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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 11:24

Demon est Deus Inversus

 

Cette phrase symbolique, sous ses aspects multiples, est certainement très dangereuse et très iconoclaste aux yeux de toutes les religions, ou plutôt de toutes les théologies dualitisques modernes, et surtout aux yeux du Christianisme. Il n’est pourtant ni juste ni correct de dire que ce soit Christianisme qui ait conçu et enfanté Satan. Satan a toujours existé en qualité « d’Adversaire », le Pouvoir opposé requis pour l’équilibre et l’harmonie des choses dans la Nature, comme l’Ombre est nécessaire pour rendre la Lumière plus brillante, la Nuit pour donner du relief au Jour et le Froid pour nous faire apprécier davantage le confort de la Chaleur. L’homogénéité est une et indivisible. Mais si l’Unique et Absolu homogène n’est pas une simple figure de langage, et si l’Hétérogénéité, sous son double aspect, est son produit, son ombre ou sa réflexion bifide, alors cette homogénéité divine elle-même doit renfermer en elle-même à la fois l’essence du bien, du mal. Si « Dieu » est Absolu, Infini et la Racine Universelle de toutes choses dans la Nature et dans son Univers, d’où proviendrait le Mal ou le Diable, si ce n’était de cette même « Matrice d’Or » de l’Absolu ? Nous sommes donc forcés soit d’accepter l’émanation du bien et du mal, d’Agathodaïmon et de Kakodaïmon, comme jaillissant du même tronc de l’Arbre de l’Etre, soit de nous résigner à l’absurdité de croire à deux Absolus éternels !

 

 

 

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Comme nous devons rechercher l’origine de l’idée en remontant jusqu’aux tous débuts de l’esprit humain, il n’est que juste de rendre son dû en même temps au Diable proverbial. L’antiquité ne connaissait aucun « dieu du mal » distinct, qui fût complètement et absolument mauvais. La pensée païenne représentait le bien et le mal comme des frères jumeaux, nés de la même mère, la Nature, et aussitôt que cette pensée cessa d’être Archaïque, la Sagesse devint de la philosophie. Au début, les symboles du bien et du mal n’étaient que de simples abstractions, la Lumière et les Ténèbres ; plus tard, ils furent choisis parmi les phénomènes cosmiques périodiques les plus naturels et les plus constants, comme le Jour et la Nuit, ou le Soleil et la Lune. Les Légions des Divinités Solaires et Lunaires furent alors appelées à les représenter, et l’on opposa le Dragon des Ténèbres au Dragon de la Lumière. La Légion de Satan est un Fils de Dieu, au même titre que celle des B’ne Alhim, les Enfants de Dieu qui vinrent « se présenter devant le Seigneur » leur Père (Job, II, I). Les « Fils de Dieu » ne devinrent les « Anges Déchus » qu’après s’être aperçus que les filles des hommes étaient belles (Genèse, VI, 2). Dans la philosophie indienne, les Souras sont classés parmi les premiers et les plus brillants des Dieux, et ne deviennent des Asouras que lorsqu’ils sont détrônés par l’imagination brahmanique. Satan ne revêtit jamais une forme anthropomorphique et individualisée, jusqu’au moment ou l’homme créa un « Dieu vivant unique et personnel », et ce ne fut alors que par nécessité urgente. Il fallait un écran, un bouc émissaire pour expliquer la cruauté, les bévues et l’injustice trop évidente de celui à qui l’on attribuait la perfection absolue, la miséricorde et la bonté. Ce fut le premier effet Karmique de l’abandon d’un Panthéisme philosophique et logique, pour édifier, en guise d’appui pour l’homme paresseux, « un Père miséricordieux dans le Ciel », dont les actions de tous les jours et de toutes les heures, comme Natura Naturans, la « Mère belle mais froide comme la pierre », contredisent l’existence. Cela conduisit aux jumeaux primordiaux, Osiris-Typhon, Ormazd-Ahriman et, finalement, Caïn-Abel et tous les tutti quanti d’opposés.

  

« Dieu », le Créateur, qui avait commencé par être synonyme de Nature, finit par être transformé en son auteur. Pascal résout astucieusement la difficulté en disant : « La nature possède des perfections pour prouver qu’elle est l’image de Dieu, et des défauts pour établir qu’elle n’est que son image ».

  

 

 

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Plus on se reporte en arrière, dans l’obscurité des époques préhistoriques, plus la forme prototype du récent Satan semble philosophique. Le premier « Adversaire », revêtu d’une forme humaine individuelle, que l’on rencontre dans la vieille littérature pouranique, est l’un des plus grands parmi ses Richis et ses Yogis-Nârada, surnommé le « faiseur de combats ».

  

C’est un Brahmapoutra, un fils de Brahmâ, le mâle. Mais nous parlerons de lui plus tard. On peut s’assurer de ce qu’est réellement le grand « Trompeur », en le cherchant avec des yeux ouverts et un esprit sans préjugés, dans toutes les Cosmogonies et dans toutes les Ecritures de l’antiquité.

  

C’est le Démiurge anthropomorphisé, le Créateur du Ciel et de la Terre, lorsqu’il est séparé des Légions collectives de ses Co-créateurs, qu’il représente et synthétise pour ainsi dire. C’est actuellement le Dieu des Théologies. « Le désir est le père de la pensée ». Ce qui avait été un symbole philosophique laissé jadis pour pervertir l’imagination humaine fut transformé, plus tard, en un Dieu hostile, trompeur, rusé et jaloux.

  

Comme on parle des Dragons et des autres Anges Déchus quelques mots suffiront ici au sujet du Satan dont on a tant médit. L’étudiant fera bien de se souvenir que, chez tous les peuples, à l’exception des nations chrétiennes, le Diable n’est pas considéré jusqu’à présent comme une entité qui soit pire que son aspect opposé, dans la double nature du prétendu Créateur. Ce n’est que naturel. On ne peut représenter Dieu comme la synthèse de l’Univers entier, comme Omniprésent, Omniscient et Infini, et le séparer du Mal. Comme il y a beaucoup plus de mal que de Bien dans le monde, il s’ensuit, logiquement, que Dieu doit inclure le Mal ou en représenter la cause directe, sous peine de renoncer à ses prétentions à l’Absolu. Les Anciens le comprenaient si bien que leurs philosophes, imités maintenant par les cabalistes, définissaient le Mal comme la « doublure » de Dieu ou du Bien, car Demon est Deus inversus est un très vieil adage. En effet, le Mal n’est qu’une force antagoniste aveugle de la Nature : c’est la réaction, l’opposition et le contraste ; c’est le mal pour les uns et le bien pour les autres. Il n’y a pas de malum in se (mal absolu) ; il n’y a que l’Ombre de la Lumière, sans laquelle celle-ci ne pourrait exister, même pour nos perceptions. Si le Mal disparaissait, le Bien disparaîtrait en même temps que lui de la Terre. Le « Vieux Dragon » était pur Esprit, avant de devenir Matière ; passif avant de devenir actif. Dans la Magie Syro-Chaldéenne, Ophis et Ophiomorphos sont réunis, dans le Zodiaque, dans le signe de l’Androgyne Vierge-Scorpion. Avant sa chute sur la Terre, le « Serpent » était Ophis-Christos, et après sa chute il devint Ophiomorphos-Chrestos. Les théories des Cabalistes représentent partout le Mal comme une Force qui est antagoniste mais, en même temps essentielle au bien, comme lui conférant vitalité et existence qu’il ne pourrait jamais avoir autrement. Il n’y aurait pas de Vie possible (dans le sens mâyâvique) sans la Mort ; pas de régénération et de construction sans destruction. Les plantes périraient si elles étaient sans cesse au soleil, et il en serait de même de l’homme, qui deviendrait un automate sans le jeu de son libre arbitre et de son aspiration vers cette lumière solaire qui perdrait son être et sa valeur pour lui s’il n’avait eu que la lumière. Le bien n’est infini et éternel que dans ce qui nous est éternellement caché, et c’est pourquoi nous l’imaginons éternel. Sur les plans manifestés, l’un fait équilibre à l’autre. Bien rares sont les Théistes, croyant à un Dieu Personnel, qui ne font pas de Satan l’ombre de Dieu ; ou qui, les confondant tous deux, ne croient pas avoir le droit d’invoquer leur idole pour solliciter son aide et sa protection, dans le but d’accomplir impunément leurs actions mauvaises et cruelles. « Ne nous induits pas en tentation » est une prière adressée tous les jours à « notre Père dans les Cieux » et non pas au Diable, par des millions de cœurs chrétiens. Ils le font en répétant les paroles mêmes que l’on attribue à leur Sauveur, sans songer un seul instant que Jacques « le frère du Seigneur » contredit formellement cette façon de s’exprimer :

  

« Que nul, lorsqu’il est tenté, ne dise : Je suis tenté par Dieu ; car Dieu ne peut ni être tenté par le mal ni tenter aucun homme ».

  

Pourquoi dire alors que c’est le Diable qui nous tente, lorsque l’Eglise nous enseigne par l’autorité du Christ, que c’est Dieu qui le fait ? Ouvrez n’importe quel livre pieux où le mot « tentation » soit défini dans son sens théologique et vous trouverez aussitôt deux définitions :

  

1) Les chagrins et les soucis au moyen desquels Dieu éprouve son peuple.

 

2) Les moyens et les séductions dont le Diable se sert pour prendre les hommes au piège et les attirer.

  

Pris littéralement, les enseignements du Christ et ceux de Jacques se contredisent ; et quel est le dogme qui puisse les concilier, si l’on repousse l’interprétation occulte ?

  

Parmi ces tentations alternantes, bien avisé sera le philosophe qui pourra décider à quel moment Dieu disparaît pour faire place au Diable ! Aussi lorsque nous lisons que « le Diable est un menteur, et le père du mensonge », c’est-à-dire un mensonge incarné, et que l’on nous dit en même temps que Satan, le Diable, était un Fils de Dieu et le plus beau de ses Archanges, nous préférons, plutôt que de croire que le Père et le Fils sont la personnification d’un gigantesque et éternel mensonge, nous adresser au Panthéisme et à la philosophie Païenne pour être renseignés.

 

 

 

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Puisque la clef de la Genèse est en notre possession, la Cabale scientifique et symbolique nous dévoile le secret. Le Grand Serpent du Jardin d’Eden et le « Seigneur Dieu » sont identiques, ainsi que Jéhovah et Caïn – ce Caïn dont la Théologie parle comme d’un « meurtrier » et d’un menteur à Dieu ! Jéhovah pousse le roi d’Israël à dénombrer le peuple, et ailleurs Satan le pousse à faire de même. Jéhovah se change en Serpents Ardents pour mordre ceux qui lui déplaisent, et Jéhovah anime le Serpent d’Airain qui les guérit.

  

Ces récits, courts et en apparence contradictoires, que l’on trouve dans l’Ancien Testament – contradictoires parce que les deux pouvoirs sont séparés, au lieu d’être considérés comme les deux aspects de la même chose – sont les échos, déformés par l’exotérisme et la théologie – au point de n’être plus reconnaissables – des dogmes universels et philosophiques de la Nature, que les anciens Sages comprenaient si bien. Nous retrouvons le même fond sous plusieurs personnifications des Pourânas, mais il y est bien plus ample et bien plus philosophiquement suggestif.

  

Par exemple, Poulastya, un « Fils de Dieu », l’un des premiers descendants, est représenté comme le premier père des Démons, les Râkshasas, les tentateurs et les dévoreurs des hommes. Pishâchâ, un démon féminin, est une fille de Daksha, lui aussi « Fils de Dieu » ; elle est encore un Dieu et la mère de tous les Pishâchâs. Ceux que l’on appelle des Démons dans les Pourânas, sont des Diables très extraordinaires lorsqu’on les juge au point de vue des idées européennes et orthodoxes, puisque tous, Dâvanas, Daityas, Pishâchas et Râkshasas, sont représentés comme extrêmement pieux, se conformant aux préceptes des Védas et quelques-uns, même, comme de grands Yogis. Mais ils sont opposés au clergé, au rituel, aux sacrifices et aux formules, ce que les principaux Yogis font précisément jusqu’à nos jours en Inde, sans être moins respectés pour cela, bien qu’il ne leur soit permis d’appartenir ni à une caste, ni à un rite ; et voilà pourquoi tous ces Géants et Titans pourâniques sont appelés des Diables. Les missionnaires, toujours à l’affût pour chercher à prouver, autant que possible, que les traditions hindoues ne sont que le reflet de la Bible juive, ont combiné tout un roman sur la prétendue identité de Poulastya et de Caïn et sur celle des Râkshasas et des Caïnites, les « Maudits » qui furent cause du « Déluge de Noé ». Poulastya habite Kedara, dont le nom signifie « un emplacement creusé », une mine, et la tradition ainsi que la Bible nous montrent Caïn comme le premier qui ai travaillé les métaux et les ait extraits !

  

S’il est très possible que les Gibborin ou Géants de la Bible sont les Râkshasas des Hindous, il est encore plus certain que tous les deux sont des Atlantéens et appartiennent aux races submergées. Quoi qu’il en soit, nul Satan n’aurait pu mettre plus de persistance à déprécier ses ennemis ou se montrer plus méprisant dans sa haine que ne le font les Théologiens chrétiens en le maudissant, lui Satan, comme le père de tous les maux. Comparez leurs vitupérations et leurs opinions sur le Diable aux idées philosophiques des Sages Pourâniques et à leur mansuétude semblable à celle du Christ. Lorsque Parâshara, dont le père fut dévoré par un Râkshasa, se préparait à détruire la race entière par des artifices magiques, son grand-père, Vasishtha, après avoir prouvé au Sage irrité, par son propre aveu, que le Mal et karma existent, mais que les « Esprits malfaisants » n’existent pas, prononce les suggestives paroles suivantes :

  

« Que ta colère s’apaise ; les Râkshasas ne sont pas coupables ; la mort de ton père fut l’œuvre de la destinée [Karma]. La colère est la passion des insensés ; elle ne sied pas à l’homme sage. Par qui, peut-on demander, quelqu’un est-il tué ? Chaque homme recueille les conséquences de ses propres actes. La colère, mon fils, est la destruction de tous ce qu’un homme obtient… et empêche d’atteindre… l’émancipation. Les… sages fuient la colère ; ne sois pas, mon enfant, sujet à son influence. Ne permets plus qu’aucun de ces inoffensifs esprits des ténèbres soit consumé ; (que ton sacrifice cesse). La miséricorde est la puissance des bons ».

  

Tout « sacrifice » de ce genre, ou toute prière adressée à Dieu pour obtenir son assistance, n’est donc pas autre chose qu’un acte de magie noire. Ce que Parâshara demandait dans sa prière, c’était la destruction des Esprits des Ténèbres, pour sa vengeance personnelle. On le traite de Païen, et les Chrétiens l’ont condamné comme tel à l’enfer éternel. Pourtant, en quoi la prière que font les souverains et les généraux avant chaque bataille, dans le but d’obtenir la destruction de leur ennemi, est-elle meilleure ? Une pareille prière est toujours un acte de magie noire de la pire espèce, dissimulé comme est le démon « M. Hyde » sous l’aspect de l’excellent « docteur Jekyll ».

  

Dans la nature humaine, le mal n’indique que la polarité de la Matière et de l’Esprit, une lutte pour la vie entre les deux Principes manifestés dans l’Espace et le Temps, Principes qui n’en font qu’un per se, puisqu’ils ont leur racine dans l’Absolu. Dans le Cosmos, l’équilibre doit être maintenu. Les opérations des deux contraires produisent l’harmonie, comme les forces centripètes et centrifuge qui, dépendant mutuellement l’une de l’autre, sont nécessaires l’une à l’autre « pour que toutes deux puissent vivre ». Si l’une était arrêtée, l’action de l’autre deviendrait immédiatement soi-destructive.

  

 

 

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Puisque la personnification appelée Satan a été analysée en détail sous son triple aspect dans l’Ancien Testament, dans la Théologie chrétienne et dans l’antique manière de penser des Gentils. C’est pour une très bonne raison que nous avons effleuré ici le sujet et essayé de donner quelques explications nouvelles. Avant de pouvoir en arriver à l’évolution de l’homme physique et divin, il faut d’abord que nous ayons une idée bien nette de l’évolution cyclique, que nous nous mettions au courant des philosophies et des croyances des quatre Races qui précédèrent notre Race actuelle et que nous sachions ce qu’étaient les idées de ces Titans et de ces Géants – de vrais Géants, au point de vue mental comme au point de vue physique.. L’antiquité tout entière était imbue de cette philosophie qui enseigne l’involution de l’esprit dans la matière, la descente cyclique progressive ou évolution active et soi-consciente. Les Gnostiques Alexandrins ont suffisamment divulgué les secrets des Initiations et leurs annales regorgent de « chutes des Eons » dans leur double qualité d’Etres Angéliques et de Périodes ; les uns étant l’évolution naturelle des autres. D’autre part, les traditions Orientales des deux côtés des « Eaux Noires », les océans qui séparent les deux Orients sont également pleines d’allégories au sujet de la chute du Plérôme ou de celle des Dieux et des Dévas. Toutes ont représenté la CHUTE comme étant l’allégorie du désir d’apprendre et d’acquérir du savoir, de connaître. La conséquence naturelle de l’évolution mentale, c’est que le Spirituel se transmue en Matériel ou Physique. La même loi de descente dans la matérialité et de remontée vers la spiritualité s’affirma durant l’ère chrétienne.

  

L’allégorie qui était présentée dans Pymandre, il y a peut-être dix mille ans, en vue d’une triple interprétation et pour servir de mémento d’un fait astronomique, anthropologique et même alchimique, c’est-à-dire l’allégorie des Sept Recteurs traversant les Sept Cercles de Feu, fut rapetissée en une interprétation matérielle et anthropomorphique – la Rébellion et la Chute des Anges. Le récit si varié et si profondément philosophique, sous sa forme poétique du « Mariage du Ciel et de la Terre », de l’amour de la Nature pour la Forme Divine, et « l’Homme Céleste » ravi par sa propre beauté réfléchie dans la Nature, c’est-à-dire l’Esprit attiré dans la Matière, est devenu maintenant, par le traitement des théologiens, « les Sept Recteurs désobéissants à Jéhovah, l’admiration de soi générant l’Orgueil Satanique qui fut suivi de leur Chute, car Jéhovah ne permettait qu’on gaspillât aucun culte sauf pour lui ». En un mot, les beaux Anges Planétaires, les glorieux Eons Cycliques des Anciens ont été synthétisés, dans leur forme la plus orthodoxe, en Samaël, le Chef des Démons dans le Talmud, « ce Grand Serpent aux douze ailes qui entraîne avec lui dans sa Chute le Système Solaire ou les Titans ». Mais Schémal – l’alter ego et le type Sabéen de Samaël – signifiait, sous son aspect philosophique et ésotérique, « l’Année » sous son mauvais aspect astrologique, avec ses douze mois, ou « ailes », de maux inévitables dans la Nature. Dans la Théogonie Esotérique, Schémal et Samaël représentaient une divinité particulière. Pour les Cabalistes, ils sont « l’Esprit de la Terre », le Dieu Personnel qui la gouverne et, par conséquent, de facto, identique à Jéhovah. Les Talmudistes eux-mêmes admettent, en effet, que Samaël est un nom divin de l’un des sept Elohim. Les Cabalistes représentent en outre Schémal et Samaël comme étant, tous deux, une forme symbolique de Saturne-Cronos ; les « douze ailes » représentant les douze mois, et le symbole, dans sa collectivité, indiquant le cycle d’une race. En tant que glyphes, Jéhovah et Saturne sont aussi identiques.

    

 

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Cela conduit ensuite à une déduction très curieuse tirée d’un dogme Catholique Romain. Beaucoup d’écrivains renommés, appartenant à l’Eglise Latine, admettent qu’une différence existe et doit être établie, entre les Titans Uraniens, les Géants antédiluviens qui furent aussi des Titans, et ces Géants post-diluviens dans lesquels les Catholiques Romains persistent à voir les descendants du Cham mythique. Pour parler plus clairement, il y a une différence à établir entre les Forces Cosmiques contraires primordiales, guidées par la loi cyclique, les Géants humains Atlantéens et les grands Adeptes post-diluviens, qu’ils fussent de droite ou de gauche. En même temps ces auteurs démontrent que Michel « le généralissime des Légions de Combattants Célestes, le garde du corps de Jéhovah » pour ainsi dire selon de Mirville, est aussi un Titan mais seulement avec l’adjectif « divin » avant son nom. De sorte que ces « Uranides » qui sont partout appelés des « Titans divins » - qui, s’étant révoltés contre Cronos, ou Saturne, sont par conséquent représentés aussi comme étant les ennemis de Samaël, lui-même un des Elohim et synonyme de Jéhovah dans sa collectivité – sont identiques à Michel et à sa légion. En un mot, les rôles sont renversés, tous les combattants sont confondus et aucun étudiant ne peut les distinguer clairement entre eux. L’explication ésotérique peut cependant mettre un peu d’ordre dans cette confusion, au milieu de laquelle Jéhovah devient Saturne, et Michel avec son Armée devient Satan avec ses Anges Rebelles, grâce aux efforts indiscrets de fidèles trop zélés, pour transformer chaque dieu païen en un diable. La véritable signification est beaucoup plus philosophique et la légende de la première « Chute » des Anges prend un aspect scientifique lorsqu’elle est correctement comprise.

 

Cronos représente la Durée sans fin et, par conséquent, immuable, sans commencement, sans fin, au-delà du Temps divisé et au-delà de l’Espace. Les Anges, Génies ou Dévas qui naquirent pour agir dans l’espace et le temps, c’est-à-dire pour traverser les sept cercles des plans super-spirituels et entrer dans les régions phénoménales ou circonscrites super-terrestres, sont allégoriquement représentés comme s’étant révoltés contre Cronos et comme ayant combattu « le Lion », qui était alors l’unique Dieu vivant, suprême. Lorsque Cronos à son tour est représenté comme mutilant Uranus, son père, la signification de cette mutilation (allégorie) est très simple. Le Temps Absolu est représenté comme devenant fini et conditionné ; une partie est dérobée au tout, indiquant ainsi que Saturne, Père des Dieux, a été transformé de l’Eternelle Durée en une Période limitée. Cronos, avec sa faux, coupe jusqu’aux cycles les plus longs, qui nous paraissent interminables et qui, néanmoins, sont limités dans l’Eternité et, avec la même faux, détruit les rebelles les plus puissants. Pas un n’échappera à la faux du Temps ! Qu’on loue Dieu ou les Dieux, ou qu’on les raille, cette faux ne tremblera pas durant la millionième partie d’une seconde dans sa course ascendante et descendante.

  

 

 

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Les Titans de la Théogonie d’Hésiode furent copiés en Grèce sur les Souras et les Asouras de l’Inde. Ces Titans d’Hésiode, les Uranides, étaient jadis représentés comme n’étant qu’au nombre de six, mais grâce à un vieux fragment de manuscrit traitant du mythe grec, on a découvert qu’il y en avait sept et que le septième se nommait Phoreg. Cela démontre absolument leur identité avec les Sept Recteurs. L’origine de la « Guerre dans le Ciel » et de la Chute, doit, selon nous, être certainement attribuée à l’Inde et doit peut-être remonter à une période bien antérieure aux récits qu’en font les Pourânas. La Târakâmaya était en effet postérieure et l’on a la description de trois Guerres distinctes dans presque toutes les Cosmogonies.

 

La première guerre eut lieu dans la nuit des temps, entre les Dieux et les (A) souras et dura toute une Année Divine. En cette circonstance les Divinités furent vaincues par les Daityas, conduits par Hrâda. Mais ensuite, grâce à une ruse de Vishnou, à qui les Dieux vaincus demandèrent du secours, ceux-ci mirent les Asouras en déroute. Dans la Vishnou Pourâna on ne trouve aucun intervalle entre les deux guerres. Dans la Doctrine Esotérique, cependant, l’une des guerres a lieu avant la formation du Système Solaire, l’autre, sur la Terre, à la « création » de l’homme et l’on parle d’une « troisième » qui aurait eu lieu à la fin de la Quatrième Race, entre ses Adeptes et ceux de la Cinquième, c’est-à-dire entre les Initiés de « l’Ile Sacrée » et les Sorciers de l’Atlantide. Nous parlerons de la première lutte, telle que la décrit Parâshara et nous tenterons d’établir une distinction entre les deux récits qui sont confondus à dessein.

   

 

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Il y est dit que les Daityas et les Asouras, s’occupant des devoirs de leurs Ordres respectifs (varnas) et suivant la voie prescrite par les Ecritures saintes, s’imposant même des pénitences religieuses – (singulières occupations pour des démons s’ils sont analogues à nos diables, comme on le prétend) – il était impossible aux dieux de les détruire. Les prières adressées à Vishnou par les dieux sont curieuses, en ce qu’elles font ressortir les idées qu’implique une divinité anthropomorphique. Ayant, après leur défaite, fui vers la côte nord de l’Océan atlantique, les dieux vaincus adressèrent de nombreuses supplications « au premier des Etres, le divin Vishnou » et entre autres, la suivante :

 

« Gloire à toi qui ne fais qu’un avec les Saints, dont la nature parfaite est à jamais bénie, et qui traverse sans gêne tous les éléments perméables ! Gloire à toi qui ne fais qu’un avec la race du Serpent à la langue double, impétueux, cruel, insatiable de plaisir et possédant de grandes richesses… Gloire à toi… O Seigneur, qui n’a ni couleur, ni extension, ni corps (ghana), ni aucune qualité universelle et dont l’essence (roûpa), pure entre les pures, ne peut être appréciée par les saints sages (Paramarshis) les plus grands des Sages ou Richis. Nous nous inclinons devant toi, dans la nature de Brahma, incréée, ne se corrompant pas (avyaya) ; devant toi qui es dans nos corps et dans tous les autres corps et dans toutes les créatures vivantes ; et en dehors duquel rien n’existe. Nous glorifions ce Vâsoudeva, le (souverain) Seigneur (de tous), qui est sans domaine, qui est la semence de toutes choses, que la dissolution ne saurait atteindre, qui est incréé et éternel, qui est dans son essence (Paramapadâtmavat) la condition suprême de l’esprit et dans sa substance (roûpa) l’ensemble de cet univers ».

 

Nous citons ce qui précède comme un exemple du champ énorme que les Pourânas offrent aux critiques hostiles et erronées de tous les Européens bigots, qui basent sur de simples apparences extérieures l’opinion qu’ils se font des religions autres que la leur. Tout homme accoutumé à soumettre ce qu’il lit à une analyse intelligente, verra au premier coup d’œil l’incongruité qu’il y a à interpeller « l’Inconnaissable » reconnu, l’Absolu sans formes et sans attributs, ainsi que les Védantins décrivent Brahman, comme « ne faisant qu’un avec la race du Serpent à la langue double, cruel et insatiable » et à associer ainsi l’abstrait avec le concret, en attribuant des adjectifs à ce qui est illimité et sans conditions. Le professeur Wilson lui-même, qui aurait dû savoir mieux après avoir vécu tant d’années aux Indes entouré de Brahmanes et de Pandits, ne laissa pas échapper une seule occasion de critiquer les Ecritures Hindoues sur ce sujet. Il s’écrie notamment :

 

« Les Pourânas enseignent constamment des doctrines incompatibles ! D’après ce passage, l’Etre Suprême n’est pas seulement la cause inerte de la création mais remplit les fonctions d’une providence active. Le commentateur cite un texte du Véda à l’appui de cette manière de voir : ‘L’Ame Universelle entrant dans les hommes, gouverne leur conduite’. Les incongruités sont d’ailleurs aussi fréquentes dans les Védas que dans les Pourânas.

  

 

 

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Moins fréquentes, en vérité, que dans la Bible mosaïque. Mais les préjugés sont grands dans les cœurs de nos Orientalistes, surtout dans ceux de nos érudits « révérends ». L’Ame Universelle n’est pas la Cause inerte de la Création, ou (Para) Brahman, mais simplement ce que nous appelons le Sixième Principe du Cosmos intellectuel sur le plan manifesté de l’être. C’est Mahat ou Mahâbouddhi, la Grande Ame, le véhicule de l’Esprit, la première réflexion primordiale de la Cause sans forme et ce qui est même au-delà de l’Esprit. Voilà pour l’attaque injustifiée du Professeur Wilson contre les Pourânas. Quant à l’appel, en apparence inconvenant, que les Dieux vaincus adressent à Vishnou, l’explication s’en trouverait dans le texte du Vishnou Pourâna si les Orientalistes voulaient y faire attention. La philosophie enseigne qu’il y a Vishnou en qualité de Brahmâ et Vishnou sous ses deux aspects. Il n’y a qu’un Brahman qui est « essentiellement Prakriti et l’Esprit… »

 

Cette ignorance est, en vérité, admirablement exprimée dans les louanges que les Yogins adressent à Brahmâ, le « soutien de la Terre », lorsqu’ils disent :

 

« Ceux qui n’ont pas pratiqué la dévotion se font une idée erronée de la nature du monde. Les ignorants qui ne comprennent pas que cet Univers est de la nature de la Sagesse et ne le jugent que comme un objet de perception, sont plongés dans l’océan de l’ignorance spirituelle. Mais ceux qui connaissent la vraie Sagesse et dont les intelligences sont pures, contemplent ce monde entier comme ne faisant qu’un avec la Connaissance Divine, comme ne faisant qu’un avec toi, ô Dieu ! Sois favorable, ô Esprit universel ».

  

 

 

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Par conséquent ce n’est pas Vishnou, « la cause inerte de la création », qui exerçait les fonctions d’une Providence active, mais l’Ame Universelle, ce qu’Eliphas Lévi appelle, sous son aspect matériel, la Lumière Astrale. Et cette « Ame » est, sous son double aspect d’Esprit et de Matière, le vrai Dieu anthropomorphique des Théistes ; car ce Dieu est une personnification de cet Agent Créateur Universel, à la fois pur et impur, du fait de l’état de sa manifestation et de sa différenciation dans ce Monde Mâyâvique – Dieu et Diable, en vérité. Mais le Professeur Wilson ne sut pas voir combien Vishnou, dans ce rôle, ressemble au Seigneur Dieu d’Israël, « surtout dans ses pratiques de tromperie, de tentation et de ruse ».

 

C’est indiqué aussi clairement que possible dans le Vishnou Pourâna, car il y est dit que : « A la fin de leurs prières (stora) les Dieux virent la divinité souveraine Hari (Vishnou), armée de la cuirasse, du bouclier et de la masse et chevauchant Garouda ».

 

Or, Garouda est le cycle manvantarique. Vishnou est donc la Divinité dans l’Espace et dans le Temps, le Dieu spécial des Vaishnavas. Les Dieux de ce genre sont appelés, dans la Philosophie Esotérique tribaux ou raciaux, c’est-à-dire qu’ils sont un des nombreux Dhyânis, ou Dieux, ou Elohim, dont l’un était ordinairement choisi, pour quelque raison spéciale, par une nation ou une tribu et devenait ainsi, peu à peu, un « Dieu au-dessus de tous les Dieux », le « Dieu très haut » comme Jéhovah, Osiris, Bel ou tout autre des Sept Régents.

 

« L’arbre est connu par ses fruits » ; la nature d’un Dieu par ses actions. Il nous faut juger ces actions, soit en prenant à la lettre les récits qui les décrivent, soit en les acceptant allégoriquement. Si nous comparons entre eux, Vishnou, en sa qualité de défenseur et de champion des dieux vaincus, et Jéhovah, en sa qualité de défenseur et de champion du peuple « élu », ainsi nommé, sans doute, par antiphrase, car c’étaient les Juifs qui avaient choisi ce Dieu « jaloux », nous constaterons que tous deux font appel à la tromperie et à la ruse. Ils agissent ainsi en vertu du principe que « la fin justifie les moyens », afin d’avoir raison de leurs adversaires et ennemis respectifs – les Démons. Ainsi, tandis que, selon les Cabalistes, Jéhovah prend la forme du Serpent tentateur dans le Jardin d’Eden, envoie Satan avec la mission spéciale de tenter Job, harcèle et lasse Pharaon avec Sarah, la femme d’Abraham et « endurcit » le cœur d’un autre Pharaon contre Moïse, afin de ne pas s’enlever l’occasion de frapper ses victimes « de grands fléaux », Vishnou est représenté dans son Pourâna comme ayant recours à une ruse non moins indigne d’un Dieu respectable.

 

Les Dieux vaincus s’adressent à Vishnou dans ces termes :

 

« Aie pitié de nous, ô Seigneur ! Protège-nous, qui sommes venus te demander du secours contre les Daityas (Démons). Ils se sont emparés des trois mondes et se sont appropriés les offrandes qui nous revenaient, en ayant soin de ne pas transgresser les préceptes du Véda. Bien que nous soyons, tout comme eux, des parties de toi… engagés (comme ils le sont)… dans les voies prescrites par l’écriture sainte…, il nous est impossible de les détruire. Toi don de la sagesse est sans bornes (Ameyâtman), indique-nous quelque artifice au moyen duquel nous puissions exterminer les ennemis des Dieux ! »

 

Lorsque le puissant Vishnou entendit leur demande, il fit jaillir de son corps une forme illusoire (Mâyâmoha, le « trompeur par illusion »), qu’il donna aux Dieux en leur disant : « Cette vision trompeuse [Mâyâmoha] trompera complètement les Daityas, de sorte qu’étant détournés de la voie des Védas, ils puissent être mis à mort… Allez donc et ne craignez rien. Que cette vision trompeuse vous précède. Elle vous servira grandement aujourd’hui, ô Dieux ! »

 

Après cela, cette grande illusion [Mâyâmoha] s’étant rendue (sur Terre), vit les Daityas adonnés à des pratiques ascétiques… et s’étant approchée d’eux sous la forme d’un Digambara (mendiant nu) à la tête rasée… Elle leur parla en ces termes, d’un ton doux : « Ah ! seigneurs de la race Daitya, pourquoi pratiquez-vous ces actes de pénitence ? » etc.

