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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 19:28
Yahvé est-il Satan ?

 

 

 
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Par respect pour la communauté juive, il ne nous appartient pas de répondre à une telle interrogation. Toutefois, certains actes et paroles contradictoires inscrites dans la Bible (la Torah) méritent que nous nous attardions sur cette hypothèse soutenue en son temps par Marcion et aussi par la littérature gnostique qui établit un parallèle entre le grand Archonte Samaël qu’elle identifia à Yahvé, à Jéhovah, au Dieu de la Genèse, au créateur du monde matériel. Notre étude ne nous permet pas de conclure s’ils avaient ou non raison. Nous préférons laisser la place aux textes sacrés.

 

Quand on lit la Bible, une évidence saute aux yeux. Il semble qu’à un moment donné, une force spirituelle ait communiqué avec les Hébreux, les ait guidés pour conquérir de nouveaux territoires. Une alliance fut passée, un pacte fut scellé entre une déité très puissante et quelques hauts dignitaires, initiés et rabbins. Chaque alliance passée avec Yahvé fut accompagnée d’une promesse, et souvent confirmée par un sacrifice (Genèse 15. 9-17 : Ex 24. 3-8).

 

Le lieu du traité fut le mont Sinaï où la présence de Yahvé se manifesta par des grondements, du feu et des tremblements. Yahvé donna à Moïse des commandements et dicta ses lois. Tout homme devait désormais s’y soumettre. La première règle était : « Tu n’auras pas d’autres Dieux que moi » (Exode 20, 3) « Je suis un Dieu Jaloux qui fait rendre des comptes aux fils pour la faute des pères jusqu’à la troisième et la quatrième génération de ceux qui me détestent. » (Exode 20, 5-6).

 

Yahvé avertit : « … Tu n’auras pas d’autres dieux en face de moi. » (Exode XX, 2), rappelant en cela les paroles de Samaël dans l’Hypostase des Archontes : « Moi, je suis Dieu et il n’y en a pas d’autres que moi », réaffirmant pompeusement : « Je suis le Dieu du Tout. » Yahvé poursuit : « Vous renverserez leurs autels, vous briserez leurs stèles et vous couperez ses Ashérah. Car tu ne te prosterneras pas devant un autre dieu. C’est que Yahvé a pour nom Jaloux : c’est un Dieu jaloux ! » (Exode XXXIV, 13-14). « Si ton frère, fils de ta mère, ton fils ou ta fille, la femme qui est sur ton sein, ton ami qui est un autre toi-même, voulaient te séduire en cachette, en disant : « Allons et servons d’autres dieux ! » (…) tu devrais le tuer, ta main sera d’abord contre lui, pour le mettre à mort, et ensuite la main de tout le peuple, tu le lapideras avec des pierres et il mourra, parce qu’il a cherché à t’écarter de Yahvé, ton Dieu. » (Deutéronome XIII, 7-11).

 

Yahvé donna à Abraham une terre et des nations à conquérir : « Tu seras bénédiction : je bénirai ceux qui te béniront et maudirai quiconque te maudira ; en toi seront bénies toutes les familles du sol. » (Genèse XII, 1-3). La destruction des autres populations devint une revendication divine ; « Lorsque mon Ange marchera devant toi et qu’il te fera entrer chez l’Amorrhéen, le Hittite, le Perizzien, le Cananéen, le Hévéen, le Jébuséen, et que je les aurai exterminés… » (Exode XXIII, 23).

 

Moïse dit à son peuple : « Ainsi a parlé Yahvé, le Dieu d’Israël : Mettez chacun l’épée à la hanche ! Passez et repassez de porte en porte dans le camp, tuez, qui son frère, qui son compagnon, qui son proche ! Les fils de Lévi agirent selon la parole de Moïse et il tomba du peuple, en ce jour, environ trois mille hommes. » (Exode XXXII, 26-28). « Maintenant donc tuez tout mâle parmi les petits enfants et toute femme qui a connu un homme par cohabitation maritale. » (Nombres XXXI, 17-18). A Jéricho, les Hébreux « vouèrent à l’anathème tout ce qui était dans la ville, depuis l’homme jusqu’à la femme, depuis le jeune jusqu’au vieux, et jusqu’au bœuf, au mouton, à l’âne (passant tout) au fil de l’épée. » (Josué VI, 21). Yahvé semble considérer son peuple comme des esclaves : « Car c’est de moi que les fils d’Israël sont esclaves, ils sont mes esclaves, eux que j’ai fait sortir du pays d’Egypte. » (Lévitique XXV, 55). Yahvé est orgueilleux : « Elle sera courbée, la fierté des humains, elle sera abaissée, la morgue des hommes, et Yahvé seul se haussera en ce jour-là. » (Livre d’Isaïe II, 17). Il est rempli de haine : « D’une haine totale je les hais, ils sont pour moi des ennemis. » (Psaume CXXXIX, 21-22).



 

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Yahvé est passablement raciste : « Un métis n’entrera pas dans l’assemblée de Yahvé ; même à la dixième génération, il n’entrera pas dans l’assemblée de Yahvé. » (Deutéronome XXIII, 3). Il n’aime personne : « Toutes les nations sont comme rien devant lui (Yahvé), elles sont considérées par lui comme du néant et du vide. » (Livre d’Isaïe XL, 17). Et pour terminer, voici encore quelques affirmations : « Car c’est moi qui suis Dieu ; il n’en est pas d’autre ! Je le jure par moi… » (Livre d’Isaïe XLV, 22-23). « Le peuple que je me suis formé racontera mes louanges. » (Livre d’Isaïe XLIII, 21). « Je suis le premier et je suis le dernier. Hormis moi, pas de dieu ! » (Livre d’Isaïe XLIV, 6). « Mon œil ne s’apitoiera pas, je serai sans merci ». « Je suis Yahvé qui frappe. » (Ezéchiel VII, 9).

 

Nous nous questionnons : est-ce bien le même Dieu qui dans l’Exode 20-13 commandait : « Tu ne commettras pas de meurtre… » et dans l’Exode 23-7 : « Tu ne tueras pas celui qui est innocent. (…) Tu t’abstiendras de toute parole mensongère » ? En lisant la Bible de la manière la plus objective, il nous faut admettre que le Dieu de l’Ancien Testament est loin de celui du Nouveau Testament. On recense plus de 70 génocides perpétrés par Yahvé. Ces actions sont-elles celles d’un dieu d’amour ? Ne serait-il pas plus plausible de considérer que Jésus soit venu dévoiler au monde la nature de « mauvais démiurge » de Yahvé. Dans Jean VIII-31-47, s’adressant aux initiés juifs, Jésus leur expliqua qu’il était venu les « libérer » : « Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres ». Ils lui répondirent : « Nous sommes la descendance d’Abraham et nous n’avons jamais été esclaves de personne ; comment peux-tu dire, toi : « Vous deviendrez libres ! » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis, quiconque fait le péché est esclave du péché. (…) Si donc le Fils vous rend libres, vous serez réellement libres ». « Je sais que vous êtes la descendance d’Abraham ; mais vous cherchez à me tuer, parce que ma parole ne trouve de place en vous. Moi, je dis ce que j’ai vu auprès du Père ; vous aussi, faites donc ce que vous entendu du Père. Ils lui répondirent : « Notre père, c’est Abraham ». Jésus leur dit : « Si vous étiez enfants d’Abraham, vous feriez les œuvres d’Abraham. Mais maintenant vous cherchez à me tuer, moi, un homme qui vous ait dit la vérité que j’ai entendu de Dieu. Abraham n’a pas fait cela. Vous, vous faites les œuvres de votre père ! »



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Ils lui dirent : « Nous, nous ne sommes pas nés de la prostitution ; nous avons un seul Père, Dieu ». Jésus leur dit : « Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car, moi, c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens ; je ne suis pas venu de moi-même, mais c’est lui qui m’a envoyé. Pourquoi ne connaissez-vous pas mon langage ? Parce que vous ne pouvez pas entendre ma parole. » Jésus a ensuite dit ces paroles assassines qui ne souffrent aucun compromis : « Vous, vous êtes de votre père, le Diable, et vous voulez faire les désirs de votre père. Lui, il était homicide dès le commencement ; il ne se tenait pas dans la vérité, parce qu’il n’y a pas de vérité en lui. Lorsqu’il dit le mensonge, il parle de ce qui lui est propre, car il est à la fois le menteur et son père. Et moi, parce que je dis la vérité, vous ne me croyez pas. »

 

Toutes les religions, toutes les sectes, toutes les sociétés occultes qui pratiquent des sacrifices rituels honorent un mauvais démiurge. A la purification par le feu et le sang de Yahvé, Jésus opposa les vertus salvatrices de l’eau du baptême. La force du Christ résida dans son amour désintéressé pour tous les hommes (celui du « Père ») pouvant être expérimenté par tous, inconditionnellement, qu’ils soient chrétiens, musulmans, juifs ou athées. Cet amour provenait d’une dimension de nature divine et ne pouvait être une émanation de Yahvé. Sa leçon d’amour universel signa indubitablement son origine céleste comme… son arrêt de mort.

 

Ces deux derniers millénaires furent caractérisés par le mensonge. A deux reprises, des prophètes sont venus nous avertir des dangers. A chaque fois, leur message a été manipulé, détourné. Les guerres, les conflits, les maladies, les cataclysmes, sans parler de la violence et de l’immoralité ont déferlé sur notre monde. Le mal a dominé, nous ne pouvons le nier. Selon l’initié, Samuel Aun Weor, la terre serait dirigée conjointement par le Christ et par Yahvé (Satan), qui serait en éternelle lutte. Le Christ serait le chef des Dieux et Yahvé, celui des Démons, le génie du mal. Les élus suivraient le Christ, mais la grande majorité des êtres humains collaboreraient fanatiquement avec Yahvé. Cependant, tous se cacheraient derrière le symbole de la Croix.

 

En face de chaque ange, il y a un démon. Et le centre du grand conflit qui les oppose serait, pour Samuel Aun Weor, le sexe ! C’est à cet endroit en effet qu’est lovée la « puissance du serpent » ou Kundalini que chaque être humain peut parvenir à raviver. Son éveil conduit à la libération intérieure. Satan s’oppose de toutes ses forces à notre libération spirituelle. Dès lors, il excite constamment nos instincts les plus primitifs, les plus « reptiliens », cette part de lui que nous avons en nous. Jésus était-il venu libérer le peuple juif et l’humanité entière d’un démiurge sanguinaire qui ignorait la foi, la compassion et la justice ? Ce dieu très puissant était-il Yahvé ? Nous répugnons à admettre cette hypothèse par respect envers le peuple hébreu, et aussi parce que le monde chrétien a adopté cette entité et en a fait le « Père » du Christ.

 

Néanmoins, c’est une possibilité que nous avons été obligée d’envisager, au vu des recherches et des analyses que nous avons menées et dont nous ne pouvons exposer tous les arguments, faute de place. Si Yahvé est bien le créateur de notre univers physique, de la terre et de ses habitants, il est évident que nous lui devons la vie. Il est bien notre Père créateur. Est-il source de lumière et d’amour ? Est-il le Père éternel ? Et s’il s’avère que Yahvé est bien celui que nous appelons Satan, alors nous sommes tous les fils du diable… !

 

Conclusion

 

Ce dossier reste très sensible et complexe. Tenter de comprendre les raisons de la chute des anges, de la présence des démons ainsi que de l’origine du mal sur la terre et en l’homme nous amène inévitablement à nous interroger sur la nature de Celui qui a interféré avec l’œuvre du Créateur et sur sa bonté présumée. Dès que l’on touche aux religions, on se heurte à des dogmes rattachés à un peuple ou à une foi en particulier. Notre objectif visait essentiellement à essayer de percer les mystères du mal, c’est-à-dire : le dessein du Démiurge…

 

Les textes sacrés racontent l’histoire de la création de notre univers et de ses habitants par des entités très évoluées. Nous ignorons si elles furent des dieux, des anges, des êtres appartenant à d’autres mondes parallèles de conscience voire même des entités d’origine extraterrestre. Au cours de notre enquête, nous avons été confrontés à un véritable dédale de récits divergents, notamment sur l’identité présumée du Créateur. Tout est confusion, désordre, contradictions. Au fils des millénaires, il semble qu’un savoir ait été volontairement dissimulé à la connaissance des hommes. La vérité est-elle toujours bonne à dire ? Sommes-nous prêts à l’accepter ?

 

Tentant de résoudre la clé de l’énigme dissimulée derrière le miroir des interdits et des dogmes, nous avons mis en face à un savoir déstabilisant. Un élément nous est apparu clairement. L’histoire de l’humanité témoigne que les religions furent à la base de la majorité des conflits et des génocides dans le monde. Au nom de Dieu, les hommes se sont livrés aux pires exactions. La raison de ces incessants combats fratricides puisait peut-être sa source dans le fait que nous ne vénérions pas la bonne déité, que nous étions instinctivement portés à vouer un culte à un mauvais démiurge ? Qui était-il ?

 

En reliant divers éléments entre eux, en étudiant les textes gnostiques, apocryphes et hérétiques condamnés par l’Eglise, en relisant les écrits du Nouveau et de l’Ancien Testament, il nous est apparu qu’il existait une différence fondamentale entre celui que nous nommons le « Père » - la Source de laquelle tout est émané – et le Créateur des mondes matériels, de la terre et des hommes. Les textes gnostiques révèlent que la puissante déité, celle qui nous a donné la vie fut créée par erreur. C’est un être hybride de nature reptilienne, issu de la puissance « féminine » du Père, sans l’accord de ce dernier. Nous lui avons donné bien des noms, entre autres celui de Yahvé. Sa personnalité est trouble et contradictoire. Ses actions et ses paroles dans les Ecritures sacrées ne reflètent pas l’amour, ni la bonté espérées. En toute objectivité, il ne peut être le « Père » du Christ, comme l’avait découvert en son temps l’hérétique Marcion.

 

Envisager la possibilité selon laquelle Yahvé (cette expression fausse mais conventionnelle) pouvait être celui que nous nommions Satan fut pour nous bien difficile. Nous ne voulions choquer aucune communauté religieuse. N’oublions pas que le Dieu des Juifs fut adopté par les Chrétiens et que nous le considérons tous comme notre « Père créateur » ! C’est lui qui nous a donné la vie. Cela en fait-il un bon démiurge pour autant ? A l’examen, sa création est loin d’être parfaite. Le mal y est présent à tous les niveaux. Nous pensions être les fils de Dieu mais, cruelle déception, nous sommes peut-être bien les fils du diable…

 

Selon les Gnostiques, Samaël (Satan) était le fils avorton du « Père ». Il créa l’univers physique sur lequel il règne en despote absolu. Si le « Père » créa des anges pour le servir, Samaël engendra des démons, les Archontes, pour l’aider à gouverner son monde. Si le « Père » était porteur d’un message d’amour universel, son bâtard de fils n’était animé que du désir de nuire. Les démons étaient, à l’image de leurs maîtres, de pures aberrations, des erreurs de la création. Ils s’amusèrent à nous créer, comme des rats de laboratoire.

 

Il y eut (au moins) deux créations, et cet élément apparaît de manière assez évidente dans la Genèse de l’Ancien Testament. Par la puissance du verbe, Christos engendra des êtres humains androgynes parfaits destinés à porter l’esprit des anges Elohims. Plus tard, Samaël « singea » Dieu et usina sa propre création. A partir d’une image déformée du « Père », il créa des humains hybrides et plaça en eux une part de lui, un cerveau reptilien responsable des instincts les plus bas. Dotées d’un tel bagage, ses créatures étaient pareilles à des animaux. Elles savaient à peine se tenir debout. Prenant pitié de leur état, le « Père » leur insuffla l’esprit, l’âme, les émotions, cette part de divinité que nous avons en nous, et que Satan nous envie.

 

En ce qui concerne la chute ou plutôt les chutes, il en a existé de nombreuses et pour des raisons variées, dont probablement des luttes intestines pour le pouvoir, l’union des anges et des archontes avec des femmes de chair… Lucifer mena un combat différent. Nous pensons qu’il se révolta contre le « Père », foulant au pied le serment de fidélité qu’il avait prêté, parce qu’il souhaitait une autre création (plus juste), parce qu’il eut peut-être l’orgueil de penser qu’il aurait pu faire mieux ou parce qu’il fut jaloux de l’autorité et de la puissance de Christos.

 

Le « Père » avait créé des lois immuables. L’une d’elles donnait la liberté d’actions et de choix à toutes ses créatures. Lucifer fit le mauvais choix. Il se rebella, entraînant dans sa révolte, non pas une poignée, mais des milliards d’entités angéliques qui se rallièrent à sa cause. Etant tributaire de ses propres règles, le « Père » laissa faire, jusqu’à ce que finalement, Christos déchaîne les légions de Michaël (restées fidèles à la « Source ») contre Lucifer et ses partisans. Ces derniers furent vaincus et placés en « quarantaine » dans divers mondes, dont la terre. Il est probable que de nombreux humains seraient d’anciens anges déchus, comme le révélèrent les esprits qui dialoguèrent avec Johannes Greber.

 

Même si nous sommes tous semblables d’un point de vue biologique, nous constituons la résultante d’une série de créations, de mutations, de mariages différents, et plus ou moins bien « réussis ». Au fil du temps et des croisements, anges, démons et hommes se sont fondus sur la terre en une seule masse, et il est difficile aujourd’hui de savoir qui est qui ou qui descend de qui. Selon les révélations gnostiques, Satan et ses archontes y auraient établi leurs quartiers et chercheraient à détruire les survivants de la race androgyne originelle primordiale, celle des anges. Ce serait la raison du combat incessant qui enflammerait autant le ciel que la terre…

 

Quant à Lucifer, nous voyons qu’il n’a jamais été un démon. Son renvoi momentané des sphères célestes n’a en rien altéré sa beauté ni sa puissance. Lucifer a transgressé des lois. Il a brisé une alliance céleste. Banni et rejeté du monde spirituel parfait, il n’a qu’un seul moyen de retrouver les « faveurs » de son « Père », c’est de faire le « sale boulot » à sa place, c’est-à-dire détruire Satan. Lucifer l’a déjà nargué, sur son propre terrain, au Jardin d’Eden, en libérant les créatures humaines du joug de leur bourreau, leur donnant accès à une connaissance interdite, celle qui devait leur permettre de retrouver le « Père », en réveillant l’énergie de la Kundalini dite du serpent. Christos a lui aussi tenté de déjouer les projets du mauvais démiurge en envoyant sur la terre une projection de son être connu sous le nom de Jésus, sans succès. Lucifer et Christos sont désormais unis dans un même combat.

 

En résumé, c’est la même force, la même source qui a donné naissance aux bons comme aux mauvais esprits, ces derniers, bien malgré elle. Ils sont libres d’évoluer sur l’ensemble des plans de conscience de l’univers. Les premiers rejoignent le « Père », les seconds vont vers la chute. La terre est leur terrain de jeux. Malheureusement pour nous, les démons possèdent la force suprême dans le plan matériel. Ils y ont plus de pouvoirs que les anges et donc plus d’influence sur nous, les hommes.

 

Nous aurions pu donner plus de détails mais nous avons estimé que nous en avions déjà suffisamment dit, qu’il fallait vous laisser le soin de « digérer » ces informations et de réaliser votre propre synthèse pouvant aboutir, éventuellement, à d’autres conclusions… Au cours de ce dossier, nous avons choisi de ne pas évoquer l’hypothèse « extraterrestre » de la création de l’homme. Nous y reviendrons lors d’une prochaine étude. 



 

 



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Orphée - dans Esotérisme & Gnose
7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 17:16

SATAN

 

Créateur des hommes et maître du monde ?

 


 

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Au commencement de la première religion monothéiste, celui qui allait devenir plus tard le Dieu d’Israël, Yahvé, divinité omnipotente n’avait pas de concurrent en la personne d’un Dieu du mal. Le monothéisme hébreu était réticent à l’idée de diviser les pouvoirs divins. Dès lors, Yahvé était responsable autant du bien que du mal.

 

Par des exils et des captivités successives (à Babylone notamment), les Hébreux furent mis en contact avec les religions des grands empires de l’Orient où ils firent la connaissance avec une série de divinités bonnes et mauvaises. Peu à peu, ils établirent une distinction plus nette entre les forces positives et négatives. Comme leurs ennemis étaient nombreux, que des désastres s’abattaient régulièrement sur eux et que Yahvé, leur Dieu protecteur, ne pouvait être tenu pour responsable de leur infortune, ils conclurent logiquement à la présence de mauvais esprits. C’est ce que nous pouvons lire entre les lignes de l’Ancien Testament. Celui-ci fut indéniablement manipulé par les différents rédacteurs qui adaptèrent les textes bibliques initiaux pour donner une tournure qui favorisait avant tout les pouvoirs et les institutions qu’ils représentaient.

 

A l’évidence les textes antiques furent arrangés au profit des opinions religieuses de l’époque et il faudrait plutôt concevoir l’histoire agitée de la religion judaïque au travers de ses différentes étapes. D’une part celle de l’époque d’Abraham, le père des Hébreux, qui était sorti de Ur, en pays de Sumer, vers – 1800 et qui avait emporter avec lui dans ses bagages, un petit dieu à caractère familial qui ne portait visiblement pas de nom, une sorte de totem ou de porte-bonheur, qui allait devenir par la suite « le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob ». Ce Dieu sorte d’intermédiaire bienveillant entre Abraham et les multiples dieux d’Ur, régna un temps en maître sur le clan et présida à ses destinées, tout en modifiant à la carte et au gré des nécessités le vieux code moral sumérien, toujours en vigueur chez les Abraham. Quatre siècles plus tard vint une seconde étape, celle de Moïse l’égyptien qui emprunta en grande partie sa doctrine religieuse des temples initiatiques de la vallée du Nil. Il reçut probablement les enseignements monothéistes d’un Pharaon qui portait le nom illustre d’Akhenaton. Mais pour le peuple juif Moïse, reste celui qui serait né de la tribu de Lévi et qui aurait initié à la science occulte des prêtres de son époque. Devenu une sorte de magicien et de héros libérateur aux yeux du peuple hébreu, il aurait été très tôt auréolé de gloire grâce à ses connaissances mais aussi suite à ses succès militaires en menant son peuple vers la Terre promise, protégé par un Dieu lié à leur Exode. Ce n’est que plus tard seulement que Moïse rencontra Yahvé et qu’il établira les premières bases de la religion judaïque, il imposera ainsi la circoncision, (rite égyptien), et interdira de manger du porc, que les Egyptiens avaient également en horreur. On sait maintenant que ce sont les scribes tardifs, ceux du clan du Yahvé de la Bible qui tentèrent d’escamoter l’origine égyptienne de la circoncision.

