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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 17:19

Les Mystères de la Vie après la Mort

 

 

 

Les Mystères de l’Au-delà

 

Enfer – Purgatoire – Paradis

 

Tous les prophètes ont traité de la question métaphysique de l’après vie. La source de leur connaissance, telle qu’ils l’ont tous proclamé, était la révélation Divine. Si la vie après la mort n’existe pas, la croyance en Dieu devient inutile. La foi en la vie éternelle ne garantit pas seulement la félicité dans l’au-delà, elle rend aussi les individus plus responsables et plus conscients dans leurs actions.



 

Dante And Virgil In Hell 1850 40f6

 

 

 

Les diverses représentations de l’au-delà illustrent les tentatives de l’homme de se donner de « l’après mort » une idée concrète, ressemblant à la vie matérielle dans sa beauté (Paradis) ou sa laideur (Enfer). La vie après la mort, assez proche de l’existence terrestre est soit idéalisée, soit corrompue. Elle varie des visions infernales de Dante, décrivant un monde de souffrances et de tourments absolus, à une sphère d’ivresse ou l’âme s’élève à la dimension suprême de la pureté et du spirituel, à travers des ascensions lumineuses et béatifiques. La croyance en la réincarnation ou en la résurrection de la chair donne un sens à un monde considéré comme absurde et sert souvent de compensation à l’injustice du sort terrestre.

 

Dans de nombreuses civilisations antiques, le monde de l’au-delà était un séjour réservé aux morts dotés d’une sépulture, les autres étant voués à hanter leurs anciens lieux d’existence. La coutume, déjà répandue chez les peuples primitifs, de pourvoir les tombes d’un mobilier funéraire et de provisions, indique que les défunts poursuivaient une vie spirituelle plus ou moins semblable à celle qu’ils avaient menée sur Terre. Chez la grande majorité des peuples se retrouvent plus ou moins les mêmes croyances : jugement des actes du défunt, pesée de son âme, parfois présidée par un tribunal de Dieux et effectuée sous la surveillance d’un ange ou d’une divinité préposée à cette tâche, différenciation entre les élus, envoyés dans un lieu de délices, et les damnés, condamnés à des supplices éternels.

 

La croyance la plus ancienne, et aussi la plus simple, était que le corps du défunt retrouvait la vie dans sa tombe. En Egypte, on dessinait dans les tombeaux des scènes de la vie domestique ou familiale destinées à commémorer la perpétuation de la vie.

 

Durant l’Ancien Empire, les croyances osirienne et solaire vinrent se rattacher à ce concept de survie. Le corps du défunt, protégé de la corruption grâce aux techniques de l’embaumement, devait éviter bien des périls avant de rejoindre le dieu des morts. Ayant triomphé de tous les obstacles dressés sur sa route, le trépassé arrivait devant Osiris, entouré d’Isis et de Nephtys, accompagnés de quarante deux autres juges. C’est alors qu’avait lieu la pesée de son âme. Le dieu chacal Anubis posait son cœur sur l’un des plateaux de la balance, tandis que la déesse Maât (Vérité-Justice) déposait une plume sur l’autre plateau. Le dieu scribe Thot surveillait et enregistrait la pesée.

 

Si le résultat était défavorable (si le cœur pesait plus lourd que la plume), le mort était jeté dans la gueule de Ammit, la grande dévoreuse. Si le jugement lui était favorable, le défunt était admis dans le royaume d’Osiris. Il y obtenait un lopin de terre et poursuivait les mêmes activités que sur la Terre. Les Egyptiens rassemblèrent les formules et les rituels sensés faciliter le long pèlerinage du défunt dans le célèbre « Livre des Morts ». Initialement réservée aux rois, étendue à leurs courtisans, la croyance solaire voulait que le défunt rejoignit le grand Dieu solaire Ré sur sa barque. Pour parvenir jusqu’à la grande divinité, le mort devait subir le rite de la purification effectué par Anubis, sous une tente, à la limite du désert, puis celui de la « lustration solaire » dans une jarre. Enfin, il rejoignait Ré en s’intégrant pour l’éternité dans l’escorte de son embarcation céleste. L’au-delà grec était régi par le dieu Hadès (nom désignant également les Enfers), frère de Zeus et de Poséidon. L’Iliade situait l’Enfer dans des lieux souterrains, secrets, reliés au monde des vivants par des cavernes insondables. Selon l’Odysée, il se trouvait aux confins de l’océan primordial. Pour s’y rendre, l’ombre de du mort devait recourir à Charon, son gardien à qui il devait remettre le péage placé dans sa bouche par les vivants. Charon lui faisait traverser plusieurs fleuves comme l’Achéron (l’Affliction), le Styx (fleuve de la Haine), et le Léthé (l’Oubli). C’est aux Enfers que les âmes des hommes étaient jugées, puis punies dans les régions glauques de l’Erèbe et du Tartare. Les âmes viles étaient soumises aux pires tortures. Les autres, réduites à l’état d’ombres, attendaient de se réincarner. Les Enfers grecs englobaient aussi les Champs Elysées ou Iles des Bienheureux, lieux de séjour des âmes vertueuses.




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L’Enfer juif était nommé Shéol. Les morts y séjournaient de manière plus ou moins heureuses, en fonction de leurs existences passées. Le Shéol fut souvent décrit comme un abîme de ténèbres. Dans le Nouveau Testament, l’Enfer prit le nom de Géhenne, du nom d’une vallée proche de Jérusalem où l’on jetait les ordures à brûler. Jésus fit allusion à ses flammes, à la séparation des justes et des méchants, et aux pleurs des damnés.

 

L’idée de l’existence d’un Enfer provient d’un long processus d’intégration des traditions mésopotamiennes, hébraïques, gréco-romaines, elles-mêmes influencées par les civilisations celtiques, germanique et extrême-orientale. La « soif du mort » ou les « flammes éternelles » sont des notions provenant des régions où les populations souffrent de la sécheresse et de la chaleur. A l’inverse, chez les populations nordiques, l’Enfer se transforme en marais gelés ou en brouillards glacés.

 

En fonction des régions, nous voyons que les peuples ont élaboré des concepts différents de l’au-delà. L’Hadès grec, le Schéol Hébreu ou l’Arallu des Assyro-Babyloniens, ne furent d’abord que des lieux souterrains où erraient les âmes indifférenciées des défunts. Cette conception évolua par la suite pour répondre à un besoin d’équité. Les bons et les méchants ne pouvaient coexister dans un même lieu et subir un sort identique. Peu à peu, l’au-delà devint le lieu du jugement où était scellé le destin de chaque âme, en fonction de ses mérites ou démérites.

 

Les Enfers ne sont pas seulement habités par les âmes des morts. Les légendes les ont peuplés d’une foule d’allégories terrifiantes, symbolisant l’anéantissement et la souffrance : maîtres, gardiens, monstres, démons, diables… Souvent, ils se divisent en secteurs correspondants aux différentes catégories de damnation. Dante décrivit un monde infernal s’érigeant en degrés multiples. Le Livre d’Enoch, texte apocryphe, donne de nombreux détails sur le Paradis et l’Enfer.

 

L’Apocalypse de Jean (vers 90 après J.-C.) décrit le Jugement dernier et les supplices réservés aux âmes damnés. L’Enfer y est dépeint comme un océan de souffre et de feu. Les textes apocalyptiques apocryphes tels « l’Apocalypse de Pierre », « La Vision de Paul », « l’Apocalypse de Paul », « les Actes de Thomas » décrivent les lieux et les tourments des damnés de manière plus ou moins détaillée : lande fétide hérissée de rochers pointus, parsemée de puits de sang, de brasiers et de fosses remplies d’excréments…



 

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Pour les Chrétiens, l’Enfer est un lieu de déchéance et de supplices. Créé à l’origine pour recevoir les anges déchus, il est devenu la résidence définitive des âmes perverties. L’Enfer est un point de non-retour. Il n’existe aucun espoir d’échapper à ses tourments. « Vous qui entrez ici, perdez tout espoir », écrivit Dante dans sa « Divine Comédie ». L’Enfer est une fournaise où les âmes sont éternellement tourmentées par des diables armés de piques et de fourches. On y trouve une série de tortures qui feraient frémir d’envie les inquisiteurs du Moyen-Age : fours crématoires, fers chauffés à blanc, roues armées de dents acérées, matelas de charbons ardents…

 

L’Enfer chrétien est peuplé de démons, à l’exemple du concept assyrien. Il est relié à la notion de punition éternelle, les tourments des pécheurs n’ayant pas de fin. Sainte-Thérèse d’Avila (1515-1582) eut une vision douloureuse de l’Enfer chrétien : « Je sentis dans mon âme un feu dont je suis impuissante à décrire la nature, tandis que mon corps passait par des tourments intolérables. J’avais cependant enduré dans ma vie des souffrances bien cruelles. (…) De plus, je voyais que ce tourment devait être sans fin et sans relâche. Et cependant toutes ces souffrances ne sont rien encore auprès de l’agonie de l’âme. Elle éprouve une oppression, une angoisse, une affliction si sensible, une peine si désespérée et si profonde, que je ne saurais l’exprimer. Si je dis que l’on vous arrache continuellement l’âme, c’est peu… Ici, c’est l’âme elle-même qui se met en pièces. Je ne saurais, je l’avoue, donner une idée de ce feu intérieur et de désespoir qui s’ajoutent à des tourments et à des douleurs si terribles. Dans ce lieu si infect d’où le moindre espoir de consolation est à jamais banni, il est impossible de s’asseoir ou de se coucher. L’espace manque. (…) Il n’y a point de lumière, mais les ténèbres les plus épaisses. »

 

Saint-François d’Assises (1182-1226) reçut une vision infernale que l’un de ses compagnons raconta en ces termes : « Il fut mené en esprit sur une très haute montagne où il y avait un abîme très profond, et çà et là des rochers brisés et escarpés d’où jaillissaient des aiguilles de diverses hauteurs, en sorte que l’aspect de cet abîme était effroyable à regarder. (…) Un angle lui montra une grande plaine remplie de pierres aiguës et tranchantes, d’épines et de ronces, et lui dit qu’il lui fallait passer pieds nus par toute cette plaine jusqu’à ce qu’il arrive au bout, où il voyait une fournaise ardente dans laquelle il lui fallait entrer. (…)






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Et comme il regardait, il vit autour de la fournaise beaucoup de démons ayant en mains des fourches de fer avec lesquelles, comme il hésitait à entrer, ils le poussèrent brusquement dedans. Puis, l’ange le conduisit à un pont que l’on ne pouvait passer sans grand danger, parce qu’il était très mince et étroit et très glissant sans parapets sur les côtés, et dessous passait un fleuve terrible, plein de serpents, de dragons et de scorpions, et qui répandait une très grande puanteur. »

 

Les prêtres donnèrent aux fidèles des descriptions infernales dantesques, afin de les contraindre, par la peur, à observer les principes moraux et religieux. En brandissant la menace des supplices infernaux, la prédication populaire révéla un jugement divin impitoyable, en contradiction flagrante avec la promesse évangélique. Comment concilier le châtiment éternel et la possibilité de rachat ? Le Nouveau Testament affina la conception de la justice. Le péché était condamnable soit, mais le pécheur ne pouvait être réduit à ses actes ni condamné pour l’éternité. Toute la dimension de la justice divine se manifestait à travers la gratuité de son pardon.

 

Dans la Bible, la notion de Jugement dernier est capitale. Dieu exerce un jugement personnalisé sur chaque individu.

 

Le Jugement est aussi un élément clé du Coran. Les Musulmans croient que le Jugement dernier sera précédé de bouleversements cosmiques pareils à ceux décrits dans l’Apocalypse. L’Enfer islamique est dominé par le feu, la poix brûlante et le souffre fondu. Il est pareil à un monstre qui dévorera tous les pêcheurs. Les damnés y sont tourmentés par une horde de mauvais esprits. Le Coran fait état de la venue d’un Antéchrist et du Christ qui régnera quarante ans sur Terre, après s’être converti à l’Islam. Alors, le cosmos sera détruit, les morts sortiront de leurs tombeaux et seront rassemblés devant le trône du Jugement, lorsque sonnera la trompette de l’ange annonciateur.

 


 

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Les Musulmans conçoivent la mort de deux manières. Selon les anciennes croyances populaires, elle est perçue comme la disparition totale de l’homme, corps et âme. Le défunt est « recréé » par Allah, le Jour de la Résurrection, à partir de l’os résiduel du coccyx. Selon des croyances postérieures, la mort représente la séparation de l’âme et du corps. L’âme va à la rencontre d’Allah, son juge. Le corps revient à la poussière, jusqu’à la résurrection finale qui le réunit de nouveau à son âme. Certains enseignements (Hadith) situent, au moment de la mort, l’interrogatoire du défunt dans son tombeau par les anges Munkar et Nakîr, suivi de l’attribution des récompenses ou des châtiments. Quelle que soit la religion, les théologiens s’accordent à reconnaître que la souffrance la plus terrible reste la privation de Dieu. La pensée chrétienne moderne analyse plutôt les flammes comme des tortures psychiques engendrées par l’âme révoltée (peur, remords, colère…) qui s’éteignent d’elles-mêmes, si l’esprit consent, dans un élan spontané, à se tourner vers l’amour divin. Parfois, les anciennes notions ont fait place à l’idée d’une annihilation du corps et de l’âme ou bien à des théories orientales faisant état de renaissances multiples. De plus en plus de Chrétiens adhèrent au concept de la réincarnation, en y ajoutant parfois les notions de pardon et de repentir chères à leur dogme.

 

L’au-delà tibétain est peuplé de nombreux dieux, génies, démons et saints qui entravent ou facilitent le destin de l’âme. L’homme suit le cycle de renaissances dont il doit échapper pour accéder au bonheur véritable. Dans l’hindouisme, le défunt erre à la recherche de son nouvel état. Il passe le fleuve Vaïtarani, correspondant au Styx grec. Après quoi, il atteint d’autres plans de conscience où durant un temps indéterminé, il assimile les expériences de sa précédente incarnation et se prépare à la suivante. L’âme y liquide aussi une partie de son karma. Le bon karma est épuré dans les multiples lieux de délices rattachés à l’un des nombreux Dieux du panthéon hindou, après quoi elle repart vers une autre étape de son évolution.

 



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On évoque ainsi le paradis de Shiva, de Vishnou ou encore de Krishna. Les Hindous admettent l’existence d’autres paradis correspondant aux dieux des Chrétiens, des Musulmans, des Juifs, chacun allant dans le lieu qu’il s’est imaginé durant sa vie terrestre. Les Enfers hindous sont des lieux d’expiation des mauvaises actions qui peuvent être des péchés capitaux ou des actes totalement dérisoires à nos yeux, comme par exemple le fait de manger, tout seul, des sucreries, de couper inutilement des arbres ou encore de se marier avant son frère aîné !

 

Certains êtres spirituellement avancés peuvent décider volontairement de se rendre dans les Enfers car ils y voient un moyen de libération plus rapide de leur mauvais karma. Les effets du karma étant multiples, l’âme peut transiter successivement dans plusieurs Paradis et Enfers où elle recueille les fruits de ses bonnes et mauvaises actions. Les six mondes de la renaissance selon les Bouddhistes sont symbolisés par le Bhava-Chakra ou roue de la vie qui comporte six rayons, soit un rayon pour chaque monde de renaissance possible. Ces six royaumes sont divisés en trois mondes allant du plus grossier au plus subtil : le monde du désir ou kâmaloka, le monde de la corporéité sans désir ou rûpaloka, et le monde de la non corporéité ou arûpaloka, ce dernier étant un monde exclusivement spirituel. La sphère des désirs comprend entre autres le monde des enfers ou naraka. Nous sommes susceptibles de renaître dans chacun de ces différents royaumes en fonction de notre karma. Les Enfers bouddhiques sont dirigés par le féroce Dieu Yama et constitués de huit lieux infernaux, chacun d’eux étant lui-même entouré par seize enfers annexes. Bouddha a décrit ces lieux comme étant carrés et dotés de quatre portes. Ils sont hauts, larges, ceints d’un rempart de fer et couverts d’une voûte de fer. Le sol est également de fer, porté à l’incandescence. Les hommes méchants et cruels y expient leurs crimes. Ces endroits ne sont que terreur, effroi et souffrance.

 

Sont destinés à y résider les hommes qui ont tué des créatures vivantes par stupidité, esprit de lucre, peur, colère ou bien pour en faire l’élevage, ceux qui ont volé, qui ont fait subir des supplices par le feu… L’Enfer le plus horrible est l’Enfer ininterrompu. Il y a aussi l’enfer « surchauffant » et le « grand hurlant » !

 

Chez les Chrétiens, on trouve un lieu d’expiation provisoire, le « Purgatoire », sorte de niveau intermédiaire, d’étape transitoire sur le chemin du Paradis. Il n’est apparu dans les textes officiels que vers le XIIIe siècle, sous la plume d’un certain Pierre Lombard qui lui donna le nom de « limbes », du latin nimbus, signifiant « bordure », « frange ». Les bébés qui n’avaient pas eu le temps d’être baptisés avant de mourir ou les adultes privés de raison séjournaient dans ces lieux, sans subir de damnation. Toutefois, ils se voyaient privés de la vision béatifique de Dieu.

 


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Les âmes des limbes attendaient le Jugement dernier, avant de pouvoir monter au ciel, totalement rachetées. Le Purgatoire (du latin purgare signifiant « purifier ») est le séjour temporaire de ceux qui doivent s’amender, avant de goûter aux divines saveurs du Paradis. Il ressemble à l’Enfer puisque les âmes y éprouvent de la souffrance mais le mal n’y est pas éternel. Il a une valeur réparatrice.

 

Le purgatoire est le palier vibratoire séparant le monde des vivants de l’au-delà. L’action du repentir y est primordiale. Notons que la religion catholique a permis la vente « d’indulgences » destinées à écourter la durée du séjour des trépassés dans le Purgatoire. En 1517, Luther prêcha la Réforme, dénonçant l’aspect commercial de cette pratique, mettant en exergue la gratuité du salut offert par Dieu. Selon Dante, le Purgatoire était lié à l’Enfer. Il était administré par des anges, non par des démons. Le feu y était expiatoire. Les âmes y vivaient dans la privation de Dieu, jusqu’à ce qu’elles aient achevé leur pénitence.

 

Notons que les islamistes, les Juifs et les protestants ne croient pas l’existence du Purgatoire, arguant du fait que les Ecritures n’y font pas mention. A l’opposé de l’Enfer, séjour des damnés, et du Purgatoire, espace réservé à la pénitence des âmes imparfaites, se trouve le Paradis céleste. Le mot « paradis », d’origine perse, repris en hébreu (pardès) et en grec (paradeisos), signifie « verger entouré de murs ». Il correspond au Jardin d’Eden de la Genèse, du mot sumérien edin, signifiant « plaine ». C’est dans ce lieu merveilleux que serait né le premier couple d’humains, Adam et Eve. Ils y vivaient heureux, entourés de fleurs, de fruits capiteux et d’animaux pacifiques jusqu’au moment où ils succombèrent à la tentation, commirent le péché originel à la suite duquel Dieu les chassa, et rendit les hommes mortels.

 



Francois20Enfers


 

Avec sa source centrale et ses quatre fleuves coulant dans quatre directions différentes, l’Eden représente le point d’origine, l’être en son principe divin. Sa localisation géographique a longuement été cherchée depuis l’Antiquité par les exégètes de la foi, les cosmographes et les voyageurs. Beaucoup le site en Irak actuel. Par la suite, l’Eden devint le séjour de l’au-delà réservé aux âmes bienheureuses. En son centre se dresse l’arbre de la vie et de la connaissance. Son fruit offre une surabondance de vitalité et de savoir. Sa perpétuelle régénération en a fait le symbole de la victoire de la vie sur la mort.

 

L’Eden symbolise un monde idéal libéré de l’emprise du mal. Il exprime toute la nostalgie d’une innocence disparue. Ce regret du Paradis perdu est universel. Il provient du désir de l’homme de dépasser sa condition pour retrouver son état de pureté originelle d’avant la chute. Enoch l’a décrit comme une maison de cristal où trône la Grande Gloire aux vêtements plus blancs que neige et plus éblouissants que le soleil. Les croyances antiques et les religions révélées ont élaboré des formes de Paradis différentes. Toutefois, elles ont en commun l’espoir en la vie éternelle pour les âmes pures et vertueuses.




Paradis
 

 

 

Les mondes célestes chrétiens sont des domaines où les croyants aspirent à l’union éternelle avec Dieu et avec ses anges. Pour les Chrétiens, la volonté d’accéder au salut éternel passe par la descente de la Jérusalem céleste sur Terre. L’Apocalypse de Jean décrit la cité comme une ville d’or pur semblable à du verre transparent, ceinte d’une muraille construite en jaspe, ornée de pierres précieuses et percée de douze portes qui sont douze perles gigantesques éternellement illuminées par la gloire de Dieu. Elle est traversée par le fleuve de vie, transparent comme du cristal. Les élus y jouiront de la béatitude éternelle et de l’extase absolue. L’imagerie populaire chrétienne se figure le Paradis comme un royaume céleste au seuil duquel se tient Saint-Pierre, le gardien de l’Eternel, détenant les clefs des portes. Il ne les ouvre que si l’on décline son nom et qualités. Le jardin d’Eden offre l’image d’une nature généreuse que le Coran décrit en détails, mettant en exergue ses beaux jardins gorgés de fruits, ses enivrantes voluptés, ses femmes permissives, ses douceurs mielleuses…

 

Le « Paradis de Mahomet » exprime le paroxysme des joies terrestres : sources, banquets, jeunes filles radieuses. Le mot Janna, « jardin » est employé soixante-six fois dans le Coran ! Les Bouddhistes considèrent le nirvana comme la seule échappatoire possible au Samsara ou cycle des renaissances multiples. Le mot nirvana signifie littéralement « extinction », comme une flamme qui s’éteint. Cet état est expérimenté par l’être qui a éliminé son ego et toutes les notions s’y rapportant. Il peut être résumé par ces mots : extinction de toute souffrance, paix, sentiment d’absolu, fin de toute trace de ce qui pourrait renaître, mort du désir, total détachement.

 

De nombreux Occidentaux se sont mépris sur le sens véritable de l’état de nirvana. Soit, ils l’ont assimilé au Paradis, soit ils l’ont perçu de manière pessimiste, n’y voyant que vide et anéantissement. De par sa nature, le nirvana échappe à toute définition terrestre. Il se situe bien au-delà des concepts humains. Bouddha n’a pas eu besoin de mourir pour connaître cette béatitude. Il l’expérimente de son vivant, après de nombreuses années d’ascétisme et de méditation. Il a atteint la région du ciel où il n’existe plus rien, où il y a cessation des idées et de la perception. Le nirvana est le domaine où la dualité n’a plus de sens celui de l’Unité retrouvée. Il symbolise la révélation de la nature divine des choses. De nos jours, les notions dépassées du Paradis, de l’Enfer et du Purgatoire sont devenues une source de confusion et de doute pour de nombreux fidèles. La perspective d’une vie spirituelle réduite à un choix aléatoire entre un lieu de délices et une sphère infernale, aussi bien que la perspective d’une annihilation complète du corps et de l’âme ont fait place à d’autres croyances, notamment à celle de la réincarnation.

 

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Orphée - dans Mystères et Paranormal
16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 16:14

Les Prophéties des calendriers Mayas

 

Le passage d’un cycle à l’autre

 

Il y a presque 2000 ans, une civilisation prodigieuse a illuminé le monde de mille et un feux ; ils s’appelaient les Mayas. Grâce à leur science mystérieuse, qui échappe encore à la science actuelle, les Mayas ont prophétisé un grand nombre d’événements majeurs de l’histoire qui se sont tous réalisés avec une étonnante précision. Ils ont prédit pour notre époque que de grands bouleversements auraient lieu entre 2004 et 2012. Ils ont appelé cette période le Cinquième Soleil : le soleil de la vie nouvelle…

 



Calendriers Mayas-v1



 

Les Mayas, une civilisation cosmique

 

Les Mayas sont une civilisation précolombienne qui nous a livré nombre de mystères fascinants, avec son héritage culturel de milliers de temples et de pyramides situés sur ce que les Indiens appelaient l’Ile de la Tortue, ou plutôt l’Amérique latine (les Mayas étaient installés sur un territoire délimité actuellement par le sud du Mexique, le Guatemala, le nord de Belize et l’ouest du Honduras).

 

C’est un peuple qui vivait selon le cosmos et les corps célestes. Ils pouvaient suivre les mouvements des astres grâce aux gnomons, des sortes de cadrans solaires qui étaient installés dans des observatoires dont les ouvertures, disposées de manière appropriée, permettaient de suivre le mouvement des planètes. Ils ont surtout étudié Vénus, Mars, Jupiter, Saturne et aussi les Pléiades, des étoiles dont les Mayas seraient originaires…

 

En plus d’être d’excellents astronomes, ils étaient de remarquables mathématiciens. Leurs calculs complexes étaient inscrits sur des Codex. Il ne nous en reste malheureusement que quelques exemplaires, la majorité ayant été détruite lors de la conquête espagnole.

 

Leurs calendriers étaient ainsi basés sur l’observation céleste et les calculs. Ces calendriers complexes et précis permettaient entre autres de calculer la longueur des phases de la lune, la position du soleil pendant les éclipses, les solstices et les équinoxes, ainsi que les cycles de la nature. Les calendriers permettaient aussi de prédire le futur et de fixer les dates des grandes cérémonies religieuses. Ces calendriers s’étendaient sur plusieurs millions d’années. Leur fiabilité astronomique ne fait plus de doute, car tous les calculs recensés se sont révélés exacts.

 

Les prophéties mayas : une précision chirurgicale !

 

La culture des Mayas et leur façon d’appréhender le temps, les saisons et les cycles vitaux sont très différentes des nôtres, elles sont vastes et complexes. En fait, les Mayas ont créé 17 calendriers, dont certains donnent une description détaillée des événements temporels sur une échelle de plusieurs millions d’années ! Le calendrier le plus célèbre et le plus étudié depuis 1987 est le « Tzolk’in » ou « Cholq’ij ». C’est un calendrier sacré qui détermine des tournants importants dans l’histoire de l’humanité. Il est basé sur le cycle des Pléiades.

 

Les événements mentionnés sur ce calendrier le sont au moyen de symboles. Par exemple, le 21 avril 1519 fut un jour très important pour les Mayas. Il est mentionné dans l’année du « Roseau », sous la forme d’un envol de papillons. En fait, ce jour correspond à l’arrivée de Hernando Cortez et de sa flotte composée de 11 galions espagnols. L’explorateur débarqua sur une plage de la côte américaine qui est devenu aujourd’hui la ville de Vera Cruz, au Mexique. Les Mayas avaient pu observer de loin l’arrivée des bateaux, dont les voiles se balançaient au rythme de l’eau. Cela leur fit penser à des vols de papillons juste à la surface des flots.



 

Pyramide-merida-mexique

 

 

L’arrivée de Cortez annonça de profonds bouleversements sur la civilisation maya, mais n’apportèrent ni paix, ni harmonie, ni fraternité. Cette ère nouvelle fut appelée « les Neuf Bolomtikus » ou « les Neuf Enfers » par les Mayas. Chacun de ces enfers durait en réalité 52 ans. Si l’on regarde l’histoire de la colonisation de l’Amérique du Sud, on constate que la situation fut effectivement infernale pour les indiens. Ils furent privés de leur terre, réduits en esclavage, rendus malades par les germes importés par les Espagnols, soumis à la convoitise, à la haine et à l’égoïsme des colons.

 

L’ère débutée à l’arrivée de Cortez s’est terminée le 16 août 1987 (1519 + (9 x 52) = 1987). Pour ceux qui la connaissent, cette date est celle de la Convergence Harmonique. Elle symbolise l’arrivée dans une nouvelle ère, celle du Monde du Cinquième Soleil. Cette date a été célébrée par des milliers de personnes dans le monde entier, qui se sont réunies sur des sites sacrés pour prier pour une transition harmonieuse. Le monde est entré depuis 1987 dans une forte régression du monde matérialiste. Cette régression est inéluctable. Nous sommes à l’aube de cette nouvelle ère, annonciatrice de paix, d’harmonie et de réconciliation avec la Mère-Nature. C’est encore une période de transition.

