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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 17:14

L’Archange Michaël

 

Le gardien des secrets de Dieu

 

De tout temps, les Anciens ont parlé d’une grande intelligence cachée dans le feu et qui agissait plus particulièrement à l’équinoxe d’automne. C’est pourquoi les Druides et bien d’autres traditions ont toujours gardé cette coutume d’allumer un feu consacré à Dieu à cette époque de l’année. Cette Intelligence supérieure a été appelée Michaël dans la tradition judéo-chrétienne. Il est celui qui montre à l’homme sa véritable nature, faisant naître en lui le feu des questions existentielles pour le conduire vers l’essentiel en lui et en tout.

 

 

 Archange-MICHEL



Retrouvez le Divin grâce aux Archanges

 

Tu peux trouver la félicité, l’épanouissement intérieur dans le fait de te promener dans une forêt, de prendre ton petit déjeuner, de préparer le repas pour quelqu’un que tu aimes et de le partager avec lui, de discuter avec des amis un soir d’été sur une terrasse en buvant une tisane, de regarder des enfants jouer dans un champ, d’assister au lever du soleil, d’indiquer le chemin à un inconnu dans la rue ou de dire bonjour à la boulangère avec un sourire amical… Si tu passes inconscient à côté de tout cela, tu passes à côté de la vie. Par contre, si tu peux vivre tout cela naturellement, sans aucune arrière pensée, sans intérêt ni calcul, tu es tout proche de l’Archange Michaël et de son Ecole des Mystères. Sache que tout cela n’est pas encore la vie véritable, ce n’est que le prélude. Vivre avec Dieu, c’est le bonheur. Etre en sa compagnie en tout, c’est le chemin de la joie.

 

L’Archange Michaël te permet de le voir là où il est pour toi. L’Archange Gabriel te permet de le sentir avec ton âme dans toutes les relations. L’Archange Raphaël te permet de créer des bases solides et d’unir les deux mondes dans une communion intime. L’Archange Ouriel te permet de vivre avec Dieu dans tous tes centres en activité, il donne à l’homme un corps de Dieu, un corps dans lequel Dieu peut vivre.

 



Image131                  Mist angel1


Alors l’homme comprend que la vie n’est pas tout ce que le dragon (l’expression « dragon » désigne dans la tradition ésotérique toutes les forces sombres qui ne veulent pas que l’homme prenne conscience de son pouvoir créateur de lumière) lui présentait et il entre dans une autre vie, une vie où il n’est plus un orphelin et un étranger, mais où il a un Père, une Mère et une famille dans la lumière et l’amour. Alors la fleur, l’oiseau, la pierre, le ruisseau, le papillon deviennent les porteurs d’un monde plus grand qui vit en l’homme, mais aussi à l’extérieur de l’homme et qui font partie de la grande famille divine. L’homme peut alors contempler une fleur avec respect, simplement pour s’émerveiller de la beauté de cet être et vouloir à son tour se faire beau pour réjouir les autres. Il peut écouter le chant d’un oiseau et ensuite chanter à son tour pour le monde.

 

Un homme peut percevoir la beauté dans une fleur, la présence du soleil, mais si le feu et la lumière des Archanges s’activent de plus en plus en lui, il comprendra des secrets que rien ne peut véritablement expliquer.

 

Hermès-Thot, le Trismégiste, avait simplement dit cette parole des mystères : « Tout est dans tout ».

 

Les mystères de l’automne

 

Dans l’enseignement de l’Ecole Essénienne contemporaine, il est demandé à l’élève d’apprendre à observer, et de devenir conscient de tout ce qui se passe en lui et autour de lui dans ses rapports avec la nature vivante et les autres. Il doit éveiller le sens pratique, c’est-à-dire tendre vers des relations justes et harmonieuses dans le concret, mais il doit aussi entrer dans une subtilité de plus en plus divine. Ainsi, à la période de la célébration de l’Archange Michaël, alors que l’automne approche, il peut sentir une force de dépérissement de soleil couchant. Les feuilles jaunissent, les insectes disparaissent et l’homme entre dans une nostalgie qui évoque en soi les grandes questions sur le sens de la vie et sur les mystères de la mort. Il peut entrer dans le feu des grandes questions de la remise en question. C’est la période où l’ivraie est séparée du bon grain.

 



feu-sacre 

 

 

Beaucoup d’hommes refoulent cet examen de conscience dans leur inconscient et refusent de regarder l’Archange dans les yeux. Mais ce n’est pas l’homme qui est dans la crainte, c’est plutôt le dragon en lui. C’est pourquoi, celui qui a décidé d’être l’élève de l’Archange doit se préparer afin d’affronter l’angoisse de l’obscurité en lui. Il doit regarder sa peur en face et chercher d’où elle vient. C’est ainsi qu’il comprendra qu’à l’image de la parole du Christ, son royaume n’est  pas de ce monde, qu’il n’est pas le corps physique et que s’il s’identifie au corps, alors la peur viendra le visiter pour le réveiller et lui montrer qu’il fait fausse route.

 

C’est l’Archange Michaël, l’Ami des hommes, qui se tient derrière l’angoisse et qui vient pour délivrer l’âme de son illusion. Il dit : « Homme, éveille-toi ! Tu viens du pays de la lumière, ta véritable patrie, et tu y retournes. Ne laisse pas les ombres de la nuit, les apparences éphémères et périssables ravir la belle lumière de ton âme ».

 

La fête des hommes éveillés

 

La célébration du feu de l’Archange Michaël est appelée à prendre une importance croissante dans le futur de l’humanité et de la terre. C’est la fête des hommes éveillés qui s’engagent consciemment dans le service du feu et de la lumière intérieure.

 

L’Archange Michaël n’est pas uniquement le gardien de ce qui est divin et authentique dans l’homme, il est aussi celui qui éveille le juste discernement, qui possède la capacité de délivrer l’homme intérieur de l’emprise du dragon et qui sépare le faux du vrai. Il conduit l’homme dans l’individualisation de la lumière et il le pousse à devenir un créateur ardent. Il est le Père du feu sacré, divin. Que tu sois devant le soleil, devant la flamme d’un bougie, devant le ciel étoilé, ou devant l’œil rayonnant d’un enfant joyeux, tu peux découvrir la présence de l’Archange. Il te faut développer cette qualité de discerner entre ce qui est véritable, éternel, parfait et ce qui est périssable, en devenir, passager.

 

Il y a en toi un feu qui ne s’éteint jamais. Même lorsque tu dors, il est présent et éveillé. Il ne peut mourir car il n’est pas réellement né dans le monde des hommes. Ce feu est à l’intérieur de toi, il est toi, ton essence intime, ton être profond, mais il est aussi à l’extérieur de toi, c’est le Divin dans tous les êtres. Rencontrer ce feu en soi, c’est s’approcher de l’Archange Michaël. Bien sûr, il faut être préparé car c’est une expérience qui peut être difficile. Lorsque cette flamme s’allume dans la conscience et la sensibilité, alors tu deviens créateur, d’abord sur toi-même, sur ta nature mortelle, et ensuite sur le monde extérieur, sur ta destinée.

 

Participer au feu de la Saint Michaël, c’est affirmer sa volonté d’allumer la flamme divine en soi et d’éveiller sa conscience dans la lumière intérieure. C’est aussi proclamer sa volonté de protéger l’enseignement divin, la sagesse de la terre et de l’humanité. Car la sagesse est innée dans l’homme et aussi dans la terre.

 

Le Père du feu est le gardien de la liberté dans l’homme et aussi de l’esprit d’initiative. Il protège l’image de l’homme véritable, de l’homme voulu par Dieu que le dragon veut dénaturer. Il protège également toutes les vertus comme la bonté, l’amour, l’engagement…

 

Le grand secret des vertus

 

Ces vertus constituent la parole de Dieu donnée à l’homme, son enseignement. L’enseignement de Dieu n’est rien d’autre que des vertus en action, vivantes et agissantes. C’est en communiant avec ces vertus que l’homme entre en contact avec les anges et étudie réellement la parole du Père. Cette parole n’est pas dans les livres morts et les dogmes pétrifiés, mais dans la respiration des vertus vivantes. L’Archange Michaël est le gardien de la fidélité de Dieu. Il aime ce qui est vrai, juste, droit, authentique. Il se tient à la porte du royaume de Dieu et il empêche le dragon et tout ce qui n’est pas divin d’entrer. Seul le feu peut rencontrer le feu. Le royaume de Dieu est le lieu de la perfection, du bonheur, de la plénitude, de la félicité ineffable.




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La joie et le bonheur sont des guides lumineux de l’humanité. Mais pour celui qui ne parvient pas à les suivre, qui ne comprend pas leurs lois et leur enseignement, ils peuvent devenir un tourment, un enfer.

 

L’Archange Michaël est un feu qui consume tout ce qu’il ne peut sublimer. Si tu vas jusqu’au bout de la question du bonheur, tu ne pourras faire autrement que de rencontrer le feu de l’Archange et ceux qui le célèbrent dans la joie et l’amitié. Le bonheur a ses lois, c’est un art, une science et il ne faut pas hésiter à mettre toutes les chances de son côté.

 

Le bonheur appartient au monde du feu et pour s’en approcher d’une façon juste il faut s’intéresser aux petites choses, aux petits événements de la vie quotidienne tout en développant cette conscience magique : derrière chaque petite chose insignifiante en apparence se tient le grand, l’universel. Ainsi une petite parole, un petit geste peut cacher une semence d’un grand bonheur ou d’un grand malheur. De même pour une pensée, une attitude, une façon de voir…

 

La vie est tissée par ces événements apparemment insignifiants et c’est justement en eux que réside le moteur de la vie. C’est à travers eux que se dessine le but, l’orientation, la rencontre avec soi-même au bout du chemin. Est-ce un Diable ? Est-ce un Dieu ? C’est la question que pose l’Archange à tous ceux qui se présentent devant son feu d’amour et de fidélité au Père éternel.

 

L’Archange Michaël est l’œil qui emplit le corps et la vie de la lumière et de la présence du Père.

 

Les enfants de la lumière

 

Le Christ ne peut venir dans ce monde et s’y manifester que si les Enfants de la Lumière l’accueillent avec conscience, maîtrise et puissance. Ceux qui aspirent à rencontrer l’Archange Michaël doivent être déterminés dans leur volonté à œuvrer pour la lumière. Il ne s’agit pas uniquement de trouver la perfection en soi, il faut aussi vouloir agir concrètement pour la réaliser à l’extérieur de soi, à travers une Ecole. C’est la clé. Ce n’est pas en étant seul que l’on peut y parvenir, mais c’est en s’unissant dans l’amour, la sagesse et l’être véritable éternel avec tous les êtres qui aspirent à œuvrer dans un idéal supérieur.

 



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L’homme est semblable à une pierre : seul, il ne peut construire le temple du Très-Haut. L’Archange Michaël aspire à construire ce temple et c’est pourquoi il veut s’associer avec l’homme afin que la pierre devienne vivante et porteuse d’intelligence. Celui qui aspire à aider le Christ sur la terre et à construire sa cathédrale de lumière dans l’humanité doit avant tout travailler sur sa propre pierre. Il doit s’associer avec ceux qui constituent sur la terre l’Ecole de Dieu et présenter sa pierre à l’Archange Michaël.

 

Ceux qui dans le passé ont bâti les cathédrales et les temples de pierre sont maintenant revenus pour élever la grande cathédrale humaine entre tous les êtres, les peuples, les races, les cultures, les religions… Si nous croyons au Christ, à tout ce qui est beau et divin dans la vie, nous devons trouver le moyen d’offrir notre contribution à l’élaboration du temple de la lumière. Déjà en s’unissant concrètement au travail d’une Ecole initiatique, on contribue efficacement à la venue de tout ce qui est beau et pur sur la terre.

 

L’Archange Michaël et le don de la sagesse

 

L’Archange Michaël cherche à éveiller le feu et la lumière divine dans l’homme. Celui qui s’associe avec lui acquiert la capacité de percevoir en chaque expérience qu’il fait ou qu’un autre fait la présence du feu. Est-ce un feu de colère, un feu d’illusion, ou un feu pur, une flamme de vie et de Dieu ? Ensuite, à travers ce feu, il fait apparaître la lumière, la sagesse, la connaissance sacrée. Ainsi chaque expérience devient une source de sagesse qui ouvre le regard. Même l’expérience d’un autre devient une nourriture pour la lumière intérieure en soi. C’est un enrichissement permanent de la lumière divine en soi. L’homme uni à l’Archange est celui qui voit les choses avec l’œil de la lumière et qui sait extraire de chaque événement une sagesse divine. L’Archange Michaël est l’aigle au regard perçant qui voit l’ennemi ou l’ami de loin car tous ses centres sont éveillés dans la subtilité et son regard est ouvert à 360°.

 



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Orphée - dans Esotérisme & Gnose
9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 11:33

Kalki

 

L’invincible

 

   



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« Tu ne dois pas trembler ; il n’est pas de plus grand bien pour le Kshatriya qu’une juste bataille. Quand une telle bataille vient comme la porte ouverte des cieux, heureux alors sont les Ksathriyas » Bhagavad-Gîta.

 

« Quand les pratiques enseignées par les Védas et les instituts de la loi, auront presque cessées, et la fin de l’âge de Kali sera présente, une partie de cet être divin qui existe de sa propre nature spirituelle, dans le caractère de Brahmâ, qui est le commencement et la fin, et qui comprend toutes les choses descendra sur la Terre. Par sa force irrésistible, il détruira tous les barbares et voleurs, et tous les esprits consacrés à l’iniquité. Il rétablira alors la justice sur la Terre ; et les Hommes seront réveillés, l’âme limpide comme du cristal. » Vishnu Purana 4,24.

 

Dans  l’Hindouisme, un avatâra est l’incarnation, ou manifestation, d’un dieu, très souvent de Vishnu. Cette doctrine est apparue la première fois dans le Bhagavad Gîta ; Krishna est une des incarnations les plus connues du dieu qui en a déjà assumé neuf, (le neuvième fut Siddhârta Gautama, le Bouddha historique). Le dixième, s’incarnera sous le nom de Kalki pour rétablir l’âge d’or clôturant le Kali Yuga (Age de fer pour les Hindous).

 

Définition des « Yugas »

 

Les Yugas ou âges sont au nombre de quatre. C’est une notion de temps cyclique prévalant dans la culture indienne, l’unité temporelle. Quatre yugas existent comme nous l’explique Marie Louis Von Franz et forment un tout appelé mahayuga. Quatre signifie ici la totalité, l’accomplissement. A l’intérieur de chaque cycle, le premier des yugas constitue un âge d’or et les suivants subissent une détérioration jusqu’au moment de la grande dissolution. Le cycle alors reprend. Pour vous donner une idée de leurs durées, sachez qu’un mahayuga correspond au plutôt comporte 12000 années des dieux dont chacune est égale à 360 de nos années normales soit 4320000 ans. Des milliers de mahayugas forment une calpa ou un jour dans la vie de Brahmâ, la principale divinité du panthéon Hindouiste.



 

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Le premier des Yugas se nomme Krita Yuga, l’âge d’or. Equivalant à notre Jardin d’Eden. Ensuite s’annonce le Treta Yuga ou la vertu se mit à chanceler, puis le Dvâpara Yuga qui vit se dérouler le Mahâbhârata et le Râmâyana (combats et geste guerrière de la Mythologie Indienne). Et enfin, le Kali Yuga marqué par l’ignorance et le vice (notre époque ?). Il faut aussi savoir que la société hindoue Traditionnelle est séparée en 4 castes : Brahmanes : lettrés, prêtres (sortis de la bouche de Brahmâ). Nos Oratores du Moyen-Age. Kshatriyas : guerriers (sortis des bras). Nos Bellatores ceux qui se battent. Vaisyas : commerçants (des cuisses). Sudras : artisans (sortis de ses pieds). Ces deux castes peuvent s’apparenter aux laboratores, les travailleurs. Pour être complet, il existe également : les parias (intouchables) « hors castes venus on ne sait comment. »


Avènements et prédictions

 

Aujourd’hui, pratiquement toutes les religions, toutes les traditions « ésotériques » attendent l’avènement ou le retour d’un Sauveur. Les Chrétiens attendent le retour de Jésus-Christ, nos frères Juifs toujours l’avènement du Messie, les musulmans, le douzième Imam Al Maahdi et les Zoroastriens pensent que le Saoshyant est actuellement sur Terre. La mythologie scandinave nous avertit de la venue prochaine de Balder. Les derniers grands initiés mongols préparent l’avènement de l’actuelle incarnation de Genghis Khan. Et les sociétés secrètes chinoises, les Triades qui non jamais cessées de diriger l’Empire du Milieu oeuvrent pour le retour de Tchin Tseu Houang Ti, l’empereur mythique, fondateur de la Chine, pays auquel il laissa son patronyme. Enfin, les véritables Bouddhistes, le Kalki Avatâra. Tous ceux qui ont lu René Guénon se souviennent de l’avertissement qu’il avait lancé dans son remarquable ouvrage : « Le règne de la quantité et le signe des temps ». Ce livre publié au début de l’entre-deux guerres prophétisait que les masses seraient soumises à une robotisation de plus en plus contraignante. Guénon écrivait : « Les hommes deviendront des automates, animés artificiellement et momentanément par une volonté infernale, ce qui donne l’idée la plus nette de ce qui est arrivé aux confins même de la dissolution finale ». Le philosophe nous avait également annoncé dès 1925 que les hommes seraient condamnés à vivre dans des ruches de verre.




guenon-caire2                          Alexis Carrel

 

 

Un autre visionnaire, le Grand Robert Charroux en 1964 dans un de ses ouvrages parlait d’attentats qui seraient commis par des Kamikazes à bord d’avions venant se briser sur les tous des Manhattan ! Certains d’entre nous auraient-ils accès à des visions précises concernant l’avenir ? On peut le supposer en relisant ces érudits trop tôt disparus. En ce qui concerne les prophéties, ces étranges voyages dans le temps, Newton disait qu’elles sont vraies, mais que l’on peut s’en apercevoir qu’une fois qu’elles sont réalisées. C’est là une observation tout à fait juste, qui porte à réflexion, tout comme cette affirmation du célèbre physicien Arthur Eddington : « Les évènements ne se produisent pas, ils sont en place et nous les rencontrons suivant notre ligne d’univers. » Alors tout serait écrit et fixé d’avance ? Nous ne le pensons pas et préférons penser à des possibilités d’avenirs. Comme sur une autoroute à plusieurs voies, nous pouvons choisir mais trop engagés, et faisant fi des panneaux, arrivé à un moment nous ne pouvons plus reculer, le demi-tour est impossible. Souvenons-nous de cette maxime de sagesse : « Les évènements à venir projettent toujours leurs ombres. »

 

Les voyants par nature s’accordent à rentrer en contact avec les évènements frappant du futur, catastrophes, naufrages, incendies, ces malheurs s’impriment probablement en effet dans l’inconscient collectif, cette hypothèse n’est bien sur envisageable qu’à condition d’adhérer à la proposition intéressante du docteur Alexis Carrel, lauréat du Prix Nobel de Médecine en 1912 : « Certains individus paraissent susceptibles de voyager dans le temps. Les clairvoyants perçoivent des évènements passés et futurs. Les faits de prédictions dans l’avenir nous mènent jusqu’au seuil d’un monde inconnu. Ils semblent indiquer l’existence d’un principe physique capable d’évoluer en dehors des limites de notre corps ». Les avertissements de certains clairvoyants s’ils étaient entendus pourraient permettre de minimiser ou atténuer des évènements au profil lugubre. Mais pour une prédiction « réelle » combien de délires de déséquilibrés ? Il s’avère que dans la plupart des cas les prédictions les plus heureuses se réalisent de manière incomplète et le manque de précisions concrètes sont le lot commun des moins bénéfiques. Dans la célèbre théorie indienne des « avatâra », le monde est soumis à des « descentes » ou manifestations périodiques d’une « Force » du haut « rééquilibrant » les paramètres.

 

Le plus terrible d’entre eux est le dixième Avatar de Vishnu : KALKI qui doit advenir à la fin de l’âge de fer époque dans laquelle nous sommes baignés pour de nombreux exégètes. Il naîtra quand le Soleil sera sous le signe du Cancer, dans le village de Shamballa, d’une famille de Ksathryas (caste de guerriers, comme Siddhârta) porteur des huit facultés surnaturelles. Monté sur un cheval blanc, tenant une épée à la main il exterminera en leur coupant les têtes, tous ceux dont l’esprit est dévoué à l’iniquité, rétablira la Justice sur Terre et instaurera le Krita Yuga (âge de pureté).

 

Son épopée est racontée dans le Kalki Purana

 

Peu connu, même en Inde, ce texte traditionnel n’est pourtant pas négligeable puisqu’il est censé nous annoncer ce qui se passera à la fin des temps, lorsque ce monde parviendra à son terme. C’est d’une certaine façon, l’Apocalypse des Hindous. Son objet est l’exaltation de l’un des avatâra de Vishnu, dieu qui a pour fonction d’intervenir chaque fois que le dharma (l’ordre cosmique) est en péril. Chaque fois que des rois ou des dirigeants sombrent au plus bas de l’existence matérielle jusqu’à vivre comme des animaux, le Seigneur montre sa puissance suprême. Il rétablit la vérité, trace la voie juste, accorde sa Grâce toute particulière aux croyants et accomplit des actes glorieux. Il se manifeste ainsi sous diverses formes sublimes selon les besoins du temps en différents âges. « Au crépuscule de l’âge présent, lorsque les rois seront devenus des voleurs ! Le Seigneur de l’Univers naîtra d’un renom de Vishnu (Vishnu Yashas) et sera nommé Kalki ». (Bhâgavata Purâna, 25).


 

Kalki-1256

 

 

 

Kalki permettra aux justes de subsister jusqu’à l’extinction cosmique. Plus tard, sur les ruines de ce monde apparaîtra : « Une nouvelle humanité revenant au Krita Yuga ». Cette prophétie non réalisée, apparaît comme une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes ! L’Avatara de Vishnu sous la forme d’une comète ou d’un astéroïde est-il à prendre au sens propre ou au sens figuré ?

 

La légende des Marouts

 

Les sages Hindous affirment haut et fort que nous sommes politiquement le jouet des Marouts. Marouts est un terme sanskrit qui signifie « âme morte », susceptible de se réincarner dans de faux vivants. Les Marouts sont les instruments du dieu védique Roudra qui les manipule. Les Brahmanes prétendent que lorsque Shiva, la Providence, veut rabaisser l’humanité, il place aux postes les plus importants de la société des Marouts ne possédant par essence qu’une âme corrompue. Ces êtres pourriront à leur tour la morale, la religion, les arts et la nature et engendreront le déclin de ceux qu’ils dominent. Le Coran dans sa sourate « la Génisse » en parle : « Ceux qui jetèrent derrière leur dos les Ecritures et le livre de Dieu, suivent ce que les démons ont imaginé sur le pouvoir du roi Salomon. Ce n’est pas Salomon qui fut infidèle, ce sont les… démons. Ils enseignent aux hommes la magie et la science qui fut donnée aux deux anges « djinns » de Babylone : Harout et Marout. »



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Selon la Tradition talmudique : ils ont été envoyés pour juger l’iniquité des hommes, mais ils se laissèrent corrompre et ne purent revenir au Ciel. Ils incitèrent alors les hommes au mal et au péché. « Ceux-ci n’instruisaient personne sans dire : Nous sommes la tentation, nous semons la désunion. » Mais n’attaquez personne sans la permission de Dieu. Mais bien que les hommes sachent que ceux qui suivraient leur art maléfique seraient « déshérités du ciel » ils préféraient apprendre le mal. L’affirmation de la tradition Hindoue n’est sans doute qu’une image mystique, mais nous devons bien admettre que si nous regardions attentivement autour de nous, sans nous laisser manipuler par les médias, nous serions rapidement convaincus de sa véracité !

 

Viens Toi que nous attendons !

 

Un Souverain envoyé par la Divinité instaurera le règne nouveau et triomphal des Fils de la Lumière fidèle aux principes de la Force, de la Sagesse et de la Beauté. De cette conception, les Hébreux tirèrent leur idée du Messie et les Chrétiens plus tard leur idée du Christ. Mais, il fallut attendre le prophétisme pour voir celle-ci prendre des traits exclusivement mystiques et religieux. Dans l’ancienne conception, le Messie « Messiah » est autant une Autorité Temporelle qu’un Pouvoir Spirituel (néanmoins guidé par la Providence), une émanation du « Dieu des Armées », et devait assurer au « peuple élu » le pouvoir sur ce monde et l’écrasement de ses ennemis.

 

Paradoxalement, ce mythe retrouva force et vigueur à la période impériale romaine. Virgile, dans sa fameuse églogue, annonce avec l’avènement d’Auguste, la fin de l’âge de fer (Kali Yuga) et l’apparition d’un nouvel âge d’or. Alors, se répand une espèce d’attente messianique autour de la figure de chaque nouvel Empereur salué par la formule quasi liturgique : « Viens, toi que nous attendons ! » Préparant, ainsi le terrain à l’idéal chrétien.




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Puis, le Moyen-Age nous dessine avec les légendes du Graal, une autre idée de reconquête d’un royaume déchu qui renaît à une splendeur nouvelle, grâce à la ténacité et la pureté d’un Héros tel Perceval. A cette idée, nous rajouterons le symbole de la « dernière bataille » dont parle l’Apocalypse de Jean : « L’Armageddon » symbole de l’ultime combat avant l’instauration de la Parousie. Ce nom désigne en réalité un lieu : La ville d’Har-Meggido en Israël. « Ils les rassemblèrent dans un lieu appelé en Hébreux Harmageddon » (Apocalyspe 16/16). 16 répété deux fois, la Maison-Dieu : la destruction, l’effondrement dans le Tarot.

 

Dans cet endroit doit se dérouler la lutte entre deux visions antagonistes du monde, or cette ville existe et est une base aérienne importante de l’Etat Hébreux. Donc, une figure à la fois Sacerdotale et Guerrière identifiée sera réveillée par des évènements « maléfiques » et, appelée par ses zélateurs mènera avec ceux qui lui sont restés fidèles une bataille contre les forces de « l’Adversaire » prince des ténèbres dans lesquelles nous accepté de pénétrer. Dans plusieurs variantes (notamment Gog et Magog) ce moment coïnciderait avec le moment du déferlement de peuples manipulés par des entités démoniaques, masses matérialisées et sans Dieu ou, pire sous la bannière d’un Anti-Dieu, vecteur d’une contre-initiation.

 

Et si demain ?

 

Dans quel état est notre monde actuellement ? Toute civilisation se doit de viser plus haut, plus beau, l’Homme digne de ce nom ne vit pas égoïstement mais se dirige et tente de se rapprocher de l’Arbre de la Connaissance. Les légendes et les mythes sont peut-être présents pour nous avertir de nos dérives, qu’il est temps de modifier notre conduite. Changeons et devenons ce que nous sommes car selon le vieil adage scolastique : Pour agir il faut être ! Et si demain Kalki venait vraiment restaurer la Tradition et instaurer l’Age d’Or en combattant les hordes démoniaques de l’Age sombre, réunissant les fonctions de Prêtre et de Guerrier. Mais ce n’est bien sûr qu’un mythe, « muthos » veut dire se taire en grec, alors taisons-nous ! Mais si demain… ?

 


 

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Orphée - dans Esotérisme & Gnose
8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 11:21

Héliopolis

 

La Cité des Mystères - La Porte des étoiles

 

 

Héliopolis, la légendaire cité du soleil, possédait de nombreux temples car son clergé était très actif. De nos jours, il ne reste de cette cité rayonnante que quelques ruines.

 

 

 

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Des textes bibliques évoquent Héliopolis sous le vocable de On-du-Nord. La cité possédait de nombreux temples, dont un dédié à Atoum divinité protectrice de la ville. Ce dernier avait pour animaux sacrés l’anguille et l’ichneumon. Le clergé l’avait placé à la tête d’une ennéade de dieux qu’il avait créé. A l’origine, il avait émergé des eaux primordiales sur une colline de sable. Aussi était-il venu à l’existence lui-même. La légende affirme qu’il donna naissance au couple primitif de dieux, Chou et Tphénis, qui mirent en mouvement Geb et Nout : respectivement l’air et l’humidité, la terre et le ciel. Nous devons ici établir une différence. Les couples issus de Geb et de Nout, Isis et Osiris, Seth et Nephtys sont des dieux locaux et non des personnifications mythologiques d’éléments cosmiques. Atoum chtonien, fut éclipsé mais non supprimé par Ré, le Soleil.