 

Finalement, les Daityas furent séduits par les paroles rusées de Mâyâmoha, comme Eve le fut par les conseils du Serpent. Ils renièrent les Védas. Le docteur Muir traduit ainsi ce passage :

 

« Le grand Trompeur, mettant l’illusion en pratique, trompa ensuite d’autres Daityas, au moyen d’hérésies d’un autre genre. En très peu de temps, ces Asouras (Daityas), abusés par le Trompeur (qui était Vishnou) abandonnèrent tout le système basé sur les ordonnances du triple Véda. Quelques-uns insultèrent les Védas ; d’autres les cérémonies du sacrifice et d’autres encore les Brahmanes. Ceci (s’écrièrent-ils) est une doctrine qui ne supportera pas la discussion ; le meurtre (des animaux pour le sacrifice) ne conduit pas au mérite religieux. Dire que des offrandes de beurre, consumées dans le feu, amènent une récompense future, n’est qu’une assertion enfantine… S’il était vrai qu’une bête égorgée en sacrifice fût transportée au Ciel, pourquoi le fidèle n’égorgerait-il pas son père ?… Les paroles infaillibles, Grands Asouras, ne tombent pas des cieux ; il n’y a que les assertions fondées sur le raisonnement qui soient acceptées par moi et par d’autres personnes intelligentes comme vous-mêmes ! C’est ainsi que, par des moyens divers, les Daityas furent bouleversés par le grand Trompeur (la Raison)… Lorsque les Daityas furent entrés sur la voie de l’erreur, les Divinités firent appel à toutes leurs forces et s’approchèrent pour combattre. Il s’ensuivit un combat entre les Dieux et les Asouras, et ces derniers, qui avaient abandonné le droit chemin, furent défaits par les premiers. Dans le passé, ils avaient été sauvegardés par la cuirasse de droiture qu’ils portaient, mais lorsque celle-ci eut été détruite, ils périrent aussi ».

    

 

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Quoi que l’on puisse penser des Hindous, aucun de leurs ennemis ne saurait les considérer comme des insensés. Un peuple dont les Saints et les Sages ont laissé au monde les philosophies les plus grandes et les plus sublimes qui aient jamais émané de l’esprit humain, doit avoir su la différence entre le bien et le mal. Un sauvage lui-même peut distinguer le blanc du noir, le bien du mal et l’illusion de la sincérité et de la véracité. Ceux qui ont raconté cet épisode dans la biographie de leur Dieu, doivent avoir compris que, dans ce cas, c’était ce Dieu-là qui était l’Archi-Trompeur et que c’étaient les Daityas qui « n’avaient jamais transgressé les préceptes des Védas » qui avaient le beau rôle dans l’affaire et qui étaient les vrais « Dieux ». Il doit donc y avoir eu et il y a, en effet, une signification secrète cachée sous cette allégorie. Dans aucune classe de la société, dans aucune nation, la tromperie et la ruse ne sont considérées comme des vertus divines, sauf peut-être dans les milieux cléricaux des Théologiens et du Jésuitisme modernes.

 

Le Vishnou Pourâna, comme tous les autres travaux de ce genre, tomba plus tard entre les mains des Brahmanes des temples et les vieux manuscrits ont sans doute été falsifiés par des sectaires. Mais il fut un temps où les Pourânas étaient des ouvrages ésotériques et ils le sont encore pour les Initiés qui peuvent les lire avec la clef qu’ils possèdent.

 

Quant à savoir si les Brahmanes Initiés donneront jamais la signification complète de ces allégories, c’est une question qui ne regarde pas l’auteur de cet ouvrage. Son but actuel est de démontrer que tout en honorant les pouvoirs créateurs, sous leurs formes multiples, aucun philosophe n’eût pu accepter, ni n’a jamais accepté, l’allégorie telle qu’elle est présentée, sauf, peut-être, quelques philosophes appartenant aux chrétiens actuels « supérieurs et civilisés ». Comme on l’a vu, en effet, Jéhovah n’est nullement supérieur à Vishnou sur le plan moral. C’est pourquoi les Occultistes, et même quelques Cabalistes, qu’ils considèrent ou non ces Forces créatrices comme des Entités vivantes et conscientes – et l’on ne voit pas pourquoi il n’en serait pas ainsi – ne confondront jamais la Cause avec l’Effet, ni ne prendront l’Esprit de la Terre pour Parabrahman ou Aïn Soph. En tout cas ils connaissent bien la vraie nature de ce qui était appelé par les Grecs le Père Ether, Jupiter-Titan, etc. Ils savent que l’âme de la Lumière Astrale est divine et que son Corps – les ondes de Lumière sur les plans inférieurs – est infernal. Cette Lumière est symbolisé dans le Zohar par la « Tête Magique », le Double Visage sur la Double Pyramide ; la Pyramide noire se dressant sur un sol d’une pure blancheur, avec une tête et une Face blanches dans l’intérieur de son noir triangle ; la Pyramide blanche renversée – reflet de la première dans les Eaux sombres – et laissant voir l’image noire de la Face blanche.

 

Telle est la Lumière Astrale, ou DEMON est DEUS INVERSUS.

 

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Orphée - dans Esotérisme & Gnose
1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 18:41

Nidâna et Mâya : Les Grandes Causes de la Misère

 

Les Sept Chemins de Béatitude n’étaient pas (a). Les Grandes Causes de la Misère n’étaient pas, car il n’y avait personne pour les produire, et personne pour tomber dans leur piège (b).

   

a) Il y a « Sept Sentiers » ou « Voies » conduisant à la « Béatitude » de la Non-Existence, qui est l’Etre, l’Existence et la Conscience absolus. Ils n’étaient point, parce que l’Univers était jusqu’alors vide, et n’existait que dans la Pensée Divine.

  

 

 

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b) Car ce sont les douze Nidânas, ou Causes de l’Etre. Chacune est l’effet de la cause antécédente, et, à son tour, la cause de son successeur ; la somme totale des Nidânas est basé sur les Quatre Vérités, doctrine qui caractérise spécialement le système Hînayâna. Elles appartiennent à la théorie qui dit que tout subit le courant de la loi, loi inéluctable qui produit le mérite et le démérite, et finalement met Karma en pleine action. C’est un système basé sur la grande vérité qu’on doit redouter la réincarnation parce que l’existence dans ce monde n’apporte aux hommes que souffrance, misère et douleur ; la mort même étant incapable d’en délivrer les hommes, puisque la mort n’est qu’une porte par laquelle ils passent à une autre vie sur la terre, après un peu de repos sur son seuil, le Dévachan. Le Système Hînayâna, ou Ecole du Petit Véhicule, date de temps très anciens, tandis que le Mahâyâna, ou Ecole du Grand Véhicule, est d’une période plus récente ; il a commencé après la mort de Bouddha. Cependant, les doctrines de cette dernière école sont aussi vieilles que les montagnes qui ont été le siège de pareilles écoles depuis des temps immémoriaux, et, en réalité, l’Ecole Hînayâna et l’Ecole Mahâyâna enseignent toutes les deux la même doctrine. Yâna, ou Véhicule (sanscrit, Vahan) est une expression mystique, les deux « Véhicules » inculquent la doctrine que l’homme peut éviter les souffrances d’une renaissance, et même la fausse béatitude du Dévachan, en obtenant la Sagesse et la Connaissance qui, seules, peuvent dissiper les Fruits de l’Illusion et de l’Ignorance.

  

 

 

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Mâya, ou Illusion, est un élément qui entre dans toutes les choses finies, car tout ce qui existe n’a qu’une réalité relative et non absolue, puisque l’apparence, que le noumène caché revêt pour un observateur donné, dépend du pouvoir de discernement de ce dernier. Pour l’œil non exercé du sauvage, une peinture est d’abord une confusion dépourvue de sens, de lignes et de taches de couleurs, tandis qu’un œil cultivé y voit tout de suite un visage ou un paysage. Rien n’est permanent , à l’exception de l’unique Existence cachée et absolue qui contient elle-même les noumènes de toutes réalités. Les existences appartenant à chaque plan d’être, jusqu’aux Dhyân Chôchans les plus élevés, sont, comparativement, comme les ombres jetées par une lanterne magique sur un écran incolore. Néanmoins, toutes ces choses sont relativement réelles, car l’observateur est, lui aussi, une réflexion, et les choses perçues lui sont donc aussi réelles que lui-même. Pour savoir quelle réalité possèdent les choses, il faut les considérer avant ou après qu’elles ont passé comme un éclair à travers le monde matériel ; car nous ne pouvons pas en connaître directement, tant que nous possédons des instruments, des sens qui n’apportent à notre conscience que les éléments de l’existence matérielle. Sur quelque plan que notre conscience agisse, les choses qui appartiennent à ce plan sont, comme nous-même, pour le moment, nos seules réalités. Mais, à mesure que nous nous élevons sur l’échelle du développement, nous nous apercevons que, dans les étapes par lesquelles nous avons passé, nous avons pris des ombres pour des réalités, et que le progrès ascendant de l’Ego est une série d’éveils progressifs, chaque pas en avant apportant avec lui l’idée que maintenant nous avons, enfin, atteint la « réalité » ; mais ce n’est seulement que lorsque nous aurons atteint la Conscience absolue et fusionné la nôtre en elle, que nous serons délivrés des illusions produites par Mâya.

 

Les causes de l’Existence : Etre et Non-Etre

 

 

Les causes de l’Existence (a) avaient été éliminées. Le Visible qui avait été, et l’Invisible qui est, se reposaient dans le Non-Etre Eternel, Etre Unique (b).

  

a) « Les Causes de l’Existence » signifient non seulement les causes physiques connues de la Science, mais les causes métaphysiques, dont la principale est le désir d’exister, produit de Nidâna et de Mâya. Ce désir d’une vie sensible se montre en tout, de l’atome au soleil, et c’est une réflexion de la Pensée Divine projetée dans l’existence objective comme loi qui veut que l’Univers existe. Selon l’enseignement ésotérique, la cause réelle de ce désir supposé et de toute existence reste à jamais cachée, et ses premières émanations sont les abstractions les plus complètes que le mental puisse concevoir. Il nous faut postuler ces abstractions comme cause de cet Univers matériel qui se présente aux sens et à l’intelligence ; elles doivent nécessairement être sous-jacentes aux pouvoirs secondaires et subordonnés de la Nature, que la multitude de tous les âges a anthropomorphisés et adorés comme « Dieu » et « dieux ». Il est impossible de concevoir quoi que ce soit sans une cause ; essayer de le faire serait réduire le mental à zéro. C’est virtuellement l’état dans lequel le mental doit finalement se trouver lorsque nous essayons de remonter la chaîne des causes et des effets ; mais la Science et la Religion se jettent beaucoup plus vite dans cet état qu’il n’est nécessaire, car elles ignorent les abstractions métaphysiques qui sont les seules causes concevables des concrétisations physiques. Ces abstractions deviennent de plus en plus concrètes à mesure qu’elles s’approchent de notre plan d’existence, jusqu’à ce que, finalement, elles deviennent phénoménales, sous forme d’Univers matériel, par un procédé de conversion de métaphysique en physique analogue à celui par lequel la vapeur se condense en eau, et l’eau se congèle en glace.

  

 

 

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b) L’idée de « l’Eternel Non-Etre » qui est « l’Etre Unique » paraîtra un paradoxe à quiconque ne se rappelle pas que nous limitons nos idées d’Etre à notre conscience présente de l’Existence, en faisant un terme spécifique plutôt que générique. Un enfant non encore né, s’il pouvait penser, dans l’acceptation que nous donnons à ce mot, limiterait nécessairement de la même manière sa conception de l’Etre à la vie intra-utérine, - la seule qu’il connaisse, - et s’il cherchait à exprimer à sa conscience l’idée de la vie après la naissance (pour lui, la mort), il arriverait probablement, faute de données de bases et de facultés pour comprendre celles-ci, à exprimer cette vie comme le « Non-Etre qui est l’Etre Réel ». Dans notre cas, l’Etre Unique est le noumène de tous les noumènes que nous savons être sous-jacents à tous les phénomènes et leur donner le peu d’ombre de réalité qu’ils possèdent, mais pour lesquels nous manquons des sens et de l’intelligence nécessaires à leur connaissance. Les atomes impalpables d’or parsemés à travers la substance d’une tonne de quartz aurifiée sont peut-être imperceptibles à l’œil nu du mineur, cependant celui-ci sait que non seulement ils y sont, mais qu’eux seuls donnent à son quartz une valeur appréciable ; et cette relation entre l’or et le quartz ne peut que faiblement esquisser celle qui existe entre le noumène et le phénomène. Mais le mineur sait ce que sera l’or extrait, tandis que le mortel ordinaire ne peut avoir aucune conception de la réalité des choses séparée de la Mâya qui les voile et où elles sont cachées. L’Initié seul, riche de la science acquise par les nombreuses générations de ses devanciers, dirige « l’œil de Dangma » vers l’essence des choses sur lesquelles Mâya ne peut avoir d’influence. C’est ici que les enseignements de la Philosophie ésotérique, dans ses relations avec les Nidânas et les Quatre Vérités, deviennent d’une grande importance, mais ils sont secrets.

 

L’Absolu ne se connaît pas

 

Où était le Silence ? Où se trouvaient les oreilles pour le percevoir ? Non, il n’y avait si Silence ni Son (a) ; rien que le Souffle Eternel qui ne cesse jamais, ne se connaît pas lui-même (b).

  

a) L’idée que les choses peuvent cesser d’exister sans cesser d’être est fondamentale dans la psychologie de l’Orient. Sous cette contradiction apparente de termes, il y a un fait de la Nature, qu’il est plus important de saisir par le mental que d’en discuter les mots. Un exemple vulgaire d’un paradoxe semblable nous est donné dans une combinaison chimique. La question n’est pas encore résolue de savoir si l’hydrogène et l’oxygène cessent d’exister lorsqu’ils se combinent pour former l’eau : les uns disent que, puisqu’on les retrouve lorsque l’eau est décomposée, il faut qu’ils y aient été tout le temps ; d’autres prétendent que, puisqu’ils se transforment à ce moment en quelque chose entièrement différent, il faut qu’ils cessent d’exister, comme tels, pendant ce temps ; mais ni les uns ni les autres n’ont pu former la moindre conception de la condition actuelle d’une chose, qui est devenue autre, et qui, pourtant n’a pas cessé d’être elle-même. Pour l’oxygène et l’hydrogène, l’existence – comme eau – peut être appelée un état de Non-Etre, qui est un « Etre plus réel » que leur existence comme gaz, et cela peut faiblement symboliser la condition de l’Univers lorsqu’il s’endort, ou cesse d’être, durant les Nuits de Brahmâ, - pour se réveiller et réapparaître lorsque l’aurore du nouveau Manvantara le rappelle à ce que nous appelons l’existence.

 

 

b) Le « Souffle » de l’Existence Unique est une expression que l’Esotérisme Archaïque n’emploi qu’en ce qui concerne l’aspect spirituel de la Cosmogonie ; dans les autres cas, elle le remplace par son équivalent sur le plan matériel, le Mouvement. L’Elément Unique Eternel, ou Véhicule contenant l’élément, est l’Espace, l’espace qui est sans dimensions dans tous les sens : avec quoi coexistent la Durée sans Fin, la Matière Primordiale (et par conséquent indestructible), et le Mouvement, - le « Mouvement Perpétuel » Absolu, qui le « Souffle » de l’Elément « Unique ». Ce souffle, comme on l’a vu, ne peut jamais cesser, pas même pendant les Eternités Pralayiques.

  

 

 

Le mandala éternel

 

 

 

Mais le nom de « Souffle de l’Existence Unique » ne s’applique cependant pas à la Cause Une sans Cause, ou « Tout-Etreté », par opposition au « Tout-Etre », qui est Brahmâ ou l’Univers. Brahmâ, le dieu aux quatre faces, qui, après avoir tiré la Terre des eaux, « accomplit la création », - est tenu pour la Cause Instrumentale seulement, ce qui implique clairement qu’on ne le considère pas comme la Cause Idéale. Aucun Orientaliste, jusqu’ici, ne paraît pas avoir complètement compris le sens réel des versets qui traient de la « création » dans les Purânas.  

  

Brahmâ y est la cause des pouvoirs qui doivent être plus tard générés pour l’œuvre de la « création ». Par exemple, dans le Vishnu Purâna, cette partie de la traduction qui dit : « Et de lui procèdent les pouvoirs qui doivent être créés après qu’ils sont devenus la cause réelle », serait peut-être mieux rendue ainsi : « Et de cela procèdent les pouvoirs qui créeront en devenant la cause réelle (sur le plan matériel). » A l’exception de cette Cause Unique (sans Cause) et Idéale, il n’est pas de cause à laquelle on puisse rapporter l’Univers. « Cette cause est le plus parfait des ascètes, et c’est par son pouvoir (par le pouvoir de cette cause), que tout ce qui est créé se développe par la nature qui lui est propre ou inhérente. » Si, « dans le Védânta et le Nyâya, nimitta est la cause efficiente opposée à Upâdâna, la cause matérielle, et dans le Sânkhya, pradhâna implique les fonctions des deux réunies » ; dans la Philosophie Esotérique, qui réconcilie tous ces systèmes et dont la meilleure interprétation est le Védânta telle qu’il est expliqué par les Védântistes Advaïtistes, on ne peut faire de spéculations que sur l’oupâdâna. Ce que les Vaïshnavas (partisans du Visishthadvaïtisme) tiennent pour l’idéal, par opposition au réel, - ou Parabrahman et Ishvara, - ne peut trouver place dans aucune spéculation publiée, puisque cet idéal même est un terme trompeur lorsqu’il s’applique à ce qu’aucune raison humaine, pas même celle d’un Adepte ne peut concevoir.  

 

Se connaître soi-même nécessite que la conscience et la perception soient connues, et ces deux facultés sont limitées par rapport à n’importe quel sujet, sauf Parabrahman. C’est pourquoi l’on dit que « le Souffle Eternel ne se connaît pas ». L’Infini ne peut comprendre le Fini (et vice-versa). Le sans Bornes ne peut avoir de relations avec le Borné et le Conditionné. Dans la donnée Occulte, l’Inconnu et le Moteur Inconnaissable, ou le Soi-Existant c’est l’Essence Divine Absolue. Et du moment que c’est la Conscience Absolue et le Mouvement Absolu, - pour les sens limités de ceux qui essaient de décrire ce qui est indescriptible, - c’est l’inconscience et l’immuabilité. La conscience concrète ne peut être l’attribut de la conscience abstraite, pas plus que le mouillé n’est une qualité inhérente à l’eau, - l’humidité est son propre attribut et la cause de la qualité humide en d’autres choses. Conscience implique limitations et qualifications : quelque chose dont il y ait à être conscient, et quelqu’un pour en être conscient. Mais la Conscience Absolue contient celui qui connaît, la chose connue et la connaissance ; les trois choses sont à la fois en elle et ne font qu’un. Nul n’est conscient que de la partie de sa connaissance qui peut, à un moment donné, être rappelée à son mental ; mais le langage humain est si pauvre que nous n’avons pas de termes pour distinguer la connaissance que nous n’évoquons pas de celle que nous ne pourrions pas rappeler à la mémoire. Oublier est synonyme de ne passe souvenir. Combien plus difficile nous est-il, dès lors, de trouver des termes pour décrire et distinguer les faits métaphysiques abstraits, et leurs différences ! Il ne faut pas oublier, non plus, que nous nommons les choses selon les apparences qu’elles présentent pour nous. Nous appelons la Conscience Absolue « inconscience » parce qu’il nous semble qu’il doit en être nécessairement ainsi ; de même que nous appelons l’Absolu « Obscurité », parce que, à notre compréhension finie, cela semble absolument impénétrable ; mais nous reconnaissons pleinement que notre perception de ces choses ne leur rend pas justice. Nous distinguons involontairement dans notre mental, par exemple, entre la Conscience Absolue inconsciente, et l’Inconscience, en donnant secrètement à la première une certaine qualité indéterminée qui correspond, sur un plan plus élevé que celui que nos pensées peuvent atteindre avec ce que nous connaissons comme la conscience en nous-même. Mais ce n’est pas là un genre de conscience que nous puissions distinguer de ce qui nous apparaît comme inconscience.

 

L’Univers était encore caché dans la Pensée Divine

 

La « Pensée divine » n’implique pas l’idée d’un Penseur Divin. L’Univers, non seulement passé, présent et futur – idée humaine et finie, rendue par une pensée finie – mais l’univers total, le Sat (terme intraduisible), l’Etre Absolu avec le Passé et l’Avenir cristallisés dans un éternel Présent, voilà cette Pensée, réfléchie dans une cause secondaire ou manifestée. Brahman (neutre), comme le Mysterium Magnum de Paracelse, est un mystère absolu pour le mental humain. Brahmâ, le mâle-femelle, aspect et réflexion anthropomorphiques de Brahman est concevable aux perceptions de la foi aveugle quoique rejeté par l’intellect humain parvenu à sa majorité.

  

C’est pourquoi il est dit que pendant le prologue, pour ainsi dire, du drame de la création, ou le commencement de l’évolution cosmique, l’Univers, ou le « Fils », est encore caché « dans la Pensée Divine » qui n’avait pas encore pénétré le « Sein Divin ». Cette idée – qu’on le remarque bien – se trouve à la base et forme l’origine de toutes les allégories au sujet des « Fils de Dieu » nés de vierges immaculées.

  

 

 

Le souffle d'or

 

 

 

Les Transmigrations de l’Ego

 

Pour aider ceux qui n’ont pas lu, ou qui n’ont pas clairement compris dans les écrits théosophiques la doctrine des Chaînes septénaires de Mondes dans le Cosmos Solaire, nous allons donner ici un abrégé de l’enseignement.

  

1. Tout dans l’Univers métaphysique comme dans l’Univers physique, est septénaire. Par conséquent, chaque corps sidéral, chaque planète, visible ou invisible, est supposée avoir six Globes-compagnons. L’évolution de la vie se fait sur ces sept Globes, ou corps, du Premier au Septième, en sept Rondes ou Cycles.

 

 

 

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2. Ces Globes sont formés par un processus que les Occultistes appellent « la renaissance des Chaînes (ou Anneaux) Planétaires ». Lorsque la Septième ou dernière Ronde d’un de ces Anneaux a commencé, le Globe supérieur, ou premier, A, - et avec lui, tous les autres successivement, jusqu’au dernier, - au lieu d’entrer dans une période plus ou moins longue de repos – ou « observations », comme dans les Rondes précédentes, - commence à s’éteindre. La dissolution « planétaire » (Pralaya) s’approche, son heure a sonné ; chaque Globe doit transférer sa vie et son énergie à une autre planète.

  

 

 

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3. Notre Terre étant le représentant visible de ses globes-compagnons supérieurs et invisibles, ses « Seigneurs » ou « Principes », doit exister, comme les autres, durant sept Rondes. Pendant les trois premières, elle se forme et se consolide ; pendant la quatrième, s’installe et se durcit ; pendant les trois dernières, elle revient peu à peu à sa forme éthérique primitive ; elle est, pour ainsi dire, spiritualisée.

  

 

 

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4. Son Humanité ne se développe pleinement que dans sa Quatrième Ronde – la nôtre. Jusqu’à ce Quatrième Cycle de Vie, cette Humanité n’est ainsi appelée que faute d’un meilleur terme. De même que la larve devient chrysalide, puis papillon, l’Homme, ou plutôt ce qui devient plus tard l’Homme, passe à travers toutes les formes et toutes les règles pendant la Première Ronde, et à travers toutes les formes humaines pendant les deux Rondes suivantes. Arrivé sur notre Terre, au commencement de la Quatrième, dans la série actuelle de Races et de Cycles de Vie l’Homme est, pour ainsi dire, la première forme qui y apparaisse, puisqu’il n’est précédé que par les règnes minéral et végétal – et ce dernier doit d’ailleurs continuer à parachever son évolution par l’intermédiaire de l’homme. Pendant les trois Rondes à venir, l’Humanité, comme le Globe sur lequel elle vit, tendra sans cesse à reprendre sa forme primitive, celle d’une collectivité Dhyân Chôhanique. L’Homme, en effet, comme tout autre atome de l’Univers, tend à devenir un Dieu, et ensuite, - Dieu.

  

 

 

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5. Chaque Cycle de Vie sur le Globe D (notre Terre) se compose de sept Races-Racines. Elles commencent par l’éthéré et finissent par le spirituel, sur la double ligne de l’évolution physique et morale – du commencement de notre Ronde Terrestre à sa fin. L’une est une « Ronde Planétaire » allant du Globe A au Globe G, le septième ; l’autre, la « Ronde Globale » ou Terrestre.

 

 

 

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6. La Première Race-Racine, c’est-à-dire les premiers « Hommes » sur la Terre (quelle qu’en fût la forme) étaient les descendants des « Hommes Célestes » correctement nommés, dans la philosophie Indienne, les « Ancêtres Lunaires » ou Pitris, lesquels étaient composés de sept Classes ou Hiérarchies.

 

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Orphée - dans Esotérisme & Gnose
1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 18:01

Les doctrines orphiques

 

Avant d’en venir à l’énumération et à l’analyse des principes sur quoi s’appuient les doctrines dites orphiques et les règles de vie qui en découlent, il faut s’arrêter quelque temps sur un détail d’où naît la fascination. Un détail qui comble l’Imaginaire.

   

Quand il eut été mis en pièces par les Ménades (les raisons de cet attentat seront plus loin explicitées), la tête d’Orphée demeura vive. En elle se condensa tout ce qui avait été lui. En elle perdura son ineffable savoir. Orphée continua à chanter. Nul ne parvint à tarir le flot de cette jubilation qui se répandait comme le vent tombé des étoiles. Orphée, dans le halo de sa douceur irréductible, fut porté par les vagues de l’Egée jusqu’à Lesbos. On lui consacra un sanctuaire où se rendaient des oracles.

 

Sans doute Dionysos, le dieu vénéré par les Thraces, parmi lesquels avait grandi Orphée, prônait-il un retour vers l’état originel. Et peut-être fallait-il passer par les transes bestiales, par la découverte des frémissements d’un horrible plaisir carnassier (plaisir de loup, de renard affamés), pour épuiser le désir humain de braver les interdits. Peut-être par la mania, conduisant à une folie exterminatrice, voulait-on apaiser en soi-même l’inextinguible soif, la curiosité liée au mal-faire (les bêtes sauvages en sont dépourvues). Peut-être Dionysos, du monstrueux dérèglement poussé jusqu’à ses extrêmes, voulait-il faire jaillir la Règle d’or, provoquer une coïncidence avec l’Un éternel, source de délices apaisées ?

 

Le « silence hébété » suivant le terrible vacarme que suscitaient les porteurs de thyrses, suivant le paroxysme aigu des musiques de flûtes (et l’oreille lésée provoquait un vertige), ce « silence hébété » pouvait-il engendrer un choc en retour, tout physiologique, une saturation par l’excessif, conduisant vers la délivrance, l’être étant enfin vidé des poisons qu’il recèle ?

 

Retrouver un « âge d’or » par la voie du monstrueux ? Le risque est trop grand d’une accoutumance au pire. D’une accoutumance à cette drogue qu’est le délire et à ses imageries fabuleuses. D’une telle proposition, Orphée évidemment se détourne. D’un tel exercice que pratiquèrent pendant des siècles les fidèles de ces « sectes » qu’étaient les thiases, et qui se perpétuaient au temps où Socrate s’escrimait en dialogues avec les sophistes, sous les platanes de l’agora d’Athènes.

 

Première affirmation et, d’entrée de jeu, scandaleuse : le corps est un tombeau. Du même coup se trouve renversée la relation des hommes avec leur propre vie. Du même coup on accède à une liberté de manœuvre insoupçonnable. Sortir du corps devient non un désastre, un deuil, une perte irréparable, mais la découverte que commencement et fin coïncident et sont indissociables. Cela jusqu’à ce que, se glissant d’une enveloppe corporelle dans une autre, l’âme, rassasiée d’un tel jeu trompeur, se délivre de son propre mouvement, de sa propre autorité. Et se reconnaisse pour ce qu’elle est : parcelle divine, molécule du grand Corps omniscient, parachevé mais créateur, en perpétuelle osmose avec ce qu’il suscite inlassablement.

 

Orphée devient conducteur de ceux que la Roue des réincarnations tient prisonniers. Il incante, il charme, il rassemble les mots précieux que psalmodient les magiciens d’Egypte et qui sont rassemblés dans le Livre des morts, lequel s’apparente à celui qu’utilise le rituel tibétain, guide des âmes ayant franchi les bornes de ce monde et se trouvant, dans le Bardo Thödol, en présence des plus redoutables forces.

 

 

 

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Les fidèles d’Orphée célébraient les mystères qu’il avait institués et qui fournissaient les indications nécessaires, les « mots de passe » devant désarmer Perséphone. D’après Hérodote (Enquête, 2, 123), « les Grecs ont appris ce savoir-faire des Egyptiens. Les Egyptiens furent les premiers à émettre l’affirmation que l’âme humaine est immortelle, mais qu’au moment où succombe le corps elle pénètre dans le corps de différents animaux. Lorsque l’âme a épuisé le cycle de toutes les créatures peuplant la terre, la mer et l’air, elle s’introduit à nouveau dans une apparence d’homme. » Les preuves irréfutables de ces conceptions qu’on croyait réservées aux philosophes et sages de l’Orient sont restées inscrites sur des feuilles d’or découvertes dans des tombes.

 

Apparaissent – parfois sous forme de dialogues – des fragments de poèmes, remontant au moins au Ve siècle avant J.-C. et certainement d’époque plus ancienne. La plupart des tombes se situent en Italie méridionale, lieu de prédilection du mouvement orphique (Pétélia, Thourioï). La Crète aussi (Eleutherna) apporte un témoignage parfois formulé dans des termes presque identiques.

 

Certaines des feuilles avaient été placées près de la main du mort, d’autres près de sa tête. Celle que l’on exhuma de la tombe de Pétélia avait été roulée dans un cylindre à porter en guise d’amulette. « L’utilité de ces feuilles s’explique nettement par leur contenu : le mort a là des extraits de textes sacrés qui lui disent comment il doit se conduire pendant son passage dans l’autre monde. On lui indique le chemin à prendre et les paroles à prononcer. »

 

Il s’agit de se concilier les divinités infernales en énonçant les raisons qu’elles doivent avoir – prières, conduite pure, foi en une métamorphose attendue et presque due – de bien accueillir l’émigrant venu de la terre.

 

« A gauche de la demeure d’Hadès, tu trouveras une source devant laquelle se dresse un cyprès blanc. De cette source ne t’approche absolument pas. Tu en trouveras une autre qui, elle, vient du lac de Mémoire. Prononce alors ces simples mots : « Je suis enfant de la Terre et du Ciel étoilé. »

 

Sur l’une des feuilles trouvées à Thourioï, la conclusion est celle de l’accès à un état glorieux, que le fidèle savait recéler en lui-même, un état de bonheur absolu :

 

« D’homme, te voilà devenu dieu. Chevreau, tu es tombé dans le lait… »

 

Mystérieuse redécouverte d’un primitif état d’accord, de plénitude, de simplicité oubliée : blancheur du lait si pur, nourriture de qui entre, par une naissance ultime, au sein de la Totalité. « Puisse Osiris t’accorder l’eau fraîche ! » spécifie une formule incluse dans le Livre des morts égyptien.

 

Tout orphique initié et pratiquant les rites qui menaient à la purification avait la certitude d’être tiré hors du cycle des renaissances. Choisir de perpétuer cet état, il n’en était plus question. Le mérite importait-il ? Sans doute n’était-il pas nécessaire d’atteindre à un état de sagesse absolue. La lucidité enfin obtenue tenait lieu de rémission et de passeport.

 

Comme le clame, dans son exultation, Empédocle d’Akragas, se voyant arrivé au terme : « Je vous dis que je suis devenu un dieu immortel, que je ne serai jamais plus un mortel ! »

 

Un des symboles orphiques est la Roue, dont le Bouddha en Inde, au temps même où se répandent en Grande Grèce les doctrines orphiques, dévoile le fonctionnement répétitif, monotone. Comment ne pas penser au mythe de Sisyphe, condamné à hisser au sommet d’une montagne un rocher qui lui échappe et que la pente fait dévaler aussitôt ? De vie en vie, les humains reproduisent leurs propres erreurs, font les mêmes choix ineptes, s’obstinent et s’arc-boutent contre l’évidence.

 

Avec la Roue – comme en contrepartie -, Orphée propose l’Echelle, par où patiemment s’élever et glisser vers l’immatériel. La doctrine de réincarnation, et la libération qui doit s’ensuivre, après la prise de conscience et les rites purificateurs, sont abondamment exposés chez les philosophes et les poètes des Ve et IVe siècles avant J.-C.

 

A la vérité, l’âme, de ses avatars successifs, finit-elle par se lasser ? Le jeu cosmique où elle se trouve incluse malgré elle – de son propre consentement aussi, ou consentement à demi puisqu’elle regimbe et se révolte – n’est pas à sa mesure. Elle, elle aspire aux délices de la paix et, pour Platon, à ces contrées superlativement bienheureuses où règnent les Idées. Si elle désire échapper aux tourments de l’Hadès, l’âme n’a d’autres alternative que l’expiation.

 

On a dit des orphiques qu’ils se sont complus, les premiers, à décrire avec un luxe de détails particulièrement cruels les châtiments qui échoient aux « damnés » (le christianisme ensuite a trouvé là de quoi susciter un effroi qu’il voulait salutaire). Sans doute est-il dit communément que la peur du gendarme est le commencement de la sagesse. La peur tout court engendre-t-elle le meilleur, puisqu’elle gêne le libre choix, qu’elle contraint et non convainc ?

  

 

 

Orphée1                                  La roue de la vie Samasara

 

 

 

Certes Orphée, auquel se référaient les adeptes de la doctrine issue de lui et appelée l’orphisme, ne s’est pas attardé dans de pareilles descriptions. Orphée a simplement donné des règles de vie. C’est elles qu’il convient d’énumérer. Ensuite les appliqueront ceux qui se disent orphiques et dont il faudra suivre la démarche marquée par un prosélytisme gagnant d’abord l’Athènes de Pisistrate, tyran éclairé, puis l’Athènes de Périklès.

 

Comment les mortels peuvent-ils être rendus responsables de fautes qui sont inhérentes à leur nature même ? C’est, répondent les orphiques, qu’ils portent le poids comme du crime de leurs dieux de leurs aïeux, étant nés des Titans qui ont dévoré l’enfant Dionysos.

 

Et comment Oreste peut-il être tenu pour responsable de son crime, lui qui a tué sa propre mère, puisque ce crime lui a été ordonné par Apollon ? se demande Eschyle. « Tu ne tueras point ! » avait ordonné la Bible. Mais ici, l’interdit s’étend à tout ce qui respire, à ce qui peut être accablé par la souffrance. Le « Tu ne tueras point » englobe les créatures peuplant la terre, mystérieusement diverses, d’une beauté souvent éblouissante, dont la proximité déconcerte et souvent effraie les humains, à savoir les bêtes sauvages. Et bien entendu les bêtes dites domestiques.

 

Dans ses Lois, Platon mentionne « ces communautés où l’on ne goûtait pas la chair des bœufs et où jamais les animaux n’étaient sur les autels sacrifiés ». Cette règle majeure contrastait fortement avec les diverses obligations sociales et morales édictées à l’âge archaïque et à l’époque classique. Il s’agissait là d’une conversion profonde, venue du cœur. D’une attitude remettant en cause la conduite à tenir dans toutes les circonstances. Orphée préconise déjà la « non-violence ».