 

On constate que des changements sont en cours, même si la planète est ravagée par une énergie colossale qui provoque la destruction de l’environnement, le chaos social, les guerres et les changements climatiques. Tous ces profonds changements avaient été annoncés depuis longtemps par les Mayas.

Serez-vous prêt pour le 21 décembre 2012 ?

 

Pour la tribu des Mam, le 21 décembre 2012 est la date de la renaissance, l’entrée dans le Monde du Cinquième Soleil. Il est dit que pour la première fois depuis 26.000 ans, le soleil se lèvera à l’aube de ce jour de décembre pour rejoindre l’intersection de la Voie lactée avec le plan écliptique. Cette intersection formera comme une croix, dont il est dit qu’elle est l’incarnation de l’Arbre Sacré. Cela reprend la notion de l’Arbre de Vie, qui est mentionné dans toutes les traditions spirituelles du monde.

 

En fait, il est prévu qu’à cette date, l’axe polaire s’aligne sur le centre de notre galaxie. Selon certains observateurs, cet alignement devrait permettre l’ouverture d’un canal pour que l’énergie cosmique puisse couler à travers la Terre. Notre planète sera ainsi nettoyée de tous ses aspects négatifs et elle pourra s’élever vers un plus haut niveau vibratoire. Ce changement a déjà commencé et il va aller en s’accélérant d’ici à 2012. Nous pourrons parvenir à cette nouvelle ère seulement si la Terre demeure dans de bonnes conditions. D’ici là, il faudra œuvrer contre toutes les forces et les intérêts qui cherchent à la détruire.

 



Pyramides Mayas-v1


Face à ce changement annoncé, Carlos Barrios (archéologue et initié de renom dans la tradition maya) cherche à calmer ceux qui croient en la fin du monde. Selon lui, beaucoup de gens cherchent à faire du catastrophisme avec cette date, alors qu’en réalité ils sont mal informés. Seule la tradition maya ancienne possède la bonne interprétation : « L’humanité va continuer, mais d’une autre manière. Les structures matérielles changeront. A partir de là, nous aurons l’opportunité d’être plus humains ».

 

Nous vivons actuellement une étape décisive dans l’histoire de l’humanité. Toutes les prophéties et les traditions issues du passé indiquent que les années à venir seront une période-clé. Il est temps d’agir. La façon dont le monde prendra forme dans les années à venir dépendra de la façon dont chacun d’entre nous agira. Carlos Barrios a annoncé que de puissantes âmes ont choisi de se réincarner pendant cette période, chacune avec de grands pouvoirs. Certaines agiront du côté de la Lumière. D’autres agiront du côté de l’Ombre. Notre monde actuel, basé sur le capitalisme et la consommation, est condamné à disparaître. L’économie libérale n’est pas toute-puissante.

 

Les cinq premières années qui ont suivi 1987 ont amorcé le lent déclin du monde matérialiste dans lequel nous vivons. Les banques sont désormais devenues fragiles et pourraient même s’effondrer dans les prochaines décennies. La société telle que nous la connaissons disparaîtra, et nous serons impuissants. Pour survivre, il faudra se centrer sur nous-mêmes et sur la Terre. Les Pôles Nord et Sud vont s’inverser, le niveau des eaux va monter, tandis que de nouvelles terres émergeront, notamment vers Cuba.

 

Que représente l’année 2012 chez les Mayas ?

 

Les éventuels événements qui pourraient se produire d’ici à 2012 sont divers. D’après les « Anciens » qui sont des Mayas, Gardiens de la Connaissance, ils seraient eux aussi menacés et certains pourraient être éliminés dans les prochaines années. De nos jours, le côté Ombre a beaucoup de pouvoir, mais il diminuera dans les 3 ou 4 prochaines années. Tout ce qui nous paraît immuable maintenant pourrait donc bientôt changer, et des choses surprenantes sont sur le point d’arriver. Mais peut-être que certains d’entre vous se posent la question de savoir pourquoi 2012 est une année si importante. 2012 marque la fin de trois cycles : l’un de 26.000 ans, l’autre de 5125 ans et le troisième de 13 ans.

 

Lorsque ces trois cycles prendront fin le 21 décembre 2012, l’humanité entrera alors dans une nouvelle ère, marquée par une autre dimension. Il est nécessaire que chaque individu opère une transformation personnelle et suive les effets des énergies cosmiques pour atteindre ainsi une vie plus heureuse et plus harmonieuse.

 



Pyramides Mayas-v2


 

Les Mayas avaient également situé l’année 2004 comme le début du 5ème Age, qui doit se terminer en 2012.

 

Ce 5ème Age comprend plusieurs alignements cosmiques. C’est la tempête de comètes sur Jupiter entre 1996 et 1997 qui a provoqué des ondes magnétiques de grande amplitude ; celles-ci ont parcouru l’univers jusqu’à la Terre et ont créé des vibrations qui ont agi sur les forces gravitationnelles du soleil. Cela a pour conséquence de désaligner la Voie lactée et le mouvement de rotation des planètes.

 

Ces phénomènes devraient réveiller en nous des forces endormies. Les Mayas avaient en effet donné un nom à la valeur numérique 2004. Il s’agit d’Akabal, qui signifie temple maya secret. C’est le symbole d’une force mystérieuse sombre qui abrite à la fois le Bien et le Mal. En réalité, ce temple désigne le cœur humain et la Vérité qui en aura émergé à partir de 2004, que l’on ait été bon ou mauvais. Ces forces en action devront nous aider à vaincre nos démons intérieurs et à retrouver le bon chemin. Mais il y aura aussi de fréquents obstacles !

 

2004 est ainsi l’année du temple secret mais aussi le début d’une renaissance. Notre esprit aura peut-être la chance de voir un jour nouveau avec clarté, dévotion, espoir et opportunité pour tous ceux qui seront parvenus à trouver leur vérité intérieure.

 



Calendriers Mayas-v2












 

 

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Orphée - dans Mystères et Paranormal
16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 15:44

Mozart

 

La Flûte enchantée et les Mystères d’Egypte

 

Composée en 1771, la Flûte enchantée est le Grand Œuvre initiatique de Mozart. Aboutissement d’un long processus commencé avec une œuvre de jeunesse, Thamos, roi d’Egypte, cet opéra révèle les étapes de l’initiation d’un couple aux mystères d’Isis et d’Osiris. Ce texte sacré devait servir de fondation au nouvel Ordre initiatique que Mozart avait l’intention de fonder. Mais ce génie fut assassiné au moment où cet Ordre devait voir le jour



Portrait de Mozart-v1

Mozart, le visionnaire Franc-maçon

 

Le 30 septembre 1791 fut créée à Vienne la Flûte enchantée « grand opéra en deux actes » de Mozart et Schikaneder, tous deux Francs-maçons. Si ce dernier a signé le livret de l’opéra, c’est bien à Mozart qu’il faut attribuer la conception du texte.

 

Plusieurs séances de travail sous la direction du Vénérable et alchimiste Ignaz von Born qui avait abandonné toute fonction maçonnique pour ne pas cautionner la politique répressive de l’Etat autrichien, permirent au musicien d’élaborer un véritable rituel, destiné à la future société initiatique, « la Grotte », qu’il avait décidé de fonder avec des Frères et des Sœurs, dont le clarinettiste Anton Stadler et la comtesse Thun.

 



Mozart et la Franc Maçonnerie-v1

 

 

Les sources littéraires de la Flûte enchantée sont multiples, mais l’essentiel est ailleurs. Au contact de la Franc-maçonnerie depuis son adolescence, Mozart composa en 1773 la première version de Thamos roi d’Egypte qu’il retravailla en 1779. Cette vision de la confrérie des prêtres et des prêtresses du Soleil fut l’origine de l’extraordinaire plan d’œuvre consacré à l’initiation : Les Noces de Figaro, grade d’Apprenti ; Don Juan, grade de Compagnon ; Cosi fan tutte, grade de Maître ; la Flûte enchantée : initiation du Roi et de la Reine, et accomplissement de l’Art Royal.

 

A propos du livret de la Flûte enchantée, le Franc-maçon Goethe affirmait : « Il faut plus de savoir pour reconnaître de ce livret que pour la nier… Il suffit que la foule prenne plaisir à la vision du spectacle. Aux initiés n’échappera pas, dans le même temps, sa haute signification. »

 

« La Flûte enchantée, constate H. Barraud, n’est pas un opéra. C’est une cérémonie initiatique ». « C’est le plus grave des opéras où la clarté des symboles laisse transparaître toute une philosophie de la vie et de la lumière », confirme J.-F. Labie.

 

La Flûte enchantée, rituel égyptien du couple sacré

 

S’agit-il d’une simple initiation maçonnique au grade d’apprenti ? Certainement pas. Elle a déjà eu lieu pendant les Noces de Figaro et la Flûte enchantée évoque un rituel égyptien, celui des mystères d’Isis et d’Osiris, consacré à l’avènement du couple royal formé de Tamino et de Pamina. Formés sur la racine « min » qui évoque à la fois le dieu symbolisant la résurrection d’Osiris et la stabilité de l’œuvre royale, leurs noms sont complémentaires et indissociables.

 

L’un et l’autre s’évanouissent pour renaître, et leur amour, marqué du sceau de l’éternité, franchit les frontières de la mort. Avant leur mariage sacré, couronnement des quatre opéras initiatiques de Mozart, chacun devra suivre un chemin spécifique. Tamino affrontera les épreuves en compagnie de son double humain, Papageno, dont il finira par se détacher, tandis que Pamina bénéficiera de l’enseignement du Vénérable Sarastro, de Maître à disciple.



 

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La Reine de la nuit et son clan s’opposent à l’initiation d’une femme, de même que plusieurs Francs-maçons de la Loge de Sarastro. Or, celui-ci détient le cercle solaire aux sept rayons, symbole de la nécessaire union entre la voie masculine et la voie féminine. Conscient qu’il s’agit d’une démarche vitale, il lutte contre ces forces obscures et parvient à les vaincre.

 

Tamino devenant Osiris et Pamina Isis, ils reforment le couple primordial, à l’origine de toute harmonie : « Une femme qui n’a peur ni de la nuit ni de la mort est vénérable et sera initiée » ; et Pamina guide Tamino à travers le feu, l’eau et les ténèbres du trépas. En tous lieux, elle demeure à ses côtés, et l’amour crée le chemin. Ensemble ils accèdent au cœur du sanctuaire où les accueillent Frères et Sœurs. Revêtus d’habits sacerdotaux, ils règnent désormais sur la communauté des initiés, célébrant le triomphe de la lumière.

 

Pourquoi la « Flûte enchantée » ?

 

Souvent, on s’interroge sur le titre de l’opéra en s’étonnant que la fameuse Flûte enchantée n’y joue qu’un rôle mineur. Le texte, lui, souligne, au contraire, son rôle primordial. D’où provient-elle ? Pamina nous l’apprend, avant d’affronter avec Tamino l’épreuve décisive qui les conduira à l’initiation suprême : « Lors d’une heure magique, mon père l’a taillée au plus profond d’un chêne millénaire, alors que se produisaient l’éclair, le tonnerre, la tempête et le vacarme. » Cette Flûte est donc le chef-d’œuvre d’un Vénérable Maître connaissant l’emplacement de l’arbre de vie. Malgré le tumulte cosmique, il a transformé la nature en art. En cet instrument s’incarne le secret de la puissance vitale où résident les feux maîtrisés du Grand Œuvre.

 

A deux reprises la flûte enchanteresse sera offerte à Tamino. D’abord, par les trois Dames de la Reine de la nuit, chargées de lui en révéler les multiples fonctions : « C’est notre Reine qui te l’envoie. La flûte magique te protégera et te soutiendra dans le plus profond malheur. Avec elle, tu pourras agir en tout-puissant et transformer les passions des hommes. Le triste deviendra joyeux, le vieux garçon percevra l’amour. Une telle flûte vaut davantage que l’or et les couronnes, car elle multiplie le bonheur des hommes et la joie. »

 



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Ensuite, par les trois garçons solaires qui complètent la première révélation et permettent à Tamino, en jouant de la flûte, de percevoir toutes les puissances du jour et de la nuit. Lorsqu’il apprend des initiés que Pamina est vivante, Tamino rend hommage à ces Tout-Puissants en jouant de la flûte enchanteresse. Apparaissent alors des animaux de toutes les espèces : « Quelle n’est pas la puissance de ton son magique, parce que, charmante flûte, grâce à ton jeu, même les bêtes sauvages éprouvent de la joie.

 

Pendant ces terrifiants voyages, seule la flûte enchanteresse maintient le futur couple royal à l’abri des périls. Victorieux, le Frère et la Sœur accèdent au bonheur d’Isis et pénètrent dans un temple semblable à un soleil. La flûte enchanteresse se trouve donc au cœur de la démarche Initiatique de Pamina et de Tamino, et c’est grâce à elle qu’ils parviennent au terme de leur chemin.

 

Sans nul doute, le Frère Mozart a évoqué ainsi la Règle des Maçons de la pierre franche. Elle détourne les attaques d’un mauvais destin et permet aux initiés d’échapper à « peine, angoisse et danger ». Cette Règle des bâtisseurs en esprit est, par excellence, l’outil et l’instrument de la musique des sphères, l’expression de la pensée du Souverain Architecte des mondes qui, par l’Art royal, bâtit la vie à chaque instant. Et il appartient au nouveau couple royal, formé de Tamino et de Pamina, de prolonger son œuvre.

 

Le message initiatique de Mozart

 

En 1791, année de sa mort ou, plus exactement de son assassinat, Mozart préparait, en compagnie de son Frère Anton Stadler et de sa Sœur, la comtesse Thun, la création d’une nouvelle société initiatique, la Grotte. Intégrant la Franc-maçonnerie et la dépassant. Elle réunirait des Frères et des Sœurs qui célébreraient l’initiation aux mystères d’Isis et d’Osiris. Grâce à la Flûte enchantée et à d’autres œuvres, il est possible de mettre en lumière les valeurs fondamentales auxquelles le Maître Maçon Wolfgang Mozart était attaché et sur lesquelles il voulait fonder le nouvel édifice.

 

En premier lieu, la tradition initiatique de l’Egypte ancienne. Découverte lors de la composition de Thamos, roi d’Egypte, approfondie tout au long de son parcours maçonnique grâce aux recherches du Vénérable Ignaz von Born, elle permettrait aux Frères et aux Sœurs de boire à la source de la connaissance et de célébrer les rituels originels dont on retrouve des échos en Franc-maçonnerie.

 

Ensuite, la dimension spirituelle liée à la qualité même de cette initiation. Que désire Tamino ? L’amour et la vertu. Die Tugend, la Vertu, ne se limite pas à sa morale. Si elle fait la grandeur de l’initié, c’est parce qu’elle implique la rectitude et la capacité de suivre la voie droite et de respecter le Serment prononcé dans le temple. Il s’agit d’un concept très proche de Maât, la valeur centrale de la pensée égyptienne.




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« Ecoute bien notre enseignement recommandent à Tamino les trois êtres célestes : sois persévérant, patient et secret ». Au cœur de la grotte primordiale, le « Cabinet de Réflexion », figurent deux préceptes fondamentaux : Vigilance et Persévérance. S’y ajoutent l’ardeur et la pureté. « Que votre noblesse soit la clarté d’esprit, aimez l’ordre, la proportion et l’harmonie », recommande le Maître, faisant ainsi allusion à la Règle des Maçons de la Pierre franche, mûre expression de Maât, symbolisée par la flûte magique : « Une telle flûte vaut davantage que l’or et les couronnes, car elle multiplie le bonheur des hommes et la joie ».

 

« Si un être faillit, indique le Vénérable Sanistro, l’amour le conduit vers le devoir ». Ce simple précepte montre que cet amour-là n’est ni sentiment ni passion, mais force de l’âme capable de guider l’être. Lorsque Tamino tombe amoureux de Pamina il a la vision d’une image divine, autrement dit la déesse Isis, inaltérable et « toujours semblable à elle-même » malgré souffrance, violence et flatterie.

 

Les Noces de Figaro, Don Juan Cosi fan tutte et la Flûte enchantée forment un plan d’œuvre d’une parfaite cohérence qui retrace à la fois le parcours des grades maçonniques (Apprenti, Compagnon, Maître) et la formation du couple royal, formé du Frère et de la Sœur, dont le mariage alchimique s’accomplira au terme du rituel de La Flûte. « Il n’y a rien de plus noble que d’être épouse et mari. Mari et épouse, épouse et mari atteignent à la divinité » : encore faut-il que le couple soit initié aux grands mystères et rituellement consacré. « Une femme qui ne craint ni la nuit ni la mort est Vénérable et sera initiée ».

 

Le couple doit affronter l’épreuve suprême et grâce à la Règle et à sa puissance, il chemine, joyeux à travers la sombre nuit de la mort et atteint le temple où lui sont accordés l’esprit de sagesse et la consécration d’Isis. En mettant l’accent sur la formation et l’initiation du couple royal, Mozart écartait les élucubrations des hauts grades qui avaient conduit la Franc-maçonnerie dans l’impasse. Ainsi, il restitue le concept central de l’initiation égyptienne.

 

Alors, il devenait possible de travailler réellement à la construction du « Grand édifice », « le sanctuaire qui doit nous déchiffrer le grand mystère ». Selon la Flûte enchantée il comprend un temple central, celui de la Sagesse, encadré des temples de la Raison et de la Nature. Là résident la sagesse (Pilier de la Sagesse), le travail (Pilier de la Force) et les arts (Pilier de la Beauté). Là règne l’action (le rituel initiatique) et recule le désœuvrement, le fait d’être hors de l’œuvre.

 

Le couronnement de l’œuvre

 

« Celui qui chemine sur cette voie pleine de pénibles charges, annonce Mozart, sera purifié par le feu, l’eau, l’air et la terre ; s’il peut surmonter l’effroi de la mort, il s’élancera de la terre jusqu’au ciel. Illuminé, il sera alors capable de se consacrer totalement aux mystères d’Isis. » Au sein du temple, en effet, l’initié reçoit avec dignité « la vraie lumière de l’Orient ». Et seul l’être persévérant « peut s’approcher de la source de la lumière ». « Heureux qui pourra dire un jour : la lumière éclaire ma route. »

 

Sur la poitrine du Vénérable Sarastro brille le cercle solaire aux sept rayons, synthèse de l’initiation masculine et de l’initiation féminine que le « nouveau couple », formé de Tamino et de Pamina, aura pour devoir sacré de transmettre. Consumant toutes choses en les absorbant, ce cercle est l’image du Grand Œuvre alchimique réalisé lors du mariage du Roi et de la Reine.

 

La joie du Maçon ? Voir comment la nature révèle son secret par degrés, comment elle remplit l’esprit et le cœur de haute Sagesse. « Que la connaissance de la Sagesse soit ma victoire », souhaite Tamino, et la victoire de cette Sagesse sur les ténèbres est la condition indispensable pour que la terre devienne un royaume céleste. « La Force a triomphé, conclut le rituel de la Flûte enchantée, et, en guise de récompense, a couronné la Beauté et la Sagesse d’une éternelle couronne ». Ainsi, Mozart évoque-t-il le jeu initiatique des trois Grands Piliers de la Loge – Sagesse, Force et Beauté – élément essentiel de l’Art royal.

 

Mozart fut un authentique Maître spirituelle dont les œuvres majeures offrent une vision inédite de l’aventure initiatique. Véritable passeur, il relie l’au-delà et l’ici-bas, met en lumière les valeurs créatrices et ressuscite la tradition égyptienne qu’il considérait comme la source de l’initiation future.

 


Loge Rite Memphis-Misraim

 

 

 

  


 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Orphée - dans Mystères et Paranormal
16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 15:16

Matrix

 

Un film hautement initiatique

 

 

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Signé par deux jeunes réalisateurs, les frères Andy et Larry Wachowski, Matrix connut un succès fulgurant. Dans les jours qui suivirent sa sortie, on parlait déjà de « film-culte ». Les milieux intellectuels s’enthousiasmèrent d’autant plus qu’on découvrait un ouvrage du philosophe et sociologue Baudrillard dans les mains du personnage principal de l’histoire. Pour la sortie de Matrix II – Reloaded, il y eut même un colloque au centre Beaubourg.

 

Non seulement cette œuvre fut jugée remarquable par la mise en scène et le jeu des acteurs (Keanu Reeves, Carrie-Ann Moss ainsi que Laurence Fischburne et Hugo Weaving) mais encore pour son scénario se révélant d’autant plus fascinant qu’il juxtaposait trois thèmes principaux. D’abord celui de « l’intelligence artificielle » qui, exprimant le mythe de Prométhée ou de Faust, met en scène la figure de l’apprenti sorcier devenu, modernité oblige, informaticien de génie : la créature (en l’occurrence un cerveau cybernétique) se retournant contre son créateur. Puis, en second, propose une angoissante interrogation – convoquant Platon, Heidegger et Baudrillard – sur la notion de réalité. Un Hindou traditionnel verrait dans le virtuel une manifestation supplémentaire de la Maya, c’est-à-dire de l’apparence du monde comme illusion. Car, dans Matrix, virtuel et réel s’entrelacent de façon à piéger sans cesse la tangibilité de ce qui nous entoure. En un mot, l’ultime tentation de l’apprenti sorcier serait-elle de fabriquer une illusion d’existence aliénant définitivement le genre humain ?

 



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L’évocation de Platon et le principe de la Maya introduisent le troisième thème : l’attente d’un rédempteur de l’Humanité. Mais, avant de l’évoquer intervient le domaine de la connaissance initiatique. On pourrait, d’une certaine façon, comparer Matrix à la « Flûte enchantée » de Mozart car le symbolisme maçonnique y joue un rôle essentiel. Ne prenons qu’un seul exemple : le patronyme du héros, Thomas Anderson, fait songer à celui du rédacteur en 1717, des Constitutions maçonniques, le pasteur James Anderson. Simple coïncidence ? Sans doute pas puisque le prénom Thomas fait référence à l’apôtre considéré comme le saint patron des maçons et des architectes. De plus, l’apôtre Thomas est l’auteur d’un évangile apocryphe qui a pour nom « L’Evangile de Thomas » retrouvé dans les écrits gnostiques découvert à Nag Hammadi, en Egypte, en 1945. Thomas eut pour nom Dydime Jude Thomas ; dydime en grec signifie « jumeau », tout comme « jumeau » signifie, en syriaque, le nom tauma, dont dérive Thomas. Il s’agit bien entendu d’une parenté spirituelle : Dydime Thomas était considéré comme le double terrestre de Jésus.

 



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A noter, au passage, que le concepteur de la Matrice est précisément appelé « l’Architecte ». De plus, Anderson signifie tout simplement fils d’André. Supplicié sur la croix en X symbolisant la dimension céleste de l’être, saint André est associé à l’Ecosse et, de la sorte, à la Franc-Maçonnerie. Mais c’est sans doute avec ce qui suit que quelque chose de beaucoup plus singulier encore intervient dans le film. Ces références à des données maçonniques sont comme le vestibule d’un autre mystère. Ou, si l’on préfère, elles servent de vecteur à une thématique autrement plus ancienne que la Maçonnerie spéculative du XVIIIe siècle : la notion de Tradition primordiale qui, selon des auteurs tels que René Guénon et Julius Evola, constitue la clef de voûte de tout l’ésotérisme. Or, la notion de Tradition primordiale a pour corollaire la doctrine des Quatre Ages selon laquelle l’Histoire du genre humain n’est pas évolutive et progressiste mais, tout au contraire, cyclique et involutive. L’homme du dernier âge (associé au fer par Hésiode et les Perses et qualifié de sombre par les Hindous) est spirituellement inférieur en regard des êtres des Ages précédant et tout particulièrement ceux qui vécurent au premier Age (comparé à l’or, métal solaire synonyme de perfection). Cet homme, donc, apparaît conditionné, affaibli, incapable de percevoir, le sens supérieur de l’existence. Dans le film des frères Wachowski, la Matrice traduit de façon métaphorique l’état d’aliénation psychique de l’Humanité. Lorsque l’inversion des valeurs sera complète car parvenue au plus bas et, donc, à la fin de l’Age de fer, la Tradition primordiale fera irruption sous les traits d’un personnage hors du commun. Une sorte de rédempteur destiné à inverser le cours de l’Histoire. Dante Alighieri lui attribue un nombre particulier, le 515, précisément crypté dans Matrix. Ce personnage n’est autre que Thomas Anderson, alias Neo, surnom qui, par anagramme, donne One, le seul, l’Elu.



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Toutes ces références à des thèmes initiatiques sont-elles volontaires ou le résultat d’un singulier concours de circonstances ? A moins d’avoir une réponse précise des réalisateurs et scénaristes, nous ne pouvons que proposer une interprétation toute subjective de ce film exceptionnel. Une remarque s’impose toutefois : Matrix, traduit, certes, les angoisses d’une société désormais privée de repères – car subissant une crise des valeurs morales – et toujours plus dépendante du machinisme informatique. Mais, chose particulièrement remarquable, la réponse qu’un pareil film apporte à cette situation s’inscrit dans le registre eschatologique de la Tradition. Comme, du reste, pour les deux autres grandes épopées du Septième Art : Star Wars et Lord of the Rings. De telles œuvres seraient-elles prémonitoires d’un renouveau espéré et qui surgirait à la fin de l’Age sombre ? « Les événements à venir projettent leur ombre vers nous », a dit Goethe.

 

 

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Orphée - dans Mystères et Paranormal
15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 18:13

Les Secrets cachés dans les Noms et les Prénoms

 

L’Alphabet  sacré

 

 

Véritable talisman magique, nos noms et prénoms sont porteurs de notre chemin de vie, de notre destinée. Ils véhiculent et attirent des influences qui modèlent notre conscience et notre comportement de vie. Dès lors, peut-on parler de fatalité ? Mais nos noms ne sont-ils pas les « miroirs sonores » de notre identité propre ?

 



 

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La mémoire du nom : « Dis-moi comment tu t’appelles, je te dirai qui tu es »

 

Dans toutes les sociétés traditionnelles, le choix du prénom était une affaire importante : on consultait le prêtre, le sorcier, l’ancêtre du clan, la généalogie familiale, etc… avant de prénommer le nouveau-né. On avait conscience de l’influence de ce prénom. Il était porteur de tous les vœux de bonheur des « fées marraines » autour du berceau. Que l’enfant s’appelât Gilles (le « bouclier protecteur »), Jean (« Dieu le sauve ») ou Eléonore (« la lionne »), le choix du nom était une prière : les parents demandaient que ce nouveau-né fût « protégé », « sauvé », ou « fort(e) comme un (e) lion (ne) ».

 

Quant au nom de famille, il était, lui aussi, d’une extrême importance : il véhiculait toute la mémoire familiale, l’histoire du clan – parfois même celui d’une région entière, voire de tout un pays. Sur quelles bases logiques repose tout ce folklore ? Le fait qu’il soit absolument général, quelle que soit l’époque ou la civilisation considérées, attire notre attention sur son immense portée.

 



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Le nom est, en effet, une vibration sonore – on peut dire qu’il est comme un « mantra ». Cette émission sonore, lorsqu’elle est répétée, peut avoir une influence sur les champs d’énergie qui entourent la personne et la maintiennent en vie. Si toute matière est créée par les vibrations de la lumière et du son, toute vibration sonore a un impact sur la matière en affectant la particule ou la cellule – comme le fait la lumière. Or, cette connaissance du nom, restée très vivante dans les civilisations traditionnelles, est tombée chez nous en désuétude. On l’a assimilée à une superstition archaïque… Cependant, les progrès actuels de la science amènent à reconsidérer la question. Chez certains psychologues se dessine une tendance à accorder de l’importance au nom et à la façon dont il est perçu par son propriétaire. Les gens sont fiers – ou secrètement honteux – de leurs noms et prénoms, sans que l’on sache toujours pourquoi. Parfois, le malaise est tel qu’il affecte le comportement et perturbe quotidiennement l’équilibre.