 

Très tôt, Héliopolis eut un clergé, qui dès l’aube de l’histoire fonda une des écoles théologiques les plus remarquables d’Egypte. Les théories héliopolitaines se répandirent dans le pays comme les eaux fluides de l’inondation du grand fleuve. Platon et Eudoxe, à l’instar de nombreux voyageurs grecs vinrent prendre contact avec l’antique Egypte à Héliopolis. Aujourd’hui, il ne reste plus grand chose de cette cité rayonnante. On en découvre quelques vestiges en se rendant dans la localité voisine el-Matarieh. Là, on peut visiter le site où la Sainte Famille se serait arrêtée, un mur entourant un jardin carré contenant un dattier desséché, une source d’eau douce et un cycomore qu’on appelle l’arbre de la Vierge. Ce n’est en réalité qu’un descendant de l’arbre duquel la Vierge Marie et l’Enfant Jésus se seraient reposés.

 

Le passage de la Sainte Famille, sur cet ancien haut lieu de la spiritualité, a sans doute une portée symbolique beaucoup plus importante que celle que le commun des touristes lui accorde. Nous devons nous souvenir que c’est ici que le prêtre Manéthon se documenta pour la première histoire de son pays. Ses textes le font remonter à plus de quarante mille ans ! La nouvelle ville d’Héliopolis fut fondée en 1905, c’est aujourd’hui un faubourg semi-résidentiel du Caire situé à deux pas de l’aéroport. Les anciens Egyptiens nommèrent Héliopolis : la Ville du Pilier. Le pilier, c’est le djed d’Osiris, ou méridien des dieux. Les prêtres de ce grand centre religieux étaient censés d’après la tradition posséder un objet sacré d’une puissance redoutable appelé « benben ». Celui-ci serait tombé du ciel à une époque très reculée. Le temple d’Héliopolis où le benben avait été déposé était la demeure du Phénix.

 

Analogie

 

Le nom de Ville du Pilier nous fait songer à Delhi où se dresse le plus grand minaret du monde : Qutb-ud-Din 9, « le Pôle de la Foi » (Qutb-Minar). Sa hauteur atteint 72,55 m. Ce fantastique monument repose sur une base de 14,40 m de diamètre. Il commémore la victoire des fidèles de l’Islam sur les incroyants.

 

Au XIVe siècle, un tremblement de terre l’ébranla, on ne peut aujourd’hui accéder qu’à son premier étage. Il existe une grande similitude architecturale entre Quth-Minar et un autre édifice du même type implanté à Djam en Afghanistan.

 

Depuis, la galerie accessible au public on découvre une vue étonnante de la grande cité, et on peut contempler à quelques centaines de mètres du « Pôle de la Foi », la foule nombreuse qui s’agglutine tout autour de la Colonne de Fer dressée dans la cour de la mosquée Quwwat-uk-Islam Masjin. Une légende locale pleine de charme affirme en effet que celui qui peut ceinturer ce pilier les mains dans le dos, et faire toucher ses doigts est assuré d’avance de posséder toute sa vie une immense fortune. L’opération paraît banale, mais pourtant ils sont peu nombreux ceux qui réussissent cet exploit !

 

Cette colonne de fer qui ne rouille pas aurait été dressée là au Ive siècle de notre ère. Haute de 7,20 m pour un diamètre de 0,93 m, nul ne connaît sa véritable histoire. Deux thèses s’affrontent quant à sa destination première. La première assure qu’érigée à l’époque gupta, elle devait servir de Dvajatambha, c’est-à-dire de porte étendard, consacré à Vishnu. Quel dommage que les conquérants de l’Islam ne l’aient pas conservée dans sa présentation originelle, car nous aurions alors sous les yeux l’image exacte de cet engin cosmique du messager céleste.

 

La colonne de fer ne s’altère jamais et certaines avancent l’hypothèse qu’elle aurait été taillée dans une gigantesque météorite. D’autres n’hésitent pas à affirmer qu’elle fut extraite d’un véhicule divin, d’un vimana, des âges fabuleux dont parle le Mahabharata !

 

La Porte des étoiles

 

Dans l’Egypte ancienne, le fer utilisé pour façonner les objets sacrés était uniquement d’origine météoritique. Certains prétendent que Héliopolis serait situé sur un « méridien lumineux ». Elle serait une « Porte du temps », un passage entre deux mondes ou entre deux dimensions, celle des dieux et celle des hommes. Il se trouve en effet que cette porte des étoiles est mentionnée dans « les textes des pyramides ». Ce dernier assure que l’âme du disparu voguerait pour l’éternité sur les « vaisseaux des dieux ». Les écrits des pyramides d’Ounas évoquent une échelle de corde déployée du ciel vers la terre à partir d’une « plaque de fer » suspendue dans le ciel.



 
 

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La strophe 310 confie : quelle barque doit-on apporter à pharaon ? Celle qui vole et qui se pose ? Plus précise la strophe 669 nous dit : avec quoi le roi peut-il s’élever dans l’air ? Dans le vaisseau HNW. Il s’envolera avec eux, il s’envolera et se posera sur la terre… Si nous manquons de confiance dans les écrits de l’ancienne Egypte, en ce qui concerne ces étranges machines volantes, ouvrons une Bible au Livre des Rois (II : 2,8), on y apprend que le prophète Elie jette son manteau en boule dans le Jourdain pour le traverser à pieds secs et se rendre là où un char de feu le conduira dans les mondes célestes. Ce manteau magique est nommé Adereth la splendeur, formé à partir de Adar.

 

Notre planète n’a pas toujours été ce qu’elle est aujourd’hui, c’est-à-dire une sorte d’île oubliée au cœur de l’immensité cosmique. Dans la nuit des temps, des contacts ont été établis entre d’autres mondes et le nôtre. L’étude de la géographie sacrée est sans doute à même de nous livrer les points de rencontres qui jadis furent des lieux de rencontres entre les hommes et ceux qui furent nommés les dieux.

 

Des Dogons aux Egyptiens : les secrets d’une géographie secrète

 

Depuis quelques décennies, des chercheurs érudits et clairvoyants ont mis en évidence l’existence d’une géographie sacrée imaginée par les sages de l’Ancien Monde. La géographie sacrée nous donne le canevas d’un Grand Œuvre réalisé par des savants que nous qualifions aujourd’hui d’initiés. Ils avaient atteint les plus hauts sommets de la connaissance transcendantale. Certaines réalisations architecturales sont les dernières traces que nous puissions trouver de leur science qui unissait dans une symbiose admirable le Cosmos, la Terre et l’Homme. L’étude de cette troublante géographie, nous conduit directement à la notion de centrales énergétiques réparties à la surface du globe et agissant sur l’évolution de l’humanité.

 


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Les actuels travaux d’un chercheur français, Raymond Terrasse prouvent qu’il existe une corrélation entre certains lieux où furent observés des OVNI posés au sol et un schéma géographique précis, reliant entre eux ces points bien particuliers suivant une harmonique de distances qui ne doit rien au hasard. Tout se déroule comme si une trame invisible existait sur notre planète.

 

Les Dogons tout comme les Egyptiens ont basé leur calendrier et leur évolution vitale sur Sirius. Les Dogons avaient identifié un autre corps céleste situé près de Sirius, qu’il considérait comme le régulateur de notre Univers. Les prêtres de la vallée du Nil ont observé dans des temps archaïques, un objet brillant voisin de Sirius. Il est devenu aujourd’hui invisible. De nombreux auteurs font remarquer, actuellement, que la constellation d’Orion, mais aussi les constellations voisines de ce dernier se positionnent parfaitement sur la terre des pyramides. Kheops, Khephren et Mykérinos correspondent aux trois étoiles du Baudrier d’Orion. Mais, les Hyades, constellation située dans le Taureau, et représentées par un grand « V » dans le ciel (genre cornes de Moïse) se positionnent à leur place dans le ciel à côté des pyramides. Seth le frère d’Osiris, est censé dans la mythologie égyptienne, venir de la constellation des Hyades.

 

Le Sphinx est positionné aux pieds des pyramides donc d’Orion. Ici, il nous faut réfléchir et remettre en question bien des certitudes. En effet, l’astre rayonnant adoré par Akhenaton, Rê-Horarkty, ne serait pas le soleil, mais « l’autre astre » dissimulé derrière Sirius et symbolisé par Horus dans la mythologie des prêtres du Nil. De nombreuses statues égyptiennes ne portent pas « le disque solaire », mais bien cet autre astre caché positionné comme par hasard sur Héliopolis. Ce corps céleste aurait été vénéré dans cette cité sainte. C’est Héliopolis qui fut considérée comme la source du savoir transmis aux hommes mortels depuis le premier temps fabuleux des dieux. Ce sont les prêtres de cette ville qui gardaient la nécropole de Gizeh. Ils étaient les dépositaires du mystérieux Livre de Thot.

 

Ce dieu fut l’auteur de 42 rouleaux que l’on supposait conservés et cachés dans la ville sacrée. Ils formaient la base du culte de la renaissance après la mort. Longtemps Thot fut assimilé à Hermès (Orion-Osiris) que l’on disait être l’architecte des pyramides. Signalons d’ailleurs qu’il existe une remarquable similitude entre le dieu Thot et le dieu Bramah des Hindous. L’emblème de la divinité égyptienne occupait les parties les plus apparentes de tous les temples. La tradition dit que Khufu (Kheops) désirant retrouver les chambres secrètes de Thot rencontra un vieux magicien qui connaissait le lieu précis où se tenait le sanctuaire.

 

Les Egyptiens croyaient qu’après avoir civilisé notre planète, Thot-Orion (Osiris) avait établi sa demeure dans le Globe lunaire et qu’il suivait notre satellite dans ses révolutions. D’ailleurs le cycle d’Osiris est basé sur 28 jours comme la révolution lunaire. Souvent, sa tête est surmontée du croissant ou du disque lunaire. La Lune est-elle, comme l’on envisagé certains auteurs traités un peu vite d’écrivains de science-fiction, une base extraterrestre ? Certains textes égyptiens prétendent que lorsque les habitants de la Terre, éclairés par les leçons de Thot seront soumis à une organisation sociale régulière, imitation imparfaite de l’ordre qui règne dans les régions célestes, Thot se retirera de la Lune pour se consacrer à l’accomplissement de nouveaux devoirs.

 

Du mystère d’Orion à celui d’Horus

 

Actuellement, certains égyptologues astronomes plus perspicaces que d’autres ont prouvé que les trois pyramides de Gizeh, loin de représenter Kheops, Khephren et Mykérinos, représentent en réalité les trois étoiles du baudrier d’Orion : Alnitak, Alnilam et Mintaka. Une des autres étoiles d’Orion se nomme Beltégeuse que l’on peut également traduire par Bethel-Geuse, la maison de Dieu, la pierre ou la météorite.

 

Le plan géographique sacré de l’Egypte fut conçu sur celui du ciel. Il serait en fait le cadran d’une énorme Horloge Cosmique ou Astrale qui permettrait de calculer avec précision quand et où les dieux doivent réapparaître et d’où ils proviennent. Souvenons-nous que le phénix, l’oiseau sacré honoré a Héliopolis (Horus), est aussi le dieu des cycles, de la division du temps et des calendriers. Il existe un mystère d’Horus qui a été partiellement ou volontairement oublié des égyptologues. Le texte des Pyramides dit de lui : « Je suis Horus, l’être vivant, le fils de Sothis ».

 



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Jouons cartes sur table, Horus prétend être le fils de Sothis-Sirius, c’est-à-dire cette fameuse étoile invisible cachée derrière Sirius, assimilée au Benben et dont parle longuement la mythologie des Dogons. Les Textes des Pyramides situent exactement cette fameuse Etoile du Matin qui fut si chère aux anciens alchimistes : « La sœur du roi Osiris est Sothis (Sirius) ; L’enfant roi Osiris est l’Etoile du Matin (Horus) ». Il est évident dans ces écrits que ce fils d’Horus et de Sothis s’identifie également à un corps céleste ! L’œil du soleil ou l’œil d’Horus que certains considèrent comme un symbole protecteur joue un rôle énorme dans les légendes égyptiennes. Malheureusement, il est loin d’être clair. Il semble que l’origine de cette personnification de l’œil divin doit être recherchée dans les vieilles légendes astrales qui subirent au cours des siècles, de nombreuses modifications. Le dieu Horus n’était pas seulement considéré comme un dieu guerrier, ou comme un dieu roi, mais aussi comme un dieu du ciel.

 

Cette conception est très ancienne et une fois encore les textes des Pyramides y font de fréquentes allusions. Les deux yeux de ce dieu du ciel étaient le soleil et la lune. Cette image du monde astral ne devait pas conserver sa forme primitive si simple, si naïve et, en même temps, si poétique. Les prêtres héliopolitains, qui établirent dans l’Egypte entière un hénothéisme de caractère solaire, ne pouvaient pas supporter que la première place, dans le panthéon revint à un dieu qui ne fut pas le soleil. Ce fut une des raisons pour lesquelles ils identifièrent l’ancien dieu du ciel, Horus à Rê : l’œil du soleil appartient dès lors à Ré, et non plus au dieu du ciel, à celui-ci fut réservé l’œil lunaire. La conception primitive subsiste cependant jusqu’à la basse époque, on la retrouve dans certains aspects d’Horus, en particulier dans la forme du dieu-faucon adoré à Létopolis sous un nom : Mékhentiirty « celui dont le visage possède deux yeux », qui fait clairement allusion au mythe primitif.

 



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L’égyptologue allemand Junker affirme que ce dieu du ciel était primitivement anonyme, il ne prit son nom d’Horus qu’après son identification avec le dieu faucon. On retrouve également des allusions aux yeux du ciel dans les textes du temple d’Edfou, sanctuaire consacré à Horus. Mais, en règle générale, l’œil d’Horus est devenu l’œil lunaire. La Lune comme tout ce qui touche au monde astral, a beaucoup intrigué les Egyptiens. Junker, que nous avons cité plus haut, s’est attaché à décrypter le mystère de Mékkhenti-en-irty, en consacrant un article à Létopolis dans lequel il étudie successivement le nom et la nature du dieu, ainsi que la place qu’il occupa dans les divers enseignements des temples. Le culte qu’on lui rendit à Létopolis, à Cusae, à Kom Ombo, mérite une attention toute particulière.

 

L’oudjat, cet œil vénéré dans toute la vallée du Nil, a joué un rôle considérable dans les anciennes légendes. Les plus vieilles versions sont déjà contaminées par le mythe osirien, mais un fait est certain, elles évoquent un maître universel, à l’origine du monde. Quel astre pouvait-on appeler « Etoile du Matin », tout en le considérant comme voisin d’Isis-Sirius ? Les anciens Egyptiens avaient-ils aperçu de façon apparente ou cyclique, un corps céleste très brillant, devenu ensuite invisible ? Ou bien qui aurait toujours été invisible et ne serait apparu qu’en de rares circonstances particulières. Sirius, l’étoile la plus brillante du ciel, serait la porte et la clé du mystère égyptien.

 

Des prêtres astronomes

 

Les prêtres d’Héliopolis étaient réputés depuis la plus antiquité pour posséder une grande connaissance astronomique. Il est évident qu’ils n’ignoraient rien de cette étoile invisible et double de Sirius. Mieux, ils l’avaient matérialisée par la pierre Benben (qui provenait peut-être de cet astre). Selon eux, ce Benben ou Phénix revenait suivant un cycle préétabli, afin d’instaurer un nouvel âge d’or. Le Phénix revenait accompagné des anciens dieux. A périodes régulières, ils ramenaient la sagesse sur la Terre, et certains égyptologues comme le professeur Lauer ont avancé qu’il pourrait s’agir d’une « météorite ».

 

Curieusement, la face du Sphinx, gardien vigilant des pyramides était jadis recouverte d’une couleur rouge (ou plutôt à tendance violette), la plus haute couleur sur l’échelle des vibrations et associée comme par hasard à Uranus-Ouranos-Horus. Chaque année, lorsque Sirius réapparaissait entre le 17 et le 20 juillet, le Sphinx contemplait le soleil et son compagnon et sa face éclatait d’une couleur pourpre sous le pouvoir de l’aube qui naissait et annonçait la venue de la grande inondation.

 

Rê-Horakhty, l’Horus de l’horizon annonçait aux initiés le retour de la présence invisible, mais palpable sous forme de radiations, d’énergies particulières, venant inonder le Sphinx. La lumière rayonnante de Sirius inonde la terre de parcelles divines. Le symbole astrologique de Sirius fécondant la vallée du Nil était le scarabée Kheperer. Ce mot contient les mêmes consonnes que le verbe venir à l’existence. Comme le fait remarquer François Daumas dans son superbe livre « La civilisation de l’Egypte Pharaonique », Khepri désignait le démiurge divinisé : Qui était venu à l’existence de lui-même et avait créé le Soleil.

 

Aménophis III avait fait dresser près du lac sacré de Karnak, image de l’océan primordial, un autel portant un scarabée. Ce dernier est aujourd’hui encore l’objet d’une adoration qui touche à la superstition.



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Orphée - dans Esotérisme & Gnose
8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 10:52

Apollonius de Tyane

 

Apollonius de Tyane a vécu au 1er siècle de notre ère, et de nombreux auteurs ont tenté de faire passer ce personnage contemporain de Jésus pour un imposteur. Il restera pour l’histoire religieuse à la fois un grand thaumaturge, un brillant philosophe et surtout un mystique. Ce personnage mystérieux jadis vénéré, mais aujourd’hui totalement oublié du public est d’autant plus intéressant à redécouvrir et à étudier qu’il vécut à la même époque que le Christ. Il eut les mêmes expériences spirituelles que ce dernier et accomplit les mêmes prodiges.



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Pour ceux qui étudient les origines du christianisme, il n’est pas de période plus intéressante dans l’histoire orientale et occidentale. Malgré les récentes découvertes archéologiques, entre autres celles de Qumram et de Nag Hammadi, nous restons malgré tout mal documentés en ce qui concerne les conditions religieuses et sociales de cette époque ; les souverains, hommes d’Etat et guerres de l’Empire semblant avoir absorbé la majeure partie de l’intérêt des historiens des premiers siècles. Sur ce terrain particulier de l’histoire politique, il nous est possible de connaître les actes publics des Empereurs et de contrôler ces renseignements d’après des archives et des inscriptions. Lorsque nous désirons connaître les actes privés de ces mêmes Empereurs et les mobiles de leurs actes, nous nous trouvons souvent dans le domaine des préjugés, des scandales ou tout simplement, des simples spéculations hasardeuses. Les actes politiques d’un Empereur ou de ses subordonnés peuvent nous donner une faible idée de l’état général des conditions sociales de l’époque, mais ils n’en donnent aucune concernant les conditions religieuses, sauf bien sur dans les cas où la religion touche au domaine de la politique. Si nous voulions tirer de notre code civil ou de la récente « Constitution européenne » une conception de notre spiritualité ou des religions suivies par nos concitoyens, ce serait mission impossible.

 

Il est tout aussi difficile de reconstituer de manière fiable un tableau de la vie religieuse du 1er siècle de notre ère, d’après les actes ou les écrits officiels retrouvés parfois dans des conditions miraculeuses. Il en est de même pour les documents qualifiés d’authentiques qui nous sont parvenus par le biais d’archives ou de bibliothèques religieuses. Ils sont loin de nous aider à nous faire une idée des plus fiables du milieu dans lequel par exemple Paul et Pierre introduisirent la foi chrétienne nouvelle en Asie Mineure, en Grèce ou à Rome. Ce n’est qu’en réunissant laborieusement des parcelles d’informations disséminées dans d’obscures bibliothèques, en récupérant des textes gnostiques ayant échappé à la censure ou encore en récoltant des manuscrits perdus et des fragments d’inscriptions ou d’ouvrages de littérature sauvées de l’Inquisition que nous pouvons percevoir l’existence d’une autre réalité historique.

 

Nous faisons alors la connaissance d’un tout autre monde d’associations religieuses et de cultes parfois bien curieux. Même par ce biais et par cette méthode, nous n’obtenons encore que des notions fragmentaires, très peu précises sur ce qui se passait réellement dans ces sociétés initiatiques ou ces confréries secrètes. Le peu que nous en apprenons nous donne une idée des principes religieux auxquels leurs membres se référaient, tout en regrettant le fait que nous nous trouvons dans l’impossibilité actuelle d’en savoir davantage.

 



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Apollonius de Tyane, ce penseur néo-pythagoricien fait partie de ces personnages influents qui furent volontairement occultés et oubliés par l’histoire, particulièrement par les autorités religieuses. Apollonius de Tyane était ce que l’on appelle un « thaumaturge ». Elément moins connu du public, depuis près de dix-neuf siècles, de nombreux mystiques et initiés se sont recommandés de lui. Lorsque l’on se donne la peine de chercher des ouvrages consacrés à Apollonius de Tyane, on s’aperçoit qu’il existe un certain nombre d’ouvrages, ce qui est assez normal puisqu’il fut, le plus célèbre philosophe néo-pythagoricien du monde gréco-romain. Le dictionnaire, de manière succincte, nous apprend qu’il est né dans les premières années de l’ère chrétienne à Tyane une ville du sud de la Cappadoce. Issu d’une famille possédant une grande fortune, il a tout d’abord étudié sous Euthydémus et Euxénus d’Héraclée un  pythagoricien qui enseignait à Tarse, le centre intellectuel le plus important de l’époque. On remarquera surtout qu’il était doué d’une mémoire prodigieuse. Infatigable voyageur, il sillonnera longuement l’Asie Mineure, s’établira un moment à Egée et en Perse, étudiera même dans un monastère situé au Népal et se rendra par la suite en Inde. Partout où il passait, les portes des temples, des sanctuaires sacrés et des communautés s’ouvraient à lui, ce qui nous porte à croire qu’il devait, par son initiation, exister entre ces différents centres une espèce de filiation analogue à celle des sociétés initiatiques.

 

L’emploi de ses journées était réglé d’une manière invariable. Au lever du soleil, il accomplissait seul certains exercices religieux, dont il n’expliquait la nature qu’à ceux qui, comme lui, avaient subi la discipline « des quatre ou cinq années » de silence. Il s’entretenait ensuite avec les prêtres ou supérieures, selon qu’il résidait dans un temple grec ou non grec ayant des rites publics, ou dans une communauté ayant, outre le culte public, un discipline particulière. Il tenta d’ailleurs de rendre aux cultes extérieurs la pureté de leurs anciennes traditions et il suggéra améliorations aux pratiques des confréries privées. Il était considéré comme un maître de la voie occulte par ceux qui pratiquaient la vie intérieure. La formation de ses disciples constituait la plus importante partie de son travail.




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Maîtres ou élèves, il accordait à tous ses soins, toujours prêt à répondre aux questions, à donner conseils et enseignements. Il ne négligeait pas pour autant la foule et l’enseignait régulièrement, mais l’après-midi seulement, car, disait-il, « ceux qui veulent vivre de la vie intérieure doivent converser avec les Dieux à la pointe du jour, puis jusqu’à midi, donner et recevoir les instructions sur les choses divines, et seulement l’après-midi s’entretenir des choses humaines. » Il connut ainsi au cours de sa longue existence (il mourut presque centenaire) la vie active et secrète de villes aussi prestigieuses que Babylone, Ninive, Antioche, Séleucie, Chypre, Ionie, Ephèse, Troie. Il revint de ses nombreux périples à Lesbos puis au Pirée à Athènes, et à Rome sous l’empereur Néron pour enseigner certaines doctrines mystiques et initiatiques. En 66, Néron ayant publié un décret interdisant le séjour à Rome à tous les philosophes, Apollonius fut contraint de partir pour l’Espagne et débarqua à Cadix. Il s’embarqua ensuite pour l’Afrique et séjourna un moment en des lieux aussi éloignés que la Sicile et Rhodes. C’est de cette île qu’il rejoindra enfin Alexandrie. Il y passera quelques temps et aura plusieurs entretiens avec Vespasien, le futur empereur romain.

 

Il entreprit ensuite un long voyage, remontant jusqu’en Ethiopie, au-delà des cataractes, pour visiter une intéressante communauté d’ascètes, celle des Gymnosophistes. A son retour à Alexandrie, il fut mandé à Tarse pour y avoir un entretien en 81 avec Titus qui venait d’être couronné empereur. Après quoi, il semble être retourné en Egypte, car Philostrate évoque vaguement une période passée par Apollonius en Basse-Egypte et des visites aux Phéniciens, aux Ciliciens, aux Ioniens, aux Achéens avant de rejoindre à nouveau l’Italie.

 

Malgré ce parcours extraordinaire et sa personnalité hors du commun, certains historiens mal intentionnés n’ont voulu voir en lui que l’austérité de ses mœurs et ses discours sentencieux. Il est vrai qu’en 81, lorsque Domitien monta sur le trône, Apollonius censura les actes de l’empereur, de même que jadis il s’était opposé aux extravagances de Néron. Domitien le prit en suspicion mais Apollonius eut le courage de braver le tyran face à face. Il traversa la mer pour aller à Rome où il passa en jugement en 93 et fut acquitté. On évoque assez souvent ses prophéties, tout en retenant la série de miracles (dont quelques-uns sont tout à fait semblables à ceux de Jésus) qu’il a accomplis ou du moins que lui attribuèrent ses disciples. Ce qui est certain, c’est que l’un des derniers faits qui nous soit transmis et le concernant directement est sa vision de l’assassinat de Domitien en 96 à Rome, alors qu’Apollonius se trouvait à Ephèse. Il est certain, au travers des témoignages qui nous sont restés, qu’Apollonius parvint certainement à séduire ses contemporains au point que de nombreux admirateurs firent ériger des statues et de nombreux temples. Sa réputation fut telle qu’elle se maintint assez longtemps auprès de nombreux chrétiens jusqu’au cinquième siècle de notre ère. Des écrits anciens rapportent que sa longue vie fut consacrée à la purification des divers cultes de l’Empire romain et à l’instruction des prêtres de ces diverses religions. Hormis le Christ, aucune figure plus intéressante pour le monde occidental ne semble apparaître à cette époque de l’histoire.

 

Toutefois, les opinions concernant Apollonius sont aussi nombreuses que contradictoires, le récit de sa vie étant parvenu plutôt sous la forme d’un conte merveilleux que sous celle d’une simple biographie. Ceci est lié à la vie austère et retirée que mena Apollonius. Il ne faisait en effet que de rares apparitions en public et réduisait au maximum ses passages pour enseigner. Ce n’est que par indiscrétion qu’on apprit que plusieurs sectes à caractère ésotérique et d’inspiration chrétienne ont eu pour Maître secret ce même Apollonius de Tyane, mort à Ephèse en 97 de l’ère chrétienne. Dans le courant ésotérique de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle des personnages clefs comme Papus et Marc Haven s’inspireront d’ailleurs de sa doctrine pour choisir leur pseudonyme à travers d’un de ses ouvrages qui nous est parvenu « Le Nycthéméron ».

 

L’histoire d’Apollonius est surtout connue par un texte de Philostrate, rhéteur du début du IIIème siècle, intitulé « Vie d’Apollonius de Tyane ». Ce témoignagne est donc très postérieur à l’époque de rédaction des Evangiles, alors qu’il s’agit d’un personnage presque contemporain du Christ. Certains chercheurs se sont même posés la question de savoir si Apollonius avait réellement existé. Sa vie paraît d’autant plus indéniable que quelques pères de l’Eglise l’ont évoquée, avant même que Philostrate ne l’écrive. D’autres se sont tout simplement demandés si Apollonius de Tyane n’était pas Jésus-Christ lui-même mais présenté différemment. Mais qu’en est-il vraiment en définitive de la vie de ce grand penseur ? Des chroniques des premiers siècles nous rapportent que pendant ses voyages lointains, on le perdit de vue des années entières et lorsqu’il pénétrait dans les sanctuaires les plus sacrés des temples ou dans le cercle étroit des communautés les plus exclusives, ce qui s’y passait demeurait pour ses contemporains, un vrai mystère.

 

C’est de ce mystère que naquirent probablement toutes les légendes fantastiques forgés par des gens incapables de comprendre une telle démarche d’ascète. C’est pourquoi, dans le portrait que nous dressons de lui dans le présent article, nous tenterons de présenter une courte esquisse du problème soulevé par sa légende et les traditions liées à sa vie. Nous avons la chance de posséder un certain nombre de documents donnant une description du personnage pour le moins énigmatique, en puisant dans la littérature des auteurs classiques mais aussi, et c’est assez surprenant, au travers des écrits des Pères de l’Eglise. Des études plus contemporaines et des bibliographies importantes ont été également réalisées, comme celle entre autres de Silvestre de Sacy, de Chassang, de Laurent d’Aussy, de Mario Meunier, ou encore de Jan Van Rijkenborgh et Jean Louis Bernard. A cela s’ajoute diverses opinions et commentaires issus généralement des courants ésotériques de la littérature ayant survécu au cours des siècles ainsi que les nombreuses discussions engendrées à son sujet.