 

Euripide, dans un fragment des Crétois, une tragédie perdue, fournit quelques détails précieux : « Portant un vêtement tout blanc, je m’écarte des naissances humaines, j’évite tout contact avec les cercueils renfermant des morts, et je me refuse à manger une nourriture qui a été vivante. »

 

Il semble que soient rassemblées là les recommandations essentielles. Ne pas manger de chair animale, c’est se défendre par là, au premier chef, d’une tentation d’anthropophagie toujours latente et qui fut dénoncée encore au siège de Potidée, après 432, Alcibiade et Socrate participant ensemble aux opérations militaires.

 

Pas de différence de nature entre tout ce qui vit. L’animal reste aussi intouchable qu’un jeune enfant dont la succulence pourrait éveiller – a déjà éveillé – des convoitises. D’autre part, le concept de la transmigration des âmes interdit de consommer ce qui fut sûrement un humain, à quelques années ou à des siècles de là. Thèse officielle justifiant la prohibition.

 

Disons encore que le prédateur, dont nous portons en nous les instincts (il suffit de considérer l’exaltation malsaine où l’exercice de la tuerie met les chasseurs, le plus souvent braves gens dans le quotidien, et devenus dangereux pour leurs semblables dont ils feraient, s’ils deviennent des gêneurs, bon marché), ce prédateur-là perdure, menaçant notre équilibre même. Manger de la chair réveille, attise chez l’homme ce qu’il n’a pas intérêt (la guerre, d’où vient-elle, sinon de là) à entretenir dans son économie physique toujours si trouble.

 

Les orphiques savourent les légumes, l’orge, le blé, les olives, le miel, les fruits, les baies, mais ils s’abstiennent de poissons et d’œufs. Du lait, de ce délectable manger que constitue pour un Grec le fromage de chèvre, il n’est nulle part question. Venu de l’animal et lié à la génération maudite, puisque sans fécondation et sans naissance, le lait n’existe pas – ce sont probablement des nourritures défendues. Quant à la laine, dont nul n’a le droit de se vêtir sans souillure, elle est aussi rejetée. Certes, elle appartient à la brebis, elle la couvre comme la chevelure (et la barbe pour les hommes) protège la tête des humains. Mais il est singulier (l’émanation même de la bête étant redoutable ?) que la brebis soit considérée comme lésée, puisque la tonte est pour elle un soulagement à l’époque de la canicule.

 

Quoi qu’il en soit, l’adepte est tenu de se vêtir uniquement de lin (ce lin venu de Colchide et d’Egypte, d’après Hérodote, et dont on fait les bandelettes enveloppant les morts). La couleur par excellence est le blanc pur. Couleur (ou plutôt absence de couleur, comme l’est la lumière) si chère aux Egyptiens. S’en vêtir demande, pour ne point se souiller, de continuelles précautions. Comment cultiver la terre, traire les chèvres, bâtir une maison et cheminer sur les routes dans cette tenue rituelle ?

 

Autre interdit rapporté par Euripide : ne s’approcher ni des femmes en couches ni des morts. Source de contamination. Mais qui alors, se demande-t-on, était autorisé à secourir parturientes et moribonds, éminemment en détresse les uns et les autres ?

 

Ici s’arrête la liste des prohibitions, si multiples et parfois si déconcertantes chez les pythagoriciens, continuateurs avérés des orphiques, et leurs contemporains. Des prières, des cérémonies d’initiation aux mystères orphiques, on ne connaît guère le contenu, sinon dans la mesure où ils s’apparentaient de fort près à ceux de Dionysos, au cours desquels était rappelée et sans doute minée « la passion » du dieu-enfant. Des tardifs Hymnes orphiques, on fera la présentation et l’analyse.

 

Revenant sur ce qui causa le plus de scandale en Grèce (et néanmoins Athènes accueillait, à cause de ses esclaves, nombre de cultes venus d’Asie Mineure, le plus souvent célébrés au Pirée), à savoir l’interdit concernant le sacrifice des bêtes, on peut en conclure que cet interdit fut cause de la mort d’Orphée.

 

De cette mort, plusieurs versions nous sont parvenues. La religion officielle, dont l’assise tenait toute aux offrandes (hécatombes de bœufs surtout, de brebis, de chèvres à Delphes particulièrement, dans les grandes circonstances, où le sang ruisselait), ne pouvait admettre telle abstinence. On festoyait ensuite longuement des chairs rôties sur place ou emportées dans les maisons. La fête remplissait son rôle double : honorer les dieux et remplir la panse des fidèles.

 

 

 

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Orphée, quand Athènes n’avait encore ni métèques ni abondance d’esclaves, avait joué son rôle de réformateur, comme le fit en Perse Zarathushtra. D’où pouvait venir ce défi porté aux convoitises premières du corps ? De l’Inde où, à présent encore, depuis des millénaires, on pratique un religieux respect de toute créature vivante. De l’Inde, par l’entremise de peuples nomadisant sans cesse à travers le plateau d’Iran, par les caravanes suivant le cours de l’Euphrate qui se jette dans le golfe Persique qu’empruntent les navires indiens, ou suivant la route royale de Suse à Sardes, qui avait 2700 kilomètres de long et que parcouraient en sept jours les courriers du Grand Roi.

 

A propos de Dionysos, un rapprochement s’est déjà imposé avec le dieu Shiva, certains considérant que Dionysos a mêmes attributs et possiblement même origine indienne. Dans des contrées étrangères mais plus proches a eu lieu cette réforme voulue par Orphée, à savoir en Perse. Zarathushtra (le Zoroastre des Grecs, 660-583 avant J.-C.) dut affermir encore dans leur position intransigeante les orphiques.

 

Ce Zarathushtra, originaire du nord-est de l’Iran, naît dans une famille sacerdotale (ou princière). Prêtre et officiant, il sait par cœur les dix mille strophes que compte son « hymnaire ». Pris par cet « enthousiasmos » dont les Grecs sont coutumiers et qu’ils attribuent à Dionysos, il honore avec passion les divinités non anthropomorphes : le Ciel, le Soleil, la Lune, l’Eau, le Feu, les Vents et en premier lieu le Dieu ailé, Ahura Mazda, le Seigneur par excellence.

 

Considéré plus tard par les Grecs comme le « chef des mages », Zarathushtra en réalité s’oppose à ces derniers qu’il accuse de verser dans la sorcellerie. Il instaure un nouveau mode de célébration religieuse, les dieux étant en rivalité continuelle, deva et asura rappelant les combats entre dieux grecs et Titans, entre le Bien et le Mal. Sont par Zarathushtra exclus – grâce à l’appui d’un souverain nommé Vishtâspa que le réformateur convertit et qui le protège des persécutions nombreuses – tous les sacrifices sanglants traditionnellement en usage. Boucs, brebis, taureaux, chevaux et même jadis des victimes humaines, étaient immolés pour honorer les Invisibles.

 

 

 

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En place des scènes de boucherie rituelles, Zarathushtra prône les libations de lait, de beurre, l’offrande de grains jetés dans le feu qui est le purificateur par excellence. Enfin, il consomme le Haoma, tiré d’une plante dont le jus fermente, comme le font les dieux et qui est boisson d’immortalité.

 

Avec le souverain Vishtâspa, le prophète partage les drâonô, hosties rondes faites de pain azyme, et le vin consacré (un rapprochement s’impose, qui nous surprend, avec le rituel chrétien).

 

C’est à pareil commandements, inopportuns, qu’Orphée dut d’être mis en pièces par les Ménades. Parmi les versions de sa mort, beaucoup opinent en faveur d’une vengeance des femmes thraces qui accusaient Orphée de détourner d’elles leurs maris accourus pour recevoir l’enseignement et se laisser aller au bonheur d’une musique qui les rendait plus pacifiques donc plus heureux.

 

A propos d’Apollon, contrairement à Dionysos, et à beaucoup d’autres dieux, n’a jamais été célébré par des mystères. Pour Apollon, pour Phoïbos le Lumineux, nulle initiation n’est convenable. Il profère, par la bouche de ses élus, ce qui doit éclairer les hommes et les guérir.

 

En l’occurrence, qui fut victime d’une antinomie nécessaire entre le ténébreux Dionysos et l’Apollon solaire ? Qui s’aliéna Dionysos en proscrivant tout sacrifice animal, et à plus forte raison ces sauvages déchirements de bêtes vives que les Ménades, en état de possession, consommaient avec une avidité pour nous intolérable ?

 

L’instigateur du meurtre fut évidemment Dionysos. Orphée outrepassait ses droits. Les humains n’ont jamais à faire la leçon aux dieux. Dernières considérations que suggère la pauvreté des détails concernant le mode de vie orphique, par rapport à ce que surent développer, avec une profusion d’activités dans tous les domaines, les pythagoriciens, héritiers directs d’Orphée.

  

 

 

Master Universe by ANTIFAN REAL 

 

 

Pythagore a fondé sur la musique tout un système de découvertes progressives, concernant le monde, son approche étant à la fois scientifique et mystique. Il est étrange que nul n’incite les adeptes de l’orphisme à pratiquer l’art par excellence, l’art qui aide à une désincarnation, c’est-à-dire la musique. Le chant non plus n’est pas mentionné, le chant et son emprise, le chant incantatoire, que l’on retrouve dans certaines liturgies, la liturgie orthodoxe par exemple où chant et psalmodie tiennent une place prépondérante, et la liturgie de rite grec catholique, comme elle est encore d’usage à Saint-Julien-le-Pauvre, à Paris, dans la tradition de saint Jean Chrysostome (Bouche d’or, né vers 345 après J.-C.).

 

Pourtant on cite des noms, ceux de Grecs d’Occident tels que Zopyros d’Hérakléia, Orphée de Crotone, Orphée de Camarina, sans doute rhapsodes et célébrant les dieux et les mythes de la théogonie orphique.

 

Si l’on examine le vigoureux essor donné par Pythagore à ce centre d’expérimentations multiples qu’était son hétairie, l’adepte de l’orphisme apparaît comme défavorisé. En premier lieu, il n’est pas question d’un mouvement structuré, reposant sur une communauté régie par une discipline et des préceptes clairs. Chaque fidèle d’Orphée assumait seul, semble-t-il, la responsabilité de sa démarche et de sa vie intérieure. A coup sûr, la célébration des mystères était l’occasion de rencontres attisant la ferveur. Mais de la possibilité de discussions quotidiennes fructueuses, des retraites nécessaires au mûrissement lent de l’être, il n’est nulle part fait mention. Alors qu’ils sont la base même du mouvement créé par Pythagore.

 

C’est sur la musique que tout a reposé des découvertes faites, de manière tout empirique et avec une magnifique hardiesse dans les intuitions, par le maître de Crotone. Cela à l’aube d’une quête scientifique que déjà les « physiologues ioniens » avaient entreprise ou menaient à bien. La vie des membres permanents de l’hétairie (environ trois cents) était chaleureuse, les relations très fraternelles. Ceux qui venaient là du dehors pour s’instruire, dans quelque matière par eux choisie (géométrie, mathématiques, astronomie, médecine, physiologie, musicologie), s’en retournaient chaque soir. Des prières, des célébrations collectives, permettaient d’honorer Apollon, le dispensateur de la lumière et donc de toute vie.

 

 

 

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Fascinant personnage du maître, dont on ne se détache qu’à regret, et dont l’apport reste lié au Nombre, à l’Harmonie universelle et à l’Unité des structures se répétant à travers leurs manifestations multiples. L’examen des rapports musicaux entre la quarte, la quinte et l’octave permet à Pythagore d’établir la base des mathématiques. Mais avant toute chose, il soutient que la musique a le pouvoir de guérir les maux de l’âme. C’est donc bien à Orphée qu’il se réfère.

 

Comme tout mouvement novateur, réformateur, l’orphisme provoque réticences et scandale. Solon avait proclamé, au VIe siècle, la liberté d’association, donc de religion, à condition que ne fussent pas violées les lois de l’Etat. Or les fidèles d’Orphée les violent, comme les pythagoriciens, en stigmatisant les sacrifices sanglants. Parce que les exploits des héros guerriers, tant prisés par les générations successives, modèles pour la jeunesse grecque, ne leur inspirent que de la réprobation, on les tient pour des orgueilleux, capables d’ébranler les assises de la religion officielle. Le fait de ne pas participer aux rites en fait de dangereux hors-la-loi.

 

Pythagore payera cela d’un exil volontaire le sauvant d’une mort violente, puisqu’on incendia sa maison. Mais ses disciples vont essaimer à travers le monde grec et barbare, du VIe siècle au IVe siècle, et ceux qu’on appelle néo-pythagoriciens transmettront la parole du maître, reprise par les néo-platoniciens jusqu’au VIe siècle de notre ère, comme le fit Damaskios.

 

Quant aux orphiques, ils sont redevables au tyran Pisistrate et à celui qu’il chargea de rassembler les textes sacrés – cet Onomakritos convaincu ensuite d’être un faussaire – d’avoir pris une place active et quasiment officielle dans une société où la plupart les considéraient comme des puritains ou des attardés.

 

C’est au VIe siècle que le tyran Pisistrate, qui, après différentes péripéties tumultueuses, avait conquis le pouvoir une première fois en 560, devint tyran d’Athènes. Entre 561 et 528, il en fut chassé à deux reprises, gouverna dix-neuf ans et passa quatorze ans en exil. Il s’enrichit, à cette occasion, en Thrace où il exploite des mines d’or et recrute des mercenaires.

 

 

 

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Le personnage a une réputation qu’il ne mérite pas. Sans doute n’hésite-t-il pas à s’emparer de vive force de l’Acropole, avec sa garde de cinquante hommes armés de gourdins. Cette garde ayant été d’ailleurs obtenue grâce à une supercherie. A pareille usurpation, Solon s’oppose en vain (Solon meurt en 560). Mais Solon n’avait pu mettre véritablement en œuvre les célèbres réformes qu’il avait édictées. C’est Pisistrate, ayant tous les moyens de coercition que lui donne le pouvoir, qui va continuer l’œuvre en cours.

 

Le caractère du régime de Pisistrate demeure très modéré. Rien des exactions et de l’arbitraire qui s’attache pour nous à l’idée de tyrannie. Pisistrate vit modestement, mais il s’entoure de gardes et particulièrement d’archers de Thrace. Par précaution, il enlève quelques enfants aux familles de l’aristocratie, toujours suspectes, puisqu’il est lui, par principe, du côté des paysans. Il en fait des otages confiés à Lygdamis, tyran de Naxos.

 

Sous son gouvernement, l’Attique devient un pays de moyennes et petite propriété. Les oisifs rassemblés sur l’agora sont impérativement incités au retour à la terre. Il institue des juges itinérants, pour éviter aux paysans cette perte de temps que constitue un voyage à la ville (Périklès reprendra la même politique dans les dèmes, avec des tribunaux locaux).

 

Ce qui caractérise l’avènement de Pisistrate est la multiplicité de travaux judicieux : adduction d’eau, système d’égouts, entre autres. Par ailleurs les Pisistratides – à savoir Pisistrate et ses fils – manifestent un goût inattendu pour les arts et les lettres. Des architectes, des sculpteurs, des peintres, des musiciens sont conviés, par le pouvoir, à exercer leurs talents dans la cité. Ils viennent surtout d’Ionie, c’est-à-dire de la façade grecque située en Asie Mineure. Les monuments se multiplient à Athènes. L’Hécatompédon, ce temple à Athéna long de cent pieds, est remanié, et une frise y représente déjà la Procession des Panathénées. Dans la ville basse sont érigés des temples à Zeus, à Apollon, à Dionysos.

 

Naturellement les fêtes si chères aux Athéniens, parce qu’elles renouvellent l’alliance avec les dieux, prennent un éclat encore accru. Telles les Panathénées (instituées en 566) et les Dionysies qui, de champêtres originellement, se font urbaines, et deviennent les Grandes Dionysies. Les premières tragédies, encore sommaires, comme celles de Thespis d’Icaria, vainqueur au concours de 534, montrent des choreutes vêtus de peaux de boucs.

  

 

 

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Une extraordinaire fermentation des croyances remet en honneur des cultes anciens, des divinités rustiques que vénèrent les laboureurs, les vignerons. L’attachement se fait plus grand aux déesses d’Eleusis : Déméter et Koré, dès le VIIe siècle, qui est celui des colonisations intensives, rassemblent la foule des mystes. De telle sorte que Pisitrate doit faire agrandir au double la salle d’initiation, le télestèrion d’Eleusis.

 

C’est alors, c’est dans ces circonstances assez exceptionnelles, que l’orphisme, qui s’était déjà largement répandu en Grande Grèce, gagne l’Attique. Répandu là-bas parce que les Ioniens, fuyant l’invasion perse, avaient émigré vers le sud de l’Italie et la Sicile, emportant avec eux un foisonnement de croyances orientalisantes.

 

Pisistrate, bien que son goût et sa politique adroite le portent vers les cultes populaires, accueille volontiers tout chresmologue capable d’interpréter des oracles. Son fils Hipparque, qui lui succédera (et fut assassiné en 514, partageant le pouvoir avec son frère Hippias, lequel se réfugia en Perse en 510), s’était fort lié avec un certain Onomakritos, originaire d’Athènes, lequel avait rassemblé les prophéties de Musée, personnage « légendaire » dont le nom est souvent associé à celui d’Orphée.

  

 

 

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Certains des Pisistratides se trouvaient à Suse et tenaient à Xerxès les mêmes discours que les Aleuades, avec plus d’ardeur encore ; ils avaient avec eux un Athénien, Onomacrite, un chresmologue, qui avait recueilli les oracles de Musée. Ils s’étaient réconciliés avec cet Onomacrite qu’Hipparque, fils de Pisistrate, avait autrefois chassé d’Athènes parce que Lasos d’Hermionè l’avait surpris en train d’introduire un faux dans les oracles de Musée, une prophétie selon laquelle les îles proches de Lemnos allaient être englouties par la mer ; Hipparque l’avait alors chassé d’Athènes, en dépit de la grande amitié qui les unissait jusque-là. A cette époque, Onomacrite les avait accompagnés à Suse et, à chaque audience du roi, les Pisistratides le vantaient en termes emphatiques, et il récitait quelques oracles ; mais il passait sous silence tous ceux qui annonçaient un malheur aux Barbares, et il proclamait que l’Hellespont devait être enchaîné un jour par un Perse et annonçait toute l’expédition (Hérodote, Enquête, VII, 6). Il s’agit là de la seconde guerre médique.

 

Curieux personnage que cet Onomakritos. Il est chargé par Pisistrate, avec trois autres rédacteurs, de transcrire les poèmes d’Homère. Il semble bien que, dans ce travail, il se livre à des interpolations, qui expliquent certains disparates.

 

Il apparaît, sans contredit, qu’Onomakritos fut un des promoteurs du mouvement orphique. Sa manière d’opérer avec les textes anciens n’exclut pas que certains poèmes fussent, bien avant le VIe siècle, attribués à Orphée. Qu’en est-il au juste de ces Hymnes, dont la profusion d’épithètes et le flamboiement lyrique sont de la même veine que celle de Pindare ? Où Pindare, mieux informé que nous, puisa-t-il la très haute couleur de ses audacieuses célébrations ?

 

A la vérité, au VIe siècle, un esprit nouveau fut introduit dans la religion grecque par des hommes qui avaient choisi Orphée comme prophète. De ces hommes, aucun nom ne nous est parvenu. Mais les textes retouchés à coup sûr par Onomacrite leur servaient à donner son impulsion au culte instauré sous l’égide de Dionysos et sous celle d’Apollon.

  

 

 

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« Orphée a montré le flambeau des mystères indicibles ». Euripide, Rhésos, 943-944.

 

« Orphée nous montre les télété et nous apprit à nous abstenir du meurtre ». Aristophane, Grenouilles, 1032.

 

« Orphée a trouvé les mystères de Dionysos ». Apollodore, 1-2-3.

 

« Aussi les télété apportées par Dionysos ont-elles été appelées télété orphiques ». Diodore, II, 65-66.

 

« Orphée en vint à un haut degré de puissance, car il avait la réputation d’avoir trouvé les télété, les purifications des crimes commis, les guérisons des maladies et la conjuration du mécontentement des dieux ». Pausanias, IX, 30

 

Obscurité troublante de ces origines qui mettent le mouvement dans un porte-à-faux. Les seules références étant quelques interdits et deux dogmes majeur : celui de la réincarnation et celui de l’immortalité de l’âme.

 

Certains auteurs sont enclins à considérer le mouvement orphique comme une sorte d’Eglise ou une secte comparable à celle des pythagoriciens. Il est pourtant peu probable que l’orphisme se soit constitué en Eglise ou en une organisation secrète semblable aux religions à mystères. Ce qui le caractérise – mouvement à la fois populaire et séduisant les élites, comportant des initiations et disposant de livres – le rapproche plutôt du tantrisme indien et du néotaoïsme.

 

Quoi qu’il en soit, l’influence d’Orphée fut unique et ne cessa de ressurgir à travers la pensée grecque, durant l’époque hellénistique, et même au-delà des premiers siècles de notre ère, à travers les néopythagoriciens et les néoplatoniciens.

 

Comment fonder une opinion sur les écrits qui nous restent, quand on les sait fruit de manipulations certes ferventes, mais manipulations tout de même ? S’y mêlent des éléments extrêmement archaïques et des sédiments peu à peu ajoutés.

 

Sont-ils aussi tardifs qu’on le dit ? Certains d’entre eux semblent en effet porter trace d’influences romaines ou même de croyances chrétiennes, mais il est non moins évident qu’ils comportent parfois des mots, des expressions, voire un style archaïques. On trouve fréquemment dans ces hymnes des épithètes propres à Homère ou à Hésiode.

 

A travers les œuvres nombreuses où les poètes de la Grèce et les philosophes ont fait allusion soit aux croyances que professaient les orphiques, soit à Orphée lui-même, il sera possible de prendre la mesure de l’émotion durable, des harmoniques, que suscitèrent les enseignements, à la fois simples et subtils, de celui qui se portait garant, chez toute créature, de la présence d’un même souffle divin. S’imposent, dans tout leur éclat, quelques témoignages comme ceux de Pythagore, d’Anaximandre, de Parménide, d’Empédocle, d’Anaxagore, de Pindare, d’Eschyle, de Platon, et même du conseiller secret de Périklès, le musicien Damon d’Oa. A nous de mesurer la profondeur, plus ou moins grande, de leur engagement.

 

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Orphée - dans Esotérisme & Gnose
1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 17:32

Orphée l’enchanteur

 

Introduction et Initiation aux Mystères

 

 

 

Pourquoi aujourd’hui Orphée ? Et de quel Orphée s’agit-il ? Le personnage est protéiforme, fuyant, mystérieux. Est-ce un mythe, une légende ? A-t-il jamais vécu ailleurs que dans l’imaginaire des hommes ? Pourtant il est toujours parmi eux, toujours nouveau, présent partout. Il ne disparaît que pour reparaître là où on ne l’attendait pas.

 

Quel est, en vérité, cet enchanteur qui, à travers les siècles, hante poètes et artistes, que rencontre un jour ou l’autre, sur son parcours, tout être en quête de sens, tout amoureux de la sagesse, ce qui, en grec, se dit « philosophe » ? Afin de connaître, de reconnaître, Orphée et de comprendre ce que pour nous il peut encore signifier, il faut remonter, sinon aux origines qui finalement nous échappent dans une brumeuse Thrace intemporelle, du moins aussi haut que possible, dans la Grèce du VIe siècle avant J.-C. où il était célébré depuis longtemps.

    

 

Michel Martin Drolling - Orphée et Eurydice[1]

 

 

Orphée y apparaît comme le poète par excellence, le poète au sens premier du mot : « qui fait », « qui crée ». Il est l’inventeur de la poésie, mais aussi de la musique. Celle-ci est la voix de la nature, la confuse rumeur des éléments, le bruit du vent et des ruisseaux ; celle-ci est surtout le chant des oiseaux qu’Orphée élabore et humaine, mais que les bêtes écoutent, fascinées, et au son de laquelle les arbres se meuvent. Celle-là, humaine à coup sûr, n’en est pas moins, pour le chantre inspiré, don divin, Verbe créateur, moyen de communiquer avec l’invisible, mais aussi de transmettre aux hommes les directives des dieux.

 

 

Orphée est le héros qui descend aux Enfers, afin d’arracher aux ombres leur secret, celui de notre mort, de notre éventuelle survie. En remontant, il devient l’initiateur, le « fondateur des mystères », chargé d’apprendre aux hommes que la vie elle-même est sacrée et qu’en tant que telle elle est promesse d’immortalité.

 

La révélation orphique de la véritable destinée de l’homme, créature de lumière et de boue, de cendre et de foudre, qui peut choisir entre l’une et l’autre, cette révélation qui, de siècle en siècle, résonne, sommes-nous capables de l’entendre encore ? Dans l’actuel désarroi, Orphée, en qui les premiers chrétiens voyaient un précurseur, n’ouvre-t-il pas une voie possible ? C’est à chacun, confronté avec ce qui n’est pas seulement une émouvante histoire, mais un enseignement profond, qu’il appartient de répondre.

 

 

Portrait d’Orphée

 

 

C’est par la bouche d’un autre poète, qui lui aussi périt de mort violente, que retentit pour nous, à travers les siècles, le nom d’Orphée, auréolé des prestiges d’un mythe dont la fascination demeure entière.

 

 

La présence du chantre aux pouvoirs magiques, qui accompagna les Argonautes dans leur quête de la Toison d’or, et fut célèbre, croit-on, bien avant Homère, ne devient manifeste que grâce à une allusion d’Ibykos de Rhégion, poète grec vivant au VIe siècle. Alors résonne une épithète inattendue : Orphée au nom fameux.

  

Fameux pour les Grecs, certes. Mais comment, mais pourquoi ?

   

Né à Rhégion, en Grande Grèce, Ibykos séjourne longtemps à la cour du tyran Polycrate de Samos, ayant renoncé à se mêler dans sa patrie aux affaires publiques, pour trouver aide et protection auprès de celui qui accueille également Anacréon de Téos. Au cours d’un voyage à Corinthe, il est surpris par des malfaiteurs qui le dépouillent et le font périr. Passe à ce moment précis dans le ciel un vol de grues que le poète prend à témoin. Et ces mêmes grues, quelques jours plus tard, se mettent à tournoyer de façon menaçante, en pleine cité, au-dessus des assassins, de telle sorte que la panique, provoquée en eux par la peur du châtiment, les fait s’écrier : « Ah, les voilà que viennent venger Ibykos ! » S’étant par là trahis, ils sont appréhendés et avouent aussitôt leur forfait.

 

 

 

orback[1]                             orphee[1]

 

 

Ainsi donc, par l’intervention d’oiseaux qu’avaient suscités les Immortels (les oiseaux, chez les Grecs, étant porteurs de messages, d’indications majeures), Ibykos de Rhégion eut accès à la mémoire universelle et y fît entrer celui qui miroitait dans les lointains, avec l’envergure qu’on connaît.

 

 

Car d’Orphée, personnage unique, parmi les trésors qu’amoncela l’héritage grec, on a toujours cru, on a toujours su qu’il était à la fois chantre inspiré par les dieux, musicien, poète, mage, devin, guérisseur et enfin « fondateur de mystères ».

  

N’est-ce pas trop attribuer à ce héros ayant pour pairs Héraclès et Jason entre autres, dans l’expédition de la Toison d’or ?

   

Mais d’abord exista-t-il réellement ? En douter serait faire insulte à ce qu’il instaura au moment où allaient émerger toutes les potentialités d’une civilisation dont nous restons intimement tributaires. Orphée n’est pas de ceux qu’un désir collectif tire du néant et façonne. Orphée, largement mis à contribution par les générations qui ont suivi, et plus ou moins altéré quant à son essence primitive, Orphée est pour l’âme grecque le miroir le plus pur où elle puisse se voir et se reconnaître. Orphée a vécu. Orphée vit à jamais.

   

Bien entendu, sa naissance ne peut être ordinaire. Fut-il fils de roi (comme le Bouddha), ou celui d’un certain Oeagre, assimilé à un fleuve thrace, vraisemblablement propriétaire de troupeaux, chasseur de lynx et d’ours ? Fut-il proprement fils d’Apollon et de la muse Calliope ? Nul ne le saura jamais, mais l’énigme ajoute à l’étrangeté du personnage. Enraciné comme nous, par son corps, dans le matériau, il a reçu l’apanage des Immortels : une profusion de pouvoirs et la légèreté lumineuse qu’infusent les sèves divines.

   

Pindare (Pyth., IV, 177) l’évoque comme « le joueur de phorminx, père des incantations mélodieuses », et Eschyle reconnaît qu’il « charme la nature entière » (Agamemnon, 1830). Mais auparavant la littérature grecque devait abonder en allusions, aujourd’hui perdues, au fameux voyage des Argonautes, et c’est à ce propos qu’Orphée figure, jouant de la lyre sur le navire qui a mis le cap vers la Colchide où le dragon veille sur la Toison. Tel il apparaît sur une métope du VIe siècle appartenant au trésor des Sycioniens à Delphes, et tel le dévoile au Ve siècle une Nekya du peintre Polygnote, visite aux Enfers, ou plus exactement évocation de l’Hadès, exécutée pour les habitants de Cnide qui avaient édifié un trésor à Delphes. De la main droite (tandis que de la main gauche il serre contre lui sa lyre) il tend une branche de saule, peut-être le « rameau d’or » qui lui a permis de descendre vivant aux Enfers, non pour y revenir chargé des enseignements nécessaires aux fidèles qu’il initie.

   

Dans le même temps – c’est-à-dire au Ve siècle -, Hérodote d’Halicarnasse faisait allusion (Enquête, II, 81) aux « cultes orphiques et dionysiaques, qui sont en fait d’origine égyptienne ».

   

Ce qui demeure pour nous singulier, c’est que la céramique grecque le montre toujours, quoique d’origine thrace, en costume grec, même au milieu de guerriers thraces qu’il gratifie d’une musique visiblement capable de les charmer, voire de les envoûter, comme il le fait pour les oiseaux et les bêtes fauves.

   

C’est en Thrace qu’il fut mis en pièces par les Ménades. La pièce perdue d’Eschyle, Les Bassarides, le montrait gravissant à chaque aube le mont Pangée, pour y adorer Apollon qui se révèle à lui sous la forme du soleil. Ce fut pour cette raison et pour d’autres que Dionysos, vénéré par les Thraces, résolut sa perte. L’Enchanteur, tel un bouvillon ou un faon, fut démantelé vif par une troupe de femmes en délire, ne faisant qu’exécuter la sentence divine. Les membres d’Orphée (comme ceux de l’Osiris égyptien) furent dispersés et sa tête, jetée dans le fleuve Ebros, dériva jusqu’à l’île de Lesbos. On dit qu’elle ne cessa de chanter, portée par les vagues, qui tant de fois avaient obéi aux puissantes injonctions de celui qui apaisait les tempêtes. Recueillie sur la grève, elle fut vénérée dans un sanctuaire où l’on rendait des oracles.

   

Orphée apparaît pour la première fois comme accomplissant un périple où il s’agit autant de l’or du Phasis que d’une quête spirituelle. Avec Jason et les Argonautes, il a vogué vers ce mystérieux, ce redoutable Pont-Euxin où, un peu plus tard, se multiplieront les comptoirs de Milet, mais où présentement abondent les dragons, les chimères, les nuées d’oiseaux marins aux clameurs suraiguës, les Sirènes dont les voix sont maléfiques (au contraire de celle d’Orphée), parmi les nuées lourdes et les vents furieux. L’arrière-pays, au-delà des rivages déserts, recèle des steppes sans fin, parcourues au galop par des cavaliers montés sur de petits chevaux hirsutes, et décochant, avec une sûreté redoutable, leurs volées de flèches.

 

 

 

Le-mythe-d-orphee-v001                                      orphee2[1]

 

 

Orphée, qu’avait-il à faire avec cette poignée d’arrogants faiseurs d’exploits, qui sont tenus – et se tiennent – pour des héros, comme Amphion, les Dioscures, Héraclès, Pélée, Thésée, Méléagre ?

   

On a enchâssé dans le navire Argô (le Rapide) un morceau du chêne prophétique de Dodone. Néanmoins l’embarcation ne parvient à quitter la rade d’Iolkos, où elle demeure mystérieusement immobile, que grâce aux savantes incantations mélodiques d’Orphée, devenu par là le guide et le protecteur des compagnons de Jason. Ces derniers avaient tenu à embarquer avec eux l’homme couronné de fleurs, qui n’était rien moins que guerrier, mais que le Centaure Chiron avait désigné comme seul capable de les tirer des périls, et en particulier de lutter d’égal à égal, vocalise contre vocalise, avec les Sirènes.

   

Judicieux conseil du précepteur d’Achille, puisque Orphée parvint à apaiser une tempête qui eût englouti l’Argô, qu’il immobilisa les Symplégades, ces Roches Errantes, toujours prêtes à se refermer sur les navigateurs, à l’entrée du Bosphore, rendit sans effet les clameurs mélodieuses des Sirènes et, une fois atteinte la Colchide, parvint à endormir le dragon qui veillait sur la Toison d’or.

   

Dès le début, le personnage d’Orphée recèle une ambivalence qui le caractérise, à savoir qu’il se réclame à la fois d’Apollon et de Dionysos.

   

Sans doute ces dieux, aux rôles apparemment antinomiques, étaient-ils les seuls dieux de l’Olympe dont le culte comportât des extases, voire des possessions. Mais ces mêmes possessions avaient un caractère absolument opposé. Sauvages et sanguinaires dans la transgression des interdits, en ce qui concerne Dionysos ; hantées par des clartés vertigineuses, par le dépouillement toujours abrupt qu’exige la connaissance pure, en ce qui concerne Apollon.

   

De toute manière, ce fut le rôle que choisit Orphée de se tenir sur l’un et l’autre versant, à ses risques et périls. Voilà donc une première approche de celui qui commande aux éléments et charme les hommes, les bêtes et les plantes. D’une émouvante toute-puissance, parce qu’elle n’aspire qu’à la paix.

   

En vérité, ils durent être abondants les commentaires faits à son sujet, les célébrations poétiques, entre cette aube du monde grec sur lequel se profile, comme un soleil, sa stature de poète inspiré, et l’époque précédant de peu le siècle où brilla Périklès et où l’on retrouve enfin les traces d’Orphée. L’étrange est que de ces témoignages, à coup sûr troublés, troublants, il ne soit rien resté. Comme si le message, si pur, s’était lui-même résorbé. Comme s’il suffisait que cela vibre encore dans les mémoires. Comme s’il importait que les mémoires seules assurent la croissance d’un mythe et de ses secrets. Et alors tardivement se multiplient les allusions, les commentaires.