 

J’ai connu en Bretagne, où le nom est fréquent, un homme qui s’appelait Lehideux. Il n’était pas, tout bien considéré, un monstre de laideur. Mais c’était l’idée qu’il avait de lui, et il faisait tout pour s’y conformer : bien avant les « crados », à une époque où personne ne savait encore à quoi ressemblait un jean, il en portait un, soigneusement troué, délavé et taché. Un précurseur ! Pour être parfaitement « hideux », il prenait grand soin de se laver le moins possible, de se raser à moitié, et d’ignorer le coiffeur local. A cette époque ancienne, où tous les hommes portaient costume, cravate, chemise propre et souliers cirés, cela étonnait. Bien entendu, ce comportement « hideux » rendait notre mal-aimé impropre à toute consommation sociale (et amoureuse !).

 

Nos noms nous révèlent !

 

Le nom porte en lui le mystère d’un passé antérieur. Déjà Edgar Cayce – pionnier dans ce domaine, comme dans beaucoup d’autres ! – avait attiré l’attention sur ce phénomène méconnu : « N’avez-vous pas compris que chez une âme individuelle, le nom traduit ses attitudes, ses désirs, ses diverses expériences d’incarnations passées ? A partir de son nom complet, on peut déchiffrer le programme de vie pour lequel cette âme individuelle a été appelée à l’existence ; et l’on peut déduire l’avenir vers lequel elle tendra, d’après la signification de son nom (…). Bien sûr, le nom n’est pas tout. Mais tout se tient ! (…) Les noms, voyez-vous, affectent à des degrés divers la conscience et l’éveil mental de la personne…

 

- Alors, demanda la consultante, quel est le meilleur moment pour choisir un nom pour l’enfant ?

 

- Lorsque vous aurez déterminé dans quel but vous voulez l’élever, dans quelles perspectives vous vous consacrerez à lui. »

 






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Ainsi, le nom complet n’est pas seulement un résumé des expériences d’incarnation. Le nom est une trajectoire… D’incarnation en incarnation, on porte une suite de noms – parfois différents, parfois étrangement semblables – et tous décrivent la trajectoire karmique de l’entité.

 

Si l’on pouvait analyser le sens de tous les noms portés par quelqu’un dans la suite de ses incarnations, on pourrait par ce moyen reconstituer toute son histoire – mais il faudrait pour cela être capable de comprendre les langues archaïques disparues (l’atlante commercial ou la caucasien d’avant le déluge !).

 

Ce qui m’a beaucoup frappée dans ces séquences de noms données par Cayce, c’est la répétition des mêmes sonorités au cours d’incarnations successives, dans des langues différentes et à bien des siècles de distance.

 

Par exemple, un consultant s’entendit dire par Cayce qu’il était la réincarnation du fameux corsaire Jean Laffite ; qu’avant cela, il avait vécu en Perse sous le nom d’Ajahan ; et auparavant encore, en Atlantide, où il s’appelait Ajr ! J’ai relevé beaucoup de cas semblables (mais avec une tendance de la secrétaire de Cayce à noter n’importe quoi ; d’où fréquents rappels à l’ordre du patron, qui reprenait le nom pour l’épeler !).

 

La plus frappante de ces séquences est celle du Christ Jésus que Cayce, fidèle à sa philosophie, estimait avoir été soumis au processus de la réincarnation, comme tout un chacun. Les séquences de vies antérieures attribuées au Christ présentent des noms très semblables : Joseph (Vizir de Pharaon), Josué (qui arrêta le soleil), Asaph (maître de chœur de David), Jéshua (grand-prêtre à Babylone)… pour finalement aboutir à « rabbi Ieshoua » dont nous avons fait « Jésus ».

 

Changer de nom pour changer sa vie ?

 

« Toutes les lettres d’un nom sont invisiblement pénétrées d’un principe de vie, c’est-à-dire d’un germe, d’un avenir », écrivait le docteur Encausse (alias Papus).

 

Alors, peut-on changer notre destinée en changeant de nom ? Il semble que oui. Ce faisant, bien sûr, on ne change pas de passé, mais on en gère mieux les conséquences puisque, selon la théorie de la réincarnation, tous nos malheurs sont la suite karmique de sottises des vies précédentes ! Par exemple, Monsieur : à 45 ans, il s’entendit conseiller de se faire appeler Michaël alors que son nom de baptême était Carl. Grâce à quoi « il pourrait prendre un nouveau départ en travaillant et en vivant conformément à son nouveau nom ».

 

Il ne faudrait pas croire pourtant que ce soit un remède absolu dans tous les cas ! Par exemple, un couple qui traversait une crise conjugale, espérait la résoudre en changeant de prénom. « Inutile, rétorqua Cayce. Vos deux prénoms sont significatifs de ce que vous avez à affronter réciproquement l’un chez l’autre ! Gardez-les comme vous les avez ! » Puis il précisa où et quand le mari et la femme s’étaient déjà connus : ils se retrouvaient cette fois pour aplanir un contentieux ! Voici une lecture encore plus explicite sur la question :

 

« Dans chaque nom se retrouve ce qui a été construit jadis par l’entité, et qui véhicule sa signification propre. Et cela donne à la personne le dynamisme nécessaire pour affronter, et dépasser, ses problèmes karmiques. Voilà pourquoi changer de nom, ou l’altérer, revient ç changer les vibrations qui entourent la personne, l’amenant ainsi à changer son environnement. »

 

Ainsi, vos noms et prénoms actuels sont comme un résumé de votre caractère et de votre histoire personnelle. Le nom est un emblème, un logo, une clé qui ouvre une porte sur l’éternité.

 

L’analyse karmique du nom

 

Comment analyse-t-on un nom ? D’abord c’est une technique personnelle par les références linguistiques et historiques. J’ai beaucoup travaillé avec le Dauza, qui est un superbe ouvrage de référence. La connaissance approfondie de plusieurs langues étrangères anciennes est indispensable dans ce domaine – particulièrement en France, pays qui a été pendant des siècles un bel exemple d’intégration réussie de peuples extrêmement divers. J’utilise également l’approche numérologique. Dans ce courant de pensée issu de la Kabbale, on convertit en chiffres les lettres du nom (par exemple, à partir de A=1, B=2, etc.) que l’on additionne pour aboutir à un nombre simple. Celui-ci est caractéristique de la personne et décrit sa destinée sur la magie des nombres.

 




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Comment sait-on que l’on a retrouvé une antérieure ? Il est certes difficile, actuellement, d’en avoir une preuve objective et, comme on l’a vu plus haut, c’est un grand débat dans les milieux de la psychologie. Mais l’émotion profonde, violente, inexplicable est toujours un indice. Elle peut-être déclenchée par un texte, par une image, par une musique, par un nom. Lorsque j’avais 15 ans, m’est tombé dans les mains un livre décrivant la vie quotidienne dans le monde grec – l’organisation des cités, les lois, l’ambiance… Je pleurais d’émotion et d’enthousiasme à chaque page – ignorant pourquoi. Aujourd’hui cela m’est clair : si mes parents m’ont donné trois prénoms grecs (Dorothée, Marguerite, Antoinette), c’est l’indice de plusieurs vies antérieures dans le monde grec, que j’ai identifiées.

 

Bien entendu, le nom de famille doit également être analysé de la même manière. On peut le mettre en relation avec la symbolique astrologique – ce qui est une autre façon de décrypter le fil d’Ariane des vies passées. Par exemple, quelqu’un qui s’appelle Noir ne peut manquer d’avoir des traits de caractère décrits par le Scorpion, qui régit cette couleur ou/et des vies en tant que « noir » en Afrique (chercher du côté des Poissons, symbole de ce continent !).

 

La mémoire familiale

 

Le nom de famille oblige l’individu qui le porte à vivre dans des vibrations extrêmement précises, délimitées non seulement socialement et géographiquement, mais aussi spirituellement. Mallarmé l’a dit bien mieux que moi : « Tout homme est enfermé dans le cercle d’un mot : son nom ! »

 

Comme l’individu, chaque famille poursuit un projet, elle est l’incarnation d’une idée. Autrement dit, chaque famille se charge de concrétiser un aspect de la Pensée créatrice de Dieu. Les membres qui s’y incarnent de génération en génération contribuent à exprimer ce projet familial. Certains traits de caractère se retrouvent de siècle en siècle : Saint-Simon, on s’en souvient, parlait de « l’esprit des Mortemart ». Il y a des traits physiques qui se transmettent, par exemple, le fameux nez des rois de France de la dynastie des Bourbons, le nez « bourbonien ». Le projet familial était autrefois concrétisé par une devise, par un blason qui était une sorte de logotype. Les familles étaient conscientes de leur devise, elles savaient que leur blason résumait leur projet familial. La généalogie, science qui se développe beaucoup à l’heure actuelle, a pour objet le déchiffrement de ce langage.

 

Edgar Cayce disait : « L’homme exerce sur le nom qui le désigne un droit de propriété absolu. Cette propriété a ceci de remarquable, et de particulier, qu’elle ne paie ni impôt, ni taxe, ni droit de succession ! Le nom est un bien patrimonial, parfois matrimonial, dont la gratuité est entière. Il ne se vend pas, ne se prête pas, ne se perd pas… Ce bien extraordinaire, puisqu’il échappe à la fois au fisc et au temps, impose des devoirs. Car ce nom a été illustré au cours des âges par d’honnêtes gens, de grands hommes, de beaux génies, et parfois de grandes crapules. Il n’importe. Certains noms connaissent la gloire, d’autres se contentent de l’obscurité. Certains sont lourds à porter, d’autres attirent la chance ». Ainsi, le nom est une « matière première sociale ». Il est un lien puissant. Il est la première pierre de l’édifice humain que constitue la société ou plutôt la première chaîne de l’amour – parfois de la haine – qui lie entre eux les êtres issus d’ancêtres communs. A ce titre, il mérite la plus grande considération.

 




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Orphée - dans Mystères et Paranormal
15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 16:37
III – L’irrésistible ascension de Dieu depuis les origines

 

Le sentiment religieux n’est pas prêt de s’éteindre : depuis trois millions d’années, il ne cesse de gagner du terrain. Pour toucher aujourd’hui 85 % de la population mondiale.



 

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La croyance est antérieure à l’homme, la religion précède l’invention des dieux – ou la révélation de l’existence divine. Ainsi pourrait-on résumer, en simplifiant à l’extrême, l’interprétation que font les paléoanthropologues des vestiges laissés par les hominidés depuis trois millions d’années. Des reliques souvent délicates à interpréter sans connaître les codes utilisés par leurs créateurs. Quelle valeur symbolique accorder au geste de cet australopithèque qui, il y a trois millions d’années, a ramassé un galet doté par la nature d’aspérités évoquant un visage humain ? Une action non-utilitaire accomplie bien avant l’apparition de l’homme moderne, vers – 160.000 ans, et qui va au-delà de la simple manifestation d’une émotion esthétique. En adoptant cette sorte de « talisman », l’hominidé lui confère une dimension symbolique, presque sacrée. Il commence à se construire une image mentale de lui-même, donc du réel. Mais c’est bien plus tard, vers 100.000 ans, que ses descendants, Homo sapiens et Homo neanderthalensis manifestent des préoccupations spirituelles. C’est en effet l’âge des plus anciennes sépultures, mises au jour à Skhul et à Qafzeh, en Israël. Une nouvelle étape sera franchie avec l’extraordinaire explosion de la peinture rupestre, à partir de – 33.000 ans. Un art nullement profane qui pourrait s’expliquer par la pratique du chamanisme, l’entrée en communication  avec le surnaturel. Les premières divinités, la déesse mère et le dieu taureau, font leur apparition plus tard, au début du néolithique, vers – 10.000 ans, au Proche-Orient. Les premiers lieux de culte, que l’adoption de la sédentarisation autorise, datent de – 8500 ans. Dieu est dans la place.

 

L’éveil à la spiritualité

 

Il y a 350.000 ans, un biface d’ornement à été disposé près de la dépouille d’Homo heidelgergensis, à Atapuerca, en Espagne, 100.000 ans plus tard, un ancêtre de Neandertal a accentué les traits d’une silhouette humaine façonnée par l’érosion et retrouvée en Israël, et l’a probablement portée en pendentif. L’inhumation des morts, à partir de – 100.000 ans, par Neandertal et sapiens et la présence de mobilier funéraire témoignent d’une croyance en un au-delà, qui s’exprime au travers de rites et de cérémonies. C’est la définition même de la religion.




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La communication avec les esprits

 

L’art rupestre, apparu vers – 33.000 ans, ne décrit pas l’environnement et le quotidien des Homo sapiens, mais reproduit une sélection d’animaux et de symboles complexes. Des paléontologues pensent que certains de ces signes (zigzags, courbes) représentent des phases de la transe des chamans qui communiquaient avec les esprits. Cet art n’a probablement pu s’exprimer dans toute l’Europe durant plusieurs milliers d’années que grâce à un système de transmission incluant des rites et la représentation d’un autre monde, autrement dit d’une religion.

 



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La vénération des dieux

 

Les Vénus préhistoriques, statuettes féminines aux formes arrondies, ne seraient pas des déesses. Les premiers dieux identifiés avec certitude ne s’imposent qu’au début du Néolithique, à partir de – 10.000 ans, au Proche-Orient. Les premiers lieux de culte, eux, datent de – 8500 ans. Ces temples prendront parfois des dimensions monumentales ou spectaculaires, comme à Goseck, en Allemagne, vers – 7000 ans, et à Stonehenge en Angleterre, à partir de – 3000 ans.

 


 

 

déesse mère 

 

 

L’explosion des religions

 

85 % de la population mondiale pratique une religion. Avec 35 %, le christianisme rassemble le plus de fidèles, suivi par l’islam, avec 20 %. Le judaïsme vient en 9e position avec 1 %. Selon l’anthropologue Scott Atran, le nombre de croyants dans le monde ainsi que la force de leur engagement augmentent.

 



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IV – La religion bouscule notre perception du monde

 

Dans sa quête de réponses existentielles, le croyant tord le cou à ses connaissances intuitives pour adhérer à une vision du monde incroyable, mais pas trop… Cela grâce à la force des rituels et à l’exigence d’un sacrifice, assure Scott Atran, anthropologue cognitif et directeur de recherche à l’Institut Jean-Nicod du CNRS.



 

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Science & Vie : Comment définiriez-vous la religion ?

 

Scott Atran : Il s’agit d’un engagement sincère et coûteux envers un monde qui ne nous est pas intuitif, géré par un ou plusieurs êtres surnaturels apaisant nos angoisses existentielles. Cet engagement a un prix élevé, qui peut aller jusqu’au sacrifice de soi ou de sa descendance pour des personnes qu’on ne connaît pas.

 

S&V : Si croire peut coûter cher, quels avantages procure la religion ?

 

S.A. : Les problèmes existentiels comme la mort, la déception se posent dès que l’enfant possède la capacité de distinguer le vrai du faux. Comment empêcher que quelqu’un vous mente, comment échapper au néant ? Ces problèmes existentiels ne sont pas solubles par la raison, mais ils le sont par l’idée de Dieu, dans un au-delà qui apparaît aussi vrai que notre monde.

 

S&V : Les religions sont-elles une adaptation survenue pendant l’évolution ?

 

S.A. : Non, elles n’ont pas une raison fonctionnelle d’exister. On leur a attribué beaucoup de fonctions : opprimer ou libérer les masses, promouvoir l’art ou étouffer la création, expliquer ou occulter. Tout est vrai car la religion a servi de grands mouvements politiques opposés. Mais ceci n’explique pas les particularités cognitives des religions, notamment la prédominance du concept d’agents surnaturels et son universalité culturelle.

 

S&V : Comment l’expliquer, alors ?

 

S.A. : Toutes les religions décrivent des mondes contre-intuitifs, qui dérogent tous à un ensemble de règles dictées par nos connaissances innées de certaines lois naturelles. Elles sont représentées dans le tableau ci-dessous dans lequel on a introduit, d’un côté, des modules cognitifs (des mécanismes de pensée) et, de l’autre, des catégories ontologiques de sens commun, c’est-à-dire des spéculations sur l’être en soi, comme la personne, les animaux, les végétaux et la matière inerte… Dès lors, en modifiant une seule case du tableau, on aboutit à une croyance religieuse : par exemple, si on enlève la capacité de lire les pensées de l’autre, cela donne la croyance au zombie, soit un être surnaturel, sans compassion ni capacité à devenir autrui. Mais si on change deux ou trois cases à la fois, ça ne marche pas. Car il est alors trop difficile pour le cerveau de gérer de telles entorses aux lois naturelles. Le monde contre-intuitif présenté par la religion devient trop éloigné de la réalité pour être pris au sérieux.

 

S&V : Pouvez-vous décrire ces modules cognitifs dont les croyances perturbent le fonctionnement ?

 

S.A. : Toutes les religions bousculent des mécanismes de pensée très particuliers. Il s’agit de modules cognitifs qui nous dotent de connaissances innées en biologie, en physique et en psychologie et que l’on qualifie de populaires. Prenez la physique populaire, par exemple. Quand on montre à des bébés sur un écran d’ordinateur une balle passant derrière un mur, ils savent qu’elle est censée apparaître dans la fenêtre percée dans ce mur. Si ce n’est pas le cas, ils manifestent de la surprise. Ce type d’expériences de « magie » permet de cerner nos compétences innées sur le plan mécanique et physique. Notre espèce possède également des notions de biologie populaires : la classification des espèces est à peu près partout la même dans n’importe quelle culture., à n’importe quel moment de l’histoire. Même dotés d’une courte expérience, les humains répartissent les êtres vivants dans les mêmes grandes catégories et établissent une hiérarchie des espèces. Ce système dit « d’inférence » est très puissant.

 

S&V : Et la psychologie populaire ?

 

S.A. : C’est la troisième capacité importante que perturbent les religions. Il s’agit en particulier de notre aptitude à lire les pensées des autres. C’est elle qui nous permet, par exemple, de déterminer si une personne qui vous fait une promesse est sincère ou non. Grâce à des expériences, on savait qu’à partir de 3 ans, l’enfant possède des représentations de ce que l’autre pense. Plus jeune, il semblait en être dépourvu. Un enfant de 2 ans à qui l’on donne une boîte de Smarties dans laquelle on a remplacé les bonbons par des pierres ne peut pas dire que sa mère ignore le contenu réel de la boîte. A la question « Qu’est-ce que maman va penser qu’il y a dans la boîte ? », il répond « des pierres ». C’est seulement à partir de 3 ans qu’il exprime l’idée que sa mère puisse se tromper en disant : « Maman pense que ce sont des Smarties ». C’est ce qu’on croyait il y a encore quelques semaines, avant que Kristine Onishi et Renée Baillargeon ne publient dans la revue Science un article expliquant que les enfants de 15 mois avaient déjà des fausses croyances. Mais il existe chez eux un décalage entre la capacité de se représenter une fausse croyance et celle de l’exprimer. Les bébés ont donc bien des notions de psychologie populaire.

 

J’ai moi-même effectué une expérience sur les fausses croyances chez les jeunes Mayas (yucatèques). Elle tend à montrer que, dès que les enfants sont capables d’exprimer une distinction entre les vraies et les fausses croyances, ils attribuent à Dieu seulement les vraies croyances (tout comme les adultes, qui pensent que Dieu ne se trompe pas ou rarement). Reste que les religions s’appuient sur une autre capacité humaine. Pour comprendre et imaginer leurs univers et leurs agents surnaturels, il faut pouvoir enchâsser des représentations les unes dans les autres. Prenons un enfant que se sert d’une banane comme d’un téléphone. Il lui parle, puis en rit avec sa mère. Bébé sait que maman sait que bébé sait que maman sait que ce n’est pas un téléphone. Cette capacité est un mécanisme cognitif qui permet un enchaînement de plusieurs pensées propres à nous faire concevoir ces mondes contre-intuitifs.

 

S&V : De là à y croire…

 

S.A. : Les rites sont là pour ça. Ils sont notamment basés sur la musique. Même les Talibans, qui ont banni toute stimulation sensorielle collective, recourent aux chants a capella pour former une sorte de confrérie. Toutes les prières ont en commun les mêmes gestes de soumission, bras en l’air à hauteur du visage, paumes tournées vers l’extérieur. Ces gestes, génuflexions, processions, peuvent aller jusqu’à la prostration. On les rencontre chez les grands primates. Chez les humains, ils ne sont pas seulement symboliques, ils procurent un sentiment de soumission. Autre rite, la coordination des états du corps. On se balance, on danse, on bouge, on chante ensemble. C’est dans cette ambiance émotionnelle et collective qu’on montre qu’on est prêt à sacrifier un peu de soi-même, de son ego à l’autre. Un sacrifice forcément coûteux qui peut aller jusqu’à impliquer sa vie ou celle de ses descendants. Il n’est pas exigé immédiatement, mais constitue une promesse ouverte dans le temps.

 

S&V : En quoi ces gestes de soumission et de communion confortent-ils la religion ? Pourquoi cette ambiance émotionnelle peut-elle me convaincre de croire en Dieu ?

 

S.A. : Au bout du compte, l’émotion est plus forte, plus convaincante que la logique et la raison. A la partie cognitive, il faut ajouter la partie émotionnelle liée à la déception, à la mort, au coût non-rationnel qu’on est prêt à payer.

 


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S&V : Supposons que j’aille voir un film qui engendre chez moi de fortes émotions que je partage avec les autres spectateurs après avoir payé ma place, donc versé mon tribut. Pourtant, à la fin de la séance, je ne vais pas croire pour autant en l’existence du monde imaginaire décrit. Qu’est-ce qui fait la différence avec la religion ?

 

S.A. : La religion s’institutionnalise. Donc ses stimulations sont constantes et répétées car toute la structure de la société morale en dépend. Voilà pourquoi il n’existe pas de société non religieuse qui peut durer plusieurs générations. Les seuls contre-exemples que je connais ont échoué (l’Union soviétique, bien que 60 % des habitants aient été croyants, et la Grèce de Périclès). C’est la raison pour laquelle les religions ne sont pas prêtes de disparaître. D’ailleurs, une dizaine de mouvements charismatiques jaillissent tous les jours. Quelques-uns sont amenés à prendre beaucoup d’ampleur. En Islam, dans le monde chrétien – surtout en Amérique latine – mais aussi dans le monde juif et particulièrement en Israël, la tendance religieuse augmente considérablement avec le nombre de croyants et leur engagement, c’est-à-dire avec le coût qu’ils sont susceptibles de payer. J’ai effectué pour l’Otan et la World Federation of Scientists des mesures de fréquence des attentats kamikazes pour des motifs religieux depuis 1980. La courbe est exponentielle.

 

S&V : Mais dans le cas présent, c’est totalement conjoncturel, non ?

 

S.A. : En effet, mais ces croyances religieuses ont un point commun universel et intemporel. Elles se basent toujours sur les mêmes choses, sur les mêmes coûts, la même communion, la même notion de sacrifice, la même contre-intuitivité minimale. Tous les membres d’une congrégation religieuse font la même chose. Quand j’interviewe des soldats sur le front et des kamikazes, ils me donnent les mêmes réponses. La Légion étrangère fait comme Al Quaïda. Pour créer un sentiment d’unité, il faut partager les mêmes émotions. Dans les cellules de kamikazes de Madrid comme d’Istanbul où je me suis rendu, j’ai noté des fortes différences (c’est pourquoi on ne peut pas établir un profil type de « kamikaze »), mais à l’intérieur de chaque cellule, les 8 à 12 personnes qui la constituent étaient toutes les mêmes, partageaient la même nourriture, les mêmes gestes, les mêmes rites au quotidien.

 

S&V : Ne décrivez-vous pas une situation extrême ? Tous les croyants seraient-ils prêts à payer un tel coût ? Cette notion de sacrifice est-elle vraiment un élément fédérateur ?

 

S.A. : Le coût est variable d’un individu à l’autre, mais une société n’existe pas sans un bon noyau prêt à se sacrifier.

 

S&V : En résumé, voici la liste des ingrédients pour se mettre à croire : un peu d’irrationalité – mais pas trop -, une promesse ouverte de sacrifice, et une forme d’émotion collective qui se génère et s’entretient au moyen de rituels symboliques. Quelle différence avec une secte ?

 

S.A. : La secte se transforme en religion lorsque la société traverse une crise morale et fait appel à elle pour changer ses fondements moraux, comme avec Calvin, Luther ou Mahomet, par exemple. Si la secte ne reçoit aucun apport de la société, elle tend à se désagréger. C’est le cas de la grande majorité (94 %) des sectes. Il lui faut cette base sociale qui la fait fonctionner. Si elle n’apporte rien à la société, elle disparaît, sauf si elle est autonome, qu’elle s’isole et fonde sa propre société morale et fonctionnelle.

 

 

 

Le Monde selon nos intuitions

 

 

 

Existe physiquement

Assure sa survie

Est animé

Peut deviner autrui

A des besoins spirituels

 

Personne

 

oui

 

oui

 

oui

 

oui

 

oui

 

Animal

 

oui

 

oui

 

oui

 

oui

 

non

 

Plante

 

oui

 

oui

 

non

 

non

 

non

 

Matière

 

oui

 

non

 

non

 

non

 

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Une seule catégorie dans ce tableau conduit à l’élaboration d’une croyance. Car celui-ci figure le monde tel que nous nous le représentons intuitivement avec ses différentes catégories et leurs propriétés. En changeant le contenu d’une case, en attribuant par exemple des besoins spirituels à l’animal, on construit un monde contre-intuitif, celui d’une religion.

 

   

 


 

 

 





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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 16:05

Pourquoi Dieu ne disparaîtra jamais

 

D’étonnants travaux en neurobiologie l’affirment aujourd’hui : l’homme est programmé pour croire en Dieu, via la structure même de son cerveau et, surtout, une petite molécule dont le rôle crucial vient d’être identifié. Et ce n’est pas tout. Car la foi apparaît vitale contre l’anxiété, au point que les croyants vivent mieux et plus longtemps que les autres ! Dans ces conditions, le sentiment religieux n’est pas prêt de s’éteindre…  

 

 

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I – Notre cerveau est programmé pour croire

 

De récents travaux en neurobiologie le montrent : structure, chimie, cognition… tout dans notre cerveau nous pousse à croire. Mieux : une « molécule de la foi » aurait été identifiée !

 

Croire en Dieu ? En général, c’est le mot « Dieu » qui retient l’attention, focalise les débats. Comme si le fait de « croire » était une disposition parfaitement admise, pour ne pas dire naturelle chez l’homme. Et justement, c’est le cas ! Depuis quelques années, en effet, des travaux menés aussi bien par des neurobiologistes que par des spécialistes de la cognition montrent que notre étonnante aptitude à croire en quelque chose de supérieur trouve sa source, non au ciel, mais dans notre cerveau. Car à la lumière des derniers outils d’imagerie cérébrale, notre encéphale apparaît rien moins qu’idéalement structuré pour que nous adhérions à l’idée du divin. A tel point que l’on peut parler d’une véritable prédisposition chez l’homme au sentiment religieux. Mieux, les processus cérébraux qui sous-tendent cette mystérieuse faculté commencent à livrer leurs secrets. Avec une surprise de taille : la découverte du rôle crucial d’une petite molécule chez ceux qui ont la foi !