 

Commençons tout d’abord par les références des auteurs classiques et des Pères de l’Eglise. Nous apprenons ainsi, par une étude anglaise parue au XXième siècle sous la plume de G. Mead, que Lucien le spirituel écrivain de la première moitié du IIème siècle, prit comme sujet d’une de ses satires, l’élève d’un disciple d’Apollonius, plus particulièrement l’un de ceux qui connaissait toute la tragédie de sa vie. Apulée, l’auteur de l’ouvrage initiatique « L’Ane d’or » et un contemporain également de Lucien, mirent Apollonius ainsi que Moïse et Zoroastre ou Osthane, au même rang que les célèbres mages de l’antiquité. Nous trouvons également à la même époque, dans un ouvrage intitulé « Questions et Réponses des Orthodoxes » (attribué d’abord à Justin Martyr et qui eut un grand retentissement vers le milieu du IIème siècle), un intéressant renseignement à son sujet. Il est ainsi posé la question portant le numéro 24 : « Si Dieu est l’auteur et le maître de la création, comment les talismans d’Apollonius possèdent-ils un pouvoir sur les divers ordres de cette création ? Car, ainsi que nous le voyons, ces talismans calment les vagues en fureur, limitent le pouvoir des vents, le pullulement de la vermine, les attaques des bêtes sauvages… »

 

Dion Cassius, dans l’histoire qu’il écrivit de 211 à 222 de notre ère, raconte que l’empereur Caracalla (211-216) éleva une chapelle à la mémoire d’Apollonius. C’est de cette même époque (216) que date la « Vie d’Apollonius » composée par Philostrate, à la demande de Julie Domna, femme de Septime-Sévère et mère de Caracalla, un document qui servi de base à de nombreux travaux cités par Godefroy Oléarius. Celui-ci écrira également la vie d’Apollonius dans l’édition des œuvres qu’il consacra à Philostrate.

 

Lampride, auteur de « La vie d’Alexandre Sévère », vers le milieu du IIIème siècle nous apprend par exemple que cet empereur qui régna de 222 à 235, plaça dans son lararium, à côté de l’image du Christ, d’Abraham et d’Orphée, en bonne place, une statue d’Apollonius. Dans leurs différentes biographies, ces auteurs disculpent Apollonius de toute pratique magique. Godefroy Oléarius nous fournit même des matériaux probants en faveur de l’assertion d’Apulée. De plus, il rappelle que les Evangiles n’étaient guère connus au temps de Philostrate et que celui-ci a surtout fait œuvre d’érudition. Il semble que ce rhéteur était surtout préoccupé de renseigner ses contemporains au sujet de la tradition. Il reflète par ses écrits l’opinion alors établie touchant l’extraordinaire pouvoir dont Apollonius aurait été doté.

 

Originaire, comme nous l’avons dit, de Tyane, une ville de Cappadoce en Turquie, quelques années seulement avant que Jésus-Christ lui-même ne vint au monde, Apollonius vit sa naissance entourée de prodiges annonçant sa destinée. Arrivé à l’âge de l’adolescence, il résolut de vivre en pythagoricien. A partir de ce moment, il devint végétarien et ne mangea plus aucune viande animale. C’était selon lui, une nourriture impure et propre à alourdir l’esprit. Il se nourrissait de légumes et de fruits, affirmant que tout ce que donnait la terre était pur. Quant au vin, il considérait comme pure la boisson fournie par un arbuste si précieux à l’homme, mais il la jugeait néanmoins contraire à l’équilibre de l’esprit et comme troublant la partie supérieure de l’âme. Après avoir purifié son estomac, il s’honorait de marcher pieds nus, ne portait que des étoffes de lin, renonçant à toutes celles qui étaient faites de poils d’animaux. Il laissa croître sa chevelure et vécut dans le temple. Durant des années, il s’astreignit à un rigoureux silence. « Au lever du soleil, il faisait en secret certaines cérémonies auxquelles il n’admettait pas d’autres témoins que ceux qui avaient observé le silence pendant quatre ans. »




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Ayant renoncé aux biens terrestres, Apollonius partit pour les pays les plus lointains. Dans la ville qui s’appelait jadis Babylone, il s’attacha à Damis, un jeune assyrien qui ne le quitta plus et qui a laissé, des mémoires dont Philostrate dit avoir tiré la majeure partie des faits rapportés. Comme Flavius Philostrate, est le seul auteur dont la biographie d’Apollonius nous soit parvenue et que cet auteur est considéré comme un homme de lettres distingué, il est important de prendre en considération son travail. N’oublions pas qu’il faisait partie du cénacle d’écrivains et de penseurs célèbres dont s’entoura Julie Damna, cette impératrice philosophe, guide intellectuel de l’Empire romain pendant les règnes de son époux Septime Sévère et de son fils Caracalla. Ce fut à la requête expresse de Julie Damna que Philostrate écrivit la vie d’Apollonius, et ce fut elle qui lui donna comme canevas un certain manuscrit qu’elle possédait. Cette grande érudite détenait une importante collection de livres provenant de toutes les parties du monde, principalement des manuscrits de philosophes et des notes biographiques concernant tous ceux qui avaient étudié le sens caché des choses. Certains critiques se sont malgré tout posés la question de savoir si Philostrate était à la hauteur de la tâche qui lui fut confiée car il n’était pas un véritable philosophe mais bien plus un sophiste et un critique d’art passionné. Fanatique de Pythagore et de son école, il les admirait à distance, à travers le prisme de sa vive imagination.

 

Quant aux sources d’où il tira ses documents sur Apollonius, Philostrate les exposa en ces termes : « J’ai tiré mes documents des villes qui ont aimé Apollonius, des temples dont il a rétabli les rites et les règles tombés en désuétude. J’ai recueilli ce que les uns et les autres m’ont dit de lui et j’ai consulté ses propres lettres ». Ce détail est d’autant plus important que nous savons qu’une partie de ces lettres appartenaient à l’empereur Hadrien, un souverain éclairé et un esprit religieux, initié aux mystères d’Eleusis. Il révéla également comment il avait obtenu des informations plus détaillées à propos d’Apollonius et dit que dans l’ancienne cité de Ninus (Ninive en Iraq) vivait autrefois un homme instruit, nommé Damis disciple d’Apollonius. Il raconta les voyages qu’ils entreprirent ensemble, citant au cours de son récit, les idées, les maximes, les prédictions de son maître. Le témoignage qu’il rapporta de ce compagnon de route d’Apollonius dont il avait consulté les notes originales ne peut que nous convaincre de la réalité des périples d’Apollonius en Inde, en Egypte, en Ethiopie, en Espagne, et dans bien d’autres pays. On apprend ainsi des choses étranges comme lorsqu’il traversa le Caucase : « Alors qu’ils marchaient par un beau clair de lune, une entité leur apparut, prenant tantôt une forme, tantôt une autre, et quelques fois devenant tout à fait invisible. Apollonius, sachant ce que c’était, chargea d’imprécations ce fantôme, et dit à ses compagnons d’en faire autant : c’était là, selon lui, le véritable moyen de contrer ce type d’apparitions. Et en effet, le fantôme s’enfuit en poussant des cris aigus comme le font les spectres ». Une autre fois auprès du roi Phraote avec lequel il avait de longs entretiens, Apollonius, s’exprima sur l’oniromancie (la Science des Rêves) car il se considérait comme maître dans cet art. Son disciple Damis écrivit à ce propos : « Ce qu’il y a de plus divin parmi les hommes, se découvre plus facilement à un esprit qui n’est pas troublé par les fumées du vin, mais qui les observe, et dans lequel ils pénètrent, sans être intercepté par aucun nuage. Aussi ces interprètes des songes, ces « oniropoles », comme disent, les poètes, ne se hasarderaient, à expliquer aucune vision sans avoir demandé dans quelle circonstance elle était arrivée. » Plus tard, nous le voyons à Pergame où il existait une extraordinaire bibliothèque qui concurrençait en réputation celle d’Alexandrie.

 

Il indiquait ce qu’il fallait faire pour obtenir des songes contenant des présages favorables. Mentionnons aussi que du temps de Philostrate, on avait connaissance des phénomènes de lévitation communs chez les fakirs de l’Inde. Ainsi, le même Damis raconta-t-il : « Qu’il les as vu lui-même s’élever en l’air à la hauteur de deux coudées, non pour étonner (car ils se défendaient de telles prétentions), mais parce que, selon eux, tout ce qu’ils faisaient en l’honneur du soleil à quelque distance de la terre était digne de ce Dieu ». A suivre ces témoignages qui ne manquent pas, Apollonius et Damis furent témoins de bien des prodiges. Mais plusieurs écrits initiatiques nous rapportent qu’il y avait surtout des séances secrètes consacrées à la science des astres, à la divination, à l’art de lire dans l’avenir où l’on faisait des sacrifices. Nous avons des traces de ces séances où assistait un certain Iarchas. Ce dernier nous a laissé quatre livres sur l’astrologie, cités entre autre par Méragène. Damis dit encore que « Iarchas fit don à Apollonius de sept anneaux qui portaient les noms de sept planètes, et Apollonius en mettait un chaque jour, selon le nom du jour ». Certaines chroniques rapportent que de retour à Smyrne, Apollonius calma les esprits des habitants lorsque la peste s’abattit sur Ephèse. Ne trouvant aucun remède à opposer au fléau, les Ephésiens envoyèrent des députés à Apollonius, dont ils espéraient qu’il les guérisse. Apollonius ne crut pas devoir différer : « Allons, dit-il, et au même instant il fut à Ephèse », sans doute pour imiter Pythagore, qui s’était trouvé à Thurium et à Métaponte, il rassembla les Ephésiens et leur dit : « Rassurez-vous, dès aujourd’hui, je vais arrêter le fléau. » Il amena la foule dans l’amphithéâtre, à l’endroit où se trouvait encore il y a un siècle une statue d’Hercule le Sauveur. Là se tenait un vieux mendiant qui feignait de loucher. Il portait une besace remplie de morceaux de pain, était vêtu de haillons et avait le visage pâle et défait. « Entourez, cet ennemi des Dieux, s’écrie Apollonius, ramassez autant de pierres que vous en pourrez trouver, et jetez-les sur lui. »

 

Un tel ordre étonna les Ephésiens qui jugeaient inique de tuer un étranger, un homme dont la position était si misérable, et qui par ses prières s’efforçait de provoquer leur commisération. Mais Apollonius insista et pressa les Ephésiens de ne pas le laisser s’en aller. Quelques-uns se mirent alors à lui jeter des pierres. L’homme qui avait auparavant  l’œil louche, fit voir des yeux étincelants et flamboyants. Les Ephésiens reconnurent en lui un démon, et l’ensevelirent sous une montagne de pierres. Après un court intervalle, Apollonius ordonna d’enlever ces pierres, pour que tous voient le monstre qui venait d’être tué. On les écarta et l’on vit que le vieux mendiant avait disparu. A sa place, il y avait un énorme molosse de la taille d’un lion, tout meurtri et la gueule remplie d’écume comme un chien enragé. C’est à cet endroit que fut érigée la statue d’Hercule Sauveur.




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Apollonius fut un philosophe, non seulement au sens ordinaire de ce mot, c’est-à-dire un spéculateur théorique, disciple d’une organisation ou d’une école de discipline et de renoncement, mais surtout au sens pythagoricien du mot. Pour Pythagore, le seul véritable philosophe était celui qui connaissait les secrets de la nature et qui avait autorité pour parler de ce sujet. C’était par la connaissance directe, et non par les discours d’autrui qu’Apollonius connaissait les secrets de la nature. Pour lui, le sentier de la philosophie était la vie même du philosophe, vie qui amenait l’homme à devenir un instrument de connaissance. La religion était non seulement une foi, mais une science, et il ne voyait dans les choses extérieures que des apparences éternellement changeantes. Cultes, rites, religions, étaient égaux à ses yeux, lorsqu’ils possédaient le véritable esprit. Il ne faisait aucune différence entre les races ou les croyances, car il avait dépassé le stade de ces étroites limitations.

 

Plus que n’importe qui, Apollonius eut ri de voir ses œuvres qualifiées de miracles, car le miracle (au sens chrétien théologique du mot) était inconnu dans l’antiquité. Aujourd’hui, d’ailleurs, le miracle n’est plus qu’un vestige de superstitions. De plus en plus de savants croient à la possibilité de certains résultats obtenus par les seules forces de la volonté et par certains dons psychiques des individus. Même si la science actuelle explique encore très mal ce phénomène et ne se contente que d’étudier les phénomènes physiques, elle est malgré tout impuissante à les reproduire par ses méthodes d’expérimentation, ce qui l’agace prodigieusement.

 

Les principaux « miracles » attribués à Apollonius sont des prophéties, des visions, la connaissance du passé, des guérisons, des exorcismes. Dans sa jeunesse déjà à Egée, il donna des signes de sa science psychique. Lorsque Apollonius connut Damis celui-ci lui proposa de l’accompagner dans ce long voyage en Inde parce qu’il parlait les langues des contrées que son maître allait traverser. « Mais je les comprends toutes ! » lui répondit notre philosophe avec son air énigmatique habituel, « quoique je n’en ai appris aucune ». Il ajouta : « Ne vous étonnez pas de ce que je comprends ce que disent les hommes, car je sais même ce qu’ils ne disent pas ». Apollonius signifiait par là qu’il pouvait lire dans les pensées et non pas qu’il connaissait toutes les langues.

 

Damis et Philostrate, ignorant la télépathie s’imaginèrent qu’Apollonius comprenait toutes les langues humaines et même le langage des oiseaux et des animaux. Dans son entretien avec Vardane, roi de Babylone, Apollonius proclama clairement ses dons de prescience. Etant médecin des âmes, il pouvait guérir le roi de sa maladie mentale, non seulement parce qu’il connaissait les moyens à utiliser, c’est-à-dire les règles enseignées dans l’école de Pythagore, mais aussi parce qu’il avait la connaissance de la véritable nature et de la personnalité du roi. Nous savons d’ailleurs que la prévision ou prédiction (science profondément étudiée par Apollonius) était l’un des principaux sujets des entretiens de notre philosophe avec les Sages hindous. Ainsi qu’Apollonius l’expliqua à son studieux ami et disciple Télésinus, philosophe et consul romain, la sagesse était une sorte de déification de l’entière nature de l’homme, une sorte d’état permanent d’inspiration. C’est pourquoi, grâce à l’énergie puissance de son être supérieur, Apollonius avait conscience de toutes les choses existantes dans la nature.

 

Les étudiants des écoles de Pythagore et de Platon appelaient « daïmon » ce que, de nos jours, les psychologues nomme l’ego supérieur, la petite voix intérieure qui nous guide et nous conseille. Ce nom désignait le côté spirituel de l’âme, séparé de tout élément purement humain, la partie la plus élevée dans l’homme. Pour les anciens, celui qui pouvait réaliser l’union de sa conscience physique avec cet ego supérieur « habitant les cieux », obtenait pendant sa vie terrestre (ainsi que l’enseignait la philosophie mystique la plus pure de la Grèce), les pouvoirs des démons, de ces entités immatérielles, intermédiaires entre les hommes et les dieux. A un degré supérieur encore, l’homme initié pouvait s’unir à son âme divine, devenant un dieu sur la terre. Plus haut encore, lorsque s’accomplissait son union parfaite avec le principe suprême, il fusionnait avec lui. Ceci nous explique pourquoi Apollonius protesta avec énergie contre l’accusation de magie que les ignorants faisaient peser sur lui, pourquoi il s’indigna qu’on puisse croire qu’il usait d’un art qui n’arrivait à son but qu’avec l’aide d’entités inférieures fourmillant dans les bas-fonds de la nature occulte. Apollonius, en parfait initié et philosophe, refusait d’être confondu avec les devins ou les diseurs de bonne aventure, tous ces arts inférieurs le répugnaient. Il ne manquait jamais d’affirmer que son don de prescience n’avait aucun rapport avec la divination, au sens vulgaire du mot, mais qu’il était « la sagesse que Dieu révélait aux sages ».

 

La plupart des miracles attribués à Apollonius étant des cas de prescience et de prophétie, nous devons reconnaître que les paroles prononcées par lui dans certains cas, furent souvent obscures et énigmatiques. Il en vas d’ailleurs généralement ainsi pour les prédictions : soit, les événements futurs ne peuvent être vus que sous une forme symbolique dont le sens ne devient clair qu’après leur réalisation, soit les voyants eux-mêmes entendent les prédictions sous forme de sentences énigmatiques. Il nous est rapporté quelques exemples très précis de cas de clairvoyance par exemple lorsque Apollonius refusa de s’embarquer sur un navire qui fit naufrage pendant la traversée. Un autre événement eut lieu à Athènes, le jour des fêtes Epidauriennes, alors qu’Apollonius se présentait pour recevoir l’initiation, « l’hiérophante ne voulut pas l’admettre dans le temple, déclarant que jamais, il n’initierait un magicien, et ne découvrirait les mystères d’Eleusis à un homme qui profanait les choses divines. » Une terrible méprise. Les dons de vision et de prédiction d’Apollonius étaient encore une fois injustement considérés comme étant des « tours de magie ».

 

 


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Un autre exemple de vision à distance est l’annonce faite par Apollonius, pendant un discours qu’il prononça à Alexandrie, de l’incendie d’un temple à Rome, au moment même où il se produisait. De même aussi, un grand nombre de personnes qui connaissent peu de chose de la vie d’Apollonius savent, comme nous l’avons signalé précédemment qu’étant à Ephèse, il eut une vision de l’assassinat de Domitien au moment précis où cet événement se produisait. Il était midi, raconte Philostrate, Apollonius était dans un de ces petits parcs ou jardins avoisinant les faubourgs d’Ephèse où il donnait une conférence sur un profond sujet de philosophie. Sa voix baissa tout à coup, comme sous l’empire d’une violente émotion. Cependant, il continua son discours, mais avec moins d’énergie, comme s’il pensait à un autre sujet. Puis il se tut, comme si les mots lui faisaient défaut. Fixant les yeux à terre, il fit alors quelques pas en avant en criant : « Frappe le tyran, frappe ! » Et cela, non de l’air d’un homme apercevant une scène dans un miroir, mais comme s’il voyait la scène dans toute sa réalité et y prenait part. Se tournant alors vers son auditoire stupéfait, il raconta la vision qu’il venait d’avoir. Quoique tout le monde espérait cette délivrance, personne ne voulut ajouter foi aux paroles d’Apollonius, et on crut que le philosophe avait perdu l’esprit. Mais il dit alors avec douceur : « Vous avez raison d’attendre pour vous réjouir, d’avoir reçu la nouvelle d’une façon normale ; quant à moi, je vais rendre grâces aux Dieux de ce que j’ai vu par moi-même. »

 

Si nous continuons à étudier le livre de Philostrate, nous y trouvons aussi bon nombre de rêves symboliques expliqués par Apollonius, l’interprétation des songes constituant l’un des points les plus forts de la discipline ésotérique de l’école pythagoricienne. Nous ne devons donc pas être surpris de ce que, plein de confiance en ses intuitions, Apollonius obtint un sursis grâce auquel un innocent eut la vie sauve alors qu’il allait être exécuté avec une bande de malfaiteurs. En vérité, même si ces phénomènes échappent aujourd’hui à un homme du 21ème siècle, Apollonius semble avoir eu l’exacte connaissance du passé le plus secret de tous ceux qui l’approchaient par ce que nous pourrions appelé dans un langage plus « moderne » la voix du channeling. Notre génération, qui se familiarise chaque jour davantage avec les faits du paranormal, n’aura pas de peine à croire qu’Apollonius ait détenu de tels pouvoirs, qu’il ait guéri les malades par le magnétisme et chassé les mauvais esprits par la technique de l’exorcisme à une époque où la psychiatrie n’existait pas et où les cas d’obsession et de possession étaient fréquents. Gardons-nous cependant d’être trop crédules par rapport aux récits fantastiques dans lesquels se complaît parfois Philostrate. S’il est probable qu’Apollonius réussit à guérir certaines maladies mentales mal définies, Damis et Philostrate n’avaient aucune notion exacte de ces faits. Ils ont, dans leurs récits, donné libre cours à leur imagination. Il est possible aussi que Philostrate se soit fait seulement l’écho de légendes populaires, comme par exemple dans le cas de la guérison de la fameuse peste d’Ephèse prédite par Apollonius à maintes reprises.

 

Une jeune fille romaine de haute naissance fut dit-on rappelée à la vie par Apollonius. Rencontrant un cortège funèbre, le maître s’approcha du cercueil, étendit les mains au-dessus de la jeune femme, en prononçant des paroles qu’on n’entendit pas, et elle fut réveillée de sa mort apparente. « Mais, ajoute Damis, Apollonius vit-il que l’étincelle de l’âme vivait encore dans cette jeune fille, ce qu’aucun de ses parents ou amis n’avait remarqué (il pleuvait, ce jour-là, et une légère vapeur entourait le visage de la morte) ou bien ralluma-t-il la vie en elle ? Ni moi ni aucune des personnes qui assistèrent à cet événement ne sauraient le dire. » Apollonius, traduit devant Tigellin, fit aussi disparaître sur les tablettes d’un de ses accusateurs ce qui y était écrit. Quoique enchaîné dans le donjon de Domitien, il dégagea sa jambe des fers dont on l’avait chargée pour montrer à Damis qu’il n’était pas réellement prisonnier. Nous ne devons pas supposer qu’Apollonius, à cause de sa connaissance des choses occultes, dédaigna ou négligea l’étude des phénomènes physiques. Au contraire, nombreux sont les cas où Apollonius repoussa, en faveur de l’explication physique d’un phénomène naturel, toute idée d’intervention divine. Telles sont par exemple les explications qu’il donna de l’activité volcanique de l’Etna ou d’un raz de marée en Crète dont il annonça les résultats qui se produisirent immédiatement après. Par le fait de ces troubles sous-marins, une île avait surgi à un point fort éloigné, ce qui fut constaté par la suite. Dans cette catégorie peut être aussi classée son explication des marées à Cadix.

 

Avec ce que nous avons décrit précédemment, il est aisé de penser que durant toute sa vie, Apollonius produisit une impression profonde sur la foule par son style de vie, ses enseignements religieux, à la fois populaires et élevés et ses actions merveilleuses. La tradition est formelle à ce sujet. Il n’y a plus d’histoire possible si l’on ne consent pas à lui reconnaître un fondement quelconque. Ce philosophe parcourut de nombreuses contrés lointaines. Il composa quelques ouvrages, entre autres une vie de Pythagore, un traité sur les sacrifices, un autre sur les prédictions astrologiques, des Epîtres et même un Testament. Il se consacra à l’évangélisation de ses contemporains, et fut sans doute face aux tracasseries de nombreux hommes politiques qu’il croisa sur son chemin, comme l’Empereur Domitien. Ce sont des faits que la critique historique ne peut nier.

 

Le texte de Philostrate n’en représente pas moins une histoire largement romancée. Au fil du temps Apollonius a certainement constitué comme pour le portrait de Jésus une sorte de modèle idéalisé. L’excellente analyse donnée par Mario Meunier dans son très beau livre « Apollonius de Tyane ou le séjour d’un Dieu parmi les hommes » paru en 1936 chez Grasset permet de bien comprendre le problème : Jacques d’Arès cite d’ailleurs cet auteur en disant que « malgré l’incroyable popularité et l’étonnant renom d’Apollonius, sa vie, sa légende et son nom ne seraient sans doute parvenus jusqu’au XXème siècle qu’en se maintenant dans le cadre restreint de ces hagiographies, plus ou moins oubliées… si un gouverneur de Bithynie, puis de Basse-Egypte, connu sous le nom de Sossianus Hiéroclès, ne s’était avisé d’utiliser au profit de la réaction païenne l’éclatant prestige du sage de Tyane. C’était sous le règne de Dioclétien, et près d’un siècle après la parution de la Vie d’Apollonius. Désireux de soutenir l’empereur dans la lutte qu’il entreprenait pour paralyser l’extension dans l’Empire du christianisme, Hiéroclès, qui était un sophiste, prit le parti de s’adresser directement aux chrétiens.

 

Dans un opuscule qu’il intitula « Discours ami de la vérité », ce gouverneur de Bithynie, dit Lactance (dans ses Institutions divines), essayait d’affaiblir l’importance des miracles du Christ sans toutefois les nier, et voulait démontrer qu’Apollonius en avait fait de pareils et même de plus grands. Pour réfuter de telles allégations, Eusèbe de Césarée répondit par un petit traité qu’il écrivit contre la Thèse de Hiéroclès sur Apollonius de Tyane. Suivant livre par livre la narration de Philostrate, Eusèbe reconnaissait sans difficulté qu’Apollonius était un sage digne d’admiration ; il admettait tout ce qu’on racontait de sa sainteté, de son enseignement, de son austérité, mais il rejetait les merveilleux prodiges qui lui étaient attribués, les révoquant en doute ou les attribuant, soit à la magie, soit à l’intervention des démons. »

 

D’autres, comme Saint Justin, ont considéré qu’Apollonius détenait une véritable science magique fondée sur la connaissance des lois naturelles, ce qui n’avait rien d’étonnant pour un authentique pythagoricien. En fait, Apollonius est connu essentiellement par l’utilisation que l’on a fait de lui, pour essayer de contrer le Christianisme, en lui opposant le Pythagorisme. L’étude détaillée de sa vie, pour autant qu’on puisse la dépouiller des enjolivures volontaires, révèle un véritable homme de bien, totalement désintéressé, dont la quête était tournée à la fois vers l’Amour et vers la Connaissance, et qui ne pouvait en rien être assimilé à un magicien noir.

 

Compte tenu des nombreux déplacements d’Apollonius au cours du premier siècle, dans l’Empire romain et au-delà, il est absolument impensable qu’il n’ait pas rencontré un certain nombre des disciples du Christ. Certains auteurs ont même imaginé qu’il aurait été un « disciple secret », ce qui expliquerait les pouvoirs dont il disposait, pour le plus grand bien de tous, comme en avaient les apôtres et les disciples. Aurait-il été essénien comme Jean le Baptiste et… Jésus… ? La question reste ouverte…

 

 

  


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Orphée - dans Esotérisme & Gnose
7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 19:28
Yahvé est-il Satan ?

 

 

 
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Par respect pour la communauté juive, il ne nous appartient pas de répondre à une telle interrogation. Toutefois, certains actes et paroles contradictoires inscrites dans la Bible (la Torah) méritent que nous nous attardions sur cette hypothèse soutenue en son temps par Marcion et aussi par la littérature gnostique qui établit un parallèle entre le grand Archonte Samaël qu’elle identifia à Yahvé, à Jéhovah, au Dieu de la Genèse, au créateur du monde matériel. Notre étude ne nous permet pas de conclure s’ils avaient ou non raison. Nous préférons laisser la place aux textes sacrés.

 

Quand on lit la Bible, une évidence saute aux yeux. Il semble qu’à un moment donné, une force spirituelle ait communiqué avec les Hébreux, les ait guidés pour conquérir de nouveaux territoires. Une alliance fut passée, un pacte fut scellé entre une déité très puissante et quelques hauts dignitaires, initiés et rabbins. Chaque alliance passée avec Yahvé fut accompagnée d’une promesse, et souvent confirmée par un sacrifice (Genèse 15. 9-17 : Ex 24. 3-8).

 

Le lieu du traité fut le mont Sinaï où la présence de Yahvé se manifesta par des grondements, du feu et des tremblements. Yahvé donna à Moïse des commandements et dicta ses lois. Tout homme devait désormais s’y soumettre. La première règle était : « Tu n’auras pas d’autres Dieux que moi » (Exode 20, 3) « Je suis un Dieu Jaloux qui fait rendre des comptes aux fils pour la faute des pères jusqu’à la troisième et la quatrième génération de ceux qui me détestent. » (Exode 20, 5-6).