 

 

 

Orphée et Eurydice2

 

 

Il apparaît d’abord qu’aux yeux de tous Orphée fut un poète. La poésie est pour lui beaucoup plus qu’un flux lyrique. Elle est saisie du réel par le martèlement des mots apparentés aux sons et les doublant. Orphée connaît les pouvoirs de la vibration, et sa poésie encercle, enserre, illumine un fragment de l’espace où toutes choses se meuvent, y compris les dieux. Le mot, le son juste du mot, des mots assemblés, est possiblement, pour qui en connaît le maniement, verbe créateur. Mots et sons fusionnent et forment une nappe magnétique, chargée d’une efficacité qui n’a pas de limites. Les sages rishis qui méditent dans l’Himalaya, les mages de la Perse, les adeptes de la Mésopotamie, les prêtres d’Egypte, demeurent par le son et le mot incantatoire en relation directe avec les structures de l’univers.

   

Orphée n’est certes pas un poète attaché aux seules délectations verbales. Il manie l’arme de combat contre les forces destructrices que recèle le cosmos : tous les corps célestes, étoiles et planètes, comme les atomes dont notre enveloppe matérielle se compose, du fait de leur mouvement, de leur rythme, émettent une note particulière. C’est ce que découvre, quelques siècle plus tard, Pythagore de Samos, héritier direct du Maître des mots, du Maître des sons.

 

En bref la magie des mots éclatant dans l’espace ressemble au choc de deux silex : l’étincelle en jaillit. Ainsi des innombrables voix des cigales dont Orphée reçut l’enseignement et la révélation. Car au creuset de leur immobilité, les cigales, avec une monotonie violente, ne cessent de forger leur propre fluidité, leur propre délivrance. A travers ce cadencement sec, régulier, cette fuite sur place, un phonème rêche, boiseux, un mot de passe répété. Doit-on entendre « Thalassa », origine de toute vie ? Parfois le son file, le mot chavire dans l’infini. Empruntée à l’arbre sur lequel la cigale est posée la sève du mot se fait lumière.

   

Indubitablement (comment ne pas songer aux mantras tibétains qui ne possèdent en soi aucun pouvoir propre et ne sont qu’un moyen de concentrer des forces déjà prêtes à agir ?), Orphée connaît le maniement des mots et des vibrations par eux déclenchées.

   

Il convient d’appeler hors de l’ombre des hypogées le savant Ibis égyptien, le dieu Thot que les Grecs nommèrent Hermès Trismégiste, c’est-à-dire Thot, « trois fois grand ». Lui aussi, archiviste des dieux, qui inventa les sciences (arithmétique, arpentage, géométrie, astronomie, divination, magie, médecine, musique, dessin, écriture), connaissait la puissance incommensurable de la voix et du son. Il en usait avec art et une efficience redoutée.

   

Parce qu’il est poète, Orphée est musicien. Ses incantations sont essentiellement musicales, et sans doute empruntées à la magie égyptienne, Isis étant reconnue comme la plus puissante des divinités en fait de sortilèges.

   

Nul ne peut affirmer qu’Orphée reçut des Egyptiens l’essentiel de son savoir. Mais quel Grec ne se sent tributaire de l’Egypte, de Pythagore à Démocrite, d’Héraclite à Hérodote ? Quoi qu’il en soit, il psalmodie et s’adresse aux dieux dans leur langue même, celle des orbes invisibles que décrivent les planètes, la musique habitant le vide sans laisser nulle trace de son passage.

   

Sa voix, tantôt rauque et tantôt suraiguë, nous l’imaginons bien. Sa voix, lorsque suave, ressemblait à celle des oiseaux dont les célébrations accompagnent les saisons de l’homme. Voyons-le assis à la proue du vaisseau, défiant les périls à venir, pendant que les oiseaux marins créent une houle de leurs ailes halliers, des futaies d’où sortent pas à pas genettes et renards, chevreuils et loups, obéissant à cette curiosité pleine de trouble qui saisit les bêtes sauvages devant une apparition inexplicable. Il chante pour elles, Orphée le poète. Il les convie, ces créatures libres, à la joie. Il les remercie d’être plus belles, plus proches des perfections divines que la plupart des humains.

   

De la musique en soi, comment tirer une définition puisque aussitôt née elle s’efface, qu’elle efface tout ce qui l’englobe, plus vraie et plus réelle dans son impalpabilité, dans son absence totale de contour, que le lieu où elle danse comme une flamme. « La sagesse antique des Grecs est liée à la musique. Le plus musicien et le plus sage d’entre les dieux était Apollon, et parmi les demi-dieux Orphée. »

   

Comment apparut-elle, sinon grâce à l’enchantement dès l’origine suscité par les mélodies des oiseaux ? Inventions savantes, subtiles improvisations, ou phrasés spécifiques et nets de l’espèce, sans une retouche, se transmet de siècle en siècle. Une fauvette Orphée, depuis l’époque d’Homère, trace exactement la même géométrie dans l’espace, à l’aide d’un aigu, d’un impérieux exposé mélodique. Qu’a-t-elle à dire, sinon l’excellence de l’instant emporté dans le courant qu’elle crée et qui l’emporte aussi ?

 

L’oiseau est source de la musique qui est liée au temps et illustre sa fuite. L’oiseau est source de la musique qui apaise et guérit, ce que Pythagore comprit et fit mettre en pratique. Simplicité de la cure, parachevant ce que l’interprétation des songes, et donc du plus obscur chez un patient, peut révéler.

   

 

Orphee                           Orphée-v002

 

 

La voix d’Orphée a même perfection inaltérable, même sûreté que celle des oiseaux. Obliquant vers l’aigu, vers le grave, elle visite du monde tous les étages.

   

Détentrice du rythme de la vie, porteuse du souffle, la voix est semblable au vent : la voix comme le vent gémit et exulte. La voix, tout comme le vent qui siffle dans les mâtures des voiliers, entre Thasos et Lesbos, et crée des inflexions harmonieuses ou stridentes (n’est-ce pas là le chant même des Sirènes ?), la voix est appel avant d’être réponse. Et si ses modulations différent du chant initial, du chant des oiseaux, c’est qu’elle porte le message des mots. Elle double son pouvoir de celui d’un sens. Tout comme la musique exalte en dilatant le dedans et le dehors, la voix magnifie quelque chose qui n’existe pas, qui n’existe plus, qui existera. La voix démesure. La voix est promesse de survie. Elle évoque, elle provoque l’immortalité.

   

Surgissent de ce fait les prérogatives qui font d’un chantre et d’un musicien – d’un joueur de cithare ou de lyre célébrant les hauts faits des hommes et le monde des dieux – un être capable d’affronter le plus grand des périls, à savoir l’entrée dans les Enfers, dans l’Hadès, et d’en rapporter les secrets dont il fera usage pour conduire les vivants vers la destinée heureuse qu’ils auront méritée.

   

Orphée accomplit là les rites d’une quête qui est proprement celle d’un « chaman ». Tous ses attributs relèvent d’un domaine très archaïque et contrastent de manière étonnante avec la spiritualité du VIe et du Ve siècle, même quand il s’agit des Mystères.

   

Faut-il, pour mieux saisir ce disparate, mettre en valeur le fait qu’Orphée approcha des personnages fabuleux, comme Abaris et Aristéas, tous deux détenteurs de pouvoirs, et accoutumés à la transe, aux extases ? N’omettons pas les liens qui rattachaient Orphée à Apollon, venu sans doute, avec l’invasion dorienne, du pays des Hyperboréens où il retournait pendant trois mois, en hiver. Le pays des Hyperboréens ne désigne-t-il pas un au-delà de Borée, ce vent du nord redouté, un au-delà des vastes étendues que recouvrent la glace et la neige ? C’est le pays des Bienheureux, hors de toute atteinte, et plein d’étrangetés.

   

Dans ces contrées nordiques, des hommes doués de facultés supranormales prophétisent, guérissent les malades, voire ressuscitent les morts et se déplacent invisiblement à travers l’espace. Ils circulent sans difficulté entre les trois zones : l’Enfer, la Terre et le Ciel. Souvent ils se servent d’esprits auxiliaires qui ont pris la forme d’un animal, et grâce auquel ils sont en relation directe avec l’Au-Delà (d’où cette connivence constante entre Orphée et les bêtes sauvages). Bien entendu, au cours des transes qui les dépossèdent de leurs contraignantes limites humaines, ils comprennent le langage de la nature entière.

   

Le chant incantatoire est leur outil, leur truchement. A travers ces chants, ils imitent les cris des fauves, le brame des cerfs et surtout les vocalises des oiseaux. Nul chez eux ne peut prédire l’avenir s’il n’est capable de saisir le message d’un courlis, d’une grue, d’une sterne, d’une hirondelle.

   

Les oiseaux sont souvent réceptacles des âmes des morts ou de personnages divins. En premier lieu, les oiseaux sont capables de guider les défunts vers leur future demeure. Devenir un oiseau ou être accompagné par un oiseau permet, dès ici-bas, à l’officiant d’entreprendre le périple dangereux qui le fera sortir des sphères terrestres. L’initiation peut être secondée par l’apparition de rêves instructeurs. Mais toujours a lieu l’envol magique, du haut d’une échelle à sept échelons (l’échelle étant un symbole orphique, et le chiffre sept représentant le dieu Apollon).

   

C’est donc du nord, pays des Hyperboréens, que ces hommes doués de pouvoirs redoutables parviennent jusqu’en Grèce. Abaris porte une flèche d’or sur laquelle il vole. Il écarte les fléaux de toutes sortes, prédit les tremblements de terre (la flèche est en honneur dans les rites de vol magique, chez les Scythes. Apollon est le dieu-archer). Quant à Aristéas de Proconnèse, il lui est loisible d’apparaître simultanément dans des lieux éloignés, et il accompagne Apollon sous l’apparence d’un corbeau. Il n’y a donc rien de surprenant à ce que ces prophètes se réclament d’Apollon, citharède, archer et devin.

   

Doit-on attribuer à Orphée – comme à tout prêtre-chaman – l’usage de drogues magiques et particulièrement du chanvre, si prisé par les Scythes ? Les probabilités sont grandes, surtout si l’on songe qu’Orphée utilisait des charmes et des sortilèges, servant non point à la malfaisance mais à l’apaisement, à la guérison. Il fallait bien que, par l’extase, il touche aux limites de l’être et même les franchisse pour revenir chargé du poids des connaissances.

 

Doit-on comprendre que c’est par la voix, par le déferlement, par la perdition haute de l’extase que l’homme peut découvrir le rôle qui lui échoit dans le monde ?

   

Un dieu-renard thrace ? Tel le voient certains commentateurs. Car c’est d’une peau de renard que se couvraient les Bacchantes de Thrace. De toute évidence, Orphée trouve dans de complexes origines l’enracinement de son personnage. Malgré un comportement, si rare en Grèce, de modération exemplaire, il force le destin pour descendre avec intrépidité dans l’Hadès, confiant dans la sollicitude amusée des Invisibles à l’égard de ceux qui se voudraient divins.

   

Reste à délimiter la part qu’eut Orphée dans l’établissement des mystères. On peut à son propos évoquer Zalmoxis, lui aussi fondateur de mystères, divinité ou héros vénéré par les Gètes, peuple de Thrace, qui se proclamaient immortels.

   

 

orphee-mort-v1                           sceau theosophique-v2

 

 

Selon Euripide (Rhésos, 943), « Orphée a montré les initiations les plus sacrées ». S’agirait-il des mystères d’Eleusis, premiers en date de ceux qu’Athènes célébra officiellement ? « Orphée aurait apporté d’Egypte la plupart des télétés mystiques et les cérémonies célébrées en orgiase concernant son propre voyage, et le récit mythique de ce qui a lieu chez Hadès », rapporte Diodore de Sicile (I,96).

   

Néanmoins, il importe de ne pas oublier que la « religion d’Eleusis demeura fondamentalement différente de celle d’Orphée. […] L’orphisme était une façon de vivre imposant une règle ascétique qui devait se faire sentir dans la vie de chaque jour. Eleusis n’avait pas de pareilles prétentions : ce culte ne comportait pas de morale et n’imposait pas de règle de vie. Son idée de base se rapproche de la magie : livrez-vous aux rites voulus, contemplez ce qu’il faut voir, et dites les paroles nécessaires, la protection des puissantes déesses vous sera assurée, entraînant avec elle la certitude d’une vie bienheureuse après la mort. »

   

Orphée – et c’est à ce titre que sa mémoire traverse les siècles – ne se contente pas de guérir et de prophétiser, de maîtriser les éléments et les puissances maléfiques, de tenir sous l’emprise de ses musiques divines les bêtes et les hommes. Il conçoit et répand des préceptes moraux, des rituels de purification, grâce à quoi tout fidèle est assurée de n’être pas, après la mort, jeté dans les ténèbres ou le feu de l’Hadès.

   

Au reste, les courants mystiques de son époque contenaient des éléments d’origines diverses, thraces et phrygiens, égyptiens, indo-iraniens, et il apparaît très nettement qu’il fît des emprunts à toutes ces antiques traditions religieuses.

 

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Orphée - dans Esotérisme & Gnose
26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 16:50

La vibration de l’onde de vie

 


Il y a plus d’un mois et demi que ce n’était pas arrivé. Cela s’est passé comme les fois précédentes, sans que je fasse quoi que ce soit pour projeter ma conscience en dehors de mon corps. Peut-être que le chemin qui s’est tranquillement tracé constitue, à lui seul, une invitation permanente à laquelle une partie de moi répond quand elle le juge bon… C’est possible.

 

J’ai donc été à nouveau aspiré par une autre facette de la vie et je me suis retrouvé dans une salle à demi-sphérique. Sa paroi, parfaitement lisse, était d’un bleu profond, velouté, presque noir et révélait quelque chose d’hypnotique. Il y avait des fauteuils, très enveloppants. J’étais assis sur l’un d’eux et mon amie également, juste à côté de moi. Dans un premier temps, je ne l’ai pas vue mais j’ai senti sa présence. Lorsque je me suis tourné vers elle, je me suis rendu compte qu’il y avait d’autres personnes avec nous. Peut-être une dizaine, toutes assises, elles aussi, au creux des mêmes fauteuils. Il faisait assez sombre dans la salle, mais j’y voyais assez clair pour pouvoir distinguer les traits de tous ceux qui étaient là. Il me semble que cela était dû à une étrange lumière diffusée discrètement par la paroi elle-même. Pourtant, mon regard ne s’est pas attardé sur mes voisins. Ceux-ci d’ailleurs ne se préoccupaient pas de moi. La seule chose qui m’intéressait, c’était de rencontrer le visage de mon amie. C’était mon unique point de repère connu. Le seul point d’arrimage par lequel je pouvais essayer de comprendre ce qui se passait. J’ai reçu un sourire. Le même que d’habitude, accompagné d’un petit plissement des yeux voulant dire quelque chose comme « tout va bien ».

 



 

COSMOS

 

 

 

 

Comme toujours dans un semblable cas, je me sentais parfaitement lucide et présent, là où j’étais, plus vivant même que dans ma chair. En cet instant précis où j’écris, je crois d’ailleurs percevoir encore, sous la plume de mes mains, le contact soyeux et chaud des accoudoirs de mon fauteuil.

 

Soudain, la voûte sombre qui nous englobait tous s’est mise à s’éclairer et à s’animer. Hormis elle, tout a disparu de mon champ de vision, comme si j’étais « avalé » par elle ou rendu captif de ce qui s’y passait. Et ce qui s’y passait était réellement fascinant. Cela faisait songer à une émanation de la lumière, en trois dimensions, reproduisant des scènes de notre passé terrestre. C’est en tout cas ce que je me suis dit. Les images se succédaient à une cadence effrénée, restituant avec une vérité suffocante des événements très lointains, jusque dans des détails infimes. Cela sollicitait tous mes sens, même ceux de l’odorat et du toucher. Oui, quelque chose en moi sentait les parfums du passé et touchait ses matières. J’étais présent dans le film, j’en étais devenu à la fois l’un des acteurs, la caméra et le spectateur abasourdi. Aussitôt, j’ai pensé aux Mémoires Akashiques… Ce n’était pas une seule époque qui était investiguée, mais une multitude de périodes dont certaines n’évoquaient rien de connu pour moi. J’essayais de comprendre le but de tout cela, cependant aucun élément ne me permettait d’en voir le fil directeur. Parfois, c’était des scènes de la vie quotidienne de je ne savais quelle époque, parfois c’était des événements forts ou dramatiques dans des décors et dans une lumière que je ne pouvais associer à rien.

 

- Est-ce vraiment la Terre ? Me suis-je alors autorisé à demander à mon amie, au-dedans de moi-même.

 

J’ai reçu l’impulsion d’un oui sans équivoque, puis sa voix est venue me rejoindre avec force, très sonore au-dedans de mon crâne.

 

- Oui, c’est bien de la Terre dont il s’agit, mais les parcelles de son histoire contenues dans vos livres représentent à peine le millième des événements décisifs qui s’y sont déroulés. Alors, ne sois pas étonné si la plupart des scènes que tu vois ne te suggèrent rien de précis.

 

Ici, c’est une salle d’étude, vois-tu. Nous y disposons de moyens qui nous rendent accessibles les films du passé… ou du moins de ce que l’on vit comme étant le passé. Lorsque nos étudiants veulent comprendre comment tel phénomène ou tel comportement s’est mis en place, ils viennent consulter ici ce que nous appelons les « Archives de la Mémoire juste ». Il s’agit en quelque sorte d’une bibliothèque visuelle illimitée. Ce n’est pas d’elle dont je veux pourtant te parler mais de certaines images que tu as déjà captées. Regarde encore et essaie de t’en imprégner.

 

Alors, de plus belle et dans un abandon total, je me suis laissé aller à ce qui se passait au-dessus et autour de moi. De temps à autre, dans l’interminable chapelet des scènes qui se déroulaient au sein de la lumière, je croyais reconnaître une époque, parfois un événement, cependant l’instant d’après venait tout démentir. D’ailleurs, il n’y avait pas de cohérence dans la succession des images qui venaient à nous. Je voyais très bien qu’une intelligence les avait programmées ou soigneusement sélectionnées en fonction de quelque chose de précis, mais la logique m’en échappait.

 

- Qu’est-ce que vous étudiez ? ai-je lancé.

 

La réponse n’est pas venue aussitôt, comme je m’y attendais et, à nouveau, je me suis laissé engloutir tout entier par le film. Bien sûr, il y avait des guerres, beaucoup de guerres, très différentes les unes des autres et dont les protagonistes, parfois étranges, semblaient surgir du futur… A tel point que je me suis demandé si l’on ne voulait pas m’enseigner sur leur répétitivité maladive. Mais, à vrai dire, à quoi bon ? Non, il y avait autre chose… Quelque chose de tellement évident, de tellement énorme qu’il est presque invraisemblable que cela ne m’ait pas frappé d’emblée. C’était, d’une part la lumière, ou plutôt les lumières étranges qui enveloppaient tout cela et, d’autre part, le rythme avec lequel les événements, non pas se succédaient, mais se déroulaient en eux-mêmes. En quelque sorte, ce qui était vraiment remarquable c’était la densité de la lumière et la vitesse de la vie.

 

Il m’apparut alors que l’on voulait me montrer que le ciel n’avait pas toujours été bleu au-dessus de nos têtes, mais qu’il s’était coloré d’orangé, de rouge, d’un vert terne même, durant de longues périodes. Il devenait aussi évident, à mes yeux, que l’atmosphère visuelle de notre planète avait parfois été très épaisse, presque à « couper au couteau » et que les humains de ce temps n’y voyaient guère à plus de quelques pas devant eux. Des brumes, des vapeurs, une matière peut-être aussi plus instable… en tout cas bien différente de la nôtre. Mais au-delà de tout cela, quelque chose d’autre aussi devenait flagrant… La vitesse de la vie ! Je devinais de longues périodes durant lesquelles les mouvements humains avaient dû être très lents et où tout s’était organisé au ralenti, comme le brouillon ou l’hésitation de ce que nous connaissons.

 

Dès que j’ai eu compris la possible portée de ce qu’on me montrait, la voix de mon amie s’est à nouveau infiltrée en moi, ferme et protectrice.

 

- Tu vois, ce que nous voulons te faire toucher du doigt, une fois de plus, c’est la réalité inévitable du changement. Non pas tant dans l’apparence, dans la forme de ce qui est, que dans sa vibration de base. Car c’est la vibration de l’Onde de Vie qui joue le rôle du chef d’orchestre de la Création. Il existe une vibration pour l’ensemble de notre cosmos et, à l’intérieur de celle-ci, une fréquence propre à chaque monde. Le grand miracle, c’est que chacune de ces réalités se modifie continuellement. Elle s’accélère. A quoi cela est-il dû ? Au niveau de conscience profond de la Vie qui les habite. C’est un mouvement naturel d’ascension qui aspire chaque monde vers une manifestation supérieure. Comprends-tu bien ce que cela signifie ? Ne t’y trompe pas, seul ton œil actuel te permet de définir les réalités passées comme ayant été plus floues, plus denses ou plus lentes que celles que nous vivons aujourd’hui. Dès que l’on vit dans son propre temps présent, donc en complicité avec son niveau de conscience, on n’en perçoit pas les spécificités passagères. On estime généralement celles-ci comme étant définitives ou presque. Elles deviennent l’aboutissement fixe de l’évolution passée.

 

Je veux te dire que si ta conscience avait la possibilité de faire un énorme bond dans le futur et regardait ainsi les images témoins de ton monde actuel, elle en percevrait quelque chose d’analogue à ce que tu vois en cet instant. L’atmosphère terrestre de ton siècle te paraîtrait lourde, la définition des êtres et des choses peut-être incertaine et enfin tout mouvement te semblerait exécuté au ralenti, gauche et pesant.

 

C’est simple à comprendre. Prends de l’altitude, hisse-toi au sommet d’une montagne et regarde la vallée. Cherche du regard une automobile qui circule le long d’une route. Tu es bien obligé de convenir que son mouvement te paraît lent. Cependant, quelques centimètres de ton champ de vision signifient pour elle plusieurs centaines de mètres. Eh bien, dis-toi que ce qui est vrai dans le domaine des distances physiques l’est tout autant au niveau de la conscience. Plus le rythme vibratoire de celle-ci s’accélère, plus sa perception de l’univers change. En fait, elle imprime en lui sa propre cadence et ainsi le remodèle, le redéfinit constamment.

 

En vérité, les mouvements des êtres qui vivaient sur Terre il y a des centaines de milliers ou des millions d’années n’étaient pas plus lents que ceux que vous exécutez maintenant et l’état de transparence de leur atmosphère leur paraissait tout aussi normal que le vôtre l’est pour vous. Rares sont ceux qui s’aperçoivent des brumes et des lenteurs inhérentes à leur propre zone de conscience. Rares sont ceux qui se montrent capables de deviner, d’imaginer, de pressentir autre chose. Aujourd’hui, la situation est préoccupante, car c’est précisément un impressionnant autre chose qui vient vers vous… Même si vous vous refusez à faire un pas dans sa direction. C’est inéluctable ! Tout simplement parce que l’univers respire à sa façon. Il n’obéit ni à une loi physique apparemment inébranlable, ni à votre logique, même diplômée, ni à une morale ou à un concept religieux. Il grandit, c’est tout !

 

- Et il nous aspire dans sa croissance, n’est-ce pas ?

 

- C’est une façon de voir les choses. Je préfère dire, quant à moi, que nous nous accompagnons les uns les autres dans une spirale de croissance infinie. Car, vois-tu, et c’est ce que j’essai de te faire comprendre depuis le premier jour, il est illusoire de continuer à se penser coupé de la Création. L’univers d’un côté et notre être de l’autre. L’un construit l’autre en même temps que l’un est le miroir de l’autre. Que nous soyons d’accord ou pas, que cela dérange ou non notre confort et nos habitudes, ce mouvement est inscrit à tous les niveaux de notre vie, il en représente l’alphabet. Cela ne demande pas à être approuvé par une loi scientifique, ni à recevoir l’imprimatur d’une religion, car la Vie se rit de la Science et de la Foi. C’est cela que vous avez tant de difficulté à accepter. Tel savant a déclaré, tel pape a dit… Fort bien ! Mais vous, votre être profond qui vibre au rythme du Vivant depuis toujours, que dites-vous ?

 

Dans le saint des saints de votre âme, vous savez très bien le nombre de vêtements que vous avez déjà revêtus, que la vie vous a déjà pourvu de deux paires d’yeux, de six seins ou de trois estomacs lorsque c’était nécessaire. Vous savez fort bien qu’au-dessus de vos têtes les nuages ont déjà été rouges et que demain, certainement, vous saurez passer à travers les murs ou parler sans ouvrir la bouche. C’est déjà décidé !

 

Alors, par ces images apparemment irréelles et folles que tu vois se dérouler autour de toi, sache qu’il ne sert à rien de se cramponner aux habitudes amidonnées de la pensée établie puisqu’une nouvelle porte s’ouvre déjà. La Terre en a saisi la poignée et la pousse… C’est pour cela que tout semble se détricoter, parce que l’accélération va être soudaine !

 


La résurrection-sublimation

 


Que nous le voulions ou pas, nous sommes tous influencés par notre culture judéo-chrétienne. C’est comme inscrit dans nos gênes. Je l’ai toujours noté. Même chez eux qui se disent athées, il y a généralement un vieux fond de cette pensée-là qui remonte périodiquement à la surface et qui s’agite.

 

Ce matin, peut-être à cause de l’approche de la Toussaint ou de l’Halloween, la notion de « résurrection des morts » flottait en moi au réveil. Elle a déjà été soulevée, je le sais, mais elle revient me visiter. Alors, je la lance en l’air, presque au hasard. Pourquoi ne pas la soumettre à mon amie d’en haut, déjà de retour.

 

 


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- Ce que cela évoque pour moi ? répond-elle d’un ton amusé, une contradiction ! Une invraisemblable contradiction ! Tellement énorme que je me demande pourquoi il y en a si peu, parmi vous, qui ne s’en aperçoivent pas.

 

Ecoute… Résurrection des morts, cela veut dire régénération de la chair, n’est-ce pas ? Il s’agit bien de la réapparition sur Terre de ceux qui sont « passés de l’autre côté », j’imagine. Cela me laisse perplexe au sein d’une religion qui a toujours affirmé que le corps physique n’est pas digne d’un véritable intérêt. Il y a là comme un… problème ! Pour une fois, je t’emprunte le mot, si tu le permets !

 

Non, vois-tu, ce n’est pas bien intelligent tout cela ! C’est surtout l’aveu d’un mensonge perpétué, d’un refus de chercher à comprendre et, finalement, la résultante d’une grande peur. C’est l’éternelle crainte de la mort qui ressurgit là. Celle des bâtisseurs de dogmes incapables d’entrevoir la transformation inévitable de leur propre corps, celle des docteurs légiférants et asservis à un besoin maladif de pouvoir temporel.

 

Bien sûr, si tu poses la question à un théologien, tu recevras une réponse bien tournée qui satisfera peut-être ta raison mais, en définitive, ce sera une pirouette intellectuelle de plus.

 

De notre poste d’observation, vois-tu, nous avons toujours remarqué que lorsque l’on adopte héréditairement ou aveuglément une religion, c’est exactement comme si on entrait dans un « Parti ». On épouse d’emblée sa ligne de conduite, avec ce qu’elle a de beau, cela va de soi, mais aussi, hélas, avec ses aberrations, ses duperies et ses infirmités.

 

- Alors, la résurrection… Est-ce pour toi un mot vide de sens ?

 

- Qui t’a dit cela ?

 

- Ne me dis pas que tu la vois simplement comme la survie de l’âme…

 

- Ai-je l’air de tout confondre ? Non, non… Souviens-toi, pour les miens, la résurrection c’est une sublimation de la matière dense, jusqu’à hisser celle-ci à un niveau plus subtil sans passer par la mort.

 

- Veux-tu me faire comprendre que vous en êtes arrivés là ?

 

- Non, pas du tout. Cela représente un état de la Vie auquel nous aspirons, mais certes pas une réalité à laquelle nous goûtons tous. Certains d’entre nous, tout comme quelques Terrestres, y ont eu accès. Ils sont rares et ce sont eux nos vrais flambeaux, car ils initialisent discrètement, dans nos mondes respectifs, beaucoup de nouvelles prises de conscience. Ainsi que vous, nous connaissons donc la mort. Nos cellules vieillissent très rapidement lorsque nous arrivons au bout de notre chemin. Elles vieillissent comme une fleur se fane et nous partons alors en conscience, sans déchéance, après une vie beaucoup plus longue que la vôtre. Pourquoi plus longue ? Surtout parce que nos âmes prennent très peu de rides.

 

- Parle-moi un peu de cette sublimation. N’est-ce pas à elle que faisaient allusion, malgré tout, ceux que nous appelons les « Pères de l’Eglise » ?

 

  



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- Les tout premiers Pères oui. Tout au moins, certains d’entre eux. Mais au bout de deux ou trois générations de dogme naissant, la compréhension initiale en était déjà pervertie. La raison en est simple, vois-tu ! La bannière de ce dont l’homme est capable était brandie si haut, dans un ciel si éclatant de promesse et de soleil, qu’il s’en est trouvé beaucoup pour crier à l’unisson : « Non, c’est trop beau ou alors c’est trop difficile, n’y pensons plus. Allons, ce sont plutôt nos corps, tels que nous les avons aujourd’hui qui, un jour, ressurgiront du tombeau ! »

 

Peux-tu comprendre pourquoi la Lumière effraie ? C’est parce qu’elle est exigeante ! Elle demande infiniment plus qu’une foi aveugle ou qu’un simple espoir quotidien. Elle demande une volonté noble et soutenue. Elle exige que l’on accepte de mettre à la fois son corps et son âme en chantier.

 

- Reconnais tout de même que cela a de quoi faire peur !

 

- Mais c’est parce qu’on se laisse piéger par le sérieux des mots ! Le soleil est-il sérieux ? La question n’a pas de sens ! Il est, c’est tout ! Bien au-delà de ces considérations, il remplit sa tâche… Vous aussi, remplissez-là… Apprenez à vous tenir droit, ce sera déjà énorme ! Il ne suffit pas de faire ce que l’on peut, mais du mieux que l’on peut avec les cartes que l’on a et qui sont à la mesure de ce qui nous est nécessaire. La fameuse sublimation de l’être à laquelle je faisais allusion se conçoit d’abord là, sur un terreau bien fertile.

 

- Finalement, tu ne m’as toujours pas parlé précisément de cette résurrection-sublimation.

 

- Le crois-tu vraiment ? En vérité, il me semble plutôt n’avoir fait que cela depuis notre première rencontre… T’ai-je entretenu d’autre chose que de métamorphose et de volonté de transcendance ? Ecoute… Ce que l’on appelle la chair n’est qu’un des mille tissus que notre conscience fabrique en fonction de ses nécessités. Le corps que tu revêts en ce moment est doué de certaines propriétés liées à son état vibratoire… Mais tu pourrais tout aussi bien habiter une chair manifestant d’autres qualités. Je ne parle pas de ce qu’on appelle généralement le corps astral, lui-même dépendant d’une autre réalité qui lui est supérieure. Je fais allusion à autre chose. Il s’agit de la présence d’une bien plus grande Essence de Lumière au cœur de ces cellules qui se sont agencées pour nous donner notre apparence.

 

- Attends… Ne peux-tu être plus concrète ?

 

- Veux-tu alors que je te parle du Soleil ? Je pourrais dire que c’est la quantité de Soleil participant à la structure moléculaire d’un corps qui autorise la totale transmutation de celui-ci.

 

- J’imagine que seule une profonde et radicale transformation spirituelle est capable d’y mener, évidemment.

 

- Spirituelle… matérielle… Tu veux donc encore trancher ? Ces mots racontent pourtant la même Source, le même But, le même Amour ! La matière, c’est de l’esprit amnésique, rien d’autre ! Et cela se respecte parce que, vois-tu, l’oubli a une fonction. Il oblige à cet incroyable effort qui conduit à nous rendre plus grands encore parce que plus conscients. Réfléchis… Une beauté dont on hérite à la naissance est toujours perçue comme un dû de la Vie à notre petite personnalité narcissique. Une beauté que l’on se tricote et que l’on révèle devient, quant à elle, une beauté plus puissante encore. Elle est une sublimation puisqu’elle s’est tressée dans le mérite !

 

- D’accord, mais cela reste confus. Tu me disais tout à l’heure que seuls quelques-uns d’entre vous ont eu accès jusqu’à présent à une telle résurrection. Pourtant, depuis le départ, il est clair que la totalité de ton monde a déjà atteint une réalité d’ordre vibratoire supérieure à la nôtre. Pourquoi ne parles-tu pas alors de sublimation en ce qui vous concerne ?

 

- Je reconnais volontiers que c’est une sorte de sublimation puisque la réalité dans laquelle nous vivons se manifeste avec moins de densité que la vôtre. Cependant, il est certain qu’elle n’égale pas la sublimation-libération dont il est question. Je te rappelle, nous sommes toujours contraints de passer par la mort de notre chair. Notre rapport à la matière, bien que fascinant pour vous, a toujours, malgré tout, ses limites et bien des aspects de notre petite personnalité peuvent encore éventuellement s’agiter en nous. Certes, nous sommes plus près du cœur du Soleil, nos cellules s’en nourrissent davantage, c’est une évidence, mais nous ne baignons pas pour autant dans ce Soleil. Si tu préfères, et pour être plus claire, je pourrais dire que nous n’avons pas encore réalisé notre corps de gloire. Nous avons vécu une forme d’ascension mais pas cette Ascension qui ferait que nous ne serions plus du tout assujettis à un ego et à une apparence fixe.

 


Un saut quantique

 


- Veux-tu connaître le fond de ma pensée face à une telle déclaration ?

 

- Je le connais déjà, mais exprime-le tout de même !

 

- Je trouve cela très décourageant. Vous avez vraisemblablement des centaines de millénaires d’avance sur notre civilisation et malgré tout pour vous la… libération ressemble toujours à un espoir qui se profile quelque part à l’horizon. Comment veux-tu que nous réagissions, face à cela ?

 

- Je t’arrête tout de suite… Le chemin est tracé ! Oui, le chemin est tracé ! Comprends-tu ce que cela implique ? Cela veut dire que nos découvertes sont déjà plantées dans la Conscience universelle, qu’elles y ont déjà fleuri même, et qu’un grand nombre d’entre vous va donc pouvoir les cueillir en prenant un énorme raccourci dans le Temps.

 

- Est-ce le fameux « saut quantique » dont parlent certains physiciens ?

 

 


 

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- On peut l’appeler de cette façon car, effectivement, toute la palette de vos valeurs va se trouver refondue en un temps record, sans passer par les méandres que nous avons explorés avant vous. Le chemin est nettoyé, élargi !

