

 

 

Cela aidera l’étudiant à comprendre pourquoi Pythagore considérait la Divinité, le Logos, comme le Centre de l’Unité et la « Source de l’Harmonie ». Nous disons que cette Divinité était le Logos et non pas la Monade qui habite dans la Solitude et le Silence, parce que Pythagore enseignait que l’Unité, étant indivisible, n’était pas un nombre. C’est aussi pour cela que l’on exigeait du candidat qui demandait à être admis dans son école, qu’il eût déjà, comme mesure préparatoire, étudié l’Arithmétique, l’Astronomie, la Géométrie et la Musique, que l’on considérait comme formant les quatre divisions des Mathématiques. Cela explique encore pourquoi les Pythagoriciens affirmaient que la doctrine des Nombres, la plus importante dans l’Esotérisme, avait été révélée à l’homme par les Divinités Célestes ; que le Monde avait été tiré du Chaos au moyen du Son ou de l’Harmonie, et édifié suivant les principes de la mesure musicale ; que les sept planètes qui régissent la destinée des mortels ont un mouvement harmonieux et, comme le dit Censorinus :

  

« Des intervalles qui correspondent aux intervalles musicaux, rendent certains sons si parfaitement consonants, qu’ils produisent la plus douce mélodie, qu’il ne nous est impossible d’entendre qu’à cause de la grandeur du son, que nos oreilles sont incapables de recevoir ».

  

Dans la Théogonie Pythagoricienne, les Hiérarchies de la Légion Céleste et les Dieux étaient comptés et aussi exprimés numériquement. Pythagore avait étudié la Science Esotérique en Inde et c’est pour cela que nous voyons ses élèves dire :

  

« La Monade [l’Unique manifesté] est le principe de toutes choses. De la Monade et de la Duade indéterminée (le Chaos), les Nombres ; des Nombres, les Points ; des Points, les Lignes ; des Lignes, Les Superficies ; des Superficies, les Solides ; de ceux-ci, les Corps Solides, dont les Eléments sont au nombre de quatre, le Feu, l’Eau, l’Air et la Terre ; desquels tout le Monde est constitué, après leur transformation (corrélation) et leur total changement. »

  

Si cela n’explique pas entièrement le mystère, cela soulève tout au moins un coin du voile qui couvre ces merveilleuses allégories derrière lesquelles on a abrité Vâch, la plus mystérieuse de toutes les Déesses brahmaniques ; celle que l’on appelle « la Vache mélodieuse qui fit jaillir de ses pis la nourriture et l’Eau » (la Terre avec tous ses pouvoirs mystiques), ou encore celle « qui nous donne la nourriture et la subsistance » (la Terre physique). Isis est aussi la Nature mystique et la Terre ; et ses cornes de vache l’identifient à Vâch qui, après avoir été reconnue dans sa forme la plus élevée comme Parâ, devient, du côté inférieur et matériel de la création, Vaikharî. Aussi, bien qu’elle soit physique, représente-t-elle la Nature mystique avec tous ses moyens et toutes ses propriétés magiques.

  

Comme déesse du Langage et du Son et comme transformation d’Aditi, elle est aussi dans un sens, le Chaos. En tout cas elle est la « Mère des Dieux » et c’est Brahmâ, Ishvara ou le Logos et Vâch, de même qu’Adam Kadmon et Séphira, qui doivent servir de point de départ à la vraie Théologie manifestée. Au-delà tout est Ténèbres et spéculations abstraites. Avec les Dhyan-Chochans et les Dieux, les Voyants, les Prophètes et les Adeptes en général sont sur un terrain solide. Que ce soit comme Aditi ou comme la divine Sophia des Gnostiques grecs, elle est la mère des Sept Fils, des « Anges de la Face », de « l’Abîme », ou du « Grand Un Vert » du Livre des Morts.

  

Au commencement de chaque cycle de 4.320.000 les Sept ou, comme le prétendaient quelques nations, les Huit Grands Dieux, descendent pour instituer le nouvel ordre de choses et pour donner l’impulsion au nouveau cycle. Ce huitième Dieu était le Cercle qui unifie, ou le Logos, séparé et mis à part de sa Légion dans le dogme exotérique, exactement comme les trois hypostases divines des anciens Grecs sont considérées maintenant par les Eglises comme trois personnes distinctes. Comme le dit un commentaire :

  

« Les Puissants accomplissent leurs grandes œuvres et laissent derrière eux d’impérissables monuments pour rappeler leur visite, chaque fois qu’ils pénètrent sous notre voile mâyâvique [l’atmosphère] ».

  

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Orphée - dans Esotérisme & Gnose