 

Un texte tardif tente même de prétendre qu’Abraham avait institué ce rite en guise d’alliance avec son dieu ce qui est totalement impensable au regard des coutumes que celui-ci pratiquait. La troisième étape, est celle de Josué, qui détruira Jéricho et qui prendra possession du territoire de Canaan. C’est la période où le peuple s’installera à nouveau sur cette terre qui avait déjà donné asile à Abraham, et où le judaïsme prendra naissance.

 

Il semblerait donc que pour les Hébreux, Yahvé, le Dieu d’Israël, était incapable d’avoir créé des entités mauvaises. Si le démon existait, il ne pouvait être qu’un ange servant qui s’était rebellé contre l’autorité divine. Dès lors, le mal n’apparaissait plus comme une punition envoyée par la divinité courroucée mais comme la conséquence d’une révolte puis d’une chute. Des anges créés dans un état de grâce originel s’étaient rebellés contre la puissance de leur Créateur, à la suite de quoi, ils étaient devenus des « diables ».

 

La pensée hébraïque imagina un personnage rebelle, Satan, au départ subordonné au démiurge, qui avec le temps prit de plus en plus d’assurance, jusqu’à devenir une entité indépendante et autonome. Ce tournant décisif, ce revirement, cette « passation de pouvoir » entre Yahvé et Satan se remarque dans les deux versions successives de l’épisode du dénombrement d’Israël ordonné par le roi David. Dans le deuxième « Livre de Samuel », c’est l’esprit de Yahvé qui incite David à dénombrer son peuple et ensuite le punit en lui envoyant la peste. L’injustice de cet acte parut aux Hébreux, alors les « Chroniques » (plus tardives) modifièrent l’ancienne version de manière à ce que ce soit Satan et non plus Yahvé qui se dresse contre Israël et incite David à dénombrer les Israélites. Non seulement l’ange du mal était devenu le seul responsable du démembrement mais il avait agi sans l’accord de Yahvé ! C’est ainsi que l’on détourne une vérité gênante.

 

Mais qui est Satan ? Satan est le nom du diable le plus présent dans la tradition religieuse et littéraire. Il provient du terme hébreu Sathan signifiant « adversaire », « ennemi », « accusateur », « contradicteur ». En hébreu, la racine « stn » signifie « combattre », « accuser », « dresser des embûches », « persécuter ». Dans la version grecque de l’Ancien Testament, Satan est traduit par « diabalos », du verbe diaballo signifiant « séparer », « accuser », « calomnier », « tromper ». Le diable de l’Ancien Testament n’est pas du tout le Satan du Nouveau Testament. Ce dernier est bien plus redoutable. Il a des prérogatives et des comportements bestiaux. Il est dominé par le mensonge et la haine du genre humain.

 

Satan cherche délibérément à altérer l’œuvre du bien. Il est l’emblème de la traîtrise et de l’idolâtrie. Dans l’Evangile selon Saint Jean, il est le « prince de ce monde », celui qui dans l’Apocalypse sera au centre de la bataille eschatologique l’opposant au Fils de Dieu. Mais le personnage de Satan est surtout présent dans le Nouveau Testament où il est identifié au dragon infernal que le Christ voit tomber du ciel (Luc 10,18). Il est le tentateur de Jésus dans le désert (Matthieu 4,10 / Marc 1,13) et l’origine des douleurs physiques des hommes (Luc 13, 16). Il possède son propre royaume, spatial et temporel (Matthieu 12,26 / Marc 3,26). Il a accès à la réalité céleste de Dieu (Job 1,6.12 ; 2,1-7).

 

Saint Paul le désigne comme un être qui « se masque comme un ange de lumière » dans son 2e Epître aux Corinthiens (11,14). Satan apparut très longtemps dans les textes avec la lettre « s » écrite en minuscule, comme un nom commun. Dans les parties les plus anciennes de la Bible hébraïque, le mot était utilisé pour désigner de manière générique un adversaire, à la guerre ou au tribunal, un mauvais conseiller, un accusateur. Pour les raisons dogmatiques précisées plus haut, le mot Satan devint un nom propre. Sa personnalité se dessina plus nettement à l’époque où Jésus annonça l’Evangile. Ainsi, le Nouveau Testament le mentionne à 53 reprises alors que l’Ancien ne l’évoque qu’à de très rares occasions. Il semble que la venue du Christ ait focalisé l’attention des hommes sur Satan, avec des Evangiles faisant largement état de démons que le Christ chassait du corps des possédés.

 

 


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Dans les textes anciens, « l’accusateur » n’a pas de réel caractère diabolique. Par exemple, dans le « Livre de Zacharie », Satan accuse le grand prêtre Josué, mais bien que celui-ci soit coupable, un ange le défend devant Dieu et Satan est réduit au silence. On retrouve ici l’imagerie traditionnelle du Jugement, avec ses deux protagonistes, l’ange et le démon : « Il me fit voir Josué, le grand prêtre qui se tenait devant le messager du Seigneur, tandis que l’adversaire (Satan) se tenait debout à sa droite pour l’accuser » (Zacharie III,2).

 

Satan s’affirme surtout avec le « Livre de Job » en tant que persécuteur des justes. Il s’incarne en une figure bien réelle (Livre de Job I, 6-12) : « Un jour, les fils des Dieu vinrent se présenter devant Yahvé, Satan aussi vint au milieu d’eux. Le Seigneur demanda où il avait été. Je parcourais la Terre de part en part », dit-il. Puis le Seigneur lui demanda : « As-tu considéré mon serviteur Job ? Tu ne trouveras nul autre pareil sur la Terre, un homme sans reproche et droit… » Même s’il est puissant, Satan n’est qu’un membre de la cour céleste, soumis à l’autorité divine.

 

 

Yahvé loue à Satan la foi de Job. Satan lui propose alors de le mettre à l’épreuve : « (…) Etends la main et touche à ses biens ; à coup sûr, il te maudira en face ! Soit, dit Yahvé à Satan, tous ses biens sont en ton pouvoir. Evite seulement de porter la main sur lui. Et Satan sortit de l’audience de Yahvé. » Dieu se sert de Satan pour tester la fidélité de Job, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il se montre particulièrement cruel avec ce dernier. Avec son accord, Satan tourmente le pauvre Job au-delà de ses forces. La première fois, il détruit tous ses biens et tue ses fils. La seconde fois, il le couvre de plaies. Tout cela est fait avec le consentement divin. Au début, Satan n’est qu’un messager ordinaire, missionné pour de basses besognes, un outil dont le démiurge use à sa guise pour faire le mal, sans se salir les mains. Satan semble faire partie de ses intimes, de sa cour, de ceux qui le servent et l’aident à réaliser ses plans.

 

On le retrouve, allié une fois de plus à Dieu, dans le Livre d’Isaïe, dans l’oracle porteur de la malédiction divine à l’égard de l’Egypte. A première vue, il était de bon ton à l’époque que les puissances du mal servent Yahvé et soient les artisans de ses vengeances. Après leur captivité à Babylone, les Hébreux firent de Satan l’antithèse de Yahvé. Satan prit un caractère personnalisé au contact du mazdéisme et des Dieux assyriens et babyloniens. Sa dimension spirituelle se transforma complètement. Il reçut divers noms : le rebelle, l’antique Serpent, l’Archonte de ce monde, le Singe de Dieu… Rappelons que le Satan des Israélites n’a aucun lien de parenté avec le Lucifer des Chrétiens. Ce n’est pas un prince, encore moins un ange déchu, mais un être hideux issu de nos pires cauchemars, sans aucun état d’âme, animé d’une seule volonté, nuire à toutes les créatures vivantes et détruire l’œuvre du « Père ».

 

 

 

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Satan est l’ennemi public n°1 du genre humain, le vil séducteur, le diable cornu auquel toutes les croyances et religions du monde font référence. Il est le malin, le fourbe, le père du mensonge. Il apporte les fléaux, la destruction, la guerre, la maladie, la peur, la luxure, le sexe, la pornographie. Satan, dans le sens où l’entendait Khomeiny, est un pur négatif de la bonté divine. Il est la cause de tous les maux présents sur la terre.

 

Une parole attribuée au Prophète dit que dans chaque homme existe un Shaytân, de la même manière que le sang lui coule dans les veines. Le Coran fournit de nombreux détails sur l’activité du seigneur des démons : il embellit les choses pour mieux vous tromper, vous fait oublier vos devoirs, vous fait des promesses fallacieuses… Le Shaytân du Coran ne s’oppose pas directement à Dieu mais plutôt à sa créature, l’homme, qu’il cherche à séduire pour lui montrer qu’il n’est digne d’aucun privilège. Pour pousser les hommes au péché, il se manifeste sous de multiples formes humaines ou animales, et comme ses fils, les démons Shayâtin, il peut posséder les individus.

 

La « lapidation de Shaytâne » est un rite musulman qui se déroule chaque année à Minâ, près de la Mecque. Chaque pèlerin est invité à lancer sept cailloux contre trois pilastres afin de rappeler le geste d’Abraham quand il chassa le démon du lieu sacré où il se proposait de sacrifier son fils Ismaël. On peut toutefois venir à bout de la puissance de cet être malfaisant ; C’est ce que pensaient les premiers Pères de l’Eglise qui affirmèrent que celui qui craignait Dieu était « hors de portée du diable, les prières suffisant à le faire disparaître. » Selon Tertulien, le seul nom de Jésus-Christ mettait Satan en déroute.

 

 

 

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Aujourd’hui, les siècles se sont écoulés et malgré ces conseils imparables, Satan semble omniprésent, voire même oppressant. Jésus ne nous en a pas libéré, loin de là. Satan continue à faire des « pieds de nez » à Dieu ! Selon Edouard Brasey, auteur du livre « Enquête sur l’existence des anges rebelles », Satan serait un mauvais Dieu qui se serait infiltré par « effraction » au sein de la création, un démiurge aussi puissant que le Père Créateur qui se serait immiscé de manière illégale dans notre monde. Soit il y serait arrivé « par hasard », soit il aurait été invoqué par magie. Satan convoiterait avec avidité notre planète aux vies innombrables. Il chercherait à s’emparer de cet inestimable joyau bleu, aidé par une armée d’entités malveillantes, et par certains hommes corrompus (ceux que Dan Brown dans son livre « Anges et Démons » qualifie d’Illuminatis) avec lesquels il aurait conclu une alliance, une sorte de pacte de sang et de feu.

 

Satan serait une émanation d’une partie divine mal déterminée, peut-être son antithèse. Il proviendrait d’un univers régi par des lois différentes. Il serait un être à part, différent de Dieu, des anges et des hommes, une sorte d’ennemi juré du père, d’égal malveillant prenant plaisir à semer le trouble. Il représenterait le mal infligé de manière volontaire, par sadisme et perversité.

 

Pour les Gnostiques, Satan appelé indifféremment Ialdabaoth, Samaël ou Saclas est le fils bâtard de la partie féminine de Dieu, le créateur de l’univers matériel et de la race humaine. Il est le demi-frère (avorton) du Christ. Il a donné naissance à un monde tourmenté où règne le mal, à une dame nature intrinsèquement cruelle et à des êtres vivants instinctivement portés vers les forces obscures. Satan, puissant despote, aidé de démons soumis et par ses propres fils, dirige en maître incontesté les sept plans vibratoires de conscience, allant du royaume spirituel le plus élevé jusqu’au plan physique, c’est-à-dire l’univers spatial et temporel que nous connaissons, y compris la terre et ses habitants. Ces sept plans imbriqués les uns dans les autres, à la manière d’une poupée russe, constituent une sorte d’univers « miroir », une sorte de « copie » inversée de sept autres plans parfaits supérieurs, ces derniers échappant à l’autorité de Satan.

 

Notre seule chance de nous échapper est de progresser de sphère en sphère, jusqu’à nous glisser à travers le minuscule passage du sablier menant vers les sept mondes de perfection et d’amour où règne celui que nous appelons le « Père ». Au total, nous avons donc quatorze sphères de conscience pouvant être réduites à treize, étant donné que la plus élevée du bas et la plus basse du haut sont confondues dans le passage.

 

Certains pensent que Satan et sa horde de démons proviennent de l’imaginaire humain. Ils sont des formes pensées (égrégores) qui auraient pris une dimension plus vaste, suite à l’endoctrinement et aux propagandes de l’Eglise catholique romaine qui, durant le Moyen Age, exacerba à outrance la peur des fidèles. Vu sous cet angle, Satan serait une sorte de super égrégore maléfique qui se nourrirait de nos colères, de nos haines et de nos peurs. Satan vise à la perdition du genre humain. Il se définit par des actions ayant comme objectif principal la lutte contre le Christ. Dans ses épîtres, saint Paul utilise trois mots pour nommer le diable : satanas, diabolos et daimonion.

 



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Il ne parle jamais de Lucifer. Il utilise également celui de Bélial, issu d’ancienne tradition sémitique dont le nom correspond à « maître » ou à « seigneur ». Dans son Epître aux Ephésiens (6,10-17) dont certains passages furent repris dans les écrits gnostiques, Paul révèle comment nous battre contre le démon : « Du reste, frères, fortifiez-vous dans le Seigneur et dans la vigueur de sa force. Revêtez l’armure de Dieu afin d’être en mesure de résister aux manœuvres du diable, car ce n’est pas contre la chair et le sang que nous avons à lutter, mais contre les Principautés, contre les Souverains de ce monde des ténèbres, contre les esprits du mal qui habitent les espaces célestes. C’est pourquoi prenez toutes les armes de Dieu afin qu’au jour mauvais vous puissiez résister et tenir bon parfaitement en tout. Tenez-vous donc debout ayant aux reins la vérité pour ceinture et revêtus de la cuirasse de la justice. Et mettez pour chaussures le zèle à annoncer l’Evangile de la paix. En tout cela, saisissez le bouclier de la foi, grâce auquel vous serez en mesure d’éteindre tous les traits enflammés du malin. Prenez aussi le casque du Salut et le glaive de l’Esprit qui est ici la parole de Dieu ».

 

Si le Christ (Christos) est bien le fils légitime du « Père » et que Satan est le fils bâtard de ce dernier, le Christ peut être considéré comme le « demi-frère » du diable, hypothèse envisagée par certains Pères de l’Eglise. Le Christ fut envoyé par la source de toute bonté pour mettre de l’ordre ici-bas et pour rétablir le règne de l’amour. Sa vie, son œuvre, ses enseignements nous sont connus grâce aux Evangiles qui furent fortement influencés par la démonologie juive issue en droite ligne de Babylone. L’Eglise n’y a vu que ce qu’elle voulait y voir. A partir de la venue du « Fils de Dieu » sur la terre et de son tragique destin, elle a bâti une institution, érigé des dogmes, des principes, des lois, des commandements. Etaient-ils justifiés ? Que reste-t-il du vrai Evangile du Christ ? Quelle fut sa véritable mission ?

 

Alors que dans l’Ancien Testament, Satan apparaît plutôt comme le messager des basses besognes du Seigneur, dans le récit de la vie de Jésus, il devient omniprésent. Dans les quatre Evangiles, Satan ne cesse de dresser des embûches à son rival. Il s’attaque directement à lui lors de l’épisode des tentations. Alors que Jésus s’est retiré dans le désert pour y jeûner, le diable lui apparaît à trois reprises, au bout de quarante jours de privation, et s’adresse à lui en ces termes : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres se changent en pain ! » Jésus lui rappelle les paroles de l’Ecriture : « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Matthieu 4,4). Satan l’attaque une seconde fois et le transporte à Jérusalem. Au faite du Temple, il lui propose de se jeter en bas, puisque « ses Anges étaient sensés le porter ». Jésus lui répond : « Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu. » Satan insiste une dernière fois et offre au Christ tous les royaumes de la terre. Jésus triomphe de toutes les propositions du malin. L’emporte-t-il pour autant ? Non. Après ces quarante jours de jeûne et de privations, Jésus est trop affaibli pour éliminer définitivement Satan de la face du monde. Satan se retire, libre de continuer à détruire la vie des hommes. Et s’il n’ose plus affronter directement le Fils de Dieu, il le fait désormais de manière détournée, à travers des personnes possédées que Jésus libérera.

 

A Capharnaüm, en Galilée, le Christ rencontre son premier démoniaque, un homme à l’esprit possédé par un démon impur qui se met à vociférer d’une voix forte : « Ah ! que nous veux-tu Jésus le Nazaréen, es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : le Saint de Dieu. » Mais Jésus le menace : « Tais-toi, dit-il, et sors de cet homme. » Et le démon, le projetant à terre devant tout le monde, sortit de l’homme sans lui faire aucun mal ». (Luc IV, 32-35).

 

Au pays des Géranésiens, Jésus démontre ses talents d’exorciste (Matthieu XII, 24). Peu de temps après, il guérit un épileptique. Enfin, en Samarie, il délivre un possédé de son démon muet. Au cours de cet épisode, Jésus s’explique face aux incrédules venus lui demander qui il était pour commander ainsi aux démons. Les Pharisiens lui disent : « Celui-là n’expulse les démons que par Belzéboul, le prince des démons » (Matthieu. XII, 24). L’imaginaire juif s’était enrichi du nom de ce prince du mal, Belzébuth, issu du Dieu Baal des Phéniciens. Le Christ réfute les accusations et confond ses calomniateurs : « Si moi c’est par Belzéboul que j’expulse les démons, par qui vos adeptes les expulsent-ils ? » (Matthieu XII, 27). « Si Satan expulse Satan, il s’est divisé contre lui-même : dès lors comment son royaume se maintiendra-t-il ? » (Matthieu 12, 26). On sait que Jésus délivra Marie-Madeleine des sept démons qui la tourmentaient.

 

Il est possible que le « Père » excédé ait décidé à un moment donné de faire descendre sur terre la force de Christos incarnée pour détruire Satan. Jésus révèle dans Matthieu X-34 : « Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix : je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée » (la guerre selon les traductions) ». Dans Luc XXII-36, il révèle : « Que celui qui n’a pas d’épée vende son vêtement pour en acheter une. » Jésus était porteur d’un message d’amour certes mais il était peut-être aussi venu mener un combat sans pitié, comme il le confirme dans Luc XIX-27 : « Quant à mes ennemis qui n’ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici et égorgez-les devant moi ».

 

Lorsqu’il abandonne ses disciples et notre monde, Jésus prend soin de leur transmettre ses pouvoirs et le combat contre Satan se poursuit. A chacun de leurs voyages, les apôtres rencontrent des possédés et les guérissent grâce aux dons transmis par Jésus à la Pentecôte. Malgré l’ampleur de la tâche qui les attend, les apôtres restent optimistes. La venue du Christ sur terre a sonné l’heure de la victoire. Les premiers Pères de l’Eglise en son fermement convaincus quoi qu’un malaise subsiste autour de la question fondamentale, jamais franchement posée : Satan a-t-il été vaincu ? Il semblerait que ce ne soit pas le cas.

 

Le monde a cru que le diable ne pourrait jamais nuire au fils du Créateur. A l’évidence, il s’est trompé. Le diable persiste dans son œuvre de destruction. Jésus est mort, sans avoir pu mener sa mission à terme. Si l’Eglise a fait de la crucifixion une victoire, en prétendant que par ce sacrifice, le Christ avait racheté tous les péchés des hommes, il s’agissait d’un mensonge. La crucifixion est la preuve flagrante de son « échec ». Satan est sorti vainqueur de sa bataille l’opposant aux forces du bien. S’il en avait été autrement, le monde tournerait différemment. Le bel optimisme des premiers temps s’est émoussé. Jésus serait-il mort pour rien ?

 

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Orphée - dans Esotérisme & Gnose
5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 19:58

3. Les différentes sortes de démons

 

Un savant byzantin du XIème siècle, Michel Psellos, classa les démons en six variétés selon leur lieu de résidence dans les éléments : ignées, aquatiques, terrestres, aériennes, souterrains et infernaux. Le premier genre « ignée » règne sur les airs. Il excite les tempêtes et les tonnerres. Les « aquatiques » résident dans les lacs et les rivières. Ils excitent les tempêtes sur la mer et submergent les navires. S’ils s’incarnent, ils apparaissent de préférence sous les traits féminins. Le genre « terrestre » réside sur la terre, dans les bois, les forêts et les campagnes. Certains habitent parmi les hommes. Le cinquième genre est dit « souterrain » parce qu’il hante les grottes et les cavernes. Il provoque les catastrophes naturelles et garde les trésors cachés. Celui qualifié d’infernal ou « Lucifuge » fuit le jour et ne peut prendre de corps que la nuit. Ces six variétés furent ramenées à quatre par les kabbalistes et confondues plus tard avec les esprits de la nature peuplant l’air (les sylphes et les sylphides), le feu (les salamandres), l’eau (les ondins et les ondines), la terre (les lutins, gnomes et farfadets). Quelques mots sur ces créatures qui n’ont rien de bien maléfique.