 

- Tu parles de cela comme d’une certitude absolue.

 

- Dans le cadre du mouvement de la Terre en tant qu’être global, oui. Au niveau des individus, c’est différent, évidemment. Certains ne vont pas suivre car le précipice est trop grand et ceux-là se montreront incapables d’apercevoir le pont menant d’une rive à l’autre.

 

- Qu’arrivera-t-il, alors ?

 

- Pour une fois, permets-moi de ne pas répondre à ta question. D’une part, parce que plusieurs scénarios se présentent et parce qu’il n’y a aucun intérêt à en figer un plutôt qu’un autre dans votre esprit, d’autre part, parce que cela ferait appel à des concepts totalement en dehors du champ de votre compréhension. Mais là encore, crois-moi, rien ne sert de se plonger dans le « futur ». Il y a suffisamment matière à action et à transformation dans tout ce que je t’ai confié jusqu’à présent. Essaie de tout résumer en t’accordant une petite pause en toi-même. Tu verras, c’est vital et c’est finalement très simple.

 

- Simple ? Je pense qu’au contraire tout ce que tu m’as livré est devenu extrêmement dense et difficile.

 

- Oh… mais simple et difficile ne sont pas des contraires obligés ! Ils dépendent du niveau d’observation. C’est le choix de la simplicité qui représente plutôt un obstacle à franchir. Nous aussi, à ce propos, nous nous trouvons devant une interrogation… Il nous est difficile de comprendre pourquoi vous ne vous montrez pas plus simples, pourquoi vous manifestez un tel acharnement, une telle persistance dans la complexité.

 

Ce qui est vraiment difficile, en vérité, c’est de continuer à porter, comme vous le faites, des valises pleines de rancœurs, de peurs, de jalousies et d’œillères. C’est bien le manque de simplicité qui vous ralentit, pas l’apparente complexité des horizons que je vous présente !

 

Si l’on vous dit : « Il faut aimer », votre premier réflexe va être de vous demander : « Qu’est-ce que cela va me rapporter ? » Tout ce qui est à épurer dans votre monde se trouve assez bien résumé là, me semble-t-il. Ceux qui se manquent à eux-mêmes, craignent, par ricochet, de manquer de tout. Alors, ils envahissent ce qui est à leur portée, ils se protègent et exigent toutes les garanties.

 

« Si j’ouvre mes portes, si je me simplifie, si je me mets à aimer, ai-je une assurance tous risques ? » Voilà sur quel mode vous fonctionnez. Non, ce sont les garanties qui vous coupent les ailes et vous interdisent de pivoter sur vous-mêmes pour découvrir de quoi est fait votre décor, puis l’envers de ce décor.

 

Alors, tu vois, en résumé nous sommes là pour vous demander : « N’avez-vous pas envie et besoin maintenant d’une grande, très grande simplification ? »





 

La Porte de Jade

 

 








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Orphée - dans Mystères et Paranormal
26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 16:29


Une vision différente du bonheur

 


A la base, on pourrait simplifier les choses en disant que c’est votre conception du bonheur qui est fausse. Elle est pervertie par une vision statique et égoïste des lois qui régissent l’univers. Vous vous imaginez que le bonheur représente l’absence de difficultés et la suppression de toutes les interrogations. Pourquoi donc ? Etre heureux n’a jamais signifié ne pas se trouver confronté à des obstacles, mais savoir prendre de la hauteur par rapport à ceux-ci. Comprends-moi, la Vie est, par définition, une dynamique qui pousse tout ce qui se place dans son courant à aller de l’avant. Et aller de l’avant, c’est bâtir, c’est se métamorphoser, donc se trouver régulièrement confronté à des portes à franchir, à des rapports à redéfinir, à réinventer, à des ponts à lancer. Cela signifie l’inverse de l’action de tourner en rond, le contraire d’un ronronnement. C’est la volonté du dégagement de la léthargie des habitudes…

 

 

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Une question jaillit, que l’on m’a d’ailleurs posée, à moi-même, cent et cent fois.

 

- Me parles-tu alors de l’apprentissage de l’insécurité voire de l’inconfort ?

 

- Pas du tout. C’est plutôt l’un des apprentissages de la sagesse, la dédramatisation des situations qui viennent vers nous… ou vers lesquelles nous choisissons d’aller.

 

D’ailleurs, la notion d’insécurité que tu évoques est extrêmement relative. Changer de lieu de résidence chaque jour, ainsi que le font par obligation certains voyageurs, sera vécu par quelques-uns comme déstabilisant alors que, pour d’autres, ce sera synonyme de plaisir et de découverte. C’est le regard de l’âme, le type de soif qui l’habite, qui fournissent leur définition à ce que nous vivons. Rien d’autre, tu le sais. Chacun ou presque est forcé de le reconnaître mais, aujourd’hui, il est temps d’apprendre à le vivre. Vous ne pouvez plus vous contenter de mots.

 

Revenons au bonheur… Je te faisais remarquer que celui-ci passe obligatoirement par l’acceptation constante de l’idée de transformation. Cela veut dire qu’il naît d’un rapport particulier à entretenir avec les chemins tortueux de la vie, donc ses souffrances. Cela veut dire aussi que c’est notre ouverture ou notre fermeture face aux enseignements de notre existence qui font que l’on invite chez soi la possibilité d’être heureux ou qu’on la rejette, en se complaisant dans le rôle de la victime. Cela veut dire enfin que le bonheur est un état de conscience qui se crée. Il n’y a pas à attendre qu’il vienne à nous. Il y a, au contraire, à apprendre à… « tourner sa clé de contact » en nous. Et tout cela s’opère, d’abord, par un acte de volonté. Son approche reste, par conséquent, différente pour chacun, tout comme son point de naissance, d’éclosion et de perception.

 

Et la merveille, vois-tu, c’est que le bonheur demeure à élaborer sans cesse. Il ne peut pas se prolonger dans l’immobilité. Il n’a alors rien à voir avec le calice d’une fleur tellement ouvert qu’il suggérerait déjà son flétrissement ! Sois-en certain, le bonheur véritable peut plutôt se comparer à une fleur en constant déploiement de ses pétales et qui vivrait toujours dans son printemps. En fait, il s’agit d’une approche de l’apprivoisement de l’âme à l’éternel Présent…



 

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- L’éternel Présent… Ca, c’est un grand mot, non ? Une grand idée, de celles qui font sourire ou qui font un peu peur…

 

- C’est vrai mais, encore une fois, parce que l’on ne se donne pas la peine d’y réfléchir. Tu l’as déjà dit toi-même, le temps est une dimension dont l’un des aspects est d’être lié à l’attitude psychologique. En général, sur Terre, on se ferme l’accès à la perception du bonheur, ne serait-ce que parce que l’on se projette constamment vers le futur. Personne ou presque ne se donne la chance de dilater l’instant présent dans son cœur et d’y goûter, c’est-à-dire de le laisser parler dans ce qu’il a à nous apprendre. Vous êtes sans cesse absorbés dans une course à un « autre chose » qui ne vient jamais parce qu’il ressemble à la ligne d’horizon. Certes, le présent peut être douloureux et l’espoir placé en un lendemain meilleur peut servir, fort heureusement, de bouée de sauvetage au milieu d’une mer parfois déchaînée. Pourtant, cela ne contredit en rien ce que je te propose. Il y a toujours un espace en soi, dans le moment présent, qui peut nous permettre de plonger aux racines de ce qui fait germer le bonheur. C’est un apprentissage qu’on décide un jour avec soi-même. Dans un premier temps, il est question de mieux maîtriser ses colères, ses révoltes, ses angoisses, de visiter ensuite les abords de la sérénité puis, enfin, d’appréhender une nouvelle définition du bonheur.

 

- Tu cherches à me dire que celui-ci résulte d’un état de non dualité et de non-rébellion par rapport à ce qu’on peut appeler le courant de Vie… ce fameux courant ou champ d’énergie qui sait ce qu’Il veut et pourquoi.

 

- Ce n’est pas si mal défini… L’ampleur de notre bonheur sera toujours proportionnelle à celle de notre sagesse.

 

- Alors là, je t’arrête encore car voilà justement un de ses mots fourre-tout qui semble, de nos jours, si désuet et déconnecté du quotidien qu’il provoque souvent des réflexions ironiques. Tout le monde rêve de la sagesse, mais personne ne sait ce que cela veut dire…

  


 

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Ton monde est-il exclusivement peuplé par des sages ? Là aussi, je m’entendrais dire : « Comme cela doit être ennuyeux ! »

 

- Bien ennuyeux ! Oui… surtout si vous persistez à imaginer les sages comme des yogis ou des moines passant leur vie dans l’austérité et assis en lotus au fond de quelque cellule ! Il y a vraiment des schémas à désincruster de votre inconscient collectif, ne crois-tu pas ? Tant de choses à dépoussiérer ! Sagesse et bonheur poussent sur le même arbre ! On les emploie toujours au singulier alors qu’ils offrent de si nombreux visages…

 

Quelques hommes développeront, certes, une forme de sagesse dans le silence d’un cloître, cependant que d’autres en goûteront une d’une saveur bien différente sur le pont d’un bateau, les yeux caressant la crête des vagues. Il y aurait mille exemples à te citer ! Quant à nous, notre sagesse consiste à identifier les lois universelles afin de mieux nous fondre dans leur rythme. Elle consiste aussi à parfaire ces lois. Oui, cela peut paraître étonnant de songer à parfaire la Création. Pourtant, cela répond à une logique profonde, car n’oublie pas que l’univers lui-même n’est pas fixe, mais susceptible de croissance. Il ne peut, d’ailleurs, s’empêcher de croître, faute de quoi il imploserait. Cela, c’est une de nos découvertes fondamentales.

 

Oui, la nécessité de participer à l’expansion et au perfectionnement de la force de Vie dans tous ses aspects est le moteur fondamental de notre joie. Cette vision alimente notre propre élan vital. La Création est vraiment une œuvre collective, une œuvre d’artistes et d’amoureux. Le jour où vous comprendrez que c’est votre rapport de cœur avec la Puissance de Vie qui façonne la structure de l’Univers, vous sortirez de l’ornière dans laquelle vous vous êtes enfoncés.

 

 

Notre divinisabilité

 

Et lorsque je dis rapport de cœur, vois-tu, je te rappelle l’existence de ce potentiel capable de modifier à l’infini la structure moléculaire de tout ce qui est. Mais, de toute évidence, pour pénétrer au centre de cette dynamique, il faut reprendre conscience de soi, de sa force, de sa noblesse fondamentale. Il faut se savoir divinisable. C’est cela, d’abord, qui nous caractérise par rapport à vous. Le laid et le médiocre ne font plus partie des « carburants » qui nous font avancer. C’est le résultat d’un choix pour lequel nous avons définitivement opté.

 

- Dois-je alors considérer que ta société a atteint la perfection ?

 

- Ca, c’est la question que je voulais que tu me poses !

 

- Parce qu’elle recentre tout… Parce qu’encore une fois, tu nous perdais de vue en tant qu’êtres humains ! Le parfait c’est le fini, c’est l’immobile. C’est donc l’ennui et, en d’autres termes… le germe du déclin.

 

Ce regard sur le monde fait aussi partie de notre sagesse savoir qu’il y a toujours mieux et plus grand à espérer. Admettre que l’on n’est jamais « arrivé ». Non, ne t’imagine surtout pas que notre société soit sans difficultés. Simplement, celles-ci sont situées sur un autre barreau de l’échelle de Vie et je ne les évoque pas pour la seule raison qu’elles ne correspondent guère à des concepts que vous pourriez clairement saisir.

 


Les atteintes du squelette

 


- Allons, de quoi pourrions-nous parler, aujourd’hui ? reprend la voix.

 

- Est-ce toi qui me poses la question ? J’aurais cru que tu avais tout un éventail de réflexions à me soumettre, comme d’habitude ! Tu as tout de même le privilège de percevoir les choses avec un peu plus d’altitude que moi.

 

- Ce n’est pas pour autant que je perçois le moindre battement de cœur des terriens ! Ce n’est pas pour cela non plus que je décrypte tous les méandres de leurs questionnements. Alors, il faut que tu m’aides. J’ai des clés, mais propose-moi au moins une serrure ! Chaque jour, tu côtoies les interrogations, les soifs, souvent les peurs de tes semblables. Implicitement ne te chargent-ils pas de me – de nous – demander quelque chose de fondamental ?

 

- C’est la souffrance, je crois, qui est le dénominateur commun à la plupart de ceux que je rencontre ou que je ne fais que croiser. Oh, pas forcément une souffrance bien révélée, bien consciente et qui crie ouvertement sa présence, mais une souffrance tout de même, très profonde. Elle ressemble au constat d’une impasse, d’un idéal qui se cherche désespérément, qui s’effrite ou qui, trop souvent, n’est plus…

 

- Ou qui n’a jamais été…



 

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- C’est cela. Et face à un tel désarroi, doublé de lassitude, j’en viens souvent à me dire que la plupart des beaux enseignements font figure de coques vides. Ce sont des semences stériles ou qui germent si peu ! Je rencontre une multitude de personnes qui portent leur existence comme un tricot à l’envers. Exactement comme si elles étaient encodées pour ne pas s’aimer et, par répercussion, ne pas aimer la vie… jusqu’à se complaire de façon malsaine dans cet état. Tout ressort brisé, rien ne semble pouvoir les atteindre dans leur impasse. L’espoir même est étranger à leur vocabulaire. C’est là où je m’interroge sur le sens de ce que nous faisons, sur ta présence et celle des tiens, par exemple. Que peuvent des mots face à l’urgence ? Le plus bel enseignement me fait parfois penser à un squelette…

 

- Mais oui, c’est un squelette, tu vois juste ! Il faut toujours commencer par là… Le squelette n’est-il pas la structure de tout ce qui est appelé à tenir debout ? Pourquoi crois-tu qu’il y ait aujourd’hui, sur Terre, une telle recrudescence de cancers des os ou même d’ostéoporose ? On a beau essayer de trouver toutes sortes de raisons biologiques ou médicales, la véritable cause de cet état de fait tient à autre chose. C’est la perte du sens de sa propre existence, la lassitude, la sensation de l’inutilité, aussi, qui génèrent cela. En résumé, c’est l’impression d’avoir fait le tour de la vie, de ne plus avoir de grande joie à en espérer ou quelque chose à y créer qui prive le tronc et les branches de leur sève. Ne crois pas que cela ait quelque chose à voir avec la beauté et la force d’une âme. Non, cela traduit sa fatigue et sa déception. Alors, vois-tu, même si quelques mots, quelques pages, quelques livres ou quelques paroles lancées à tous vents ne font que dessiner un squelette, c’est déjà très beau ! Un squelette suggère toujours des lignes de force selon lesquelles l’élan vital va se déployer. Est-ce cela que tu appelles mort ou désespoir ? Moi, j’y vois une base cohérente, une structure organisée.

 

Cependant, tu as cent fois raison lorsque tu parles d’encodage. Vous vous êtes globalement laissés encoder – et vous vous encodez aussi mutuellement – par le champ de force du non-amour. Dès lors, tout devient fardeau, défaite, fatalité… Et vous portez votre vie comme un vêtement à l’envers, tu l’as parfaitement exprimé.

 

Mais réfléchis bien, enfiler un vêtement sur son envers cela peut, quand même, servir à quelque chose… On en laisse apparaître l’étiquette avec sa marque de fabrique et la composition du tissu. Autrement dit, par analogie, lorsque l’on vient à expérimenter cette facette de la vie qui consiste à la porter et à la subir, d’une étrange façon, il y a forcément des choses que l’on dénude. L’étiquette, tu l’as compris, c’est notre essence, notre origine, notre âme… et c’est cette dernière que l’on met en évidence. C’est elle que l’on est enfin obligé de laisser parler !

 

Il y a des enfants avec lesquels il faut nécessairement s’adresser en douceur si l’on veut espérer les aider. Il en existe d’autres, cependant, face auxquels il est préférable, de toute évidence, d’emprunter une voie de plus grande fermeté. Eh bien, la population terrestre est globalement semblable à ces derniers… En parfaite pédagogue, l’intelligence de Vie impose sa fermeté là où il y en a besoin. Parce qu’elle voit loin, parce qu’elle ne simule pas l’amour, mais aime vraiment.

 

Elle ne punit jamais mais laisse simplement se brûler un instant ceux dont l’âme ne s’est pas encore assez rassasiée de la souffrance, de ses fausses pistes et de ses impasses.

 

Ainsi, porter sa vie à l’envers, c’est une autre façon d’apprendre à vivre, un moyen, peut-être douloureux mais radical, de détricoter notre cotte de mailles de mensonges.

 

- Et crois-tu que l’on puisse vraiment retricoter quelque chose d’autre à la place ? Chacun peut comprendre le sens de ta théorie mais, si l’espoir demeure absent…

 

- D’abord, ce n’est pas une théorie, ensuite il n’y a rien à retricoter parce que la présence du Vivant ne cesse jamais, malgré les apparences, d’être au fond de chacun. On apprend seulement à accoucher d’elle, c’est-à-dire à mettre à jour, selon notre rythme, notre source d’espoir, notre créativité et finalement notre puissance de construction. C’est justement pour aider à cela, vois-tu, qu’aujourd’hui, à nouveau, nous entrons dans votre temps.

 


Mille et une formes d’intelligence

 


- Lorsque tu dis « mon peuple », est-ce seulement par opposition à celui de la Terre, ou veux-tu sous-entendre qu’il y en a d’autres, dans l’espace, qui n’adoptent pas le même comportement que le tien ?

 

La voix se met à rire au fond de moi avec des accents qui sont, cette fois encore, presque ceux d’un enfant. Pour peu, elle me donnerait l’envie de refermer mon cahier et de rire avec elle ou de bavarder, sans but, juste pour le plaisir de vivre.

 

- Je me demandais bien pourquoi tu ne me l’avais pas encore posée, celle-là !

 

- Sans doute parce que je la trouvais de second ordre…

 

- De second ordre ? Pour qui ? Rien n’est de second ordre à partir de l’instant où cela déchire des voiles. Trop de choses ont été occultées ! Et puis, d’abord, réfléchis… Ouvrir une lucarne de plus sur l’immensité de l’univers, c’est en même temps ouvrir une grande fenêtre à l’intérieur de soi. A force de ne pas dire les choses, de les cacher, on finit par les contraindre à s’échapper de façon appauvrie et déformée. Alors oui, abordons vraiment la question…



 

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Lorsque je te parle de mon peuple, ce n’est pas seulement par rapport au tien. C’est pour marquer la différence avec d’autres aussi qui ont appris à voyager d’un monde à l’autre, mais sans être toutefois habités par la même compréhension de la Vie.

 

- Tu veux dire que ceux-là n’ont pas du tout le même idéal que le vôtre.

 

- Attends…. Pourquoi parles-tu d’idéal ? Ce qui nous anime n’a rien à voir avec un idéal ! Un idéal, c’est une vision philosophique. C’est une idée pour un temps, un aliment pour une mentalité dont on voudrait faire la référence absolue. Nous avançons dans la métamorphose, nous nous sentons gouttes d’eau dans le courant de la Vie. Nous observons les principes de ce courant, nous les éprouvons au-dedans de notre être et cherchons à les accompagner dans leur mouvement. Alors, il ne s’agit pas d’un idéal mais bien d’une recherche de fusion. Et, crois-moi, il y a là bien plus qu’une subtilité de langage !

 

Enfin, oui, pour reprendre ta question, il existe tout à fait d’autres peuples qui fonctionnent différemment du mien et qui vous rendent visite, au point de brouiller les cartes par rapport à tout ce dont nous avons déjà discuté. Certains d’entre eux sont neutres et observent avec une curiosité d’anthropologue les bizarreries comportementales qui fleurissent plus que jamais aujourd’hui sur Terre. D’autres observent aussi, mais interviennent en fonction de leurs intérêts à court ou moyen terme. Vous devez essayer de comprendre qu’il y a mille et une formes possibles d’intelligence et autant de visions de l’ordre des choses. Ces dernières sont dictées, la plupart du temps, par l’intérêt de ceux qui les éprouvent.

 

Un animal, par exemple, développe une intelligence différente de la tienne. Pas moindre, mais différente, basée sur d’autres priorités, d’autres rapports avec l’univers. Un non-terrestre manifestera, de la même façon, une intelligence autre que celle d’un terrestre. Pourtant, il ne sera pas nécessairement plus avancé en conscience par le simple fait d’avoir maîtrisé l’espace et acquis une forme de technologie encore inconcevable dans ton monde. N’est-ce pas simple à comprendre ? Ainsi, vois-tu, lorsque je dis « mon peuple », je ne pense pas « ceux de ma planète ». C’est ma façon d’évoquer aussi tous ceux de notre univers que nous avons pu rejoindre et qui s’unissent à nous dans nos efforts afin que s’expanse l’élan de Vie… donc l’Amour.

 


Une lutte d’influence

 


- Tu me confirmes, en fait, qu’il existe bien une… Fraternité galactique… exactement comme dans certains scénarios de science-fiction !

 

- Disons plutôt une Alliance, basée sur le respect du développement de la conscience au sein des grandes lois universelles. Le terme de Fraternité est trop orienté, à mon sens. Il ne rend pas compte de l’extrême diversité, parfois, des planètes qui se sont unies et conjuguent aujourd’hui leurs efforts vers la Terre.

 

- Est-ce que tu veux dire que la Terre est le seul monde qui mérite une telle convergence de regards et d’intérêts ?



 

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- Pas du tout, mais elle est présentement la seule dans ce… quartier de la galaxie, si tu me permets l’expression. Elle est extraordinairement belle ! C’est aussi une sorte de jardin d’acclimatation pour des espèces variées qui connaissent des problèmes de croissance. Elle attire les curieux, fait des envieux, donne des idées et lance un continuel appel à l’aide auquel nous nous efforçons de répondre avec le discernement dont nous sommes capables. Pour nous, il est certain que la Terre représente un enjeu. En dehors de ce que sa population y apprend et qui concerne chacun de vous sur le plan individuel, ta planète est le théâtre d’une… lutte d’influences. L’expression ne me paraît pas trop forte.

 

- C’est la première fois, me semble-t-il, que tu utilises le mot « lutte ». Ne me dis pas qu’il existe une sorte de guerre des étoiles entre bons et mauvais qui se disputeraient la Terre !

 

- Ca, c’est la vision de certains humains ouverts à notre réalité, mais en fait, et fort heureusement, c’est d’autre chose dont il s’agit. Qu’il y ait diverses tendances, diverses sensibilités qui manifestent un intérêt pour ce monde, c’est indéniable. Pourtant, il serait vraiment puéril de les classer en bons et en mauvais. Il y a seulement différents niveaux de prise de conscience, donc autant de regards et de motivations. Ceux que vous pourriez qualifier de mauvais ne sont jamais que des êtres qui voient avant tout leur intérêt du moment, leur équilibre, leur pouvoir et même aussi leur survie. Ils sont… ce qu’un certain nombre de terrestre sont actuellement et seraient aussi, à plus forte raison, s’ils parvenaient à poser le pied sur une autre planète. Les notions de bien et de mal sont extrêmement relatives, vois-tu. Qui veut faire le mal pour le mal ? Personne, hormis quelques déséquilibrés ! Ce qui, pour la majorité, représente le mal signifie au contraire, pour certains, le normal, le juste, le bien… parce que leur bien. Mais, il faut reconnaître que la plupart de tes semblables, sur Terre, en sont encore à se préoccuper davantage de leur bien que du bien. C’est là tout le problème.

 

Dans notre action parmi vous, nous avons à composer avec tous ceux qui oeuvrent uniquement pour leur seul profit, qu’ils soient de ta planète ou extérieurs à elle.

 

Alors, oui, j’ai utilisé le mot « lutte ». Pas dans le sens de lutte armée, bien sûr, mais dans l’idée de confrontation de deux niveaux de conscience différents, de leur rencontre et de leur positionnement respectif.




 

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- Quoi qu’il en soit et dans la situation où nous nous trouvons en ce moment, ce sont plutôt apparemment des forces de nature très égotiques, des forces de tassement qui sont les mieux placées dans cette lutte d’influences.

 

- Tu fais bien de dire « apparemment », car la vie nous a appris qu’il était bon de laisser s’essouffler d’elles-mêmes certaines tendances au lieu de se rebeller contre elles. Nous sommes des êtres de confiance, comprends-tu… Beaucoup plus vigilants et agissants qu’il ne paraît.

 

Alors, la meilleure façon de vous aider vous-mêmes et de nous aider dans ce rôle de « superviseurs » que nous avons endossé, c’est de vous engager, vous aussi, dans une confiance active. Incarnez donc, chaque jour, tous les aspects de la force de justesse et de beauté qui vous habitent ! Prenez la ferme décision de ne pas naviguer parmi les récifs d’une dualité simpliste ! C’est ainsi que le seuil étroit de la mutation sera franchi. Vois-tu, il est très facile de revêtir soi-même un manteau d’obscurité dès qu’on lève ouvertement le poing contre ce qui, à notre sens, se montre dépourvu de lumière.

 

Je te le dis, que sais-tu, que savez-vous des détours que l’Amour et la justesse acceptent de prendre pour arriver à destination ?

 

Sans doute bien peu, en effet ! C’est la réponse évidente qui me traverse tandis que mon regard se détourne de l’intérieur de mon être.


.../...

  

   

  

 


 

 

 

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Orphée - dans Mystères et Paranormal
26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 15:09

 

Le nom de Dieu

A-t-on besoin de croire en un dieu ou en une ineffable Lumière pour grandir et semer le bonheur autour de soi ? J’ai vu tant d’adeptes de toutes les fois affaiblir leurs propres « troupes » par des affirmations couleur guimauve et des attitudes inconsidérées ! Tellement peu crédibles et si ennuyeux… Tant et si bien que j’ai souvent eu envie de m’exclamer que, décidément, je n’étais pas croyant mais que je vivais sans limite et que c’était sans doute mieux ainsi !

  

 

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- Dieu ? Rassure-toi… Moi non plus je ne sais pas qui il est ! D’ailleurs aucun de mes semblables ne le sait. Et cela ne devrait pas te surprendre… Je t’ai suffisamment dit de prendre garde aux mots ! Un nom ne définit rien. Il évoque des contours, projette une ombre, nous faisant souvent oublier qu’une ombre… cela se déplace. Alors Dieu, vois-tu… !

 

Cette fois, je ne l’ai pas sentie venir. La voix a explosé au-dedans de moi comme pour mieux mériter ce qualificatif de « Présence » que je lui donne respectueusement. Avec elle, mon bavardage cesse.

 

- Ecoute-moi bien… Dans tous les univers où la conscience parvient à une certaine forme de maturité, la notion de Dieu, au sens où elle est communément admise sur Terre, est considérée comme absurde et ne correspond à rien d’autre qu’à quelque chose de puéril et de primaire. Dans ces espaces et ces mondes-là, chacun comprend fort bien que Dieu n’est pas une personne, mais une Force, un Champ de Conscience totale qui a la particularité de s’expanser continuellement et aussi de grandir à travers notre propre croissance. Pour mes semblables, le nom de Dieu tente simplement de définir un élan d’Amour inqualifiable. Ce nom esquisse la réalité d’une Puissance incernable qui ne privilégie pas l’humain sur les autres règnes… Une Puissance qui s’exprime analogiquement et en permanence dans tous les domaines que l’onde de Sa conscience génère, imbibe et maintient… c’est-à-dire Tout ! Et, contrairement à ce que l’on croit, tout cela n’est pas sérieux, vois-tu ! C’est joyeux… même si mon vocabulaire demande une petite gymnastique d’abstraction.

 

Alors, chez moi, Dieu a cessé depuis longtemps de revêtir le masque d’un sage barbu ou d’être assimilé à un doigt justicier répondant à une morale humaine. Il se laisse, au contraire, approcher doucement comme la Supraconscience aimante et agissante au moteur de laquelle nous contribuons constamment. Oh non, Dieu, si tu tiens à cette appellation, ne punit jamais ni ne récompense ! Pourquoi ne pas se débarrasser d’un tel schéma vieillot et ridicule ? Dieu représente pour nous cet équilibre de justesse et d’harmonie qui fait que toute forme de vie s’autorégule et grandit en se rapprochant sans cesse de la Source qui l’a générée et à laquelle elle participe par sa seule présence.

 

Ainsi, l’idée de résurrection et le sens profond de la Pâque prennent-ils une autre dimension… Ils rejoignent la notion de mariage, de fusion ou encore de retrouvailles avec cette Force d’Amour primordiale qui ne nous avait jamais abandonnés, mais que nous avions oubliée.

 

- Donc, le problème, c’est bien l’oubli !

 

- L’oubli… dans l’illusion du Temps ! Le problème, ou plutôt sa solution, réside dans le dépassement de ce paradoxe. En réalité, cela revient à dire que tout, absolument tout, est définitivement indissociable de ce fabuleux champ d’hyperconscience que l’on appelle Force Divine. Il n’y a aucun aspect facultatif à sa Présence au cœur du plus petit atome de tout ce qui est. Une telle Présence est un état de fait qui n’a même pas besoin que tu crois ou non en elle. Chaque être, chaque élément de l’Univers, fût-il infime, peut dès lors se concevoir comme une parcelle noble de la Divinité, laquelle a accepté l’aventure de se perdre et de s’oublier dans sa propre Création… et cela afin de pousser cette dernière toujours plus loin.

 

Oui, c’est ainsi… Alors, écris bien que le vieillard barbu que les hommes ont fait à leur image, c’est-à-dire qui pense à la façon d’un terrestre, qui préfère tel peuple à tel autre et dicte ses lois une fois pour toutes comme on rédigerait les règlements d’une classe, fait exploser de rire le Peuple des étoiles !

 


Les religions

 


- Si vous avez cette attitude par rapport à la notion de Dieu, ce qui me paraît on ne peut plus logique, j’imagine que vous ne vous conformez à aucune religion…

 

- Tu vois juste. Simple question de cohérence ! Finalement, qu’est-ce qu’une religion sinon un credo, assorti d’un code de vie et d’un ensemble de rites destinés à donner une espérance, un idéal et un support moral à tout un peuple ? A l’image de la méditation, la religion n’a rien d’un but en soi. Elle peut se comparer à une échelle ou à un sentier qui serpente plus ou moins et on se doit de la respecter comme telle.

 

Mais écoute-moi bien… Dès que l’on s’aperçoit très clairement que l’on porte, en fait, le tracé de ce sentier en soi ou que les barreaux de l’échelle sont dessinés depuis toujours sur l’écran de notre cœur, alors tout prend un autre relief, une autre couleur, une autre valeur. On a envie de respirer comme autant de pères ou de mères sur lesquels on a eu besoin de s’appuyer temporairement pour se trouver soi-même. Si je puis m’autoriser à te parler d’une façon très directe, peut-être même choquante, je te dirai que nous voyons les religions terrestres comme autant de pis-allers jusqu’à présent inévitables et vraisemblablement nécessaires.

 

 
 

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Ce que je t’affirme là ne cherche pas à flétrir la grandeur des maîtres de sagesse qui les ont inspirées. Ceux-ci sont sans nul doute des êtres-racine de par les principes qu’ils ont incarnés. Cependant, ils ne sont aucunement les bâtisseurs des religions qui portent leur nom. Les credo, les concepts figés, les rites, les obligations et les interdits qui ont surgi après eux sont des inventions humaines, des petits points de repères réclamés par vos personnalités et vos appétits.

 

A d’innombrables reprises, depuis des millions d’années, nous avons tenté de vous faire prendre du recul face à ce schéma mais, à chaque fois, le même phénomène s’est reproduit : le rejet presque immédiat de concevoir un horizon illimité et l’empressement à construire des murailles afin de circonscrire le possible déploiement des pensées… puis de la conscience.

 

Devant, ces réflexes bien terrestres, je peux t’avouer qu’il est arrivé à mon peuple d’éprouver quelque lassitude. Oui… Ces mots te semblent étranges dans ma bouche, n’est-ce pas ?

 

- A vrai dire, on imagine mal la déception ou le découragement chez des êtres tels que vous…

 

- Pourquoi donc ? Nous ne sommes guère, je te le rappelle, d’une essence différente de la vôtre. Dès lors, pourquoi les questionnements et les déconvenues ne seraient-ils pas aussi notre lot ? Ce qui nous rend différents, c’est simplement l’altitude avec laquelle nous avons appris à voler en nous-même et donc, par extension, au-dessus de la trame des phénomènes. Nous avons connu, nous aussi, les méandres de votre pensée collective et en avons expérimenté les voies de garage et les impasses. Nous ne nous y sommes seulement pas autant attardés et c’est ce qui crée l’écart que tu constates. Cependant, cela ne signifie pas pour autant que nous soyons des êtres qui déclinent le « je suis » sans interrogations, ni fissures. Nous sommes, avant tout, des cœurs sans cesse prêts à aimer davantage et ouverts à d’autres métamorphoses. Chassez donc de vos esprits toute idée d’une race de semi-robots sans émotions ni possibles défaillances dès que vous pensez aux… non-terrestres !

 

Puisque nous en étions à parler de religions, je ne t’apprendrai sans doute rien en te disant que mon peuple a favorisé l’implantation de certaines d’entre elles sur Terre à des périodes où elles étaient, de toute évidence, les seules béquilles concevables pour une humanité qui se cherchait trop. Mais hélas, il y a très souvent un terrible fossé entre un idéal que l’on implante et la réalité qui le supplante. C’est pourquoi les religions, à de rares exceptions près, sont devenues rapidement des structures dirigées par des humains confortablement installés sur leur pouvoir. Ainsi, se sont-elles changées, par ricochet, en des machines complexes qui verrouillent et conditionnent les consciences au lieu de les propulser vers de vastes horizons.

 

Sans doute trouvera-t-on mes propos bien incisifs, mais je n’en chercherai pas d’autres car il est temps de s’affranchir enfin de toute tutelle morale ou de toute forme de dirigisme spirituel. Je te le dis sans acrimonie, la plupart de vos responsables religieux ont toujours été et sont d’abord des dirigeants, c’est-à-dire des chefs de hiérarchies qui mènent une politique rigide afin d’assurer la continuité et la cohésion de leurs dogmes. Voudraient-ils changer l’ordre de ce fonctionnement qu’ils ne le pourraient pas, ils sont eux-mêmes pris au piège des organisations, maintenant tentaculaires, au moyen desquelles tous les besoins de pouvoir personnel de leur entourage cherchent à assouvir.

 


Créer une batterie psychique

 


- Ne vois-tu pas ces comportements comme une sorte de fatalité, puisque tu parles de vos efforts répétés et sans cesse déçus ? Pourra-t-on un jour casser un tel mécanisme de fonctionnement erroné ? Et puis… si vous réapparaissez aujourd’hui avec force, est-ce parce qu’il vous semble que les données sont différentes ?