 

Yahvé avertit : « … Tu n’auras pas d’autres dieux en face de moi. » (Exode XX, 2), rappelant en cela les paroles de Samaël dans l’Hypostase des Archontes : « Moi, je suis Dieu et il n’y en a pas d’autres que moi », réaffirmant pompeusement : « Je suis le Dieu du Tout. » Yahvé poursuit : « Vous renverserez leurs autels, vous briserez leurs stèles et vous couperez ses Ashérah. Car tu ne te prosterneras pas devant un autre dieu. C’est que Yahvé a pour nom Jaloux : c’est un Dieu jaloux ! » (Exode XXXIV, 13-14). « Si ton frère, fils de ta mère, ton fils ou ta fille, la femme qui est sur ton sein, ton ami qui est un autre toi-même, voulaient te séduire en cachette, en disant : « Allons et servons d’autres dieux ! » (…) tu devrais le tuer, ta main sera d’abord contre lui, pour le mettre à mort, et ensuite la main de tout le peuple, tu le lapideras avec des pierres et il mourra, parce qu’il a cherché à t’écarter de Yahvé, ton Dieu. » (Deutéronome XIII, 7-11).

 

Yahvé donna à Abraham une terre et des nations à conquérir : « Tu seras bénédiction : je bénirai ceux qui te béniront et maudirai quiconque te maudira ; en toi seront bénies toutes les familles du sol. » (Genèse XII, 1-3). La destruction des autres populations devint une revendication divine ; « Lorsque mon Ange marchera devant toi et qu’il te fera entrer chez l’Amorrhéen, le Hittite, le Perizzien, le Cananéen, le Hévéen, le Jébuséen, et que je les aurai exterminés… » (Exode XXIII, 23).

 

Moïse dit à son peuple : « Ainsi a parlé Yahvé, le Dieu d’Israël : Mettez chacun l’épée à la hanche ! Passez et repassez de porte en porte dans le camp, tuez, qui son frère, qui son compagnon, qui son proche ! Les fils de Lévi agirent selon la parole de Moïse et il tomba du peuple, en ce jour, environ trois mille hommes. » (Exode XXXII, 26-28). « Maintenant donc tuez tout mâle parmi les petits enfants et toute femme qui a connu un homme par cohabitation maritale. » (Nombres XXXI, 17-18). A Jéricho, les Hébreux « vouèrent à l’anathème tout ce qui était dans la ville, depuis l’homme jusqu’à la femme, depuis le jeune jusqu’au vieux, et jusqu’au bœuf, au mouton, à l’âne (passant tout) au fil de l’épée. » (Josué VI, 21). Yahvé semble considérer son peuple comme des esclaves : « Car c’est de moi que les fils d’Israël sont esclaves, ils sont mes esclaves, eux que j’ai fait sortir du pays d’Egypte. » (Lévitique XXV, 55). Yahvé est orgueilleux : « Elle sera courbée, la fierté des humains, elle sera abaissée, la morgue des hommes, et Yahvé seul se haussera en ce jour-là. » (Livre d’Isaïe II, 17). Il est rempli de haine : « D’une haine totale je les hais, ils sont pour moi des ennemis. » (Psaume CXXXIX, 21-22).



 

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Yahvé est passablement raciste : « Un métis n’entrera pas dans l’assemblée de Yahvé ; même à la dixième génération, il n’entrera pas dans l’assemblée de Yahvé. » (Deutéronome XXIII, 3). Il n’aime personne : « Toutes les nations sont comme rien devant lui (Yahvé), elles sont considérées par lui comme du néant et du vide. » (Livre d’Isaïe XL, 17). Et pour terminer, voici encore quelques affirmations : « Car c’est moi qui suis Dieu ; il n’en est pas d’autre ! Je le jure par moi… » (Livre d’Isaïe XLV, 22-23). « Le peuple que je me suis formé racontera mes louanges. » (Livre d’Isaïe XLIII, 21). « Je suis le premier et je suis le dernier. Hormis moi, pas de dieu ! » (Livre d’Isaïe XLIV, 6). « Mon œil ne s’apitoiera pas, je serai sans merci ». « Je suis Yahvé qui frappe. » (Ezéchiel VII, 9).

 

Nous nous questionnons : est-ce bien le même Dieu qui dans l’Exode 20-13 commandait : « Tu ne commettras pas de meurtre… » et dans l’Exode 23-7 : « Tu ne tueras pas celui qui est innocent. (…) Tu t’abstiendras de toute parole mensongère » ? En lisant la Bible de la manière la plus objective, il nous faut admettre que le Dieu de l’Ancien Testament est loin de celui du Nouveau Testament. On recense plus de 70 génocides perpétrés par Yahvé. Ces actions sont-elles celles d’un dieu d’amour ? Ne serait-il pas plus plausible de considérer que Jésus soit venu dévoiler au monde la nature de « mauvais démiurge » de Yahvé. Dans Jean VIII-31-47, s’adressant aux initiés juifs, Jésus leur expliqua qu’il était venu les « libérer » : « Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres ». Ils lui répondirent : « Nous sommes la descendance d’Abraham et nous n’avons jamais été esclaves de personne ; comment peux-tu dire, toi : « Vous deviendrez libres ! » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis, quiconque fait le péché est esclave du péché. (…) Si donc le Fils vous rend libres, vous serez réellement libres ». « Je sais que vous êtes la descendance d’Abraham ; mais vous cherchez à me tuer, parce que ma parole ne trouve de place en vous. Moi, je dis ce que j’ai vu auprès du Père ; vous aussi, faites donc ce que vous entendu du Père. Ils lui répondirent : « Notre père, c’est Abraham ». Jésus leur dit : « Si vous étiez enfants d’Abraham, vous feriez les œuvres d’Abraham. Mais maintenant vous cherchez à me tuer, moi, un homme qui vous ait dit la vérité que j’ai entendu de Dieu. Abraham n’a pas fait cela. Vous, vous faites les œuvres de votre père ! »



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Ils lui dirent : « Nous, nous ne sommes pas nés de la prostitution ; nous avons un seul Père, Dieu ». Jésus leur dit : « Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car, moi, c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens ; je ne suis pas venu de moi-même, mais c’est lui qui m’a envoyé. Pourquoi ne connaissez-vous pas mon langage ? Parce que vous ne pouvez pas entendre ma parole. » Jésus a ensuite dit ces paroles assassines qui ne souffrent aucun compromis : « Vous, vous êtes de votre père, le Diable, et vous voulez faire les désirs de votre père. Lui, il était homicide dès le commencement ; il ne se tenait pas dans la vérité, parce qu’il n’y a pas de vérité en lui. Lorsqu’il dit le mensonge, il parle de ce qui lui est propre, car il est à la fois le menteur et son père. Et moi, parce que je dis la vérité, vous ne me croyez pas. »

 

Toutes les religions, toutes les sectes, toutes les sociétés occultes qui pratiquent des sacrifices rituels honorent un mauvais démiurge. A la purification par le feu et le sang de Yahvé, Jésus opposa les vertus salvatrices de l’eau du baptême. La force du Christ résida dans son amour désintéressé pour tous les hommes (celui du « Père ») pouvant être expérimenté par tous, inconditionnellement, qu’ils soient chrétiens, musulmans, juifs ou athées. Cet amour provenait d’une dimension de nature divine et ne pouvait être une émanation de Yahvé. Sa leçon d’amour universel signa indubitablement son origine céleste comme… son arrêt de mort.

 

Ces deux derniers millénaires furent caractérisés par le mensonge. A deux reprises, des prophètes sont venus nous avertir des dangers. A chaque fois, leur message a été manipulé, détourné. Les guerres, les conflits, les maladies, les cataclysmes, sans parler de la violence et de l’immoralité ont déferlé sur notre monde. Le mal a dominé, nous ne pouvons le nier. Selon l’initié, Samuel Aun Weor, la terre serait dirigée conjointement par le Christ et par Yahvé (Satan), qui serait en éternelle lutte. Le Christ serait le chef des Dieux et Yahvé, celui des Démons, le génie du mal. Les élus suivraient le Christ, mais la grande majorité des êtres humains collaboreraient fanatiquement avec Yahvé. Cependant, tous se cacheraient derrière le symbole de la Croix.

 

En face de chaque ange, il y a un démon. Et le centre du grand conflit qui les oppose serait, pour Samuel Aun Weor, le sexe ! C’est à cet endroit en effet qu’est lovée la « puissance du serpent » ou Kundalini que chaque être humain peut parvenir à raviver. Son éveil conduit à la libération intérieure. Satan s’oppose de toutes ses forces à notre libération spirituelle. Dès lors, il excite constamment nos instincts les plus primitifs, les plus « reptiliens », cette part de lui que nous avons en nous. Jésus était-il venu libérer le peuple juif et l’humanité entière d’un démiurge sanguinaire qui ignorait la foi, la compassion et la justice ? Ce dieu très puissant était-il Yahvé ? Nous répugnons à admettre cette hypothèse par respect envers le peuple hébreu, et aussi parce que le monde chrétien a adopté cette entité et en a fait le « Père » du Christ.

 

Néanmoins, c’est une possibilité que nous avons été obligée d’envisager, au vu des recherches et des analyses que nous avons menées et dont nous ne pouvons exposer tous les arguments, faute de place. Si Yahvé est bien le créateur de notre univers physique, de la terre et de ses habitants, il est évident que nous lui devons la vie. Il est bien notre Père créateur. Est-il source de lumière et d’amour ? Est-il le Père éternel ? Et s’il s’avère que Yahvé est bien celui que nous appelons Satan, alors nous sommes tous les fils du diable… !

 

Conclusion

 

Ce dossier reste très sensible et complexe. Tenter de comprendre les raisons de la chute des anges, de la présence des démons ainsi que de l’origine du mal sur la terre et en l’homme nous amène inévitablement à nous interroger sur la nature de Celui qui a interféré avec l’œuvre du Créateur et sur sa bonté présumée. Dès que l’on touche aux religions, on se heurte à des dogmes rattachés à un peuple ou à une foi en particulier. Notre objectif visait essentiellement à essayer de percer les mystères du mal, c’est-à-dire : le dessein du Démiurge…

 

Les textes sacrés racontent l’histoire de la création de notre univers et de ses habitants par des entités très évoluées. Nous ignorons si elles furent des dieux, des anges, des êtres appartenant à d’autres mondes parallèles de conscience voire même des entités d’origine extraterrestre. Au cours de notre enquête, nous avons été confrontés à un véritable dédale de récits divergents, notamment sur l’identité présumée du Créateur. Tout est confusion, désordre, contradictions. Au fils des millénaires, il semble qu’un savoir ait été volontairement dissimulé à la connaissance des hommes. La vérité est-elle toujours bonne à dire ? Sommes-nous prêts à l’accepter ?

 

Tentant de résoudre la clé de l’énigme dissimulée derrière le miroir des interdits et des dogmes, nous avons mis en face à un savoir déstabilisant. Un élément nous est apparu clairement. L’histoire de l’humanité témoigne que les religions furent à la base de la majorité des conflits et des génocides dans le monde. Au nom de Dieu, les hommes se sont livrés aux pires exactions. La raison de ces incessants combats fratricides puisait peut-être sa source dans le fait que nous ne vénérions pas la bonne déité, que nous étions instinctivement portés à vouer un culte à un mauvais démiurge ? Qui était-il ?

 

En reliant divers éléments entre eux, en étudiant les textes gnostiques, apocryphes et hérétiques condamnés par l’Eglise, en relisant les écrits du Nouveau et de l’Ancien Testament, il nous est apparu qu’il existait une différence fondamentale entre celui que nous nommons le « Père » - la Source de laquelle tout est émané – et le Créateur des mondes matériels, de la terre et des hommes. Les textes gnostiques révèlent que la puissante déité, celle qui nous a donné la vie fut créée par erreur. C’est un être hybride de nature reptilienne, issu de la puissance « féminine » du Père, sans l’accord de ce dernier. Nous lui avons donné bien des noms, entre autres celui de Yahvé. Sa personnalité est trouble et contradictoire. Ses actions et ses paroles dans les Ecritures sacrées ne reflètent pas l’amour, ni la bonté espérées. En toute objectivité, il ne peut être le « Père » du Christ, comme l’avait découvert en son temps l’hérétique Marcion.

 

Envisager la possibilité selon laquelle Yahvé (cette expression fausse mais conventionnelle) pouvait être celui que nous nommions Satan fut pour nous bien difficile. Nous ne voulions choquer aucune communauté religieuse. N’oublions pas que le Dieu des Juifs fut adopté par les Chrétiens et que nous le considérons tous comme notre « Père créateur » ! C’est lui qui nous a donné la vie. Cela en fait-il un bon démiurge pour autant ? A l’examen, sa création est loin d’être parfaite. Le mal y est présent à tous les niveaux. Nous pensions être les fils de Dieu mais, cruelle déception, nous sommes peut-être bien les fils du diable…

 

Selon les Gnostiques, Samaël (Satan) était le fils avorton du « Père ». Il créa l’univers physique sur lequel il règne en despote absolu. Si le « Père » créa des anges pour le servir, Samaël engendra des démons, les Archontes, pour l’aider à gouverner son monde. Si le « Père » était porteur d’un message d’amour universel, son bâtard de fils n’était animé que du désir de nuire. Les démons étaient, à l’image de leurs maîtres, de pures aberrations, des erreurs de la création. Ils s’amusèrent à nous créer, comme des rats de laboratoire.

 

Il y eut (au moins) deux créations, et cet élément apparaît de manière assez évidente dans la Genèse de l’Ancien Testament. Par la puissance du verbe, Christos engendra des êtres humains androgynes parfaits destinés à porter l’esprit des anges Elohims. Plus tard, Samaël « singea » Dieu et usina sa propre création. A partir d’une image déformée du « Père », il créa des humains hybrides et plaça en eux une part de lui, un cerveau reptilien responsable des instincts les plus bas. Dotées d’un tel bagage, ses créatures étaient pareilles à des animaux. Elles savaient à peine se tenir debout. Prenant pitié de leur état, le « Père » leur insuffla l’esprit, l’âme, les émotions, cette part de divinité que nous avons en nous, et que Satan nous envie.

 

En ce qui concerne la chute ou plutôt les chutes, il en a existé de nombreuses et pour des raisons variées, dont probablement des luttes intestines pour le pouvoir, l’union des anges et des archontes avec des femmes de chair… Lucifer mena un combat différent. Nous pensons qu’il se révolta contre le « Père », foulant au pied le serment de fidélité qu’il avait prêté, parce qu’il souhaitait une autre création (plus juste), parce qu’il eut peut-être l’orgueil de penser qu’il aurait pu faire mieux ou parce qu’il fut jaloux de l’autorité et de la puissance de Christos.

 

Le « Père » avait créé des lois immuables. L’une d’elles donnait la liberté d’actions et de choix à toutes ses créatures. Lucifer fit le mauvais choix. Il se rebella, entraînant dans sa révolte, non pas une poignée, mais des milliards d’entités angéliques qui se rallièrent à sa cause. Etant tributaire de ses propres règles, le « Père » laissa faire, jusqu’à ce que finalement, Christos déchaîne les légions de Michaël (restées fidèles à la « Source ») contre Lucifer et ses partisans. Ces derniers furent vaincus et placés en « quarantaine » dans divers mondes, dont la terre. Il est probable que de nombreux humains seraient d’anciens anges déchus, comme le révélèrent les esprits qui dialoguèrent avec Johannes Greber.

 

Même si nous sommes tous semblables d’un point de vue biologique, nous constituons la résultante d’une série de créations, de mutations, de mariages différents, et plus ou moins bien « réussis ». Au fil du temps et des croisements, anges, démons et hommes se sont fondus sur la terre en une seule masse, et il est difficile aujourd’hui de savoir qui est qui ou qui descend de qui. Selon les révélations gnostiques, Satan et ses archontes y auraient établi leurs quartiers et chercheraient à détruire les survivants de la race androgyne originelle primordiale, celle des anges. Ce serait la raison du combat incessant qui enflammerait autant le ciel que la terre…

 

Quant à Lucifer, nous voyons qu’il n’a jamais été un démon. Son renvoi momentané des sphères célestes n’a en rien altéré sa beauté ni sa puissance. Lucifer a transgressé des lois. Il a brisé une alliance céleste. Banni et rejeté du monde spirituel parfait, il n’a qu’un seul moyen de retrouver les « faveurs » de son « Père », c’est de faire le « sale boulot » à sa place, c’est-à-dire détruire Satan. Lucifer l’a déjà nargué, sur son propre terrain, au Jardin d’Eden, en libérant les créatures humaines du joug de leur bourreau, leur donnant accès à une connaissance interdite, celle qui devait leur permettre de retrouver le « Père », en réveillant l’énergie de la Kundalini dite du serpent. Christos a lui aussi tenté de déjouer les projets du mauvais démiurge en envoyant sur la terre une projection de son être connu sous le nom de Jésus, sans succès. Lucifer et Christos sont désormais unis dans un même combat.

 

En résumé, c’est la même force, la même source qui a donné naissance aux bons comme aux mauvais esprits, ces derniers, bien malgré elle. Ils sont libres d’évoluer sur l’ensemble des plans de conscience de l’univers. Les premiers rejoignent le « Père », les seconds vont vers la chute. La terre est leur terrain de jeux. Malheureusement pour nous, les démons possèdent la force suprême dans le plan matériel. Ils y ont plus de pouvoirs que les anges et donc plus d’influence sur nous, les hommes.

 

Nous aurions pu donner plus de détails mais nous avons estimé que nous en avions déjà suffisamment dit, qu’il fallait vous laisser le soin de « digérer » ces informations et de réaliser votre propre synthèse pouvant aboutir, éventuellement, à d’autres conclusions… Au cours de ce dossier, nous avons choisi de ne pas évoquer l’hypothèse « extraterrestre » de la création de l’homme. Nous y reviendrons lors d’une prochaine étude. 



 

 



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Orphée - dans Esotérisme & Gnose
7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 17:16

SATAN

 

Créateur des hommes et maître du monde ?

 


 

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Au commencement de la première religion monothéiste, celui qui allait devenir plus tard le Dieu d’Israël, Yahvé, divinité omnipotente n’avait pas de concurrent en la personne d’un Dieu du mal. Le monothéisme hébreu était réticent à l’idée de diviser les pouvoirs divins. Dès lors, Yahvé était responsable autant du bien que du mal.

 

Par des exils et des captivités successives (à Babylone notamment), les Hébreux furent mis en contact avec les religions des grands empires de l’Orient où ils firent la connaissance avec une série de divinités bonnes et mauvaises. Peu à peu, ils établirent une distinction plus nette entre les forces positives et négatives. Comme leurs ennemis étaient nombreux, que des désastres s’abattaient régulièrement sur eux et que Yahvé, leur Dieu protecteur, ne pouvait être tenu pour responsable de leur infortune, ils conclurent logiquement à la présence de mauvais esprits. C’est ce que nous pouvons lire entre les lignes de l’Ancien Testament. Celui-ci fut indéniablement manipulé par les différents rédacteurs qui adaptèrent les textes bibliques initiaux pour donner une tournure qui favorisait avant tout les pouvoirs et les institutions qu’ils représentaient.

 

A l’évidence les textes antiques furent arrangés au profit des opinions religieuses de l’époque et il faudrait plutôt concevoir l’histoire agitée de la religion judaïque au travers de ses différentes étapes. D’une part celle de l’époque d’Abraham, le père des Hébreux, qui était sorti de Ur, en pays de Sumer, vers – 1800 et qui avait emporter avec lui dans ses bagages, un petit dieu à caractère familial qui ne portait visiblement pas de nom, une sorte de totem ou de porte-bonheur, qui allait devenir par la suite « le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob ». Ce Dieu sorte d’intermédiaire bienveillant entre Abraham et les multiples dieux d’Ur, régna un temps en maître sur le clan et présida à ses destinées, tout en modifiant à la carte et au gré des nécessités le vieux code moral sumérien, toujours en vigueur chez les Abraham. Quatre siècles plus tard vint une seconde étape, celle de Moïse l’égyptien qui emprunta en grande partie sa doctrine religieuse des temples initiatiques de la vallée du Nil. Il reçut probablement les enseignements monothéistes d’un Pharaon qui portait le nom illustre d’Akhenaton. Mais pour le peuple juif Moïse, reste celui qui serait né de la tribu de Lévi et qui aurait initié à la science occulte des prêtres de son époque. Devenu une sorte de magicien et de héros libérateur aux yeux du peuple hébreu, il aurait été très tôt auréolé de gloire grâce à ses connaissances mais aussi suite à ses succès militaires en menant son peuple vers la Terre promise, protégé par un Dieu lié à leur Exode. Ce n’est que plus tard seulement que Moïse rencontra Yahvé et qu’il établira les premières bases de la religion judaïque, il imposera ainsi la circoncision, (rite égyptien), et interdira de manger du porc, que les Egyptiens avaient également en horreur. On sait maintenant que ce sont les scribes tardifs, ceux du clan du Yahvé de la Bible qui tentèrent d’escamoter l’origine égyptienne de la circoncision.

 

Un texte tardif tente même de prétendre qu’Abraham avait institué ce rite en guise d’alliance avec son dieu ce qui est totalement impensable au regard des coutumes que celui-ci pratiquait. La troisième étape, est celle de Josué, qui détruira Jéricho et qui prendra possession du territoire de Canaan. C’est la période où le peuple s’installera à nouveau sur cette terre qui avait déjà donné asile à Abraham, et où le judaïsme prendra naissance.

 

Il semblerait donc que pour les Hébreux, Yahvé, le Dieu d’Israël, était incapable d’avoir créé des entités mauvaises. Si le démon existait, il ne pouvait être qu’un ange servant qui s’était rebellé contre l’autorité divine. Dès lors, le mal n’apparaissait plus comme une punition envoyée par la divinité courroucée mais comme la conséquence d’une révolte puis d’une chute. Des anges créés dans un état de grâce originel s’étaient rebellés contre la puissance de leur Créateur, à la suite de quoi, ils étaient devenus des « diables ».

 

La pensée hébraïque imagina un personnage rebelle, Satan, au départ subordonné au démiurge, qui avec le temps prit de plus en plus d’assurance, jusqu’à devenir une entité indépendante et autonome. Ce tournant décisif, ce revirement, cette « passation de pouvoir » entre Yahvé et Satan se remarque dans les deux versions successives de l’épisode du dénombrement d’Israël ordonné par le roi David. Dans le deuxième « Livre de Samuel », c’est l’esprit de Yahvé qui incite David à dénombrer son peuple et ensuite le punit en lui envoyant la peste. L’injustice de cet acte parut aux Hébreux, alors les « Chroniques » (plus tardives) modifièrent l’ancienne version de manière à ce que ce soit Satan et non plus Yahvé qui se dresse contre Israël et incite David à dénombrer les Israélites. Non seulement l’ange du mal était devenu le seul responsable du démembrement mais il avait agi sans l’accord de Yahvé ! C’est ainsi que l’on détourne une vérité gênante.

 

Mais qui est Satan ? Satan est le nom du diable le plus présent dans la tradition religieuse et littéraire. Il provient du terme hébreu Sathan signifiant « adversaire », « ennemi », « accusateur », « contradicteur ». En hébreu, la racine « stn » signifie « combattre », « accuser », « dresser des embûches », « persécuter ». Dans la version grecque de l’Ancien Testament, Satan est traduit par « diabalos », du verbe diaballo signifiant « séparer », « accuser », « calomnier », « tromper ». Le diable de l’Ancien Testament n’est pas du tout le Satan du Nouveau Testament. Ce dernier est bien plus redoutable. Il a des prérogatives et des comportements bestiaux. Il est dominé par le mensonge et la haine du genre humain.

 

Satan cherche délibérément à altérer l’œuvre du bien. Il est l’emblème de la traîtrise et de l’idolâtrie. Dans l’Evangile selon Saint Jean, il est le « prince de ce monde », celui qui dans l’Apocalypse sera au centre de la bataille eschatologique l’opposant au Fils de Dieu. Mais le personnage de Satan est surtout présent dans le Nouveau Testament où il est identifié au dragon infernal que le Christ voit tomber du ciel (Luc 10,18). Il est le tentateur de Jésus dans le désert (Matthieu 4,10 / Marc 1,13) et l’origine des douleurs physiques des hommes (Luc 13, 16). Il possède son propre royaume, spatial et temporel (Matthieu 12,26 / Marc 3,26). Il a accès à la réalité céleste de Dieu (Job 1,6.12 ; 2,1-7).

 

Saint Paul le désigne comme un être qui « se masque comme un ange de lumière » dans son 2e Epître aux Corinthiens (11,14). Satan apparut très longtemps dans les textes avec la lettre « s » écrite en minuscule, comme un nom commun. Dans les parties les plus anciennes de la Bible hébraïque, le mot était utilisé pour désigner de manière générique un adversaire, à la guerre ou au tribunal, un mauvais conseiller, un accusateur. Pour les raisons dogmatiques précisées plus haut, le mot Satan devint un nom propre. Sa personnalité se dessina plus nettement à l’époque où Jésus annonça l’Evangile. Ainsi, le Nouveau Testament le mentionne à 53 reprises alors que l’Ancien ne l’évoque qu’à de très rares occasions. Il semble que la venue du Christ ait focalisé l’attention des hommes sur Satan, avec des Evangiles faisant largement état de démons que le Christ chassait du corps des possédés.

 

 


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Dans les textes anciens, « l’accusateur » n’a pas de réel caractère diabolique. Par exemple, dans le « Livre de Zacharie », Satan accuse le grand prêtre Josué, mais bien que celui-ci soit coupable, un ange le défend devant Dieu et Satan est réduit au silence. On retrouve ici l’imagerie traditionnelle du Jugement, avec ses deux protagonistes, l’ange et le démon : « Il me fit voir Josué, le grand prêtre qui se tenait devant le messager du Seigneur, tandis que l’adversaire (Satan) se tenait debout à sa droite pour l’accuser » (Zacharie III,2).

 

Satan s’affirme surtout avec le « Livre de Job » en tant que persécuteur des justes. Il s’incarne en une figure bien réelle (Livre de Job I, 6-12) : « Un jour, les fils des Dieu vinrent se présenter devant Yahvé, Satan aussi vint au milieu d’eux. Le Seigneur demanda où il avait été. Je parcourais la Terre de part en part », dit-il. Puis le Seigneur lui demanda : « As-tu considéré mon serviteur Job ? Tu ne trouveras nul autre pareil sur la Terre, un homme sans reproche et droit… » Même s’il est puissant, Satan n’est qu’un membre de la cour céleste, soumis à l’autorité divine.

 

 

Yahvé loue à Satan la foi de Job. Satan lui propose alors de le mettre à l’épreuve : « (…) Etends la main et touche à ses biens ; à coup sûr, il te maudira en face ! Soit, dit Yahvé à Satan, tous ses biens sont en ton pouvoir. Evite seulement de porter la main sur lui. Et Satan sortit de l’audience de Yahvé. » Dieu se sert de Satan pour tester la fidélité de Job, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il se montre particulièrement cruel avec ce dernier. Avec son accord, Satan tourmente le pauvre Job au-delà de ses forces. La première fois, il détruit tous ses biens et tue ses fils. La seconde fois, il le couvre de plaies. Tout cela est fait avec le consentement divin. Au début, Satan n’est qu’un messager ordinaire, missionné pour de basses besognes, un outil dont le démiurge use à sa guise pour faire le mal, sans se salir les mains. Satan semble faire partie de ses intimes, de sa cour, de ceux qui le servent et l’aident à réaliser ses plans.

 

On le retrouve, allié une fois de plus à Dieu, dans le Livre d’Isaïe, dans l’oracle porteur de la malédiction divine à l’égard de l’Egypte. A première vue, il était de bon ton à l’époque que les puissances du mal servent Yahvé et soient les artisans de ses vengeances. Après leur captivité à Babylone, les Hébreux firent de Satan l’antithèse de Yahvé. Satan prit un caractère personnalisé au contact du mazdéisme et des Dieux assyriens et babyloniens. Sa dimension spirituelle se transforma complètement. Il reçut divers noms : le rebelle, l’antique Serpent, l’Archonte de ce monde, le Singe de Dieu… Rappelons que le Satan des Israélites n’a aucun lien de parenté avec le Lucifer des Chrétiens. Ce n’est pas un prince, encore moins un ange déchu, mais un être hideux issu de nos pires cauchemars, sans aucun état d’âme, animé d’une seule volonté, nuire à toutes les créatures vivantes et détruire l’œuvre du « Père ».

 

 

 

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Satan est l’ennemi public n°1 du genre humain, le vil séducteur, le diable cornu auquel toutes les croyances et religions du monde font référence. Il est le malin, le fourbe, le père du mensonge. Il apporte les fléaux, la destruction, la guerre, la maladie, la peur, la luxure, le sexe, la pornographie. Satan, dans le sens où l’entendait Khomeiny, est un pur négatif de la bonté divine. Il est la cause de tous les maux présents sur la terre.