 

 

  

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Les Gnomes, Lutins et Farfadets sont rattachés à l’élément Terre. Les Gnomes vivent à l’intérieur du sol. On les rencontre dans les bois, cachés dans les fourrés ou collés aux racines des arbres. Ce sont des nains courts sur pattes, de petits vieillards barbus et ridés, vêtus à la mode paysanne et coiffés de bonnets colorés. Ils travaillent dans les mines, les carrières, les cavernes, et les grottes où ils creusent des galeries à la recherche de minerais. Ils veillent sur les gisements aurifères, les trésors et les gisements de pierres précieuses. Ce sont d’excellents forgerons et de brillants orfèvres.

 

Les Nymphes, Ondines, Sirènes et Néréides symbolisent l’élément aquatique. On parle peu de leurs éléments masculins appelés Ondins. Les Ondines résident dans les lit des rivières et des fleuves, les mares, près des sources, dans les profondeurs des étangs et dans les océans. Ce sont des jeunes femmes d’une très grande beauté, arborant parfois une queue de serpent ou de poisson. Elles exercent sur les hommes une véritable fascination. Leur principale tâche, outre la protection de l’élément eau, semblent être l’amour et les plaisirs qui y sont liés. Les Nymphes sont sans conteste les plus belles mais elles sont aussi jalouses, possessives et cruelles.

 

En tant que divinités de l’eau, elles ont souvent été associées au mythe d’Aphrodite ou de Vénus, symboles de beauté et d’amour, dont on sait qu’elles sont sorties nues des vagues. Les Salamandres gèrent le feu, l’élément le plus dangereux, le plus subtil et le plus difficile à manipuler. Ce sont les esprit les plus éloignés des hommes par leur apparence. On les décrit comme des serpents noirs, de petits tritons vivant dans les flammes. Les Salamandres représentent le feu divin purificateur, celui de l’illumination et de l’éveil. On les classe en quatre catégories selon leur degré de combustion : rouge, orange, jaune ou violette, cette dernière étant considérée comme la plus subtile et la plus élevée.

 

Enfin, les Sylphes, Sylphides et Elfes dominent l’élément air. Ce sont des créatures ailées diaphanes, gracieuses et élancées. Leur apparence se rapproche beaucoup de celle des anges, Elfes et Sylphes revêtant souvent la forme de beaux jeunes gens ailés. Certaines personnes qui croient voir des anges apercevraient en réalité des Sylphes, plus facilement perceptibles car dotés d’un corps moins subtil que celui des célestes messagers. Les Sylphes habitent le ciel et les nuages, les tempêtes et les vents. Ils possèdent un corps entouré d’une aura de couleur rose pâle et bleu azur et se confondent avec le ciel. Leur occupation favorite consiste à modeler les nuages afin de leur donner des formes pensées qu’ils détectent dans l’imagination des hommes. Les Elfes veillent au mécanisme de la photosynthèse des plantes et à leur ensoleillement. Ils sont très attachés aux enfants et à toutes les personnes qui ont su préserver leur âme d’enfant. La taille des Elfes peut varier de la paume d’une main à moins d’un centimètre !

 

 


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Revenons-en aux démons, créatures bien plus terribles. Parallèlement à la hiérarchie angélique établie par Denys le Petit qui répartit les bons anges en neuf catégories distinctes, en fonction de leur situation de « proximité » divine, il existe une gradation d’anges rebelles chargés, selon Edouard Brasey, spécialiste du « merveilleux », de tester nos vertus et notre libre arbitre. Dans son livre « Enquête sur l’Existence des Anges rebelles », il dévoile pour la première fois au public le nom des 72 entités déchues (s’opposant aux 72 bons anges de la kabbale) chargées par le divin de nous conduire au fond de nos enfers intérieurs pour mieux progresser. Aux séraphins s’opposent les « faux dieux » dirigés par Belzébuth ; aux chérubins, les « esprits du mensonge » qui rendent les oracles à la manière de la Pythie de Delphes dont le chef est Python : aux trônes, les « vases du courroux » appelés aussi « vases d’iniquité » présidant aux jeux de hasard et dirigés par Bélial ; aux dominations, les « vengeurs de crimes », les « méchants » et les « criminels » placés sous les ordres d’Asmodée ; aux puissances, les « imposteurs sataniques », magiciens, enchanteurs et fabricants de faux miracles dirigés par Satan ; aux vertus, les puissances de l’air qui envoient les famines, les pestes et les tempêtes avec comme chef Meririm ; aux principautés, les « furies semeuses de maux » qui sèment la discorde, les guerres et les crimes dirigées par Abbadon ; aux archanges, les « accusateurs » et les « exécuteurs » placés sous le contrôle d’Astaroth et enfin aux anges, les « tentateurs » et les « espions » dirigés par Mammon. Et comme la kabbale compte un cœur supplémentaire d’entités par rapport à celle du Pseudo-Denys, il faut aussi tenir compte des « âmes damnées » qui s’opposent aux âmes glorifiées (les saints) et aux guides de lumière et dont le chef est Behemoth, la « Bête », l’antéchrist.

 

Si la hiérarchie angélique transmet nos prières et nos demandes au Seigneur et nous apportent des réponses adaptées prenant la forme de grâce, de dons, plus rarement de miracles, la hiérarchie diabolique attirée par les messes noires et les invocations des sorciers et autres magiciens procède de manière identique avec son maître Satan qui exauce les souhaits de ses adeptes et leur apporte une puissance toute matérielle. N’espérons rien obtenir de lui sur le plan spirituel.

 

Les démons sont nombreux et variés. Voici les créatures infernales les plus connues :

 

Les génies ou djinns

 

Démons supérieurs aux hommes mais inférieurs aux anges, les djinns (en Arabie), djinnian en Iran, djinniler en Turquie, d’une taille souvent gigantesque et à la musculature impressionnante, cherchent sans cesse à tourmenter les hommes et à dresser des embûches sur leurs routes. Ils prennent du plaisir à répandre les maladies, et la folie n’est rien d’autre que la possession par les djinns. Ils sont apparentés aux génies des contes d’Orient. Selon le Coran, les djinns sont des êtres invisibles formés d’air et de feu, créés par Dieu, comme les anges. Ils vivent dans l’air, les flammes, sous la terre et dans la nature, les rochers et les arbres. Ils ressemblent aux humains et ont les mêmes besoins corporels. Il y en a parmi eux de bons et de mauvais. Ils se reproduisent et meurent, bien que vivant plus longtemps que nous. Leur maître se nomme Iblis. Il correspond au Satan des Juifs. Iblis fut chassé par Allah parce qu’il refusa de vénérer Adam, le premier homme.

 

 

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On dit des djinns qu’ils passent beaucoup de temps dans les cieux, à écouter les conversations des anges sur l’avenir du monde. Pour se protéger des djinns, les Arabes invoquent le nom d’Allah qui lance des étoiles filantes sur eux. Les djinns seront soumis au Jugement dernier au même titre que les hommes.

 

Le griffon

 

Le griffon est un animal légendaire grec à tête d’aigle et à corps de lion, consacré à Apollon, dont il est la monture. Emblème héraldique figurant sur des nombreuses armoiries, il a souvent été figuré comme ornement architectural au Moyen Age. Le Griffon a le bec et les ailes d’un aigle, le corps et les jambes d’un lion et parfois une queue de serpent. Il semble être originaire du Proche-Orient car on le retrouve chez les anciens Babyloniens, les Assyriens et les Perses. Son proche cousin est le sphinx issu d’Egypte.



 

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Le Satyre

 

C’est un être à corps humain, à cornes et pieds de chèvre ou de bouc. Il vit dans les bois et est associé à la fertilité.

 

 

 

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Le Sphinx

 

Dans l’ancienne Egypte, les sphinx furent représentés sous forme de statues figurant le pharaon. Le plus connu est le grand Sphinx de Gizeh, près de la pyramide de Khephren. En vertu de ses pouvoirs oraculaires, cette créature fabuleuse à corps de lion et à tête humaine passait pour un démon auprès des érudits. Dans la mythologie grecque, le sphinx est un monstre à visage et à buste de femme, au corps de lion et aux ailes d’oiseau.


 

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Harpie

 

C’est une horrible créature ailée au corps d’oiseau et à la tête de femme qui pousse des cris stridents. En grec, « harpia » signifie « qui vole et saccage ». Virgile, dans l’Enéide, précise que les Harpies ont le visage d’une fillette, des serres d’oiseau de proie et une faim insatiable. Ces messagères du vent ont pour rôle de transporter dans l’au-delà les âmes des défunts. Dans le langage courant, le terme « harpie » est devenu synonyme de mégère.

 


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Le Vampire

 

Créature nocturne infernale par excellence, le vampire le plus connu est sans conteste le comte Dracula dont l’histoire imaginaire fut inspirée d’un prince de Transylvanie particulièrement sanguinaire, ayant réellement existé, Vlad Dracul. Dans les pays Slaves du Sud, la croyance aux vampires se confond avec celle du loup-garou à tel point qu’aujourd’hui, vampire se dit « Vukodlak » (poils de loup). On soupçonne les meurtriers, les voleurs, les prostituées, les magiciens, les sorcières, les hérétiques, les enfants morts nés, les personnes nées avec certaines déformations notamment au niveau des canines, celles dont les rites funéraires n’ont pas été respectés, les suicidés, de se transformer en vampires après leur mort. Après leur mort, le corps des vampires ne pourrit pas. Leur chair reste rose et fraîche, tout comme leur sang. Comme la lumière du soleil les consume, les vampires sortent seulement la nuit. Sous la forme de chauve-souris, ils vont sucer le sang des vivants et peuvent avoir des relations sexuelles avec eux, les vampires exerçant une véritable fascination sur leurs victimes. Il existe de nombreux moyens pour les combattre : l’ail, le pieu dans le cœur, la décapitation, le symbole de la croix…

 

 

  

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Le Lycanthrope ou loup-garou

 

C’est un être humain qui se transforme momentanément en loup à la pleine lune et qui s’attaque aux vivants en leur déchirant la gorge et les entrailles. Ce nom proviendrait de Lycaon, un roi mythique d’Arcadie qui aurait servi à Zeus au cours d’un banquet les membres d’un enfant qu’il venait d’égorger et fait cuisiner. Pour le punir, Zeus le transforma en loup, l’obligeant à hurler dans les campagnes, tout en lui conservant l’ensemble de ses facultés intellectuelles intactes. Le loup-garou possède des yeux étincelants et cruels, et des crocs acérés avec lequel il coupe la gorge des jeunes enfants. Tout homme mordu par un loup-garou le devient à son tour. On tue la bête avec une balle d’argent et on retrouve ensuite son corps redevenu humain, blessé à l’endroit où la balle l’a traversé.

 

La Stryge

 

Etre chimérique qui, en Orient, passait pour un vampire assoiffé du sang des vivants.

 

Le Zombie

 

Du créole zonbi signifiant « fantôme », les zombies occupent une place importante dans le culte haïtien vaudou. Corps de défunts sans âme et sans esprit, se déplaçant mécaniquement, à l’intelligence limitée, les zombies sont capables de répondre à des ordres simples et d’accomplir des tâches manuelles. On croit les sorciers haïtiens capables de ramener les morts sur terre ou d’aspirer les âmes des vivants hors de leur corps. Le zombie devient alors l’esclave de celui qui l’a rappelé et le sert dans un état de transe. Les zombies sont devenus des personnages classiques des films d’horreur et sont réputés avoir un goût prononcé pour la chair humaine bien fraîche.

 

Le Succube et l’incube

 

Du latin « subcubare » signifiant « coucher sous », le succube et l’incube sont des démons lascifs prêts à satisfaire tous les caprices sexuels des humains. Les succubes sont des démons femelles qui s’accouplent aux hommes afin de leur soutirer leur semence afin de la transmettre aux incubes (démons mâles) qui s’unissent aux femmes en espérant les engrosser. Ces démons prennent plaisir à tourmenter les moines et les nonnes qu’ils induisent à la luxure et au péché de chair. Ils tourmentent aussi les jeunes adolescents en phase pubère. Les succubes peuvent également animer momentanément une personne décédée, dont le partenaire, après une nuit d’amour, retrouve le cadavre au petit matin. Incubes et succubes épuisent leurs victimes par des jeux amoureux interminables. Qui a goûté à leurs délices ne peut dit-on plus s’en passer…

 

 

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La Lamie

 

La Lamie est à l’origine un démon du désert de forme féminine qui au lieu de pieds arbore des têtes de dragons. Sa voix ressemble à un sifflement de serpent et ses mains sont crochues. Elle attire les hommes avec ses appâts féminins puis les dévore après leur avoir piqué de son dard mortel. On dit des lamies qu’elles sont friandes du sang des petits enfants. Le terme de « lamies » désigna les sorcières à partir de la fin du XVème siècle.

 

La Goule

 

La goule est une créature nocturne qui déterre les cadavres des cimetières pour s’en repaître quand elle ne peut trouver de victimes plus appétissantes. Elle se transforme en femme séduisante pour attirer ses victimes. Cette créature est apparentée à la lamie et à l’empuse. Elle peut parfois sucer le sang comme un vampire.

 

L’Empuse

 

Démon du midi représenté comme un spectre horrible prenant la forme de chiens, de femmes, de bœufs ou de vipères. Il a un regard atroce, un pied d’âne et un pied d’airain.

 

4. Petit dictionnaire infernal

 

Le concile de Braga qui eut lieu dans la ville portugaise de Braga de 561 à 563, durant le règne du pape Jean III, dressa une liste des principaux démons dans l’ordre alphabétique : Abigor, Abrasax, Adramelech, Agaliarep, Aguarès, Alocer, Amducias, Aamon, Andras, Asmodée, Astaroth, Ayperos, Azazel, Bael, Balan, Bélémoth, Bélial, Belphégor, Belzébuth, Berith, Cayn, Empuze, Eurynomos, Fleurety, Furfur, Lucifer, Lucifuge, Malphas, Mammon, Moloch, Nébiros, Raum, Satanachia.

 

Jacques-Albin-Simon Collin de Plancy (1793-1887) écrivit de nombreux textes sur l’insolite et le fantastique restés des références en la matière. Son œuvre majeure est sans contexte le « Dictionnaire infernal », une sorte de bibliothèque universelle des êtres et des faits en rapport avec les apparitions, la magie, la divination, les sciences secrètes, les grimoires, les faits merveilleux et surnaturels, les traditions et contes populaires. Publié en 1818, il recensa toutes les connaissances de l’époque en matière de démonologie, classa toutes les créatures infernales, en fit une description précise avec de magnifiques illustrations.

 

Voici quelques démons les plus importants :

 

ABADDON ou APOLYON (le Destructeur)

 

Ange exterminateur de l’Apocalypse. Souverain du puits sans fonds. Roi des démons sauterelles. Les chefs d’états et les dictateurs peuvent l’invoquer pour les aider à détruire leurs ennemis.

 

ABIGOR

 

Prince de la monarchie infernale. Démon supérieur commandant soixante légions. Figure comme un beau cavalier, portant lance et sceptre. Il connaît l’avenir et tous les secrets de la guerre. Il se joint aux armées, soutient leur moral et peut modifier l’issue des batailles. Il commande soixante légions infernales.

 

ADRAMELECH ou ADRAMMALECH

 

Grand chancelier des enfers, président du haut conseil des diables. Intendant de la garde robe de Satan. Il a l’apparence d’un paon ou d’un mulet selon les rabbins. Il a été adoré des Assyriens qui brûlaient des enfants sur ses autels.

 

AGALIAREPT

 

Démon transformant la joie en malheur et tristesse.

 

AGUARES

 

Grand duc de la partie orientale des enfers. C’est un seigneur à cheval sur un crocodile, l’épervier au poing. Il enseigne toutes les langues. Ce chef des démons commande à trente et une légions.

 

 

ALOCER

 

Grand duc infernal, vêtu en chevalier, monté sur un cheval énorme, aux traits de lion. Il a le teint enflammé, les yeux ardents et parle avec gravité. Il dirige trente six légions de démons.

 

ALRUNE

 

Démon succube d’où serait issue la nation des Huns. Il prend toutes sortes de formes mais ne peut changer de sexe.

 

AMDUSCIAS

 

Grand duc des enfers. Il sonne du cor et sa musique provoque des tempêtes et emporte les toits des maisons. Il prend la forme d’une licorne mais lorsqu’il est évoqué, il se montre sous une figure humaine. C’est un spécialiste de la musique bruyante. Il commande vingt neuf légions de démons.

 

AMON ou AAMON

 

Dieu suprême des l’ancienne Egypte, grand et puissant marquis de l’empire infernal. Il a la figure d’un loup avec une queue de serpent. Il vomit des flammes. Sa tête est celle d’un hibou et son bec laisse voir des dents très acérées. C’est le plus solide des princes des démons. Il connaît le passé et l’avenir et commande quarante légions.

 

ANDRAS

 

Grand marquis des enfers. Il a le corps d’un ange et la tête d’un hibou. Il chevauche un loup noir. Il suscite les discordes et les querelles et commande trente légions.

 

ASMODEE

 

Démon destructeur qui personnifie l’amour impur et les instincts voluptueux. Il est aux enfers surintendant des maisons de jeu. Il a une queue de serpent, des pieds d’oie, une haleine enflammée. Il se montre à cheval sur un dragon, portant à la main un étendard et une lance. Il apprend aux hommes à se rendre invisible et leur enseigne la géométrie, l’arithmétique, l’astronomie et les arts mécaniques.

 

ASTAROTH

 

Grand duc très puissant. Il a la figure d’un ange fort laid et se montre chevauchant un dragon infernal. Il tient à la main droite une vipère. Il signale sa présence par une épouvantable puanteur. Il possède souvent les corps des humains. Il promet richesses et fortunes à ceux qui l’invoquent.

 

AZRAEL

 

Ange de la mort.

 

BAAL

 

Grand duc très puissant en enfer. Il est parfois désigné comme le général en chef des armées infernales. Il était adoré des Chaldéens, des Babyloniens et des Sidoniens qui lui offraient des victimes humaines, des enfants, pour de belles récoltes ou la déroute des ennemis. On le représente avec trois têtes : celle d’un chat, d’un homme couronné et d’un crapaud. Son torse s’achève en pattes d’araignée.

 

BALAM

 

Démon du suicide. Il prend l’apparence d’une jeune fille angélique et promet l’amour éternel au jeune homme qui accepte de se tuer pour elle.

 

BALAN

 

Souverain infernal. Il est parfois représenté avec une tête de taureau, d’homme aux yeux de braise et de bélier. Il apparaît le souvent nu, portant un épervier au poing, et monté sur un ours.

 

BEHEMOTH

 

Démon lourd et stupide, malgré ses dignités. Sa force est dans ses reins, ses domaines sont la gourmandise et les plaisirs du ventre.

 

BELIAL

 

Démon adoré des Sidoniens. L’enfer n’a pas reçu d’esprit plus épris de vice que lui. Bien qu’arborant un physique séduisant, son âme est hideuse et vile. On le montre parfois sur un char de feu.

 

BELPHEGOR

 

Démon des découvertes et des inventions ingénieuses. Il prend souvent un corps de jeune femme.

 

BELZEBUTH

 

Il est le prince des démons, le premier en pouvoir et en crime après Satan, le chef suprême de l’empire infernal. Son nom signifie le « Seigneur des mouches ». D’une taille prodigieuse, on le figure assis sur un trône immense, le front ceint d’un bandeau de feu, la poitrine gonflée, le visage bouffi, les yeux étincelants, les sourcils élevés et l’air menaçant, les narines extrêmement larges, et deux grandes cornes sur la tête. Deux grandes ailes de chauve-souris sont attachées à ses épaules. Il a aussi deux pattes de canard, une queue de lion, et de longs poils lui couvrant entièrement le corps.

 

BERITH

 

Duc des enfers, grand et terrible, il est connu sous trois noms : Beal, Berith, Bolfri. Il se montre sous les traits d’un jeune soldat habillé de rouge, monté sur un cheval de même couleur, portant la couronne au front. C’est le démon des alchimistes car il change le plomb en or.

 

CAYM

 

Grand président aux enfers. Il prend la forme d’un merle. Lorsqu’il paraît sous forme humaine, il répand du braiser ardent et porte à la main un sabre effilé. Il connaît l’avenir et commande trente légions aux enfers.

 

EURYNOME

 

Démon supérieur, prince de la mort. Il a de grandes et longues dents, un corps rempli de plaies, et pour vêtement une peau de renard.

 

FURFUR

 

Comte aux enfers, qui se fait voir sous la forme d’un cerf avec une queue enflammée. Il prend souvent la forme d’un ange et parle d’une voix rauque.

 

LEVIATHAN

 

Les conjectures sont très diverses quant à l’aspect extérieur du démon Léviathan : serpent de mer ou monstre aquatique, que certains assimilent à la baleine, au crocodile, voire à l’hippopotame. Grand amiral de l’enfer, les démonomanes l’appellent le grand menteur. Il possède souvent les corps des hommes. Il est difficile à exorciser.

 

LILITH

 

Attardons-nous un moment sur cette créature qualifiée de sanguinaire, jalouse, luxurieuse et impudique, tentatrice à la sexualité débridée.

 

Lilith occupe une place centrale dans la démonologie juive. Son nom semble dériver du mot assyro-babyloniens Lilitou signifiant « démon femelle » ou « esprit du vent ». Ces mauvais esprits séduisaient les hommes et mettaient en péril la vie des femmes en couche. L’étymologie hébraïque populaire fait dériver Lilith du mot layil signifiant la nuit, c’est pourquoi elle apparaît souvent sous les traits d’un monstre nocturne. Lilith dirige les incubes et les succubes, pousse les femmes à jouir de leur corps, et leur donne passions et orgasmes érotiques.

 

Lilith serait la première femme issue de la création adamique androgyne. Quand Dieu fendit Adam en deux afin de libérer sa partie féminine, Lilith préféra s’enfuir au-delà des mers. Elle représente l’archétype de la femme rebelle qui refuse d’être soumise à l’autorité masculine telle que Dieu l’avait destinée au départ, exigeant une place égale à l’homme. Lilith fut destinée au profit de la création d’une Eve plus soumise et servile. Pour mauvaise conduite, Lilith se vit reléguée dans le monde des ténèbres, aux côtés de l’ange de la mort Samaël, maître des anges déchus.