 

- Elles sont en effet différentes parce que, malgré tout, la population terrestre vieillit… Je veux dire mûrit en compréhension, même si cela ne semble pas évident à première vue.

 



 

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Notre espoir repose sur cette partie de votre monde qui a accès à un maximum de données, car c’est au sein de l’information que se situe l’une des solutions au problème tel qu’il se présente actuellement.

 

Crois-tu que toutes les conditions requises à une ouverture du champ de conscience puissent surgir au cœur des peuples dont la première préoccupation est la survie quotidienne ? C’est la population de la Terre globalement appelée occidentale qui porte la responsabilité de ce qui se passera dans les années à venir. C’est elle qui détient incontestablement le code d’ouverture des portes menant à une vision différente des choses.

 

Les Occidentaux dont tu fais partie, ou plutôt ceux qui ont accès à la culture occidentale, n’ont pas d’excuse aujourd’hui pour ne pas repenser leur vie. Leurs besoins élémentaires sont plus que satisfaits et ils peuvent puiser facilement dans un gigantesque réservoir d’informations. C’est sur eux que nous comptons donc. Sur la « batterie psychique » qu’ils représentent. Mais pour cela, il faut abattre le mur de la rétention des données édifié par quelques maîtres-censeurs de l’information. Une bonne partie de ta société serait prête à basculer vers une compréhension plus large et plus aimante des choses de la Vie. Il lui manque seulement quelques impulsions capitales contre lesquelles lutte une certaine conspiration du silence… Une conspiration orchestrée par une minorité d’appétits égoïstes qui conditionne et asservit la cheville ouvrière indispensable que représentent les médias.

 


Le principe de séparation

 


- Lorsque tu dis « conspiration du silence », est-ce ta façon d’évoquer ces fameuses « Forces de l’Ombre » dont on parle dans certains milieux ?

 

- Ecoute… Gomme aussi cette expression-là de ton vocabulaire. Non pas parce qu’elle est injustifiée, mais parce qu’elle ensemence la pensée d’une façon beaucoup trop dualiste. Je préférerais que tu dises « Forces de séparation ». Cela me semblerait plus juste et rendrait compte, avec davantage de précision, du grand mécanisme universel qui ne fonctionne pas, lui, que sur le principe du rapprochement. C’est la lumière qui invente l’ombre… Il ne faut pas l’oublier ! Cette Force que vous appelez Dieu est définitivement la créatrice de cette possibilité que nous avons tous de dire non à l’union. As-tu déjà réalisé que c’est la manifestation du Un qui génère celle du Deux ? C’est pourtant enfantin. L’unité contient en elle-même toutes les potentialités de la multiplicité. Le principe de séparation, vois-tu, fait partie du Jeu.

 

 

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- On peut facilement accepter cela sur le plan des idées mais, quotidiennement, avoue que c’est un peu désespérant ! Comment ne pas devenir fataliste si la séparation nous guette invariablement au détour du chemin ? Je n’ai pas l’impression que ce soit avec de pareilles constatations que le récit de notre discussion sera constructif.

 

- Je m’attendais tout à fait à une telle réplique ! Mais tu fais bien… Nous bavardons entre amis et il faut vider les vieux tiroirs à objections ou à arrières-pensées !

 

- Alors qu’as-tu à me répondre ?

 

- Qu’effectivement, il y a toutes les raisons de devenir fataliste si on considère la Vie comme un travail du genre combat. Le concept naïf du « Bon Dieu » implique d’emblée celui du « Mauvais Dieu », ce qui revient à dire qu’il y aurait deux dieux de force égale qui se renverraient éternellement la balle. On tourne en rond avec ce regard partiel qui s’en tient au mouvement du balancier. Le tout reste à savoir qui tient justement le pendule, qui l’a conçu ! Et pour répondre à la question, il n’existe pas d’autre solution que d’aller voir au-delà de la pensée, derrière les concepts du Un et du Deux, dans cet espace entre les faits et les idées, là où prend sa source le Jeu, là où ta supraconscience émerge. En d’autres termes, se prendre au jeu de l’existence, c’est tomber dans le piège du labeur et de la lutte duelle, alors que rejoindre le Joueur au cœur de la Vie, c’est participer à l’essence du bonheur.

 

- Si je comprends bien, lui dis-je en décrispant mon front, la pensée qui anime ton peuple repose sur l’attitude qui consiste à ne pas se concevoir comme étant en équilibre instable sur un fil tendu entre le bien et le mal, ou encore à ne pas se voir suspendu à une sorte de pendule qui oscille.

 

- Je t’arrête tout de suite… Il ne s’agit aucunement de ne pas se concevoir ou de ne pas se voir, car tout cela reste de l’ordre des concepts. Il s’agit de savoir, de comprendre que rien de cela n’est consistant, que nous ne sommes ni le support du Jeu, ni ses pièces, pas même les mains qui vont déplacer celles-ci mais, tout à la fois, le concepteur du Jeu, le Jeu, ses pièces et ses acteurs. Dès lors, dis-moi comment il pourrait y avoir en nous un perdant et un gagnant ! Et je te l’ai déjà dit, ce n’est pas une philosophie qui donne son équilibre au monde d’où je viens, mais une volonté de rapprochement avec l’immensité de ce qui peut se deviner derrière l’apparence d’une philosophie.

 

- Et l’amour dans tout cela ? Tu l’évoques encore si peu…

 

- A dessein. Parce qu’il faut en parler autrement, parce qu’il est devenu une sorte d’ingrédient mal défini dont on saupoudre toutes les soupes… L’amour, bien sûr, restera à jamais le ciment du Tout. Il est volonté.

 

- Comment cela ?

 

- Oui… Il est décision, résolution d’inviter le Concepteur du Jeu en soi ou encore d’aller Le rejoindre, ce qui revient au même car, en vérité, il n’y a ni dedans, ni dehors, ni haut, ni bas.

 

- Je te disais bien que cela donnait le vertige ! Nous voilà suspendus au milieu de rien !

 

- Ou au milieu de tout, au milieu du Tout… donc un peu plus près du Souffle créateur. Ce n’est pas si mal, non ?

 


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La nuit qui vient de s’achever n’a pas été ordinaire. Il s’en faut de beaucoup. Une fois de plus, je me suis retrouvé dans un espace qui n’était pas celui de ma chambre, une sorte de sphère de lumière au sein de laquelle je marchais lentement. Une fois de plus ainsi, j’ignorais comment j’étais arrivé là et vers où je me dirigeais. Evidemment, on va me dire : « Tu rêvais !… » Mais chacun sait ce que c’est qu’un rêve et j’ai tout de suite vu qu’il s’agissait d’autre chose et que ma conscience avait bel et bien été happé par un autre canal de vie. J’ai donc avancé un peu au cœur de la lumière et je m’y sentais si merveilleusement bien que je ne doutai pas un instant que j’allais rejoindre quelque chose d’extrêmement familier. C’est alors que devant moi est apparue, dans la blancheur, une silhouette humaine. La même que deux semaines auparavant.

 

Aussitôt, je me suis dit, comme par réflexe : « Elle va s’estomper… Je vais me retrouver dans mon lit et ce sera difficile. » Mais non, rien de tout cela n’est arrivé. J’ai même remarqué que la silhouette marchait vers moi. Bientôt, nous nous sommes trouvés à une très faible distance l’un de l’autre et c’est à cet instant que j’ai eu une incroyable surprise… Je devrais même dire un choc.

 


 

 

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L’être qui se tenait là n’était pas un homme ainsi que je me l’étais imaginé, mais une femme ! Une grande femme au corps très svelte et dont le sourire évoqua aussitôt en moi une image très bouddhique. Je crois bien que mes pensées se sont alors suspendues, car il y avait dans sa présence quelque chose d’énigmatique, de déconcertant tout autant que de rassurant. Je peux dire que, pendant quelques instants, j’ai connu là une véritable paix.

 

Aucune émotion en mon âme… Non. Je me laissais seulement bercer par l’extraordinaire certitude d’être au centre de moi-même et dans une réalité plus concrète que celle de mon quotidien.

 

La femme qui se tenait toujours à quelques pas de moi était jeune, mais assurément pas de cette jeunesse à laquelle nous sommes tous habitués. Elle était différente, tant et si bien qu’en rédigeant ces lignes, je serais plutôt tenté de dire qu’elle ne devait pas avoir d’âge, c’est-à-dire que le temps, tel que nous le connaissons, ne pouvait pas assurer de prise sur elle et qu’elle était donc, peut-être, en réalité, très vieille. J’ai juste eu la possibilité de remarquer le contour parfait de ses traits, le flot ondulé de ses cheveux mi-longs et la clarté de son regard… puis ce fut tout ! Comme si quelque volonté avait actionné un interrupteur en mon centre, je me suis retrouvé à nouveau dans mon lit. Cette fois-ci, je n’y étais plus assis, mais les yeux grands ouverts ainsi qu’en plein jour.

 

Alors, ce matin, j’attends. J’attends une explication. J’attends quelque chose de plus, non pas pour me soulager de mes questions, car je porte encore en moi la paix de cette nuit, mais pour mieux véhiculer toute cette charge d’informations que la vie précipite à travers ma compréhension.

 

- Tu as été surpris, n’est-ce pas ?

 

- A vrai dire, je ne m’attendais pas…

 

- A ce que ce soit une femme qui te parle ?




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- Oui, je le reconnais… Nous vivons dans un monde qui induit tant de réflexes que l’on n’a plus même conscience de ceux-ci ! Evidemment, ce matin en t’entendant à nouveau, je perçois bien tous les accents féminins de ta voix. J’ignore comment je ne les ai pas identifiés tout de suite, alors que maintenant cela me paraît évident.

 

- Non, ce n’était pas si évident que cela. Dans le monde d’où je viens, la différence entre les sexes est réellement moins marquée que dans le tien. Elle existe, bien entendu, mais nous la considérons comme tout à fait secondaire car les deux sceaux complémentaires de la Vie s’impriment en tout être de façon équilibrée. Nous avons intégré le fait que chacun de nous est à la fois homme et femme dans son essence première et que c’est seulement la personnalité incarnée qui opte pour un sexe en fonction de ce qu’elle fixe comme but. Cela ouvre des horizons merveilleux et, lorsque tout cela est bien intégré, cette prise de conscience ne crée aucune ambiguïté ou ambivalence. Je suis bien une femme et non un hermaphrodite !

 

Néanmoins… permets-moi de te dire que ton réflexe de m’associer d’emblée à une présence masculine est révélateur de l’orientation de ton monde.

 

- Je l’avoue, oui… C’est comme si on n’accordait la faculté d’être messager ou instructeur – car tu en es bien un, même si tu t’en défends – qu’aux seuls hommes. Evidemment et heureusement, il existe quelques grandes figures féminines, mais en proportions…

 



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- Et à quoi cela est-il dû, à ton avis ? Y aurait-il moins d’âmes féminines ayant accès à une forme de réalisation intérieure ? C’est à moi de te poser la question, cette fois-ci !

 

- Je me suis toujours dit que c’était relatif aux cycles qui ponctuent l’histoire de l’humanité. Sur Terre, il est clair que nous avons la mémoire courte, mais il me semble qu’il y a forcément eu des périodes de notre évolution durant lesquelles la sensibilité féminine prédominait et remplissait plus officiellement que maintenant la fonction d’éveilleuse. Je peux bien concevoir pourtant que ce n’est qu’un aspect de la question.

 

- En réalité, la pensée, disons… de polarité masculine, qui domine aussi chez certaines femmes, induit par nature un comportement « invasif », ce qui présente des avantages et des inconvénients.

 

- J’imagine que les avantages se manifestent par un côté constructif, entreprenant et structurant.

 

- Oui. Quant aux inconvénients, on peut les résumer par une tendance systématique à étouffer tout ce qui ne lui ressemble pas, tout ce qui ne s’aligne pas sur le modèle décrété juste. Ainsi, y-a-t-il eu beaucoup plus de femmes qu’on ne croit qui, dans les millénaires passés, ont atteint une véritable maîtrise. Les projecteurs de la société masculine se sont seulement refusés à les éclairer. Elles ont ainsi été étouffées, privées de toute possibilité de reconnaissance publique.

 

- Ce que tu confirmes là à de quoi entretenir l’éternel conflit des sexes !

 

- Pas du tout. Je te parle de « société masculine », pas des hommes par opposition aux femmes. Nombre de femmes trouvent d’ailleurs leur juste place dans une telle société, au point de l’entretenir férocement. C’est moins une question de spécificité physique que de polarité dans la sensibilité et c’est précisément une telle notion de polarité qui fait preuve d’un bel équilibre dans le monde d’où je viens.

 


Bonheur et rapports de forces

 


- Je brûle d’envie de te poser une question en rapport avec une remarque que j’ai souvent relevée. Dès que quelqu’un se met à évoquer la possibilité d’un monde où l’harmonie présiderait au niveau des rapports hommes-femmes, on entend fréquemment : « Heureusement que c’est utopique, car un tel monde serait très ennuyeux. » On dit en quelque sorte, et nous l’avons déjà évoqué : « L’équilibre ne raconte rien, le bonheur n’a pas d’histoire et, par chance, cela n’existe pas ailleurs que dans les rêveries. » Comment vois-tu cela, toi qui, justement, m’assures vivre dans une telle société ?




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- Oh, la réponse est simple et c’est toujours la même ! On se bâtit sans cesse les remparts et les impossibilités que l’on veut bien. Si on a l’âme et le cœur semblables à une forteresse, comment pourrait-on penser la vie autrement qu’en rapports de force ? Dans un contexte comme celui-là, chacun est perpétuellement en train de fourbir ses armes et de s’en servir. C’est, dès lors, la seule façon que l’on a de trouver un sens à sa vie. La lutte et les souffrances qui en résultent deviennent les uniques moteurs de l’existence. Il s’agit d’un mécanisme infernal dont on remonte sans cesse le ressort par un réflexe ancestral et puéril qui fait que tout ce qui ne lui ressemble pas est systématiquement considéré comme irréalisable. Voilà pour l’utopie !

 

Quant au bonheur qui n’a rien à raconter, c’est encore une vieille notion terrestre difficile à déraciner et qui traduit, à elle seule, tout le malaise de ta société. Dis-moi pourquoi l’absence de conflit serait-elle perçue, de façon plus ou moins avouée, comme source de monotonie et même d’ennui ?

 

- Sans doute, j’imagine, parce que l’équilibre, l’harmonie et donc le bonheur sont assimilés à une plaine sur laquelle rien ne se passe, alors que les rapports de forces évoquent plutôt des montagnes à gravir où des océans à traverser, en résumé quelque chose de stimulant qui attire, même s’il fait peiner.



 

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- Toi qui sais aujourd’hui à quoi je ressemble… Dis-moi. Ai-je l’air morose ? Ai-je le regard d’un être qui s’ennuie et qui flotte à la surface d’un lac sans ride ?

 

En entendant une telle question, je sens un sourire se glisser au coin de mes lèvres. La réponse est évidemment non… Non, le type de bonheur qui habite mon interlocutrice évoque sans conteste l’inverse de l’uniformité d’une mécanique trop bien huilée. Ce bonheur-là, son bonheur, illustre sans doute le secret, celui que nous cherchons tous.

 

- Mais pourquoi toujours parler de secret ? Il n’y en as pas ! Il n’est question que d’incompréhensions, c’est-à-dire de visions erronées de l’ordre naturel des choses. Aucune force ne s’est plue intentionnellement et arbitrairement à dissimuler certaines vérités aux humains que vous êtes. C’est vous qui faites, en toute liberté, l’expérience d’une impasse. Vous vous comportez comme des mouches capables de se heurter, parfois pendant des heures, contre la vitre d’une fenêtre, à la recherche de l’air et d’une plus grande lumière. Changez de direction ! C’est tout…

 

 

.../...
 

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Orphée - dans Mystères et Paranormal
26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 11:57

Le stade du vertige

 


- Puis-je te parler de vertige ? Je ne sais si tu perçois à quel point tout ce que tu me dis et me fais aussi vivre, par la même occasion, a de quoi donner le vertige à la quasi-totalité de mes semblables. Ta présence, les mots que tu emploies et ce que tu suggères de ton monde sont empreints d’une telle hauteur et d’un tel idéal que tout cela est nécessairement baigné d’une aura d’inaccessibilité qui peut inquiéter et même faire peur.

 

- Nous le savons bien. D’où l’intérêt de te parler à bâtons rompus ainsi que j’ai entrepris de le faire. Pourtant, il ne faut pas se leurrer. Quel que soit le degré de proximité que nous puissions donner à ce dialogue, son existence et son déroulement sont conçus pour créer ou élargir une brèche de plus dans la conscience humaine. Le stade du vertige se montre donc inévitable. Lorsque l’on agrandit une demeure, on sait très bien que, pendant un certain temps, on va devoir vivre parmi les gravas, les matériaux nouveaux, les échafaudages et aussi les ouvriers dont la présence nous dérangera sans doute dans nos habitudes. C’est le prix de l’expansion ! C’est l’inconfort qui préside toujours à l’apparition d’un mieux-être. Est-ce trop cher payer ? Est-ce trop perturbant ? Alors, il ne faut pas que l’humanité terrestre se plaigne des maux qui sont les siens. Il n’est pas cohérent non plus que ta société traîne ostensiblement son mal de vivre comme un vieux havresac, si elle n’a pas l’audace de risquer le vertige.


 

dimensions petites

 

 

 

Le déséquilibre a une fonction enseignante, ne l’oublie pas ! Nous aussi, rassure-toi, il nous arrive encore de la connaître cette zone de trouble dans laquelle les repères usuels s’estompent. Fort heureusement d’ailleurs, car elle est le signe de notre capacité de renouvellement, donc d’émerveillement. La pétrification, la fixité et, globalement, tout réflexe d’immobilisme sont synonymes d’une stagnation que l’on ne trouve pas même au sein de ce que vous appelez la mort. Combien de tes contemporains sont plus morts que la mort pour ne pas oser vraiment courir le risque de vivre !

 

- Si je comprends bien, ne puis-je m’empêcher de commenter, c’est la raison pour laquelle les anges, ou ceux qui tentent de s’en rapprocher, sont toujours des êtres… zélés !

 

- C’est tout à fait cela ! Les ailes de la conscience ou le zèle de la confiance ne poussent qu’avec le goût de l’aventure !

 

- Pourquoi ne dis-tu pas « les ailes de la pensée » ?

 

- Parce que la pensée, au risque de te choquer, demeure un sous-produit de la conscience… La pensée est une manifestation intermédiaire de la Vie qui cherche à incarner quelque chose. Elle représente un outil, un instrument, mais elle n’illumine pas, car elle n’est ni la Source, ni le but. Elle change de forme ou de fonctionnement selon les nécessités et ne sera jamais qu’une sorte de langage, une courroie de transmission inventée par la Source originelle. La pensée génère un savoir, tandis que la Connaissance intuitive, fruit de la pure Conscience, exprime l’essence même de la Vie.

 

- Mais tout cela reste bien compliqué !

 

- Parce qu’on ne se donne pas la peine d’y réfléchir… Parce que l’on conçoit mieux passer du temps à jongler avec un programme informatique que de se pencher sur ce qui nous fait vivre ou, au contraire, nous asphyxie.

 

Peux-tu me dire s’il existe, sur Terre, une Ecole qui a à son programme un cours de bonheur ? Non, on apprend à penser, c’est-à-dire à tricoter des théories avec des idées pour former d’autres idées et cela à l’infini. On s’en tien là ! Jamais on n’évoque l’art d’être heureux, c’est-à-dire l’art de se rejoindre soi-même sans poser de limite à notre propre potentiel d’illumination.

 

- Peut-être parce que l’on trouve cela ennuyeux ! Il est courant d’affirmer que les gens heureux n’ont pas d’histoire…

 

- C’est pour cette raison que nous prenons à nouveau la parole aujourd’hui. Le bonheur peut, en effet, paraître ennuyeux si on l’enferme dans un code de pensée, si on le boucle à double tour dans une prison dogmatique. Le bonheur, c’est un autre mot pour l’Amour. Ainsi, dis-moi, comment peut-on aimer ce qui suggère un enclos, avec des barbelés d’obligations et d’interdits ?

 


Tuer les émotions ?

 


(…) Ma poitrine tout entière s’est mise à déborder d’une joie invraisemblable… Je continuais à regarder l’être, ou du moins ses contours, et aucun autre mot ne me venait que : « Merci, merci… ». Je crois que j’ai alors reçu comme l’onde d’un extraordinaire sourire, son effluve peut-être, car mes yeux ne captaient que l’ensemble d’une forme muette.

 

Soudain, j’ai été pris d’un violent soubresaut, puis d’une vertigineuse sensation de chute… J’étais assis sur mon lit, les membres quelque peu tremblants et le cœur battant à tout rompre. Impression de beaucoup trop… ou de trop peu, je ne sais. Pourtant, quel puissant sentiment de manque ou de frustration, ce matin, en retrouvant ma plume et mon cahier. Pourquoi me suggérer une main tendue et puis me l’ôter presque aussitôt ?



 

faucheusemoderne

 

 

 

- Holà, mon ami d’en haut ! M’entends-tu ?

 

Dehors, le ciel est blanc. Aussi blanc que cette page qui attend encore les mots dont j’espère le déferlement en moi.

 

- Holà, m’entends-tu ?

 

- Fais donc un peu de silence ! Ne comprends-tu pas qu’il n’y a justement pas assez d’espace blanc en toi, ce matin ? Tu te parles, tu te racontes… Comment voudrais-tu qu’il y ait assez de place pour nous ? Regarde l’émotion qui est venue s’abattre sur toi, telle une vague et son écume ! Je ne te dis pas de la chasser… Au contraire, vis-la, laisse-la accomplir son travail. C’était beau ? Alors laisse-toi envelopper par cette présence du beau, savoure-la, accorde-lui de se développer jusqu’à satiété. Ne joue pas à vouloir ressembler à ces sages pour lesquels il est de bon ton de ne rien laisser paraître. Vis ce que tu as à éprouver. Après, tu écouteras !

 

La voix se retire de moi, comme happée par l’arrière… et la ronde des minutes commence. Je prends une inspiration et j’essaie de savourer… tendrement… jusqu’à ce que progressivement monte en moi la perception d’une possible imposture.

 

Comment donc ? A en croire certains, il faudrait tuer ses émotions ? Il y a peu de jour encore, j’ai lu précisément cette expression au hasard des pages d’une revue, leitmotiv de tout un courant de pensée. Tuer nos émotions ! En cet instant, cela me paraît insensé et illusoire. Et pourquoi pas tuer notre ego ? Cela aussi je l’ai entendu maintes fois. Dépasser, aller au-delà, oui ! Eviter de se laisser mener par notre personnalité inférieure et son cortège d’émotions dévastatrices, d’accord ! Mais alors, disons plutôt les maîtriser et les sublimer… car tuer sera toujours tuer. Ce sera toujours nourrir ce même réflexe dualiste qui crée de toutes pièces l’ennemi absolu par le simple fait de le désigner. Et il ne me semble pas qu’il y ait d’ennemi absolu dans une vie. Des adversaires à démasquer, sans doute, mais surtout des occasions de se rencontrer soi-même.

 


Un esprit ?

 


- Et si nous reprenions la discussion là où nous l’avons laissée ? déclare soudain la voix en émergeant au-dedans de moi. Je crois que tu m’as déjà demandé si je pouvais me définir comme un « esprit ». Laisse-moi te dire que je trouve ta question plutôt étrange et même drôle ! Bien sûr que je suis un esprit ! De la même façon que toi et tous ceux qui te liront ! Nous sommes tous bien plus esprits que corps ! Les uns et les autres, ce que nous voyons ou ce que nous donnons à voir de nous, n’est rien d’autre que la projection, l’objectivation de la conscience que nous sommes, son hologramme, si tu préfères. Voilà donc encore un mot, vois-tu, qui est peu clair et qui génère finalement plus de confusion et d’idées fausses qu’il n’explique de choses.

 

 

 

 

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- Mais tu sais bien ce que je voulais dire exactement…

 

- Oui, et c’est pour cela que je m’en amuse ! Il faut absolument détricoter toute une façon de penser qui permet aux notions erronées ou vieillies de se multiplier les unes par les autres. Non… ceux qui parlent d’esprits pour définir des êtres désincarnés, devraient bien plutôt parler d’âmes en tant que personnalités-actrices sur un autre canal de vie. L’esprit, c’est vraiment autre chose ! Appelons-le, si tu le veux, supra-conscience. D’ailleurs, si on pousse un peu la réflexion, le mot « désincarné » ne répond pas non plus à une réalité fixe. L’esprit, c’est un principe situé au-delà de l’âme. Un principe qui fait qu’un être demeure lui-même et qu’il prend corps dans un monde, puis dans un autre, tout en revêtant à chaque fois un vêtement approprié, une apparence.

 

- Tu m’approuves donc si j’utilise les expressions la chair de l’âme ou le corps de la conscience ?

 

- Tout à fait. En ne perdant jamais de vue qu’il s’agit d’expressions qui ont aussi leurs limitations ! Elles évoquent des analogies bien plus que des réalités absolues. Ce qu’il y a de plus intéressant en elles, c’est leur aspect poétique car, vois-tu, la poésie est l’art du mariage des essences. En suggérant l’impalpable, elle fait voyager au-delà des contours de la pensée statique.

 

C’est donc tout ce que j’ai à te dire pour « esprit ». Tu as vu à quel point ta question était sans grand fondement !

 

Je te déclarerai, en définitive, que je représente une communauté de non-terrestres. Ainsi, cela résumera l’essentiel, tout en englobant de nombreux aspects de ma réalité. Et maintenant que je me suis identifié, permets-moi de te demander, à mon tour, qui tu es.

 

Je dois avouer que la question de mon interlocuteur me laisse un instant perplexe, car j’imagine que ce n’est pas ma fiche signalétique d’individu vivant sur Terre et dans tel pays qui l’intéresse.



 

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- Note bien qu’il serait intéressant de poser la même question à tous ceux de ta planète, ajoute-t-il sans me laisser le temps de faire le point en rassemblant mes idées. En fait, le problème de l’identité représente sans doute la difficulté majeure que rencontre ce monde aujourd’hui. Personne ne parvient à dire au juste qui il est et à quoi sert sa vie. On peut bien déclarer : « Je suis maçon, médecin, professeur ou commerçant », en affirmant cela on n’a rien dit du tout. On a nommé notre rôle, mais on n’a certainement pas parlé de qui on est. Et le côté douloureux de la question, c’est que l’immense majorité de tes semblables sont incapables d’y répondre, ni même de la formuler, d’ailleurs.

 

- Je suis bien de ton avis, mais qui, actuellement, a le courage ou le loisir de philosopher ?

 

- Voilà justement une réflexion symptomatique d’un état d’engourdissement qui justifierait à lui seul notre intervention sur Terre. Qui te parle de philosopher ? Est-ce manier des idées pour une jouissance intellectuelle que de tenter de savoir qui on est et ce que signifie notre vie ?

 

Je vais te confier un secret. Depuis des millions d’années que notre civilisation observe les mondes et entre en contact avec d’autres civilisations, elle a toujours remarqué ceci : dès qu’un être ou un peuple commence à pouvoir décliner son identité réelle, dès qu’il se rapproche de son origine et trouve, par conséquent, un sens à sa présence dans le Vivant, il perd toute volonté de domination sur autrui. Il oublie tout réflexe propre à créer des rapports de force et tout besoin maladif de conflit. Et surtout, étrangement, il oublie sa peur de vivre.

 

Voilà donc pourquoi cette question : « Qui es-tu ? », est au cœur de ce que mes semblables et moi pouvons, en vérité, apporter à ton monde… si celui-ci veut toutefois s’ouvrir à une volonté de bonheur.

 

Nous ne sommes aucunement des philosophes, du moins pas au sens où vous entendez généralement la philosophie. Nous sommes, au contraire, des êtres pratiques et si nous avons aujourd’hui réalisé ce que nous sommes, c’est parce que nous avons accepté de désamorcer très concrètement les difficultés à leur base. Nous n’avons plus voulu nous raconter d’histoires. Face aux obstacles, nous nous sommes posé de vraies questions pour y trouver de vraies réponses. Cela continue encore et ce n’est ni une démarche spirituelle, ni un acte de foi religieux, ni une attitude scientifique. C’est juste une inébranlable volonté de Vie… Car la Vie est bonheur et émerveillement. Car la Vie ignore le profane et le sacré. Elle est la Vie, belle et indivisible et c’est tout !

 


L’idée de Dieu

 


- Tu emploies le mot Vie de la même façon que certains utiliseraient l’expression « Force divine ». Y a-t-il une notion qui corresponde à l’idée de Dieu dans le monde où tu vis ?

 

- Chaque chose en son temps… Nous parlions d’identité… Ne contourne pas la question !

 

- A franchement parler et compte-tenu de tout ce que tu viens de me faire remarquer, il me paraît bien difficile d’exprimer qui je suis. Par contre, il serait plus évident de tenter de dire ce que je ne suis pas. Je ne suis pas le rôle que la Vie m’a assigné…

 

- … Que tu t’es assigné dans la vie. Sois précis… Continue donc !

 

 


 

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- Je ne crois pas être mes pensées, non plus. Il y a une idée de continuité, une permanence dans ce que je suis que les pensées ne peuvent pas traduire. D’autant qu’il n’y a rien de plus instable qu’une pensée. Mes pensées sont davantage un reflet de ce que je suis, à un moment donné…

 

- Réponds-moi clairement : te caches-tu derrière elles ou sont-elles au contraire ton révélateur ?

 

- Je serais évidemment tenté de dire qu’elles me révèlent… mais j’imagine qu’il y a un piège dans ta question !

 

Au centre de mon crâne, la voix part aussitôt dans un superbe éclat de rire et j’avoue que, n’était l’effort de réflexion qui m’est demandé, je l’aurais déjà imitée car j’ai l’impression d’être devenu un élève qui a entrepris une joute oratoire avec son professeur.

 

- Mais détends-toi donc ! Ose rire ! Pourquoi te cramponner à la notion de travail ? Le but de tout cela, c’est de réaliser le plaisir de vivre, c’est la joie ! La Vie ignore le travail, elle s’amuse ! Toutes vos souffrances naissent de l’oubli chronique de ce principe de base.

 

- Alors, fais-je avec le sourire aux lèvres et en essayant de ne pas éparpiller mes idées, puisqu’il y a donc un piège, il serait plus juste de dire que je me cache, que nous nous cachons tous, derrière nos pensées. C’est cela, n’est-ce pas ?

 


Un espace entre les pensées

 


- C’est plus juste, en effet. Les pensées façonnent… non pas l’être, mais l’individu, c’est-à-dire la personnalité, avec ses multiples strates qui sont autant d’apparences. Celles-ci peuvent refléter l’âme, se comparer à son miroir, mais elles entretiennent surtout le voile opaque qui sépare l’âme de l’esprit. Elles ne permettent pas la connexion directe avec l’essence de ce que tu es. Jamais ! Elles singent le Principe qui vit en toi. Elles sont le langage qui fait que l’on se prend au sérieux !

 

- Alors, c’est simple, arrêtons de penser !

 

- Le pourrais-tu ? Prétends-tu pouvoir te passer d’outil ? Ne rejette pas l’instrument. Apprends seulement à ne plus renverser les rôles. Je veux dire : décide de ne plus être l’instrument des pensées envahissantes qui te traversent et auxquelles tu finis tôt ou tard par t’identifier. Je veux dire aussi : dépasse l’outil, prends-le pour ce qu’il est et va voir au-delà, car c’est là que te trouves.




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Au-dessus de ma tête, sur la verrière, les gouttes d’une petite pluie fine et froide distillent soudain leur clapotis. Il n’en faut pas plus pour que mes oreilles se détournent du dedans de mon être et que je reprenne conscience de ma pesanteur. Tout est là d’ailleurs, au même moment, pour me ravir à la Présence : le crissement des pneus d’une voiture sur l’asphalte mouillé, en bas, dans la rue, le cri enfin d’une de ces premières mouettes qui s’éloignent… Oh, comme il est facile de s’échapper à soi-même ! Qu’est-ce qui est donc le plus vivant, ou le plus vrai en moi ?

 

- Ecoute, reprend la voix qui vient me chercher avec fermeté, écoute… Ce que nous sommes et qui nous sommes peut se laisser entrevoir entre nos pensées, dans cet espace éminemment sacré, totalement vierge et vivant de silence auquel nous n’accordons que rarement d’attention. Tourner la clé dans la serrure ne signifie pas arrêter de penser, mais dilater l’espace qui existe au beau milieu de tous les éléments qui nous traversent et dont on a le réflexe de se parer. Ainsi, tu es véritablement… ce que tu étouffes présentement entre tes pensées.

 

- En fait, tu es en train de me dire qu’il faut méditer. J’en accepte volontiers l’idée, mais ce n’est pas mon opinion à ce sujet qui compte, en l’occurrence. La voie de la méditation me paraît trop austère ou trop chargée de colorations diverses pour que l’on puisse la proposer avec succès à tout un chacun. Je n’ai jamais eu la sensation que le dialogue que tu me proposes ait pour but de conforter ceux qui font un travail sur eux-mêmes dans leur conviction de former une élite. A mon avis, un certain nombre de ceux qui se mettent en marge de la société pour passer quotidiennement d’interminables heures en méditation dissimulent bien souvent un indéfectible sentiment de supériorité derrière un semblant d’humilité.

 

- Aussi, n’est-ce pas de cela dont il est question. Nous savons très bien que le seul terme de méditation fait souvent hausser les épaules et même déguerpir des foules entières. Dans ta société, l’idée de méditer suggère un non-enracinement et une marginalisation toute faite d’austérité susceptibles de fabriquer, avant tout, de doux utopistes.

 

Et quand il arrive que l’on admire ceux qui méditent, on se dit que ce n’est pas pour soi, que l’on voudrait bien mais que l’on n’en a guère le temps…

 


Les deux méditations

 


Soudain me vient une question et celle-ci jaillit tellement vite hors de moi que j’ai la certitude de ravir la parole à mon interlocuteur.

 

- Et dans le monde d’où tu viens, est-ce que l’on médite ?

 

- Plus guère, ou presque pas ! Du moins pas dans le sens où on l’entend sur Terre. Notre observation des mondes nous a fait constater qu’il existe globalement deux façons de méditer. On pourrait dire qu’il y a la méditation-outil et la méditation-état d’esprit. L’une n’excluant pas l’autre. Comprends que lorsque je te dis : « Nul ne médite dans le monde dont je suis issu », cela signifie en fait : « Nul n’y pratique la méditation-outil, la méditation technique. »

 

Mes semblables et moi-même accordons plutôt à chacune de nos actions une valeur sacrée… car les actes, tout comme les attitudes, sont aussi des langages, des parcelles de ce vocabulaire avec lequel la Vie s’écrit. Leur accorder une fonction sacrée, c’est finalement laisser s’exprimer l’espace silencieux ou encore cette non-action qui réside en eux.