 

Une parole attribuée au Prophète dit que dans chaque homme existe un Shaytân, de la même manière que le sang lui coule dans les veines. Le Coran fournit de nombreux détails sur l’activité du seigneur des démons : il embellit les choses pour mieux vous tromper, vous fait oublier vos devoirs, vous fait des promesses fallacieuses… Le Shaytân du Coran ne s’oppose pas directement à Dieu mais plutôt à sa créature, l’homme, qu’il cherche à séduire pour lui montrer qu’il n’est digne d’aucun privilège. Pour pousser les hommes au péché, il se manifeste sous de multiples formes humaines ou animales, et comme ses fils, les démons Shayâtin, il peut posséder les individus.

 

La « lapidation de Shaytâne » est un rite musulman qui se déroule chaque année à Minâ, près de la Mecque. Chaque pèlerin est invité à lancer sept cailloux contre trois pilastres afin de rappeler le geste d’Abraham quand il chassa le démon du lieu sacré où il se proposait de sacrifier son fils Ismaël. On peut toutefois venir à bout de la puissance de cet être malfaisant ; C’est ce que pensaient les premiers Pères de l’Eglise qui affirmèrent que celui qui craignait Dieu était « hors de portée du diable, les prières suffisant à le faire disparaître. » Selon Tertulien, le seul nom de Jésus-Christ mettait Satan en déroute.

 

 

 

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Aujourd’hui, les siècles se sont écoulés et malgré ces conseils imparables, Satan semble omniprésent, voire même oppressant. Jésus ne nous en a pas libéré, loin de là. Satan continue à faire des « pieds de nez » à Dieu ! Selon Edouard Brasey, auteur du livre « Enquête sur l’existence des anges rebelles », Satan serait un mauvais Dieu qui se serait infiltré par « effraction » au sein de la création, un démiurge aussi puissant que le Père Créateur qui se serait immiscé de manière illégale dans notre monde. Soit il y serait arrivé « par hasard », soit il aurait été invoqué par magie. Satan convoiterait avec avidité notre planète aux vies innombrables. Il chercherait à s’emparer de cet inestimable joyau bleu, aidé par une armée d’entités malveillantes, et par certains hommes corrompus (ceux que Dan Brown dans son livre « Anges et Démons » qualifie d’Illuminatis) avec lesquels il aurait conclu une alliance, une sorte de pacte de sang et de feu.

 

Satan serait une émanation d’une partie divine mal déterminée, peut-être son antithèse. Il proviendrait d’un univers régi par des lois différentes. Il serait un être à part, différent de Dieu, des anges et des hommes, une sorte d’ennemi juré du père, d’égal malveillant prenant plaisir à semer le trouble. Il représenterait le mal infligé de manière volontaire, par sadisme et perversité.

 

Pour les Gnostiques, Satan appelé indifféremment Ialdabaoth, Samaël ou Saclas est le fils bâtard de la partie féminine de Dieu, le créateur de l’univers matériel et de la race humaine. Il est le demi-frère (avorton) du Christ. Il a donné naissance à un monde tourmenté où règne le mal, à une dame nature intrinsèquement cruelle et à des êtres vivants instinctivement portés vers les forces obscures. Satan, puissant despote, aidé de démons soumis et par ses propres fils, dirige en maître incontesté les sept plans vibratoires de conscience, allant du royaume spirituel le plus élevé jusqu’au plan physique, c’est-à-dire l’univers spatial et temporel que nous connaissons, y compris la terre et ses habitants. Ces sept plans imbriqués les uns dans les autres, à la manière d’une poupée russe, constituent une sorte d’univers « miroir », une sorte de « copie » inversée de sept autres plans parfaits supérieurs, ces derniers échappant à l’autorité de Satan.

 

Notre seule chance de nous échapper est de progresser de sphère en sphère, jusqu’à nous glisser à travers le minuscule passage du sablier menant vers les sept mondes de perfection et d’amour où règne celui que nous appelons le « Père ». Au total, nous avons donc quatorze sphères de conscience pouvant être réduites à treize, étant donné que la plus élevée du bas et la plus basse du haut sont confondues dans le passage.

 

Certains pensent que Satan et sa horde de démons proviennent de l’imaginaire humain. Ils sont des formes pensées (égrégores) qui auraient pris une dimension plus vaste, suite à l’endoctrinement et aux propagandes de l’Eglise catholique romaine qui, durant le Moyen Age, exacerba à outrance la peur des fidèles. Vu sous cet angle, Satan serait une sorte de super égrégore maléfique qui se nourrirait de nos colères, de nos haines et de nos peurs. Satan vise à la perdition du genre humain. Il se définit par des actions ayant comme objectif principal la lutte contre le Christ. Dans ses épîtres, saint Paul utilise trois mots pour nommer le diable : satanas, diabolos et daimonion.

 



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Il ne parle jamais de Lucifer. Il utilise également celui de Bélial, issu d’ancienne tradition sémitique dont le nom correspond à « maître » ou à « seigneur ». Dans son Epître aux Ephésiens (6,10-17) dont certains passages furent repris dans les écrits gnostiques, Paul révèle comment nous battre contre le démon : « Du reste, frères, fortifiez-vous dans le Seigneur et dans la vigueur de sa force. Revêtez l’armure de Dieu afin d’être en mesure de résister aux manœuvres du diable, car ce n’est pas contre la chair et le sang que nous avons à lutter, mais contre les Principautés, contre les Souverains de ce monde des ténèbres, contre les esprits du mal qui habitent les espaces célestes. C’est pourquoi prenez toutes les armes de Dieu afin qu’au jour mauvais vous puissiez résister et tenir bon parfaitement en tout. Tenez-vous donc debout ayant aux reins la vérité pour ceinture et revêtus de la cuirasse de la justice. Et mettez pour chaussures le zèle à annoncer l’Evangile de la paix. En tout cela, saisissez le bouclier de la foi, grâce auquel vous serez en mesure d’éteindre tous les traits enflammés du malin. Prenez aussi le casque du Salut et le glaive de l’Esprit qui est ici la parole de Dieu ».

 

Si le Christ (Christos) est bien le fils légitime du « Père » et que Satan est le fils bâtard de ce dernier, le Christ peut être considéré comme le « demi-frère » du diable, hypothèse envisagée par certains Pères de l’Eglise. Le Christ fut envoyé par la source de toute bonté pour mettre de l’ordre ici-bas et pour rétablir le règne de l’amour. Sa vie, son œuvre, ses enseignements nous sont connus grâce aux Evangiles qui furent fortement influencés par la démonologie juive issue en droite ligne de Babylone. L’Eglise n’y a vu que ce qu’elle voulait y voir. A partir de la venue du « Fils de Dieu » sur la terre et de son tragique destin, elle a bâti une institution, érigé des dogmes, des principes, des lois, des commandements. Etaient-ils justifiés ? Que reste-t-il du vrai Evangile du Christ ? Quelle fut sa véritable mission ?

 

Alors que dans l’Ancien Testament, Satan apparaît plutôt comme le messager des basses besognes du Seigneur, dans le récit de la vie de Jésus, il devient omniprésent. Dans les quatre Evangiles, Satan ne cesse de dresser des embûches à son rival. Il s’attaque directement à lui lors de l’épisode des tentations. Alors que Jésus s’est retiré dans le désert pour y jeûner, le diable lui apparaît à trois reprises, au bout de quarante jours de privation, et s’adresse à lui en ces termes : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres se changent en pain ! » Jésus lui rappelle les paroles de l’Ecriture : « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Matthieu 4,4). Satan l’attaque une seconde fois et le transporte à Jérusalem. Au faite du Temple, il lui propose de se jeter en bas, puisque « ses Anges étaient sensés le porter ». Jésus lui répond : « Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu. » Satan insiste une dernière fois et offre au Christ tous les royaumes de la terre. Jésus triomphe de toutes les propositions du malin. L’emporte-t-il pour autant ? Non. Après ces quarante jours de jeûne et de privations, Jésus est trop affaibli pour éliminer définitivement Satan de la face du monde. Satan se retire, libre de continuer à détruire la vie des hommes. Et s’il n’ose plus affronter directement le Fils de Dieu, il le fait désormais de manière détournée, à travers des personnes possédées que Jésus libérera.

 

A Capharnaüm, en Galilée, le Christ rencontre son premier démoniaque, un homme à l’esprit possédé par un démon impur qui se met à vociférer d’une voix forte : « Ah ! que nous veux-tu Jésus le Nazaréen, es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : le Saint de Dieu. » Mais Jésus le menace : « Tais-toi, dit-il, et sors de cet homme. » Et le démon, le projetant à terre devant tout le monde, sortit de l’homme sans lui faire aucun mal ». (Luc IV, 32-35).

 

Au pays des Géranésiens, Jésus démontre ses talents d’exorciste (Matthieu XII, 24). Peu de temps après, il guérit un épileptique. Enfin, en Samarie, il délivre un possédé de son démon muet. Au cours de cet épisode, Jésus s’explique face aux incrédules venus lui demander qui il était pour commander ainsi aux démons. Les Pharisiens lui disent : « Celui-là n’expulse les démons que par Belzéboul, le prince des démons » (Matthieu. XII, 24). L’imaginaire juif s’était enrichi du nom de ce prince du mal, Belzébuth, issu du Dieu Baal des Phéniciens. Le Christ réfute les accusations et confond ses calomniateurs : « Si moi c’est par Belzéboul que j’expulse les démons, par qui vos adeptes les expulsent-ils ? » (Matthieu XII, 27). « Si Satan expulse Satan, il s’est divisé contre lui-même : dès lors comment son royaume se maintiendra-t-il ? » (Matthieu 12, 26). On sait que Jésus délivra Marie-Madeleine des sept démons qui la tourmentaient.

 

Il est possible que le « Père » excédé ait décidé à un moment donné de faire descendre sur terre la force de Christos incarnée pour détruire Satan. Jésus révèle dans Matthieu X-34 : « Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix : je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée » (la guerre selon les traductions) ». Dans Luc XXII-36, il révèle : « Que celui qui n’a pas d’épée vende son vêtement pour en acheter une. » Jésus était porteur d’un message d’amour certes mais il était peut-être aussi venu mener un combat sans pitié, comme il le confirme dans Luc XIX-27 : « Quant à mes ennemis qui n’ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici et égorgez-les devant moi ».

 

Lorsqu’il abandonne ses disciples et notre monde, Jésus prend soin de leur transmettre ses pouvoirs et le combat contre Satan se poursuit. A chacun de leurs voyages, les apôtres rencontrent des possédés et les guérissent grâce aux dons transmis par Jésus à la Pentecôte. Malgré l’ampleur de la tâche qui les attend, les apôtres restent optimistes. La venue du Christ sur terre a sonné l’heure de la victoire. Les premiers Pères de l’Eglise en son fermement convaincus quoi qu’un malaise subsiste autour de la question fondamentale, jamais franchement posée : Satan a-t-il été vaincu ? Il semblerait que ce ne soit pas le cas.

 

Le monde a cru que le diable ne pourrait jamais nuire au fils du Créateur. A l’évidence, il s’est trompé. Le diable persiste dans son œuvre de destruction. Jésus est mort, sans avoir pu mener sa mission à terme. Si l’Eglise a fait de la crucifixion une victoire, en prétendant que par ce sacrifice, le Christ avait racheté tous les péchés des hommes, il s’agissait d’un mensonge. La crucifixion est la preuve flagrante de son « échec ». Satan est sorti vainqueur de sa bataille l’opposant aux forces du bien. S’il en avait été autrement, le monde tournerait différemment. Le bel optimisme des premiers temps s’est émoussé. Jésus serait-il mort pour rien ?

 

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Orphée - dans Esotérisme & Gnose
5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 19:58

3. Les différentes sortes de démons

 

Un savant byzantin du XIème siècle, Michel Psellos, classa les démons en six variétés selon leur lieu de résidence dans les éléments : ignées, aquatiques, terrestres, aériennes, souterrains et infernaux. Le premier genre « ignée » règne sur les airs. Il excite les tempêtes et les tonnerres. Les « aquatiques » résident dans les lacs et les rivières. Ils excitent les tempêtes sur la mer et submergent les navires. S’ils s’incarnent, ils apparaissent de préférence sous les traits féminins. Le genre « terrestre » réside sur la terre, dans les bois, les forêts et les campagnes. Certains habitent parmi les hommes. Le cinquième genre est dit « souterrain » parce qu’il hante les grottes et les cavernes. Il provoque les catastrophes naturelles et garde les trésors cachés. Celui qualifié d’infernal ou « Lucifuge » fuit le jour et ne peut prendre de corps que la nuit. Ces six variétés furent ramenées à quatre par les kabbalistes et confondues plus tard avec les esprits de la nature peuplant l’air (les sylphes et les sylphides), le feu (les salamandres), l’eau (les ondins et les ondines), la terre (les lutins, gnomes et farfadets). Quelques mots sur ces créatures qui n’ont rien de bien maléfique.

 

 

  

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Les Gnomes, Lutins et Farfadets sont rattachés à l’élément Terre. Les Gnomes vivent à l’intérieur du sol. On les rencontre dans les bois, cachés dans les fourrés ou collés aux racines des arbres. Ce sont des nains courts sur pattes, de petits vieillards barbus et ridés, vêtus à la mode paysanne et coiffés de bonnets colorés. Ils travaillent dans les mines, les carrières, les cavernes, et les grottes où ils creusent des galeries à la recherche de minerais. Ils veillent sur les gisements aurifères, les trésors et les gisements de pierres précieuses. Ce sont d’excellents forgerons et de brillants orfèvres.

 

Les Nymphes, Ondines, Sirènes et Néréides symbolisent l’élément aquatique. On parle peu de leurs éléments masculins appelés Ondins. Les Ondines résident dans les lit des rivières et des fleuves, les mares, près des sources, dans les profondeurs des étangs et dans les océans. Ce sont des jeunes femmes d’une très grande beauté, arborant parfois une queue de serpent ou de poisson. Elles exercent sur les hommes une véritable fascination. Leur principale tâche, outre la protection de l’élément eau, semblent être l’amour et les plaisirs qui y sont liés. Les Nymphes sont sans conteste les plus belles mais elles sont aussi jalouses, possessives et cruelles.

 

En tant que divinités de l’eau, elles ont souvent été associées au mythe d’Aphrodite ou de Vénus, symboles de beauté et d’amour, dont on sait qu’elles sont sorties nues des vagues. Les Salamandres gèrent le feu, l’élément le plus dangereux, le plus subtil et le plus difficile à manipuler. Ce sont les esprit les plus éloignés des hommes par leur apparence. On les décrit comme des serpents noirs, de petits tritons vivant dans les flammes. Les Salamandres représentent le feu divin purificateur, celui de l’illumination et de l’éveil. On les classe en quatre catégories selon leur degré de combustion : rouge, orange, jaune ou violette, cette dernière étant considérée comme la plus subtile et la plus élevée.

 

Enfin, les Sylphes, Sylphides et Elfes dominent l’élément air. Ce sont des créatures ailées diaphanes, gracieuses et élancées. Leur apparence se rapproche beaucoup de celle des anges, Elfes et Sylphes revêtant souvent la forme de beaux jeunes gens ailés. Certaines personnes qui croient voir des anges apercevraient en réalité des Sylphes, plus facilement perceptibles car dotés d’un corps moins subtil que celui des célestes messagers. Les Sylphes habitent le ciel et les nuages, les tempêtes et les vents. Ils possèdent un corps entouré d’une aura de couleur rose pâle et bleu azur et se confondent avec le ciel. Leur occupation favorite consiste à modeler les nuages afin de leur donner des formes pensées qu’ils détectent dans l’imagination des hommes. Les Elfes veillent au mécanisme de la photosynthèse des plantes et à leur ensoleillement. Ils sont très attachés aux enfants et à toutes les personnes qui ont su préserver leur âme d’enfant. La taille des Elfes peut varier de la paume d’une main à moins d’un centimètre !

 

 


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Revenons-en aux démons, créatures bien plus terribles. Parallèlement à la hiérarchie angélique établie par Denys le Petit qui répartit les bons anges en neuf catégories distinctes, en fonction de leur situation de « proximité » divine, il existe une gradation d’anges rebelles chargés, selon Edouard Brasey, spécialiste du « merveilleux », de tester nos vertus et notre libre arbitre. Dans son livre « Enquête sur l’Existence des Anges rebelles », il dévoile pour la première fois au public le nom des 72 entités déchues (s’opposant aux 72 bons anges de la kabbale) chargées par le divin de nous conduire au fond de nos enfers intérieurs pour mieux progresser. Aux séraphins s’opposent les « faux dieux » dirigés par Belzébuth ; aux chérubins, les « esprits du mensonge » qui rendent les oracles à la manière de la Pythie de Delphes dont le chef est Python : aux trônes, les « vases du courroux » appelés aussi « vases d’iniquité » présidant aux jeux de hasard et dirigés par Bélial ; aux dominations, les « vengeurs de crimes », les « méchants » et les « criminels » placés sous les ordres d’Asmodée ; aux puissances, les « imposteurs sataniques », magiciens, enchanteurs et fabricants de faux miracles dirigés par Satan ; aux vertus, les puissances de l’air qui envoient les famines, les pestes et les tempêtes avec comme chef Meririm ; aux principautés, les « furies semeuses de maux » qui sèment la discorde, les guerres et les crimes dirigées par Abbadon ; aux archanges, les « accusateurs » et les « exécuteurs » placés sous le contrôle d’Astaroth et enfin aux anges, les « tentateurs » et les « espions » dirigés par Mammon. Et comme la kabbale compte un cœur supplémentaire d’entités par rapport à celle du Pseudo-Denys, il faut aussi tenir compte des « âmes damnées » qui s’opposent aux âmes glorifiées (les saints) et aux guides de lumière et dont le chef est Behemoth, la « Bête », l’antéchrist.

 

Si la hiérarchie angélique transmet nos prières et nos demandes au Seigneur et nous apportent des réponses adaptées prenant la forme de grâce, de dons, plus rarement de miracles, la hiérarchie diabolique attirée par les messes noires et les invocations des sorciers et autres magiciens procède de manière identique avec son maître Satan qui exauce les souhaits de ses adeptes et leur apporte une puissance toute matérielle. N’espérons rien obtenir de lui sur le plan spirituel.

 

Les démons sont nombreux et variés. Voici les créatures infernales les plus connues :

 

Les génies ou djinns

 

Démons supérieurs aux hommes mais inférieurs aux anges, les djinns (en Arabie), djinnian en Iran, djinniler en Turquie, d’une taille souvent gigantesque et à la musculature impressionnante, cherchent sans cesse à tourmenter les hommes et à dresser des embûches sur leurs routes. Ils prennent du plaisir à répandre les maladies, et la folie n’est rien d’autre que la possession par les djinns. Ils sont apparentés aux génies des contes d’Orient. Selon le Coran, les djinns sont des êtres invisibles formés d’air et de feu, créés par Dieu, comme les anges. Ils vivent dans l’air, les flammes, sous la terre et dans la nature, les rochers et les arbres. Ils ressemblent aux humains et ont les mêmes besoins corporels. Il y en a parmi eux de bons et de mauvais. Ils se reproduisent et meurent, bien que vivant plus longtemps que nous. Leur maître se nomme Iblis. Il correspond au Satan des Juifs. Iblis fut chassé par Allah parce qu’il refusa de vénérer Adam, le premier homme.

 

 

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On dit des djinns qu’ils passent beaucoup de temps dans les cieux, à écouter les conversations des anges sur l’avenir du monde. Pour se protéger des djinns, les Arabes invoquent le nom d’Allah qui lance des étoiles filantes sur eux. Les djinns seront soumis au Jugement dernier au même titre que les hommes.

 

Le griffon

 

Le griffon est un animal légendaire grec à tête d’aigle et à corps de lion, consacré à Apollon, dont il est la monture. Emblème héraldique figurant sur des nombreuses armoiries, il a souvent été figuré comme ornement architectural au Moyen Age. Le Griffon a le bec et les ailes d’un aigle, le corps et les jambes d’un lion et parfois une queue de serpent. Il semble être originaire du Proche-Orient car on le retrouve chez les anciens Babyloniens, les Assyriens et les Perses. Son proche cousin est le sphinx issu d’Egypte.



 

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Le Satyre

 

C’est un être à corps humain, à cornes et pieds de chèvre ou de bouc. Il vit dans les bois et est associé à la fertilité.

 

 

 

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Le Sphinx

 

Dans l’ancienne Egypte, les sphinx furent représentés sous forme de statues figurant le pharaon. Le plus connu est le grand Sphinx de Gizeh, près de la pyramide de Khephren. En vertu de ses pouvoirs oraculaires, cette créature fabuleuse à corps de lion et à tête humaine passait pour un démon auprès des érudits. Dans la mythologie grecque, le sphinx est un monstre à visage et à buste de femme, au corps de lion et aux ailes d’oiseau.


 

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Harpie

 

C’est une horrible créature ailée au corps d’oiseau et à la tête de femme qui pousse des cris stridents. En grec, « harpia » signifie « qui vole et saccage ». Virgile, dans l’Enéide, précise que les Harpies ont le visage d’une fillette, des serres d’oiseau de proie et une faim insatiable. Ces messagères du vent ont pour rôle de transporter dans l’au-delà les âmes des défunts. Dans le langage courant, le terme « harpie » est devenu synonyme de mégère.

 


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Le Vampire

 

Créature nocturne infernale par excellence, le vampire le plus connu est sans conteste le comte Dracula dont l’histoire imaginaire fut inspirée d’un prince de Transylvanie particulièrement sanguinaire, ayant réellement existé, Vlad Dracul. Dans les pays Slaves du Sud, la croyance aux vampires se confond avec celle du loup-garou à tel point qu’aujourd’hui, vampire se dit « Vukodlak » (poils de loup). On soupçonne les meurtriers, les voleurs, les prostituées, les magiciens, les sorcières, les hérétiques, les enfants morts nés, les personnes nées avec certaines déformations notamment au niveau des canines, celles dont les rites funéraires n’ont pas été respectés, les suicidés, de se transformer en vampires après leur mort. Après leur mort, le corps des vampires ne pourrit pas. Leur chair reste rose et fraîche, tout comme leur sang. Comme la lumière du soleil les consume, les vampires sortent seulement la nuit. Sous la forme de chauve-souris, ils vont sucer le sang des vivants et peuvent avoir des relations sexuelles avec eux, les vampires exerçant une véritable fascination sur leurs victimes. Il existe de nombreux moyens pour les combattre : l’ail, le pieu dans le cœur, la décapitation, le symbole de la croix…

 

 

  

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Le Lycanthrope ou loup-garou

 

C’est un être humain qui se transforme momentanément en loup à la pleine lune et qui s’attaque aux vivants en leur déchirant la gorge et les entrailles. Ce nom proviendrait de Lycaon, un roi mythique d’Arcadie qui aurait servi à Zeus au cours d’un banquet les membres d’un enfant qu’il venait d’égorger et fait cuisiner. Pour le punir, Zeus le transforma en loup, l’obligeant à hurler dans les campagnes, tout en lui conservant l’ensemble de ses facultés intellectuelles intactes. Le loup-garou possède des yeux étincelants et cruels, et des crocs acérés avec lequel il coupe la gorge des jeunes enfants. Tout homme mordu par un loup-garou le devient à son tour. On tue la bête avec une balle d’argent et on retrouve ensuite son corps redevenu humain, blessé à l’endroit où la balle l’a traversé.

 

La Stryge

 

Etre chimérique qui, en Orient, passait pour un vampire assoiffé du sang des vivants.

 

Le Zombie

 

Du créole zonbi signifiant « fantôme », les zombies occupent une place importante dans le culte haïtien vaudou. Corps de défunts sans âme et sans esprit, se déplaçant mécaniquement, à l’intelligence limitée, les zombies sont capables de répondre à des ordres simples et d’accomplir des tâches manuelles. On croit les sorciers haïtiens capables de ramener les morts sur terre ou d’aspirer les âmes des vivants hors de leur corps. Le zombie devient alors l’esclave de celui qui l’a rappelé et le sert dans un état de transe. Les zombies sont devenus des personnages classiques des films d’horreur et sont réputés avoir un goût prononcé pour la chair humaine bien fraîche.

 

Le Succube et l’incube

 

Du latin « subcubare » signifiant « coucher sous », le succube et l’incube sont des démons lascifs prêts à satisfaire tous les caprices sexuels des humains. Les succubes sont des démons femelles qui s’accouplent aux hommes afin de leur soutirer leur semence afin de la transmettre aux incubes (démons mâles) qui s’unissent aux femmes en espérant les engrosser. Ces démons prennent plaisir à tourmenter les moines et les nonnes qu’ils induisent à la luxure et au péché de chair. Ils tourmentent aussi les jeunes adolescents en phase pubère. Les succubes peuvent également animer momentanément une personne décédée, dont le partenaire, après une nuit d’amour, retrouve le cadavre au petit matin. Incubes et succubes épuisent leurs victimes par des jeux amoureux interminables. Qui a goûté à leurs délices ne peut dit-on plus s’en passer…

 

 

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La Lamie

 

La Lamie est à l’origine un démon du désert de forme féminine qui au lieu de pieds arbore des têtes de dragons. Sa voix ressemble à un sifflement de serpent et ses mains sont crochues. Elle attire les hommes avec ses appâts féminins puis les dévore après leur avoir piqué de son dard mortel. On dit des lamies qu’elles sont friandes du sang des petits enfants. Le terme de « lamies » désigna les sorcières à partir de la fin du XVème siècle.

 

La Goule

 

La goule est une créature nocturne qui déterre les cadavres des cimetières pour s’en repaître quand elle ne peut trouver de victimes plus appétissantes. Elle se transforme en femme séduisante pour attirer ses victimes. Cette créature est apparentée à la lamie et à l’empuse. Elle peut parfois sucer le sang comme un vampire.

 

L’Empuse

 

Démon du midi représenté comme un spectre horrible prenant la forme de chiens, de femmes, de bœufs ou de vipères. Il a un regard atroce, un pied d’âne et un pied d’airain.

 

4. Petit dictionnaire infernal

 

Le concile de Braga qui eut lieu dans la ville portugaise de Braga de 561 à 563, durant le règne du pape Jean III, dressa une liste des principaux démons dans l’ordre alphabétique : Abigor, Abrasax, Adramelech, Agaliarep, Aguarès, Alocer, Amducias, Aamon, Andras, Asmodée, Astaroth, Ayperos, Azazel, Bael, Balan, Bélémoth, Bélial, Belphégor, Belzébuth, Berith, Cayn, Empuze, Eurynomos, Fleurety, Furfur, Lucifer, Lucifuge, Malphas, Mammon, Moloch, Nébiros, Raum, Satanachia.

 

Jacques-Albin-Simon Collin de Plancy (1793-1887) écrivit de nombreux textes sur l’insolite et le fantastique restés des références en la matière. Son œuvre majeure est sans contexte le « Dictionnaire infernal », une sorte de bibliothèque universelle des êtres et des faits en rapport avec les apparitions, la magie, la divination, les sciences secrètes, les grimoires, les faits merveilleux et surnaturels, les traditions et contes populaires. Publié en 1818, il recensa toutes les connaissances de l’époque en matière de démonologie, classa toutes les créatures infernales, en fit une description précise avec de magnifiques illustrations.

 

Voici quelques démons les plus importants :

 

ABADDON ou APOLYON (le Destructeur)

 

Ange exterminateur de l’Apocalypse. Souverain du puits sans fonds. Roi des démons sauterelles. Les chefs d’états et les dictateurs peuvent l’invoquer pour les aider à détruire leurs ennemis.

 

ABIGOR

 

Prince de la monarchie infernale. Démon supérieur commandant soixante légions. Figure comme un beau cavalier, portant lance et sceptre. Il connaît l’avenir et tous les secrets de la guerre. Il se joint aux armées, soutient leur moral et peut modifier l’issue des batailles. Il commande soixante légions infernales.

 

ADRAMELECH ou ADRAMMALECH

 

Grand chancelier des enfers, président du haut conseil des diables. Intendant de la garde robe de Satan. Il a l’apparence d’un paon ou d’un mulet selon les rabbins. Il a été adoré des Assyriens qui brûlaient des enfants sur ses autels.

 

AGALIAREPT

 

Démon transformant la joie en malheur et tristesse.