 

Lilith serait particulièrement nuisible aux nouveaux-nés. Elle fut souvent représentée sous la forme d’une dévoreuse d’homme, une superbe femme nue au corps recouvert d’écailles. Parfois, elle fut assimilée au serpent rebelle et initiateur de la Genèse qui séduisit Eve. Une autre image de Lilith, est celle d’une femme très belle, coiffée d’une tiare, aux pieds et aux ailes d’oiseau rapace, accompagnée d’une lionne et de chouettes.

 

Dans la démonologie occidentale, Lilith est la reine des Striges, ces démones vampires ailées, munies de serres de rapaces qui attaquent les hommes et les détruisent après leur avoir procuré des plaisirs érotiques. On prête à Lilith une sulfureuse réputation de castratrice toute comme de Lilith est un démon succube qui s’immisce dans les rêves des hommes et provoque des délires érotiques pour engendrer des légions de diables.

 

LUCIFER

 

Voir le chapitre consacré à la chute des anges.

 

MALPHAS

 

Grand président des enfers qui apparaît sous la forme d’un corbeau. Quarante légions lui obéissent.

 

MAMMON

 

Démon de l’avarice. C’est lui qui apprit aux hommes à remuer la terre pour en découvrir les trésors. Le film « Constantine » le présente comme le fils de Lucifer.

 

MEPHISTOPHELES

 

Démon de Faust. Il est après Satan, le plus redoutable meneur des enfers.

 

PAZUZU

 

L’un des sept démons de Babylone. Ailé, ses extrémités sont des griffes. Il est le roi des mauvais esprits de l’air. Sa tête est utilisée pour chasser les autres démons. Dans le film « L’exorciste », c’est lui qui possède le corps de la jeune enfant.

 

SAMAEL

 

Prince des démons qui monté sur un serpent séduisit Eve. C’est encore l’ange de la mort représenté avec une épée, un arc et des flèches. Chez lez gnostiques, il est assimilé à Satan et est le créateur du monde matériel des hommes.

 

SATAN

 

Voir le dossier spécial qui lui est consacré.

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Orphée - dans Esotérisme & Gnose
5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 19:15

4. La Hiérarchie angélique

 

Nous devons la hiérarchie angélique à un certain Denys l’Aéropagite. Membre du Conseil de la Cité (l’aréopage), Denys aurait été converti par Saint Paul au milieu du premier siècle. La tradition rapporte qu’il devint le premier évêque de la ville et qu’il serait mort en martyr. Il fut confondu avec Saint Denys, ancien évêque évangélisateur de la Gaule, martyrisé sur la colline de Montmartre et inhumé en secret dans le petit village de Saint-Denis, en France. Pour éviter toute confusion, on donna à l’auteur de la classification angélique le nom de Pseudo-Denys.

 

Toutefois, ce n’est pourtant pas à Denys l’athénien que l’on doit la célèbre classification des anges car elle ne fut rédigée qu’au Vème siècle, ce qui signifie que son véritable auteur reste inconnu. Il écrivit plusieurs ouvrages traitant des problèmes mystiques, entre autres sur la nature, les propriétés et la hiérarchie des anges. Ses manuscrits furent reconnus comme des œuvres majeures lors du premier Concile de Constantinople, en l’an 533. Le pape Grégoire le Grand, au VIème siècle, évoqua pour la première fois l’organisation des trois triades de la hiérarchie céleste.

 

 

 

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Selon les enseignements du Pseudos-Denys, l’être humain incarné se situe au centre des différents mondes matériels et spirituels, avec les trois règnes minéral, végétal et animal d’un côté, et les trois hiérarchies célestes de l’autre. Uni à la matière par son corps physique, il est aussi relié aux hiérarchies spirituelles et peut contacter les anges par la pensée. Denys révéla l’existence et le rôle des neuf hiérarchies d’entités spirituelles à travers lesquelles l’homme pouvait accéder au divin. La hiérarchie représentait les neuf degrés cosmiques de la sagesse. Sa conception spirituelle évolutive fut bannie par l’Eglise catholique romaine, lors d’un concile en l’an 869 au cours duquel elle rejeta aussi le principe jusqu’alors accepté de la réincarnation.

 

Au-dessus de l’échelle des êtres, brille l’essence divine, lieu de création et finalité de toute chose, centre et âme du monde, astre de vie d’amour, source première, ultime perfection. De ce foyer suprême sont émis les premiers rayons de lumière qui viennent frapper de leur puissance les intelligences les plus parfaites se situant tout autour du trône divin : les Séraphins. Ceux-ci, pareils à de vastes miroirs réfléchissent l’image obtenue sur les entités qui leur sont directement inférieures, les Chérubins. Et ainsi de suite, en un mouvement descendant, la lumière originelle est transmise hiérarchiquement des Séraphins aux Anges, jusqu’aux hommes. Le but de cette gradation est d’unir et d’assimiler à Dieu. Pour avoir le droit de se fondre en lui au terme de leur accomplissement, les êtres ont besoin d’être illuminés, irradiés, purifiés. Cet éveil progressif suit une loi simple consistant à associer diverses créatures entre-elles dans une interactivité permanente.

 

Denys classa les Anges en trois hiérarchies divisées en trois chœurs. Saint Thomas d’Aquin donna un sens à cette structure, en précisant les relations de chaque catégorie d’anges avec Dieu et avec l’homme. La première hiérarchie voit la face de Dieu ; la seconde connaît Dieu à travers la contemplation de l’univers ; la troisième se consacre aux affaires humaines. La hiérarchie angélique est une échelle de pouvoirs, de rôles, de fonctions et de responsabilités. Plus les êtres sont proches de Dieu, plus ils sont purs, leur perfection variant en fonction de leur degré d’illumination et de la place qu’ils occupent au sein de la hiérarchie.

 

1ère Hiérarchie

 

Les Séraphins – Les Chérubins – Les Trônes

 

2ème Hiérarchie

 

Les Dominations – Les Vertus ou Pouvoirs – Les Puissances

 

3ème Hiérarchie

 

Les Principautés – Les Archanges – Les Anges

 

5. Le libre arbitre des Anges

 

Les anges possèdent une personnalité propre. Chacun porte un nom. Toutefois, ils restent dépendants de l’essence divine dans laquelle ils puisent leur puissance et leur lumière. Il paraît à première vue impossible que les anges aient pu se rebeller contre Dieu, à moins qu’ils n’aient été dotés de libre arbitre car seuls les êtres doués d’intelligence peuvent se déterminer librement, seules les créatures animées d’une volonté propre possèdent la libre détermination de leurs actes.

 

Les Pères de l’Eglise ne s’accordent pas entre eux sur ce point délicat. Ils ne conçoivent pas le libre arbitre des anges à l’image du nôtre. Celui des anges se révèle dans son intégrité naturelle, dans sa perfection native. Les anges ne délibèrent jamais car ils ont une préhension directe de la vérité. Leur choix est plus pur que le nôtre. Il n’est pas faussé par les désirs, les émotions. Si l’homme est libre de renoncer à l’amour de Dieu, l’ange n’a pas ce choix car il lui est entièrement soumis.

 

L’ange est une créature intelligente et volontaire, inférieure à Dieu mais supérieure à l’âme humaine. L’Eglise enseigne que les anges furent créés dans un état de bonheur et de grâce perpétuel avec la liberté de choisir entre le bien et le mal. Un certain nombre d’entre eux se révoltèrent contre l’autorité divine, chutèrent et devinrent des démons. Selon l’Eglise, les anges sont des esprits immortels soit purs et saints, soit mauvais et déchus. Apparemment, tous les anges n’étaient pas dévoués à Dieu puisqu’il y eut rébellion et chute.

 

6. Puissance et missions des anges

 

Chaque catégorie d’anges est dotée de la puissance convenant à sa position dans la hiérarchie et à sa mission spécifique. Dans la Bible, les anges sont des entités vigoureuses dotées d’immenses pouvoirs. Ils peuvent s’entretenir avec Dieu, opérer des miracles, détourner les lois naturelles, raser des cités entières, prévoir le futur, se déplacer dans les airs, déclencher l’Apocalypse… Nous ignorons jusqu’où s’étend leur puissance sur la matière mais nous savons qu’ils peuvent agir sur elle, parfois d’une manière surnaturelle. Les Ecritures sont remplies de faits merveilleux, d’actes miraculeux attribués aux anges.

 

Les théologiens pensent que les bons anges exercent une véritable domination sur les démons privés de perfection. Ils les gouvernent à leur guise. Pour Saint Augustin : « L’Ange, déserteur de la vie et dégradé par le péché est régi par l’esprit qui est demeuré vivant, raisonnable, pieux et juste ». Selon Saint Grégoire : « Les Puissances sont des anges supérieurs auxquels sont soumises les puissances opposées. « Selon Saint Thomas, le pouvoir des anges est tel que le dernier d’entre eux commande à Lucifer et se fait obéir de lui.

  

 


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Or, les actualités du monde témoignent de l’incapacité des « Fils de la Lumière » à vaincre les « Fils des Ténèbres ». Si les nages bons et mauvais étaient entièrement soumis et dévoués à Dieu, où se situerait dès lors leur libre arbitre ? Et s’ils n’étaient que des serviteurs, de simples exécutants de sa volonté, exempts de sentiments et de volonté propre, comment auraient-ils pu se révolter ? La tradition est formelle sur ce point, il y a bien eu faute.

 

Dès lors, l’insistance sur la souveraineté absolue de Dieu aboutit à inscrire l’origine du mal dans sa propre création. Son ambivalence devient inévitable. Nous pouvons supposer que le libre arbitre des anges soit limité par les diverses missions que Dieu leur confie et par des lois immuables mises en place depuis la nuit des temps. Les démons sont eux aussi soumis à ces mêmes règles. Les anges peuvent devenir à l’occasion les exécuteurs de la vengeance divine. Devons-nous considérer ces derniers comme de bons ou de mauvais anges ? Pendant de nombreux siècles, les Pères de l’Eglise ont pensé que Dieu donnait aux anges rebelles la charge de ces « corvées ». Mais cette idée paraît simpliste. Dans la Bible, les anges sont les ministres de la bonté divine tout autant que ses rayons vengeurs. Lorsque les anges rebelles furent destitués, c’est l’archange Michel et ses légions qui reçurent pour mission de corriger les infidèles. Ce fut de « bons » anges qui chassèrent Adam et Eve du Paradis. C’est un Chérubin armé d’une épée flamboyante qui fut chargé de leur interdire l’entrée du Jardin d’Eden. Ce seront des anges de Dieu qui présideront à l’Apocalypse et au Jour du Jugement dernier, comme c’est eux qui provoquèrent le Déluge universel.

 



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C’est eux encore qui exterminèrent la population licencieuse de Sodome et Gomorrhe. Les messagers de la colère divine sont toujours des anges. Agissent-ils de gaieté de cœur ? Ont-ils leurs « mots à dire » ? Peuvent-ils refuser une mission qui leur semblerait injustifiée ? Le fait est que les anges peuvent parfois être amenés à exercer des ministères et des missions, en totale contradiction avec l’idée que nous nous faisons du bien.

 

C’est la raison pour laquelle de nombreux théologiens ne leur prêtèrent aucun libre arbitre. C’était l’explication la plus facile. Sans conscience et sans volonté propre, les anges devenaient de simples exécutants placides, effectuant sans état d’âme particulier et sans se poser la moindre interrogation morale, les missions agréables ou douloureuses que Dieu leur confiait. Le mystère reste donc entier… Mais la mission des anges essentielle à nos yeux reste bien entendu celle de « gardien ».

 

La tradition prête à chacun d’entre nous un ami ailé bienveillant, un frère céleste, un confident, un conseiller, un intercesseur. La croyance en l’existence de l’ange gardien se retrouve dans les plus anciens textes chrétiens, chaque fidèle possédant un ange protecteur chargé de veiller sur sa vie. Les Ecritures saintes ne mentionnent jamais explicitement le terme « d’ange gardien », même si elles décrivent le voyage du jeune Tobie avec son compagnon céleste, l’archange Raphaël qui lui déclara être « toujours présent auprès de lui. » La Bible fait par contre souvent référence aux missions de protection dévolues aux anges.

 

Au IVème siècle, saint Basile le Grand affirma que tout être humain était accompagné d’un ange protecteur et pasteur. « Chaque homme a son ange gardien qu’il reçoit en naissant » disait Saint Jérôme. « Il ne l’acquiert qu’après le baptême » affirmait Origène, révélant aussi que « chacun a l’assistance de deux anges, un ange de justice, un ange d’iniquité. Si de bonnes pensées occupent notre cœur et si la justice a produit de nombreux fruits en nous, nul doute que ce soit l’ange du Seigneur qui nous parle ; mais si ce sont de mauvaises pensées qui s’agitent dans notre cœur, c’est l’ange du diable qui nous les suggère. » Selon lui, nous aurions non pas une, mais deux entités à nos côtés, la première nous incitant au bien, la seconde au mal.

 

Les missions des anges gardiens sont nombreuses et diversifiées. Ils nous transmettent tout ce que véhiculent leurs rayons : lumière, sagesse, amour, savoir… Ils nous protègent des dangers et nous en avertissent au besoin. Les anges peuvent adoucir certains moments de crise mais ils ne peuvent agir contre les lois, les forces et les cycles cosmiques. Il agissent en sauveteurs seulement quand cela leur est permis. Les anges assurent aussi le lien avec la divinité. De par leur mission spécifique d’intermédiaires entre le plan physique et les mondes spirituels, ils intercèdent et prient pour nous. Circulant constamment entre notre âme et le divin, ils nous assistent dans nos prières et transmettent toutes nos demandes et requêtes.

 

 

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Les anges nous écoutent, nous consolent et nous aident utilement. Ils sont tout prêts de nous, tels des colonnes resplendissantes de lumière. Grâce à leur situation privilégiée, ils voient les effets dans les causes et les causes dans les effets et donc, ils connaissent l’avenir. Les anges sont nos muses. Ils nous distillent le sens du beau. Par le biais de l’inspiration, de l’intuition, des rêves et de notre petite voix intérieure, ils nous enseignent le sens de l’harmonie et de la beauté. Ils nous donnent de précieux conseils, guident notre créativité, agissent sur notre imagination à travers des impressions plus ou moins vives, des symboles, des images, des sensations, des émotions. Ils tentent de nous inciter au bien de manière inconsciente et douce. A ce titre, ils sont des initiateurs et des instructeurs. Saint Thomas disait que la connaissance des choses célestes nous arrivait par des révélations angéliques. A l’occasion, ils deviennent des « guides » et des « maîtres » spirituels.

 

Les anges exercent une action sur la volonté des hommes soit intérieure soit extérieure. Par l’intérieur, lorsqu’ils nous inspirent, par l’extérieur lorsqu’ils nous font des « signes » nous amenant à suivre une voie plutôt qu’une autre. Toutefois, leurs actions restent limitées à notre libre-arbitre. Enfin, les anges nous accueillent au moment de la mort. De nombreuses personnes au seuil du trépas ont décrit des apparitions angéliques d’une grande beauté. Des individus déclarés cliniquement morts sont revenus miraculeusement à la vie et ont raconté avoir éprouvé le sentiment diffus d’une « présence » accompagnatrice et rassurante.

 

Les puissances et missions bienfaitrices des entités de lumière sont malheureusement contrecarrées par celles appartenant au « camp adverse », c’est-à-dire les démons. Bien que soumis aux mêmes lois, ces derniers possèdent un avantage énorme sur les anges, ils travaillent dans et sur la matière, et ce plan constitue leur terrain de prédilection.

 

La Démonologie

 

1. Introduction

 

La démonologie est liée de près à l’angélologie puisque les démons ne sont rien d’autres que d’anciens anges déchus, c’est du moins ce que la tradition enseigne. La démonologie est la science qui étudie les créatures infernales. Un démon est un être surnaturel capable d’influer sur l’existence humaine, généralement de façon maléfique. Il est présent, sous des formes diverses, dans la plupart des religions.

 

Le mot « démon » vient d’un mot grec ancien, daimon, désignant des êtres intermédiaires qui pouvaient autant améliorer la vie des gens qu’exécuter la sentence des dieux. Le daimon grec n’était pas un être malveillant par nature puisque Socrate avait le sien et qu’il s’en portait fort bien. La démonologie enseigne que les anges eurent le choix entre le bien et le mal. Certains choisirent le mal, s’éloignèrent de Dieu et devinrent des anges des ténèbres. Les objectifs de la démonologie sont d’opérer une classification des mauvais esprits, de connaître leurs histoires, de comprendre la manière dont ils opèrent et de tenter de les invoquer afin d’obtenir leurs faveurs.

 

 


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Les démons sont des entités maléfiques qui, au même titre que les anges, président aux destinées humaines mais dans un sens négatif. Considérés comme « nécessaire » au dogme puisque s’opposant aux anges de bien, les démons se sont vite trouvés une physiologie, un domicile et des occupations. En se basant sur l’angéologie babylonienne et hébraïque, on affirma que les anges déchus peuplaient la terre.

 

Ils étaient partout, notamment dans l’air et n’avaient qu’un but, nous inciter au mal en permanence. Pratiquement absent aux débuts de la pensée juive, le diable et son armée devinrent peu à peu des acteurs essentiels. Les premiers livres de l’Ancien Testament ne laissent apparaître que quelques rares créatures maléfiques dont, la plus connue est sans conteste le serpent. Aux Egyptiens, les Hébreux empruntèrent l’idée que les démons résidaient dans des lieux désolés. Dès lors, le désert devint un lieu peuplé de serpents brûlants et d’étranges êtres ailés. Dans le Lévitique, Azazel, le démon du désert, reçoit le bouc émissaire chargé des impuretés d’Israël. Sur les montagnes règnent des monstres velus, caprins ou bovins auxquels on offre des sacrifices. Peu à peu, l’imaginaire juif se peuple de créatures diaboliques inspirées par les dieux des civilisations rencontrées au cours de l’Exode (à Babylone notamment).

 

Job cite deux monstres primordiaux, Béhémoth et Léviathan, décrits respectivement comme un hippopotame et un crocodile. Job et Isaïe parlent de Lilith (la première femme d’Adam), un redoutable démon femelle dévoreuse d’enfants. Le Livre de Tobie présente Asmodée comme le pire des démons, celui qui tua les sept maris de Sara. Dans les Evangiles, les démons sont appelés des « esprits immondes », des « esprits damnés » ou encore des « esprits agités ».

 



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Par opposition aux anges demeurés dans la clarté, Satan et ses disciples ne pouvaient être que « noirs. Le diable prit, sous l’influence de l’Eglise, particulièrement durant le Moyen Age, une dimension de plus en plus effrayante. Autant les anges de lumière représentaient un idéal de sublime perfection, autant les démons et leur maître furent figurés comme des êtres monstrueux capables de se transformer à volonté pour mieux duper les mortels. Comme l’Eglise accordait au diable un physique polymorphe, aucune règle ne fut imposée aux artistes chargés de le représenter. L’important était de lui donner un aspect repoussant afin de l’opposer à la beauté de Dieu et de ses anges, et bien évidemment de tétaniser les fidèles.

 

Des créatures hybrides effrayantes et hétéroclites, des hommes insectes, oiseaux ou mammifères aux têtes multiples furent figurées avec un rare talent par le peintre belge Jérôme Bosh, dans un véritable « fourmillement diabolique ». Devant l’imagination débridée de certains artistes, l’Eglise dut se résoudre à interdire, par le Concile de Trente en 1563, certaines images jugées grotesques, scandaleuses ou provocantes, particulièrement dans les lieux de culte. Les portraits fantastiques brossés par les légendes venues d’Orient, les visions tourmentées des moines et des nonnes dans les couvents, les sermons des prêtres durant les offices exhortant les fidèles à avoir peur du malin, alimentèrent les aveux des sorcières soumises aux supplices de l’Inquisition. Elles avouèrent n’importe quoi, même les descriptions les plus extravagantes.

 

Si jadis, le diable effrayait les peuples, aujourd’hui magie et sorcellerie font plutôt recette. « Harry Potter » est le livre le plus vendu dans le monde après la Bible ! Cette littérature d’apparence anodine et les films qui lui ont été consacrés constituent auprès de la jeunesse une incitation à l’esprit satanique. Depuis leur sortie, les associations de sorciers n’ont jamais reçu autant de demandes d’adhésion ! De nos jours, la fête d’Halloween a remplacé la traditionnelle fête de la Toussaint. Extérieurement festive, elle pousse insidieusement les jeunes à s’intéresser à la magie noire. Elle les incite à aimer ce qui est laid. Films d’horreur et jeux vidéo font le reste. Blasés, les jeunes réclament des sensations de plus en plus fortes.

 

Dans une société en manque de repères, les adolescents ne croient plus en Dieu ni à ses anges, au demeurant parfaitement absents de notre monde. Si Dieu promet un utopique paradis, après bien des privations, Satan pour sa part offre des réalités concrètes à savourer immédiatement comme la drogue et le sexe. Que demande-t-il en échange ? Presque rien – votre âme – que vous lui cédez, au bas d’un parchemin signé de votre sang. Ce pacte que sorciers et sorcières passaient jadis avec le démon leur conférait la puissance magique mais condamnait leur âme à vivre pour l’éternité dans les tourments de l’Enfer, c’est du moins ce que prétendait l’Eglise. Un fait est sûr, Satan a beaucoup plus d’atouts dans son jeu que son « adversaire » et nous constituions à ses yeux des proies bien faciles…

 

2. Apparence des démons

 

Les démons ont leurs propres caractéristiques physiques. Certains gardent une apparence relativement humaine, d’autres arborent des formes polymorphes mélangeant des animaux connus ou légendaires. Chaque démon a ses spécialités et peut être invoqué de manière à agir dans ses domaines de prédilection. Nous n’aborderons pas dans ce dossier l’invocation des démons, de la manière que nous n’avons pas évoqué la magie angélique, par manque de place, et aussi parce que nous ne souhaitons pas inciter nos lecteurs à de telles pratiques.