 

La neurothéologie à l’œuvre

 

Cette découverte, on la doit à une poignée de neurobiologistes qui, depuis cinq ans environ, ont entrepris de lever le voile sur cette Unio mystica que sainte Thérèse d’Avila, au XVIe siècle, fut probablement la première à décrire dans le détail : « C’est une sorte d’évanouissement qui enlève peu à peu la respiration et toutes les forces du corps. En vain voudrait-on parler, on ne pourrait former une parole, et si on y arrivait, on n’aurait même pas la force de la prononcer. Car toute la force extérieure vient à cesser, mais la force intérieure grandit. C’est l’état de deux choses qui étaient divisées, et qui n’en font plus qu’une ». Mais cette extatique sensation de fusion avec Dieu n’est pas l’apanage des chrétiens : les moines bouddhistes connaissent les mêmes transports lorsqu’ils méditent, de même les soufis, ces mystiques musulmans, lorsqu’ils entrent en communion avec le divin lors de séances de transes. Extrêmes, ces phénomènes de « fusion mystique » n’en sont donc pas moins universels et, de là, ont commencé d’être étudiés comme n’importe quelle autre manifestation humaine. Une quête qui s’inscrit dans des recherches plus générales sur les sentiments religieux et qui a ouvert la voie, il y a une dizaine d’années, à une nouvelle discipline, appelée « neurothéologie », dont « l’objectif est d’identifier les mécanismes cognitifs qui régissent la croyance en Dieu », précise le neurobiologiste Andrew Newberg, directeur de la Clinique de médecine nucléaire de l’université de Pennsylvanie (Etats-Unis), et pionnier de ce nouveau champ scientifique. Bien sûr, la définition de Dieu que nous utilisons n’est pas celle des théologiens, qui réfléchissent de façon précise sur la nature et les attributs de Dieu. Pour nous, il est simplement défini comme une entité supérieure, souvent invisible, et à l’origine du monde ». 

 

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Des résultats spectaculaires

 

Ces recherches des neurothéologiens, voilà justement qu’elles livrent aujourd’hui leurs premiers résultats. Certes, ils demandent encore à être approfondis, mais ce qu’ils révèlent est d’ores et déjà spectaculaire : au cœur de la propension à la foi, il y aurait… la sérotonine, une substance qui, dans le cerveau, transmet l’information d’un neurone à l’autre (on parle de neurotransmetteur) et dont on sait déjà qu’elle est impliquée dans les sensations de faim, de soif et de sommeil. Une véritable découverte, qui a tenu à une intuition surgie au début des années 2000. A cette date, en effet, les neurothéologiens prennent connaissance de travaux n’ayant en apparence rien à voir : ceux, menés par des biologistes dans les années 90, sur les effets sur le cerveau des drogues dites « psychédéliques » (LSD, etc.). Or, ces recherches indiquent que la sérotonine est susceptible d’engendrer des états similaires à ceux produits par ces drogues, telles que modifications de la perception sensorielle, hallucinations, sensation de fusion avec le monde… soit ni plus ni moins les sensations que les mystiques disent éprouver au cours de leurs états extatiques. « Il se trouve que le cerveau réagit aux molécules du LSD et de la psylocine (molécule présente dans un champignon hallucinogène) comme s’il s’agissait de la sérotonine, car leurs structures moléculaires sont très proches de cette dernière, explique le biologiste Olivier Cases (Unité Inserm de la Pitié-Salpêtrière de Paris). Du fait de cette ressemblance, cela permet à ces drogues d’induire artificiellement une libération massive de glutamate, un neurotransmetteur qui assure la transmission des informations sensorielles, cela en se faisant donc passer pour de la sérotonine ». Ce qui, au final, provoque des altérations de perceptions… De là à supposer que les expériences mystiques « naturelles », c’est-à-dire sans l’influence de drogues, pouvaient être sous-tendues par la sérotonine, il n’y avait qu’un pas.

 

Encore fallait-il le montrer ! Et depuis 2003, une étape cruciale  a justement été franchie dans ce sens. Sous la houlette de la neurobiologie Jacqueline Borg et de son équipe (université Karolinska de Stockholm, Suède), une expérience impliquant 15 volontaires a établi que la propension à voir le monde comme habité par le divin – une tendance baptisée « religiosité » par les chercheurs – dépend effectivement du taux de sérotonine.

 

La sérotonine démasquée

 

Plus précisément, en scrutant le cerveau de leurs volontaires via la technique de tomographie à émission de positons (TEP), l’équipe suédoise a mise en évidence le rôle de certains récepteurs chimiques, appelés 5HTIA. Situés sur une catégorie de neurones dits « sérotoninergiques », ces récepteurs ont l’art d’abaisser la quantité de sérotonine libérée dans le cerveau. Or, il est apparu que plus la quantité de ces récepteurs 5HTIA était faible, et donc plus le taux de sérotonine était élevé, plus la religiosité était avérée. C’est-à-dire que dans ce cas, « les sujets étaient enclins à appréhender les difficultés de la vie en développant l’idée qu’une présence divine existe dans le monde. Ils disaient également souvent avoir vécu des expériences mystiques. Ou bien encore, ils croyaient aux miracles ou à l’existence d’un sixième sens ». Ainsi donc, un taux élevé de sérotonine dans le cerveau accroîtrait le degré de religiosité !

 

Question : comment ces chercheurs ont-ils fait pour évaluer cette fameuse religiosité ? Simple : ils ont emprunté un outil fréquemment utilisé par les psychiatres pour déterminer les grandes tendances de la personnalité de leurs patients. A savoir le Temperament and Character Inventory (TCI), un inventaire composé de 238 questions qui permet d’évaluer l’importance chez l’individu de 25 aspects fondamentaux de la personnalité humaine, telles que l’impulsivité, la dépendance vis-à-vis des autres, la crainte de l’inconnu, etc. Or, « dans ce questionnaire, il y a une série de questions destinées à évaluer le degré de religiosité des sujets, du style vous êtes-vous déjà senti en contact avec une présence spirituelle divine ? ou des expériences religieuses vous ont-elles aidé à comprendre le sens de votre vie », rapporte Jacqueline Borg. Et la dimension troublante du résultat obtenu par les chercheurs suédois apparaît dès lors pleinement lorsqu’on apprend que, parmi les 25 aspects de la personnalité des volontaires évalués par le TCI, la religiosité se révéla être… le seul et unique paramètre corrélé avec la densité des récepteurs 5HTIA !

 

La conséquence de cette découverte peut sembler sacrilège. Car pour Jacqueline Borg, une conclusion s’impose désormais : « Le système de production de la sérotonine pourrait bien être vu comme l’une des bases biologiques de la croyance religieuse, même si le résultat de l’étude doit encore être précisé avec des travaux menés sur un panel de volontaires plus large ».

 

La « molécule de la foi »

 

Est-ce à dire qu’aurait été découverte la « molécule de la foi » ? « Certainement pas, répond en souriant la biologiste Catherine Belzung, de l’université de Tours. Si la croyance en Dieu peut certes être favorisée par l’action d’une molécule comme la sérotonine, elle ne peut en aucun cas se résumer à l’action exclusive de cette dernière ». Et du reste, Jacqueline Borg ne le nie pas : « Une étude allemande menée en 2002 suggère que d’autres neurotransmetteurs pourraient être impliqués dans la religiosité : les opioïdes, qui sont connus pour jouer un rôle important dans la sensation de douleur. Car comme pour le LSD et la sérotonine, il s’avère que les drogues opiacées, telles la morphine ou l’opium, qui miment l’action des opioïdes naturellement sécrétés par le cerveau, modifient les perceptions sensorielles ». Il n’empêche, si nous croyons, c’est bien parce que notre cerveau nous y programme chimiquement. Mais pas seulement… 
 

 

Cerveau en coupe 

 


De fait, l’étrange phénomène de la croyance ne se joue pas seulement au niveau moléculaire.. Plutôt que de scruter la chimie du cerveau, d’autres neurothéologiens ont en effet travaillé sur sa structure. Et là encore, ils ont obtenu de troublants résultats en identifiant certaines aires cérébrales indubitablement impliquées dans la sensation d’une présence divine. Des travaux qui ne peuvent pas encore être reliés à ceux menés sur le rôle des neurotransmetteurs, mais qui apportent une pièce de plus en vue de reconstituer le puzzle complexe de la cognition religieuse. Concrètement, ces recherches ont mis en évidence une zone corticale bien précise située dans la partie arrière haute du crâne : le cortex pariétal supérieur. Et pour cause : le fameux sentiment de fusion mystique d’avec le monde apparaît d’autant plus manifeste que l’activité de cette zone est ralentie. C’est une célèbre expérience d’imagerie cérébrale menée en 2001 par le neurobiologiste Andrew Newberg qui l’a démontré. En analysant par TEP l’activation cérébrale de huit moines tibétains bouddhistes immergés, via une technique de respiration spécifique, dans un état de méditation connu pour déboucher sur cette sensation de symbiose, le neurobiologiste a découvert sur son écran un étrange phénomène : plus la méditation semblait profonde, plus la zone du cortex pariétal supérieur du cerveau… s’assombrissait. Signe d’une chute de l’irrigation sanguine, donc d’une baisse d’activité. Pourquoi cette zone ? Andrew Newberg a une explication : « L’une des fonctions du cortex pariétal supérieur est de permettre à l’individu d’effectuer la distinction entre son corps et l’environnement et de s’orienter dans l’espace. Ce qui expliquerait, lorsque son activité se ralentit, l’émergence d’altérations de la perception spatiale et de la sensation de fusionner avec l’Univers ».

 



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Et il n’y a pas que le cortex pariétal supérieur ! « D’autres travaux indiquent que c’est probablement tout un réseau cérébral qui est mobilisé, décrit Andrew Newberg. Par exemple, les recherches menées dans les années 1990 par le neuropsychologue américain Michael Persinger suggèrent que la stimulation électromagnétique des lobes temporaux, ces aires localisées au niveau des tempes, déclencherait la sensation d’avoir à ses côtés une présence invisible. Ces aires pourraient donc elles aussi être impliquées dans l’aptitude à ressentir une présence divine ». Fort de ces constations, Andrew Newberg a entrepris d’identifier dans ses moindres recoins cet étrange réseau cortical. Avec l’espace de dresser bientôt une véritable cartographie cérébrale de la foi.

 

Tous ces travaux le disent : l’être humain semble parfaitement programmé pour croire en dieu et chacun d’entre nous hérite d’un cerveau naturellement enclin à produire le sentiment que le monde est habité par une entité supérieure. Sans compter que même nos gènes pourraient avoir leur mot à dire. Oui, mais d’autres chercheurs, issus cette fois de l’anthropologie cognitive, une discipline qui étudie les relations entre la culture et les structures cognitives, postulent que notre encéphale est en plus très bien structuré pour adhérer à cette idée… lorsqu’elle nous est racontée par autrui. Pour comprendre, il faut revenir à des travaux de psychologie cognitive entamés sur de très jeunes enfants il y a une quinzaine d’années. En 1992, la psychologue américaine Karen Wynn, de l’université Yale (New Haven, Etats-Unis), a l’idée de présenter à des enfants de 4 mois des marionnettes sur une petite scène de théâtre. Et découvre qu’ils sont capables, dès cet âge, de savoir qu’une marionnette ne peut pas se trouver en deux endroits en même temps, comme elle ne peut pas soudainement disparaître. A la même époque, « d’autres travaux menés par les psychologues américains Henry Wellman et Susan Gelman montrent qu’avant leur première année, les enfants sont capables de savoir qu’un homme ne peut pas se transformer en un animal ou un objet, précise Dan Sperber, directeur de recherche à l’Institut des sciences cognitives Jean Nicod (CNRS, Paris). Intuitivement, ils rangent les êtres humains dans des catégories bien distinctes de celles des animaux ou des objets ». Pas de doute, l’homme possède de façon innée une perception du monde qui la part du « naturel » et du « surnaturel ».

 

Un terreau pour la croyance

 

Ce qui, pour Dan Sperber, montre une fois de plus que notre encéphale est un terreau fertile pour les croyances religieuses. Car celles-ci ne peuvent dès lors s’expliquer que si notre cerveau est équipé d’un mécanisme psychologique inné qui, in fine, nous rend particulièrement sensible aux idées stipulant l’existence de divinités : « Les croyances religieuses mettent en scène des personnages dotés de pouvoirs surnaturels : entité divine invisible, dotée du don d’ubiquité, ou bien encore capable de se matérialiser en un animal ou un objet. Or, cela viole des notions intuitives dont nous héritons dès la naissance ». Et comme notre perception intuitive du réel est innée, sa transgression par les croyances religieuses provoque une réaction émotionnelle forte. Autrement dit, le seul fait de les évoquer contredit à ce point notre entendement que nous sommes conduits à leur attribuer un pouvoir explicatif supérieur. Au final, c’est tout naturellement que nous sommes donc enclins à croire en Dieu.

 

Chimie, structure, cognition… notre cerveau prépare donc chacun d’entre nous à adhérer à l’idée de Dieu. Est-ce à dire que ce dernier n’est qu’une création de notre cerveau ? « Ce que tous ces travaux mettent en évidence, c’est que nous sommes très bien équipés cognitivement pour croire, précise Andrew Newberg. En revanche, ils ne se prononcent en aucun cas sur l’existence effective d’un dieu ». Lequel reste donc pour la science une ultime question à laquelle elle ne peut nullement répondre…

 

Le sentiment religieux aurait aussi une base génétique
 

Une étude dirigée par la psychologue Laura Koenig (université du Minnesota), et publiée en 2005 dans le Journal of Personality, révèle que l’attrait pour la religion est non seulement déterminé par l’environnement dans lequel grandit l’individu, mais aussi par… ses gènes. Les travaux ont été menés sur un panel de 546 volontaires adultes, composé de 169 paires de jumeaux monozygotes (dits communément « vrais jumeaux », c’est-à-dire possédant un patrimoine génétique absolument identique) et 104 paires de jumeaux dizygotes (soit des « faux jumeaux », n’ayant pas plus de gènes en commun qu’un frère et une sœur non jumeaux).  Un questionnaire leur a été proposé afin d’évaluer l’importance occupée par la religion dans leur vie au moment du test (fréquence des prières, respect des rites religieux…), mais aussi pour mesurer la place qu’elle avait occupée durant leur enfance. Résultat : pour la période adulte, l’attitude face à la religion adoptée par les deux jumeaux d’une paire monozygote était plus fréquemment similaire qu’au sein des paires dizygotes.


 

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En revanche, pour la période de l’enfance, les chercheurs n’ont pas trouvé de différence notable entre les deux types de jumeaux. Cela suggère qu’il existerait donc bel et bien des bases génétiques à l’origine de la religiosité, mais que leur influence se fait sentir progressivement au cours du développement de l’individu, lorsqu’il s’affranchit des influences de l’environnement reçues au cours de son enfance.

 

Repères

 

Pour percer les secrets de son esprit, l’homme n’a eu pendant longtemps d’autre solution que d’observer ses comportements et ceux de ses semblables. Mais depuis 30 ans, l’imagerie médicale a bouleversé la donne en autorisant la détection en temps réel des zones du cerveau activées, et en permettant de « voir » les processus chimiques à l’intérieur des neurones. De quoi donner les moyens aux spécialistes de la cognition de s’attaquer à un nouveau défi : décrypter les bases cognitives de la croyance religieuse.

 

II – La foi, remède miracle contre l’anxiété

 

Parce qu’elle apporte des réponses aux questions existentielles et sécurise en créant un lieu social, la religion à tout d’un véritable anxiolytique. Au point d’agir sur la santé !

 

Cela ressemble à un paradoxe : croire en Dieu augmente… l’espérance de vie sur Terre ! Telle est l’inattendue conclusion de travaux qui, depuis une petite dizaine d’années, montrent que les individus qui croient en l’existence d’une entité divine accroissent leur longévité. Et de façon considérable, qui plus est ! En 2002, le professeur de psychiatrie David B. Larson, de l’université Duke, en Caroline du Nord (Etats-Unis), est en effet parvenu à estimer que les croyants vivaient en moyenne 29 % plus longtemps que les non-croyants. Fruit de la synthèse de 42 études médicales menées entre 1977 et 1999 et concernant pas moins de 126.000 personnes, ce chiffre, par son ampleur, pose dès lors une question : en quoi le fait de croire a-t-il une influence sur notre espérance de vie ? La réponse tient en un mot : anxiolytique. Car si les religions ont une vertu, c’est bien celle d’être un remède contre l’angoisse, ce qui ne saurait être funeste pour la santé…

 

Un remède contre l’anxiété ? Les attentats de 2001 contre le World Trade Center ont été l’occasion d’en apporter une exemplaire confirmation. Dans les mois qui ont suivi ce fatidique 11 septembre, les autorités sanitaires américaines ont en effet fait état d’une nette augmentation de l’anxiété au sein de la population ; or, dans le même temps, nombre d’américains décidaient de se livrer à des pratiques religieuses qui, jusqu’ici, les indifféraient…

 

Un discours réconfortant

Plus net encore : des psychologues de l’université de Washington ont révélé début 2005 les résultats d’une étude menée à l’époque sur 453 étudiants de toutes confessions. D’où il ressort que ceux ayant eu recours à des comportements religieux tels que la prière pour gérer le traumatisme sont parvenus à calmer leur angoisse beaucoup plus efficacement que les autres. Un résultat qui concorde avec des études menées dans de tout autres contextes. En 2002, par exemple, le psychologue Purdue, dans l’Indiana (Etats-Unis), soumettait un groupe de 388 personnes, cette fois âgées de 60 à 100 ans, au Multidimensional Fear Death Scale, un test psychologique souvent utilisé par les gérontologues pour mesurer le niveau d’anxiété de leurs patients face à la mort. Verdict : les sujets croyants présentaient un niveau d’angoisse inférieur à celui des individus non-croyants.




Pape Benoit XVI


 

C’est donc une certitude scientifique : la croyance en Dieu permet de réduire l’angoisse. Pourquoi ? Parce que les religions apportent précisément des réponses aux interrogations les plus profondes de l’homme. Sens de la vie, question des origines, angoisse de la mort… Peu importe le nom du dieu qu’elles élisent, la genèse qu’elles décrivent ou la nature du paradis qu’elles promettent, toutes produisent un discours qui, chacun à sa manière, apporte une réponse à ce qui étreint l’homme lorsqu’il songe à sa condition. Une réponse au sein de laquelle chacun peut dès lors trouver refuge, pourvu d’adopter durant sa vie un comportement conforme aux lois édictées par la religion concernée.

 

Une « illusion de contrôle »

 

Autrement dit, lorsqu’on croit en Dieu, il devient tout à coup possible d’agir là où le sentiment de sa propre finitude terrassait. De quoi réduire considérable toute anxiété ! Or, ce phénomène s’inscrit en réalité dans un cadre plus vaste que les chercheurs en psychologie sociale connaissent bien pour l’avoir mis en évidence dès les années 70. A savoir que « lorsqu’un individu est exposé à une situation où des événements négatifs hors de son contrôle peuvent survenir à tout moment, il utilise un stratagème appelé « illusion de contrôle », explique Olivier Desrichard, du Laboratoire de psychologie sociale des universités de Savoie (Chambéry) et Pierre-Mendès-France (Grenoble). Ce mécanisme consiste à se persuader qu’il dispose d’un pouvoir sur son environnement, susceptible de lui permettre d’éviter d’être exposé à cet événement négatif ». Un exemple ? Une étude menée en 2002 par Isabelle Milhabet (université de Nice-Sophia-Antipolis), à laquelle Olivier Desrichard a collaboré, décrit on ne peut mieux les rouages de ce mécanisme : « En évaluant la perception qu’avait une population d’étudiants de contracter le sida, nous avons découvert que chacun estimait courir moins de risques d’être infecté que les autres », explique le chercheur. Or, si chacun se perçoit de la même manière, cela débouche forcément sur un problème de logique ! Une véritable « illusion de contrôle », qui est en fait à l’origine de nombre de comportements, comme celui du sportif qui embrasse sa médaille avant de rentrer sur un terrain. Et, vue sous cet angle, la religion apparaît finalement comme une illusion de contrôle parmi tant d’autres… 

 

Dieu crée la lumière

 

 

 

Même la physiologie s’y met

 

Que cherche à éviter l’être humain par cette pirouette cognitive ? Rien moins qu’un état physiologique désastreux. Et pour cause : « Etre exposé à long terme à une situation dangereuse sur laquelle on sait pertinemment que l’on ne peut pas agir, comme une catastrophe naturelle, une maladie ou une guerre, déclenche un état appelé ‘inhibition de l’action’, lequel est extrêmement traumatisant pour l’organisme », explique le biologiste Georges Chapouthier, directeur de recherche au sein de l’équipe CNRS « vulnérabilité, adaptation et psychopathologie » (université de Paris VI et Paris VII). Dans tel cas, en effet, « l’organisme bascule dans un état physiologique dit d’alerte : des hormones telles que l’adrénaline et des corticoïdes (dont le célèbre cortisol, souvent appelé ‘hormone du stress’) sont sécrétées, tandis que le rythme cardiaque s’accélère et que la pression artérielle augmente. Durant les premières heures, cette réaction est bénéfique, puisqu’elle ‘réveille’ littéralement l’organisme afin de lui permettre d’agir au mieux pour assurer sa survie. Mais si cet état d’alerte se maintient, les choses se dégradent rapidement. Avec, à la clé, des pathologies comme des ulcères de l’estomac, voire, peut-être, des cancers ». On le voit, même notre physiologie nous pousse donc à rechercher tous les moyens possibles d’échapper à l’angoisse…

 

Reste que si la foi apaise nombre de nos angoisses métaphysiques, elle possède encore un autre atout : celui de permettre au croyant de faire partie d’une communauté religieuse. Car être intégré dans un groupe social sécurise et, donc, réduit l’anxiété. Une seule preuve : en 2000, un psychiatre américain de l’université d’Alabama a montré que sur 236 volontaires en situation de sevrage de drogues et d’alcool, ceux qui étaient croyants bénéficiaient d’un soutien social accru… ce qui in fine induisait chez eux un plus faible niveau d’anxiété. Des résultats obtenus par l’analyse des réponses fournies par les sujets à un questionnaire psychologique spécifiquement conçu pour l’étude. L’explication d’un tel bénéfice ? Il est en fait à chercher dans… les premiers temps de l’humanité. Plus précisément durant le Pléistocène (de – 1,8 million d’années à – 10.000 ans), lorsque les Homo évoluaient exclusivement en petits groupes d’une dizaine d’individus. Ne pas faire partie d’un groupe équivalait alors tout simplement à une condamnation à mort. « Car, durant cette période, l’homme n’a pu survivre qu’en bénéficiant des rapports de coopération avec ses semblables, explique Boris Cyrulnik, professeur d’éthologie à l’université de Toulon. Ce qui explique que c’est donc à l’intérieur d’un groupe qu’un être humain ressent du bien être. » Un ressenti qui perdure encore aujourd’hui chez quiconque se trouve intégré dans un groupe social. Certes, les vertus anxiolytiques apportées par l’inclusion sociale ne sont qu’une conséquence indirecte de la foi, mais un tel bénéfice n’en reste pas moins précieux.

 

Psychologie, physiologie, social : au final, nous avons donc toutes les raisons du monde d’avoir la foi. Un signe de plus que la croyance en Dieu n’est pas prête de disparaître. Car une chose est sûre : comme le résume très bien le neurobiologiste Andrew Newberg, directeur de la clinique de médecine nucléaire de l’université de Pennsylvanie, aux Etats-Unis, et spécialiste de la cognition religieuse, « l’anxiété que l’être humain éprouve face à la mort existera toujours et comme la foi permet de réduire efficacement cette anxiété, Dieu ne disparaîtra donc pas ! ».

 

Un effet également sur la santé des sociétés ?

Si la religion a un effet bénéfique sur la santé des individus, en-a-t-elle également un sur celle des sociétés ? Ici, la réponse est plus mitigée. Car si le protestantisme et le bouddhiste semblent effectivement favoriser la prospérité des nations (une grande partie de l’Asie de l’Est, actuellement en pleine explosion économique, est bouddhiste), la religion catholique et l’islam semblent, à l’inverse, beaucoup moins opérantes. C’est en tout cas ce que montre une étude menée par l’économiste Luigi Zingales (université de Chicago, Etats-Unis) sur un panel de 100.000 personnes, issues de 54 pays. Le chercheur a mesuré chez chaque individu l’intensité des attitudes individuelles jugées par les économistes comme les plus favorables à la réussite d’un pays, telles que l’acceptation des inégalités, l’attitude face à la compétition ou encore la confiance placée dans le gouvernement. Puis, il a corrélé ces données avec la religion de chaque sujet. Résultat : bouddhistes et protestants sont moins réfractaires à la compétition et aux inégalités sociales que les catholiques et les musulmans. Des résultats qu’il faut cependant nuancer, puisque pour la confiance placée dans le gouvernement, un facteur également jugé comme essentiel, ce sont les catholiques et les musulmans qui font montre du degré de confiance le plus élevé.


 

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Efficace contre la maladie d’Alzheimer

 

La pratique religieuse pourrait-elle ralentir la progression de la maladie d’Alzheimer ? Si une telle affirmation peut sembler incongrue, c’est pourtant ce que suggère une étude dirigée en 2004 par le neurologue Yakir Kaufman, de l’hôpital Sarah-Herzog-Memorial (Jérusalem). En effet, en soumettant 68 malades âgés de 49 à 94 ans à un questionnaire destiné à évaluer l’intensité de leur pratique religieuse, les chercheurs ont découvert que les sujets les plus religieux connaissaient une progression de la maladie plus lente. Si, jusqu’à présent, aucune explication n’a pu être apportée à ce résultat surprenant, les chercheurs espèrent toutefois que de nouvelles recherches permettront d’apporter quelques premières réponses. En attendant, force est de constater que la foi semble être un médicament aux applications pour le moins variées…

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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 15:31

Petite histoire du Vampirisme

 

 

Faut-il croire aux vampires pour en avoir peur ? Pas forcément si on accepte la définition que donne Todorov du fantastique et qui le situe à la limite du doute et de la certitude. Est fantastique ce dont on n’est pas sûr, ce sur quoi on hésite à s’avancer, ce qui pourrait être vrai mais que l’on ne peut pas prouver. C’est l’incertitude qui créé l’angoisse. En clair, à partir du moment où vous êtes sûr que les vampires existent, ils relèvent d’un phénomène naturel et non du domaine du surnaturel et de l’irréel, ce qui leur enlève une bonne partie de leur pouvoir de nuisance. Ne dit-on pas que la force du diable, c’est de faire croire au monde qu’il n’existe pas ?

 



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Roger Vadim a écrit qu’il ne croyait pas aux histoires de vampires mais à ce qui les avait inspirées. Formule subtile qui écarte d’emblée la première critique, sous forme de question, adressée par les cartésiens, les rousseauistes, les voltairiens, les partisans de Diderot et, somme toute, la totalité des philosophes du siècle des lumières, à ceux qui s’intéressant aux monstres buveurs de sang et consistant à demander « pourquoi s’intéresser à ce qui n’existe pas ? » Car s’il est difficile de prouver l’existence des vampires au quotidien, il est par contre impossible de nier qu’ils font partie de toutes les mythologies et que l’iconographie vampirique remonte à la préhistoire. En clair, si l’on ne dispose pas de preuves de l’existence des vampires, les éléments matériels prouvant que nos ancêtres y croyaient et en avaient peur sont légions. Il n’y a pas de civilisation qui n’ait cru à l’au-delà, c’est-à-dire à une vie après la mort. De là, à croire que les morts veulent et peuvent revenir à la vie…

 

Mais est-il facile de définir avec précision ce qu’est un vampire ? Car si l’angoisse naît du doute que l’on peut éprouver quant à leur existence, encore faut-il savoir de quoi on parle quand on évoque le thème du vampirisme. Le mieux est de consulter le dictionnaire. Le Larousse illustré de 1900 définit ainsi le vampire : « mort que le peuple suppose sortir la nuit du tombeau pour sucer le sang des vivants ». Définition un tant soit peu méprisante qui semble indiquer qu’à l’aube du XXème siècle, les Français instruits ne s’abaissaient pas à croire en de telles sornettes ! Le terme de vampire trouverait sa source dans le terme magyar « oupir » qui signifierait « ivre de sang ». Remontons donc à la source de cette croyance.