 

AGUARES

 

Grand duc de la partie orientale des enfers. C’est un seigneur à cheval sur un crocodile, l’épervier au poing. Il enseigne toutes les langues. Ce chef des démons commande à trente et une légions.

 

 

ALOCER

 

Grand duc infernal, vêtu en chevalier, monté sur un cheval énorme, aux traits de lion. Il a le teint enflammé, les yeux ardents et parle avec gravité. Il dirige trente six légions de démons.

 

ALRUNE

 

Démon succube d’où serait issue la nation des Huns. Il prend toutes sortes de formes mais ne peut changer de sexe.

 

AMDUSCIAS

 

Grand duc des enfers. Il sonne du cor et sa musique provoque des tempêtes et emporte les toits des maisons. Il prend la forme d’une licorne mais lorsqu’il est évoqué, il se montre sous une figure humaine. C’est un spécialiste de la musique bruyante. Il commande vingt neuf légions de démons.

 

AMON ou AAMON

 

Dieu suprême des l’ancienne Egypte, grand et puissant marquis de l’empire infernal. Il a la figure d’un loup avec une queue de serpent. Il vomit des flammes. Sa tête est celle d’un hibou et son bec laisse voir des dents très acérées. C’est le plus solide des princes des démons. Il connaît le passé et l’avenir et commande quarante légions.

 

ANDRAS

 

Grand marquis des enfers. Il a le corps d’un ange et la tête d’un hibou. Il chevauche un loup noir. Il suscite les discordes et les querelles et commande trente légions.

 

ASMODEE

 

Démon destructeur qui personnifie l’amour impur et les instincts voluptueux. Il est aux enfers surintendant des maisons de jeu. Il a une queue de serpent, des pieds d’oie, une haleine enflammée. Il se montre à cheval sur un dragon, portant à la main un étendard et une lance. Il apprend aux hommes à se rendre invisible et leur enseigne la géométrie, l’arithmétique, l’astronomie et les arts mécaniques.

 

ASTAROTH

 

Grand duc très puissant. Il a la figure d’un ange fort laid et se montre chevauchant un dragon infernal. Il tient à la main droite une vipère. Il signale sa présence par une épouvantable puanteur. Il possède souvent les corps des humains. Il promet richesses et fortunes à ceux qui l’invoquent.

 

AZRAEL

 

Ange de la mort.

 

BAAL

 

Grand duc très puissant en enfer. Il est parfois désigné comme le général en chef des armées infernales. Il était adoré des Chaldéens, des Babyloniens et des Sidoniens qui lui offraient des victimes humaines, des enfants, pour de belles récoltes ou la déroute des ennemis. On le représente avec trois têtes : celle d’un chat, d’un homme couronné et d’un crapaud. Son torse s’achève en pattes d’araignée.

 

BALAM

 

Démon du suicide. Il prend l’apparence d’une jeune fille angélique et promet l’amour éternel au jeune homme qui accepte de se tuer pour elle.

 

BALAN

 

Souverain infernal. Il est parfois représenté avec une tête de taureau, d’homme aux yeux de braise et de bélier. Il apparaît le souvent nu, portant un épervier au poing, et monté sur un ours.

 

BEHEMOTH

 

Démon lourd et stupide, malgré ses dignités. Sa force est dans ses reins, ses domaines sont la gourmandise et les plaisirs du ventre.

 

BELIAL

 

Démon adoré des Sidoniens. L’enfer n’a pas reçu d’esprit plus épris de vice que lui. Bien qu’arborant un physique séduisant, son âme est hideuse et vile. On le montre parfois sur un char de feu.

 

BELPHEGOR

 

Démon des découvertes et des inventions ingénieuses. Il prend souvent un corps de jeune femme.

 

BELZEBUTH

 

Il est le prince des démons, le premier en pouvoir et en crime après Satan, le chef suprême de l’empire infernal. Son nom signifie le « Seigneur des mouches ». D’une taille prodigieuse, on le figure assis sur un trône immense, le front ceint d’un bandeau de feu, la poitrine gonflée, le visage bouffi, les yeux étincelants, les sourcils élevés et l’air menaçant, les narines extrêmement larges, et deux grandes cornes sur la tête. Deux grandes ailes de chauve-souris sont attachées à ses épaules. Il a aussi deux pattes de canard, une queue de lion, et de longs poils lui couvrant entièrement le corps.

 

BERITH

 

Duc des enfers, grand et terrible, il est connu sous trois noms : Beal, Berith, Bolfri. Il se montre sous les traits d’un jeune soldat habillé de rouge, monté sur un cheval de même couleur, portant la couronne au front. C’est le démon des alchimistes car il change le plomb en or.

 

CAYM

 

Grand président aux enfers. Il prend la forme d’un merle. Lorsqu’il paraît sous forme humaine, il répand du braiser ardent et porte à la main un sabre effilé. Il connaît l’avenir et commande trente légions aux enfers.

 

EURYNOME

 

Démon supérieur, prince de la mort. Il a de grandes et longues dents, un corps rempli de plaies, et pour vêtement une peau de renard.

 

FURFUR

 

Comte aux enfers, qui se fait voir sous la forme d’un cerf avec une queue enflammée. Il prend souvent la forme d’un ange et parle d’une voix rauque.

 

LEVIATHAN

 

Les conjectures sont très diverses quant à l’aspect extérieur du démon Léviathan : serpent de mer ou monstre aquatique, que certains assimilent à la baleine, au crocodile, voire à l’hippopotame. Grand amiral de l’enfer, les démonomanes l’appellent le grand menteur. Il possède souvent les corps des hommes. Il est difficile à exorciser.

 

LILITH

 

Attardons-nous un moment sur cette créature qualifiée de sanguinaire, jalouse, luxurieuse et impudique, tentatrice à la sexualité débridée.

 

Lilith occupe une place centrale dans la démonologie juive. Son nom semble dériver du mot assyro-babyloniens Lilitou signifiant « démon femelle » ou « esprit du vent ». Ces mauvais esprits séduisaient les hommes et mettaient en péril la vie des femmes en couche. L’étymologie hébraïque populaire fait dériver Lilith du mot layil signifiant la nuit, c’est pourquoi elle apparaît souvent sous les traits d’un monstre nocturne. Lilith dirige les incubes et les succubes, pousse les femmes à jouir de leur corps, et leur donne passions et orgasmes érotiques.

 

Lilith serait la première femme issue de la création adamique androgyne. Quand Dieu fendit Adam en deux afin de libérer sa partie féminine, Lilith préféra s’enfuir au-delà des mers. Elle représente l’archétype de la femme rebelle qui refuse d’être soumise à l’autorité masculine telle que Dieu l’avait destinée au départ, exigeant une place égale à l’homme. Lilith fut destinée au profit de la création d’une Eve plus soumise et servile. Pour mauvaise conduite, Lilith se vit reléguée dans le monde des ténèbres, aux côtés de l’ange de la mort Samaël, maître des anges déchus.

 

Lilith serait particulièrement nuisible aux nouveaux-nés. Elle fut souvent représentée sous la forme d’une dévoreuse d’homme, une superbe femme nue au corps recouvert d’écailles. Parfois, elle fut assimilée au serpent rebelle et initiateur de la Genèse qui séduisit Eve. Une autre image de Lilith, est celle d’une femme très belle, coiffée d’une tiare, aux pieds et aux ailes d’oiseau rapace, accompagnée d’une lionne et de chouettes.

 

Dans la démonologie occidentale, Lilith est la reine des Striges, ces démones vampires ailées, munies de serres de rapaces qui attaquent les hommes et les détruisent après leur avoir procuré des plaisirs érotiques. On prête à Lilith une sulfureuse réputation de castratrice toute comme de Lilith est un démon succube qui s’immisce dans les rêves des hommes et provoque des délires érotiques pour engendrer des légions de diables.

 

LUCIFER

 

Voir le chapitre consacré à la chute des anges.

 

MALPHAS

 

Grand président des enfers qui apparaît sous la forme d’un corbeau. Quarante légions lui obéissent.

 

MAMMON

 

Démon de l’avarice. C’est lui qui apprit aux hommes à remuer la terre pour en découvrir les trésors. Le film « Constantine » le présente comme le fils de Lucifer.

 

MEPHISTOPHELES

 

Démon de Faust. Il est après Satan, le plus redoutable meneur des enfers.

 

PAZUZU

 

L’un des sept démons de Babylone. Ailé, ses extrémités sont des griffes. Il est le roi des mauvais esprits de l’air. Sa tête est utilisée pour chasser les autres démons. Dans le film « L’exorciste », c’est lui qui possède le corps de la jeune enfant.

 

SAMAEL

 

Prince des démons qui monté sur un serpent séduisit Eve. C’est encore l’ange de la mort représenté avec une épée, un arc et des flèches. Chez lez gnostiques, il est assimilé à Satan et est le créateur du monde matériel des hommes.

 

SATAN

 

Voir le dossier spécial qui lui est consacré.

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Orphée - dans Esotérisme & Gnose
5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 19:15

4. La Hiérarchie angélique

 

Nous devons la hiérarchie angélique à un certain Denys l’Aéropagite. Membre du Conseil de la Cité (l’aréopage), Denys aurait été converti par Saint Paul au milieu du premier siècle. La tradition rapporte qu’il devint le premier évêque de la ville et qu’il serait mort en martyr. Il fut confondu avec Saint Denys, ancien évêque évangélisateur de la Gaule, martyrisé sur la colline de Montmartre et inhumé en secret dans le petit village de Saint-Denis, en France. Pour éviter toute confusion, on donna à l’auteur de la classification angélique le nom de Pseudo-Denys.

 

Toutefois, ce n’est pourtant pas à Denys l’athénien que l’on doit la célèbre classification des anges car elle ne fut rédigée qu’au Vème siècle, ce qui signifie que son véritable auteur reste inconnu. Il écrivit plusieurs ouvrages traitant des problèmes mystiques, entre autres sur la nature, les propriétés et la hiérarchie des anges. Ses manuscrits furent reconnus comme des œuvres majeures lors du premier Concile de Constantinople, en l’an 533. Le pape Grégoire le Grand, au VIème siècle, évoqua pour la première fois l’organisation des trois triades de la hiérarchie céleste.

 

 

 

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Selon les enseignements du Pseudos-Denys, l’être humain incarné se situe au centre des différents mondes matériels et spirituels, avec les trois règnes minéral, végétal et animal d’un côté, et les trois hiérarchies célestes de l’autre. Uni à la matière par son corps physique, il est aussi relié aux hiérarchies spirituelles et peut contacter les anges par la pensée. Denys révéla l’existence et le rôle des neuf hiérarchies d’entités spirituelles à travers lesquelles l’homme pouvait accéder au divin. La hiérarchie représentait les neuf degrés cosmiques de la sagesse. Sa conception spirituelle évolutive fut bannie par l’Eglise catholique romaine, lors d’un concile en l’an 869 au cours duquel elle rejeta aussi le principe jusqu’alors accepté de la réincarnation.

 

Au-dessus de l’échelle des êtres, brille l’essence divine, lieu de création et finalité de toute chose, centre et âme du monde, astre de vie d’amour, source première, ultime perfection. De ce foyer suprême sont émis les premiers rayons de lumière qui viennent frapper de leur puissance les intelligences les plus parfaites se situant tout autour du trône divin : les Séraphins. Ceux-ci, pareils à de vastes miroirs réfléchissent l’image obtenue sur les entités qui leur sont directement inférieures, les Chérubins. Et ainsi de suite, en un mouvement descendant, la lumière originelle est transmise hiérarchiquement des Séraphins aux Anges, jusqu’aux hommes. Le but de cette gradation est d’unir et d’assimiler à Dieu. Pour avoir le droit de se fondre en lui au terme de leur accomplissement, les êtres ont besoin d’être illuminés, irradiés, purifiés. Cet éveil progressif suit une loi simple consistant à associer diverses créatures entre-elles dans une interactivité permanente.

 

Denys classa les Anges en trois hiérarchies divisées en trois chœurs. Saint Thomas d’Aquin donna un sens à cette structure, en précisant les relations de chaque catégorie d’anges avec Dieu et avec l’homme. La première hiérarchie voit la face de Dieu ; la seconde connaît Dieu à travers la contemplation de l’univers ; la troisième se consacre aux affaires humaines. La hiérarchie angélique est une échelle de pouvoirs, de rôles, de fonctions et de responsabilités. Plus les êtres sont proches de Dieu, plus ils sont purs, leur perfection variant en fonction de leur degré d’illumination et de la place qu’ils occupent au sein de la hiérarchie.

 

1ère Hiérarchie

 

Les Séraphins – Les Chérubins – Les Trônes

 

2ème Hiérarchie

 

Les Dominations – Les Vertus ou Pouvoirs – Les Puissances

 

3ème Hiérarchie

 

Les Principautés – Les Archanges – Les Anges

 

5. Le libre arbitre des Anges

 

Les anges possèdent une personnalité propre. Chacun porte un nom. Toutefois, ils restent dépendants de l’essence divine dans laquelle ils puisent leur puissance et leur lumière. Il paraît à première vue impossible que les anges aient pu se rebeller contre Dieu, à moins qu’ils n’aient été dotés de libre arbitre car seuls les êtres doués d’intelligence peuvent se déterminer librement, seules les créatures animées d’une volonté propre possèdent la libre détermination de leurs actes.

 

Les Pères de l’Eglise ne s’accordent pas entre eux sur ce point délicat. Ils ne conçoivent pas le libre arbitre des anges à l’image du nôtre. Celui des anges se révèle dans son intégrité naturelle, dans sa perfection native. Les anges ne délibèrent jamais car ils ont une préhension directe de la vérité. Leur choix est plus pur que le nôtre. Il n’est pas faussé par les désirs, les émotions. Si l’homme est libre de renoncer à l’amour de Dieu, l’ange n’a pas ce choix car il lui est entièrement soumis.

 

L’ange est une créature intelligente et volontaire, inférieure à Dieu mais supérieure à l’âme humaine. L’Eglise enseigne que les anges furent créés dans un état de bonheur et de grâce perpétuel avec la liberté de choisir entre le bien et le mal. Un certain nombre d’entre eux se révoltèrent contre l’autorité divine, chutèrent et devinrent des démons. Selon l’Eglise, les anges sont des esprits immortels soit purs et saints, soit mauvais et déchus. Apparemment, tous les anges n’étaient pas dévoués à Dieu puisqu’il y eut rébellion et chute.

 

6. Puissance et missions des anges

 

Chaque catégorie d’anges est dotée de la puissance convenant à sa position dans la hiérarchie et à sa mission spécifique. Dans la Bible, les anges sont des entités vigoureuses dotées d’immenses pouvoirs. Ils peuvent s’entretenir avec Dieu, opérer des miracles, détourner les lois naturelles, raser des cités entières, prévoir le futur, se déplacer dans les airs, déclencher l’Apocalypse… Nous ignorons jusqu’où s’étend leur puissance sur la matière mais nous savons qu’ils peuvent agir sur elle, parfois d’une manière surnaturelle. Les Ecritures sont remplies de faits merveilleux, d’actes miraculeux attribués aux anges.

 

Les théologiens pensent que les bons anges exercent une véritable domination sur les démons privés de perfection. Ils les gouvernent à leur guise. Pour Saint Augustin : « L’Ange, déserteur de la vie et dégradé par le péché est régi par l’esprit qui est demeuré vivant, raisonnable, pieux et juste ». Selon Saint Grégoire : « Les Puissances sont des anges supérieurs auxquels sont soumises les puissances opposées. « Selon Saint Thomas, le pouvoir des anges est tel que le dernier d’entre eux commande à Lucifer et se fait obéir de lui.

  

 


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Or, les actualités du monde témoignent de l’incapacité des « Fils de la Lumière » à vaincre les « Fils des Ténèbres ». Si les nages bons et mauvais étaient entièrement soumis et dévoués à Dieu, où se situerait dès lors leur libre arbitre ? Et s’ils n’étaient que des serviteurs, de simples exécutants de sa volonté, exempts de sentiments et de volonté propre, comment auraient-ils pu se révolter ? La tradition est formelle sur ce point, il y a bien eu faute.

 

Dès lors, l’insistance sur la souveraineté absolue de Dieu aboutit à inscrire l’origine du mal dans sa propre création. Son ambivalence devient inévitable. Nous pouvons supposer que le libre arbitre des anges soit limité par les diverses missions que Dieu leur confie et par des lois immuables mises en place depuis la nuit des temps. Les démons sont eux aussi soumis à ces mêmes règles. Les anges peuvent devenir à l’occasion les exécuteurs de la vengeance divine. Devons-nous considérer ces derniers comme de bons ou de mauvais anges ? Pendant de nombreux siècles, les Pères de l’Eglise ont pensé que Dieu donnait aux anges rebelles la charge de ces « corvées ». Mais cette idée paraît simpliste. Dans la Bible, les anges sont les ministres de la bonté divine tout autant que ses rayons vengeurs. Lorsque les anges rebelles furent destitués, c’est l’archange Michel et ses légions qui reçurent pour mission de corriger les infidèles. Ce fut de « bons » anges qui chassèrent Adam et Eve du Paradis. C’est un Chérubin armé d’une épée flamboyante qui fut chargé de leur interdire l’entrée du Jardin d’Eden. Ce seront des anges de Dieu qui présideront à l’Apocalypse et au Jour du Jugement dernier, comme c’est eux qui provoquèrent le Déluge universel.

 



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C’est eux encore qui exterminèrent la population licencieuse de Sodome et Gomorrhe. Les messagers de la colère divine sont toujours des anges. Agissent-ils de gaieté de cœur ? Ont-ils leurs « mots à dire » ? Peuvent-ils refuser une mission qui leur semblerait injustifiée ? Le fait est que les anges peuvent parfois être amenés à exercer des ministères et des missions, en totale contradiction avec l’idée que nous nous faisons du bien.

 

C’est la raison pour laquelle de nombreux théologiens ne leur prêtèrent aucun libre arbitre. C’était l’explication la plus facile. Sans conscience et sans volonté propre, les anges devenaient de simples exécutants placides, effectuant sans état d’âme particulier et sans se poser la moindre interrogation morale, les missions agréables ou douloureuses que Dieu leur confiait. Le mystère reste donc entier… Mais la mission des anges essentielle à nos yeux reste bien entendu celle de « gardien ».

 

La tradition prête à chacun d’entre nous un ami ailé bienveillant, un frère céleste, un confident, un conseiller, un intercesseur. La croyance en l’existence de l’ange gardien se retrouve dans les plus anciens textes chrétiens, chaque fidèle possédant un ange protecteur chargé de veiller sur sa vie. Les Ecritures saintes ne mentionnent jamais explicitement le terme « d’ange gardien », même si elles décrivent le voyage du jeune Tobie avec son compagnon céleste, l’archange Raphaël qui lui déclara être « toujours présent auprès de lui. » La Bible fait par contre souvent référence aux missions de protection dévolues aux anges.

 

Au IVème siècle, saint Basile le Grand affirma que tout être humain était accompagné d’un ange protecteur et pasteur. « Chaque homme a son ange gardien qu’il reçoit en naissant » disait Saint Jérôme. « Il ne l’acquiert qu’après le baptême » affirmait Origène, révélant aussi que « chacun a l’assistance de deux anges, un ange de justice, un ange d’iniquité. Si de bonnes pensées occupent notre cœur et si la justice a produit de nombreux fruits en nous, nul doute que ce soit l’ange du Seigneur qui nous parle ; mais si ce sont de mauvaises pensées qui s’agitent dans notre cœur, c’est l’ange du diable qui nous les suggère. » Selon lui, nous aurions non pas une, mais deux entités à nos côtés, la première nous incitant au bien, la seconde au mal.

 

Les missions des anges gardiens sont nombreuses et diversifiées. Ils nous transmettent tout ce que véhiculent leurs rayons : lumière, sagesse, amour, savoir… Ils nous protègent des dangers et nous en avertissent au besoin. Les anges peuvent adoucir certains moments de crise mais ils ne peuvent agir contre les lois, les forces et les cycles cosmiques. Il agissent en sauveteurs seulement quand cela leur est permis. Les anges assurent aussi le lien avec la divinité. De par leur mission spécifique d’intermédiaires entre le plan physique et les mondes spirituels, ils intercèdent et prient pour nous. Circulant constamment entre notre âme et le divin, ils nous assistent dans nos prières et transmettent toutes nos demandes et requêtes.

 

 

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Les anges nous écoutent, nous consolent et nous aident utilement. Ils sont tout prêts de nous, tels des colonnes resplendissantes de lumière. Grâce à leur situation privilégiée, ils voient les effets dans les causes et les causes dans les effets et donc, ils connaissent l’avenir. Les anges sont nos muses. Ils nous distillent le sens du beau. Par le biais de l’inspiration, de l’intuition, des rêves et de notre petite voix intérieure, ils nous enseignent le sens de l’harmonie et de la beauté. Ils nous donnent de précieux conseils, guident notre créativité, agissent sur notre imagination à travers des impressions plus ou moins vives, des symboles, des images, des sensations, des émotions. Ils tentent de nous inciter au bien de manière inconsciente et douce. A ce titre, ils sont des initiateurs et des instructeurs. Saint Thomas disait que la connaissance des choses célestes nous arrivait par des révélations angéliques. A l’occasion, ils deviennent des « guides » et des « maîtres » spirituels.

 

Les anges exercent une action sur la volonté des hommes soit intérieure soit extérieure. Par l’intérieur, lorsqu’ils nous inspirent, par l’extérieur lorsqu’ils nous font des « signes » nous amenant à suivre une voie plutôt qu’une autre. Toutefois, leurs actions restent limitées à notre libre-arbitre. Enfin, les anges nous accueillent au moment de la mort. De nombreuses personnes au seuil du trépas ont décrit des apparitions angéliques d’une grande beauté. Des individus déclarés cliniquement morts sont revenus miraculeusement à la vie et ont raconté avoir éprouvé le sentiment diffus d’une « présence » accompagnatrice et rassurante.

 

Les puissances et missions bienfaitrices des entités de lumière sont malheureusement contrecarrées par celles appartenant au « camp adverse », c’est-à-dire les démons. Bien que soumis aux mêmes lois, ces derniers possèdent un avantage énorme sur les anges, ils travaillent dans et sur la matière, et ce plan constitue leur terrain de prédilection.

 

La Démonologie

 

1. Introduction

 

La démonologie est liée de près à l’angélologie puisque les démons ne sont rien d’autres que d’anciens anges déchus, c’est du moins ce que la tradition enseigne. La démonologie est la science qui étudie les créatures infernales. Un démon est un être surnaturel capable d’influer sur l’existence humaine, généralement de façon maléfique. Il est présent, sous des formes diverses, dans la plupart des religions.

 

Le mot « démon » vient d’un mot grec ancien, daimon, désignant des êtres intermédiaires qui pouvaient autant améliorer la vie des gens qu’exécuter la sentence des dieux. Le daimon grec n’était pas un être malveillant par nature puisque Socrate avait le sien et qu’il s’en portait fort bien. La démonologie enseigne que les anges eurent le choix entre le bien et le mal. Certains choisirent le mal, s’éloignèrent de Dieu et devinrent des anges des ténèbres. Les objectifs de la démonologie sont d’opérer une classification des mauvais esprits, de connaître leurs histoires, de comprendre la manière dont ils opèrent et de tenter de les invoquer afin d’obtenir leurs faveurs.

 

 


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Les démons sont des entités maléfiques qui, au même titre que les anges, président aux destinées humaines mais dans un sens négatif. Considérés comme « nécessaire » au dogme puisque s’opposant aux anges de bien, les démons se sont vite trouvés une physiologie, un domicile et des occupations. En se basant sur l’angéologie babylonienne et hébraïque, on affirma que les anges déchus peuplaient la terre.

 

Ils étaient partout, notamment dans l’air et n’avaient qu’un but, nous inciter au mal en permanence. Pratiquement absent aux débuts de la pensée juive, le diable et son armée devinrent peu à peu des acteurs essentiels. Les premiers livres de l’Ancien Testament ne laissent apparaître que quelques rares créatures maléfiques dont, la plus connue est sans conteste le serpent. Aux Egyptiens, les Hébreux empruntèrent l’idée que les démons résidaient dans des lieux désolés. Dès lors, le désert devint un lieu peuplé de serpents brûlants et d’étranges êtres ailés. Dans le Lévitique, Azazel, le démon du désert, reçoit le bouc émissaire chargé des impuretés d’Israël. Sur les montagnes règnent des monstres velus, caprins ou bovins auxquels on offre des sacrifices. Peu à peu, l’imaginaire juif se peuple de créatures diaboliques inspirées par les dieux des civilisations rencontrées au cours de l’Exode (à Babylone notamment).

 

Job cite deux monstres primordiaux, Béhémoth et Léviathan, décrits respectivement comme un hippopotame et un crocodile. Job et Isaïe parlent de Lilith (la première femme d’Adam), un redoutable démon femelle dévoreuse d’enfants. Le Livre de Tobie présente Asmodée comme le pire des démons, celui qui tua les sept maris de Sara. Dans les Evangiles, les démons sont appelés des « esprits immondes », des « esprits damnés » ou encore des « esprits agités ».

 



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Par opposition aux anges demeurés dans la clarté, Satan et ses disciples ne pouvaient être que « noirs. Le diable prit, sous l’influence de l’Eglise, particulièrement durant le Moyen Age, une dimension de plus en plus effrayante. Autant les anges de lumière représentaient un idéal de sublime perfection, autant les démons et leur maître furent figurés comme des êtres monstrueux capables de se transformer à volonté pour mieux duper les mortels. Comme l’Eglise accordait au diable un physique polymorphe, aucune règle ne fut imposée aux artistes chargés de le représenter. L’important était de lui donner un aspect repoussant afin de l’opposer à la beauté de Dieu et de ses anges, et bien évidemment de tétaniser les fidèles.

 

Des créatures hybrides effrayantes et hétéroclites, des hommes insectes, oiseaux ou mammifères aux têtes multiples furent figurées avec un rare talent par le peintre belge Jérôme Bosh, dans un véritable « fourmillement diabolique ». Devant l’imagination débridée de certains artistes, l’Eglise dut se résoudre à interdire, par le Concile de Trente en 1563, certaines images jugées grotesques, scandaleuses ou provocantes, particulièrement dans les lieux de culte. Les portraits fantastiques brossés par les légendes venues d’Orient, les visions tourmentées des moines et des nonnes dans les couvents, les sermons des prêtres durant les offices exhortant les fidèles à avoir peur du malin, alimentèrent les aveux des sorcières soumises aux supplices de l’Inquisition. Elles avouèrent n’importe quoi, même les descriptions les plus extravagantes.

 

Si jadis, le diable effrayait les peuples, aujourd’hui magie et sorcellerie font plutôt recette. « Harry Potter » est le livre le plus vendu dans le monde après la Bible ! Cette littérature d’apparence anodine et les films qui lui ont été consacrés constituent auprès de la jeunesse une incitation à l’esprit satanique. Depuis leur sortie, les associations de sorciers n’ont jamais reçu autant de demandes d’adhésion ! De nos jours, la fête d’Halloween a remplacé la traditionnelle fête de la Toussaint. Extérieurement festive, elle pousse insidieusement les jeunes à s’intéresser à la magie noire. Elle les incite à aimer ce qui est laid. Films d’horreur et jeux vidéo font le reste. Blasés, les jeunes réclament des sensations de plus en plus fortes.

 

Dans une société en manque de repères, les adolescents ne croient plus en Dieu ni à ses anges, au demeurant parfaitement absents de notre monde. Si Dieu promet un utopique paradis, après bien des privations, Satan pour sa part offre des réalités concrètes à savourer immédiatement comme la drogue et le sexe. Que demande-t-il en échange ? Presque rien – votre âme – que vous lui cédez, au bas d’un parchemin signé de votre sang. Ce pacte que sorciers et sorcières passaient jadis avec le démon leur conférait la puissance magique mais condamnait leur âme à vivre pour l’éternité dans les tourments de l’Enfer, c’est du moins ce que prétendait l’Eglise. Un fait est sûr, Satan a beaucoup plus d’atouts dans son jeu que son « adversaire » et nous constituions à ses yeux des proies bien faciles…

 

2. Apparence des démons

 

Les démons ont leurs propres caractéristiques physiques. Certains gardent une apparence relativement humaine, d’autres arborent des formes polymorphes mélangeant des animaux connus ou légendaires. Chaque démon a ses spécialités et peut être invoqué de manière à agir dans ses domaines de prédilection. Nous n’aborderons pas dans ce dossier l’invocation des démons, de la manière que nous n’avons pas évoqué la magie angélique, par manque de place, et aussi parce que nous ne souhaitons pas inciter nos lecteurs à de telles pratiques.