 

Nous avons du diable et de ses légions une vision naïve. Les caractéristiques physiques grotesques qui lui ont été attribuées en Occident, provenaient d’anciennes représentations orientales : un nez en bec de vautour, des oreilles pointues, des ailes de chauve-souris, des cheveux hirsutes, de longues dents acérées, des pieds et des cornes de bouc, une queue et une langue fourchues, des sabots de cheval…

 



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Satan représente l’image même de la bestialité, de l’instinct animal, des forces primitives. On a mis en exergue sa cruauté et la bassesse de son âme. Ses traits hideux, son corps difforme rappellent qu’il n’est que le « singe » de Dieu. On l’a représenté avec des visages sur son bas-ventre ou sur ses fesses que sorciers et sorcières devaient embrasser lors des sabbats au moment du baiser infamant ou osculum infame. Satan est un traître, un fourbe, un menteur habile et rusé. Il règne sur un kyrielle de créatures infernales plus abominables les unes que les autres et s’incarne en une multitude d’esprits retords formant les soldats de son armée. Etre hybride, Satan est une créature dotée d’une grande capacité de transformation.

 

Il peut prendre l’aspect d’êtres hybrides mi-hommes mi-animaux, sortes de dérivés des satyres de l’Antiquité, de faunes (hommes chèvre avec des cornes de bouc et des pieds fourchus). La plus rusée de toutes les créatures vivantes que le diable peut incarner est bien évidemment le serpent, préfigurant le mal dans l’Ecriture. Il est le tentateur par excellence. On le figure, enroulé autour de l’arbre de la connaissance et parfois, on l’affuble d’une tête humaine. L’image du serpent est destinée à souligner son côté luxurieux et répugnant. Le diable prend aussi l’apparence d’un dragon, animal redoutable crachant du feu et possédant deux ou quatre pattes, une queue de reptile, un corps recouvert d’écailles et une ou plusieurs têtes monstrueuses. Saint Jean, dans son Apocalypse, présenta Satan comme un dragon couleur de feu avec sept têtes et dix cornes.

  


386 The Fallen                  daemon-wallpapers-16




Il évoqua aussi un « un léopard, avec des pieds d’ours et une gueule de lion. » Le malin prend souvent plaisir à se montrer sous l’apparence d’une bête sauvage : « Le diable, comme un lion rugissant, rôde cherchant qui dévorer » lit-on dans la Bible. L’image du lion indique sa puissance et la royauté qu’il exerce. Si l’ours est avide, le lion est fier et orgueilleux. Le renard, associé à la ruse et à la malice est un autre symbole du diable tout comme les rapaces, les chauve-souris, les oiseaux nocturnes, les aigles, les vautours et les insectes nuisibles.
 

 

Il se révèle également à travers des « harpies » empruntées à la mythologie antique, de harpies, de « chimères », de centaures et de griffons. Avec le recul, la manipulation iconographique chrétienne paraît évidente. Au début, le diable avait une forme humaine sans aucune connotation effrayante. C’est sous la pression ecclésiastique qu’il prit une dimension repoussante. La première apparition figurée de Lucifer se trouverait, selon l’ouvrage « Les Anges et les Démons » de Sophie Cassagnes Brouquet, dans l’église égyptienne de Baouit. Le diable y serait montré sous les traits d’un bel ange. Seule la couleur sombre de sa peau permettrait de le distinguer. Lucifer n’était-il pas le plus bel ange de Dieu ? Aurait-il pu séduire Eve, s’il en avait été autrement ? N’évoque-t-on pas régulièrement la « beauté » du diable ? Bref, peut-on attraper les mouches avec du vinaigre ? Nous ne le pensons pas. Nous attirons votre attention sur le fait que Lucifer et Satan sont deux entités distinctes ayant « fauté » de manière différente. Il y a chute et chute !

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Orphée - dans Esotérisme & Gnose
5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 18:34
Anges et Démons

 

L’éternel combat des Fils de la Lumière
contre les Fils des Ténèbres

 


Toutes les religions reconnaissent l’existence d’un monde spirituel peuplé d’entités exerçant une influence positive ou négative sur notre univers physique. L’existence des anges et des démons est confirmée à maintes reprises dans les textes sacrés. Si certaines entités arborent des ailes magnifiques et sont d’une lumineuse beauté, d’autres portent des cornes et des ailes de chauve-souris et sont d’une laideur repoussante. Durant le Moyen-âge, les anges étaient considérés comme les principes animant l’univers et les éléments, les agents personnifiant la nature. On leur attribuait le mouvement des corps célestes. Ils étaient sensés gouverner les planètes.

 


 
 

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Nous retrouvons cette idée dans le Talmud et la Kabbale, cette dernière attribuant chaque planète à un ange régent et la direction de chaque degré du zodiaque à un ange servant. Un grand nombre d’anges préside aux mouvements des galaxies, des étoiles et des astres célestes. Ils sont responsables des cycles, de la lumière, de la vie et des principes de l’univers. Nous considérons les anges comme des messagers, de serviteurs zélés de la divinité qui exécutent sa volonté. Nous leur prêtons généralement un rôle de gardien, de guide, d’initiateur. Pourtant, il n’existe aucun passage dans la Bible mentionnant que Dieu créa des esprits pour le servir. De même, aucun texte sacré n’évoque jamais le terme « d’ange gardien ». En réalité, nous savons très peu de choses sur les anges, leur création, leurs rôles et leurs missions. Les théologiens se contredisent quant à leur nature, leurs actions sur le monde et leur éventuel libre arbitre.

 

Si certaines entités conservent l’ordre et l’harmonie, d’autres apportent troubles, confusions, désordres et chaos, cherchant à nous induire au mal et à détruire l’œuvre du Créateur. Selon Origène (Père de l’Eglise du IIIième siècle) « tous les hommes sont assistés de deux anges, le mauvais qui le pousse au mal, et le bon qui le pousse au bien. » Il disait : « Il est manifeste, et on peut montrer par de nombreux indices que l’âme humaine, tant qu’elle est dans le corps, peut recevoir des opérations diverses correspondant à la diversité des esprits bons et mauvais. Les esprits mauvais corrompent l’âme sensitive et intellectuelle par des pensées variées et des suggestions coupables. Au contraire, on reçoit l’opération du bon esprit quand on est mû et poussé au bien et inspiré de choses célestes et divines. » (De Principis, III, 3,4 p. 260). Pour arriver à leurs fins, les démons se servent de la tentation, de l’exacerbation des désirs matériels et charnels, des pulsions animales instinctives présentes en chacun de nous.

 

Au besoin, ils vont jusqu’à posséder l’âme des fidèles. Le Christ institua les vertus du baptême destinées à casser la prédominance naturelle des démons sur l’âme humaine et à la vouer à Dieu, ce qui n’empêche nullement le diable de tourmenter les hommes jusqu’à leur mort. Les nations ont également leurs anges protecteurs tout comme leurs démons qui les poussent à la guerre et à la destruction. Le monde monastique où règne le jeune, la prière et l’ascétisme est un univers clos très prolifique en matière de réalités démoniaques, le diable semblant prendre un malin plaisir à jouer aux pénitents tous les tours possibles, utilisant les tentations, la luxure, la vanité, les sévices corporels, les souffrances morales…

 

 

 

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Parfois, il revêt l’apparence d’un ange de lumière pour mieux tromper son monde. Au fil des épreuves, l’Eglise est devenue experte en démonologie et assure la formation de prêtres exorcistes chargés, à l’image du Christ, de chasser le malin du corps des possédés. Toutefois, elle reste dans une prudente réserve quand il s’agit de parler des démons comme des anges d’ailleurs… Parallèlement, magiciens et sorciers ont, grâce à leurs contacts permanents avec les forces des ténèbres, pu identifier un certain nombre d’esprits malins et les domaines dans lesquels ils agissent. Ils ont établi un certain nombre de règles destinées à se protéger de leurs attaques, à obtenir de leur part des faveurs et la réalisation de leurs souhaits matériels.

 

Les perceptions et les expériences de ces hommes, voués au bien comme au mal, ont enrichi de manière considérable nos connaissances des mondes tant angéliques et démoniaques. Des écrivains comme Dante, des peintres tels Jérôme Bosch ont mis en scène des visions infernales, des descentes aux enfers et des montées au paradis qui eurent un impact non négligeable sur le public. Les anges comme les démons se dévoilèrent largement dans l’imagerie populaire, l’art sacré et la littérature. Durant le Moyen Age, l’Eglise se livra, à travers l’Inquisition, à une chasse aux sorcières exemplaire. Si les entités célestes bénéfiques et maléfiques sont présentes dans notre espace, la science nie toujours leur existence. Fière de ses conquêtes basées sur un rationalisme totalement dénué de spiritualité, elle se refusa à exercer ses expérimentations sur un espace inexplorable (selon ses critères) et sur des créatures incorporelles ne pouvant être appréhendées selon les lois qu’elle s’est fixées. Il n’empêche que nous assistons à une résurgence dans la croyance populaire des anges et des démons, et à un désir croissant de communiquer avec eux.

 

Si comme nous le pensons, ces créatures vivent dans des mondes parallèles de conscience interférant constamment avec le plan terrestre, et si elles travaillent au niveau des causes, alors que nous vivons dans le monde des effets, il est primordial de nous inquiéter de leurs actions et de leurs plans. La meilleure arme de ces êtres est notre cécité. Limité par les trois dimensions de notre espace matériel, prisonnier du temps et de nos cinq sens, nous sommes pareils à des aveugles. C’est pourquoi, nous devons apprendre à reconnaître les traces de leur présence et de leur passage, celle de leur action subtile sur nos consciences. Nous devons parvenir à les identifier de manière à pouvoir (peut-être) déjouer leurs plans, et chercher à nous entretenir avec eux au niveau du conscient afin d’obtenir de l’aide et des conseils. Seul un éveil de conscience global nous permettra de sortir de notre rôle de « pions » pour devenir des acteurs véritables de notre destin.



 

Jardin des delices

 

  

Le « monde astral » (univers vibratoire parallèle) où errent les esprits des décédés en manque de repère ainsi qu’une kyrielle de larves et d’esprits infernaux en quête de proies humaines constitue la « poubelle invisible » dans laquelle nous rejetons toutes nos angoisses, nos fantasmes et nos émotions négatives. Cette frontière vibratoire forme un écran entre le plan matériel et les autres plans spirituels, un passage obligé, une sorte de purgatoire au-delà duquel s’étagent les différents plans de conscience allant du plus dense (le plus obscur) au plus subtil (le plus lumineux). C’est dans cet espace d’émotions pures que les démons et leur maître Satan puisent toute leur énergie vitale. A l’opposé, c’est de nos émotions d’amour, de paix et sérénité dont se repaissent les anges.

 

L’angélologie est liée de près à la démonologie, anges et démons semblant se servir des humains comme des esclaves pour asseoir leur puissance et remporter la bataille finale. Nous évoluons dans un monde dualiste où deux principes opposés s’affrontent. Le premier est bon, c’est le « Prince des Lumières ». Le second est fondamentalement mauvais. Il est le « Prince des Ténèbres ». Ils dirigent l’un et l’autre une véritable armada d’esprits qui leur sont subordonnés. C’est le Dieu unique qui a créé ces deux armées destinées à lutter l’une contre l’autre jusqu’à la fin des temps, dans un combat eschatologique où l’homme est appelé à choisir son camp. Le terrain de cette bataille permanente, c’est la terre.

 

La créature humaine reçoit dès sa naissance un ou plusieurs représentants de chaque armée. Elle est douée pour le bien comme pour le mal mais la part de beauté et de laideur n’est pas distribuée à part égale chez tout le monde. C’est ce qui crée la diversité des âmes, des esprits et des consciences. C’est là où réside toute l’importance de notre libre arbitre. Selon Origène, Dieu a créé le monde spirituel et des hiérarchies pour le servir qui se sont mises en place suivant leur degré de fidélité. Dans cette classification, les démons se trouvent au niveau le plus bas, le plan matériel, c’est-à-dire la terre. A propos de la chute des anges, il écrit : « Avant les siècles, tous les esprits étaient purs, démons, âmes et anges, servant Dieu et accomplissant ses commandements. Le Diable qui était l’un d’eux, voulut s’opposer à Dieu et Dieu le rejeta. Toutes les autres puissances tombèrent avec lui. Les unes ayant beaucoup péché devinrent les démons ; les autres qui avaient moins péché devinrent les anges. Restaient les âmes qui n’avaient pas assez péché pour devenir des démons, ni n’étaient assez légères pour devenir des anges » (De Principis, I, 8, 1, p. 96). Etait-ce les créatures humaines qu’il évoquait en parlant de ces âmes pas assez pures pour devenir des anges et pas assez mauvaises pour être des démons ?

 

Angélologie

 

1. Historique

 

Le concept d’êtres spirituels intermédiaires entre Dieu et les hommes est essentiel dans toutes les croyances. L’origine de l’histoire des anges prend sa source dans les anciennes civilisations assyro-babyloniennes. D’un point de vue archéologique, toutes les pistes convergent vers la civilisation de Sumer. C’est de plus de trois mille ans avant notre ère que datent les premières représentations de génies ailés mi-humains, mi-animaux découvertes en Irak.

 

  


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Les précurseurs les plus connus des anges sont les personnages ailés décorant les palais assyriens, des génies protecteurs représentés sous la forme de taureaux androcéphales ailés appelés lamassus, chargés d’éloigner les mauvais esprits. Il existait une multitude d’entités sculptées en relief sur la pierre, représentées tantôt sous l’aspect d’un être humain ailé, tantôt sous celui d’une silhouette ailée mi-humaine pour le corps, mi-animale pour la tête. Ces génies tantôt bons, tantôt mauvais constituaient l’un des grandes préoccupations de la religion d’Assour et de Babylone. Les bons génies appelés shedu, lamassu ou encore karîbu, figurés sous forme de taureaux ailés ou d’aigles, assuraient un rôle protecteur pour les hommes, portaient aux Dieux leurs hommages et attiraient sur eux leurs faveurs, affirmant déjà leur nature de gardiens et de messagers. Les « anges » de la statuaire assyro babylonienne avaient un aspect plutôt monstrueux et imposant. Ils arboraient une double paire d’ailes supérieures et inférieures se réunissant au milieu du dos.

 

Du fait de leur exil à Babylone, les Hébreux furent fortement influencés par ces représentations. Les kâribu se muèrent en « chérubins » décrits par Ezéchiel dans sa vision du char céleste. En Grèce apparurent des créatures célestes représentant le plus souvent des déesses comme Aphrodite, des nymphes ailées et des dieux comme Eros ou encore Hermès, le messager aux sandales ailées, au casque d’Hadès, portant le caducée. Les Grecs divinisèrent la victoire sous le nom de Niké, messagère des Dieux. Les Romains avaient aussi leurs victoires. Elles étaient les garantes du pouvoir impérial.

 

Dans les religions polythéistes, les dieux interféraient directement avec les hommes, ce qui n’empêchait pas l’existence de figure surnaturelles intermédiaires. C’est au terme de nombreux bouleversements qui agitèrent le monde antique que les anges apparurent en tant que messagers subordonnés à un Dieu unique. L’ange n’apparut de manière spécifique que dans les religions révélées comme le Christianisme (Ancien et Nouveau Testament), le Judaïsme (Ancien Testament) et l’Islam (Coran) qui mirent en exergue l’existence d’un seul Dieu, créateur du monde, un être distant qui avait besoin, du fait de sa transcendance, d’êtres intermédiaires entre lui et sa création. Seules les traditions monothéistes développèrent une science des anges.



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Dans les Ecritures, les anges apparaissent comme les plus fidèles serviteurs du Seigneur. L’angélologie ou angéologie est la science qui étudie les anges. Dans la tradition chrétienne, les anges sont des médiateurs, des serviteurs de Dieu qui exécutent ses ordres. Ils l’assistent dans le gouvernement du monde et le glorifient constamment, à travers des louanges et des chants d’adoration. Dans la Bible, les armées angéliques forment une vaste cour autour de Yahvé. Dieu se sert aussi des anges pour révéler les messages qu’il destine à son peuple. A travers une hiérarchie de rôles, de missions et de pouvoirs, les anges se transmettent mutuellement la lumière divine qu’ils réfléchissent, en distribuant au passage une partie aux êtres humains, les faisant progresser dans la voie de la perfection. Parallèlement à ce courant d’énergie « descendant », existe un courant « ascendant » élevant les prières et les intentions des hommes jusqu’à leur créateur.

 

Les Ecritures font souvent référence à « l’Ange de l’Eternel », sorte de manifestation personnelle du Dieu dans des circonstances données. Son esprit, sa force, son verbe, sa lumière, ses vertus et sa volonté sont véhiculés par les anges dont le nombre est infini. Les Ecritures évoquent des myriades de myriades d’entités célestes formant une vaste armée dirigée par l’archange Saint Michel. Albert le Grand, philosophe et théologien du XIIIe siècle, ne comptait pas moins de 66.666 légions de 66.666 anges, soit un total de 4.444.355.556 ! Ce grand nombre est confirmé par la définition même du mot « Dieu » tiré de l’hébreu « Elohim ». « Elohim » est le pluriel de « Eloah » signifiant « Le Tout Puissant ».

 

Il exprime une pluralité de puissances indiquant des distinctions internes dans la divinité, la possibilité de la présence d’un grand nombre d’être spirituels constituant autant d’émanations de son rayon. L’essence de Dieu est entièrement contenue en chaque ange et chaque ange représente une partie de la nature divine. Dans la Bible, les anges sont mentionnés à de nombreuses reprises. Ils sont les Chérubins gardant l’entrée du Paradis, ceux placés sur l’Arche d’Alliance, les anges destructeurs de Sodome, les messagers de Dieu (annonciation à Marie), les protecteurs des hommes (Tobie et l’archange Raphaël, Daniel sauvé de la fosse aux lions), les armées de Dieu (combat de Saint Michel contre Satan), les révélateurs et les initiateurs (explication du sens caché de certains rêves ou visions)…

 

Avec la venue du Christ, les créatures angéliques furent reléguées au second plan et apparurent essentiellement comme des serviteurs. Elles ne constituèrent plus le lien unique permettant à Dieu de se révéler aux hommes et aux hommes de s’entretenir avec lui. La venue de Jésus empêcha tout culte ou idolâtrie déplacée à leur égard, le fils de Dieu étant définitivement déclaré « supérieur aux anges ». L’idolâtrie aux anges fut dénoncée par Saint Paul dans son Epître aux Collossiens, II, 18-19 : « Ne vous laissez pas frustrer par les gens qui se complaisent dans « l’humilité » et le « culte des anges » au gré de leurs visions ; ils sont gonflés de vanité par la pensée de leur chair ». Le culte des anges fut révoqué par le Concile de Laodicée, dans la seconde partie du IVème siècle qui déclara : « Les Chrétiens ne doivent pas vénérer superstitieusement les anges et en introduire le culte idolâtre. »

 

Dans leur dévotion envers leur Dieu unique, les Hébreux transformèrent toutes les déités vénérées par les peuples du Moyen Orient et de Mésopotamie avec lesquels ils furent en contact, en anges servants. D’après le Talmud, les noms des anges vinrent avec les Israélites de Babylone (597-538 avant J.-C.). S’inspirant de l’art mésopotamien, leurs artistes et écrivains dotèrent les anges d’ailes, de morphologies anthropomorphes (mi hommes mi animaux) et se prirent d’intérêt pour le nom et le rang des anges. Ils héritèrent de ces traditions la conception dualistes de l’univers avec la croyance en des anges bienfaisants et des anges destructeurs en rébellion contre Dieu. La communauté juive de Qumram (Esséniens) considéraient le monde comme un vaste champ de bataille opposant « L’Esprit de Vérité » et « l’Esprit du Mal », ce dernier étant une puissance angélique opposée à Dieu du nom de Bélial.



 

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Si l’existence des anges est tenue pour acquise dans la pensée juive, ils ne tiennent pas pour autant une place importante. Ils ne sont que des intermédiaires entre le monde créé et son inaccessible Créateur. Le Judaïsme reconnaît deux catégories d’anges : ceux qui sont porteurs d’un message et s’adressent à un individu en particulier et ceux qui chantent les louanges du Seigneur. Au Ier siècle avant J.-C. pointa un Judaïsme mystique dans lequel l’initié avait besoin du secours des anges pour franchir les sept cieux et accéder au trône divin. Divisés en une hiérarchie ordonnée, les anges reçurent des noms et revêtirent un pouvoir invocatoire magique.

 

S’inspirant des traditions du Judaïsme et Christianisme considérées comme des révélations authentiques ayant précédé la révélation de Mahomet, l’Islam et le Coran mentionnent souvent les anges, principalement Jibril (Gabriel), le transmetteur de la révélation, les démons et les djinns. Tout fidèle est tenu de croire en l’existence des anges, des génies, des démons et des mondes invisibles. Chaque catégorie d’anges est chargée d’une mission spécifique. Certains sont responsables de la marche du monde, des cieux et de la terre, de l’action des planètes, du soleil, de la lune, des vents, de nuages, de la pluie, des plantes et des animaux…

 

Pour l’Islam, les anges appelés « malak » (messagers) sont faits de lumière et les démons de feu. Les anges sont dépourvus de tentation et purifiés de tout désir. Ils n’ont pas de sexe mais possèdent des ailes dont le nombre est variable. Allah a accordé aux anges la faculté de se métamorphoser en fonction des missions dont il les charge. Le plus souvent, ils arborent une apparence humaine et sont d’une grande beauté. Il existe aussi des anges soldats dont le nombre est connu de Dieu seul. Aucun ange ne peut désobéir au Tout Puissant.