 

- Tu veux me dire qu’il peut y avoir de la non-action au sein même de l’action ?




 

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- Oui. Dans l’action juste, c’est-à-dire dans ce que nous appelons l’action sacrée. Evidemment, cela demande une explication… Le sacré, pour nous, n’est pas le religieux. Le sacré représente ce qui se coule dans le sens de la Vie, ce qui se rapproche le plus possible de l’essence de celle-ci. Par la non-action dans l’action, nous touchons tout simplement à la suppression des rapports de force, à l’annihilation totale de l’idée de combat. Depuis longtemps, nous avons intimement pris conscience que la Présence du Vivant en nous et à travers nous sait exactement où Elle va et ce qu’Elle veut. La non-action, dans le sens où nous l’entendons, c’est enfin le non-réflexe de guerre et le regard de non-dualité.

 

J’imagine qu’il t’est déjà arrivé de voir pratiquer l’art oriental du Taï-Chï… Eh bien, nous vivons selon ce mode de souplesse et d’élégance, sans qu’il nous soit nécessaire de pratiquer physiquement une telle discipline. Le rapport que nous entretenons aux êtres et aux choses devient ainsi naturellement fluide. Cela ne signifie pas que nous ne rencontrions aucun obstacle sur notre route, mais que nous glissons subtilement sur leurs apparentes parois. Disons que nous nous faufilons justement dans les fameux espaces de silence et de vide qui les constituent. Nous laissons les pensées qui en représentent la base se raconter elles-mêmes et nous livrer ainsi le cœur de leur enseignement.

 

- Vous affirmez donc, vous aussi, que tout est enseignement.

 

- Déclarer cela n’est pas nouveau, j’en conviens volontiers… Mais vivre selon ce regard, c’est autre chose et c’est surtout totalement révolutionnaire dans cette société qui est la tienne ! Un tel mode de vie, dans lequel nous voyons un art à part entière, prend la valeur et la force d’une méditation permanente. Il ne peut ni se concevoir, ni s’épanouir en dehors d’un rapport d’amour avec nous-même et avec tout ce qui se présente sur notre chemin.

 

Cela n’exclut pas, bien sûr, la méditation-méthode ou encore outil technique, si l’être se sent attiré par elle ou si son état présent la requiert, mais cela offre l’immense mérite d’en éviter les pièges et de s’ouvrir à tous.

 

Vois-tu, nous voulons dé-marginaliser l’extraordinaire réalité de la Présence subtile en chacun. Nous sommes là pour semer des graines de bonheur et pour vous suggérer aussi, dans ce sens-là, l’auto-ensemencement. Loin de nous l’intention de dessiner les paramètres d’une nouvelle foi !

 

- Tu as évoqué rapidement les pièges de la méditation en tant que technique…

 

- Le piège consiste d’abord à confondre le moyen avec le but. Méditer n’a jamais été une finalité en soi. Ce n’est rien de plus qu’empoigner un ciseau de sculpteur, puis un marteau et façonner un bloc de pierre pour libérer la forme parfaite qui attendait déjà dans celui-ci. On peut aisément oublier la Vie à force de l’observer et de la disséquer.

 

Le dessèchement de vos racines au cœur même de votre monde résulte d’un tel piège. Lorsque vous y tombez, vous oubliez l’aspect transcendant des beautés qui vous entourent.

 

Enfin, il existe un dernier piège à la méditation : la fuite face à vos responsabilités d’acteur. Car méditer, ne le nions pas, cela peut être aussi, pour certains, s’acheter une bonne conscience devant un amour-offrande que l’on est parfois incapable de faire naître au quotidien.

  

 

Le Vivant

 


- Je dois reconnaître que je suis émerveillé par ton approche de ce que tu appelles très sobrement le « Vivant » et qui me semble résumer à la perfection ce Principe de Vie qui imbibe tout, sans aucune limite.

 

 

planete bulle

 

 

 

- Ne t’y trompe pourtant pas, ce mot n’est jamais lui-même qu’une caricature. Un mot ne représente rien d’autre que la coquille d’un concept qui évolue sans cesse. Si on s’y attache outre mesure, on en fait notre prison et on se montre alors incapable de se faufiler entre les barreaux du vocabulaire, puis au beau milieu de ces espaces de silence dont je te parlais tantôt. En exagérant à peine, on pourrait dire qu’il y a autant de lexiques que d’êtres pensants, dès l’instant où ceux-ci placent le Vivant à l’extérieur d’eux-mêmes. C’est là toute l’histoire de la Tour de Babel. Chacun s’enferme dans son petit monde et rétrécit l’univers aux étroitesses de l’individu. C’est l’expérimentation de ce qui porte véritablement le nom de « mort ».

 

- En suivant ton raisonnement, nous sommes tous, ou peu s’en faut, présentement « morts » sur Terre !

 

- J’hésitais un peu à te le dire, tout au moins de façon aussi abrupte, mais puisque tu me devances… ! La mort, c’est tout ce que vous supposez être définitif. La mort, c’est le credo des limitations que vous récitez chaque matin, sans le savoir, en vous levant. La mort, c’est vouloir définir la Vie, c’est se croire capable d’exprimer l’Inexprimable.

 

- Et la Vie, alors ?

 

- La Vie, cela signifie se savoir appeler à se fondre dans ce même Inexprimable…

 

 

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Orphée - dans Mystères et Paranormal
26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 11:22

Futur immédiat

 


Une étrange révélation pour l’avenir de notre monde

 


Aujourd’hui, un autre matin vient de se lever. De ma table d’écriture, par la fenêtre, j’observe la neige tomber à petits flocons. C’est le troisième jour du printemps et il y a déjà trois semaines que la Présence s’est manifestée à moi. Depuis, cela a été le silence. J’ai vécu celui-ci sans me poser de questions, comme un ferment indispensable et puis voilà que soudain, cela s’est imposé. Je me suis assis devant mon cahier, mon stylo et maintenant, le regard absorbé par cette neige qui tombe, je m’entends dire… « Eh bien, c’est le moment… Si vous le désirez ce sera aujourd’hui, je me sens prêt. »

 

Le souffle d'or

 

 

 

Mais les minutes défilent. On dirait qu’elles se rient de mon attente peut-être un peu trop naïve ou dirigiste… et bientôt, c’est moi qui vient à rire de moi-même et de mon attitude. Je me suis déjà trouvé dans bien des situations peu communes, j’ai déjà écrit bien des choses, mais là… Comment vais-je dire cela ? Que j’ai entendu une voix ? Que je suis allé jusqu’à l’appeler ? Cette affirmation a déjà un goût… terriblement ridicule !

 

- Ridicule ? T’es-tu demandé pourquoi cela a trop souvent une telle saveur ?

 

La Présence vient de surgir au centre de mon crâne, sans que je l’ai seulement devinée s’approchant.

 

- Ridicule… Parce que dans certains milieux, chacun, ou presque, y va de son « petit contact » avec l’intangible !

 

J’ai répondu automatiquement, sans réfléchir, sans bouger, comme si je craignais que le fil ténu de mon étrange téléphone ne se rompe.

 

- Et puis…, m’entends-je aussitôt ajouter, et puis si j’étais de ceux qui ne croient pas à ces choses, je dirais… « Tiens, encore un contacté de plus ! » Et je rirais en haussant les épaules. D’ailleurs… autant que je vous le dise tout de suite, je crois vraiment comprendre ceux qui réagissent de cette façon. Ecoutez… soyons lucides ! Il suffit de parcourir les rues ou de feuilleter les revues. On n’y voit que les annonces sibyllines ou racoleuses de Madame ou Monsieur Untel, gonflé éventuellement de quelque titre pompeux et qui va vous faire entendre en direct les voix du Ciel, faire descendre la chance à vos côtés ou encore vous promettre un retour d’affection. Et je ne parle pas de ce qui s’empile sur les rayons des librairies, chacun y allant de son message exclusif et urgent, mais hélas, si souvent maladroit ! La plupart du temps, l’un copie l’autre et l’autre, en grand messager qu’il dit être, s’écoute parler. Je ne veux pas, ainsi que l’on le dit communément, « cracher dans la soupe », mais il faut avouer que l’on peut admettre les raisons de ceux qui se gaussent de toute une littérature et tournent le dos à un courant de pensée qui se revêt aussi maladroitement des atours de la… spiritualité.

 


Une drôle de spiritualité

 


- Oui… nous te rejoignons ! Ils ont, en vérité, bien raison ceux qui haussent les épaules, car ils ne font jamais que saisir les bâtons que leur tendent les tenants de cette drôle de spiritualité. Leur réaction est non seulement compréhensible, mais logique.

 

Aussi, est-ce en fonction de tout cela que nous ne voulons pas t’emmener sur le chemin de ceux qui, à leurs propres dépends, façonnent de tels bâtons. Cela peut sembler présomptueux… mais pourquoi pas ? Il faut faire peau neuve et c’est ce que nous voudrions entreprendre en ta compagnie. Cependant, il est clair que nous avancerons en terrain meuble, vois parfois totalement miné. Tout d’abord, il faut bien comprendre que nous ne te parlerons pas spiritualité, en tout cas pas avec ces notions ou en ces termes élimés, éculés et jaunis par le temps qui font faire demi-tour sur place à tous ceux qui les rencontrent.

 

La difficulté est là : la plupart des hommes et des femmes ignorent qu’ils sont profondément sensibles à ce que l’on appelle les choses de l’esprit, parce que celles-ci leur ont généralement été présentées sous un jour triste, puéril ou mensonger et aussi, presque inévitablement, dogmatique, donc pétri d’obligations, d’interdits et de censures. Autant dire que ceux et celles qui n’ont pas solidement chevillé en eux-mêmes le désir d’entreprendre une recherche sur qui ils sont et sur le sens de la Vie, ceux-là n’ont encore raison valable et stimulante de s’ouvrir à une dimension autre que celle de leur quotidien.



 

Avènement

 

 

 

 

En des termes différents, disons que les principaux obstacles ou adversaires à une prise de conscience plus large et plus subtile de la Vie sont, hélas trop souvent, les croyants de toutes les religions, les adeptes de toutes les fois et, plus généralement, la majorité de ceux qui se définissent comme spiritualistes. Loin de combler un fossé, ils le creusent et l’élargissent.

 

- Je vous suis bien… mais quel rapport avec vous ? Vous avez sous-entendu ne pas appartenir à cette planète mais à une autre civilisation. Alors, avant de continuer davantage, j’ai besoin de savoir plus précisément où nous allons ensemble et pourquoi c’est vous qui intervenez ainsi.

 

- Nous allons… vers une grande simplification. Nous allons dans une direction qui n’est, ni celle d’une philosophie ennuyeuse, ni celle d’une foi religieuse presque inévitablement dogmatique et donc limitative. Nous allons, en fait… vers cette grande liberté… au sein de laquelle peut commencer à s’exprimer le véritable Souffle de la Vie, avec sa direction, sa signification et aussi, surtout, toute sa beauté. Oui, le sens du Beau, cela veut dire… l’identité de l’Essentiel ! C’est cela que nous voulons aider un peu plus à révéler, à dépoussiérer.

 

Tu veux savoir qui nous sommes, maintenant ? Eh bien, disons que nous ne sommes certainement pas de ceux qui te feront écrire : « La vérité c’est ceci ou cela » ou encore : « Vous devez croire en ceci plutôt qu’en cela ». Nous venons de te le dire, nous sommes des dépoussiéreurs, des raviveurs de mémoire. Et si cette tâche nous revient, c’est juste parce que nous sommes un peu plus âgés que vous. Moins engourdis ou moins ensommeillés, si tu préfères. Nous ne sommes donc pas plus savants ou meilleurs que vous par la grâce de quelque dieu ou de quelque « xième » initiation suprême, mais parce que nous avons marché un peu plus longtemps que vous sur ce fameux sentier de l’évolution dont nous reparlerons, si tu le veux bien.

 

Aussi n’est-il pas question que tu nous évoques comme étant des Maîtres. Il y a des mots qui, s’ils étaient compréhensibles et pratiques à une certaine époque, ont dorénavant davantage de quoi provoquer une indigestion plutôt qu’un élargissement de la conscience. Alors, nous parlerons simplement de rapports d’amitié qui nous unissent…

 

- De fraternité aussi ?

 

- Là encore, soyons prudents avec les mots … ! Les plus nobles d’entre eux, et celui-ci en est un exemple, ont été tellement dénaturés et salis ces dernières décennies ! Bien sûr, il existe un puissant sentiment de fraternité qui nous pousse vers vous mais, de grâce, ne nous appelez même pas, même plus, frères, car c’est encore une fois un enclos, celui d’un cloître, d’une communauté ou d’un groupement sectaire que vous suggéreriez dans les consciences. Qu’il suffise donc d’évoquer un vieux et profond lien d’amitié et d’affection qui nous vaut de vous tendre particulièrement la main aujourd’hui. N’est-ce pas mieux ainsi… ?

 

Et voilà que soudain, sans crier gare, je perçois que la présence de la voix en moi s’estompe. Ai-je modifié quelque chose dans ma façon d’être ? Je m’interroge… Combien de temps faudra-t-il attendre maintenant et comme il me semble encore fragile ce pont lancé entre les mondes ! Un instant d’inattention, une seconde pas assez limpide en mon cœur et il se désagrège, j’en suis certain.

 


L’amour fourre-tout

 


Ce demain que j’ai attendu avec impatience est déjà là… Sans même réfléchir, je viens de laisser ma main glisser vers mon stylo comme si c’était elle, par cet élan, qui pouvait accéder à mon commutateur secret, ou composer le code d’accès. Alors, je me mets à parler au-dedans de mon être. Je crois comprendre qu’il faut oser, étonnamment persuadé d’être entendu.

 

- Hier, vous m’avez dit… « amitié ». Préférez-vous amitié à amour ? Il me semble que je ne vous ai toujours pas entendu prononcer ce mot. Et puis d’abord, êtes-vous là ?

 

- Et toi, es-tu là ? Hier, tu me faisais songer à un carrefour d’interrogations. Tu en suivais dix à la fois. Alors c’est simple, tu as glissé hors de ma présence. Apprends à écouter…

 

Tu disais donc « amour » ! Réfléchis, cela te surprend-il réellement de ne pas encore avoir trouvé trace de ce terme ? Voilà le type même de mot qui est devenu un grand sac fourre-tout à lui seul. Il est tellement commun et pratique qu’il est dévitalisé depuis que chacun l’utilise à sa guise…

  

 

 feecoeur

 

 

 

 

- Soit, dis-je, surpris de l’intensité avec laquelle notre discussion vient de reprendre. Soit… je crois vous comprendre. Mais alors, quel vocabulaire utiliserons-nous ? Car j’imagine qu’il en sera de même pour le mot lumière.

 

- Evidemment ! Et tu pourrais ajouter les termes d’énergies ou de vibration à la liste. Eux aussi sont tellement galvaudés ! Tu t’en doutes pourtant, notre intention n’est pas de réécrire en ta compagnie un dictionnaire qui, de toutes façons, s’il était accepté, recréerait une sorte de petite élite qui s’imaginerait être plus avancée que les autres. Le schéma peut se répéter à l’infini ! Soyons donc lucides. Nous utiliserons nécessairement les mots qui existent déjà, mais nous voulons attirer ton attention sur le fait que ce sera avec parcimonie, lorsque nous n’en verrons pas d’autres. Et alors, ils seront enchâssés avec précision dans leur contexte.

 

Nous ne sommes aucunement des prêcheurs et nous ne détenons aucun catéchisme. D’ailleurs, il n’y a personne à convertir ! Notre but sera pleinement atteint si nous pouvons susciter un peu d’intelligence vraie, c’est-à-dire d’intelligence du cœur, un peu de bon sens aussi car, cette qualité qui devrait être à la base de toute forme de vie, fait curieusement défaut à une bonne partie de l’espèce humaine.

 

- Justement… Ne pourrions-nous pas commencer par en parler de ce bon sens ? Car ce qui m’arrive en cet instant même, bien que cela me paraisse naturel, serait totalement dénué de bon sens pour la majeure partie de l’humanité… ou tout au moins, pour notre monde occidental.

 

- Tu fais bien de marquer la différence, car la pensée occidentale actuelle étouffe les autres et ne rend pas compte de la sensibilité globale des habitants de cette planète. Elle se montre totalitaire sous des apparences respectueuses et tolérantes. Quant au bon sens, oui, nous pouvons en parler. Il consiste tout simplement à observer ce qui se passe et à ne pas reproduire systématiquement les mêmes erreurs que par le passé. Or, il est claire que le monde où tu vis manifeste une extraordinaire fidélité à ses vieux schémas de fonctionnement. A tel point que, de la place où nous sommes, et si la situation n’était pas aussi préoccupante, nous aurions cent occasions quotidiennes de partir à rire !

 


L’Esprit et les états de la Matière

 


A parler franchement, ton monde s’acharne à reconstruire une autre barrière infranchissable là où il n’y en a une qui vient de tomber ! N’oublie pas que, récemment encore, la Terre était plate et représentait le centre de l’Univers, que le fait de se parler d’un continent à l’autre était nécessairement considéré comme de la sorcellerie. N’oublie pas non plus que le corps humain était supposé ne jamais pouvoir supporter une vitesse supérieure à cent kilomètres/heure, qu’une machine réagissant plus vite et plus précisément que le cerveau humain était pure science-fiction il y a à peine une génération et qu’aujourd’hui, il est franchement inconcevable qu’une vie intelligente puisse exister ailleurs que sur Terre…, ou si loin qu’un contact avec elle ne sera jamais possible !

 

Oui, chacun avec sa propre définition qui sert ses intérêts du moment ! As-tu jamais rencontré qui que ce soit qui prétende ne pas vouloir aimer, ne pas attendre l’amour et ne pas vouloir autre chose que le bien ? S’il existe des discours contraires, ils ne proviennent que d’êtres malades, en rupture d’équilibre, et dont la souffrance les fait s’enfoncer dans un auto-mensonge. Vois-tu, sur cette Terre, il y a presque autant de versions de l’amour qu’il y a d’individus. De la pulsion sexuelle à l’extase mystique, en passant par la simple satisfaction égotique d’un désir, c’est toujours le même terme qui est utilisé ! Alors, l’amour, oui, bien sûr, mais là encore il faudra redéfinir notre palette de couleurs. Nous ne donnerons, ni dans les teintes pastels, ni dans les notions cotonneuses, ni dans le sucré… pour la seule raison que l’Amour, tel que chaque être qui vit le porte secrètement au fond de lui, n’a rien d’un vague idéal ou d’un principe mielleux. 



 

L'Archipel des 7 étoiles

 

 

 

- En effet, ne puis-je m’empêcher d’intervenir, mais là, vous fermez des portes. Vous entamez déjà ce qui, bientôt, ressemblera à un procès de la démarche et de la pensée scientifiques. C’est un vieux débat qui a été mené une quantité de fois par tous ceux qui adhèrent à l’idée que quelque chose d’autre existe au-delà de nos cinq sens. Si vous voulez que nous discutions réellement, je me sens obligé de vous interrompre. C’est une fausse piste…

 

Et de fait, j’interrompis le fil de ce que je viens de recevoir. J’expérimente même un silence qui, pendant quelques minutes me fait me demander si je ne me suis pas montré quelque peu impertinent. Cependant, dans le sillon de ce questionnement, je perçois comme une main qui se pose sur mon épaule gauche. Effet de mon imagination et d’un désir inconscient ? Peut-être… mais c’est ma sensation de l’instant et j’ai pris le parti de la transparence. Toujours est-il qu’une douceur m’envahit et qu’à nouveau la voix resurgit en moi.

 

- C’est parfait, maintenant nous parlons vraiment entre amis… et tu as raison, ce serait une fausse piste, une impasse si nous voulions, nous aussi, emboîter le pas à ce réflexe dualiste qui veut toujours opposer la Science et sa raison à l’Esprit ou encore le quantifiable au subtil. Non, il n’est même pas nécessaire de faire appel à quelque tolérance de bon ton car, vois-tu, le monde d’où nous te parlons en ce moment ne parvient plus à faire la différence entre l’Esprit et la Matière, entre ce que vous appelez le domaine scientifique et les préoccupations de nature métaphysique. Ce n’est pas une sagesse de notre part, mais un état de fait que nous vivons et qui nous vaut d’aller vers vous.

 

- Vous vivez donc dans l’Unité… ?

 

- Nous vivons dans une des manifestations de l’Unité… ou, si tu préfères, sur une belle branche de cet Arbre de Vie qui expérimente amoureusement toutes les directions où la conscience peut s’aventurer à l’infini. La Force de Vie, si on appelle ainsi ce qui habite toute créature, ne s’assoit jamais sur le bord du chemin en déclarant : « Je suis arrivée à bon port ! » Dès qu’elle a une perception d’elle-même, elle découvre son bonheur dans l’élan qui la pousse à vouloir se prolonger, encore et encore !

 


Des êtres de Lumière

 


- Alors, j’aimerais d’abord que vous me parliez de vous, peut-être aussi de ce monde ou de cet endroit d’où vous m’adressez la parole en ce moment même. Comprenez que tout est flou… J’entends une voix, une voix qui me dit ne pas être terrestre, une parole qui veut finalement enseigner sans reconnaître être issu d’un Maître… Vous voulez, et moi je le veux aussi, que l’on vous écoute, mais je sais que pour ceux qui découvriront ces lignes les confusions seront faciles. Etes-vous donc ce que l’on appelle des êtres de lumière, voire des anges, des esprits, ou êtes-vous plus simplement, comme j’ai cru le comprendre, des créatures venues d’une planète différente de la nôtre ?

 

- Ton « plus simplement » est inutile car, en réalité, rien n’est bien complexe. Il suffit seulement de savoir quelle profondeur on donne aux mots et de faire un petit effort pour jongler au-delà des frontières habituelles. Tu dis d’abord : « Etes-vous des êtres de Lumière ? » Mais que veux-tu dire exactement par Lumière ? Ecoute, nous n’entendons pas agir comme des professeurs qui donnent un cours, mais il faut savoir de quoi on parle. Il y a des expressions comme celles que tu viens d’utiliser qui ne veulent plus dire grand chose à force de recouvrir des réalités confuses et extrêmement différentes. Dans ce type d’expression, la Lumière, c’est quoi au juste ? Si on s’en tient à déclarer, comme c’est souvent le cas, que c’est l’Energie ou le Principe de vie immatériel basé sur l’Amour, on a à la fois tout dit et rien exprimé du tout ! Pourquoi ? Parce que la notion d’immatérialité n’a pas vraiment de sens.

 

Réfléchis… Tout est simultanément matériel et immatériel, concret et abstrait, objectif et subjectif. Cela dépend uniquement de notre point d’observation. Ce que dans ton monde on appelle matière n’est jamais qu’un état de celle-ci au sein d’un contexte défini de lois qui ont leur propre cohérence interne et se soutiennent les unes les autres. Cependant, si on est capable d’imaginer qu’il peut exister un autre ou d’autres systèmes de lois cohérentes, on doit être en mesure de concevoir de multiples états ou d’autres types de matière dotés de qualités et de particularités différentes.


 


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- C’est le fameux exemple des canaux de télévision n’est-ce pas ? Le fait de recevoir une émission sur une certaine fréquence n’empêche pas qu’il puisse y avoir simultanément, et qu’il y ait effectivement, sur d’autres canaux, d’autres émissions avec une image peut-être plus ou moins belle, un son stéréophonique ou mono et, pourquoi pas… un relief ou un dégagement de parfum…

 

- C’est exactement cela ! Et pour te rendre l’exemple plus concret, partons de l’hypothèse selon laquelle la population terrestre vit sur le canal 1 d’un téléviseur et qu’elle en perçoit donc l’émission de vie avec une certaine définition d’image en fonction de sa « linéature », donc de la finesse de son tube cathodique classique, de celle de ses cristaux liquides ou de quelqu’autre procédé. Eh bien, trouverais-tu logique et raisonnable que cette population du canal 1 nie l’existence d’un possible canal 2 ou 30 ? Que dirais-tu maintenant si, une fois cette notion acceptée, les acteurs du canal 1 appelaient « êtres de Lumière » les acteurs, metteurs en scène ou éclairagistes des autres canaux d’émission ? C’est aussi simple que cela ! Ainsi peut-on dire que tout est matière ou que tout est subtil selon le point de vue d’où l’on regarde les choses.

 

La grande difficulté consiste finalement à aider chacun à se libérer des conditionnements anciens qui lui font croire qu’il n’existe qu’un seul et unique poste d’observation. Que l’on ne mélange donc pas tout ! Que l’on ne dise plus « être de Lumière » comme l’on dirait « être immatériel » ou « être issu de l’imaginaire ».

 

- Et la Lumière alors ? Comment la voyez-vous à partir de chez vous ?

 

- Comme un état de réalisation de soi, c’est-à-dire de réalisation de la conscience. Comme un état de perfectionnement, de maturation de la Présence de Vie au cœur même de l’être et qui fait que l’on se trouve en accord ou, plus précisément, en résonance avec l’émission du canal 1 ou du canal 30, par exemple. Mais ce qu’il faut bien comprendre aussi c’est que, s’il y a des acteurs qui passent un contrat privilégié avec une chaîne télévisée, cela ne les empêche pas, en fonction des opportunités ou des nécessités, de se manifester sur d’autres chaînes. Ainsi en est-il, analogiquement, de ce que j’appellerai les… acteurs de la Lumière. Ces acteurs ne sont pas nécessairement, comme on le croit presque toujours, extérieurs au canal sur lequel on vit. Le Beau, le Grand, tout ce qui embellit et fait grandir n’est pas, à tout coup, lié à un ailleurs hypothétique et inaccessible.

 

- Vous cherchez finalement à me dire qu’il y a des êtres de Lumière en ce monde où je me trouve ?

 

- Non, nous ne cherchons pas à te le dire, nous te l’affirmons… et ce ne sont pas nécessairement des êtres exceptionnels ou de premier plan. Il suffit qu’ils soient des êtres-sourire, donc… lumineux… et la nature de leur présence se met à embellir la vie comme d’un coup de baguette magique ! Le grand secret… c’est que la Lumière est le constituant, non seulement premier, mais unique de toute forme de vie. Elle est le Matériau, le Souffle à partir duquel tous les autres matériaux et souffles se déclinent. Voilà pourquoi il ne faut pas hésiter à dire que le potentiel de luminosité est commun à tous les acteurs de tous les mondes. Et le plus extraordinaire réside dans le fait que, dès que la prise de conscience en est acquise autrement que dans l’intellect, le sourire et le cœur se mettent à fleurir à tel point que les voies d’accès d’un canal à l’autre se révèlent d’elles-mêmes !

 


La notion du Beau

 


- Cela fait deux ou trois fois que je relève la notion de beauté dans vos paroles. Est-ce si important pour vous ?

 

- Bien plus. C’est capital ! Le Beau est la porte d’accès au Souffle qui nous propulse vers le bonheur. Dès que l’on parle de croissance intérieure, de recherche du sens de la Vie ou de sa propre vie, on se tourne souvent vers une sorte d’ascèse, de mépris de l’habit corporel et de la personnalité. Pour ceux, de ton monde c’est peut-être une étape inévitable, mais c’est un stade aussi dans lequel on se réfugie trop fréquemment pour enfin s’y complaire… Tout se passe singulièrement au cœur de cette recherche comme si, non pas le Beau, mais la fonction du Beau n’était même plus considérée, ou alors était tombée dans l’oubli, comme si, parfois même, il était de bon ton de la mépriser. Mais regarde la Nature, regarde l’Univers ! Tout n’y est-il pas beau par essence ? Le moindre brin d’herbe est une merveille d’architecture ! Qui l’a conçu ? Qui l’a dessiné et qui lui a donné ses teintes ? Un hasard ? Non… le Beau fait partie de l’élan. Il représente l’un des moteurs de la Vie qui part à sa propre quête.

 

 


Master Universe by ANTIFAN REAL 

 

 

 

Alors, si tu le veux, parlons d’acteurs de Lumière pour ce qui est de moi et des miens. Parlons aussi d’acteurs conscients qui cherchent à œuvrer avec beauté.

 

- Pourtant, j’ai envie de vous demander… La notion du Beau est-elle vraiment commune à tous les mondes ? De ce fait, pouvons-nous tous, quel que soit notre canal de provenance parler le même langage ?

 

- … Mais le Beau, c’est d’abord l’harmonie ! me réplique-t-on, alors que j’ai la sensation de ne pas même avoir achevé de poser ma question. Et l’harmonie, c’est la juste et sublime organisation des choses, c’est l’agencement parfait à l’intérieur d’une même forme d’équilibre. C’est, enfin, le mariage ultime de tous les équilibres. Oui, perçu avec cette altitude, le Beau est universel. Il rejoint un sentiment global de plénitude, de justesse et d’accomplissement. L’univers, comprends-tu, fonctionne selon une géométrie, une géométrie se composant d’une infinité de niveaux. Si harmonie et équilibre sont atteints sur un de ces niveaux, alors vient à naître l’une des facettes de la Beauté. Et si harmonie et équilibre sont atteints sur la multitude de ces niveaux, alors c’est vraiment le Beau qui jaillit !

 


La confiance audacieuse

 


Je coche la nouvelle date sur mon calendrier. Il y aura bientôt une semaine que ma conversation avec Ceux d’en haut, ainsi que je m’amuse à les appeler maintenant, a débuté. Je me relis et je m’étonne de la lenteur de mon avance. En vérité, je m’aperçois à quel point ce sont eux aussi qui se sont relus dans leur discours. Ils m’ont fait retoucher des expressions, préciser des notions, s’arrangeant même, parfois, pour que je leur donne mon avis sur la façon dont tel mot pouvait être compris. Je me relis donc et, dans ce mouvement, je suis soudain pris d’une terrible interrogation. Non pas d’un doute quant à la justesse de ce qui je m’efforce de transmettre, mais sur sa provenance. Alors, je laisse la question glisser d’elle-même sur le papier… Qui me prouve que ce n’est pas quelque mystérieux mécanisme de ma conscience profonde, mon sur-être si on veut bien l’appeler ainsi, qui a engagé un semblable dialogue avec moi ? Question poignante s’il en est et qui me pousse à rechercher le silence. Si la source première de ce que j’ai rédigé est bien là, que peut-elle me répondre ?

 

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Le minutes s’égrènent, puis un très léger sifflement se fait entendre dans mon oreille gauche. Il y a comme une onde, une mélodie presque imperceptible qui cherche à me rejoindre. Enfin, voilà le déclic, le fameux interrupteur qui résonné un peu sèchement au centre de mon crâne… La Présence est là.

 

- Elle est magnifique, ta question, me dit-elle. Pourquoi l’aurais-tu contenue plus longtemps ? Si tu ne nous l’avais pas soumise, quelqu’un, tôt ou tard, te l’aurait posée, peut-être ironiquement envoyée en pleine face… Alors, avant de continuer, oui, parlons-en !

 

Tout d’abord, laisse-nous te dire que dans toute démarche intérieure sincère et audacieuse, il y a une forme de confiance qui doit non seulement s’installer, mais présider. Et la confiance, sois-en certain, cela ne signifie, ni l’absence de bon sens ou d’opinion personnelle, ni la naïveté. La confiance cela veut d’abord dire : « Ouvrons-nous à une possibilité, osons un pas vers ce qui est peut-être le vide ou un labyrinthe, mais qui pourrait représenter aussi, au contraire, un superbe tremplin. »

 

Sans la confiance, rien, nulle part, ne s’accomplit car elle est le chemin qu’emprunte obligatoirement toute découverte ou toute véritable création.

 

Quelle preuve allons-nous maintenant te fournir et que tu puisses toi-même concrètement offrir à tous ceux qui s’interrogeront sur l’origine de ton écrit ? Aucune. Parce que, contrairement à ce que l’on croit, la preuve n’est pas la voie. La preuve est donnée par surcroît lorsque la conscience a déjà fait le chemin, c’est-à-dire lorsqu’elle a laissé s’effriter en elle un rempart d’impossibilité. Tu sais ce qui bloque et enchaîne ton monde, ta civilisation ? C’est précisément ce type de rempart. Vous semblez tous très libres au niveau de la pensée, parfaitement aptes à formuler de nouveaux concepts et à faire de prodigieuses découvertes. Pourtant, en vérité, toute cette liberté et ce potentiel ne s’expriment guère qu’à l’intérieur d’un cadre classique régi par les mêmes principes mathématiques d’une certaine vision de la Vie.

 

- Donnez-moi un exemple, car je ne voudrais pas que nous nous avancions parmi des notions trop floues.

 

- Eh bien, considère ceci : ton monde n’admet globalement comme réel que ce qu’il peut toucher du doigt. Nous ne disons même pas « voir », car les artifices de la technologie vous ont enseigné à quel point une image pouvait être à la fois fabriquée de toute pièce et remarquablement manipulée. Il vous faut donc toucher, avoir entre les mains et soumettre à des tests tout ce dont l’origine est douteuse. C’est la matière telle quelle se montre sur Terre qui vous dicte donc sa loi. Si vous en restez là, vous êtes, dès lors, prisonniers de sa définition. Sortir de ce cadre, ce serait prendre conscience qu’il pourrait exister une force – pourquoi pas ? – capable de modifier l’aspect de la matière et surtout les lois qui la régissent. Mais pour s’aventurer dans une telle direction, pour braver les tabous, les scléroses, et aussi le ridicule, il faut la confiance. C’est elle qui est le germe de l’audace, de l’intrépidité.

 

La matière, en fait tout ce qui est tangible, a la propriété de réagir au regard que nous portons sur elle. C’est la nature de nos pensées qui décide de ce qu’elle manifeste face à nous…

 

- Vous voulez me dire que la démarche intérieure, l’itinéraire emprunté, vous soucient davantage que la preuve indubitable et immédiate de certaines réalités ?

 

- C’est exactement cela. Nous avons compris qu’il n’était pas constructif d’ouvrir une porte d’accès d’une immense et somptueuse demeure à quiconque ne se donne pas la peine d’en chercher la clé, c’est-à-dire d’accepter une refonte complète de ses valeurs et de se rendre disponible.

 

- J’admets cette notion de confiance, mais si vous n’êtes qu’un leurre, si tout ce que j’entends présentement ne représente rien d’autre que le jeu d’une partie inconsciente et idéale de mon être, que me vaut toute cette audace ?

 

- Elle vaut pour elle-même ! Elle te rend encore plus explorateur de la Vie, de ta vie et c’est énorme. En admettant que nous ne soyons jamais qu’une partie de toi-même, quel extraordinaire continent cela suggère-t-il déjà !