 

A une époque où les connaissances médicales étaient inexistantes, l’homme ne savait qu’une chose : la perte du liquide rouge contenu et circulant dans son corps, s’échappant d’une blessure par exemple, provoquait presque immanquablement la mort et était donc indispensable à la vie. A partir du moment où l’humanité, dans son immense majorité, concevait qu’il puisse y avoir une vie après la mort, il était par conséquent logique d’en déduire qu’un être mort ne pouvait désirer qu’une chose, récupérer cette précieuse substance pour revenir à la vie, à tout prix ! De là, les coutumes et rituels funéraires très élaborés et variant d’un continent à l’autre, d’une civilisation à une autre, d’un pays et même d’une simple région à une autre mais visant tous à prévenir toute velléité de retour des morts vers le monde des vivants qu’ils venaient à peine de quitter.

 



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Il s’agissait par exemple (bon nombre de ces pratiques perdurent bien évidemment de nos jours) :

 

- D’enterrer les morts à une grande profondeur, pour rendre toute remontée à la surface plus difficile.

 

- D’envelopper le corps dans un linceul pour rendre tout mouvement presque impossible.

 

- De mettre sur les tombes des pierres suffisamment lourdes pour décourager toute tentative de sortie. Les pierres tombales ne servant pas uniquement à prouver son attachement à la mémoire du défunt ou le budget que l’on est prêt à consacrer pour prouver au monde cet attachement.

 

- De placer de la nourriture sous forme liquide et solide (et même des soporifiques !) et des objets quotidiens dans le cercueil ou le caveau funéraire pour que le mort se sente bien là où il est, et peut-être presque aussi bien sinon mieux qu’il était sur terre. Il arrivait qu’on place dans le caveau des reproductions en miniature d’un homme ou d’une femme pour que le mort se sente moins seul ! Ce qui tendrait à prouver que les vivants ont du mal à concevoir ce que peut-être la « vie » dans l’au-delà et en quoi elle peut différer de celle « sur Terre ».

 

- De déposer une rose sur le cercueil pour que le sang de la rose descende de la tige nourrir la personne décédée ou, au contraire, pour que ses épines en piquant le mort, aspirent le peu de sang restant et l’empêchent ainsi de sortir de sa tombe, au risque de mourir une seconde fois !

 

- Semer des graines (ou des grains de riz) autour de la tombe pour que le vampire perde son temps à les ramasser.

 

- Enterrer certains candidats (les personnes mortes assassinées et non vengées) à la croisée de quatre chemins pour qu’ils ne sachent pas quelle direction choisir une fois sortis du tombeau.

 

- Recouvrir les miroirs car ceux-ci sont les reflets de l’âme et peuvent donc retarder son départ vers le ciel.

 

- Enfermer les animaux domestiques pendant la cérémonie funéraire car si un chat ou un chien enjambe une tombe, la personne enterrée peut devenir un vampire.

 




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Dans certains villages des pays d’Europe de l’Est, les paysans plaçaient une faux à côté du corps au cas où ce dernier aurait eu une envie de travailler. De là est venue l’iconographie de la mort portant sa faux. En Roumanie, on pouvait aussi enfoncer des pieux directement dans le cercueil pour transpercer le cadavre au moindre mouvement.  Dans la Grèce antique, on mettait une pièce dans la bouche d’un mort pour qu’il puisse payer à Charon son passage du Styx. En Prusse, la même pratique avait pour but d’empêcher le mort de mâcher dans sa tombe ! C’est le sujet qu’aborde très sérieusement Michael Ranft dans son livre « De la mastication des morts dans leur tombe », paru en 1828. La coutume consistait à embaucher des cohortes de pleureuses pour suivre le convoi funéraire avait pour but de rassurer l’esprit du défunt sur l’amour véritable que lui portaient ses proches et ainsi éviter qu’il vienne se venger. On pouvait aussi organiser une fête autour du mort pour que les esprits maléfiques rôdant dans le secteur croient à une célébration et non à un enterrement. Il arrivait même que l’on sorte le cadavre du cercueil et qu’on lui fasse faire des pas de danse pour convaincre ces mêmes esprits du mal de ne pas intervenir dans cet événement heureux !



 

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Certaines civilisations, en Europe, en Egypte et en Amérique Latine, procédaient à deux enterrements pour une seule et même personne. La première tombe était placée loin des lieux d’habitation, pour ne pas faciliter la tâche au mort voulant revenir vers son avant dernière demeure. Au bout d’un certain temps, quand le corps était suffisamment décomposé, on le sortait de sa tombe pour s’assurer de sa présence, on nettoyait les os avant de les brûler et d’en enterrer les cendres lors d’une seconde cérémonie, cette fois-ci, dans une sépulture proche des villages puisque tout danger de retour potentiel semblait maintenant écarté.




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Si l’on sait, grâce aux découvertes archéologiques, que la croyance aux vampires est plurimillénaire, comment ce phénomène s’est-il construit ? Avant donc de parler des ancêtres de Dracula, parlons d’abord du diable, ou de ses suppôts, les diables et les démons. La croyance en des forces maléfiques responsables de tous les maux remonte non pas à la nuit des temps mais au temps de la nuit, pourrait-on dire. La mythologie grecque indique en effet que le chaos et la nuit ont précédé toutes choses et que des combats sanglants entre dieux et géants ont accompagné la création du monde. Comment en effet expliquer les mauvaises récoltes, les épidémies, les tremblements de terre, l’éruption des volcans, les guerres, les massacres, les coups du sort, les famines, autrement que par l’intervention de forces extérieures, surnaturelles, toutes puissantes et hostiles ? Les premiers dieux n’étaient ni bons ni mauvais. Ils l’étaient alternativement et on pouvait se concilier leurs bonnes grâces en leur sacrifiant des animaux ou des êtres vivants. Le don du sang en quelque sorte. Le dualisme clair entre le bien et le mal semble trouver sa source dans la religion persane. Au VIIème siècle avant notre ère, celle-ci indique clairement, par la voix de son prophète Zoroastre, qu’au début des choses, il y eut d’abord deux esprits, un bon, nommé Ahoura, et un mauvais, nommé Ahriman. Ahriman tente de séduire Zoroastre et de l’entraîner vers le mal, celui-ci résiste et Ahriman est condamné à un exil forcé aux enfers. Le monde sera un jour sauvé du mal par la venue d’un sauveur, fils de Zoroastre et né d’une vierge. Cette croyance en deux forces opposées irréconciliables est à la base de bien des religions d’inspiration dualiste.

 



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Mais les vampires me direz-vous ? J’y reviens. La mythologie grecque nous offre bon nombre d’exemples de divinités désincarnées, c’est-à-dire qui ne sont pas de chair et de sang, mais des démons, généralement femelles prenant une forme humaine ou parfois mi-humaine mi-animale pour satisfaire leur besoin de vengeance. Cette vengeance consistant généralement à s’attaquer aux enfants ou aux jeunes gens en buvant leur sang. Pourquoi les premiers vampires de la mythologie grecque étaient-ils presque exclusivement de sexe féminin ? Ecartons toute misogynie de la part d’Homère et d’Hésiode à qui l’on doit la majeure partie des légendes mythologiques. Héra, la femme de Zeus était, peut-être à juste titre, extrêmement jalouse de son mari dont les frasques le rendaient presque humain aux yeux des grecs. Sa jalousie se traduisait par contre par des crises d’une violence extrême. N’a-t-elle pas en effet fait assassiner les enfants de Lamia, fruit d’une relation extra-conjugale avec Zeus ? Lamia, folle de douleur et désirant à son tour se venger, se transforma en lamie, un monstre suceur de sang et dévoreur d’enfants.

 

Les stryges revêtent la forme d’oiseaux à tête de femme et aux serres acérées et dégagent une odeur pestilentielle, ce qui est l’une des caractéristiques que l’on prête aux vampires. Les empuses, créatures d’Hécate, déesse de la lune, se transforment en séduisantes jeunes femmes vidant les adolescents de leur sang, entre autres fluides à valeur symbolique. Les furies ou les Euménides : Mégère (l’Ensorceleuse), Alecto (l’Implacable) et Tisiphone (celle qui venge le meurtre). Les furies ont élu domicile aux enfers où elles punissent les méchants et plus particulièrement les parricides. Elles ne boivent pas le sang de leurs victimes mais s’en imprègnent car elles sont toujours représentées avec leurs robes tachées de sang. Elles sont nées du sang versé sur Gaïa, la terre, par Cronos lorsqu’il mutila son père Ouranos, sort que lui fera subir Jupiter. Avant l’avènement des vampires suceurs de sang, il y eut les divinités assoiffées de sang et nées du sang !

 




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Un dernier exemple tiré de la mythologie grecque et qui illustre bien la place qu’y tient le vampirisme : dans le chant XI de l’Odyssée d’Homère, Ulysse, pour pouvoir rentrer chez lui après la guerre de Troie, doit descendre aux enfers, faire parler le devin Tirésias. Il veut aussi, si possible, revoir sa mère. Dans ce but, un agneau et un bélier noirs sont sacrifiés pour que les deux esprits puissent s’abreuver de leur sang, prendre un minimum de force et revêtir un semblant de forme humaine pour pouvoir communiquer avec Ulysse : « Enfin Tirésias paraît… recule de la fosse, retire ton glaive ; laisse moi m’abreuver de ce sang et je te dévoilerai l’avenir… Ma mère enfin s’approche touche de ses lèvres le sang noir des victimes. O mon fils, dit-elle soudain d’une voix lamentable… » L’extrait qui suit montre clairement qu’il ne s’agit pas de vampires au sens où l’on l’entend habituellement et tel que le définissent les dictionnaires. Ulysse parle : « Je désire ardemment embrasser l’image pâle d’une mère adorée : trois fois je m’élance pour la serrer contre mon sein, trois fois elle s’envole de mes bras : ainsi disparaît une ombre fugitive, un songe léger. »

 

Il s’agit donc bien d’esprits pouvant temporairement revêtir forme humaine quand on les évoque au cours d’un rituel précis, et non pas de cadavres ambulants, de corps morts cherchant à revenir à la vie. Revenons à la représentation physique du vampire et des similitudes qu’elle présente avec celle du diable. En l’an 1000, Raoul Glaber, un moine du monastère de Saint Léger, rapporte avoir vu au pied de son lit : « Un petit monstre à forme humaine. Il avait, autant que je pus le reconnaître, le cou frêle, la face maigre, les yeux très noirs, le front étroit et ridé, le nez plat, la bouche énorme, les lèvres gonflées, le menton court et effilé, une barbe de bouc, les oreilles étroites et pointues, les cheveux raides et en désordre, des dents de chien, l’occiput en pointe, la poitrine et le dos en bosse, les vêtements sordides… »

 

Les vampires, d’après des témoignages très précis de médecins militaires ou de prélats, datant généralement du XVIIIème siècle, sont presque toujours, maigres, voûtés, avec des yeux noirs, les oreilles pointues et des cheveux en désordre. Il y a des centaines de témoignages donnant la même description du vampire et qui correspondent à l’iconographie acceptée du diable. Cette représentation a évolué au cours du Moyen Age. Le dieu Pan était dans l’Antiquité représenté comme mi-homme m-bouc et comme un ardent défenseur des plaisirs temporels. Le moyen-âge retiendra les cornes et en affublera le diable. Les canines acérées seront tout d’abord les dents placées en bas dans la mâchoire, et longues de plusieurs centimètres, préfigurant les cornes du diable. Au XIIIe siècle, dans une fresque de Lorenzetti, l’on peut voir un démon représentant la tyrannie affublé de cornes et de canines montantes, tels des stalagmites. D’où vient cette communauté de vue et d’opinion dans la description des vampires ? Caractéristique que l’on retrouve dans un ouvrage écossais du XVIIIe siècle et rapportant avec sérieux de très nombreux témoignages de personnes rapportant avoir rencontré des vampires. Ces portraits relèvent du phénomène de société qu’on appelle aujourd’hui d’une légende urbaine. Il s’agit d’un événement de société, généralement de nature macabre et avéré puisque de nombreux témoins certifient l’avoir vu, vécu ou en avoir entendu parler par un témoin digne de foi. Ce n’est pas un hasard si l’iconographie des vampires suit donc de très près celle du diable.




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Au Moyen-Age, l’église a voulu rectifier deux éléments : le premier est l’interprétation littérale qui pouvait être faite de la transsubstantiation, c’est-à-dire de la transformation, au cours de la messe, du pain et du vin qui deviennent alors réellement le corps et le sang du Christ ; l’autre élément est constitué de certains passages de l’Ancien Testament indiquant clairement que « le sang c’est la vie ». D’autres, passages, situés dans le Nouveau Testament, exhortent les fidèles à boire le sang du Christ pour se rapprocher de lui. Certains fidèles pouvaient en effet interpréter ce miracle permanent littéralement et penser que le meilleur moyen et le plus rapide pour se rapprocher du Seigneur était de boire du sang, de préférence d’une jeune fille vierge, puisque le Christ est né d’une vierge. Amalgame hâtif mais pouvant avoir des conséquences dramatiques. L’existence des vampires a été officialisée au Moyen-Age par la publication de plusieurs ouvrages approuvés par les instances religieuses. Les Malleus Maleficarum, écrit par deux moines dominicains, Heinrich Krammer et Jakob Sprenger, paru en 1484 et approuvé par le pape Innocent VIII. Fait troublant, plusieurs sources autorisées font état d’une première tentative historique de transfusion sanguine sur la personne d’Innocent VIII, pratiquée par de jeunes moines cherchant désespérément à prolonger la vie du Saint Père. La tentative échoua mais il s’agit bien là d’une forme « civilisée » et acceptable de vampirisme médical.

 




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Cet ouvrage recense des cas bien évidemment avérés de vampirisme et permet de cataloguer comme vampires certains éléments perturbateurs de la société médiévale. Ces pratiques considérées comme barbares se sont répandues à travers le monde et on les retrouve dans toutes les religions et sur tous les continents. Dom Augustin Calmet publie en 1746, un traité sur les revenants en corps, les excommuniés, les oupires ou vampires. En Asie, les Mélanésiens craignaient le « talamaur » et le représentait comme un démon se nourrissant de la vitalité des mourants. En Inde, on pourrait croire que la religion bouddhiste, avec son végétarisme, son ascétisme et l’habitude d’avoir recours à la crémation pour se débarrasser des corps, serait dispensée de la présence des vampires. Kali, la déesse des maladies, de la guerre et de la mort est révérée comme une divinité suceuse de sang, mais aussi bienfaisante. N’est ce pas elle qui débarrassa le monde du démon Raktavija, qui se multipliait par 9000 à chaque goutte de sang versé ? Kali le tua, le maintint en l’air et but chaque goutte de sang avant qu’elle n’atteignit le sol. En Malaisie, les femmes enceintes et les enfants en bas-âge risquaient d’être attaqués par le « pennagalan », un vampire constitué uniquement d’une bouche et d’entrailles pendantes et qui volait dans les airs !

 

 Le « lougaroo » des Antilles, à l’origine un vampire avant de devenir loup-garou, est le fruit d’un pacte entre un être humain et le diable. Il y a néanmoins peu de sources indiquant une relation directe entre le roi des démons et une créature vampirique. L’homme est prêt à se damner en échange de la science ou de la vie éternelle (Faust, le Melmoth de Mathurin, le Centenaire de Balzac), mais semble hésiter à signer un pacte uniquement pour pouvoir vivre la nuit, même pour l’éternité !

 

Il n’y avait pas que les divinités qui s’adonnaient au vampirisme. Les guerriers mongols se nourrissaient de sang animal et il est dit que les guerriers Masai de Tanzanie font encore de même. Au Moyen-Age, Vlad Dracul Tepes (Vlad le diable et l’empaleur, 1431-1476, Roi de Vallachie) - source du roman de Bram Stoker « Dracula » paru en 1897 – fit empaler des dizaines de milliers de victimes et prenait son repas au milieu des pieux dressés. La comtesse Bathory, 1560-1614, fut jugée et condamnée en 1614 pour avoir fait périr dans d’atroces souffrances près de 800 jeunes filles pour se baigner dans leur sang et ainsi prolonger la jeunesse de sa peau ! Dans son édition de 1897, à l’intention des écoliers et écolières, « Le Petit Français illustré » indique, page 190, dans un texte aux forts relents colonialistes, sous le titre : « Coutumes Barbares : les Achantis, dont le territoire, aujourd’hui possession britannique, n’est séparé du Dahomey que par la colonie allemande du Togo, n’ont rien à envier, sous le rapport de la cruauté, aux sujets de Béhanzin. A « Koumassi » (Ville de la mort), il y avait trois lieux d’exécution, si l’on peut appeler ainsi les carnages pratiqués pour le plaisir des yeux d’un roitelet nègre. Dans la cour du palais, on tuait les reines, dauphins, courtisans, dignitaires, etc…, qui avaient cessé de plaire. Sur la grande route, on exterminait les sujets ou vassaux plus ou moins convaincus de crimes ou de délits. Dans le temple de Bantam on sacrifiait aux fétiches les prisonniers de guerres. Au milieu du temple, il y avait un grand bassin de cuivre – d’un beau travail du reste, avec les têtes de lion de ses anses – où l’on recueillait le sang des têtes coupées. Ce sang, mélangé avec certaines plantes, était considéré comme un élixir souverain contre une foule d’affections… »

 

 



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La Bible a aussi contribué largement à la croyance aux vampires et aux bienfaits du sang considéré comme boisson salvatrice sinon rédemptrice. Pour renverser cette tendance, l’Eglise a donc dû incorporer à sa liturgie la croyance aux vampires. Elle se l’est appropriée en édictant des règles très strictes sur ce qu’était un vampire, sur qui pouvait le devenir et sur qui l’était déjà. Etait un candidat tout désigné à devenir vampire toute personne excommuniée ou qui n’avait pas reçu les derniers sacrements, tout enfant non baptisé, toute personne pratiquant une forme de religion ne respectant pas à la lettre le dogme de l’Eglise officielle. C’est-à-dire les hérétiques !

 

Un vampire n’est pas un dieu, même pas un démon ou un serviteur du diable. Un démon est le représentant d’une entité qui lui est supérieure et le vampire ne représente rien d’autre qu’une âme en peine et un corps en rupture de tombeau. Il y a peu de source indiquant un lien direct entre le diable tel que l’a conçu la religion chrétienne et le vampire. Le vampire étant à la fois une âme en quête d’éternité dans l’au-delà et un corps à la recherche d’une nourriture immédiate lui permettant de rester sinon « vivant » du moins debout pendant les heures de la nuit. Abordons le thème de la nourriture du vampire. Considérer la valeur symbolique du sang comme élément nutritif permet d’aborder le volet médical du vampirisme.




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Il semblerait qu’il y ait dans le corps humain soixante et un gênes dans les chromosomes qui soient responsables du processus du vieillissement et des maladies qui l’accompagnent. Un régime déséquilibré accroît la présence des radicaux libres dans le corps, source de vieillissement plus ou moins prématuré. Les vampires mangent ou plutôt boivent peu. On ne peut en effet ingurgiter de larges quantités de liquide sans provoquer un phénomène de rejet. Les scènes de vampires vidant entièrement un corps de son sang appartiennent au cinéma d’exploitation et n’ont aucune « réalité » objective ! Les vampires sont donc, par la force des choses, sobres. Se nourrissant avec parcimonie, ils ont moins de radicaux libres dans le corps et donc peuvent paraître jeune plus longtemps. Il ne s’agit donc pas, en l’occurrence, d’une légende urbaine. Le sang, s’il n’est pas synonyme de vie, sert indubitablement à la prolonger.

 

Comment reconnaître un vampire ? Le cinéma et la littérature (John Badham, Neil Jordan, Francis Ford Coppola, Terence Fisher, Christopher Lee, Ann Rice sont passés par là…) ont fait évoluer l’image du vampire. Le vampire moderne est cynique (vivre à tout prix, n’être redevable à personne), romantique (c’est dur de ne vivre que la nuit et d’être seul), séduisant, (il est préférable de séduire plutôt que la forcer), bien habillé (les vampires peuvent faire vivre les stylistes si le contraire n’est pas vrai). Le vampire se reconnaît à sa grande taille, à sa pâleur, à ses ongles assez longs, au fait qu’on ne le voit jamais mangé ni boire pendant la journée. Comment s’en débarrasser : le pieu dans le cœur est le plus ancien remède, pour des raisons pratiques plus qu’esthétiques ou philosophiques. Le cœur est une pompe gorgée de sang ; percer la pompe tue non seulement le vampire mais en même temps son outil de travail. Décapiter un vampire est aussi un moyen radicalement efficace, mais pas réservé exclusivement aux buveurs de sang. Bon nombre de spécialistes indiquent que l’ail est une trouvaille récente. Les Egyptiens en avaient fait une divinité. Les méridionaux connaissaient ses vertus thérapeutiques et médicinales et s’en servaient efficacement pour lutter contre bon nombre d’infections. Au temps des épidémies de peste, on s’en servait contre les infections mais aussi pour lutter contre l’odeur pestilentielle.

 

Exposer un vampire à la lumière du jour (mais c’est un fait reconnu que trop de soleil nuit à la santé), l’asperger d’eau bénite semble être un remède relativement récent. Les vampires buveurs de sang existent. En Amérique du Sud, on trouve deux espèces de chauve-souris vampires qui se nourrissent exclusivement de sang animal… mais ceci est une autre histoire de vampires.

 




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Orphée - dans Mystères et Paranormal
13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 14:59

Le Voyage Intérieur

 

 

               « Les rêves de l’homme de l’Antiquité et des Temps modernes sont écrits dans le même langage que les mythes dont les auteurs vivaient à l’aube de l’histoire… Je crois que le langage symbolique est la seule langue étrangère que chacun de nous devrait apprendre. Sa connaissance nous rapproche des origines les plus révélatrices de la sagesse… En vérité, les rêves tout comme les mythes sont d’importants messages que nous nous envoyons à nous-mêmes. » Erich Fromm, Le Langage oublié.



 

Monolithe noir



              
Sir Henry Rider Haggard (1856-1925) fut l’un des maîtres anglais du roman d’aventures, mais on doit considérer l’auteur des Mines du roi Salomon comme une grande figure dans le roman fantastique d’inspiration « occulte ». Il ne faut pas oublier, en effet, que le chef-d’œuvre de Haggard, She (publié en 1887), et ses trois suites, Ayesha ou le Retour de She, La Fille de la Sagesse, She et Allan, sont des œuvres franchement théosophiques. En vérité, la plupart des livres d’ « imagination » de cet auteur, et ils sont nombreux, contiennent de nombreuses allusions, explicites ou voilées, à des doctrines et à des enseignements secrets. Haggard a subi profondément l’influence du syncrétisme « occultiste » de l’époque victorienne tardive : spiritisme, théosophie, etc. L’homme qui a écrit She et d’autres livres extraordinaires était lui-même un grand érudit en matière d’occultisme. Une étude exhaustive de ses sources révélerait une familiarité profonde avec de nombreux livres et auteurs spécialisés, parmi lesquels un grand ami de Haggard, Andrew Lang, admirateur érudit des doctrines secrètes de l’Egypte ancienne, l’une des grandes obsessions du romancier. Mais Haggard ne fut pas l’élève déférent d’un ou plusieurs maîtres de l’occultisme. On doit le considérer plutôt comme un écrivain qui a formulé peu à peu son propre système théosophique par l’inclusion, en une synthèse originale, de spéculations mystiques et métaphysiques quelque peu hétérogènes.

 

               Nous espérons montrer, par un grand nombre de citations, que l’œuvre romanesque de Sir Henry Rider Haggard révèle l’intérêt passionné de son auteur pour toutes les formes supérieures de la connaissance interdite.

 

               Haggard est un grand adversaire de la métaphysique classique. Loin de décrier les puissances de l’imagination humaine, il n’hésite pas à écrire : (…) qui dira quelle proportion de fait, passé, présent ou à venir, peut résider dans l’imagination ? Peut-être est-ce une ombre de la vérité intangible, peut-être est-ce la pensée de l’âme. »

 

               L’inspiration directe peut-être complétée grâce à des techniques traditionnelles, secrètement transmises de maître à disciple, et qui peuvent développer dans l’âme humaine la faculté, endormie, de connaissance métaphysique :

 

               « Je vais vous dire ce que je n’ai jamais dit auparavant à une âme vivante. Pendant des années, j’ai étudié des connaissances traditionnelles presque oubliées dans ce pays l’Angleterre, un savoir, qui, une fois qu’il a été intégralement acquis, mettra à la disposition de son possesseur des pouvoirs qui sont cachés dans la nature, qui lui permettra même de regarder au-delà de la nature, et peut-être, pour autant qu’il s’agit de la durée de l’existence, de s’en rendre maître pour un temps. Vous pouvez apprendre ce savoir, en dépit de mon échec. Mon intelligence et ma détermination me permirent d’en découvrir les voies d’accès et de tomber sur quelques-uns de ses secrets, mais sans pouvoir les suivre ; j’ai appris, trop tard, que seuls les bons et les purs peuvent faire cela. »

 

               Il faut choisir entre la connaissance et l’affectivité. Selon Haggard et beaucoup d’occultistes, la partie spirituelle de l’homme doit se développer aux dépens de l’enveloppe physique et des passions terrestres.

 

            Ce qui veut dire que le développement des sens, de la sensualité, de la sexualité, des passions physiques et matérielles n’est pas à rechercher pour l’aspirant aux initiations spirituelles supérieures, c’est une voie ascétique, la « voie sèche » qui seul permet la discipline, l’étude, l’effort intellectuel, mental et spirituel pour parvenir à la compréhension de sa nature profonde et des Forces en présence dans l’Univers, dont le but est de se libérer de la « prison » de la condition humaine dans la « Matrice-Univers » physique dans lequel nous vivons depuis environ 15 milliards d’années « début » du Big Bang, Création de l’Univers et de la Vie. Une ascèse est souvent rendue nécessaire à travers la solitude, la modestie, la pauvreté ou une condition de vie très modeste et la chasteté… c’est une voie très dure et terrible en effet… C’est la voie qui montre « l’Enfer » que peut représenter notre condition physique à tous. A travers l’histoire, des hommes et des femmes ont suivi cette voie dans l’unique but de la Libération de l’âme de la « prison » physique qu’est le corps humain, et montraient à leurs tours le chemin de la Libération des vies successives au reste de l’Humanité… Car amis et chers lecteurs, la vie sur Terre c’est le véritable Enfer… des passions, des amours et des désirs non ou peu assouvies ! Qui causent nos chagrins, nos lamentations, nos regrets, nos souvenirs, nos nostalgies…

 

La « voie humide » c’est la voie des passions physiques débridées de toutes sortes, qui doit être vécues « nécessairement » à un moment donné de nos innombrables vies, mais qui comporte le risque de l’égarement spirituel de l’âme humaine. A être attirer constamment par les passions physiques, l’âme s’obscurcie et perd son essence, son origine et le but de son existence. L’âme erre dans les Ténèbres et se réincarne constamment dans l’ignorance et l’insouciance à la recherche des appétits physiques débridés : alcool, drogue, sexe, luxure, violence, perversions de toutes natures, la satisfaction de ses sens les plus vils, etc. Jusqu’au jour où… l’âme commence à s’interroger sur sa propre vie… C’est le « coup de bâton » sur la tête donné par la Vie… comment puisse-je réellement exister… pourquoi naître, vivre et mourir… c’est étrange, notre vie terrestre est courte et unique… et pourtant j’existe toujours, je suis toujours là… sur Terre, encore et encore une fois… Alors, c’est le « coup d’envoi » de l’initiation spirituelle… l’âme part à la Sainte Quête du « Graal », de son « Graal », son essence primordiale et la raison d’être de son existence et de l’Univers !

 

            Pourtant, la sagesse occulte est toujours, dans les œuvres de Haggard, une connaissance interdite. L’homme peut acquérir la gnose métaphysique, il peut même conquérir de merveilleux secrets pratiques, évoquer les esprits des morts, connaître ses propres incarnations antérieures, etc. Mais il est toujours fort dangereux de toucher aux forces occultes, et l’homme risque de redoutables chocs en retour quand il essaye de s’élever au-dessus de sa condition.