 

Les anges du mal comme les anges du bien sont sous son contrôle. Puisqu’il existe sept cieux dans l’Islam, les anges sont répartis en sept classes différentes. Les principaux anges sont Jibril (Gabriel), Mickaël (Michel), Izrâil (Azraël) et Isrâfil (Séraphiel). Les anges de l’Islam sont aussi des observateurs et des scribes. Ils enregistrent scrupuleusement toutes les actions des hommes, notent par écrit chaque parole, recensent fidèlement tout ce qui les concerne. Le Jour de la Résurrection, chacun de nous prendra connaissance de son livre personnel.

 

Les anges protègent les fidèles contre les démons et les ennemis de la religion car l’Islam a son diable. Il porte le nom d’Iblis. Il est le « shaytan » (Satan) des Hébreux et le Lucifer déchu des Chrétiens. Iblis est le personnage à travers lequel Dieu introduit la notion de mal dans l’histoire de l’humanité. Le diable a sous ses ordres des légions de shayatins, des djinns voués à une mission unique, celle de détourner l’homme de sa destination finale, le Paradis. Dans la tradition islamique, les djinns sont considérés comme des êtres à part entière, soumis au jugement final.

 

2. Définition, nature et origine des anges

 

Le mot ange dérive du latin angelus, transcription du grec aggelos, signifiant « messager », « émissaire ». En hébreu, l’ange porte le nom de malakh, signifiant également « messager ». Le mot malakh dérive de la racine laakh qui en langue sémitique évoque une mission, un service, une charge. Le mot ange désigne une fonction, non une nature. L’ange assure le lien entre le Créateur et sa création.

 

Saint Grégoire de Nazianze et plusieurs autres Pères de l’Eglise d’Orient pensaient que les anges existaient depuis longtemps quand Dieu créa le monde mais cette idée fut rapidement abandonnée. La plupart des théologiens d’aujourd’hui s’accordent pour dire que les anges furent créés par Dieu, au même titre que les hommes. Toutefois, l’époque de leur apparition reste imprécise.



 

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La Genèse se borne à révéler qu’au commencement « Dieu créa le ciel et la terre ». Saint Augustin et Saint Grégoire déclarèrent que quand il était dit que « Dieu créa le ciel », il y incluait évidemment ses habitants. Avec d’autres Pères de l’Eglise, ils prétendirent que les anges furent englobés, soit, dans la création du ciel, soit dans celle de la lumière. Les Ecritures révèlent que « Dieu créa, en six jours, le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils renferment ». Selon Saint Thomas, « il est croyable que Dieu les fit (les anges) quand il produisit l’œuvre des six jours. » Il est improbable que Dieu ait donné naissance à des créatures spirituelles avant de leur assigner un lieu de résidence, tout comme il attendit de créer la terre pour former l’homme et les animaux.

 

Dieu enfanta l’essence immortelle puis l’habilla d’une substance mortelle car il avait besoin d’aide pour entreprendre son vaste programme de créations matérielles. Les peuples du ciel furent créés pour seconder la divinité dans ses œuvres. Le psaume 33, verset 6, affirme : « Les cieux ont été créés par la parole de l’Eternel et toute leur armée, par le souffle de sa bouche ». Même déclaration chez Néhémie, chapitre 9, verset 6 : « Toi seul, tu es l’éternel. C’est toi qui as fait les cieux, les cieux des cieux et toute leur armée. » Selon Saint Thomas, les anges furent créés dans le lieu le plus élevé du monde, le ciel empyrée. L’idée d’un firmament surplombant toutes les sphères célestes des cosmogonies antiques prit naissance au XIIIème siècle.

 

Ce « dixième ciel » selon Saint Thomas d’Aquin était le lieu de résidence de Dieu, des anges et des âmes bienheureuses. Au Moyen Age, cet endroit fut figuré par une série de cercles concentriques. Ce véritable dôme ampli d’une lumière resplendissante détermina l’iconographie traditionnelle du Paradis. Saint Isidore prétendit que le « ciel le plus sublime était celui des anges. » Pour ce qui est de leur nature, l’Eglise catholique considère les anges comme des substances incorporelles, intelligentes et supérieures aux hommes. Saint Justin pensait qu’ils ne nourrissaient de manne céleste, leur conférant une « texture », corporelle particulière.

 

Clément d’Alexandrie, Tertullien, Saint Ambroise, Origène, Saint Augustin les disaient revêtus d’un corps « éthéré ». D’autres les voyaient comme des êtres purement spirituel pouvant à l’occasion prendre « l’apparence humaine ». Le second concile de Nicée, en 787, accepta le principe d’une nature « subtile » et toléra leur représentation. Si nos artistes inspirés ont amplement représenté les célestes messagers, si les témoignages des saints, des mystiques et des êtres humains sauvés par les anges ont fourni des éléments (parfois contradictoires) sur leur apparence et leurs rôles, ont peut se demander si ces personnes n’ont pas tout simplement aperçu ce qu’ils avaient envie de voir ou ce qui leur était « permis » de voir. Il est possible que les anges aient adopté une forme plaisante pour ne pas les effrayer. Les anges projettent dans notre inconscient collectif des images qui ont varié en fonction des époques, des civilisations et des cultures.

 

A travers les siècles, les hommes les ont représentés comme des êtres hybrides, des déesses de la victoire, des nymphes, des fées, des sylphes, des esprits de la nature, des bébés ailés roses et tendres, des silhouettes diaphanes et aériennes, des personnages au sexe ambigu habillés de vêtements liturgiques ou d’aubes de communiants, des soldats cuirassés armés d’épées flamboyantes, des êtres lumineux habillés de blancs et ceinturés d’or, des créatures humaines auréolées de lumière…

 

Les anges sont constitués d’énergie vibratoire et ondulatoire reflétant la lumière, l’esprit et l’amour de Dieu. S’ils sont de purs esprits résidant dans les mondes supérieurs de conscience, il leur arrive de temps à autre de prendre l’apparence d’êtres et de femmes de chair. Cette double facette, à la fois spirituelle et matérielle, a généré de nombreuses interrogations sur leur nature et même sur leur sexe. Les anges empruntent les formes qu’ils leur conviennent, en fonction de la catégorie à laquelle ils appartiennent, de leurs rôles et des missions, que ce soit pour dialoguer entre eux ou pour s’adresser à nous. Nous ne devons émettre aucune exclusive particulière ou général à propos de leur « physique », si tant est qu’ils en aient bien un !

 

3. L’apparence des anges

 

Les hommes ont toujours représenté les anges comme des créatures ailées capables de se déplacer à grande vitesse, du fait de leur mission spécifique de messagers. Dans la Bible, nous les voyons effectuer de nombreux voyages. Un ange porta le prophète Habacuc jusqu’à Babylone afin qu’il donne à manger à Daniel, prisonnier dans la fosse aux lions. Une entité angélique enlève saint Philippe alors qu’il est en train de baptiser un officier de la reine d’Ethiopie et le dépose huit à dix lieues plus loin. Dans son songe, Jacob voit une échelle sans cesse parcourue par les anges…

 

Blanches et soyeuses, les ailes représentent  la pureté, la vertu originelle et la douceur. A l’occasion, elles peuvent adopter couleurs tendres et irisées, prenant l’apparence d’ailes de papillons ou de plumes de paon, ces dernières étant un symbole d’immortalité. Mais quand on évoque la présence des anges, parle-t-on d’une présence réelle ou fait-on plutôt allusion à une présence virtuelle ? Si Dieu ne se trouve pas dans un lieu précis mais partout à la fois, en raison de son immensité et de sa puissance, en va-t-il de même pour les « extensions » de son être que sont les anges ?

 

De nombreux penseurs affirmèrent que les anges n’avaient qu’une présence « virtuelle ». Ils opéraient dans un lieu, sans s’y trouver réellement. Saint Thomas ne concevait pas qu’un esprit puisse être absent d’un lieu dans lequel il opérait. Il considérait que les anges avaient une présence « locale », affirmant que chaque substance spirituelle existait dans un lieu de manière « à n’être point ailleurs… »

 



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Un ange peut-il être à plusieurs endroits en même temps ? Pour l’Abbé P. (XIXème siècle), auteur d’un petit livre remarquable sur les « Saints Anges », un ange est un esprit « sans quantité ni situation. » Il ne répond à aucune partie de la matière où qu’elle se trouve. Du fait de sa puissance propre, il peut élargir ou rétrécir le lieu où sa volonté opère, l’étendre jusqu’aux limites de son opération. Un ange peut être présent dans un lieu mais faire ressentir son action dans un espace considérable. Bref, ce n’est pas le lieu qui contient l’ange mais l’ange qui contient le lieu !

 

Emblème de vitesse et de mouvement, les ailes témoignent de la capacité des anges à se déplacer instantanément d’un endroit à l’autre, leur faculté de se mouvoir avec la rapidité de l’éclair, de disparaître instantanément à nos regards ébahis. Au ciel, il n’existe point d’entrave, point d’obstacle à leur passage, c’est pourquoi dans les Ecritures, les anges sont comparés au vent ou aux feux des éclairs.

 

Symboles de légèreté, les ailes des anges sont aériennes presque diaphanes. Elles se confondent avec le halo de lumière dorée entourant le corps spirituel angélique. L’auréole entourant la tête des anges comme une couronne est un symbole d’élévation, de pureté, de sainteté et de gloire divine. Il est possible que les ailes soient des sortes de filaments de lumière à travers lesquels les anges communiquent grâce à un système particulier d’ondes et de vibrations. D’un point de vue strictement iconographique, les ailes constituent le signe distinctif du rôle tenu par chaque catégorie d’anges au sein de la hiérarchie. Les Séraphins possèdent trois paires d’ailes, les Chérubins deux, et les autres anges se contentent d’une seule.

 

Quant à leur apparence, les anges sont généralement considérés comme des êtres androgynes. On pense à tort que l’androgynes. On pense à tort que l’androgynie est un état asexué. C’est faux. Le mot « androgyne » vient du grec andros (mâle) et gunê (femelle). Il signifie la juxtaposition, la confusion des deux polarités en un seul et même individu. Les anges procèdent des deux genres à la fois. Selon les circonstances, ils revêtent l’apparence d’êtres masculins ou féminins. C’est la raison pour laquelle ils troublent tant les créatures humaines. Les anges représentent à nos yeux la beauté extrême, la séduction suprême. Leur mystérieuse beauté a exalté l’imagination de nombreux artistes anciens et modernes.

 

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 17:58

L’Hypostase des Archontes

 

Le texte commence par une référence à Saint Paul qui affirme dans son Epître aux Colossiens, 1, 13 : « Le Père nous a délivré de l’autorité des ténèbres pour nous transporter dans le royaume de son Fils bien aimé » et dans son Epître aux Ephésiens, VI, 12 : « Ce n’est pas contre la chair et le sang que nous luttons, mais contre les principats, contres les autorités, contre les pouvoirs de ce monde de ténèbres, contre les puissances qui sont dans les lieux célestes ». Le chef de ces puissances est Samaël, qui poussé par sa vanité et son arrogance, déclara « qu’il n’y avait pas d’autre dieu que lui ». Il est qualifié dans le texte de « Dieu des aveugles ».

 

 


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L’Hypostase des Archontes peut être résumé comme suit. A l’origine, le monde visible fut créé à la ressemblance du monde invisible et caché. Le Créateur du grand Tout, celui que nous appelons le « Père » est androgyne. Il possède deux polarités, une masculine et une féminine. Sa partie femelle porte le nom de Sophia dans le texte. Déité directement reliée à la perfection, Sophia aurait normalement dû toujours agir de concert avec la contrepartie masculine à laquelle elle était attachée mais elle désira comprendre plus profondément l’Eternel et commis une erreur fatale et irréparable. Tentant d’imiter son pouvoir créateur, elle se sépara de son principe masculin et tomba du Plérôme (plénitude), c’est-à-dire du Royaume de Dieu. Elle fut précipitée dans le monde des abysses, un monde de néant et d’absence de lumière. Là, du fait de sa puissance, elle enfanta une créature bâtarde, un être monstrueux, un « avorton », à visage de lion et au corps de serpent, un « être fou d’orgueil malicieux et vil », Sabaoth, appelé aussi Samaël. Dans sa folie de vouloir égaler la puissance divine, Sophia créa une aberration, un être abject.

 

 

 

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Une fois engendré, le fils avorton de Sophia (androgyne lui aussi) aperçut devant lui l’univers vaste et étendu. Il devint arrogant et dit : « Moi, je suis Dieu et il n’y en a pas d’autre que moi ». L’Archonte orgueilleux se bâtit un monde d’une grandeur sans limite (notre Univers-Bulle) puis décida de susciter de lui des enfants. Il créa sept androgynes puis leur dit : «  Je suis le Dieu du Tout ! » Il engendra aussi une multitude d’enfants maléfiques, les Archontes (ou démons), qui peuplèrent désormais les mondes de la matière d’où ils étaient issus. Lorsque le vrai Dieu, « l’Incorruptible », abaissa son regard vers la région des eaux « en vue d’unir, selon la volonté du Père, le Tout à la Lumière », son image se refléta et les Archontes (puissance des ténèbres) en devinrent amoureux.

 

Ces faux démiurges androgynes réussirent, on ne sait trop comment, à capter l’image parfaite de l’homme se trouvant de « l’autre côté du voile » et décidèrent de créer un homme d’après l’image parfaite qu’ils avaient aperçue sur l’eau. Les Archontes dirent : « Allons, faisons un homme qui soit de la poussière de la terre. » Ayant pris de la terre, ils modelèrent un homme d’après leur propre corps (avorton animal), à la ressemblance de l’image du dieu qui leur était apparue dans les eaux. Toutefois, étant donné une « imprécision de fabrication », leur créature ne parvenait pas à se tenir debout. Dans leur maladresse, ils créèrent un monstre, une créature hybride mi-humaine, mi-amphibienne, mi-reptilienne qui annonça le règne des premiers animaux sur terre. Alors, Dieu eut pitié d’elle et souffla dans son visage : « L’Esprit (de Dieu) aperçut sur le sol l’homme pourvu d’une âme. Il descendit et vint en lui, et l’homme devint une âme vivante. Il lui donna le nom d’Adam parce qu’il l’avait trouvé rampant sur la terre. » L’homme se mit debout et parla.

 

Bien qu’issu d’une sorte de création « génétique » des Archontes, l’homme était différent d’eux car l’étincelle de vie et d’intelligence lui avait été donnée par le « vrai » Dieu. Les Archontes placèrent Adam dans le Jardin d’Eden « pour qu’il le cultive », en lui interdisant de manger à l’arbre de la connaissance du bien et du mal, lui prédisant la mort s’il essayait. Quelques temps après, ils se concertèrent et décidèrent de faire tomber Adam dans un profond sommeil (assimilé à l’ignorance), pendant qu’ils tranchaient dans son côté et qu’ils faisaient apparaître une femme. Puis, ils reconstituèrent le côté « en mettant de la chair à la place », un acte qui s’apparente à une véritable « opération chirurgicale ».

 



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Quand les Archontes virent la contre partie féminine d’Adam, « un grand émoi les saisit et ils la désirèrent. Ils se dirent l’un à l’autre : Allons ! Jetons en elle notre semence et ils la poursuivirent. (…) ils provoquèrent eux-mêmes leur propre condamnation. » C’est alors que le principe féminin de Dieu, Sophia, s’introduisit dans le « serpent instructeur » et dit à la première femme : « Vous ne périrez pas de mort (si vous touchez au fruit de l’arbre). C’est par jalousie qu’on vous a dit cela. Au contraire, vos yeux s’ouvriront et vous deviendrez comme les dieux, distinguant le bien et le mal ». La femme mangea le fruit défendu puis en donna à son mari. S’apercevant de leur désobéissance, le grand Archonte Samaël maudit la femme et le serpent. Il chassa le couple hors du verger et le tourmenta « par de grandes tribulations et une vie pleine de soucis, afin que l’humanité soit accaparée par la vie matérielle et n’ait pas la possibilité de se consacrer à l’Esprit saint. »

 

Nous assistons ensuite à la naissance de leur descendance, Caïn et Abel, Seth et Noréa. Le texte précise que Noréa, la dernière engendrée ne fut pas « souillée par les Archontes ». Alors qu’ils venaient à sa rencontre, avec l’intention de l’abuser, Samaël lui dit : « Eve, ta mère, est venue à nous. » Mais Noréa, se tournant vers eux, leur dit : « C’est vous qui êtes les gouverneurs des ténèbres ? Vous êtes maudits (…). Je ne suis pas issue de vous : c’est, bien au contraire, du monde d’en haut que je suis venue. »

 

L’Archonte arrogant fit appel à tout son pouvoir et lui dit : « Il te faut nous rendre service (comme l’a fait) ta mère Eve. » Mais Noréa, qui n’était pas un « produit » des Archontes mais une fille issue directement de la Lumière du Père primordial, au même titre que son frère Seth, demanda assistance et protection au grand Créateur, au « Dieu du Tout » : « Protège-moi des Archontes d’iniquité et sauve-moi de leur emprise ! » Alors, l’ange Elelêth, l’un des quatre « Illuminateurs » qui se tiennent debout en présence du grand Esprit invisible lui dit : « J’ai été envoyé pour m’entretenir avec toi et pour te délivrer des griffes de ceux qui sont sans loi. Et je te ferai connaître tes racines ». A la demande de Noréa, l’ange lui expliqua alors comment les Archontes avaient été créés.

 



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L’un des sept fils de Samaël condamna les œuvres de son père. Alors, Sophia et sa fille Zoé l’enlevèrent pour l’établir au septième ciel. Il prit le nom de « Dieu des Forces » et se fabriqua un grand char à quatre face de chérubins, et pour l’assister, créa de nombreux anges. Zoé et Sophia lui enseignèrent les mystères des mondes d’en haut. Ce fils issu du sombre Samaël fut réhabilité sous le nom de Sabaôth, en qualité de second dieu, maître des sept cieux du monde d’en bas, de leurs puissance et de leurs anges. L’écrit sur « L’Origine du Monde » s’étend avec plus de détails sur le rétablissement de Sabaôth dans sa gloire, à travers les visions d’Isaïe et d’Ezéchiel. Le dieu créateur se trouva ainsi divisé en deux personnages. Pour avoir dit « Je suis Dieu et il n’en est pas d’autre », sa partie négative fut précipitée dans le Tartare.

 

On l’identifia plus tard à Satan, l’accusateur public du malheureux Job dans la Bible. Puis, le « petit fonctionnaire » prit du galon et devint le diable, le « Prince de ce monde », qui continue à régner en despote absolu sur la terre. L’Hypostase des Archontes se termine sur l’annonce par l’ange Elelêth de l’arrivée d’un « homme vrai » (le Christ) qui les instruira de toutes choses, les affranchira de la pensée aveugle (Samaël/Satan) et leur montrera comment vaincre la puissance des Archontes. Nous voyons que dans « L’Hypostase des Archontes », le rôle du serpent est tout autre que dans l’Ancien Testament. Il ne tente pas le premier couple mais l’avertit de son état. Il lui donne les moyens d’accéder à la connaissance par les Archontes. Ces derniers, véritables créateurs de l’humanité, sont les uniques responsables de la souffrance existentielle de l’homme.

 

Seule la connaissance, le mépris des lois et des institutions permettront à la créature humaine de rallumer la lumière intérieure avec laquelle elle pourra renouer avec les entités divines issues du monde parfait.

 

Le Livre secret de Jean

 

Le Livre secret de Jean ou Apocryphon de Jean figure en tête de trois codices découverts à Nag Hammadi, ce qui indique son importance. Il en existe quatre versions écrites en copte. Il contient des paroles secrètes reçues par « Jean » (que l’auteur André Wauthier présente comme l’évangéliste Marc) de la bouche même du Christ. Ces révélations portent essentiellement sur les origines de la création du monde et en particulier sur le rôle joué par Barbèlô appelée aussi Epinoïa, la mère céleste, la Sophia de l’Hypostase des Archontes. De l’union de la partie féminine de Dieu ou Barbèlô (Sophia) et de l’esprit « saint virginal et invisible », autrement dit le Père, l’aspect masculin de Dieu, naît un Fils, le Christ appelé l’Autogène.

 

 


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Mais Barbèlô engendre aussi un autre être, sans le secours du Père. Il s’agit de Ialdabaoth (Samaël) qui crée des entités pour le servir et ensuite le monde matériel pour l’asservir. Une faute de « l’aspect féminin » de Dieu est à l’origine du monde matériel, c’est-à-dire du mal. Et cet archonte maléfique est présenté comme étant le demi-frère du Christ !

 

Voici comment le Livre des Secrets de Jean narre la conception de cet avorton bâtard de Dieu. Epinoïa (Barbèlô, Sophia) voulut engendrer un être semblable à elle, sans le consentement de l’Esprit, sans sa participation et sans lui demander son avis. Et du fait de sa puissance, sa pensée ne resta pas improductive. Epinoïa enfanta une « chose imparfaite et disgracieuse, parce qu’elle l’avait engendrée sans son conjoint, et cet être ne ressemblait pas à l’aspect de sa mère, il était d’une forme autre ». Il avait une tête de lion sur un corps de serpent et ses yeux étaient pareils à des éclairs lançant des flammes. Elle le nomma Ialdabaoth, le repoussa loin d’elle et le plaça sur un trône entouré d’une nuée, afin que personne ne puisse le voir, sauf le Père des vivants.


 

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Ialdabaoth appelé aussi Saclas (l’idiot) devint le premier Archonte. Il détenait de par sa mère un grand pouvoir. Il quitta son lieu d’origine et donna naissance à d’autres éons, à des autorités subalternes et douze anges (les douze signes du zodiaque) : Athôt, Harmas, Galila-Omri, Iabêl, Adonaï, Sabaoth, Kaïnan-Kassine, Abrisène, Iôbêl, Armoupiaël, Melkheir, Adônine, Bélias.