 

- Dois-je comprendre alors que tout ce qui concerne l’expansion de la conscience, pour reprendre un terme à la mode, est affaire tellement personnelle que toutes les éventuelles forces ou présences extérieures à notre monde tangible et qui pourraient y contribuer ne fourniront jamais de signe probant quant à leur existence ?

 

- Ce n’est pas cela non plus, me répond la voix avec un accent que je trouve cette fois particulièrement doux. Non, nous savons très bien jusqu’où il nous faut aller dans cette demande basée sur la confiance. Pour t’annoncer les choses de façon plus claire, nous pouvons te dire que nous chercherons à générer la confiance et l’ouverture aux réalités dites intangibles jusqu’à ce qu’un certain nombre de femmes et d’hommes vivant actuellement sur Terre soit atteint. Ce nombre constituera une véritable batterie psychique capable de propager alors sa disposition d’esprit au plus grand nombre… et cela en souplesse. Un tel réseau informel de personnes servira aussi de « coussin » pour absorber le choc émotionnel que connaîtra l’humanité à l’annonce de notre existence. Nous choisirons par ailleurs, délibérément, le moment de cette annonce et fournirons les preuves indubitables de notre réalité.

 

- Vous avez donc bien cette intention, malgré tout.

 

- Nous l’avons ! Parce que nous ne sommes pas des utopistes s’imaginant créer une révolution des consciences sur la totalité de la population terrestre. Il nous faut répondre à un appel, mais sans devancer celui-ci.

 

- Avez-vous alors changé de méthode d’action ? Il semble bien qu’au fil de ces dernières décennies, vous ayez tenté d’apporter, ça et là, des éléments de preuve de votre présence.

 

- Oui, nous avons réajusté notre méthode d’approche.

 

- Pourriez-vous me dire pour quelle raison ?

 

Je perçois un sourire amusé et, encore une fois, je me trouve un peu impertinent dans ce ton de familiarité que j’ai si rapidement adopté depuis que le dialogue est engagé.

 

- Parce que… nous ne sommes pas des dieux, parce que nous sommes des êtres qui évoluent et qui continuent d’apprendre ! En vérité, nous avons quelque peu surestimé les capacités de compréhension de la présente population terrestre. Nous avions misé sur plus d’ouverture et d’honnêteté. L’immense majorité de ceux que nous avions pressentis pour véhiculer la nouvelle de notre existence ont été, soit ridiculisés, soit forcés au silence, tandis que les preuves tangibles que nous leur avions remises ont été détournées. A ceux-là s’ajoutent les témoins qui se sont trouvés occasionnellement sur notre chemin et qui se sont embourbés en se prenant au sérieux… sans oublier les falsificateurs. Nous reparlerons de tout cela.

 

- Pensez-vous vous être trompés ?

 

- Oui et non… Il fallait de toute façon attirer votre attention vers l’espace, créer une brèche importante dans l’esprit collectif de la planète. Même si le vocabulaire et les notions qui en ont résulté ont été très rapidement puérils, il était important qu’ils existent, car ils ont constitué les germes d’une réflexion qui a tout de même considérablement évolué.

 


Des hommes ou des anges

 


- Nous en étions restés aux êtres de Lumière, puis je vous ai parlé d’anges. J’ai mon opinion sur le sujet mais, là aussi, j’aimerais vous entendre. Car, après tout, si je m’en tiens à votre explication, c’est-à-dire à votre existence concrète bien que non terrestre, ne seriez-vous pas les… anges dont font mention toutes les Traditions du monde ?

 

- Pourquoi refuser l’idée que nous soyons des hommes ? Nous sommes des hommes et rien d’autre pour l’instant !

 

- Pour l’instant ?

 

- Il faut toujours préciser « pour l’instant », car aucun état n’est immobile et, par conséquent, définitif. Chacun s’est conforté dans l’idée que le statut humain représente le sommet de la pyramide de la Création, comme si celui-ci ne pouvait croître que dans la direction de son intelligence cérébrale. Mais la Vie, il faut le dire, prend toujours la forme la plus adéquate à ses besoins dans son inévitable élan d’expansion. Ainsi, de là où nous te parlons en ce moment, nous voyons clairement à quel point une réalité supra-humaine appelle la nature de l’homme. Elle nous appelle irrésistiblement, vous et nous, que nous soyons d’accord ou pas, de la même façon qu’un enfant accepte ou non le fait de grandir ou de vieillir.

 

 

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- En fait, vous me dites que vous n’êtes pas des anges mais que vous le deviendrez un jour et vraisemblablement avant nous.

 

- Oh, on pourrait résumer les choses de cette façon, si tu le veux. Mais tu sais, la notion de temps ne signifie pas grand chose dans l’absolu ! Il existe un écart de plusieurs millions d’années terrestres entre ton actuelle civilisation et la nôtre, à tel point que cela peut paraître désespérant. Il faut donc regarder tout cela d’une façon plus neutre et prendre conscience que quelques millions d’années représentent quelque chose d’infime dans l’immensité d’un temps dont on peut se demander ce qu’il est, et si même il existe réellement ailleurs que dans une illusion nécessaire à nos points de repère.

 

Cela, c’est pour répondre à ton « un jour ». Maintenant, quant au fait de pouvoir accéder éventuellement au statut angélique, en parler ainsi développe une vision puérile de l’évolution. Cette conception est comparable à celle qui ferait que la race canine, par exemple, au bout de son règne, accéderait à la race humaine telle qu’elle se présente actuellement sur Terre !

 

- C’est pourtant ce qui est enseigné dans quelques Traditions…

 

- C’est aussi ce qui est mal exprimé et mal compris. Tout règne de vie est nécessairement attiré vers celui qui le précède, mais cela ne signifie pas pour autant que, lorsqu’il aura suffisamment mûri sur l’Arbre de l’évolution, ce règne accédera exactement à la réalité qui l’a devancé ! Il accédera plutôt à quelque chose d’analogue… et ce quelque chose sera plus beau et plus grand encore. Ainsi, je peux te dire que vous et nous, en tant qu’humains, nous ne serons jamais des anges ! Nous vivrons une réalité comparable à la réalité angélique, oui… mais pas identique, car notre champ d’expérience, notre espace de compréhension auront été différents. Nous serons… ce que les anges nous auront offert de leur floraison de conscience, ajouté à nos propres explorations, à nos propres germinations.

 

- Tu veux donc me faire comprendre implicitement que le titre d’humain est tout aussi beau que celui d’ange ! fais-je dans une sorte d’exclamation intérieure.

 

Et en même temps que j’exprime cela, je m’aperçois que je viens de tutoyer la Présence et que celle-ci a beau s’affirmer semblable à moi, à nous, j’ai franchi un autre pas dans l’intimité qui nous réunit.

 

- Oui, c’est bien ce que j’ai cherché à te faire comprendre, de même que le statut d’animal est tout aussi respectable que celui d’humain et ainsi de suite. Rien ne sert de chercher à devenir ce qui nous précède. Il importe plutôt de consacrer tous nos efforts à compléter indéfiniment l’idée de perfection que la Vie a inscrite dans notre règne. Nous sommes tous, par essence, des créateurs et il est évident que si nous ne cherchons qu’à copier, nous ne faisons rien émerger. Chaque forme de Vie a pour mission d’inventer sa propre perfection. C’est ainsi qu’elle est, sans même le savoir, artisane de la Création, co-créatrice au plein sens du terme.

 

- J’aimerais maintenant que tu… que vous me précisez…

 

- Pourquoi te reprendre ? Pourquoi faire marche arrière ? C’était parfait ! Si ton vous est un pluriel, nous voulons bien continuer à l’accepter si, par contre, il n’est venu sur tes lèvres que comme une distance respectueuse, tu peux l’ôter tout de suite, nous n’en avons pas besoin. Tout ce qui constitue une barrière ou même un filtre pour appauvrir les relations directes entre les êtres est illusoire, ne crois-tu pas ? Tu viens de l’entendre, nous parlons entre humains à la recherche du supra-humain, pas de maîtres à disciples.

 

- Mais justement… l’une de mes questions est de savoir si vous êtes, si tu es « un » ou « plusieurs ». Au fond de moi, j’entends un « nous » qui se mêle au « je ».

 

- Aussi, passerai-je aisément du « je » au « nous » dans la suite de ce que j’ai à te livrer, car si c’est bien une individualité qui s’adresse à toi, elle ne le fait pas en son nom propre, mais en celui d’un mouvement.

 

- D’une organisation ?

 

- J’ai dit mouvement, parce que je vois la condition que le terme d’organisation sous-entend dans ta société. Il suggère presque inévitablement hiérarchie et recherche d’un certain pouvoir. Mais lorsque je choisis mouvement, je pense mouvement du cœur, élan d’un cœur et d’un espoir collectif qui est la trame d’une aide à l’humanité terrestre. Le « je » et le « nous » se mêleront sans difficulté dans mes paroles car, au sein du monde d’où je viens, la conscience collective est très épanouie. Cela ne signifie pas que nous pensions collectivement, au sens où l’individu se trouverait relégué au second rand derrière une sorte d’esprit de groupe, mais qu’il existe une communication étroite entre les êtres de la société que nous formons. Une communication nous permettant d’entrevoir non seulement le bien réel de notre communauté, mais d’inscrire l’être dans une vision d’harmonie beaucoup plus globale. En fait, chacun d’entre nous est totalement autonome et libre de ses opinions et de ses actes. Il a cependant acquis suffisamment de force intuitive et d’altitude par rapport aux événements pour admettre aussi qu’il est une cellule indissociable d’un grand corps. Cette connaissance ne l’ampute en rien de lui-même, elle ne le diminue pas. Elle le rend, au contraire, plus responsable et plus pleinement artisan de la Vie qui se développe. Comprends-tu ?


.../...

  

 

 

 

  

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Orphée - dans Mystères et Paranormal
25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 18:34

L’identité du Soleil

 

Quelle est maintenant son identité, à ce Soleil, à ce Christ ou – si vous préférez – à ce Bouddha visitant périodiquement votre monde ? Que dire d’un Feu qui aspire tout vers Lui, de l’atome au Maître de Sagesse en passant par la cellule, l’organe, puis par toutes les manifestations de l’âme et les mille formes du Divin fourmillant à travers la Nature. Peut-on percer son mystère ? Est-ce Lui, Dieu ?

 

On pourrait en effet s’arrêter là, à son rayonnement aveuglant tant physiquement que symboliquement. Cela pourrait suffire… Et c’est ce que font l’immense majorité de ceux qui se disent croyants… Mais notre propos n’est pas de nous adresser ici aux « croyants ». Nous avons pour mission d’enseigner les amants de la Vie, ceux qui veulent toujours aller plus loin, ceux pour qui l’arrêt en un point de sécurité intellectuelle correspond au tracé de nouvelles frontières et marque le début d’un sommeil insidieux. Croire n’est pas suffisant. Vivre et grandir, c’est explorer pour tenter de comprendre et de comprendre encore…

 

Qu’est-ce donc que le Soleil ? De quoi est-il fait et d’où vient-il ?

 

Laissons de côté toutes les considérations cosmologiques. C’est l’essence du Soleil qui nous intéresse, son identité profonde en tant que Conscience. Parlons-en le plus clairement possible tout en gardant bien à l’esprit que nous sommes limités par un vocabulaire approximatif.

 



 

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Les concepts que nous tentons d’aborder n’ont pas encore leur place sur Terre. Qu’il soit donc dit que nous sommes tenus de schématiser…

 

La Conscience du Soleil, sa réalité en tant qu’Etre et non pas en tant qu’objet céleste est le résultat d’une fusion. Nous parlons d’un état de transmutation si particulier et à un si haut degré que nul ne saurait s’en faire une idée juste.

 

Il s’agit de la fusion, en une seule Puissance, des Maîtres de Sagesse ayant atteint les plus hauts niveaux de réalisation de leur monde lors d’une vague de Création antérieure à la nôtre. Chacun de ces Maîtres était originaire d’une planète appartenant à un système gravitant autour d’un soleil central. Il était l’Etre le plus ascensionné que cette planète ait jamais porté. En termes d’analogie, il en était le Krishna, ou le Bouddha ou encore le Jésus, pour ne citer que quelques noms symboliques.

 

En tant que Maîtres de Sagesse pleinement accomplis et parfaits pour le type de monde où ils s’étaient développés et où ils avaient œuvré, ils étaient parvenus au bout de leur évolution… Voilà pourquoi ils ont été appelés à passer à un autre degré de perfection, à un stade qu’il nous faut qualifier de fusionnel, faute de terme plus adéquat.

 

Des Etres analogues à Jésus ou au Bouddha Gautama ont ainsi « marié » leur conscience deux par deux, puis quatre par quatre jusqu’à ce que leurs Présences de type solaire n’en fassent plus qu’une : Un Soleil à part entière, un astre ayant en charge un ensemble de planètes pour la vague de Création à venir.

 

Intègre cela… Digère-le dans ton cœur avant d’aller plus loin. Prends un temps d’assimilation tout comme le Divin en observe un entre deux phases de Création. Inspire pour ramener à toi les matériaux de ce qui a été et qui va te faire grandir. Pratique l’exercice du Divin en accueillant puis en absorbant totalement le sens de l’expérience élaborée par le Vivant.

 

La fusion solaire

 

Et puis… essaie de comprendre le principe du Mariage ou de la Fusion solaire. Celui-ci est au centre absolu de tout ce que nous avons à te confier. Dans la multitude de ses développements imaginables et… inimaginables, il en est la clé. Ce Mariage constitue l’affirmation ultime de l’Amour au point où nous sommes capable de le concevoir.

 

Comment deux Consciences pleinement réalisées, c’est-à-dire dont toutes les dimensions – de la plus dense à la plus subtile – sont alignées, peuvent-elles fusionner jusqu’à ne plus en faire qu’une ? Seul l’Etre qui expérimente directement un pareil mystère pourrait en témoigner…

 

Mais n’allons pas trop vite ! Il faut connaître dans tous ses rouages un tel mécanisme sacré… Ce ne sont pas les âmes des plus grands Maîtres ascensionnés qui s’épousent ainsi lors de ces Noces cosmiques si particulières. Ce sont leurs esprits, c’est-à-dire leur réalité première androgyne. Il aura fallu que chacun de ces grands Réalisés – soleils de leur planète – aient réuni en lui ses polarités masculine et féminine.



 

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En vérité, aucun être ne peut pleinement prétendre à la Libération que constitue une Ascension sans être passé par les épousailles avec lui-même. Le passage est obligatoire parce que logique et logique parce que correspondant à l’abolition de la dualité en soi.

 

Lorsque le Un et le Deux s’unissent dans la matière, ils appellent à la manifestation du Trois… mais lorsqu’ils parviennent à fusionner dans les degrés les plus élevés de l’être, c’est l’image préfigurant celle d’un Douze solaire idéal qu’ils évoquent déjà.

 

Oui, dans le type de schéma évolutif inscrit en nous, l’esprit androgyne cherche à s’expanser jusqu’à trouver une forme de réalisation l’amenant à la perfection du Douze.

 

Ecoute maintenant ceci : Dans la Vague de Création précédant la nôtre, ce sont les huit plus grands Maîtres ascensionnés issus de huit planètes vibratoirement proches qui se sont unis afin de générer le soleil qui nous rassemble aujourd’hui.

 

Si ce soleil a, à son tour et autour de lui, les neuf planètes que nous lui connaissons actuellement, c’est pour participer à l’expansion inévitable de la Vie vers la perfection du douze. Dès lors, tu peux concevoir que les neuf Maîtres les plus réalisés de ces neuf planètes, seront eux-mêmes amenés, un « jour » du Grand Calendrier céleste à faire fusionner leur esprit afin de donner naissance à un autre noyau solaire destiné à un autre univers.

 

Ce n’est pas si complexe… Il faut juste toujours pousser lentement les portes afin que la vastitude des horizons nouveaux ne devienne pas effrayante.

 

L’Esprit d’une planète

 

Mais tandis qu’un Mariage cosmique aussi élevé que celui-ci se déroule, que deviennent les autres Maîtres réalisés d’une planète et qui ne figurent pas au rang de ceux qui fusionnent, c’est-à-dire au rang des huit ou des neuf, par exemple ? Ils sont destinés, eux aussi, à vivre un union cosmique d’une intensité tout à fait particulière. Ils ont la possibilité de fusionner leurs esprits afin de permettre l’émergence de ce qui sera le soleil intérieur d’une planète lors d’une Vague de Création à venir.

 

Oui, toute planète possède son soleil central. Celui-ci est son feu sacré, son cœur palpitant, sa force de cohésion. Il est aussi vital que peut l’être le noyau d’une cellule au sein de celle-ci.



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Ce qu’il faut bien comprendre, surtout, c’est qu’il est le gardien de ses mémoires, c’est-à-dire de la somme incalculable des expériences vécues globalement par les formes de vie que les Maîtres ascensionnés qui lui ont donné naissance ont emportée avec eux à partir de la dernière Vague de Création dont ils sont issus.

 

En termes appartenant à l’actuelle civilisation terrestre, on pourrait affirmer qu’un tel noyau solaire représente la « banque de données centrale » de l’ordinateur phénoménal que constitue l’univers d’une planète et de toutes les expressions de vie qui s’y développe au fil des Temps.

 

Le soleil intérieur d’une planète est donc d’une importance capitale. Sa mémoire est son dynamisateur. En effet, une mémoire n’a de raison d’être que si elle s’inscrit dans un plan d’évolution. Toute notion de « passé » - bien que celle-ci soit relative au sein d’un temps illusoire – est nécessairement liée à celle d’un devenir.

 

Le soleil interne d’une planète comme la Terre, par exemple, contient en lui le programme des mondes qui sont appelés à s’y développer. Cela signifie que le noyau qu’il représente condense en son centre un multitude de germes dont le plan d’ensemble correspond à un projet de vie spécifique.

 

Par ailleurs, sachez que sa force le conduit à tenter d’absorber constamment les coups que les humanités qui se développent à sa surface ne manquent pas de lui infliger. Il est question ici de tous les types de pollution possibles dont le plus terrible est incontestablement de nature psychique.

 

L’un des rôles du soleil central d’une planète est donc, par amour pur, de tenter d’absorber, âge après âge, la masse des pesanteurs psychiques collectives générée par la succession des civilisations qui s’y manifestent. Il joue, par conséquent, le rôle de régulateur du karma collectif des peuples… jusqu’à atteindre parfois la saturation.

 

 

La libération des karmas collectifs

 

Lorsqu’on saisit l’importance d’un tel Feu de Vie ou plutôt d’une telle Conscience de Compassion, on est en mesure de commencer à comprendre pourquoi il est dit qu’à l’heure de la Crucifixion, le Christ est « descendu aux Enfers ». Cette notion représente tout simplement la distorsion et la puérilisation d’un événement majeur.

 

En fait, en quittant le corps du Maître Jésus porté en croix, la Conscience du Christ – celle du Soleil de notre système planétaire – a eu pour mission d’aller décharger le Soleil intérieur de la Terre du surplus de karma collectif des humanités qu’elle a portées. Analogiquement à ce qui se passe dans vos ordinateurs, il arrive toujours un temps où la capacité d’absorption mémorielle d’une planète vient à saturation, rendant impossible toute avancée.

 

L’œuvre du Principe christique, en tant que Soleil central d’un système planétaire – ou, si vous préférez, son dieu – a été, par conséquent, de laver une mémoire, de débarrasser celle-ci de tous les résidus de souffrance entravant sa croissance et l’empêchant d’apprendre « autre chose ». Comprends ceci : « Laver les péchés » d’une communauté, c’est purifier et alléger sa mémoire afin d’y faire de la place pour avancer vers une conscience plus aimante.

 

N’est-il pas temps que vous vous desinfantilisiez quant qu fonctionnement de la Vie et au sens du Divin à travers elle ?




Maitreya4                        Sceau de la Théosophie



Mais revenons au projet de la Création concernant une planète comme la Terre… Il ne faudrait pas s’imaginer que la Vision qui est à son origine ne cherche qu’à permettre la croissance, c’est-à-dire la montée en conscience d’une forme de vie nécessairement humanoïde. D’une part, le stade humain tel que vous l’entendez aujourd’hui n’est que transitoire et, d’autre part, il ne représente qu’une simple manifestation du Vivant parmi les milliards d’autres.

 

Aux yeux de la Conscience Suprême vers laquelle nous nous dirigeons tous, la plus infime des expressions de la Vie est dotée d’un total potentiel de « divinisation ». L’Absolu étant l’unité de mesure de la Conscience ultime, aucune forme de vie n’a donc véritablement préséance sur une autre, même s’il est évident qu’il y en ait de plus avancées sur l’échelle de l’Evolution. La « première » ne fait pas l’objet de plus de soins que la « dernière ». L’humilité face à l’immensité de ce qui Est n’est pas simplement le résultat d’une compassion active, mais la juste conséquence d’une compréhension claire et logique de l’Ordre universel.

 

L’homme et la femme dont vous portez l’image idéale en vous ne sont pas davantage que l’un des innombrables aspects par lesquels le Divin s’exprime et cherche son propre accomplissement…

 

Tout comme un noyau ou un soleil, ils portent en eux le programme d’une perfection à atteindre, laquelle il faudra sublimer encore et toujours à travers la découverte d’autres contextes d’évolution.

 

Croyez-vous que le Soleil – appelez-le christique ou bouddhique selon votre sensibilité – se soit arrêté dans sa course ? Croyez-vous qu’il se repose au sein de sa perfection ? Non, il œuvre plus que jamais. Il avance vers un Infini dont même les plus grands Maîtres ascensionnés ne peuvent pas rêver.

 

N’oubliez pas ceci : il y a sans cesse un autre horizon derrière celui entrevu… De même, soyez certains que, pour le Parfait, il existe toujours un Plus que Parfait dont Lui seul peut deviner les contours et l’identité.

 

Que cela ne vous décourage cependant pas et ne vous effraie nullement ! Lorsque des œillères sautent, il y a souvent un instant d’égarement ou d’aveuglement… puis le regard s’accommode et s’habitue jusqu’à trouver enfin normales ses nouvelles perspectives.

 

Si vous avez décidé de vraiment vivre, sachez que « trop grand » n’existe pas mais que c’est de « trop petit » que l’on meurt. Qu’est-ce qui vous fait peur ? Le fait de ne pas parvenir à mémoriser ce qui vous est offert ? Celui de ne pas le comprendre dans tous ses développements ? Décrispez-vous donc ! la crispation fait rétrécir alors que c’est l’inverse qui vous est demandé.

 

Laissez plutôt mûrir… Laissez aussi pourrir en vous tout ce qui ressemble à une résistance. Vous êtes véritablement un noyau et, en tant que tel, vous avez une coquille qui nécessite un peu de temps et d’attention pour vivre l’éclatement. Aucun germe ne verra jamais le soleil sans l’explosion de la frontière que représente la gangue qui le renferme.

 

La peur des Noces cosmiques

 

Qu’est-ce qui vous inquiète encore ? Le principe de la Fusion ? Vous vous demandez si l’on y perd sa propre conscience de soi ? Eh bien non ; en réalité, c’est exactement le contraire ! On y gagne la conscience de soi… tandis que se désagrège celle du « moi-je ». C’est bien cela… La petite identité, aussi belle et respectable soit-elle devenue au fil des incarnations et des polissages de la vie, vient tout naturellement à se dissoudre sous l’action du feu de la Fusion.

 

Il est cependant important de ne pas aborder cela comme une annihilation de Ce qui a conscience d’Etre en nous. Nous parlons plutôt d’une merveilleuse expansion de Ce qui fait que nous sommes nous avec les galaxies de nos expériences accumulées.

 

Mais savez-vous seulement ce qu’est une expansion durable de la conscience ? C’est une surmultiplication de celle-ci. L’incroyable découverte de sa capacité à tout pénétrer, au-delà de l’intellect le plus brillant, au-delà des formes concevables… pour entrer, radicalement, en un inébranlable espace de Paix. A partir de là, apparaît une multitude de « champs du possible » qui annonce une perspective si sublime que les plus belles nostalgies du « moi-je » y perdent alors toute saveur.

 

Vous souvenez-vous de ces livres d’images qui vous émerveillaient étant enfants ? S’il arrivait que vous les retrouviez, vous jetteriez peut-être sur leurs pages un regard ému mais, simultanément, vous seriez surpris de la naïveté et, sans doute aussi, de la pauvreté des éléments qui, autrefois, vous comblaient de joie…

 


 
 

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Ainsi donc, le phénomène d’aspiration vers le haut, vers quelque chose de plus grand, jusqu’à un état de fusion solaire, s’avère être le moteur de la quête du bonheur. Tout ce qui Est est alimenté par lui, comme si le souvenir du futur et de sa promesse de Noces cosmiques était imprimé en tout, en deçà même de l’univers atomique.

 

C’est ce type de perception intime et pacifiant que tout être approche lorsque survient sa mort physique, du moins lorsque celle-ci est harmonieuse. Il s’agit d’une communion transcendantale avec l’essence même de la Vie et qui fait que tout se simplifie à l’extrême dans l’instant présent. Plus d’ombre pour s’opposer à la Lumière, plus de rancœurs ni de colères, pas même le souvenir d’un combat à mener…

 

Tout ce qui ne transpire pas la Grâce et la Joie est désamorcé. La seule différence tient dans le fait que l’extase vécue à l’instant de la mort est passagère alors que celle qui surgit lors de l’union d’une âme avec son exacte polarité complémentaire – ou de la fusion de plusieurs esprits – est stable et durable.

 

Ainsi, la mort, telle que vous pouvez l’approcher et la vivre, préfigure-t-elle, à son niveau, les métamorphoses successives vers lesquelles vous allez nécessairement. Tout est mort et résurrection, voyez-vous !

 

Un soleil n’est devenu soleil que parce qu’il résulte de davantage de mutations que n’importe quelle autre forme de vie dans le « coin de galaxie » où il se trouve.

 

Comprenez-vous maintenant pourquoi, sur le plan archétypal, le nombre 8 est associé au Christ dans sa descente verticale sur Terre et pourquoi le signe de l’infini dans ce que nous pouvons matériellement en appréhender n’est autre qu’un 8 couché, c’est-à-dire à l’horizontale ? De leur rencontre naît spontanément une croix ou un double dorje, archétypes de puissance et de résurrection, signes, enfin, d’une clé suprême.

 

Comprenez-vous aussi pourquoi, dans ce même type de considération, le 17 est à la fois relié aux Etoiles et au symbolisme du Graal à travers toutes les Traditions ? Dans l’univers des énergies subtiles, le 17 se résout à un 8 ; il représente un code d’accès, une clé conduisant à la conscience solaire. Cette connaissance ne demande pas à être stocké dans la mémoire… Elle se médite.

 

Quant aux neuf plus grands Maîtres ascensionnés qui seront issus de votre actuel système solaire, ils s’uniront en esprit à la fin de la présente Vague de Création… initialisant ainsi un Soleil pour la suivante… lequel fera sortir de son sein non pas neuf mais dix planètes, donc dix Maîtres majeurs en potentiel… et ainsi de suite.

 

Si l’analogie est la loi stable et générale du développement de l’univers appréhendable, elle suscite en même temps un mouvement d’expansion. Ainsi, l’analogue n’est-il jamais de l’ordre du répétitif.

 

Entre le choix et la nécessité

 

Une question se pose maintenant… La fusion des âmes complémentaires, puis celle des esprits réalisés à des fins que nous appellerons solaires, est-ce inéluctable ? Résulte-t-elle d’une obligation ou d’un choix ?

 

Lorsque la méditation a opéré son œuvre, on répond sans hésiter : « Les deux à la fois ».

 

Le principe de l’Union sacrée est inéluctable dans la mesure où il résulte d’une aimantation naturelle. Je te l’ai enseigné : Le singulier et le pluriel ne se contredisent pas. Ils déclinent la Divinité selon les nécessités et les niveaux d’expression de celle-ci. Le Un réclame la séparation pour savoir qu’il existe, alors que le Deux aspire à l’union pour pouvoir ensemencer et propulser ainsi l’Etre à un autre stade de Réalisation.



 

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Cependant… Cependant, malgré cette logique incontournable, le choix que procure le principe de Liberté demeure. N’importe quel être – même un Maître en pleine conscience de soi – peut ne pas opter pour une Union sacrée lorsque celle-ci se présente. Il peut décider de poursuivre sa route d’une façon plus « solitaire ». Nous ne disons pas « individuelle » car, lorsqu’une proposition de type transcendantal s’offre à une forme de vie autonome, c’est le signe que celle-ci a déjà atteint un état avance de communion avec le Tout.

 

Dans ce cas, la notion d’individu ou d’individualité perd le sens qu’on lui donne habituellement, elle ne sous-entend pas un ego ou une personnalité en attitude de séparativité par rapport au monde. Le seuil d’un Mariage cosmique peut donc ne pas être alors franchi afin de poursuivre une tâche spécifique, dans la matière, par exemple.

 

C’est ce qui se passe pour un certain nombre d’êtres que vous nommez Boddhisatvas. Ceux-ci acceptent de conserver un bagage de caractéristiques humaines et de continuer par conséquent à s’incarner dans la densité plutôt que d’ascensionner vers une autre réalité fusionnelle. Bien évidemment, ce n’est pas le choix d’une stagnation. Je te dirais qu’il s’agit là d’une ascension par la « méthode horizontale », une voie qui a sa grandeur incontestable et se beautés. C’est une voie de labeur… et de labour.

 

Tu comprends aussi que tous ceux qui font un tel choix se retrouvent, malgré tout, un jour du Grand Calendrier cosmique, face à la nécessité de passer à « autre chose » et de vivre une symbiose qui les propulsera vers un état de plus parfaite maîtrise. Analogiquement, ils seront semblables à un ballon gonflé d’hélium dont la nacelle ne peut plus supporter d’être lestée davantage et qu’il est donc temps et logique de « soulager de son plomb ».

 

Faisons maintenant le point… En dégageant une partie du voile recouvrant l’identité du Soleil, c’est-à-dire de la Conscience christique ou encore de la nature de Dieu au sein de notre présent système, nous avons été amenés à te parler de certains aspects du schéma évolutif : Celui des âmes jumelles se retrouvant en un seul esprit, celui concernant les Maîtres de Sagesse et la façon dont ceux-ci peuvent fusionner afin de générer de véritables batteries d’amour et de compassion s’engendrant à l’infini.

 

Une immense question demeure pourtant… Une question qui doit pointer en toi comme chez tous ceux qui, découvrant cet enseignement, ne voudront pas en rester à sa surface. Ce que nous te délivrons, vois-tu, doit pouvoir, au-delà de son aridité, se ramener à la fonction et à l’utilité de ce que vous vivez quotidiennement. Parler du jeu des mille divinités imprégnant la Nature, évoquer les Maîtres ainsi que la Divine Réalité solaire ne servirait pas à grand chose si cela demeurait coupé de la réalité humaine terrestre de chaque instant qui passe.

 

Le devenir de l'Humanité
 

Alors la question est celle-ci : Et le reste de l’humanité, que devient-t-il ? Qu’est-ce qui l’attend, tandis que de mystérieux et grands Réalisés oeuvrent, avancent, puis fusionnent et qu’un Soleil-Christ se propulse encore vers une autre dimension de l’Univers ? Est-elle abandonnée à un sommeil sans fin ? Serait-elle comme le résidu stagnant et sans grand espoir possible d’une Vague de Création ?

 

Commençons par le commencement… D’où viennent les Maîtres qui guident l’humanité plus ou moins discrètement ? De vous-même ou, plus précisément, du cœur du grand corps constitué par cette humanité. Ce sont des humains, comme vous, et non pas des « élus » désignés par quelque divine et énigmatique Autorité. Ils sont les cellules les plus « affinées » - ce qui veut dire les plus conscientes – de l’ensemble de votre collectivité planétaire. Ils n’ont reçu de grandeur que d’eux-mêmes, à force d’avoir voulu insuffler à chaque parcelle de leur être toujours plus de paix, d’amour et, en résumé, de Lumière.

 

C’est la divinisation de chacune de leurs cellules qui leur a procuré la Maîtrise. Certains d’entre eux sont, certes, issus d’autres planètes que la Terre mais cela n’y change rien. Même le parcours de ceux-là a été identique à celui qui est le vôtre aujourd’hui.

 



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Le fait de conscientiser de telles données devrait  impérativement vous ramener à votre propre responsabilité. La Lumière de la Réalisation n’est jamais offerte à qui que ce soit par quelque Puissance céleste que ce soit. Elle est simplement montrée en modèle, comme source d’inspiration et d’aspiration vers le haut. Elle est aussi une main qui se tend vers ceux qui font l’effort de tendre la leur. Jamais une main qui contraint… car la Présence du Divin ne se révèle que là où on L’invite.

 

Aucune manifestation de vie n’accouche de l’Amour par césarienne ! Elle le fait harmonieusement lorsque le corps et l’âme ont dépassé leurs peurs, se sont décrispés… et que le temps en est venu. Ceci afin que vous compreniez que toute expression de la Vie, par conséquent, chaque femme et chaque homme, est invité à la Maîtrise.

 

Tous les degrés de l’ascension solaire vous sont proposés parce qu’ils sont, par essence, de l’ordre du logique et du naturel.

 

Devenir un être réalisé ne signifie pas nécessairement – et loin s’en faut – laisser un nom dans l’Histoire et siéger au sein d’un Conseil de Sages. Cela ne signifie pas non plus se voir ouvrir les portes du monde subtil de Shambhalla. Il existe une multitude d’autres dimensions, que ce soit dans ce monde ou dans d’autres.

 

On parle du Bouddha sous les traits de Gautama, on parle toujours également du Christ historique ayant emprunté l’identité de Jésus… mais il ne faut pas oublier qu’il existe un grand nombre d’êtres qui sont parvenus à l’état de bouddha ou de christ sans avoir pour cela impressionné la mémoire collective. Ces êtres-là ont connu et connaissent encore leurs propres rendez-vois fusionnels. Ils sont des soleils « quelque part » dans l’univers, en charge du développement d’un monde, parmi la multitude des dimensions existantes.

 

Connaître l’état de soleil n’implique pas nécessairement le fait de se transmuer en une « boule de feu » suspendue dans l’immensité du cosmos. C’est être une constante source de prolongation et de transformation de la Vie, c’est-à-dire un jaillissement d’Amour.

 

Les soleils ont aussi pour mission naturelle et spontanée de réinventer constamment la vie en générant de nouvelles propositions à son développement. Ils portent le masque de Dieu dans un « ailleurs » qui n’est pas imaginable pour vous. Chaque monde engendré et soutenu par un soleil expérimente une tonalité de l’arc-en-ciel divin, il entonne une note de sa Grande Partition et en éprouve les harmoniques.

 




La Porte de Jade

 

 

 


 








 

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Orphée - dans Esotérisme & Gnose