 

            En ce qui concerne notre séjour terrestre, Rider Haggard est d’un pessimisme lucide et sans équivoque. La rançon de la connaissance est toujours pour lui la prise de conscience de la vanité de toutes les choses terrestres :

 

            « Oh, vous pauvres mortels, vous implorez vos dieux de vous accorder de nombreuses années de vie, ignorant que vous semez dans vos poitrines une graine d’où vous devrez retirer dix mille misères. Ne savez-vous pas que ce monde est, à la vérité, la grande maison de l’enfer, dans les chambres duquel l’esprit séjourne par intervalles pour une petite période durant laquelle, las et frappé de stupeur, il se hâte, en gémissant, vers la paix qu’il a gagné ? »

 

            « La grande route du destin progresse comme le char de Djaggernaut, et nous écrase tous à notre tour, quelques-uns tôt, quelques-uns plus tard : cela n’a aucune importance, à la fin elle nous écrase tous. Nous ne nous prosternons pas devant elle, comme les pauvres Indiens : nous fuyons ici et là, nous implorons merci, mais cela ne sert à rien ! Le noir destin tonne, et nous réduit en cendres à la période qu’il a fixée. »

 

            Et Haggard précise cette idée dans le message suivant :

 

            « Le monde des esprits est, comme je le pense, le monde réel. Le reste est un cauchemar, car nous ne connaissons ni le commencement ni la fin de ce rêve. »

 

            L’homme est soumis sans merci, par son étrange destinée, à la loi infernale des réincarnations incessantes :

 

« Contemple le sort de l’homme ! Infailliblement il nous atteindra, et nous dormirons. Infailliblement aussi, nous nous éveillerons et nous vivrons à nouveau et à nouveau nous dormirons ; et ainsi de suite, à travers périodes, espaces et temps, d’éon en éon, jusqu’à ce que le monde soit mort, et que les mondes au-delà du monde soient morts, et que rien ne vive excepté l’Esprit de Vie… Et pourtant la mort n’est que la nuit de la vie, mais de la nuit naît le lendemain, qui engendre à nouveau la nuit. »

 

            « Alors, vous pensez que nous vivons à nouveau sur cette Terre ? A nouveau et encore à nouveau, jusqu’à ce que vienne pour nous le temps de quitter la Terre pour toujours. De ceci, je suis sur. »

 

            « Oui, cet oiseau de passage (l’homme), comme il me semblait être, volant de ténèbres en ténèbres, pouvait avoir étendu ses ailes à la lumière d’autres soleils, des millions et des millions d’années auparavant, et pourrait encore les étendre, devenir rayonnant et lumineux, dans des millions et des millions d’années, en un temps pas encore né. »

 

            « (…) La vie était-elle quelque chose de vaste et splendide au-delà d’atteinte de la vision, quelque chose envoyée par Dieu, commençant et finissant dans l’absolu éternel et participant, finalement, de ses attributs et de sa nature… ? »

 

            Pour Haggard et beaucoup d’autres occultistes, la réincarnation humaine est un fait attesté par un grand nombre de constatations troublantes, le coup de foudre amoureux par exemple.

 

            La condition humaine est misérable, mais on peut obtenir la délivrance par un entraînement mystique que l’individu découvre en son for intérieur :

 

            « (…) Il m’apparut brusquement que mon âme était elle-même le Maître caché duquel je devais apprendre ma leçon. »

 

            D’autre part, il faut admettre que l’amour humain, sur tous les plans : physique, sentimental et spirituel, est la seule force qui puisse vaincre le destin inexorable (celui auquel il m’a tellement manqué finalement et que je n’ai pas vécu, c’est l’auteur de ces lignes qui souligne) :

 

            « Il n’existe qu’une lumière fixe dans les brumes de nos errances. Cette lumière est l’amour !

            Il n’y a qu’une espérance dans notre nuit de désespoir. Cette espérance est l’amour !

            Tout le reste est faux. Tout le reste est ombre se mouvant sur l’eau. Tout le reste est vent et vanité. Qui dira quel est le poids ou la mesure de l’amour ?

            Il est né de la chair, il réside dans l’esprit.

            De chacun (des deux) il tire sa consolation. »

 

            Il n’est donc pas étonnant de constater, chez Haggard, un véritable culte de la femme. Le romancier chante : « (…) la merveille du cœur féminin, qui est microsome des espoirs, des craintes et des désespoirs de notre humanité, dont elle est d’age en age la mère. »

 

            La femme est capable du sacrifice suprême : Yva, l’héroïne de When the World shook, se jette d’elle-même dans le feu tellurique pour empêcher le changement catastrophique de l’équilibre de la Terre : « Pendant une fraction de temps, elle (Yva) se tint là, comme un ange incandescent, enveloppé de feu. Puis elle s’effaça comme un fantôme et s’évanouit de notre vue. Yva était réduit en cendres ! Yva avait disparu ! Le sacrifice était consommé ! »

 

            « Le monde trembla mais Yva avait sauvé le monde ! »

 

            Mais la femme peut être aussi un être pervers et démoniaque, ou allier en elle, suprêmement équivoque, bonté et cruauté. Les personnages féminins de Haggard sont des symboles de tous les pouvoirs mystérieux, bénéfiques, maléfiques ou ambivalents de la femme, laquelle acquiert une signification métaphysique rappelant les vieilles mythologies matriarcales.

 

            La plus intéressante des héroïnes de H. Rider Haggard est sans contexte la mystérieuse « Immortelle » qu’est Ayesha, « Celle qui doit être obéie ». Cette femme réunit en elle tous les attributs attirants, étranges ou effrayants, de l’Eternel Féminin.

 

            Ayesha est un être superbe et extraordinaire, en qui se retrouve toute l’attirance physique de la femme. Le dévoilement d’Ayesha est décrit ainsi par Haggard, dans un passage assez étrange, en fait, pour une époque où les impératifs de « respectabilité » étaient encore redoutables dans la société anglaise victorienne :

 

            « Elle leva ses bras blancs et ronds, je n’avais jamais vu de tels bras auparavant et doucement, très doucement, elle enleva une attache sous ses cheveux. Soudainement, les longs voiles qui lui donnaient l’apparence d’un cadavre entouré d’un linceul tombèrent à terre, et mes yeux remontèrent le long de son corps vêtu seulement d’une tunique blanche collante qui ne servait qu’à montrer ses formes somptueuses et impériales, remplies d’une vie qui était plus que la vie et d’une certaine grâce serpentine, plus qu’humaine. Ses petits pieds étaient chaussés de sandales attachées par des clous d’or ; puis venaient les chevilles, plus parfaites que jamais sculpteur n’en rêva. Autour de la taille, sa tunique blanche était attachée par un serpent d’or solide à la double tête : il s’enroulait en ligne pures et adorables autour de la forme gracieuse, jusqu’à la poitrine de neige et d’argent, où se terminait la tunique et sur laquelle ses bras étaient croisés. Je regardai, au-dessus, le visage, et je n’imaginai pas, je reculai en arrière, aveuglé et frappé de stupeur. J’avais entendu parler de la beauté des êtres célestes. Maintenant, je la voyais ; mais cette beauté, avec toute son effrayante splendeur et sa pureté, était mauvaise ou plutôt, sur le moment, elle me sembla mauvaise… Bien que le visage devant moi fut celui d’une jeune femme n’ayant certainement pas dépassé la trentaine, en parfaite santé et dans le premier éclat de la beauté mûrie, il portait, gravé sur lui, le sceau d’une indicible expérience et d’une connaissance approfondie de la douleur et de la passion. »

 

            « (…) Comme elle se tenait debout, la tunique blanche glissa jusqu’à sa ceinture, dévoilant la beauté éblouissante de ses formes. Elle se tenait là, les doigts serrés, tandis que l’effrayante expression de malveillance se concrétisait et s’approfondissait sur son visage. »

 

            Antinéa, la superbe et perverse femme brune du roman de Pierre Benoît, l’Atlantide (1920), peut être considérée comme une sorte d’avatar posthume de l’étrange héroïne du chef d’œuvre de Haggard.

 

            Il est très difficile de connaître les parts respectives de l’imagination et de la réalité dans la genèse de She who must beodeyed. Haggard peut avoir été frappé par un être réel (il arrive de rencontrer des femmes étranges et fascinantes), mais l’héroïne semble être, avant tout, un produit authentique du subconscient de l’auteur (C.G. Jung a fort bien montré que She est une personnification de l’anima, c’est-à-dire de la partie féminine de l’âme humaine).

 

            Ayesha, la femme immortelle, semble trouver un destin fatal dans les cavernes fantastiques de Kor, mais la suite de She, le roman intitulé Ayesha, nous montre l’héroïne, ressuscitée, devenue l’ « Hesea » et l’ « Esprit de la montagne », la nouvelle prêtresse d’un antique oracle de l’Asie centrale, régnant sur le mystérieux sanctuaire des piliers de feu. Elle est la dernière détentrice du sceptre de « Hes » sur la Terre, c’est-à-dire Isis.

 

            On ne peut nier que She-Ayesha soit un personnage symbolique. « D’abord, nous dit Haggard, je fus incliné à croire que cette histoire d’une femme enveloppée dans la majesté d’années presque sans fin, sur laquelle l’ombre de l’Eternité elle-même gît comme l’aile sombre de la nuit, était une gigantesque allégorie dont je ne pouvais saisir le sens. Puis je pensais que ce pouvait être une tentative hardie pour dépeindre les résultats possibles de l’immortalité pratique, animant la substance d’une mortelle qui tirait pourtant sa force de la terre, et dans le cœur de laquelle des passions naissaient et battaient à la manière dont, dans le monde impérissable autour d’elle, les vents et les marées s’élèvent, tombent et battent sans cesse. »

 

            Le romancier semble en vérité considérer Ayesha comme un être humain et non comme une manifestation divine :

 

            « Seulement, j’étais sur que She elle-même ne pouvait être une divinité bien qu’elle put en être la manifestation, une prêtresse, une messagère, chargée d’accomplir sa volonté, de venger ou de récompenser, et demeurant pourtant une âme humaine, avec des espoirs et des passions à satisfaire, et une destinée à accomplir. »

 

            Mais d’autres passages semblent impliquer que She ne fait qu’une avec la déesse égyptienne Isis, c’est-à-dire avec la nature personnifiée (la Maya de la métaphysique indienne – la Vierge Marie de la tradition chrétienne). Voici, par exemple, des paroles très révélatrices de la mystérieuse Ayesha :

 

            « Je suis de beaucoup d’humeurs et, comme l’eau dans ce vase, je réfléchis beaucoup de choses ; mais elles passent ; elles passent et elles sont oubliées. Mais l’eau est l’eau, et ma qualité ne peut être altérée. »

 

            Le problème fascinant d’une éventuelle prolongation indéfinie de l’existence humaine physique n’a jamais cessé de tourmenter l’esprit de Rider Haggard. Son premier roman d’aventures, Les Mines du roi Salomon (1885), contient la description vivante d’une vieille et horrible sorcière, Gagool, qui vit encore après plusieurs siècles, mais en un corps combien décrépit !

 

            Et l’une des dernières œuvres de Haggard, When the World shook (Quand la Terre trembla), écrite en 1918 et publiée en 1919, base son affabulation sur une méthode scientifique d’hibernation artificielle qui a permis à Oro et à sa fille Yva de dormir durant 250 000 années, et de se réveiller, après une si longue durée, dans l’état physique qu’ils possédaient avant le processus. L’hibernation artificielle est pourtant considérée par Haggard comme un procédé d’immortalité assez décevant : en plongeant le corps dans le sommeil durant 250 000 ans, l’on ne peut empêcher l’inexorable succession des réincarnations corporelles de l’esprit.

 

            « Seule l’enveloppe corporelle demeurait préservée par des artifices mortels, et, quand l’esprit revenu et la lumière de vie y furent infusés à nouveau, il s’éveilla. Mais durant ce long sommeil de mort, cet esprit peut avoir parlé à travers d’autres lèvres et cette vie peut avoir lui à travers d’autres yeux, bien que je ne me souvienne de rien les concernant. »

 

            « Vous me dites, Dame Yva, dis-je, que vous avez dormi, ou devez avoir dormi, pendant 250 000 années. Mais s’il en était ainsi, où se trouvait votre esprit durant tout ce temps ?... Je crois qu’il résidait ailleurs peut-être en d’autres corps sur la Terre, ou dans une terre différente. Du moins, je sais que mon cœur est très rempli de souvenirs, que je ne puis encore dérouler et lire. »

 

            Une prolongation réelle de l’existence totale doit être fondée sur une autre méthode que l’hibernation : dans le même roman, Haggard fait allusion à une « Eau de Vie », sorte de liquide vivifiant le corps. Mais la méthode la plus intéressante qui permet de conquérir l’immortalité physique est décrite dans She et ses trois suites. Elle consiste en l’immersion complète du corps dans le « Feu de Vie ». Certes, il est impossible d’atteindre l’immortalité stricto sensu, même par un procédé aussi spectaculaire :

 

            « Mais je le sais bien (c’est She qui parle) que ma vie n’est que prolongée et rendue plus brillante. »

 

            L’immersion dans le « Feu (ou « Esprit ») de Vie a néanmoins des résultats étonnants : la jeunesse physique peut être prolongée durant un temps incroyable, jusqu’à la fin de notre Terre, si on le désire.

 

            Les mythes haggardiens sur le feu dispensateur de l’immortalité physique sont très intéressants pour le spécialiste de la science des religions, comme pour celui qui étudie l’alchimie et ses ramifications. Ils reposent, en fait, sur un postulat très simple :

 

            « Je crois que, si l’on peut simplement le redécouvrir, il existe un lieu où les forces vitales du monde existent de manière visible. La vie existe ; pourquoi donc les moyens de la préserver indéfiniment n’existeraient-ils pas aussi ? »

 

            « Contemplez la fontaine de vie et le cœur de la vie, tel qu’il bat dans le sein de ce grand monde. Contemplez la substance de laquelle toutes choses tirent leur énergie, le resplendissant esprit de ce globe, sans lequel nous ne pouvons vivre mais devons devenir froids et morts comme la lune morte. Approchez-vous, baignez-vous dans ces flammes vivantes et infusez dans votre pauvre corps leurs vertus dans toute sa force virginale, non telle qu’elle lui faiblement dans votre poitrine, filtrée à travers les écrans d’un millier de vies intermédiaires, mais de telle qu’elle est, ici, dans la fontaine, dans la source même de l’existence terrestre. »

 

            « C’est bien. Préparez-vous à entrer dans le sein même de la Terre où elle conçoit la vie que vous voyez mise au monde dans l’homme et la bête, oui, dans chaque arbre et dans chaque fleur. Préparez-vous, o hommes, car ici vous allez renaître ! »

 

Le Karma

 

            On emploie beaucoup ce mot indien, sans toujours savoir de quoi il s’agit. Le karma, c’est la destinée, conséquence de ce que nous avons créé nous-mêmes au cours des vies antérieures ; toute action de notre part provoque, dans cette vie-ci ou dans la suivante, une réaction : tel est le sens du mot karma. Les prochaines vies seront également le résultat de nos choix d’aujourd’hui. On se réincarne tant que les conséquences de nos actions ne sont pas complètement liquidées… Mais un jour, proche ou lointain (c’est nous qui choisissons), nous n’aurons plus du tout besoin de nous réincarner. Volant en toute liberté dans les espaces infinis, dans la lumière et la joie cosmiques, nous serons des esprits libérés.

 

Pourquoi faudrait-il se réincarner ?

 

            Toutes les traditions philosophiques sont d’accord : pour progresser spirituellement. On retrouve un frère, un père, une mère, un ou une amie, un mari, une épouse, un amant, une maîtresse, etc., en vue d’un progrès spirituel.

            Si vous avez visité les marais salants de l’île de Ré ou de Guérande, vous avez pu remarquer que l’eau de mer devait traverser toute une série de bassins pour se concentrer et s’épurer : c’est seulement après un assez long parcours que les sauniers peuvent récolter ce fameux sel gris à goût de violette qui valait si cher autrefois.

            Pour les âmes, il en est de même : elles ont besoin de beaucoup de temps et d’efforts pour s’affiner, comme le sel ! (Cf. le Christ disait à ses disciples : « Vous etes le sel de la Terre ! »). Chaque vie leur permet de se décanter, de se purifier des scories accumulées par l’âme.

            Mais si certains prennent la ligne directe, et arrivent très vite au but, à la Lumière absolue où ils sont des esprits libérés, d’autres prennent le chemin des écoliers. Ils font l’école buissonnière… jusqu’à ce qu’ils comprennent que certains buissons ont des fruits empoisonnés !



 

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Les liens karmiques

 

            Depuis soixante ans, un nombre croissant de psychologues, de thérapeutes, de médecins rencontrent parmi leurs patients des gens qui, sous hypnose, ou autrement, leur affirment s’être réincarnés. Beaucoup d’entre eux disent qu’ils ont voulu retrouver dans une nouvelle vie telle ou telle personne précise : père, mère, enfants, frères et sœurs, etc. Ainsi, se renouent d’anciens liens dans une nouvelle famille. Cela explique les sympathies et antipathies « spontanées » ou « irrésistibles » qu’aucun événement ne peut justifier.

            La tradition ésotérique veut que les jumeaux soient des entités qui se sont follement aimées, au point de ne pas vouloir se séparer : aussi s’incarnent-elles dans la même mère. On ne se réincarne donc pas toujours pour « payer une dette », mais pour continuer une relation privilégiée. Bien que la similitude des thèmes de naissance indique un même itinéraire karmique, cependant, chaque jumeau jouit de sa liberté propre. Il a pu l’utiliser de façon différente dans certaines vies antérieures : ainsi s’expliquent les différences de caractères constatées dans cette vie-ci.

            Inversement, certains jumeaux de jadis se réincarnent à la même époque, dans deux familles différentes, lesquelles peuvent être voisines, parentes, ou alliées, donnant ainsi aux anciens jumeaux l’occasion de se retrouver comme amis.

            Tous les jumeaux, cependant, ne s’aiment pas d’amour tendre. Des ennemis intimes peuvent s’incarner ensemble, pour tenter une nouvelle fois de faire la paix… La Bible parle d’Esau et de Jacob, qui se disputaient déjà dans le sein de la mère Rébecca : « Or les enfants se heurtaient en elle » (Genèse, XXIV, 22).

            Dans les relations familiales, il y a des cas touchants : telle cette jeune femme qui, dans sa dernière vie, avait été la gouvernante d’enfants royaux, en France, au XVIIIe siècle. Très attachée à ces enfants, elle avait souffert de ne pas être leur vraie mère. Ce désir profond l’a amenée à se réincarner actuellement en mère de famille. Et les enfants royaux sont bien, cette fois, les siens : elle a connu cette fois la joie de leur donner le jour, physiquement, et d’être légalement leur mère.

 

Les dettes karmiques

 

            Une maladie karmique est une maladie héritée de vies antérieures. C’est très intéressant en astrologie médicale et en médecine, parce que cela ouvre de nouvelles perspectives sur les relations de l’esprit et du corps.

            Un exemple : un homme venu consulter Edgar Cayce, médium américain surnommé le « prophète endormi », il faisait des « lectures psychiques » en état de sommeil ; parce qu’il était aveugle-né. Edgar Cayce analysa quatre des vies antérieures du consultant – dont l’une se situait dans la Perse ancienne, environ dix siècles avant J.-C. A cette époque, le consultant appartenait à une tribu de mœurs primitives, qui aveuglait ses prisonniers au fer rouge. D’après Cayce, cet homme avait mis beaucoup de sadisme dans son métier de bourreau… qu’il aurait pu refuser.

            Dans cette vie actuelle, aux Etats-Unis, il est confronté aux conséquences de sa cruauté : il doit lui-même subir le sort de ceux qu’il avait jadis aveuglés, afin d’apprendre par là le respect d’autrui, l’attention à la souffrance des autres. Cependant, Cayce lui donna une série de prescriptions (médicaments, régime alimentaire, vertébrothérapie, etc.), lesquelles améliorèrent nettement sa vision. Cayce précisait aussi que la patience, la prière, la bonté allégeraient ou raccourciraient son temps d’épreuve.

            Cette histoire explique aussi ce qu’est une dette karmique vis-à-vis d’autrui (ou vis-à-vis de soi même, l’un n’allant pas sans l’autre). Les entités se réincarnent en même temps que d’autres auxquelles elles ont fait du tort dans une vie précédente : c’est comme une nouvelle chance qui leur est donnée de rattraper la « maille filée » d’un très ancien tricot…

            Les entités, ce sont les esprits qui, lorsqu’ils prennent un corps à la naissance, deviennent des hommes et des femmes. Chacun de nous est une entité, un esprit, un être immortel par essence.

 

 



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Le mystérieux livre de vie

 

            Les traditions, tant écrites qu’orales, des différentes religions du monde font référence à un mystérieux Livre de Vie, que tout homme est capable de lire (à condition d’être parvenu à un certain degré de sagesse).

            Il s’agirait d’une sorte de « mémoire » de l’Univers, une collection d’enregistrements vibratoires, où se trouve inscrit tout ce qui concerne la création du monde, et tous les événements qui l’on agité depuis. Chaque être vivant, chacun de ses faits et gestes, chacune de ses pensées est inscrit dans ce Livre de Vie. C’est comme une bibliothèque universelle, où rien ne manque.

            Chacun, d’ailleurs, peut lire dans l’Apocalypse de Jean (V, 1) : « J’aperçus dans la main droite de Celui qui siège sur le trône un livre roulé, écrit au verso et au recto, et scellé de sept sceaux. »

            Dans la tradition indienne, le Livre de Vie s’appelle l’Akasha. Voilà pourquoi Edgar Cayce employait le mot anglais reading (en français, « lecture ») dans ses consultations. Il disait qu’il pouvait lire dans le Livre de Vie. Nous figurons tous, à titre personnel, dans ce grand volume, dont l’éditeur est Dieu lui-même…

            Les écrivains ésotériques, tout comme Edgar Cayce, parlent des dossiers akashiques, ou annales akashiques… Ce qui est merveilleux aussi, c’est la mémoire des Indiens, qui ont gardé des connaissances que nous avons oubliées. Cette tradition indienne nous renvoie à nos propres sources, l’ésotérisme occidental, qui était très bien informé dans l’Antiquité, et même au Moyen Age. Les Eglises n’ont pas su le conserver : mais sa redécouverte sera le phénomène éclatant de la dernière moitié du XXe siècle.

 



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Les femmes ont-elles une âme ?

 

            Je cite Dorothée Koechlin de Bizemont, journaliste et spécialiste de philosophie caycienne : « Avouez, messieurs, que certains d’entre vous ne seraient nullement enchantés d’apprendre qu’ils ont été femme dans une autre vie… tant est ancrée l’idée de « l’infériorité féminine ! »

            N’en déplaise aux phallocrates traditionnels, il ne semble pas que les âmes aient de sexe avant de s’incarner dans ce monde-ci. De multiples témoignages semblent le prouver. Dans le Livre des Esprits, Allan Kardec demande à son Esprit-guide : « L’Esprit qui a animé le corps d’un homme peut-il, dans une nouvelle existence, animer celui d’une femme, et réciproquement ? » - « Oui, ce sont les mêmes esprits qui animent les hommes et les femmes. »

            Même affirmation chez les anciens Egyptiens. On trouve dans les écrits d’Hermès le dialogue suivant : Horus demande à sa mère Isis « si les âmes sont nées males ou femelles », et la déesse répond : « Les âmes, mon fils Horus, sont égales par nature : il n’y a parmi elles ni males ni femelles ; cette distinction n’existe que dans le corps incarnés ». (Sermon d’Isis à Horus).

            Par contre, la tradition indienne est misogyne : selon elle, la dernière incarnation ne peut être que masculine. L’incarnation comme femme est un état de déchéance où l’âme expie de lourdes fautes passées. Une telle croyance est évidemment contredite par les religions chrétiennes, catholiques ou orthodoxes, où le modèle de perfection absolue proposé aux fidèles est Marie, mère du Christ. Laissons le dernier mot à l’apôtre Paul, qui écrit : « Dans le Christ, il n’y a plus ni juif, ni grec, ni esclave, ni homme libre, ni homme ni femme. » (Epitre aux Galates, III, 28).

 

 



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La réincarnation explique les inégalités sociales et les destins douloureux

 

            Pourquoi le mal ? Pourquoi certains enfants naissent-ils estropiés ? Pourquoi le malheur semble-t-il s’acharner sur certains ? Et pourquoi des riches, pourquoi des pauvres ? Pourquoi des surdoués et des imbéciles ?

            La réincarnation, nous l’avons vu, permet de répondre logiquement à ces questions. Dans les traditions ésotériques, tant orientales qu’occidentales, l’homme récolte ici et maintenant ce qu’il a semé dans des vies antérieures. Non seulement, il récolte, mais il choisit. Une fois désincarné, après sa « mort », l’Etre voit clairement en quoi il a raté ou réussi. Il choisit donc de se réincarner, c’est-à-dire de choisir un nouveau programme terrestre. Evidemment, une fois dans son nouveau corps, il est limité par le pays, la race, la famille, la religion qu’il a choisis avant de naître… Ainsi, liberté et prédestination sont-elles réconciliées dans cette optique.

            Beaucoup d’âmes choisissent une vie difficile qui leur permettra de faire plus vite des progrès. Ainsi, ceux qui sont pauvres, malades, mal aimés l’ont bien souvent choisie en réparation d’une dette karmique. La tradition veut que ceux qui ont préféré, plusieurs vies de suite, la facilité, en viennent à choisir enfin une vie très douloureuse, où ils seront pris dans les « grandes purges » de l’Histoire, dans les cataclysmes mondiaux… Ainsi, se sont-ils obligés eux-mêmes à une très dure expérience purificatrice.

            Une des tantes à Dorothée Koechlin de Bizemont avait mené une vie vraiment triste. Son fiancé était mort à la guerre de 1914-1918, elle était restée « vieille fille », et sans aucune profession. Moins brillante que ses frères et sœurs, elle était devenue leur Cendrillon, leur bonne à tout faire, leur souffre-douleur. La fin de sa vie fut sinistre : échouée dans un mouroir pour vieillards, reléguée au fond d’une chambre infecte que personne ne visitait jamais, maltraitée par le personnel, elle croupissait là, aveugle, sourde, incontinente, demi-paralysée. Quand Dorothée allait la voir, il régnait une odeur de vieillesse abandonnée, d’urine jamais nettoyée, de crasse fermentée… Atroce ! De ces visites, je revenais en sanglotant, en me disant : « Pourquoi, mais pourquoi ? »

            La tante, elle, souriait, s’informait de la famille, ne manifestait pas la moindre amertume, et se plaignait très peu. Elle mourut sans qu’on me prévienne, et je crois bien qu’il n’y avait pas plus de deux personnes à son enterrement.

            L’année d’après sa mort, je l’interrogeai.

            Elle me répondit, du plan invisible où elle était, et sa réponse illumine encore ma vie : « C’est, me dit-elle, que dans plusieurs vies antérieures j’avais été méchante, malfaisante. J’ai choisi enfin cette vie – et j’en étais consciente – pour réparer toutes ces erreurs. Comme je suis contente ! J’ai liquidé d’un seul coup tout un paquet de karma ! Maintenant, je suis libérée. Je suis heureuse, en pleine lumière, très haut. »

 

Groupes karmiques et karma différé

 

            Il semble que les entités ne se réincarnent pas toujours immédiatement : il peut s’écouler des siècles entre deux vies successives. Certaines entités, complètement traumatisées par une expérience terrestre violente, n’ont aucun enthousiasme pour recommencer. D’autres doivent attendre que l’évolution de l’Histoire leur offre à nouveau les conditions propices. Edgar Cayce évoque la vie d’un Gaulois captif, torturé par des esclaves noirs, qui a attendu le XXe siècle pour se réincarner, en Amérique du Nord : la tension raciale qui y règne lui donne la chance de surmonter sa haine karmique des Noirs. Il est d’ailleurs plus que probable que bien des négriers d’antan se sont un jour réincarnés sous une autre couleur !