 

Ensuite, il plaça dans les sept cieux, sept rois (correspondant aux sept planètes). La folie qui anima le Grand Archonte lui fit déclarer : « Je suis Dieu et il n’y a pas d’autre Dieu à par moi ». Les Archontes créèrent sept puissances et ces dernières engendrèrent 365 anges. Ialdabaoth réaffirma à l’ensemble de ses créatures : « Je suis un Dieu jaloux et il n’y a pas d’autre Dieu que moi ! » Alors, le grand Tout excédé refléta son image parfaite sur les eaux et les Archontes qui la virent se dirent : «  Faisons un homme à l’image de Dieu et conforme à notre apparence afin que cette image soit pour nous une lumière. »

 

Et ils fabriquèrent une créature en associant les pouvoirs des uns et des autres, chacun lui apportant un élément spécifique. Ils créèrent un être ressemblant à l’homme primordial parfait qu’ils appelèrent Adam mais le leur était inerte et sans vie. Alors, le Grand Esprit souffla sur Adam qui se redressa, acquit de la force et s’emplit de lumière. Les Archontes, jaloux de l’esprit et de l’intelligence acquise par Adam le précipitèrent dans les régions les plus basses de la matière (la terre). Mais le « Miséricordieux » prit pitié de lui. Il lui envoya la révélation de ce qu’il était et lui expliqua la manière dont il pouvait remonter jusqu’à lui.

 

Quand les Archontes comprirent que l’Adam qu’ils avaient façonné leur était supérieur, ils le firent devenir mortel et l’emmenèrent au Paradis, dans un Jardin où il n’y avait que des fruits amers à manger, lui cachant le seul arbre défendu, celui du discernement du bien et du mal. Le Livre secret de Jean poursuit la narration en ces termes : « Mais moi, je l’ai incité à en manger ». Or, c’est le Christ qui s’exprime dans le texte, défendant le rôle du serpent tentateur et se l’appropriant !

 

La partie féminine lumineuse d’Adam qui était en lui, sortit de son corps et façonna un « autre modelage ayant la forme d’une femme ». Elle fut appelée la « Vie », la « Mère de tous les vivants » car Sophia était en elle. Le Christ transformé en aigle apparut alors sur l’arbre de la connaissance et instruisit le premier couple qualifié de « deux cadavres d’ignorance ». En apprenant leur désobéissance, Ialdabaoth les chassa du Paradis et quand il vit Eve briller de tous ses feux, il la désira, la séduisit et donna naissance à deux enfants : Elohim et Yahvé. Le premier était juste et le deuxième injuste. Le grand Archonte fit dépendre Elohim de l’eau et de la terre, et Yahvé, du feu et de l’air. Il appela Elohim, Abel et Yahvé, Caïn.

 



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Vint ensuite une déclaration du Christ qui nous paraît capitale. Répondant à une question de Jean sur l’origine du mal, le « Sauveur » révèle : « Et tous les Archontes commirent tous ensemble l’adultère avec Sophia (Eve), et la vile fatalité fut engendrée par eux : c’est la dernière de leurs épouvantables alliances, l’alliance par laquelle ils se montrés hardis les uns envers les autres. Et celle-ci est plus dure plus forte que celle par laquelle sont unis les dieux et les anges et les démons et toutes les générations jusqu’à ce jour. C’est de la fatalité que sont provenus tous les péchés et injustices et les blasphèmes, ainsi que les chaînes de l’oubli et de l’ignorance, et toutes les décisions difficiles à prendre et les péchés graves, et les grandes terreurs. C’est ainsi toute la création a été aveuglée, en sorte qu’on ne fut capable de connaître le Dieu qui est au-dessus d’eux tous. Et à cause des chaînes de l’oubli, les péchés furent dissimulés (…). Et le grand Archonte regretta tout ce qui était venu par lui à l’existence. Alors, il résolut de submerger par le déluge l’œuvre des hommes. Mais la « grandeur de la Lumière de la Gnose » informa Noé qui le fit savoir à tous les fils d’hommes. »

 

Les Archontes envoyèrent alors leurs anges, « transformés » pour la circonstance chez les filles des hommes survivants qui s’étaient réfugiés avec Noé, afin qu’ils les engrossent. Ces anges apportèrent aux hommes des métaux précieux. Ils prirent des femmes et engendrèrent des fils des ténèbres à leurs images et ainsi, « toute la création fut asservie depuis toujours, depuis l’édification du monde jusqu’à maintenant. » Comme dans l’Hypostase des Archontes, nous voyons que les mauvais anges ont abusé d’Eve (et des filles des hommes), nouant une alliance contre-nature, de sorte que toute la création du grand Archonte à laquelle nous appartenons fut maudite.

 

L’Evangile égyptien

 

L’Evangile égyptien ou « Livre saint du Grand Esprit invisible » qui suivait immédiatement « Le Livre secret de Jean » dans les codex IV découverts à Nag Hammadi fut rédigé par un certain Ghonghessos encore appelé Eugnoste à propos duquel on ne sait presque rien. Il y expose la création du monde matériel et celle de l’homme.

 

 

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Si jusqu’à présent, nous n’avons été confrontés qu’à une seule genèse, à une fabrication réalisée par une déité malfaisante qui donna naissance à un humain constitué à partir d’éléments terrestres et à une femme issue d’une sorte de « manipulation génétique ». L’évangile égyptien précise qu’il y avait eu antérieurement une autre création, affirmant que celle de l’ange Ialdabaoth eut lieu 5.000 ans après la première ! Lors de la première création, de la nuée de la grande Lumière, de la puissance vivante l’Adamas, apparut le premier homme, l’incorruptible « à partir duquel et en lequel tout est venu et sans lequel rien n’est venu. » Un logos de l’homme vint à naître. L’homme vint à l’existence par un mot. Il faisait partie de la race dite des « incorruptibles » dont Seth fut un descendant direct.

 

Cinq mille ans plus tard, naissait le grand Archonte malfaisant Saclas (Ialdabaoth), de même que son grand démon Nibrouel. Saclas créa des anges pour gérer ses mondes et affirma : « Je suis un Dieu jaloux ». Alors, le Père lui envoya de ses hauteurs l’image de l’homme et celle du Fils de l’homme. C’est en regardant l’image d’en haut que l’homme de Saclas fur modelé. C’est la seconde création. Le texte précise qu’il existe deux descendances, une « dégénérée qui désire le démon et qui sera détruite », une autre, celle d’Adamas et du grand Seth (qui donnera plus tard Melchisédech puis le Christ) qui est « comme un soleil ».



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Ensuite survint le déluge qui tenta d’effacer toute trace de cette race corrompue par la faute de laquelle les famines et les calamités s’abattaient sur le monde. Seth s’aperçut des activités du diable et de ses plans contre la race des incorruptibles alors surgirent quatre cent anges éthérés chargés de protéger la grande race, jusqu’à la disparition du grand Archonte maléfique et de ses légions.

 

Bref, selon l’Evangile égyptien, l’homme de la première genèse fut créé par le Verbe pur, le second fut fabriqué par le mauvais démiurge à partir d’éléments matériels. Il existait à l’origine deux races distinctes d’êtres humains. Le but du diable sur cette terre est de détruire la première grande race et de l’empêcher de retourner vers son Dieu créateur, probablement par pure jalousie, car en elle repose une part de la lumière divine qui lui fait défaut.

 

Marcion

 

L’Hérétique et sa vision de Dieu

 

Marcion, rédacteur de l’Evangile de Luc (à l’exception des chapitres de l’enfance), disciple de Paul, collationneur de ses Epîtres (voire le rédacteur selon certains) opposa Yahvé, le Dieu despotique de l’Ancien Testament au véritable « père » du Christ. Selon Marcion, le Christ, enfant d’un dieu qui prescrivait la loi d’amour, était venu délivrer les hommes de la puissance du Dieu Créateur (Yahvé). Yahvé n’était pas bon.

 

 


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C’était un juge implacable. Ses promesses n’étaient valables que pour ce monde et que pour les Juifs avec lesquels il avait conclu une alliance de sang. Or, conformément à son choix politique, l’église de Rome glorifia l’autorité de Yahvé et en fit le Dieu unique, créateur et maître de toutes choses. Pire encore, elle s’attacha à rapprocher Jésus de Yahvé au point de les confondre. L’Eglise adopta le Dieu des Juifs et en fit le Dieu des chrétiens, commettant une erreur fondamentale dans laquelle elle persiste toujours à se fourvoyer.

 

Les idées révolutionnaires de Marcion constituèrent un grave péril pour l’Eglise naissante qui s’empressa de le qualifier d’hérétique. Vers l’an 155, Polycarpe de Smyrne le traita de « premier-né de Satan » et l’accusa de rejeter le témoignage de la croix, de la résurrection et du jugement. Mais Marcion était entendu et avait même un nombre impressionnant de fidèles. Aux environs de 208, Tertullien affirma que « la tradition hérétique de Marcion emplissait l’univers… »

 

Pour Marcion, seul Paul avait véritablement compris Jésus. Paul avait reçu de manière initiatique, mystique ou visionnaire, la révélation du salut apporté par le Christ. Il s’agissait d’un message probablement issu d’une croyance antique conservée secrètement dans certaines sectes car Paul déclara « ce mystère est caché depuis l’origine mais maintenant il est révélé par Dieu ». Paul décida de révéler « la sagesse mystérieuse de Dieu cachée à l’origine des temps. » Il existait un « mystère du Christ » et Paul en était le dispensateur. Marcion connaissait ce secret et voulut le révéler au monde. L’Eglise jeta l’anathème sur ses écrits. Qui de nos jours connaît encore Marcion ?

 

Pour Paul et pour Marcion, le Christ ne fut jamais le « fils de l’homme ». Il venait d’une pure essence et représentait l’image du Dieu inconnu « invisible », celui que la Gnose appelait l’innomé, l’ineffable, l’amour pur. Ayant revêtu « une forme divine, il s’en était dépouillé pour prendre une forme d’esclave, devenant ainsi semblable aux hommes. » Le Christ de Marcion révélait qu’il était venu « abolir la Loi et les Prophètes ». Or, les copistes catholiques dans les trois synoptiques remplacèrent les véritables paroles du Christ : « Je ne suis pas venu accomplir la Loi mais l’abolir » par «  Je ne suis pas venu abolir la Loi mais l’accomplir », ce qui signifie tout le contraire…

 

Selon Marcion, la venue du Christ annonçait la fin de la loi de Moïse. Deux paroles du Christ étaient on ne peut plus claires à ce propos. Lorsqu’il évoqua deux arbres, le mauvais et le bon, qui ne pouvait produire que des fruits de même nature, Jésus symbolisait le Dieu créateur Yahvé qui n’avait produit que du mauvais, l’opposant au Père de Jésus qui ne produisait que du bien. Lorsque Jésus interdisait de poser une pièce nouvelle sur un vieux vêtement et de verser du vin nouveau dans de vieilles outres, il défendait aux siens de mettre en rapport sa doctrine avec celle de l’Ancien Testament.

 

Aux yeux de Marcion, deux principes étaient en œuvre dans l’univers, celui de la Loi, organisateur du monde et de la nature humaine, et un autre principe, supérieur au premier, la Grâce ou l’Amour sauveur. C’est en se plaçant sous l’autorité de ce second principe que l’homme pouvait échapper à l’esclavage du premier. Marcion établit un contraste fondamental entre la Loi et la Grâce, c’est-à-dire entre les doctrines des deux Dieux. Il croyait en la gratia gratis data, la grâce gratuitement donnée, par opposition à la justicia ex operibus, la justice par les œuvres. C’était là tout le contenu de sa religion. Cependant, Marcion resta fidèle à la tradition judéo-chrétienne en identifiant la création du monde à Yahvé et en considérant l’Ancien Testament comme la présentation fidèle de faits authentiques.

 

Au dernier jour, le Christ ne jugera pas les hommes mais séparera ceux qui ont adoré le Créateur (Yahvé) de ceux qui ont demandé leur rédemption au Dieu « bon », son Père. A ce moment, Yahvé disparaîtra avec le monde qu’il a fait, ce Dieu n’étant ni véritablement divin ni même éternel. A la fin des âges, seul règnera le Dieu suprême. Il n’y aura pas de libération de la chair mais une libération spirituelle, à l’égard du monde et de son créateur. Pour Marcion, la résurrection de la chair, loin d’être un rédemption, aurait été la continuation du mal, c’est-à-dire de la vie « matérielle ».

 

Selon Marcion, les Juifs n’avaient pas reconnu en Jésus leur messie parce qu’il n’avait pas été envoyé par Yahvé. Celui dont ils espéraient toujours la venue n’était autre que l’Antéchrist. A ce propos, vers l’an 208, Tertullien écrivit : « Marcion prétend qu’il y a deux « Christ » ; l’un fut révélé au temps de Tibère par un Dieu que l’on ne connaissait pas, avec mission de sauver tous les peuples ; l’autre est destiné par le Dieu créateur à restaurer Israël et doit apparaître un jour. Il fait entre ces deux « Christ » autant de différences qu’il y a entre la Loi et l’Evangile, le judaïsme et le christianisme. « Ces deux Christ », Paul les évoqua en ces termes : « Si le premier venu vous prêche un autre Jésus que celui que nous avons prêché, un évangile différent de celui que nous avons reçu… » (2 Cor. 11/4). Il préconise aussi de lancer « l’anathème contre celui qui vous prêche un second évangile ». (Gal. 1/6-9). Les écritures juives ne furent jamais considérées comme des autorités ni par le Christ ni par Paul. La révélation du Christ ne complétait ni n’accomplissait en aucune façon le judaïsme mais le supplantait. Et donc, la Bible juive devait être répudiée.

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Orphée - dans Esotérisme & Gnose
5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 17:00

Anges et Démons

 

Lux in Ténébris

 

 

 

 

The-Judgement-WEB 

 

 

 

Introduction

 

Depuis la nuit des temps, l’homme se questionne sur ces origines et sa finalité. Face à des religions dogmatiques et à une histoire officielle présentant de nombreuses lacunes et anachronismes, la créature humaine reste sur sa fin. De grands mystères planent sur ses origines et celles de l’Univers. Sommes-nous les seuls êtres pensants dans cet immense espace céleste ? Sommes-nous des êtres « élus », modelés à l’image du grand Créateur ?

 

Tous les textes et toutes les légendes du monde relatent des batailles épiques qui se sont déroulées jadis dans le ciel. Ils font état d’une « chute » et évoquent plus ou moins de la même manière la création du premier couple d’humains. Comment avons-nous été créés, par qui et pourquoi ? Si Dieu a fait « toute chose bonne », pourquoi cette cruauté présente en nous et tout autour de nous ? Quelle est l’origine du mal ? L’histoire des hommes, de leur genèse et de leur évolution a été (et est encore) manipulée par une élite scientifique et religieuse, une poignée d’individus s’arrogeant le monopole du savoir. D’un côté, il y a les créationnistes purs et durs qui prennent à la lettre ce que l’Ancien Testament révèle, de l’autre côté, des savants adeptes d’un Darwinisme conduisant parfois à l’absurde. Les scientifiques possèdent une telle puissance qu’ils arrivent facilement à tourner en dérision les éléments ne cadrant pas avec leurs théories comme ces crânes, squelettes et empreintes de pas humains découverts un peu partout dans le monde et remettant complètement en question la théorie de l’évolution des espèces et celle de l’origine de l’homme.

 

Par ailleurs, à travers des sociétés fermées, une poignée d’initiés se transmet, de génération en génération, des secrets délivrés jadis par les Dieux concernant nos origines. Si certains ont subtilisé ces mystères en ne les diffusant pas aux peuples, estimant (peut-être à juste titre) qu’ils n’étaient pas prêts à en assumer le poids, d’autres les ont utilisés pour asservir leurs semblables à travers des dogmes remaniés, et acquérir ainsi richesse et pouvoir. Il semble qu’une ère de transformations s’ouvre à nous actuellement : nouvelles découvertes archéologiques, ouverture vers le sacré et regain d’intérêt pour les « anges », divulgation de l’existence d’un complot de domination mondiale dirigé par les « Illuminati », ouverture d’archives secrètes sur les ovnis, révélations d’une désinformation systématique de nos gouvernements à propos de la présence d’extraterrestres et de possibles échanges de technologies, arme de destruction massive développée par les Etats-Unis agissant sur le climat mondial (projet HAARP)…

 

En ces temps d’éveil, il nous a semblé opportun d’apporter notre modeste contribution à des révélations encore sous le sceau du secret hier, plus largement diffusées aujourd’hui. Si pour les sceptiques, ces « secrets » ne sont que de la pure fiction, si pour les rationalistes, ils ne peuvent tout simplement pas exister et si pour les religieux, les dogmes font office de lois immuables, il n’empêche que tout doucement, nous progressons dans notre quête de vérité. Certains préfèrent ignorer ces « signes », d’autres y voient l’annonce d’un nouvel espoir pour notre humanité moribonde, celui d’un changement radical de civilisation.

 

A côté des exagérations, des extrapolations fantaisistes, des canulars et des coups médiatiques, malgré la chape de plomb des lois, des interdits, des tabous et des dogmes, nous sortons peu à peu de la léthargie dans laquelle l’Eglise, les religions, les autorités gouvernementales, le monde scientifique et les sociétés secrètes nous ont volontairement laissés. Le temps des révélations approche. L’Apocalypse est à notre porte. Des chercheurs évoquent aujourd’hui une possible origine extraterrestre de notre humanité ou bien un éventuel « coup d’accélérateur artificiel » donné par une civilisation inconnue, cherchant dans les mythes, les religions et les textes anciens, quelques indices de son passage et de ses interventions sur la terre. Même si pour une majorité d’entre nous, les traditions des anciens restent des contes à dormir debout, des histoires pour enfants, des récits païens, c’est pourtant dans ces légendes non expurgées qu’est (peut-être) dissimulée la clé de toutes les énigmes. Toutes les traditions témoignent de l’existence dans le passé de géants, d’êtres surhumains puissants et diaboliques qui prirent un malin plaisir à tourmenter l’humanité. Ce sont les anciens Dieux des traditions et du folklore.

 

Partout dans le monde, d’innombrables récits font allusion à des Dieux ou des fils de Dieux qui descendirent se mêler aux mortels et leur apportèrent la civilisation. On les trouve au pays de Sumer, en Egypte ou en Grèce. Avec le développement de l’église primitive, ces divinités païennes se sont évanouies dans les pages oubliées du folklore. Les Grecs étaient convaincus que leurs divinités avaient leur demeure bien plus haut dans le ciel que le mont Olympe. Même s’ils se rendaient à l’occasion dans les temples dressés par les hommes à leur intention, ils n’y restaient guère, préférant retourner dans leur patrie éthérée. Ces Dieux étaient-ils de simples projections de l’imagination humaine, des « anges déchus », des êtres extérieurs à notre planète ? Personne ne sait qui ils étaient ni d’où ils venaient mais il semble qu’ils furent liés de près à notre Genèse et à la naissance des premières civilisations. S’ils portent des noms différents, les Dieux de toutes les anciennes civilisations polythéistes se ressemblent. Ils ont des défauts terriblement « humains », vivent des aventures sentimentales similaires et connaissent des conflits familiaux identiques.

 

Parmi les hypothèses que les savants réfutent il y en a une qui apparaît pourtant de manière récurrente dans les textes sacrés anciens ; il s’agit de l’apparition de créatures célestes créant l’homme et lui apportant la civilisation. Comment qualifier autrement que « d’extraterrestres », ces entités « étrangères » à l’allure souvent reptilienne qui donnèrent naissance au premier couple d’humains ? Et si nous étions le fruit de leur expérience ? Et si la terre entière n’était qu’un vaste laboratoire d’expérimentation, au même titre qu’une fourmilière étudiée par nos biologistes ?

 

 

 

 Creation of Animals 324


 

 

Comme le souligne un site Internet consacré aux mystères de ce monde : l’hypothèse des Dieux étant en fait des entités extraterrestres qui nous auraient forgés, voire même d’entités qui auraient créé notre univers ne nous est plus aussi saugrenue depuis que notre civilisation est plongée dans l’ère de l’informatique. En effet, nous nous apercevons que des mondes imaginaires, virtuels et en quelque sorte autonomes sont des créations à notre portée. Certes, les mondes virtuels générés par nos ordinateurs, bien que déjà assez sophistiqués, n’égalent pas la sophistication de l’univers matériel qui nous entoure mais nous arrivons à créer des univers artificiels générés par ordinateur très détaillés. » Et l’auteur de conclure que dans l’avenir, nous parviendrons à créer des ponts « entre l’ordinateur et le mécanique, entre le vivant et le mécanique ».

 

Nous pourrons donner naissance à des « univers virtuels complètement autonomes, auto-conscients et peuplés de créatures intelligentes. » Ce serait même devenue une hypothèse de travail pour certains chercheurs qui en seraient venus à se demander si « nous-mêmes ne pourrions pas nous trouver actuellement dans une telle simulation », à l’instar des héros du film Matrix.

 

Dans cette hypothèse, notre univers et nous-mêmes serions le fruit d’une création conçue par un « super ordinateur » que nous appelons « Dieu ». Le fait qu’il ait pu exister de nombreuses divinités à l’origine de notre création ne nuit en rien à la croyance en une puissance unique, en un « Grand Architecte de l’Univers », en une super intelligence cosmique universelle. Par contre, il entache notre ego qui nous pousse à croire que nous sommes des « préférés », de purs reflets du Créateur, nés de sa grande bonté… Nous devrions abandonner ce nombrilisme primaire car tous les textes, même ceux de l’Ancien Testament, font toujours référence à un pluriel de Dieux, jamais à un Dieu unique…

 

Dans ce dossier, nous vous proposons de naviguer dans des domaines qui ont échappé par miracle au processus de filtration des connaissances et à la censure de l’establishment scientifique, médiatique et religieux. Nous vous convions à un voyage dans le corpus des textes religieux et profanes anciens, à la rencontre d’entités célestes dont il est impossible de savoir si elles furent divines, extraterrestres, spirituelles, matérielles, bonnes ou infernales, tant le sujet est complexe.