 

Nous avons du diable et de ses légions une vision naïve. Les caractéristiques physiques grotesques qui lui ont été attribuées en Occident, provenaient d’anciennes représentations orientales : un nez en bec de vautour, des oreilles pointues, des ailes de chauve-souris, des cheveux hirsutes, de longues dents acérées, des pieds et des cornes de bouc, une queue et une langue fourchues, des sabots de cheval…

 



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Satan représente l’image même de la bestialité, de l’instinct animal, des forces primitives. On a mis en exergue sa cruauté et la bassesse de son âme. Ses traits hideux, son corps difforme rappellent qu’il n’est que le « singe » de Dieu. On l’a représenté avec des visages sur son bas-ventre ou sur ses fesses que sorciers et sorcières devaient embrasser lors des sabbats au moment du baiser infamant ou osculum infame. Satan est un traître, un fourbe, un menteur habile et rusé. Il règne sur un kyrielle de créatures infernales plus abominables les unes que les autres et s’incarne en une multitude d’esprits retords formant les soldats de son armée. Etre hybride, Satan est une créature dotée d’une grande capacité de transformation.

 

Il peut prendre l’aspect d’êtres hybrides mi-hommes mi-animaux, sortes de dérivés des satyres de l’Antiquité, de faunes (hommes chèvre avec des cornes de bouc et des pieds fourchus). La plus rusée de toutes les créatures vivantes que le diable peut incarner est bien évidemment le serpent, préfigurant le mal dans l’Ecriture. Il est le tentateur par excellence. On le figure, enroulé autour de l’arbre de la connaissance et parfois, on l’affuble d’une tête humaine. L’image du serpent est destinée à souligner son côté luxurieux et répugnant. Le diable prend aussi l’apparence d’un dragon, animal redoutable crachant du feu et possédant deux ou quatre pattes, une queue de reptile, un corps recouvert d’écailles et une ou plusieurs têtes monstrueuses. Saint Jean, dans son Apocalypse, présenta Satan comme un dragon couleur de feu avec sept têtes et dix cornes.

  


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Il évoqua aussi un « un léopard, avec des pieds d’ours et une gueule de lion. » Le malin prend souvent plaisir à se montrer sous l’apparence d’une bête sauvage : « Le diable, comme un lion rugissant, rôde cherchant qui dévorer » lit-on dans la Bible. L’image du lion indique sa puissance et la royauté qu’il exerce. Si l’ours est avide, le lion est fier et orgueilleux. Le renard, associé à la ruse et à la malice est un autre symbole du diable tout comme les rapaces, les chauve-souris, les oiseaux nocturnes, les aigles, les vautours et les insectes nuisibles.
 

 

Il se révèle également à travers des « harpies » empruntées à la mythologie antique, de harpies, de « chimères », de centaures et de griffons. Avec le recul, la manipulation iconographique chrétienne paraît évidente. Au début, le diable avait une forme humaine sans aucune connotation effrayante. C’est sous la pression ecclésiastique qu’il prit une dimension repoussante. La première apparition figurée de Lucifer se trouverait, selon l’ouvrage « Les Anges et les Démons » de Sophie Cassagnes Brouquet, dans l’église égyptienne de Baouit. Le diable y serait montré sous les traits d’un bel ange. Seule la couleur sombre de sa peau permettrait de le distinguer. Lucifer n’était-il pas le plus bel ange de Dieu ? Aurait-il pu séduire Eve, s’il en avait été autrement ? N’évoque-t-on pas régulièrement la « beauté » du diable ? Bref, peut-on attraper les mouches avec du vinaigre ? Nous ne le pensons pas. Nous attirons votre attention sur le fait que Lucifer et Satan sont deux entités distinctes ayant « fauté » de manière différente. Il y a chute et chute !

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Orphée - dans Esotérisme & Gnose
5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 18:34
Anges et Démons

 

L’éternel combat des Fils de la Lumière
contre les Fils des Ténèbres

 


Toutes les religions reconnaissent l’existence d’un monde spirituel peuplé d’entités exerçant une influence positive ou négative sur notre univers physique. L’existence des anges et des démons est confirmée à maintes reprises dans les textes sacrés. Si certaines entités arborent des ailes magnifiques et sont d’une lumineuse beauté, d’autres portent des cornes et des ailes de chauve-souris et sont d’une laideur repoussante. Durant le Moyen-âge, les anges étaient considérés comme les principes animant l’univers et les éléments, les agents personnifiant la nature. On leur attribuait le mouvement des corps célestes. Ils étaient sensés gouverner les planètes.

 


 
 

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Nous retrouvons cette idée dans le Talmud et la Kabbale, cette dernière attribuant chaque planète à un ange régent et la direction de chaque degré du zodiaque à un ange servant. Un grand nombre d’anges préside aux mouvements des galaxies, des étoiles et des astres célestes. Ils sont responsables des cycles, de la lumière, de la vie et des principes de l’univers. Nous considérons les anges comme des messagers, de serviteurs zélés de la divinité qui exécutent sa volonté. Nous leur prêtons généralement un rôle de gardien, de guide, d’initiateur. Pourtant, il n’existe aucun passage dans la Bible mentionnant que Dieu créa des esprits pour le servir. De même, aucun texte sacré n’évoque jamais le terme « d’ange gardien ». En réalité, nous savons très peu de choses sur les anges, leur création, leurs rôles et leurs missions. Les théologiens se contredisent quant à leur nature, leurs actions sur le monde et leur éventuel libre arbitre.

 

Si certaines entités conservent l’ordre et l’harmonie, d’autres apportent troubles, confusions, désordres et chaos, cherchant à nous induire au mal et à détruire l’œuvre du Créateur. Selon Origène (Père de l’Eglise du IIIième siècle) « tous les hommes sont assistés de deux anges, le mauvais qui le pousse au mal, et le bon qui le pousse au bien. » Il disait : « Il est manifeste, et on peut montrer par de nombreux indices que l’âme humaine, tant qu’elle est dans le corps, peut recevoir des opérations diverses correspondant à la diversité des esprits bons et mauvais. Les esprits mauvais corrompent l’âme sensitive et intellectuelle par des pensées variées et des suggestions coupables. Au contraire, on reçoit l’opération du bon esprit quand on est mû et poussé au bien et inspiré de choses célestes et divines. » (De Principis, III, 3,4 p. 260). Pour arriver à leurs fins, les démons se servent de la tentation, de l’exacerbation des désirs matériels et charnels, des pulsions animales instinctives présentes en chacun de nous.

 

Au besoin, ils vont jusqu’à posséder l’âme des fidèles. Le Christ institua les vertus du baptême destinées à casser la prédominance naturelle des démons sur l’âme humaine et à la vouer à Dieu, ce qui n’empêche nullement le diable de tourmenter les hommes jusqu’à leur mort. Les nations ont également leurs anges protecteurs tout comme leurs démons qui les poussent à la guerre et à la destruction. Le monde monastique où règne le jeune, la prière et l’ascétisme est un univers clos très prolifique en matière de réalités démoniaques, le diable semblant prendre un malin plaisir à jouer aux pénitents tous les tours possibles, utilisant les tentations, la luxure, la vanité, les sévices corporels, les souffrances morales…

 

 

 

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Parfois, il revêt l’apparence d’un ange de lumière pour mieux tromper son monde. Au fil des épreuves, l’Eglise est devenue experte en démonologie et assure la formation de prêtres exorcistes chargés, à l’image du Christ, de chasser le malin du corps des possédés. Toutefois, elle reste dans une prudente réserve quand il s’agit de parler des démons comme des anges d’ailleurs… Parallèlement, magiciens et sorciers ont, grâce à leurs contacts permanents avec les forces des ténèbres, pu identifier un certain nombre d’esprits malins et les domaines dans lesquels ils agissent. Ils ont établi un certain nombre de règles destinées à se protéger de leurs attaques, à obtenir de leur part des faveurs et la réalisation de leurs souhaits matériels.

 

Les perceptions et les expériences de ces hommes, voués au bien comme au mal, ont enrichi de manière considérable nos connaissances des mondes tant angéliques et démoniaques. Des écrivains comme Dante, des peintres tels Jérôme Bosch ont mis en scène des visions infernales, des descentes aux enfers et des montées au paradis qui eurent un impact non négligeable sur le public. Les anges comme les démons se dévoilèrent largement dans l’imagerie populaire, l’art sacré et la littérature. Durant le Moyen Age, l’Eglise se livra, à travers l’Inquisition, à une chasse aux sorcières exemplaire. Si les entités célestes bénéfiques et maléfiques sont présentes dans notre espace, la science nie toujours leur existence. Fière de ses conquêtes basées sur un rationalisme totalement dénué de spiritualité, elle se refusa à exercer ses expérimentations sur un espace inexplorable (selon ses critères) et sur des créatures incorporelles ne pouvant être appréhendées selon les lois qu’elle s’est fixées. Il n’empêche que nous assistons à une résurgence dans la croyance populaire des anges et des démons, et à un désir croissant de communiquer avec eux.

 

Si comme nous le pensons, ces créatures vivent dans des mondes parallèles de conscience interférant constamment avec le plan terrestre, et si elles travaillent au niveau des causes, alors que nous vivons dans le monde des effets, il est primordial de nous inquiéter de leurs actions et de leurs plans. La meilleure arme de ces êtres est notre cécité. Limité par les trois dimensions de notre espace matériel, prisonnier du temps et de nos cinq sens, nous sommes pareils à des aveugles. C’est pourquoi, nous devons apprendre à reconnaître les traces de leur présence et de leur passage, celle de leur action subtile sur nos consciences. Nous devons parvenir à les identifier de manière à pouvoir (peut-être) déjouer leurs plans, et chercher à nous entretenir avec eux au niveau du conscient afin d’obtenir de l’aide et des conseils. Seul un éveil de conscience global nous permettra de sortir de notre rôle de « pions » pour devenir des acteurs véritables de notre destin.



 

Jardin des delices

 

  

Le « monde astral » (univers vibratoire parallèle) où errent les esprits des décédés en manque de repère ainsi qu’une kyrielle de larves et d’esprits infernaux en quête de proies humaines constitue la « poubelle invisible » dans laquelle nous rejetons toutes nos angoisses, nos fantasmes et nos émotions négatives. Cette frontière vibratoire forme un écran entre le plan matériel et les autres plans spirituels, un passage obligé, une sorte de purgatoire au-delà duquel s’étagent les différents plans de conscience allant du plus dense (le plus obscur) au plus subtil (le plus lumineux). C’est dans cet espace d’émotions pures que les démons et leur maître Satan puisent toute leur énergie vitale. A l’opposé, c’est de nos émotions d’amour, de paix et sérénité dont se repaissent les anges.

 

L’angélologie est liée de près à la démonologie, anges et démons semblant se servir des humains comme des esclaves pour asseoir leur puissance et remporter la bataille finale. Nous évoluons dans un monde dualiste où deux principes opposés s’affrontent. Le premier est bon, c’est le « Prince des Lumières ». Le second est fondamentalement mauvais. Il est le « Prince des Ténèbres ». Ils dirigent l’un et l’autre une véritable armada d’esprits qui leur sont subordonnés. C’est le Dieu unique qui a créé ces deux armées destinées à lutter l’une contre l’autre jusqu’à la fin des temps, dans un combat eschatologique où l’homme est appelé à choisir son camp. Le terrain de cette bataille permanente, c’est la terre.

 

La créature humaine reçoit dès sa naissance un ou plusieurs représentants de chaque armée. Elle est douée pour le bien comme pour le mal mais la part de beauté et de laideur n’est pas distribuée à part égale chez tout le monde. C’est ce qui crée la diversité des âmes, des esprits et des consciences. C’est là où réside toute l’importance de notre libre arbitre. Selon Origène, Dieu a créé le monde spirituel et des hiérarchies pour le servir qui se sont mises en place suivant leur degré de fidélité. Dans cette classification, les démons se trouvent au niveau le plus bas, le plan matériel, c’est-à-dire la terre. A propos de la chute des anges, il écrit : « Avant les siècles, tous les esprits étaient purs, démons, âmes et anges, servant Dieu et accomplissant ses commandements. Le Diable qui était l’un d’eux, voulut s’opposer à Dieu et Dieu le rejeta. Toutes les autres puissances tombèrent avec lui. Les unes ayant beaucoup péché devinrent les démons ; les autres qui avaient moins péché devinrent les anges. Restaient les âmes qui n’avaient pas assez péché pour devenir des démons, ni n’étaient assez légères pour devenir des anges » (De Principis, I, 8, 1, p. 96). Etait-ce les créatures humaines qu’il évoquait en parlant de ces âmes pas assez pures pour devenir des anges et pas assez mauvaises pour être des démons ?

 

Angélologie

 

1. Historique

 

Le concept d’êtres spirituels intermédiaires entre Dieu et les hommes est essentiel dans toutes les croyances. L’origine de l’histoire des anges prend sa source dans les anciennes civilisations assyro-babyloniennes. D’un point de vue archéologique, toutes les pistes convergent vers la civilisation de Sumer. C’est de plus de trois mille ans avant notre ère que datent les premières représentations de génies ailés mi-humains, mi-animaux découvertes en Irak.

 

  


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Les précurseurs les plus connus des anges sont les personnages ailés décorant les palais assyriens, des génies protecteurs représentés sous la forme de taureaux androcéphales ailés appelés lamassus, chargés d’éloigner les mauvais esprits. Il existait une multitude d’entités sculptées en relief sur la pierre, représentées tantôt sous l’aspect d’un être humain ailé, tantôt sous celui d’une silhouette ailée mi-humaine pour le corps, mi-animale pour la tête. Ces génies tantôt bons, tantôt mauvais constituaient l’un des grandes préoccupations de la religion d’Assour et de Babylone. Les bons génies appelés shedu, lamassu ou encore karîbu, figurés sous forme de taureaux ailés ou d’aigles, assuraient un rôle protecteur pour les hommes, portaient aux Dieux leurs hommages et attiraient sur eux leurs faveurs, affirmant déjà leur nature de gardiens et de messagers. Les « anges » de la statuaire assyro babylonienne avaient un aspect plutôt monstrueux et imposant. Ils arboraient une double paire d’ailes supérieures et inférieures se réunissant au milieu du dos.

 

Du fait de leur exil à Babylone, les Hébreux furent fortement influencés par ces représentations. Les kâribu se muèrent en « chérubins » décrits par Ezéchiel dans sa vision du char céleste. En Grèce apparurent des créatures célestes représentant le plus souvent des déesses comme Aphrodite, des nymphes ailées et des dieux comme Eros ou encore Hermès, le messager aux sandales ailées, au casque d’Hadès, portant le caducée. Les Grecs divinisèrent la victoire sous le nom de Niké, messagère des Dieux. Les Romains avaient aussi leurs victoires. Elles étaient les garantes du pouvoir impérial.

 

Dans les religions polythéistes, les dieux interféraient directement avec les hommes, ce qui n’empêchait pas l’existence de figure surnaturelles intermédiaires. C’est au terme de nombreux bouleversements qui agitèrent le monde antique que les anges apparurent en tant que messagers subordonnés à un Dieu unique. L’ange n’apparut de manière spécifique que dans les religions révélées comme le Christianisme (Ancien et Nouveau Testament), le Judaïsme (Ancien Testament) et l’Islam (Coran) qui mirent en exergue l’existence d’un seul Dieu, créateur du monde, un être distant qui avait besoin, du fait de sa transcendance, d’êtres intermédiaires entre lui et sa création. Seules les traditions monothéistes développèrent une science des anges.



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Dans les Ecritures, les anges apparaissent comme les plus fidèles serviteurs du Seigneur. L’angélologie ou angéologie est la science qui étudie les anges. Dans la tradition chrétienne, les anges sont des médiateurs, des serviteurs de Dieu qui exécutent ses ordres. Ils l’assistent dans le gouvernement du monde et le glorifient constamment, à travers des louanges et des chants d’adoration. Dans la Bible, les armées angéliques forment une vaste cour autour de Yahvé. Dieu se sert aussi des anges pour révéler les messages qu’il destine à son peuple. A travers une hiérarchie de rôles, de missions et de pouvoirs, les anges se transmettent mutuellement la lumière divine qu’ils réfléchissent, en distribuant au passage une partie aux êtres humains, les faisant progresser dans la voie de la perfection. Parallèlement à ce courant d’énergie « descendant », existe un courant « ascendant » élevant les prières et les intentions des hommes jusqu’à leur créateur.

 

Les Ecritures font souvent référence à « l’Ange de l’Eternel », sorte de manifestation personnelle du Dieu dans des circonstances données. Son esprit, sa force, son verbe, sa lumière, ses vertus et sa volonté sont véhiculés par les anges dont le nombre est infini. Les Ecritures évoquent des myriades de myriades d’entités célestes formant une vaste armée dirigée par l’archange Saint Michel. Albert le Grand, philosophe et théologien du XIIIe siècle, ne comptait pas moins de 66.666 légions de 66.666 anges, soit un total de 4.444.355.556 ! Ce grand nombre est confirmé par la définition même du mot « Dieu » tiré de l’hébreu « Elohim ». « Elohim » est le pluriel de « Eloah » signifiant « Le Tout Puissant ».

 

Il exprime une pluralité de puissances indiquant des distinctions internes dans la divinité, la possibilité de la présence d’un grand nombre d’être spirituels constituant autant d’émanations de son rayon. L’essence de Dieu est entièrement contenue en chaque ange et chaque ange représente une partie de la nature divine. Dans la Bible, les anges sont mentionnés à de nombreuses reprises. Ils sont les Chérubins gardant l’entrée du Paradis, ceux placés sur l’Arche d’Alliance, les anges destructeurs de Sodome, les messagers de Dieu (annonciation à Marie), les protecteurs des hommes (Tobie et l’archange Raphaël, Daniel sauvé de la fosse aux lions), les armées de Dieu (combat de Saint Michel contre Satan), les révélateurs et les initiateurs (explication du sens caché de certains rêves ou visions)…

 

Avec la venue du Christ, les créatures angéliques furent reléguées au second plan et apparurent essentiellement comme des serviteurs. Elles ne constituèrent plus le lien unique permettant à Dieu de se révéler aux hommes et aux hommes de s’entretenir avec lui. La venue de Jésus empêcha tout culte ou idolâtrie déplacée à leur égard, le fils de Dieu étant définitivement déclaré « supérieur aux anges ». L’idolâtrie aux anges fut dénoncée par Saint Paul dans son Epître aux Collossiens, II, 18-19 : « Ne vous laissez pas frustrer par les gens qui se complaisent dans « l’humilité » et le « culte des anges » au gré de leurs visions ; ils sont gonflés de vanité par la pensée de leur chair ». Le culte des anges fut révoqué par le Concile de Laodicée, dans la seconde partie du IVème siècle qui déclara : « Les Chrétiens ne doivent pas vénérer superstitieusement les anges et en introduire le culte idolâtre. »

 

Dans leur dévotion envers leur Dieu unique, les Hébreux transformèrent toutes les déités vénérées par les peuples du Moyen Orient et de Mésopotamie avec lesquels ils furent en contact, en anges servants. D’après le Talmud, les noms des anges vinrent avec les Israélites de Babylone (597-538 avant J.-C.). S’inspirant de l’art mésopotamien, leurs artistes et écrivains dotèrent les anges d’ailes, de morphologies anthropomorphes (mi hommes mi animaux) et se prirent d’intérêt pour le nom et le rang des anges. Ils héritèrent de ces traditions la conception dualistes de l’univers avec la croyance en des anges bienfaisants et des anges destructeurs en rébellion contre Dieu. La communauté juive de Qumram (Esséniens) considéraient le monde comme un vaste champ de bataille opposant « L’Esprit de Vérité » et « l’Esprit du Mal », ce dernier étant une puissance angélique opposée à Dieu du nom de Bélial.



 

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Si l’existence des anges est tenue pour acquise dans la pensée juive, ils ne tiennent pas pour autant une place importante. Ils ne sont que des intermédiaires entre le monde créé et son inaccessible Créateur. Le Judaïsme reconnaît deux catégories d’anges : ceux qui sont porteurs d’un message et s’adressent à un individu en particulier et ceux qui chantent les louanges du Seigneur. Au Ier siècle avant J.-C. pointa un Judaïsme mystique dans lequel l’initié avait besoin du secours des anges pour franchir les sept cieux et accéder au trône divin. Divisés en une hiérarchie ordonnée, les anges reçurent des noms et revêtirent un pouvoir invocatoire magique.

 

S’inspirant des traditions du Judaïsme et Christianisme considérées comme des révélations authentiques ayant précédé la révélation de Mahomet, l’Islam et le Coran mentionnent souvent les anges, principalement Jibril (Gabriel), le transmetteur de la révélation, les démons et les djinns. Tout fidèle est tenu de croire en l’existence des anges, des génies, des démons et des mondes invisibles. Chaque catégorie d’anges est chargée d’une mission spécifique. Certains sont responsables de la marche du monde, des cieux et de la terre, de l’action des planètes, du soleil, de la lune, des vents, de nuages, de la pluie, des plantes et des animaux…

 

Pour l’Islam, les anges appelés « malak » (messagers) sont faits de lumière et les démons de feu. Les anges sont dépourvus de tentation et purifiés de tout désir. Ils n’ont pas de sexe mais possèdent des ailes dont le nombre est variable. Allah a accordé aux anges la faculté de se métamorphoser en fonction des missions dont il les charge. Le plus souvent, ils arborent une apparence humaine et sont d’une grande beauté. Il existe aussi des anges soldats dont le nombre est connu de Dieu seul. Aucun ange ne peut désobéir au Tout Puissant.

 

Les anges du mal comme les anges du bien sont sous son contrôle. Puisqu’il existe sept cieux dans l’Islam, les anges sont répartis en sept classes différentes. Les principaux anges sont Jibril (Gabriel), Mickaël (Michel), Izrâil (Azraël) et Isrâfil (Séraphiel). Les anges de l’Islam sont aussi des observateurs et des scribes. Ils enregistrent scrupuleusement toutes les actions des hommes, notent par écrit chaque parole, recensent fidèlement tout ce qui les concerne. Le Jour de la Résurrection, chacun de nous prendra connaissance de son livre personnel.

 

Les anges protègent les fidèles contre les démons et les ennemis de la religion car l’Islam a son diable. Il porte le nom d’Iblis. Il est le « shaytan » (Satan) des Hébreux et le Lucifer déchu des Chrétiens. Iblis est le personnage à travers lequel Dieu introduit la notion de mal dans l’histoire de l’humanité. Le diable a sous ses ordres des légions de shayatins, des djinns voués à une mission unique, celle de détourner l’homme de sa destination finale, le Paradis. Dans la tradition islamique, les djinns sont considérés comme des êtres à part entière, soumis au jugement final.

 

2. Définition, nature et origine des anges

 

Le mot ange dérive du latin angelus, transcription du grec aggelos, signifiant « messager », « émissaire ». En hébreu, l’ange porte le nom de malakh, signifiant également « messager ». Le mot malakh dérive de la racine laakh qui en langue sémitique évoque une mission, un service, une charge. Le mot ange désigne une fonction, non une nature. L’ange assure le lien entre le Créateur et sa création.

 

Saint Grégoire de Nazianze et plusieurs autres Pères de l’Eglise d’Orient pensaient que les anges existaient depuis longtemps quand Dieu créa le monde mais cette idée fut rapidement abandonnée. La plupart des théologiens d’aujourd’hui s’accordent pour dire que les anges furent créés par Dieu, au même titre que les hommes. Toutefois, l’époque de leur apparition reste imprécise.



 

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La Genèse se borne à révéler qu’au commencement « Dieu créa le ciel et la terre ». Saint Augustin et Saint Grégoire déclarèrent que quand il était dit que « Dieu créa le ciel », il y incluait évidemment ses habitants. Avec d’autres Pères de l’Eglise, ils prétendirent que les anges furent englobés, soit, dans la création du ciel, soit dans celle de la lumière. Les Ecritures révèlent que « Dieu créa, en six jours, le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils renferment ». Selon Saint Thomas, « il est croyable que Dieu les fit (les anges) quand il produisit l’œuvre des six jours. » Il est improbable que Dieu ait donné naissance à des créatures spirituelles avant de leur assigner un lieu de résidence, tout comme il attendit de créer la terre pour former l’homme et les animaux.

 

Dieu enfanta l’essence immortelle puis l’habilla d’une substance mortelle car il avait besoin d’aide pour entreprendre son vaste programme de créations matérielles. Les peuples du ciel furent créés pour seconder la divinité dans ses œuvres. Le psaume 33, verset 6, affirme : « Les cieux ont été créés par la parole de l’Eternel et toute leur armée, par le souffle de sa bouche ». Même déclaration chez Néhémie, chapitre 9, verset 6 : « Toi seul, tu es l’éternel. C’est toi qui as fait les cieux, les cieux des cieux et toute leur armée. » Selon Saint Thomas, les anges furent créés dans le lieu le plus élevé du monde, le ciel empyrée. L’idée d’un firmament surplombant toutes les sphères célestes des cosmogonies antiques prit naissance au XIIIème siècle.

 

Ce « dixième ciel » selon Saint Thomas d’Aquin était le lieu de résidence de Dieu, des anges et des âmes bienheureuses. Au Moyen Age, cet endroit fut figuré par une série de cercles concentriques. Ce véritable dôme ampli d’une lumière resplendissante détermina l’iconographie traditionnelle du Paradis. Saint Isidore prétendit que le « ciel le plus sublime était celui des anges. » Pour ce qui est de leur nature, l’Eglise catholique considère les anges comme des substances incorporelles, intelligentes et supérieures aux hommes. Saint Justin pensait qu’ils ne nourrissaient de manne céleste, leur conférant une « texture », corporelle particulière.

 

Clément d’Alexandrie, Tertullien, Saint Ambroise, Origène, Saint Augustin les disaient revêtus d’un corps « éthéré ». D’autres les voyaient comme des êtres purement spirituel pouvant à l’occasion prendre « l’apparence humaine ». Le second concile de Nicée, en 787, accepta le principe d’une nature « subtile » et toléra leur représentation. Si nos artistes inspirés ont amplement représenté les célestes messagers, si les témoignages des saints, des mystiques et des êtres humains sauvés par les anges ont fourni des éléments (parfois contradictoires) sur leur apparence et leurs rôles, ont peut se demander si ces personnes n’ont pas tout simplement aperçu ce qu’ils avaient envie de voir ou ce qui leur était « permis » de voir. Il est possible que les anges aient adopté une forme plaisante pour ne pas les effrayer. Les anges projettent dans notre inconscient collectif des images qui ont varié en fonction des époques, des civilisations et des cultures.

 

A travers les siècles, les hommes les ont représentés comme des êtres hybrides, des déesses de la victoire, des nymphes, des fées, des sylphes, des esprits de la nature, des bébés ailés roses et tendres, des silhouettes diaphanes et aériennes, des personnages au sexe ambigu habillés de vêtements liturgiques ou d’aubes de communiants, des soldats cuirassés armés d’épées flamboyantes, des êtres lumineux habillés de blancs et ceinturés d’or, des créatures humaines auréolées de lumière…

 

Les anges sont constitués d’énergie vibratoire et ondulatoire reflétant la lumière, l’esprit et l’amour de Dieu. S’ils sont de purs esprits résidant dans les mondes supérieurs de conscience, il leur arrive de temps à autre de prendre l’apparence d’êtres et de femmes de chair. Cette double facette, à la fois spirituelle et matérielle, a généré de nombreuses interrogations sur leur nature et même sur leur sexe. Les anges empruntent les formes qu’ils leur conviennent, en fonction de la catégorie à laquelle ils appartiennent, de leurs rôles et des missions, que ce soit pour dialoguer entre eux ou pour s’adresser à nous. Nous ne devons émettre aucune exclusive particulière ou général à propos de leur « physique », si tant est qu’ils en aient bien un !

 

3. L’apparence des anges

 

Les hommes ont toujours représenté les anges comme des créatures ailées capables de se déplacer à grande vitesse, du fait de leur mission spécifique de messagers. Dans la Bible, nous les voyons effectuer de nombreux voyages. Un ange porta le prophète Habacuc jusqu’à Babylone afin qu’il donne à manger à Daniel, prisonnier dans la fosse aux lions. Une entité angélique enlève saint Philippe alors qu’il est en train de baptiser un officier de la reine d’Ethiopie et le dépose huit à dix lieues plus loin. Dans son songe, Jacob voit une échelle sans cesse parcourue par les anges…

 

Blanches et soyeuses, les ailes représentent  la pureté, la vertu originelle et la douceur. A l’occasion, elles peuvent adopter couleurs tendres et irisées, prenant l’apparence d’ailes de papillons ou de plumes de paon, ces dernières étant un symbole d’immortalité. Mais quand on évoque la présence des anges, parle-t-on d’une présence réelle ou fait-on plutôt allusion à une présence virtuelle ? Si Dieu ne se trouve pas dans un lieu précis mais partout à la fois, en raison de son immensité et de sa puissance, en va-t-il de même pour les « extensions » de son être que sont les anges ?