            Les situations décrites comme groupes karmiques, sont connues des ésotéristes : cela concerne des gens qui, ayant vécu ensemble à une époque donnée, se réincarnent à la même époque et dans le même lieu. Ainsi Cayce évoque-t-il la guerre d’Espagne (entre les deux Premières Guerres mondiales) ; il dit que les âmes qui se réincarnèrent dans cette atroce guerre civile étaient, pour un grand nombre, celles des conquistadors espagnols du XVIe siècle (ceux-là avaient sûrement une drôle de dette karmique à payer !). Les Atlantes seraient réincarnés chez les Occidentaux du XXe siècle, apportant avec eux les grandes connaissances technologiques, dont a parlé Platon dans ses œuvres le Timée et le Critias.

            Par contre, certaines entités se réincarnent immédiatement, au point que le souvenir de leur mort précédente se confond avec celui de leur actuelle naissance. Dans ce cas, la personne retrouve très facilement la mémoire de sa dernière vie antérieure.

 

La loi de grâce

 

            Les réincarnationnistes occidentaux estiment que la loi « de cause à effet », qui engendre le karma, peut être allégée si l’on fait appel à la grâce du Christ. Notre liberté de choix nous permet donc de recourir à sa Bonté pour accélérer le paiement de nos dettes, et remplir notre programme d’incarnation. Mais la liberté peut être utilisée, bien sur, à contre-programme : dans ce cas, c’est raté, il faut se réincarner encore !

            Dans cette course au bonheur, tout le monde finira par arriver, avec plus ou moins de temps. La « loi de grâce » récupérera tout le monde, même les récalcitrants (qui ont payé cher leurs chemins buissonniers !).

            L’Eglise catholique elle-même commence à se poser des questions sur « l’Enfer éternel ». Elle se demande si ce lieu mystérieux de souffrances est « objectivement » éternel, ou seulement « subjectivement » (c’est-à-dire pour ceux qui le traversent, à qui ces souffrances paraissent interminables). Comment un Dieu infiniment bon ne pardonnerait-il pas aux réprouvés, alors qu’Il est tout-puissant ?

            Quant au « Purgatoire », il pourrait se vivre, soit sous forme d’une nouvelle réincarnation, soit sur d’autres plans cosmiques.

            Allan Kardec, dans le Livre des Esprits, interroge son Esprit-guide :

            - Quelle est la conséquence du repentir à l’état spirituel ?

            - Le désir d’une nouvelle incarnation pour se purifier. L’Esprit comprend les imperfections qui l’empêchent d’être heureux, c’est pourquoi il aspire à une nouvelle existence où il pourra expier ses fautes. A mesure que les Esprits s’épurent, ils s’incarnent dans des mondes de plus en plus parfaits, jusqu’à ce qu’ils aient dépouillé toute matière et se soient lavés de toute souillure, pour jouir éternellement de la félicité des purs Esprits dans le sein de Dieu.

            Plus loin, il dit que « l’Esprit peut se réincarner dans le même monde, s’il n’a pu accomplir sa mission ; et lui-même peut redemander une nouvelle existence pour la compléter, mais alors ce n’est plus pour lui une expiation ».

 

Pythagore, Socrate et Platon croyaient à la réincarnation

 

            Relisons les textes de Platon : c’est écrit noir sur blanc, un peu partout ! Dans mes classes de philosophie, la réincarnation était parfois évoquée, sous le nom de métempsycose[1], comme une théorie ridicule sur laquelle il était malsain de s’attarder, « idée grotesque qui consiste à penser qu’un homme puisse renaître dans une souris ».

            Pourtant, soyons logiques : vingt siècles d’Occident ont professé une admiration sans bornes pour cette sagesse grecque dont est issue notre civilisation. Les philosophes de l’Antiquité avaient pressenti l’atome et l’électricité (deux mots grecs !), évalué la précession des équinoxes et mesuré la circonférence de la Terre… Ces Grecs déliraient-ils complètement quand ils parlaient de réincarnation ?

            Comment avons-nous été assez malhonnêtes pour expurger des textes de Platon cette idée fondamentale – l’immortalité de l’âme à travers ses réincarnations successives ? Comment dix siècles d’études classiques ont-ils pu occulter à ce point des textes aussi explicites ? Dans le Phédon, Platon fait parler Socrate : « C’est une opinion bien ancienne que les âmes, en quittant ce monde, vont dans les enfers, et que, de là, elles reviennent dans ce monde et retournent à la vie après avoir passé par la mort. Il me semble, Cebès, qu’on ne peut rien opposer à ces vérités, et que nous ne nous sommes pas trompés quand nous les avons admises… car il est certain que les vivants naissent des morts. »




Platon                      Pythagore


 

            « Ce que tu dis là, Socrate, dit Cebès en l’interrompant, est une suite nécessaire d’un autre principe que je t’ai entendu souvent établir : que notre science n’est que réminiscence. Si ce principe est vrai, il faut de toute nécessité que nous ayons appris dans un autre temps les choses dont nous nous ressouvenons dans celui-ci… »

            Socrate acquiesce et dit : « Ce que nous appelons « apprendre », n’est-ce pas ressaisir la science que nous avions, et n’avons-nous pas raison d’appeler cela «  ressouvenir » ? »

            Ailleurs, dans La République, Platon ajoute : « On est responsable de son choix ; Dieu est innocent (…). Les âmes sont surtout guidées par les habitudes qu’elles avaient contractées dans leurs vies antérieures. »

            Platon, élève de Socrate, fut également l’admirateur de Pythagore (VIe siècle avant J.-C.). Ce grec-là, lui, y allait carrément : il racontait quelques-unes de ses vies antérieures ! Un jour, en visitant un temple, il avait vu un bouclier accroché en ex-voto sur un mur : il le reconnut, et dit que c’était celui qu’il portait à la guerre de Troie, plusieurs siècles auparavant, alors qu’il s’appelait Euphorbe (Homère le cite dans L’Iliade, XVII, vers. 50). Pythagore se souvenait aussi d’avoir été un devin réputé en Ionie, longtemps auparavant. Expert dans l’art de se dédoubler, c’est ainsi qu’il était mort : à l’occasion d’une de ses sorties dans l’astral, sa femme avait brûlé son corps, de telle sorte que son âme n’avait pu en reprendre possession.

 



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            Ce même Pythagore avait été initié aux « mystères orphiques », où l’on enseignait au disciple comment effectuer au mieux son voyage après la mort, comment se réveiller dans l’Hadès, comment y retrouver sa route, et comment échapper au malheur de se réincarner. Ces « stages pratiques pour touriste de l’Au-delà » semblent avoir eu beaucoup de succès dans la Grèce antique, et n’étaient pas connus des Grecs : les Tibétains les transcriront dans certains de leurs livres sacrés, comme le Bardo Thodol. Les Egyptiens, également : comme le raconte Pluton, ils étaient les héritiers des Atlantes, rescapés du dernier Déluge (plus exactement, de la dernière catastrophe qui avait englouti l’Atlantide il y a 12000 ans environ). Les Atlantes leur avaient transmis de nombreuses connaissances religieuses et ésotériques, concernant l’après-vie – dont certaines sont évoquées dans Le Livre des Morts égyptien.

            On s’est beaucoup posé la question de savoir pourquoi les Egyptiens transformaient leurs morts en momies. Cette tradition se retrouve également en Amérique du Sud, où les civilisations précolombiennes auraient été fondées, parties par des réfugiés atlantes, partie par des réfugiés de Mu (très antérieurement). A la question : « A quoi sert une momie ? », la réponse des égyptologues : « C’est un rite religieux, car les Egyptiens croyaient à la survie de l’âme » n’explique rien. En effet, pourquoi s’imposer un tel travail sur un cadavre, uniquement parce qu’on croit à l’immortalité de l’âme ? Thot-Hermès (Hermès Trismégiste), grand initié légendaire et fondateur de la religion égyptienne, auteur des fameux « livres hermétiques » (La Table d’Emeraude ») très appréciés des premiers Pères de l’Eglise, enseignait la réincarnation. Il ne faut pas oublier que ces enseignements « hermétiques » constituaient l’ancienne théologie égyptienne, celle dans laquelle avait été élevé Moise. Les égyptologues, influencés par le matérialisme occidental du XXe siècle, n’ont pas accordé suffisamment d’attention à cette croyance à la réincarnation, généralement répandue chez les Egyptiens.

            Car ceux-ci en conservant le corps, voulaient conserver à l’âme son soutien matériel, pour lui éviter d’errer à l’aventure dans les mondes invisibles, ensuite se réincarner sous une forme peu désirable. Peut-être aussi, pour lui permettre de réintégrer ce même corps (dans ce cas, la momie était censée « germer »).

            Quoi qu’il en soit, au début de l’ère chrétienne, toutes les religions en usage dans l’Empire romain étaient réincarnationnistes : mystères égyptiens, néo-platonisme d’Alexandrie, druides, cultes de Mithra, christianisme et même judaïsme.

            Pauvre collégiens d’autrefois, anéantis sous l’obligation mortelle d’apprendre le grec et le latin… Si on leur avait parlé de ces mystères essentiels, comme ces années perdues au fond des collèges auraient pu être riches et vivantes ! Apprendre ce que l’on a fait, et ce que l’on fera, de l’autre coté de la mort, n’est-ce pas passionnant ?

            Lorsque Alice traverse les miroirs pour débarquer en Wonderland, elle ne fait pas mieux : elle a réussi à briser la prison de la matière. C’est ce que vont chercher aujourd’hui les Occidentaux qui se tournent vers les philosophes de l’Inde et du Tibet : la réincarnation est une clé essentielle pour ouvrir les portes de l’Espace et du Temps.

            Nous autres, en Occident, avons jeté cette clé au fond d’un puit… Et nous voilà ainsi privés d’yeux et d’oreilles !

            Notre philosophie est devenue myope, nos dogmes religieux insipides, et les foules occidentales errent à la dérive dans les marécages de la consommation.

 

 



 

Avènement

 

  

  


[1] Le mot réincarnation date de 1875 ; il a été popularisé par les disciples d’Allan Kardec.

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Orphée - dans Esotérisme & Gnose
10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 18:24

Le concept de l’âme sœur

 

 

               « La mort est la fin d’une prison obscure, pour les nobles âmes ; c’est un malaise pour les autres qui ont placé dans la fange toute leur sollicitude. » PETRARQUE, Triomphe de la mort.

 

               Je vous présente un extrait de mes recherches dans le domaine du Paranormal. Voici, des expériences racontées par Patrick Drouot, Physicien français, diplômé de l’Université Columbia de New York, connaisseur de la tradition tibétaine, il suit la voie des Yogis des Himalaya, des tibétains et des chamanes pour nous offrir une perspective d’unification entre la vision scientifique occidentale et la tradition spirituelle orientale. Patrick Drouot est considéré en France comme un grand spécialiste des régressions dans les vies antérieures. Il est l’auteur de best-sellers : « Nous sommes tous immortels », « Des vies antérieures aux vies futures », « Guérison spirituelle et immortalité », « Mémoires d’un voyageur du temps », entre autres.

 

 



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Réincarnation et karma

 

              Le karma, loi de cause à effet, prend une importance considérable dès que l’on aborde les voyages dans le passé. Chacun des problèmes résolus par une régression vient soutenir la thèse de la loi karmique. Chaque expérience montre comment cause et effet s’opèrent, s’interpénètrent, entre passé et présent. Au début de mes recherches, avec d’autres chercheurs américains, nous avons laissé de côté la notion de karma. Mais très vite, nous nous sommes aperçus qu’il était impossible de dissocier cette notion de celle des voyages dans le passé.

              Le karma est le mécanisme qui pousse l’âme dans l’incarnation. Lorsqu’on travaille sur les vies passées, on est forcé de constater que les sujets débouchent souvent sur des existences difficiles et douloureuses. Mais il ne faut pas en déduire que ces existences sont plus nombreuses que les autres. Il y a autant de vies douces que de vies pénibles dans un cycle d’incarnations. Simplement, lorsqu’une personne désire comprendre un problème du présent, elle risque fort d’extraire de sa mémoire, de la somme de ses vies passées, une existence problématique. A l’inverse, une personne qui se demanderait pourquoi elle adore les fleurs risquerait de revivre une existence poétique et fleurie. Le karma n’est ni bon ni mauvais, c’est une loi de totale justice. C’est à travers la compréhension de son propre karma que peu à peu chacun d’entre nous pourra rejoindre sa totalité, son unité. Ainsi, retournerons-nous vers la Source.

 




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              Un homme d’une trentaine d’années vint me consulter pour tenter de comprendre pourquoi, par moments, il était saisi de bouffées de violente colère. Ces crises, qui survenaient deux ou trois fois par semaine, duraient cinq minutes et le laissaient pantois. Le reste du temps, c’était un homme affable, doux, et rien dans son comportement ne laissait prévoir un tel dérèglement émotionnel. Nous entreprîmes donc une série de régressions afin d’essayer de découvrir l’origine de ce trouble. L’homme dégagea de sa mémoire enfouie une vie de moine, pendant l’Inquisition. Au fil des séances, le moine décrivit comment les geôliers faisaient parler les malheureux accusés de sorcellerie. Les descriptions étaient assez pénibles, parfois même presque insoutenables. Mais lorsque je demandai à l’homme du présent ce qu’il ressentait, il répondit : « Je ne comprends pas, je ne ressens rien. Pourtant ce que je fais là est horrible, mais ça ne me touche pas ». Vers l’âge de 60 ans, le moine se retira pour entreprendre une vie méditative. Il commença alors à se poser des questions sur sa vie, ses actes et leur bien-fondé : avait-il le droit, au nom de Jésus-Christ, de torturer ces malheureux et de les envoyer au bûcher ? Douze ans plus tard, à 72 ans, il mourut sans avoir pu évacuer sa culpabilité. Il venait de se fabriquer un karma. Dans sa vie suivante, il vécut dans le corps d’une femme qui pratiquait la sorcellerie et donnait des messes noires. Un jour, elle se fît arrêter et passa devant un tribunal religieux qui la condamna. L’homme du présent revécut le procès, la sentence et le bûcher. Il décrivit le prêtre lui tendant une croix à travers les flammes crépitantes. Tout autour, sur la place, les gens riaient. Il régnait une atmosphère de kermesse. La femme du passé mourut dans d’atroces souffrances, au milieu de cette fête, accumulant une dose incommensurable de colère vis-à-vis de ces gens qui se réjouissaient de son malheur. Les pulsions de colère de l’homme du présent n’étaient donc que la résurgence de ce traumatisme, de cette meurtrissure de l’âme, imprimée dans son être le plus subtil.

              Après ces trois séances, l’homme ressentit une paix extraordinaire, et depuis, ses bouffées de colère n’ont plus jamais réapparu.

              Ce cas est fort intéressant, car il met en lumière la façon dont se construit un karma. Le moine inquisiteur, pris de doute, mourut dans la culpabilité, certain d’avoir envoyé injustement des innocents au bûcher. Karmiquement, son âme choisit ensuite une vie qui lui permette d’équilibrer le poids de ses actes. Mais cette seconde vie l’ayant profondément marqué, il en ressentait encore les effets dans son présent. A travers la connaissance de ce passé, il a réussi à dépasser ce traumatisme : la connaissance a effacé le karma.

 

Les liens karmiques, rendez-vous du temps

 

              Au fil de mes recherches, j’ai constaté qu’il existe parfois des liens, venant du passé, entre des personnes qui se connaissent dans le présent. J’ai récemment fait régresser une jeune femme qui se plaignait d’un manque de communication avec son mari. Malgré l’amour qui, de toute évidence, les unissait, il ne lui manifestait jamais le moindre signe extérieur d’attachement, et elle en souffrait beaucoup. Lors d’une séance, elle révéla qu’ils avaient déjà partagé une vie, au siècle dernier, au cours de laquelle il était encore plus taciturne et renfermé que dans son existence actuelle. Nous en apprîmes plus tard la raison : au cours d’une vie précédente, l’homme avait été torturé à mort. Ce traumatisme s’était transmis à sa vie suivante, le rendant sombre et renfermé. Dans sa vie présente, il subissait toujours une partie de cette blessure, sous la forme d’une réserve glaciale. Détail supplémentaire : l’homme du présent possède des tâches de naissance aux endroits où le fer rouge de jadis a travaillé sa chair.

              En découvrant les causes cachées de leur problème du présent, ces deux êtres se sont retrouvés devant un choix, perpétuer les effets du passé, ou s’élever ensemble au-dessus à force d’amour et de sagesse.

              Voici un autre exemple de couple qui a traversé le temps : une femme d’une quarantaine d’années, mariée depuis vingt ans, éprouvait un tel attachement pour son mari qu’elle ne pouvait le quitter d’un pas sans en éprouver un véritable malaise. Et il en était de même pour lui. Au cours d’une séance, elle extirpa de sa mémoire une vie de femme au Tyrol, au siècle dernier. Elle se promenait dans la campagne, dans la lumière pâlissante d’une fin d’après-midi. Elle songeait à son fiancé, qu’elle devait épouser quelques jours plus tard. Toute à sa joie et à son bonheur, perdue dans sa rêverie, elle ne vit pas le soir tomber. Surprise par le crépuscule, elle décida de couper à travers champs et bois pour arriver chez elle avant la nuit. Elle se mit à courir, courir… Soudain, un faux pas. Elle glissa et tomba dans un trou d’eau. Malgré ses efforts, elle ne put en sortir. Elle cria, appela, sans résultat. Elle mourut dans ce triste piège, et sa dernière pensée fut pour les siens : « Ils vont m’attendre mais ils ne me retrouveront jamais. Ils ne sauront même pas ce que je suis devenue. » Les deux jeunes gens se sont retrouvés dans le présent. Ils se sont mariés et ont eu quatre enfants. Pourtant, la femme du présent a continué à ressentir une angoisse diffuse dès qu’elle s’éloignait de son mari, comme si à chaque fois elle courait à nouveau le risque de le perdre.




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              Il est parfois aussi des farces du passé : des personnes qui se sont connues au cours d’une vie précédente, et ont vécu des relations très difficiles et mouvementées, peuvent aussi parfois se retrouver dans le présent pour travailler ensemble sur les effets de ce passé commun. Ce type de couple aboutit souvent à la séparation. Mais petit à petit, à travers leurs incarnations successives, ils apprendront, s’ils le doivent, à vivre ensemble. C’est pourquoi, lorsqu’un homme et une femme sentent qu’entre eux c’est fini, et que la séparation est la seule réponse à leur problème, ils doivent s’efforcer d’effectuer cette rupture sans drame, sans sentiments négatifs. S’ils ne parviennent pas à surmonter toute cette émotion négative, ils devront repasser par les mêmes épreuves en un autre temps et un autre lieu, jusqu’à ce qu’ils comprennent les leçons du passé.

              Une relation amoureuse implique deux personnes, et il arrive parfois que leurs évolutions ne soient pas synchronisées : l’un peut évoluer dans une vie, alors que l’autre stagnera et changera dans la suivante. Néanmoins un couple peut arriver à l’équilibre si l’un et l’autre essayent de modifier les idées, les pensées, les actions qui les animent dans le sens d’une plus grande compréhension mutuelle.

              Les membres d’une même famille peuvent également s’être connus dans le passé. Les personnes du présent qui s’aiment sincèrement et se sentent très proches ont vraisemblablement été amis, amants, compagnons, camarades, frères ou sœurs, père ou mère, dans le passé. Ils se retrouveront une fois encore dans le présent pour avancer, comprendre, apprendre, évoluer ensemble. Telle est la loi cyclique de la réincarnation.

 

Les régressions spirituelles

 

              Les vies spirituelles constituent un autre aspect des voyages dans le passé. Certaines personnes entendent dérouler le fil de leur passé à partir de leur éveil spirituel du présent. Il arrive alors que ces régressions débouchent sur des vies qui révèlent des aspects perdus de la tradition ésotérique, qu’il s’agisse des grands courants orientaux ou occidentaux. Parmi ces derniers, on trouve surtout les Templiers, les Cathares, les Druides, et plus loin l’Egypte et l’Atlantide. Chez les orientaux, ce sont plutôt les tibétains et les yogis. Bien des livres ont été écrits sur la chevalerie du Temple et l’Ordre des Templiers. D’après ce que l’histoire nous en a appris, l’Ordre fût fondé en 1118 par neuf chevaliers, qui partirent en Terre Sainte, officiellement pour garder les routes et protéger les pèlerins. Mais les spécialistes pensent aujourd’hui que leur but était tout autre. Certains ouvrages émettent à ce sujet des thèses audacieuses, dont je ne puis juger, n’étant pas expert. Certains, comme Louis Charpentier, pensent que les neuf chevaliers partirent à Jérusalem pour retrouver l’Arche d’Alliance, et revinrent en 1128, mission accomplie. L’Ordre du Temple traversa le Moyen Age comme un météore, et fut décimé en 1307 par Philippe le Bel, qui ordonna l’arrestation des Templiers. Le 22e grand maître, Jacques de Molay, mourut sur le bûcher en 1314, avec ses deux derniers compagnons.

              Récemment, j’ai organisé un séminaire de huit jours dans une ancienne commanderie templière, en Périgord. Le dernier jour, je demandai aux participants d’essayer de se projeter, ensemble, au XIIIe siècle, dans ce même lieu, afin de redécouvrir ce qu’était la vie quotidienne de la commanderie à ce moment-là. Chacun se concentra et se projeta. Soudain, des questions étranges traversèrent ma conscience. Suivant mon impulsion, je le posai à haute voix : « Existait-il un enseignement secret au sein de la commanderie ? Les chevaliers se livraient-ils à des occupations occultes ? » Une autre série d’éclairs traversa ma conscience, et de nouvelles questions affluèrent : « Les Templiers avaient-ils des rites secrets ? Avaient-ils des contacts avec des êtres de « l’autre côté » ? »

              Plusieurs participants se mirent à pleurer. Ce n’était pas de l’hystérie, mais des larmes douces, révélant une émotion intense. A la fin de la séance, j’organisai une discussion générale afin que les participants puissent confronter ce qu’ils avaient ramené. Il en ressortit qu’une partie secrète de l’Ordre des Templiers avait connaissance d’être de « l’autre côté » (à défaut d’un terme plus approprié). Ces contacts se faisaient par l’intermédiaire de portes « spatio-temporelles » dont il fallait posséder les clefs. A ma connaissance, historiquement, ce fait n’est mentionné nulle part, bien que les traditions stipulent que cet Ordre comportait une partie exotérique et une partie ésotérique. C’est peut-être là un des aspects ésotériques de l’activité des Templiers.

              D’autres régressions ont mis à jour des éléments inconnus concernant les rites druidiques. La plus grande partie de la tradition druidique semble perdue. Pourtant, certains sujets ont décrit des rites initiatiques druidiques, incluant la pratique du voyage astral. J’ai cru comprendre que ces initiations comportaient une partie « terrestre » et une partie, la dernière, se déroulant sur un autre plan. L’apprenti druide devait donc maîtriser le voyage astral pour continuer son initiation. Les témoignages que j’ai recueillis à ce sujet se recoupent, bien qu’ils émanent de personnes différentes. Un des éléments qui reviennent le plus souvent est l’utilisation du bouclier astral. Il semble que les druides savaient se protéger physiquement contre les agressions extérieures en confectionnant, à l’aide des forces de l’astral, une sorte de bouclier qui peu à peu se refermait autour du druide comme une carapace infranchissable. Dans « La guerre des Gaules », Jules César raconte comment les druides se tenaient immobiles, debout, en pleine bataille, tous habillés de blanc, sans armes, l’air perdu dans une profonde méditation. Les Romains s’étaient d’ailleurs bien rendu compte que, pour détruire le cœur de la Gaule combattante, il fallait d’abord s’attaquer à ses druides, âme de la résistance celte.

              Plus loin encore dans le passé, on trouve des récits sur l’Egypte. Au-delà des descriptions classiques sur les pyramides et la vie égyptienne, j’ai quelques fois assisté à des voyages étranges. Un sujet revécut ainsi une existence de proche du pharaon, et décrivit comment le souverain, en compagnie d’une quinzaine de dignitaires de sa cour, se projetait dans le monde astral. La personne du présent fut elle-même très étonnée par son récit, car elle ne connaissait même pas l’existence du voyage astral. D’après ses dires, cette pratique, telle qu’elle était utilisée en Egypte, était destinée à « élever les vibrations de la Terre Rouge ».

              Albert Slosman émet l’hypothèse que le mot Egypte proviendrait d’une déformation de « AHA-KA-PTAH », qui signifie « le deuxième cœur de Dieu », « AHA-MEN-PTAH » étant « le cœur aîné de Dieu », origine présumée du terme « Atlantide ».

              Voici un des cas les plus intéressants que j’ai rencontré au sujet de l’Egypte. Au cours d’une séance, un homme revécut une vie de prêtre égyptien, d’où il ramena le souvenir du rite de la mort initiatique. Il décrivit son initiation au voyage astral, puis la façon dont il l’enseigna par la suite à ses disciples. Tout cela se passait vers 1780 avant J.-C.

              A la même époque, une jeune femme s’adressa à moi pour effectuer une série de régressions au cours desquelles elle revécut, elle aussi, une vie en Egypte. Ces deux personnes ne se connaissaient pas, mais elles se croisèrent un jour, fortuitement, chez moi. La jeune femme décrivit sa vie dans une crypte souterraine, en compagnie d’un prêtre qui lui enseignait les techniques de sortie hors du corps. Elle exposa dans le détail les exercices respiratoires, puis la sortie proprement dite. Soudain, une sorte de prescience jaillit dans ma conscience, et je demandai à la jeune femme de se concentrer sur le prêtre pour le décrire. Je constatai alors avec stupéfaction qu’elle me décrivait trait pour trait le prêtre que l’homme m’avait décrit quelques jours auparavant. Désireux de confirmer mes déductions, je demandai à la jeune femme du présent si elle connaissait ce prêtre dans son incarnation actuelle. Elle hésita, puis finit par répondre : « Oui ! C’est l’homme que j’ai croisé ici l’autre jour. » Toujours incrédule, je lui demandai en quelle année se passait tout ce qu’elle venait de me raconter. Elle répondit : « peu après 1800 avant J.-C. » !…

 

 



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              Certaines régressions mettent en lumière des concepts extrêmement bizarres, comme en témoigne ce récit : une jeune femme ressentait depuis l’âge de sept ans une gêne au milieu du front, exactement là où la tradition orientale place le troisième œil, siège de la clairvoyance.  Au fil des années, la gêne s’était peu à peu transformée en une véritable douleur, qui résistait curieusement aux soins médicaux. Nous avons donc essayé ensemble d’en découvrir la cause. Et voici, en substance, ce que cette jeune femme raconta :

              « Je suis une femme blonde. Je m’appelle Antinéa et je vis en Egypte, environ 5000 ans avant notre ère. Je me trouve dans une salle ornée de colonnes, assise dans une sorte de fauteuil. Un faisceau sort du centre de mon front. C’est une lumière visible, blanche. Elle émane de moi sans que je fasse le moindre effort, et se dirige vers le sol, sur un homme agenouillé. Le faisceau heurte le sommet de sa tête baissée. Cela me donne un sentiment de puissance, en même temps qu’une gêne physique à l’endroit précis où le rayon s’échappe de mon front. »

              Afin de mieux comprendre ce qui était en train de se produire, je demandai à la jeune femme du présent, ou plutôt à sa conscience supérieure, de se déplacer dans le temps jusqu’à un événement qui nous éclaire sur ce curieux pouvoir.