 

Tout au long de ce dossier, nous avons gardé une ligne de conduite cohérente et objective en présentant les faits tels qu’exposés dans des écrits méconnus du public ayant par miracle échappés à la censure ecclésiastique. Ils contredisent les enseignements de l’Eglise et prouvent que nous avons été victimes d’une manipulation. Pour nous en convaincre, il suffit de nous plonger dans les Evangiles gnostiques de Nag Hammadi, le Livre d’Enoch ou encore les légendes sumériennes…

 

L’Origine du Mal

 

Le malin demeure incontestablement le « Prince de ce monde ». L’histoire de l’humanité et les actualités quotidiennes prouvent qu’il y a bien plus de laideurs en nous que de beautés. Dans ses livres désormais culte, « Le Principe de Lucifer » Tome I et II, Howard Bloom a démontré, preuves scientifiques et historiques à l’appui, que le mal était une composante fondamentale de la nature, de l’univers, du Créateur et par conséquent de l’homme. Selon lui, les chrétiens ont trouvé une manière « commode » de traiter le problème du mal en « inventant » le mythe de Lucifer. Pour l’auteur, le mal est une conséquence, une composante de la création. Bloom écrit : « La Nature a créé en nous les pulsions les plus viles. Ces pulsions font partie d’un processus dont la Nature se sert pour créer (…). La Nature n’abhorre pas le mal, elle l’intègre. Elle l’utilise pour construire. Avec lui, elle conduit le monde humain vers des niveaux supérieurs d’organisation, de complexité et de pouvoir (…). Tuer n’est pas une invention de l’homme mais de la Nature, dans un immense effort de survie ! »

 

 


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Derrière le voile des apparences se dissimule une divinité trouble et imparfaite, source de multiples interrogations justifiées. Si Dieu est bon, pourquoi a-t-il créé un monde où il faut nécessairement tuer pour survivre ? Pourquoi tant de catastrophes naturelles, de souffrances, d’horreurs, d’injustices et d’inégalités ? Pourquoi la Rédemption et le Salut – notions chères au christianisme – sont-ils presque toujours assujettis à de terribles douleurs physiques et morales ? Pourquoi Dieu laisse-t-il le mal totalement libre de nous pourrir l’existence et – si on écoutait l’Eglise – de continuer à nous persécuter après notre mort ? Bref, pourquoi la vibration négative semble-t-elle systématiquement l’emporter sur la positive ?

 

La puissance maléfique constitue un problème de taille pour le monothéisme car comment concilier la révélation d’un Dieu parfait, équitable et bon, avec l’expérience d’un monde imparfait et la présence d’un mal dévastateur, terriblement présente, voire même obsédant ? Selon l’Eglise, Dieu est le seul et unique Créateur. Aucune autre entité équivalente n’est mentionnée à ses côtés. L’insistance sur la souveraineté absolue de cette divinité aboutit à inscrire l’origine du mal dans sa propre volonté. Son ambivalence devient dès lors inévitable. Toutefois, à l’examen, il apparaît clairement qu’une distinction doit être effectuée entre le « mal pour le mal » et le mal « utile ».

 

Le premier provient d’une force maléfique présente dans notre monde, une sorte d’énergie malfaisante entièrement vouée au culte du feu, du sang, de la mort et de la destruction. Nous lui donnons le nom de Satan. Le second est la vibration d’opposition et de division qui dresse des obstacles sur nos routes de manière à nous faire évoluer positivement. Nous l’appellerons Lucifer. Si Satan est l’adversaire du bien, Lucifer représente le serpent initiateur de la Genèse, le principe de « séparation » par lequel nous avons reçu la connaissance du bien et du mal et le libre arbitre de nos choix.

 

Pour beaucoup, la résistance du mal face à la puissance présumée du Créateur semble disproportionnée. Comment expliquer que le Dieu suprême puisse laisser le démon détruire impunément son œuvre, sans réagir ? Pour ce qui est du « mal nécessaire » ou « utile », la réponse est simple. Dans une vision dualiste de l’univers, on considère que le mal fait partie de la divinité, que les polarités positive et négative ont besoin l’une de l’autre pour exister et pour créer. Vu sous cet angle, le diable peut être considéré comme le « guide » de l’humanité, le père de la conscience qui pour exister a, par nature, besoin d’une certaine « distance » entre elle-même et les choses qui lui apparaissent. Son nom vient du grec « diabolos » signifiant « diviser ».

 

Le diable est le maître de la distinction, de la différenciation. Il est l’empereur du « deux » ! Le diable est responsable du fossé existant entre nous et Dieu, entre le monde alentour et notre conscience d’exister. Il nous permet d’être des individus à part entière. La notion de dualisme implique la présence de deux forces à la fois opposées et complémentaires, de deux pôles (un négatif, le Yin et un positif, le Yang), ces deux vibrations devant obligatoirement être mis en présence pour créer le mouvement et la vie. Dans cette perspective, le mal nécessaire est considéré comme un élément essentiel d’expansion et de transformation. En ce qui concerne le « mal pour le mal », le problème est plus complexe. Soit il s’agit d’une puissance égale à celle du Créateur qu’il n’arrive pas à vaincre. Soit Dieu s’est détourné de son œuvre, comme un mauvais père abandonnant ses enfants,

 

Il est possible qu’une fois son travail terminé, il n’ait plus éprouvé aucun intérêt pour lui. Dans cette perspective, Dieu laisserait le malin agir à sa guise, par simple désintérêt, une possibilité que nous envisageons avec peine car nous nous considérons comme des créatures privilégiées, modelées à son image. Peut-être aussi est-il possible que l’ayons déçu et que l’alliance ait été brisée. Certains considèrent que Dieu et le diable sont des principes co-éternels irréductiblement adversaires tout au long d’un drame cosmique où l’homme est appelé à choisir son camp. Ce fut le cas du mazdéisme classique de la Perse antique où s’opposaient le Dieu Ahriman, principe du mal, et le Dieu de la Lumière, Ahura Mazda. Ce thème fut revu par Zoroastre aux environs du VIIème siècle avant J.-C. et repris par la théologie de Mani ou Manès (215-275 après J.-C.) en Perse. D’autres ont vu dans le diable le frère de Jésus-Christ, représentant l’un et l’autre la main droite et la main gauche du Seigneur. Dans certaines spéculations théologiques, Lucifer se révolta contre Dieu par jalousie envers le Christ dont il aurait voulu assumer lui-même la mission.

 

Pour les chrétiens, le problème du mal est lié à la chute des anges qui se rebellèrent contre l’autorité divine. L’Eglise décrit Lucifer comme le plus « bel Archange de Dieu ». Le crime et la raison de sa chute furent causés par son orgueil et son ambition qui le poussèrent à vouloir détrôner la divinité. S’ensuivit un formidable combat cosmique. Les légions rebelles furent vaincues et le chef de la révolte, fut précipité, avec toutes ses légions, du plus haut des cieux. Il devint Satan, l’adversaire, l’imposteur, le « singe de Dieu ». Vue sous cet angle, l’histoire de Lucifer peut être mise en parallèle avec celle d’Icare. Celui-ci grisé par l’altitude et la liberté, s’éleva de plus en plus haut dans le ciel, tout près du soleil et finit par s’y brûler les ailes. Il mourut les yeux pailletés d’or, foudroyé par sa propre illumination.

 


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A en croire cette version, les anges étaient faillibles. Ils étaient dotés du libre arbitre, au même titre que les hommes. Libres de leurs choix, certains trahirent le roi des cieux et après leur défaite, furent précipités dans les Enfers. Prophètes de l’Ancien Testament, Apôtres et Pères de l’Eglise, tous s’accordèrent pour situer l’apparition du mal au cours de cette rébellion. Dieu qui était « toute bonté » ne pouvait en toute logique (humaine) avoir créé le malin. Il avait engendré un ange qui, en se détournant de sa lumière, était devenu un esprit des ténèbres.

 

Pour étayer leur thèse, les théologiens s’appuyèrent sur la vision d’Ezéchiel et son étonnante description du prince de Tyr et l’attribuèrent de manière erronée à Lucifer. Origène (185-254) attribua lui aussi la chute à l’orgueil du bel archange. Ce « prince des orgueilleux » comme le nomma Saint-Hilaire de Poitiers (315-367) avait échoué : « Pour avoir voulu régner sur le ciel, il fut précipité dans les ténèbres. Il avait été le plus lumineux des anges, il devint le plus noir. » Mais certains persistent à croire que les anges ne sont que de simples exécutants, des messagers, des intermédiaires et qu’ils ne possèdent aucun libre arbitre. Alors pourquoi cette rébellion ?

 

L’origine de la chute des anges reste fort incertaine. En réalité, personne ne connaît la vérité… excepté les anges eux-mêmes. La chute des anges est bien entendue liée à la chute de l’homme. Adam et Eve vivaient innocemment dans le Jardin d’Eden, jusqu’à ce que le serpent séduise la femme et lui fasse goûter au fruit de l’Arbre de la Connaissance. Adam goûta lui aussi au fruit défendu. Dès lors, les yeux des deux nigauds furent « ouverts ». Dieu furieux, maudit le serpent et expulsa le couple désobéissant du Jardin d’Eden. L’homme est aujourd’hui corrompu par la faute commise par ses ancêtres. Mais était-ce une faute ? Nous sommes en droit de nous questionner sur le bien-fondé d’une divinité suprême qui refuse à ses créatures la connaissance du bien et du mal et qui leur dénie la possibilité de s’affranchir…

 

Le diable est aidé dans sa mission de déstabilisation du monde par une cohorte d’anges rebelles formant les légions de son armée. Si une majorité d’entre nous pense que leur but est de nous éloigner du Créateur, d’autres voient plutôt en eux des initiateurs, des « éveilleurs », chargés de tester nos vertus et notre libre arbitre. Ils considèrent les anges déchus et leur maître comme des éléments fondamentaux de notre évolution. Edouard Brasey, spécialiste du « merveilleux », dans son livre « Enquête sur l’existence des Anges rebelles » a dévoilé pour la première fois au public le nom des 72 entités déchues – s’opposant aux 72 « bons » anges de la Kabbale – chargées par le divin de nous conduire au fond de nos enfers intérieurs pour mieux progresser. Les avis sont donc partagés.

 

 

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Les noms les plus courants portés par le diable ont été Satan, Belzébuth et Lucifer. Il s’agit de trois divinités païennes. Satan ou Sathanaël trouve son origine dans le dieu syrien Southek et aussi dans le dieu égyptien Seth. Belzébuth est la déformation du dieu Baal. Seth/Baal était le dieu principal des envahisseurs sémites de l’Egypte, les mystérieux « hyksôs ». Quant à Lucifer, fils de la Déesse Vénus, il est l’équivalent du grec Phosphoros, le porteur de lumière, le fils d’Aphrodite. Le diable ne saurait être éternellement damné. Origène envisagea un salut général pour tous les pécheurs, les démons et pour Satan lui-même. Selon la religion chrétienne, avant la fin du monde, surgira un nouveau messie, l’antéchrist. L’Apocalypse de Jean évoque la venue de ce messager envoyé par Satan. Jean imagine le futur comme un formidable combat cosmique entre les forces du bien et celles du mal. Marqué du chiffre de la bête, le 666, l’antéchrist séduira les peuples, accomplira des miracles et sèmera troubles et confusions chez les fidèles. Il corrompra les croyants en les incitant à insulter Dieu et à vénérer un monstre. L’Apocalypse verra déferler une série de cataclysmes terrestres et célestes sur les hommes.

 

Jésus-Christ réapparaîtra pour écraser définitivement l’émissaire de Satan. Des combats épiques se dérouleront dans les cieux entre la puissante armée de l’antéchrist et les cohortes angéliques. Le fils du serpent sera vaincu : « Le diable qui les égarait fut jeté dans l’étang de feu et de souffre, où sont la bête et le prophète de mensonge. Ils seront tourmentés jour et nuit, à tout jamais » (Apocalypse XX, 10).

 

 

Les Evangiles gnostiques de Nag Hammadi et leurs secrets

 

L’Hypostase des Archontes – Le Livre secret de Jean – L’Evangile égyptien

 

 

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En 1945, furent déterrés accidentellement par des paysans, une cinquantaine de traités religieux et philosophiques, rassemblés en 13 codices, cachés il y a 1600 ans dans une jarre, non loin de Nag Hammadi, un village de Haute Egypte. Il s’agissait d’une véritable bibliothèque, d’une superbe collection de papyrus et de parchemins révélant des Evangiles et des écrits philosophiques écrits en copte, la langue parlée par les chrétiens d’Egypte. Ces traités, probablement des copies d’originaux rédigés en grec, dataient des IIème, IIIème et IVème siècles. Le contenu des 13 codices est le suivant :

 

Codex I ( Codex Jung)

 

1. Prière de l’apôtre Paul

2. Le Livre secret de Jacques

3. L’Evangile de vérité

4. Le Traité sur la résurrection

5. Le Traité tripartite

 

Codex II

 

1. Le Livre secret de Jean

2. L’Evangile selon Thomas

3. L’Evangile selon Philippe

4. L’Hypostase des archontes

5. Symphonia de l’hérésie 40 du Panarion d’Epiphane

6. L’Exégèse de l’âme

7. Le Livre de Thomas l’Athlète

 

Codex III

 

1. Le Livre secret de Jean

2. L’Evangile des Egyptiens

3. Eugnoste le Bienheureux

4. La Sophia de Jésus-Christ

5. Le Dialogue du Sauveur

 

Codex IV

 

1. Le Livre secret de Jean

2. L’Evangile des Egyptiens

 

Codex V

 

1. Eugnoste le Bienheureux

2. L’Apocalypse de Paul

3. L’Apocalypse de Jacques

4. L’Apocalypse de Jacques

5. L’Apocalypse d’Adam

6. Fragment de l’Asclépius

 

Codex VI

 

1. Les Actes de Pierre et des douze apôtres

2. Le Tonnerre intellect parfait

3. Authentikos Logos

4. Aisthesis dianoia noéma

5. Passage paraphrasé de La République de Platon

6. Discours sur l’ogdoade et l’ennéade

7. La Prière d’actions de grâce

8. Asclepius

 

Codex VII

 

1. La Paraphrase de Séem

2. Le Second Traité du grand Seth

3. L’Apocalypse de Pierre

4. Les Enseignements de Silouanos

5. Les Trois Stèles de Seth

 

Codex VIII

 

1. Zostrianos

2. La Lettre de Pierre à Philippe

 

Codex IX

 

1. Melchisedek

2. La Pensée de Noréa

3. Le Témoignage de la Vérité

 

Codex X

 

1. Marsanès

 

Codex XI

 

1. L’Interprétation de la connaissance

2. Exposés valentiniens

3. Révélations reçues par l’Allogène

4. Hypsiphronè

 

Codex XII

 

1. Les Sentences de Sextus

2. Fragment central de l’Evangile de vérité

3. Fragments non identifiés

 

Codex XIII

 

1. La Protennoia trimorphe

2. Fragment du 5e traité du Codex II

(Symphonia de l’hérésie 40 du Panarion d’Epiphane)

 

La découverte de Nag Hammadi fit l’effet d’une véritable bombe dans les milieux historiques et théologiques. Parmi ce corpus de 1200 pages, actuellement conservé au Musée copte du Caire, un écrit défraya particulièrement la chronique, « L’Evangile de Thomas », originellement titré « Paroles cachées de Jésus écrites par Thomas ». Jésus y révélait entre autres : « Fendez du bois, et je suis là ; soulevez une pierre, et c’est là que vous me trouverez. » Si le fidèle pouvait découvrir le Christ sous une pierre ou un morceau de bois, à quoi pouvait bien servir l’Eglise ?

 



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Les textes religieux qualifiés de « gnostiques » parce qu’ils proposaient des interprétations et des rituels chrétiens différents de ceux officialisés en 325 furent condamnés comme hérétiques. C’est pourquoi, ils furent rassemblés, protégés et cachés par les communautés dissidentes. Les textes de Nag Hammadi sont inestimables car ils n’ont pas subis les manipulations et les censures religieuses comme l’Ancien et le Nouveau Testament. Ils viennent compléter admirablement quelques récits gnostiques que les persécutions de l’Inquisition avaient maladroitement épargnés.

 

Les écrits gnostiques évoquent un Christ bien différent de celui des Ecritures. Il n’est pas venu pour nous sauver de nos péchés mais pour nous ouvrir la porte menant à l’illumination ; il n’est jamais question de repentance ni de confession mais d’un cheminement intérieur par lequel chaque être humain peut prétendre à l’éveil libérateur. A ce sujet, les évangiles gnostiques révèlent des paroles du Christ on ne peut plus révélatrices, assurant à Thomas qu’il est son égal, qu’ils ont tous les deux reçus la vie du même être suprême et qu’ils proviennent de la même source.

 


 

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Ajoutons aussi les affirmations suivantes : « La compagne du sauveur est Marie Magdeleine. Mais le Christ l’aime plus que tous ses disciples et avait l’habitude de l’embrasser sur la bouche. Le reste des disciples en était offensé… Ils lui dirent : « Pourquoi l’aimez-vous plus que nous tous ? ». Et le sauveur leur répondit : « Pourquoi est-ce que je ne vous aime pas comme je l’aime elle ? ». D’autres paroles du Christ rapportées dans les Evangiles de Philippe et ceux de Thomas constituent de vives critiques des croyances chrétiennes relatives à l’immaculée conception et à la résurrection du corps. On comprend dès lors pourquoi la découverte de Nag Hammadi dérange tellement les théologiens et pourquoi elle est restée peu connue du public.

 

Les textes gnostiques, au même titre que certains écrits de Qumram, relatent une toute autre version de la création et de l’origine de l’homme que celle de l’Ancien Testament. Leur interprétation rejoint sur bien des points des textes émanant d’autres traditions occultes et religieuses. Selon les gnostiques, notre monde serait imparfait parce qu’une puissance appartenant aux mondes célestes (démiurge, éon, ange…) en aurait perverti l’équilibre par erreur, orgueil ou inconséquence. Il serait intervenu dans la bonne marche de l’univers et y aurait provoqué des perturbations, entraînant la création d’un monde chaotique (L’Univers physique et matériel issu du Big Bang ou singularité initiale), non souhaité, truqué où rien ne tourne rond. A l’opposé de l’Eglise qui a toujours considéré que l’origine du mal provenait de la faute originelle du premier couple d’humains, les gnostiques évoquent une erreur perpétrée par la divinité qui fut à la base de notre création. Ils refusent la vision de l’homme entaché par une culpabilité existentielle. L’homme est vu comme une création manquée, une sorte de contrefaçon maladroite.

 

Alors que l’Eglise soumettait les pécheurs à la menace de l’Enfer éternel, aux tourments de ses flammes et promettaient aux opprimés et aux miséreux, une place de choix au Paradis, éludant les problèmes de l’injustice de ce monde, édifiant sur la crédulité et l’ignorance des peuples, un véritable empire, les gnostiques n’avaient de cesse de prôner la rébellion face aux dogmes chrétiens ou païens. Selon eux, l’homme était soumis à l’autorité d’un mauvais démiurge qui avait fait de lui un esclave perdu dans un monde de violences, de perversité et de cruauté qui n’aurait jamais dû voir le jour.

 

Cette hypothèse a été récemment confirmée par Howard Bloom dans son best seller « Le Principe de Lucifer ». Dans son ouvrage « choc », l’auteur affirme, que le mal est une composante fondamentale de la nature, de l’univers, du Créateur et par conséquent de l’homme. Le Principe de Lucifer est un « ensemble de règles naturelles, fonctionnant à l’unisson et qui a créé en nous les pulsions les plus viles. Ces pulsions font partie d’un processus dont la Nature se sert pour créer. (…) La Nature n’abhorre pas le mal, elle l’intègre.

 

 

 

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Elle l’utilise pour construire. Avec lui, elle conduit le monde humain vers des niveaux supérieurs d’organisation, de complexité et de pouvoir. » La nature est fondamentalement perverse. « Tuer n’est pas une invention de l’homme mais de la Nature » prétend Bloom, dans un immense effort de survie. « Le mal est dans nos gènes, notre ADN, nos cellules. Il est intégré à notre structure biologique fondamentale. Chacun naît avec un « arsenal de destruction », une sorte de mécanisme qui nous pousse parfois au suicide ou à l’automutilation. Nos cellules comportent aussi dans leur patrimoine génétique, un programme autodestructeur, celui de la mort cellulaire qui les programme à vieillir et à cesser de fonctionner.

 

Selon la doctrine gnostique, le Christ serait venu nous avertir et nous mettre en garde de la présence dans notre monde d’une ou de plusieurs entités maléfiques que les Evangiles gnostiques désignent sous le nom d’Archontes. Notre véritable combat n’est pas contre « la chair et le sang » mais bien contre « les Autorités de l’Univers et les esprits de la perversité » affirma Saint Paul. En d’autres termes, le vrai challenge de l’humanité n’est pas de se concentrer sur une lutte contre le péché originel et les attraits de la chair, mais de se défendre contre les puissances maléfiques qui la dirigent dans l’ombre et qui ont pris possession de la terre.

 

Le texte « L’Hypostase des Archontes », traduit par l’auteur belge André Wautier, spécialiste de la gnose et de la kabbale explique l’origine du monde et de l’homme d’une manière bien différente de la version « officielle », même si l’on y retrouve certains des protagonistes. Cet écrit, qui a également pour titre « De l’origine des Puissances » figure dans le codex n° II de Shenesêt (Nag Hammadi), entre « L’Evangile de Philippe » et le traité sur « Les Origines du Monde ». Sa première partie est une ré-interprétation du début de la Genèse et répète, sous une autre forme, des faits racontés dans d’autres traités comme « Le Livre secret de Jean », « L’Evangile égyptien », « Les Révélations d’Adam »…

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Orphée - dans Esotérisme & Gnose