 

De nombreux penseurs affirmèrent que les anges n’avaient qu’une présence « virtuelle ». Ils opéraient dans un lieu, sans s’y trouver réellement. Saint Thomas ne concevait pas qu’un esprit puisse être absent d’un lieu dans lequel il opérait. Il considérait que les anges avaient une présence « locale », affirmant que chaque substance spirituelle existait dans un lieu de manière « à n’être point ailleurs… »

 



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Un ange peut-il être à plusieurs endroits en même temps ? Pour l’Abbé P. (XIXème siècle), auteur d’un petit livre remarquable sur les « Saints Anges », un ange est un esprit « sans quantité ni situation. » Il ne répond à aucune partie de la matière où qu’elle se trouve. Du fait de sa puissance propre, il peut élargir ou rétrécir le lieu où sa volonté opère, l’étendre jusqu’aux limites de son opération. Un ange peut être présent dans un lieu mais faire ressentir son action dans un espace considérable. Bref, ce n’est pas le lieu qui contient l’ange mais l’ange qui contient le lieu !

 

Emblème de vitesse et de mouvement, les ailes témoignent de la capacité des anges à se déplacer instantanément d’un endroit à l’autre, leur faculté de se mouvoir avec la rapidité de l’éclair, de disparaître instantanément à nos regards ébahis. Au ciel, il n’existe point d’entrave, point d’obstacle à leur passage, c’est pourquoi dans les Ecritures, les anges sont comparés au vent ou aux feux des éclairs.

 

Symboles de légèreté, les ailes des anges sont aériennes presque diaphanes. Elles se confondent avec le halo de lumière dorée entourant le corps spirituel angélique. L’auréole entourant la tête des anges comme une couronne est un symbole d’élévation, de pureté, de sainteté et de gloire divine. Il est possible que les ailes soient des sortes de filaments de lumière à travers lesquels les anges communiquent grâce à un système particulier d’ondes et de vibrations. D’un point de vue strictement iconographique, les ailes constituent le signe distinctif du rôle tenu par chaque catégorie d’anges au sein de la hiérarchie. Les Séraphins possèdent trois paires d’ailes, les Chérubins deux, et les autres anges se contentent d’une seule.

 

Quant à leur apparence, les anges sont généralement considérés comme des êtres androgynes. On pense à tort que l’androgynes. On pense à tort que l’androgynie est un état asexué. C’est faux. Le mot « androgyne » vient du grec andros (mâle) et gunê (femelle). Il signifie la juxtaposition, la confusion des deux polarités en un seul et même individu. Les anges procèdent des deux genres à la fois. Selon les circonstances, ils revêtent l’apparence d’êtres masculins ou féminins. C’est la raison pour laquelle ils troublent tant les créatures humaines. Les anges représentent à nos yeux la beauté extrême, la séduction suprême. Leur mystérieuse beauté a exalté l’imagination de nombreux artistes anciens et modernes.

 

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Orphée - dans Esotérisme & Gnose
5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 17:58

L’Hypostase des Archontes

 

Le texte commence par une référence à Saint Paul qui affirme dans son Epître aux Colossiens, 1, 13 : « Le Père nous a délivré de l’autorité des ténèbres pour nous transporter dans le royaume de son Fils bien aimé » et dans son Epître aux Ephésiens, VI, 12 : « Ce n’est pas contre la chair et le sang que nous luttons, mais contre les principats, contres les autorités, contre les pouvoirs de ce monde de ténèbres, contre les puissances qui sont dans les lieux célestes ». Le chef de ces puissances est Samaël, qui poussé par sa vanité et son arrogance, déclara « qu’il n’y avait pas d’autre dieu que lui ». Il est qualifié dans le texte de « Dieu des aveugles ».

 

 


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L’Hypostase des Archontes peut être résumé comme suit. A l’origine, le monde visible fut créé à la ressemblance du monde invisible et caché. Le Créateur du grand Tout, celui que nous appelons le « Père » est androgyne. Il possède deux polarités, une masculine et une féminine. Sa partie femelle porte le nom de Sophia dans le texte. Déité directement reliée à la perfection, Sophia aurait normalement dû toujours agir de concert avec la contrepartie masculine à laquelle elle était attachée mais elle désira comprendre plus profondément l’Eternel et commis une erreur fatale et irréparable. Tentant d’imiter son pouvoir créateur, elle se sépara de son principe masculin et tomba du Plérôme (plénitude), c’est-à-dire du Royaume de Dieu. Elle fut précipitée dans le monde des abysses, un monde de néant et d’absence de lumière. Là, du fait de sa puissance, elle enfanta une créature bâtarde, un être monstrueux, un « avorton », à visage de lion et au corps de serpent, un « être fou d’orgueil malicieux et vil », Sabaoth, appelé aussi Samaël. Dans sa folie de vouloir égaler la puissance divine, Sophia créa une aberration, un être abject.

 

 

 

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Une fois engendré, le fils avorton de Sophia (androgyne lui aussi) aperçut devant lui l’univers vaste et étendu. Il devint arrogant et dit : « Moi, je suis Dieu et il n’y en a pas d’autre que moi ». L’Archonte orgueilleux se bâtit un monde d’une grandeur sans limite (notre Univers-Bulle) puis décida de susciter de lui des enfants. Il créa sept androgynes puis leur dit : «  Je suis le Dieu du Tout ! » Il engendra aussi une multitude d’enfants maléfiques, les Archontes (ou démons), qui peuplèrent désormais les mondes de la matière d’où ils étaient issus. Lorsque le vrai Dieu, « l’Incorruptible », abaissa son regard vers la région des eaux « en vue d’unir, selon la volonté du Père, le Tout à la Lumière », son image se refléta et les Archontes (puissance des ténèbres) en devinrent amoureux.

 

Ces faux démiurges androgynes réussirent, on ne sait trop comment, à capter l’image parfaite de l’homme se trouvant de « l’autre côté du voile » et décidèrent de créer un homme d’après l’image parfaite qu’ils avaient aperçue sur l’eau. Les Archontes dirent : « Allons, faisons un homme qui soit de la poussière de la terre. » Ayant pris de la terre, ils modelèrent un homme d’après leur propre corps (avorton animal), à la ressemblance de l’image du dieu qui leur était apparue dans les eaux. Toutefois, étant donné une « imprécision de fabrication », leur créature ne parvenait pas à se tenir debout. Dans leur maladresse, ils créèrent un monstre, une créature hybride mi-humaine, mi-amphibienne, mi-reptilienne qui annonça le règne des premiers animaux sur terre. Alors, Dieu eut pitié d’elle et souffla dans son visage : « L’Esprit (de Dieu) aperçut sur le sol l’homme pourvu d’une âme. Il descendit et vint en lui, et l’homme devint une âme vivante. Il lui donna le nom d’Adam parce qu’il l’avait trouvé rampant sur la terre. » L’homme se mit debout et parla.

 

Bien qu’issu d’une sorte de création « génétique » des Archontes, l’homme était différent d’eux car l’étincelle de vie et d’intelligence lui avait été donnée par le « vrai » Dieu. Les Archontes placèrent Adam dans le Jardin d’Eden « pour qu’il le cultive », en lui interdisant de manger à l’arbre de la connaissance du bien et du mal, lui prédisant la mort s’il essayait. Quelques temps après, ils se concertèrent et décidèrent de faire tomber Adam dans un profond sommeil (assimilé à l’ignorance), pendant qu’ils tranchaient dans son côté et qu’ils faisaient apparaître une femme. Puis, ils reconstituèrent le côté « en mettant de la chair à la place », un acte qui s’apparente à une véritable « opération chirurgicale ».

 



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Quand les Archontes virent la contre partie féminine d’Adam, « un grand émoi les saisit et ils la désirèrent. Ils se dirent l’un à l’autre : Allons ! Jetons en elle notre semence et ils la poursuivirent. (…) ils provoquèrent eux-mêmes leur propre condamnation. » C’est alors que le principe féminin de Dieu, Sophia, s’introduisit dans le « serpent instructeur » et dit à la première femme : « Vous ne périrez pas de mort (si vous touchez au fruit de l’arbre). C’est par jalousie qu’on vous a dit cela. Au contraire, vos yeux s’ouvriront et vous deviendrez comme les dieux, distinguant le bien et le mal ». La femme mangea le fruit défendu puis en donna à son mari. S’apercevant de leur désobéissance, le grand Archonte Samaël maudit la femme et le serpent. Il chassa le couple hors du verger et le tourmenta « par de grandes tribulations et une vie pleine de soucis, afin que l’humanité soit accaparée par la vie matérielle et n’ait pas la possibilité de se consacrer à l’Esprit saint. »

 

Nous assistons ensuite à la naissance de leur descendance, Caïn et Abel, Seth et Noréa. Le texte précise que Noréa, la dernière engendrée ne fut pas « souillée par les Archontes ». Alors qu’ils venaient à sa rencontre, avec l’intention de l’abuser, Samaël lui dit : « Eve, ta mère, est venue à nous. » Mais Noréa, se tournant vers eux, leur dit : « C’est vous qui êtes les gouverneurs des ténèbres ? Vous êtes maudits (…). Je ne suis pas issue de vous : c’est, bien au contraire, du monde d’en haut que je suis venue. »

 

L’Archonte arrogant fit appel à tout son pouvoir et lui dit : « Il te faut nous rendre service (comme l’a fait) ta mère Eve. » Mais Noréa, qui n’était pas un « produit » des Archontes mais une fille issue directement de la Lumière du Père primordial, au même titre que son frère Seth, demanda assistance et protection au grand Créateur, au « Dieu du Tout » : « Protège-moi des Archontes d’iniquité et sauve-moi de leur emprise ! » Alors, l’ange Elelêth, l’un des quatre « Illuminateurs » qui se tiennent debout en présence du grand Esprit invisible lui dit : « J’ai été envoyé pour m’entretenir avec toi et pour te délivrer des griffes de ceux qui sont sans loi. Et je te ferai connaître tes racines ». A la demande de Noréa, l’ange lui expliqua alors comment les Archontes avaient été créés.

 



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L’un des sept fils de Samaël condamna les œuvres de son père. Alors, Sophia et sa fille Zoé l’enlevèrent pour l’établir au septième ciel. Il prit le nom de « Dieu des Forces » et se fabriqua un grand char à quatre face de chérubins, et pour l’assister, créa de nombreux anges. Zoé et Sophia lui enseignèrent les mystères des mondes d’en haut. Ce fils issu du sombre Samaël fut réhabilité sous le nom de Sabaôth, en qualité de second dieu, maître des sept cieux du monde d’en bas, de leurs puissance et de leurs anges. L’écrit sur « L’Origine du Monde » s’étend avec plus de détails sur le rétablissement de Sabaôth dans sa gloire, à travers les visions d’Isaïe et d’Ezéchiel. Le dieu créateur se trouva ainsi divisé en deux personnages. Pour avoir dit « Je suis Dieu et il n’en est pas d’autre », sa partie négative fut précipitée dans le Tartare.

 

On l’identifia plus tard à Satan, l’accusateur public du malheureux Job dans la Bible. Puis, le « petit fonctionnaire » prit du galon et devint le diable, le « Prince de ce monde », qui continue à régner en despote absolu sur la terre. L’Hypostase des Archontes se termine sur l’annonce par l’ange Elelêth de l’arrivée d’un « homme vrai » (le Christ) qui les instruira de toutes choses, les affranchira de la pensée aveugle (Samaël/Satan) et leur montrera comment vaincre la puissance des Archontes. Nous voyons que dans « L’Hypostase des Archontes », le rôle du serpent est tout autre que dans l’Ancien Testament. Il ne tente pas le premier couple mais l’avertit de son état. Il lui donne les moyens d’accéder à la connaissance par les Archontes. Ces derniers, véritables créateurs de l’humanité, sont les uniques responsables de la souffrance existentielle de l’homme.

 

Seule la connaissance, le mépris des lois et des institutions permettront à la créature humaine de rallumer la lumière intérieure avec laquelle elle pourra renouer avec les entités divines issues du monde parfait.

 

Le Livre secret de Jean

 

Le Livre secret de Jean ou Apocryphon de Jean figure en tête de trois codices découverts à Nag Hammadi, ce qui indique son importance. Il en existe quatre versions écrites en copte. Il contient des paroles secrètes reçues par « Jean » (que l’auteur André Wauthier présente comme l’évangéliste Marc) de la bouche même du Christ. Ces révélations portent essentiellement sur les origines de la création du monde et en particulier sur le rôle joué par Barbèlô appelée aussi Epinoïa, la mère céleste, la Sophia de l’Hypostase des Archontes. De l’union de la partie féminine de Dieu ou Barbèlô (Sophia) et de l’esprit « saint virginal et invisible », autrement dit le Père, l’aspect masculin de Dieu, naît un Fils, le Christ appelé l’Autogène.

 

 


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Mais Barbèlô engendre aussi un autre être, sans le secours du Père. Il s’agit de Ialdabaoth (Samaël) qui crée des entités pour le servir et ensuite le monde matériel pour l’asservir. Une faute de « l’aspect féminin » de Dieu est à l’origine du monde matériel, c’est-à-dire du mal. Et cet archonte maléfique est présenté comme étant le demi-frère du Christ !

 

Voici comment le Livre des Secrets de Jean narre la conception de cet avorton bâtard de Dieu. Epinoïa (Barbèlô, Sophia) voulut engendrer un être semblable à elle, sans le consentement de l’Esprit, sans sa participation et sans lui demander son avis. Et du fait de sa puissance, sa pensée ne resta pas improductive. Epinoïa enfanta une « chose imparfaite et disgracieuse, parce qu’elle l’avait engendrée sans son conjoint, et cet être ne ressemblait pas à l’aspect de sa mère, il était d’une forme autre ». Il avait une tête de lion sur un corps de serpent et ses yeux étaient pareils à des éclairs lançant des flammes. Elle le nomma Ialdabaoth, le repoussa loin d’elle et le plaça sur un trône entouré d’une nuée, afin que personne ne puisse le voir, sauf le Père des vivants.


 

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Ialdabaoth appelé aussi Saclas (l’idiot) devint le premier Archonte. Il détenait de par sa mère un grand pouvoir. Il quitta son lieu d’origine et donna naissance à d’autres éons, à des autorités subalternes et douze anges (les douze signes du zodiaque) : Athôt, Harmas, Galila-Omri, Iabêl, Adonaï, Sabaoth, Kaïnan-Kassine, Abrisène, Iôbêl, Armoupiaël, Melkheir, Adônine, Bélias.

 

Ensuite, il plaça dans les sept cieux, sept rois (correspondant aux sept planètes). La folie qui anima le Grand Archonte lui fit déclarer : « Je suis Dieu et il n’y a pas d’autre Dieu à par moi ». Les Archontes créèrent sept puissances et ces dernières engendrèrent 365 anges. Ialdabaoth réaffirma à l’ensemble de ses créatures : « Je suis un Dieu jaloux et il n’y a pas d’autre Dieu que moi ! » Alors, le grand Tout excédé refléta son image parfaite sur les eaux et les Archontes qui la virent se dirent : «  Faisons un homme à l’image de Dieu et conforme à notre apparence afin que cette image soit pour nous une lumière. »

 

Et ils fabriquèrent une créature en associant les pouvoirs des uns et des autres, chacun lui apportant un élément spécifique. Ils créèrent un être ressemblant à l’homme primordial parfait qu’ils appelèrent Adam mais le leur était inerte et sans vie. Alors, le Grand Esprit souffla sur Adam qui se redressa, acquit de la force et s’emplit de lumière. Les Archontes, jaloux de l’esprit et de l’intelligence acquise par Adam le précipitèrent dans les régions les plus basses de la matière (la terre). Mais le « Miséricordieux » prit pitié de lui. Il lui envoya la révélation de ce qu’il était et lui expliqua la manière dont il pouvait remonter jusqu’à lui.

 

Quand les Archontes comprirent que l’Adam qu’ils avaient façonné leur était supérieur, ils le firent devenir mortel et l’emmenèrent au Paradis, dans un Jardin où il n’y avait que des fruits amers à manger, lui cachant le seul arbre défendu, celui du discernement du bien et du mal. Le Livre secret de Jean poursuit la narration en ces termes : « Mais moi, je l’ai incité à en manger ». Or, c’est le Christ qui s’exprime dans le texte, défendant le rôle du serpent tentateur et se l’appropriant !

 

La partie féminine lumineuse d’Adam qui était en lui, sortit de son corps et façonna un « autre modelage ayant la forme d’une femme ». Elle fut appelée la « Vie », la « Mère de tous les vivants » car Sophia était en elle. Le Christ transformé en aigle apparut alors sur l’arbre de la connaissance et instruisit le premier couple qualifié de « deux cadavres d’ignorance ». En apprenant leur désobéissance, Ialdabaoth les chassa du Paradis et quand il vit Eve briller de tous ses feux, il la désira, la séduisit et donna naissance à deux enfants : Elohim et Yahvé. Le premier était juste et le deuxième injuste. Le grand Archonte fit dépendre Elohim de l’eau et de la terre, et Yahvé, du feu et de l’air. Il appela Elohim, Abel et Yahvé, Caïn.

 



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Vint ensuite une déclaration du Christ qui nous paraît capitale. Répondant à une question de Jean sur l’origine du mal, le « Sauveur » révèle : « Et tous les Archontes commirent tous ensemble l’adultère avec Sophia (Eve), et la vile fatalité fut engendrée par eux : c’est la dernière de leurs épouvantables alliances, l’alliance par laquelle ils se montrés hardis les uns envers les autres. Et celle-ci est plus dure plus forte que celle par laquelle sont unis les dieux et les anges et les démons et toutes les générations jusqu’à ce jour. C’est de la fatalité que sont provenus tous les péchés et injustices et les blasphèmes, ainsi que les chaînes de l’oubli et de l’ignorance, et toutes les décisions difficiles à prendre et les péchés graves, et les grandes terreurs. C’est ainsi toute la création a été aveuglée, en sorte qu’on ne fut capable de connaître le Dieu qui est au-dessus d’eux tous. Et à cause des chaînes de l’oubli, les péchés furent dissimulés (…). Et le grand Archonte regretta tout ce qui était venu par lui à l’existence. Alors, il résolut de submerger par le déluge l’œuvre des hommes. Mais la « grandeur de la Lumière de la Gnose » informa Noé qui le fit savoir à tous les fils d’hommes. »

 

Les Archontes envoyèrent alors leurs anges, « transformés » pour la circonstance chez les filles des hommes survivants qui s’étaient réfugiés avec Noé, afin qu’ils les engrossent. Ces anges apportèrent aux hommes des métaux précieux. Ils prirent des femmes et engendrèrent des fils des ténèbres à leurs images et ainsi, « toute la création fut asservie depuis toujours, depuis l’édification du monde jusqu’à maintenant. » Comme dans l’Hypostase des Archontes, nous voyons que les mauvais anges ont abusé d’Eve (et des filles des hommes), nouant une alliance contre-nature, de sorte que toute la création du grand Archonte à laquelle nous appartenons fut maudite.

 

L’Evangile égyptien

 

L’Evangile égyptien ou « Livre saint du Grand Esprit invisible » qui suivait immédiatement « Le Livre secret de Jean » dans les codex IV découverts à Nag Hammadi fut rédigé par un certain Ghonghessos encore appelé Eugnoste à propos duquel on ne sait presque rien. Il y expose la création du monde matériel et celle de l’homme.

 

 

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Si jusqu’à présent, nous n’avons été confrontés qu’à une seule genèse, à une fabrication réalisée par une déité malfaisante qui donna naissance à un humain constitué à partir d’éléments terrestres et à une femme issue d’une sorte de « manipulation génétique ». L’évangile égyptien précise qu’il y avait eu antérieurement une autre création, affirmant que celle de l’ange Ialdabaoth eut lieu 5.000 ans après la première ! Lors de la première création, de la nuée de la grande Lumière, de la puissance vivante l’Adamas, apparut le premier homme, l’incorruptible « à partir duquel et en lequel tout est venu et sans lequel rien n’est venu. » Un logos de l’homme vint à naître. L’homme vint à l’existence par un mot. Il faisait partie de la race dite des « incorruptibles » dont Seth fut un descendant direct.

 

Cinq mille ans plus tard, naissait le grand Archonte malfaisant Saclas (Ialdabaoth), de même que son grand démon Nibrouel. Saclas créa des anges pour gérer ses mondes et affirma : « Je suis un Dieu jaloux ». Alors, le Père lui envoya de ses hauteurs l’image de l’homme et celle du Fils de l’homme. C’est en regardant l’image d’en haut que l’homme de Saclas fur modelé. C’est la seconde création. Le texte précise qu’il existe deux descendances, une « dégénérée qui désire le démon et qui sera détruite », une autre, celle d’Adamas et du grand Seth (qui donnera plus tard Melchisédech puis le Christ) qui est « comme un soleil ».



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Ensuite survint le déluge qui tenta d’effacer toute trace de cette race corrompue par la faute de laquelle les famines et les calamités s’abattaient sur le monde. Seth s’aperçut des activités du diable et de ses plans contre la race des incorruptibles alors surgirent quatre cent anges éthérés chargés de protéger la grande race, jusqu’à la disparition du grand Archonte maléfique et de ses légions.

 

Bref, selon l’Evangile égyptien, l’homme de la première genèse fut créé par le Verbe pur, le second fut fabriqué par le mauvais démiurge à partir d’éléments matériels. Il existait à l’origine deux races distinctes d’êtres humains. Le but du diable sur cette terre est de détruire la première grande race et de l’empêcher de retourner vers son Dieu créateur, probablement par pure jalousie, car en elle repose une part de la lumière divine qui lui fait défaut.

 

Marcion

 

L’Hérétique et sa vision de Dieu

 

Marcion, rédacteur de l’Evangile de Luc (à l’exception des chapitres de l’enfance), disciple de Paul, collationneur de ses Epîtres (voire le rédacteur selon certains) opposa Yahvé, le Dieu despotique de l’Ancien Testament au véritable « père » du Christ. Selon Marcion, le Christ, enfant d’un dieu qui prescrivait la loi d’amour, était venu délivrer les hommes de la puissance du Dieu Créateur (Yahvé). Yahvé n’était pas bon.

 

 


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C’était un juge implacable. Ses promesses n’étaient valables que pour ce monde et que pour les Juifs avec lesquels il avait conclu une alliance de sang. Or, conformément à son choix politique, l’église de Rome glorifia l’autorité de Yahvé et en fit le Dieu unique, créateur et maître de toutes choses. Pire encore, elle s’attacha à rapprocher Jésus de Yahvé au point de les confondre. L’Eglise adopta le Dieu des Juifs et en fit le Dieu des chrétiens, commettant une erreur fondamentale dans laquelle elle persiste toujours à se fourvoyer.

 

Les idées révolutionnaires de Marcion constituèrent un grave péril pour l’Eglise naissante qui s’empressa de le qualifier d’hérétique. Vers l’an 155, Polycarpe de Smyrne le traita de « premier-né de Satan » et l’accusa de rejeter le témoignage de la croix, de la résurrection et du jugement. Mais Marcion était entendu et avait même un nombre impressionnant de fidèles. Aux environs de 208, Tertullien affirma que « la tradition hérétique de Marcion emplissait l’univers… »

 

Pour Marcion, seul Paul avait véritablement compris Jésus. Paul avait reçu de manière initiatique, mystique ou visionnaire, la révélation du salut apporté par le Christ. Il s’agissait d’un message probablement issu d’une croyance antique conservée secrètement dans certaines sectes car Paul déclara « ce mystère est caché depuis l’origine mais maintenant il est révélé par Dieu ». Paul décida de révéler « la sagesse mystérieuse de Dieu cachée à l’origine des temps. » Il existait un « mystère du Christ » et Paul en était le dispensateur. Marcion connaissait ce secret et voulut le révéler au monde. L’Eglise jeta l’anathème sur ses écrits. Qui de nos jours connaît encore Marcion ?

 

Pour Paul et pour Marcion, le Christ ne fut jamais le « fils de l’homme ». Il venait d’une pure essence et représentait l’image du Dieu inconnu « invisible », celui que la Gnose appelait l’innomé, l’ineffable, l’amour pur. Ayant revêtu « une forme divine, il s’en était dépouillé pour prendre une forme d’esclave, devenant ainsi semblable aux hommes. » Le Christ de Marcion révélait qu’il était venu « abolir la Loi et les Prophètes ». Or, les copistes catholiques dans les trois synoptiques remplacèrent les véritables paroles du Christ : « Je ne suis pas venu accomplir la Loi mais l’abolir » par «  Je ne suis pas venu abolir la Loi mais l’accomplir », ce qui signifie tout le contraire…

 

Selon Marcion, la venue du Christ annonçait la fin de la loi de Moïse. Deux paroles du Christ étaient on ne peut plus claires à ce propos. Lorsqu’il évoqua deux arbres, le mauvais et le bon, qui ne pouvait produire que des fruits de même nature, Jésus symbolisait le Dieu créateur Yahvé qui n’avait produit que du mauvais, l’opposant au Père de Jésus qui ne produisait que du bien. Lorsque Jésus interdisait de poser une pièce nouvelle sur un vieux vêtement et de verser du vin nouveau dans de vieilles outres, il défendait aux siens de mettre en rapport sa doctrine avec celle de l’Ancien Testament.

 

Aux yeux de Marcion, deux principes étaient en œuvre dans l’univers, celui de la Loi, organisateur du monde et de la nature humaine, et un autre principe, supérieur au premier, la Grâce ou l’Amour sauveur. C’est en se plaçant sous l’autorité de ce second principe que l’homme pouvait échapper à l’esclavage du premier. Marcion établit un contraste fondamental entre la Loi et la Grâce, c’est-à-dire entre les doctrines des deux Dieux. Il croyait en la gratia gratis data, la grâce gratuitement donnée, par opposition à la justicia ex operibus, la justice par les œuvres. C’était là tout le contenu de sa religion. Cependant, Marcion resta fidèle à la tradition judéo-chrétienne en identifiant la création du monde à Yahvé et en considérant l’Ancien Testament comme la présentation fidèle de faits authentiques.

 

Au dernier jour, le Christ ne jugera pas les hommes mais séparera ceux qui ont adoré le Créateur (Yahvé) de ceux qui ont demandé leur rédemption au Dieu « bon », son Père. A ce moment, Yahvé disparaîtra avec le monde qu’il a fait, ce Dieu n’étant ni véritablement divin ni même éternel. A la fin des âges, seul règnera le Dieu suprême. Il n’y aura pas de libération de la chair mais une libération spirituelle, à l’égard du monde et de son créateur. Pour Marcion, la résurrection de la chair, loin d’être un rédemption, aurait été la continuation du mal, c’est-à-dire de la vie « matérielle ».

 

Selon Marcion, les Juifs n’avaient pas reconnu en Jésus leur messie parce qu’il n’avait pas été envoyé par Yahvé. Celui dont ils espéraient toujours la venue n’était autre que l’Antéchrist. A ce propos, vers l’an 208, Tertullien écrivit : « Marcion prétend qu’il y a deux « Christ » ; l’un fut révélé au temps de Tibère par un Dieu que l’on ne connaissait pas, avec mission de sauver tous les peuples ; l’autre est destiné par le Dieu créateur à restaurer Israël et doit apparaître un jour. Il fait entre ces deux « Christ » autant de différences qu’il y a entre la Loi et l’Evangile, le judaïsme et le christianisme. « Ces deux Christ », Paul les évoqua en ces termes : « Si le premier venu vous prêche un autre Jésus que celui que nous avons prêché, un évangile différent de celui que nous avons reçu… » (2 Cor. 11/4). Il préconise aussi de lancer « l’anathème contre celui qui vous prêche un second évangile ». (Gal. 1/6-9). Les écritures juives ne furent jamais considérées comme des autorités ni par le Christ ni par Paul. La révélation du Christ ne complétait ni n’accomplissait en aucune façon le judaïsme mais le supplantait. Et donc, la Bible juive devait être répudiée.

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Orphée - dans Esotérisme & Gnose