              « Je me trouve dans une sorte de monastère, raconta-t-elle alors. J’entre à présent dans une pièce où l’on va me transmettre une initiation. Il y a là des êtres, ni hommes, ni femmes, androgynes peut-être. Je me concentre sur l’un d’eux. Il n’a pas de cheveux, ni de barbes. Il n’est pas beau, mais pas effrayant non plus. Il est vêtu d’une sorte de grande robe. Il a trois doigts à chaque main, et sa peau… sa peau est… bleue ! Je suis debout, face à une pyramide de cristal à peu près aussi grande que moi. Il y a sept êtres bleus à mes côtés, autour de cet édifice dont le sommet émet un rayon lumineux qui se dirige vers mon front. A l’instant où le faisceau heurte ma tête, j’ai la sensation qu’il va la faire éclater. Puis cette impression désagréable fait place à un sentiment d’invincibilité. Ces êtres n’appartiennent pas à cette terre. Ils viennent d’ailleurs. J’éprouve pour eux un infini respect. »

              La jeune femme raconta ensuite comment elle utilisait ce don stupéfiant : lors de certaines assemblées, elle projetait le rayon sur l’assistance, et entrait ainsi en contact avec d’autres plans de conscience en compagnie de tous les participants. Une remarque : bien sûr, la femme du passé n’a rien à voir avec « Antinéa », telle qu’elle a été décrite par Pierre Benoît dans son roman « L’Atlantide ». Mais comme nous le verrons dans les chapitres suivants, il arrive relativement souvent que les sujets citent des noms appartenant à la mythologie, au romanesque, en un mot à leur patrimoine culturel. Il semble que certains noms d’un passé trop lointain soient phonétiquement intraduisibles. Le subconscient saisit alors en quelque sorte la vibration du nom, et la transcrit dans une forme compréhensible pour la conscience normale. Une espèce de traduction-adaptation simultanée !

              Ce récit est plus qu’étrange, et suffisamment invérifiable pour éveiller des doutes chez les personnes les moins réticentes. Toutefois, dans les jours qui suivirent cette séance, les douleurs frontales de la jeune femme disparurent. Par la suite, elle se découvrit même un don de médium qu’elle ne se connaissait pas auparavant. Il ne s’agit pas là d’un cas isolé. Bien que ce ne soit pas vraiment courant, j’ai été à maintes reprises confronté à des cas de ce genre, décrivant des contacts avec des êtres non humains. Ici, ces êtres ont trois doigts, dans d’autres récits ils en ont sept, mais mis à part ce genre de détails ces récits se ressemblent curieusement.

              Dans le même ordre d’idée, j’ai aussi eu plusieurs cas de personnes revivant une existence préhistorique au cours de laquelle ils décrivent des scènes curieuses : apparitions de disques de lumière dans le ciel, ou même atterrissage d’engins venus d’ailleurs. A chaque fois, l’être du passé tombe à genoux dans un état de profonde stupéfaction, en disant : « Les Dieux sont là, ils sont revenus. »

              Y aurait-il eu des contacts avec des extraterrestres dès la préhistoire ? Et dans ce cas les thèses d’Erich Von Daniken auraient-elles un fond de vérité ? La question reste posée. Lorsque les sujets remontent plus loin encore dans le passé, ils tombent inévitablement sur la légendaire Atlantide. Cette civilisation disparue a suscité bien des débats et bien des thèses différentes. Dans son livre « Les archives secrètes de l’Atlantide », Jean-Yves Casgha explique : « Chaque fois que l’on vient nous brosser le tableau de la  localisation atlante, la conclusion est toujours la même : le continent disparu ne sert jamais qu’à exciter les imaginations, excitation que nous devons d’abord à Platon, qui, comme chacun le sait, est le type même du joyeux farceur ! La farce doit faire rire beaucoup de monde puisqu’on recense actuellement quelques 20 000 titres consacrés au sujet. »

              Evidemment l’Atlantide, cette civilisation disparue qui aurait existé il y a plusieurs dizaines de milliers d’années au centre de l’Atlantique, a fait couler beaucoup d’encre. L’un des ouvrages les plus intéressants sur le sujet date de la fin du siècle dernier. Il s’intitule « Atlantis » et est signé Ignatius Donelly. L’auteur y évalue systématiquement les écrits de Platon, la mythologie grecque, la Bible, les légendes de Chaldée, l’histoire mondiale, l’archéologie, tous les paramètres qui sont à sa disposition, pour essayer de démontrer l’existence de l’Atlantide. Il détaille ce qu’a pu être la géographie de ce continent, son histoire, sa culture, sa religion, sa destruction, et enfin les influences qui lui survécurent. Un siècle après sa parution, « Atlantis » est encore considéré comme une exploration classique de ce sujet fascinant. Donelly prétend que les Atlantes furent les fondateurs de pratiquement tous nos arts et sciences, les parents de nos croyances fondamentales, les premiers navigateurs, marchands et colonisateurs de notre planète.

              Tant aux USA qu’en France, nombreuses sont les régressions aboutissant à des récits de vie atlante, et toutes se ressemblent sur un grand nombre de points, notamment la splendeur et la puissance incroyable de cette civilisation qui savait utiliser la science du cristal. D’après ces récits, les machines étaient contrôlées par la puissance de l’esprit, et les cristaux servaient entre autres à convertir l’énergie du soleil en une énergie proche de notre électricité. Certaines séances parlent plus précisément de lentilles concaves et convexes, captant les rayons du soleil et stockant l’énergie ainsi transformée en un matériau liquide que d’autres sujets identifièrent par la suite comme étant du cristal liquide. Les Atlantes savaient aussi créer des cristaux géants par la seule force de la pensée, en modifiant la structure moléculaire de la matière. Ils savaient également utiliser les sons et la lumière dans des registres de fréquences imperceptibles à notre plan physique, mais agissant sur le plan du mental. Ils avaient également réussi à mettre au point un principe de vol interstellaire basé sur l’usage de certains cristaux capables de contrôler le transfert d’énergie entre matière et anti-matière.

              Pratiquement toutes les descriptions parlent également d’un gigantesque édifice de cristal, ressemblant soit à une pyramide soit à un temple grec, et appelé Temple de la Connaissance. Les Atlantes y apprenaient à utiliser certaines énergies mentales et psychiques. Les cristaux servaient également à la médecine : certaines combinaisons de lumière, de couleurs et de sons, de magnétisme et de pensée, permettaient aux cristaux de réussir à merveille certains type de guérisons. Les habitants de l’Atlantide utilisaient encore d’autres types de cristaux pour activer les énergies du corps et de l’esprit, et même pour opérer une sorte de chirurgie éthérique sur le corps énergétique des malades. Certains sujets se sont vus en suspension, en lévitation, soutenus par des faisceaux d’énergie, tandis que des êtres travaillaient sur leur corps subtil avec des cristaux. Je pourrais allonger ainsi jusqu’à l’infini la liste des usages que les Atlantes faisaient du cristal, tels qu’ils ressortent de tous les récits de régression en Atlantide. Bien sûr tout cela paraît terriblement fantaisiste et imaginaire, mais je me suis contenté d’exposer ici les témoignages de ceux qui ont revécu une vie à cette époque.

              La légende dit que l’Atlantide, une nuit, s’engouffra dans les flots. Mais il semble, toujours d’après les récits qui me furent rapportés en régression, que les Atlantes et leur civilisation s’effondrèrent à la suite d’une mauvaise utilisation du pouvoir du cristal.

              Ces descriptions au sujet de l’Atlantide sont parfois si étranges que certains chercheurs se sont demandés si l’Atlantide ne se serait pas trouvée sur un plan vibratoire différent du nôtre, un plan plus subtil. Cette vibration aurait fini par s’épaissir jusqu’à se détruire d’elle-même, à la suite d’une mauvaise utilisation par les Atlantes de leurs pouvoirs énergétiques.

              Quoi qu’il en soit, j’ai remarqué que les régressions débouchant sur une vie en Atlantide ont presque toujours le même point de départ : il s’agit en général pour les sujets de rechercher une vie particulièrement spirituelle, voire la vie la plus spirituelle qu’ils aient vécu.

              Voici, à titre d’exemple, le récit d’une régression en Atlantide, particulièrement riche en détails et en description. Je me suis efforcé de conserver les termes exacts employés par le sujet au cours du voyage :

              « Je suis un homme, mince, avec de longs cheveux droits et lisses, gris clair, qui tombent jusqu’au milieu des épaules, et une barbe assez courte. J’ai le nez droit. Mon visage est brillant comme ceux des sages sur les images pieuses. Mes yeux sont très profonds, comme des lacs sombres. Ma peau est blanche, un peu cuivrée. Je porte un genre de robe qui descend jusqu’aux genoux, ceinturée à la taille. Ce vêtement est cousu dans une sorte de coton, doux au toucher. Je porte des sandales et un sac en cuir brun suspendu à mon épaule droite par une corde. A l’intérieur, il y a des pierres, des cristaux. J’en saisis une : c’est un cristal, un quartz blanc taillé comme un diamant. Lorsque je le regarde, je sens comme un doigt qui pousse sur le centre de mon front à l’emplacement du troisième œil. »

              A ce stade de la régression, je demandai au sujet de se déplacer dans le temps jusqu’à un moment où il utilisait cette pierre de manière très précise :

              « Je suis dans une chambre, au cœur d’une pyramide, éclairée par la lumière qui semble émaner de certains cristaux. Le sol est comme du sable, souple, un peu mouvant. A la réflexion ce n’est pas une chambre, c’est plutôt une espèce de grotte, une crypte. Les murs sont concaves et couverts d’aspérités. Je suis seul ici. Il n’y a aucune lumière en provenance du dehors. Seuls les cristaux jettent une lumière pulsante. Surtout un grand cristal posé dans un coin qui émet une lumière verdâtre, mouvante comme de la fumée de cigarette, très apaisante, merveilleuse. Je suis assis en tailleur à même le sol. Je suis en train de charger un cristal que je tiens entre les mains. La lumière qui provient du grand minéral traverse mon corps et opère une sorte de mutation alchimique au plus profond de moi. Je sens de nombreux courants d’énergie circuler autour de mon corps. Ce bain vibratoire émane du grand cristal lumineux. Il semble que je prenne les énergies de ce cristal pour charger celui, plus petit, que je tiens entre mes mains. Curieusement, ce n’est pas seulement une pierre que je tiens ainsi, c’est quelque chose de vivant. Je ressens de l’amour pour ce minéral comme s’il s’agissait d’un animal ou d’un végétal. En même temps, je sens l’amour qui se dégage du cristal comme je pourrais sentir l’amour émaner d’un animal domestique. Ce sentiment prend une intensité physique particulière au centre de ma poitrine. Il s’établit un lien extrêmement puissant et profond entre ce cristal et moi. Peu à peu, le petit minéral mort prend vie entre mes mains. Oui… il commence à vivre ! »

              Désireux de poursuivre cette régression particulièrement riche, je demandai au sujet de se déplacer à nouveau dans le temps jusqu’à un autre événement :

              « Je vois un temple blanc. Une volée de marches mène à la grande porte. Je monte et entre. A l’intérieur une vingtaine de personnes allongées par terre. Ils ont entre 15 et 20 ans. Je suis là pour leur transmettre un enseignement à l’aide du pouvoir du cristal. C’est très difficile à décrire car il n’y a pas de mots pour rendre compte de ce processus. Je vais tout de même essayer : je suis assis en tailleur, la colonne vertébrale très droite. Le cristal est posé à même le sol, à une trentaine de centimètres de moi. Il extrait la connaissance de diverses parties de moi-même, principalement de ma conscience supérieure, et la transmet directement à la conscience supérieure des élèves allongés devant moi. Ces étudiants sont silencieux, comme s’ils étaient plongés dans un état altéré de conscience. Ils sont très beaux. Je sens leurs énergies vitales. Ils sont en équilibre avec eux-mêmes. Nous ne sommes pas dans le monde astral mais bien dans le monde physique. Nous sommes en Atlantide. L’atmosphère qui règne ici est… merveilleuse, je ne trouve pas d’autre mot. Il semble que nous ne soyons qu’une seule âme, un seul être, une seule « chose ». Nous provenons tous de la même source. L’enseignement circule de moi vers eux sous forme d’idéogrammes, de concepts. Une fois encore ce n’est pas facile à expliquer, mais je vais vous donner un exemple : lorsqu’on respire le parfum d’une rose, les yeux fermés, on ne voit pas la fleur mais on sent sa présence, son existence. C’est un peu comme si je ne leur transmettais que la « senteur » de l’enseignement. Et à partir de ce parfum, ils savent retrouver tout l’enseignement. Ils apprennent à se mettre en contact avec leur conscience supérieure, ainsi qu’avec d’autres plans de conscience, à travers une vibration d’amour inconditionnel. Ils sont la source comme je le suis moi-même, la source dont tout provient.

              « Maintenant l’enseignement est terminé. Les étudiants se rassoient. Ils ressentent toutes les vibrations qui les entourent et ils semblent profondément heureux. Je m’approche d’eux et je le parle, mais je n’utilise pas la parole. C’est un mode de communication trop lourd et trop limité, qui recouvre un champ de compréhension trop restreint. Je leur parle dans une sorte de communication d’esprit à esprit, comme un transfert de vibration. Comme si les vibrations d’un mot étaient imprimées directement dans leur conscience. »

              La régression se termine par une description de l’habitation de l’être du passé : « Nous habitons des maisons de forme pyramidale. Je me trouve chez moi. Dans un coin de la pièce, un cristal est posé qui émet des formes mouvantes, des rayons de lumière pulsée dans des couleurs superbes que je ne connais pas. Je possède beaucoup d’autres cristaux, certains pour la méditation, d’autres pour la guérison. Celui que j’utilise en ce moment me permet de quitter l’enveloppe humide de mon corps. Je suis allongé par terre, le cristal est posé juste derrière ma tête, sur une espèce de plate-forme. Je dois observer une technique de respiration particulière (le sujet, sur le divan, commence à respirer profondément). Lorsque j’inspire, j’emmagasine une énergie vitale qui se trouve dans l’atmosphère et je la concentre dans le bas de ma colonne vertébrale, là où se situe le pouvoir du Serpent. Puis je la fais monter le long de ma colonne vertébrale, en même temps que je commence à recevoir le pouvoir du cristal qui s’est mis à irradier. Je viens juste de quitter mon corps physique, je m’envole vers le soleil. Je n’ai plus de corps, pas même de corps subtil. C’est mon essence spirituelle qui s’envole.

              « Nous semblons avoir besoin de sortir de temps en temps de notre corps, de manière à réénergiser certaines autres parties de notre être. Ce soleil paraît irradier des énergies particulières dont nous avons besoin, mais qui n’agissent pas sur notre corps physique, seulement sur notre « essence ». C’est comme un processus de nettoyage, de purification.

              « Encore une fois, c’est très difficile à exprimer avec des mots. Je viens de réaliser que mon corps est composé de plusieurs parties : corps physique, enveloppes subtiles, corps non manifestés, âme, essence spirituelle. Il y a bien sûr des expériences que nous ne pouvons pas vivre, dans la dimension manifestée, sans corps physique, et cette forme d’expérience est indispensable bien qu’il en existe d’autres, plus importantes. Si nous ne prenons pas suffisamment soin de cette enveloppe charnelle, elle risque de nous retenir dans la dimension manifestée au-delà du temps qui nous est nécessaire. Pour parvenir à quitter le corps physique au moment voulu, il faut l’entretenir, et le cristal sert aussi à ça. Nous devons en particulier faire bien attention à ce que les différentes parties de notre être interagissent entre elles de façon harmonieuse, faute de quoi nous perdrions la communion avec nous-mêmes. Et justement, à l’époque où je vis, en Atlantide, certains êtres semblent avoir perdu la faculté de quitter leur corps. C’est comme une forme de maladie, une épidémie qui commence à se répandre et qui nous trouble beaucoup. C’est le signe d’un recul dans notre évolution par la perte d’une faculté naturelle. Ces êtres développent des sentiments étranges que nous ne connaissons pas, comme l’envie ou la jalousie. C’est comme si une partie d’eux-mêmes était plongée dans l’ombre. Nous ne comprenons pas ce qui se passe. C’est peut-être une transformation que nous n’avions pas prévue.

              « Nous vivons une centaine d’années terrestres, peut-être un peu plus, mais le temps n’a pas de réelle importance pour nous. Nous savons qu’avant et après cette vie il y a « autre chose ». Personnellement, je sais quand je quitterai mon corps physique, et lorsque cette heure sera venue, je n’aurai qu’à me défaire de mon enveloppe terrestre, tout simplement, comme on laisse une écorce, et la vie continuera ailleurs. »

              Dans cette description, particulièrement foisonnante, on retrouve un certain nombre de phénomènes caractéristiques des récits de régressions en Atlantide : les énergies du cristal, les descriptions de l’environnement, et la possibilité de quitter son corps à volonté. Il semble que ce récit se situe pendant la période qui amena le déclin de cette civilisation tant controversée.

 

Les light-beings

 

              Lorsqu’on remonte dans le passé, au-delà des civilisations disparues, on tombe parfois sur des cas tellement ahurissants qu’ils laissent songeurs tous les chercheurs qui travaillent sur les vies passées. Les Américains ont classé ces cas extrêmement curieux sous le terme de « light-beings », ce qui signifie en français « être-lumière ». Dans ces voyages, les participants se décrivent sans corps. Ils ne sont qu’une forme d’énergie. Ces séances sont particulièrement fatigantes et longues, car les sujets se placent d’eux-mêmes dans un état très profond avant de se livrer à ces étranges récits. Voici en bref résumé les éléments principaux qui se dégagent de ces voyages : quelque part entre 10.000 et 50.000 ans avant notre ère, la terre fut visitée par des habitants, venus soit d’une autre planète, soit d’un autre plan vibratoire. Les descriptions parlent d’une forme d’énergies tourbillonnante, néanmoins forme de vie, ou de consciences vivantes. Ces êtres n’ont pas besoin de se manifester dans le monde physique. D’ailleurs, s’ils le faisaient, ce seraient pour eux une forme de régression, car ils s’abaisseraient à une forme de vie inférieure.

 




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             De nombreux sujets racontent qu’en tant qu’être-lumière, ils durent passer devant une espèce de conseil, qui les condamna à l’exil, au bannissement. C’est ainsi qu’ils se sont retrouvés en des lieux tels que la terre, sous la forme d’êtres physiques. Pour cela, ils ont abaissé leur fréquence vibratoire. Dans leur vie présente, ces sujets ont souvent la sensation qu’une partie d’eux-mêmes désire retourner à une forme non physique, malgré tout ce qu’ils ont pu trouver d’agréables à la vie physique. D’autres encore se présentent comme des semences, et précisent que beaucoup d’entre nous proviennent de la même source. Les entités supérieures bloqueraient en nous le souvenir de cette provenance, car cet héritage serait trop lourd à porter.

              Quel est le sens de ces récits ? La terre est-elle simplement une école ? Est-ce là une forme d’engineering génétique ? Certains penseront certainement que ces sujets ont tous été victimes d’une hallucination similaire, mais personnellement, je trouve cette explication un peu trop aisée. Peut-être nous, humains, nous dirigeons-nous vers une transcendance, vers une forme non physique ? Pour l’instant, nul n’en sait rien. Les entités supérieures qui se cachent dans les replis du temps, derrière ces êtres-lumière, sont restées intouchables.

 

Avant le big bang

 

              Désireux de poursuivre la recherche dans le sens de ces témoignages qui ne cessaient de m’intriguer, j’ai tenté de projeter expérimentalement de sujets jusqu’à l’origine des temps, lorsque l’univers physique n’existait pas. Certains sujets racontent alors qu’ils ne sont qu’une âme, qu’ils sont UN avec tout ce qui les entoure, dans un état de parfaite béatitude.

              Lorsqu’ils avancent ensuite jusqu’à la création, ils parlent d’une énergie qui se solidifie, ou d’une gigantesque aspiration vers le bas. A l’inverse, lorsqu’ils reculent plus loin encore dans le passé, ils se retrouvent parfois dans un autre univers, à la fois semblable et différent. Ceci me rappelle curieusement une théorie émise par certains astrophysiciens, selon laquelle notre univers, après sa phase d’expansion, entrera en contraction, puis arrivera peu à peu à sa phase finale dans environ trente milliards d’années. Il n’y aurait plus alors qu’un trou noir, à partir duquel un autre univers entrerait en formation, avec d’autres galaxies, d’autres planètes, et d’autres civilisations pensantes. Viendrons-nous, nous aussi, d’un trou noir qui nous aurait précédé, signifiant la fin d’un autre univers ? Les Hindous racontent que le souffle de Brahmâ équivaut, symboliquement bien sûr, à quatre milliards trois cent vingt millions d’années. Vivons-nous dans l’un des souffles de Brahmâ ?…

              Evidemment, nous sommes là dans un domaine extrêmement mouvant, invérifiable, où les hypothèses les plus folles peuvent être admises ou rejetées avec la même facilité, selon que l’on adhère à tel ou tel système de pensée. C’est pourquoi il est difficile, honnêtement, d’en tirer des conclusions. Toutefois ces récits demeurent très intéressants car ils recèlent une quantité d’informations qui ne demandent qu’à être étudiées.

 


L’Amour éternel

 

 

               « Si tant est que l’âme immortelle se perpétue éternellement à travers l’infini du temps… restera-t-elle à jamais attachée à ce point de l’espace qu’est notre terre ? Ne prendra-t-elle jamais part à une contemplation plus profonde des autres merveilles de la création ? Qui sait si son dessein n’est pas de se rapprocher un jour de ces globes lointains du système cosmique… qui suscitent déjà notre curiosité en dépit de leur éloignement ? » Emmanuel Kant, Histoire universelle de la nature et théorie du ciel.




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L’Amour foudre – Shirley MacLaine (1988)

 

               Dialogue entre Shirley MacLaine et une entité désincarnée guide spirituel surnommé Jean.

 

               -Vous allez découvrir ceci, reprit Jean : Pour comprendre la nature de l’âme qui est en vous aujourd’hui, il vous faudra posséder une bonne connaissance des civilisations passées que vous avez connues.

               - Ah bon ? fis-je naïvement.

               Je me sentais un peu ridicule, déroutée.

               - Vous avez été incarnée plusieurs fois, poursuivit Jean, au cours de la civilisation la plus sérieusement évoluée qu’ait jamais connue l’homme. Cette période a duré cinq mille ans. La Bible la décrit sous le nom symbolique de Jardin d’Eden. Je voudrais vous rendre intelligible un concept extrêmement important : le degré d’accomplissement de toute civilisation se mesure à son évolution spirituelle. Les progrès technologiques ont aussi leur importance, mais s’ils doivent retarder, freiner ou empêcher l’élévation spirituelle, ils portent en germe leur propre destruction. Votre civilisation actuelle en témoigne : son entendement spirituel stagne bien loin derrière son savoir technologique. Résultat : vous vous enfoncez dans une ère de folie, de dépression, de confusion dans vos desseins. Quand vous ne sombrez pas dans l’iniquité et la détresse absolues.

 


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- Mais alors, qu’est-ce qu’on peut espérer ? Demandai-je. Si on régresse au lieu de progresser, pourquoi est-ce qu’on vit ?

               - Importante et judicieuse question. Elle nous ramène, une fois de plus, au karma. Si vous voulez comprendre votre nature divine, et votre association avec Dieu, il vous faut découvrir votre identité fondamentale, et reconnaître la puissance de votre libre arbitre.

               - Pardonnez-moi, dis-je, mais quelle place est-ce que vous faites à la religion ?

               - Les religions terrestres réfuteraient bien des points de mon discours. Elles enseignent la soumission aux dogmes, et non la spiritualité. La plupart du temps, elles n’ont fait qu’exploiter l’homme. Vos religions sont fondées sur d’excellents principes. Mais elles se gardent bien d’enseigner que chaque individu est, par nature, créateur et maître de sa propre destinée. Elles prétendent que c’est Dieu seul qu’échoit cette prérogative. Or, tout individu est le partenaire de Dieu en création. Mais vos religions préfèrent exercer leur contrôle sur le genre humain plutôt que de l’inciter à forger lui-même sa destinée, en apprenant à se connaître, à connaître son passé, et à découvrir sa raison d’être, dans le présent autant que dans l’avenir.

               - Donc, fis-je d’une voix anxieuse et un peu assourdie, j’aurais vécu dans une civilisation ancienne ?

               - Plusieurs fois, confirma Jean. Deux fois en qualité d’homme, et une fois en qualité de femme.

               Je m’efforçai de garder mon calme. Un des postulats les plus subtils de la réincarnation me revint à l’esprit :

               - Dans nos vies passées, nous avons tous reçu les attributs des deux sexes, n’est-ce pas ? C’est pour apprendre à mieux nous accorder avec le sexe opposé ?

               - Comme tel. Comment le genre humain pourrait-il comprendre sa nature et ses identités multiples, s’il n’avait vécu des expériences physiques diversifiées ?

               Je me penchai en avant.

               - Il y aurait donc une explication physique à l’homosexualité ? demandai-je. Une âme qui a mal vécu le passage d’un corps femelle à un corps male, par exemple, peut avoir conservé de sa précédente incarnation des séquelles émotives qui lui font éprouver des attirances spécifiquement féminines ?

               - Comme tel. Ces êtres avec leurs prédilections sexuelles nous aident à mieux comprendre que nous sommes tous fondamentalement identiques. Vérité essentielle. Car nos âmes sont androgynes par essence, si vous préférez.

               - Androgynes ?

               - Oui. A un certain degré de spiritualité, on ne connaît plus de différences : des éléments des deux sexes sont associés et leurs polarités s’annulent en une personnalité. Vos anciens prophètes, certains personnages bibliques ou non, tels que Jésus, Bouddha et d’autres, en sont des exemples ; il ne leur était pas nécessaire de se vouer au célibat et à l’abstinence : leurs fréquences vibratoires s’équilibraient parfaitement. Leur yin et leur yang se trouvaient en si parfaite harmonie que la sexualité ne présentait aucun attrait pour eux, puisque toute discorde, et donc toute tension, leur était étrangère. Ils n’avaient pas besoin de sublimer ou de réprimer des pulsions. A leur niveau d’accomplissement spirituel, la sexualité n’exerçait aucune séduction sur eux.

               - Je ne suis pas sur d’être prête à suivre leur exemple ! dis-je.

               Jean, l’entité, fit une pause. Puis :

               - Nous ne préconisons pas l’abstinence sexuelle, reprit-il. Loin de là. Telle que les humains la conçoivent, la sexualité peut mener à Dieu, à condition qu’elle réjouisse autant l’esprit que le corps.

               - Pardonnez-moi, dis-je, mais est-ce qu’on ne s’éloigne pas du sujet ?

               - Si, mais la sexualité est un sujet fascinant, même pour moi (Jean l’entité désincarnée).

               Son commentaire me fit rire.

               - Et vous ? demandai-je. Qui etes-vous ? Avez-vous résidé aussi dans une enveloppe physique ?

               - Certes. Et je me suis incarné plusieurs fois, tant sous les attributs du male que sous ceux de la femelle. C’est depuis peu que j’existe sous forme astrale.

               Tout ça m’intriguait fichtrement. Mais je choisis d’en apprendre davantage sur moi-même.

               - Ah, oui ? Et qui j’étais, moi, dans mes vies antérieures ?

               - D’après les Tables Akashiques, vous étiez incarnée avec une âme jumelle.

               - Ah ? Qu’est-ce que vous entendez exactement par âme jumelle ?

               - Cette question appelle des explications plus complètes, que j’essaierai de vous fournir plus tard. Pour le moment, je me contenterai de vous expliquer ce que sont les âmes sœurs.

               - Les âmes sœurs ?

               J’avais plus d’une fois entendu cette expression. Ne désignait-elle pas deux personnes prétendant avoir trouvé l’une en l’autre la moitié d’elle-même ?

               - Les âmes sœurs ont été créées l’une pour l’autre au commencement des temps, continua Jean : au moment de l’Explosion Initiale (Big Bang ou même avant ?!) comme vous dites aujourd’hui. Elles vibrent à des fréquences électromagnétiques rigoureusement semblables, car chaque d’elles est l’exacte réplique de l’autre. On rencontre couramment des âmes jumelles, qui ont fait l’expérience de plusieurs vies communes, sous une forme ou sous une autre. Tandis que les âmes sœurs, elles, ont été créées à l’aube des temps, par couples indissociables : elles s’appartiennent l’une l’autre… Vous voyez pourquoi la théorie de l’Explosion Initiale est sans doute plus complexe que vous ne l’imaginez… Plus complexes et plus romantique. 



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Orphée - dans Esotérisme & Gnose