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30 mai 2021 7 30 /05 /mai /2021 01:06

Jan Amos Comenius

Le père spirituel du Mondialisme

 

 

Partie 1 : Komesky inspirateur du Nouvel Ordre Mondial moderne

Jan Amos Comenius (1592-1670), né Jan Amos Komesky, héritier spirituel de Johann Valentin Andreae et porte-parole des Rose-Croix, se chargera de jeter les bases du mondialisme entendu dans son sens moderne, en projetant un dessein de société élargie à tous les peuples, un véritable plan d’œcuménisme politique à même de s’approprier toute valeur politico-religieuse à travers une réforme universelle de la société humaine. Le professeur de psychologie de la Sorbonne, Jean Piaget, directeur du Bureau International d’Education de la plus grande assemblée culturelle mondiale, l’U.N.E.S.C.O., dans sa préface à un livre sur Comenius édité à l’occasion de la célébration en 1957 du tricentenaire de la publication à Amsterdam de « l’Opéra Didactica Omnia », porte à notre connaissance les fins que Comenius entendait poursuivre à travers son programme :

1-Unification du savoir et sa propagation grâce à un système scolaire perfectionné placé sous la direction d’une sorte d’académie internationale.

2-Coordination politique par une direction d’institutions internationales ayant pour but le maintien de la paix entre les peuples.

3-Réconciliation des Eglises sous le signe d’un christianisme tolérant.

L’importance particulière de ce plan est à rechercher dans le fait que, sauf les ajustements de forme dans les siècles suivants, en particulier au XIXe et au XXe siècle, il a été transféré sans changement à notre époque. Il est bon de rappeler que l’U.N.E.S.C.O. définit en Comenius un « Apôtre de la compréhension mondiale » reconnaissant en lui « un grand ancêtre spirituel », « un des premiers propagateurs des idées dont s’est inspirée l’U.N.E.S.C.O. depuis sa fondation ».

« Comenius doit donc être considéré comme un grand précurseur des tentatives actuelles de collaboration internationale dans le domaine de l’éducation, de la science et de la culture : ce n’est pas en passant ou par hasard qu’il a conçu de telles idées, qui dans ce cas concordaient de manière fortuite avec l’une ou l’autre réalisation actuelle, mais en vertu de sa conception systématique générale, qui fonde en un seul tout la nature, le travail humain et le processus éducatif. Et pour cela l’U.N.E.S.C.O. et le Bureau International d’Education lui doivent le respect et la reconnaissance que mérite un grand ancêtre spirituel ».

Comenius naquit à Niwnitz en Moravie en 1592 de parents appartenant à la secte des Frères Bohèmes, secte qui en 1575 prit le nom de Frères Moraves suite à leur fusion avec les églises hérétiques luthérienne et hussite. A l’éclatement de la guerre de Trente ans, après l’échec d’une tentative d’insurrection en 1620 contre les Habsbourg, les Frères Moraves furent dispersés et persécutés ; en 1628, sous la conduite de Comenius, devenu entretemps leur évêque, ils furent accueillis à Lenz en Poméranie par les Leszcynski, partisans ardents de la Réforme. Là, Comenius écrivit une partie de ses ouvrages remarquables de pédagogie, d’éthique et de religion, qui lui acquirent une grande notoriété auprès des élites de l’époque, à tel point que les princes lui demandaient souvent son avis pour réformer leurs propres institutions. C’est dans cette période que Comenius fut coopté par la Fraternité des Rose-Croix et que commencent ses pérégrinations à travers l’Europe. Il alla à Heidelberg, où « il fut influencé par les millénaristes protestants qui croyaient que les hommes pouvaient atteindre le salut sur la terre ».  De là il alla à Londres (1641-1642), appelé par le rose-croix allemand Samuel Hartlieb. Là, il se prit d’amitié avec Francis Bacon, dont il admirait l’œuvre, et avec Robert Fludd, médecin anglais, initié à la Kabbale, vraisemblablement Grand Maître de la branche britannique de la Rose-Croix, connu sous le nom ésotérique de « Summum Bonum ». Dans cette période, il devient « maçon accepté », donne des conseils politiques au Parlement, travaille au rapprochement des églises protestantes et, surtout, il préconise la fondation à Londres d’un « Temple de la Sagesse » et d’un « Collegium lucis » en vue de fonder une « Académie céleste » dont la « Fraternité de la Rose-Croix » a marqué le point de départ depuis déjà un demi-siècle ».

Expulsé d’Angleterre en 1642, il fut appelé en Suède où il séjourna chez le Hollandais Louis van Geer, un Rose-Croix qui deviendra son mécène et son protecteur. Rentré en Pologne, il fut à nouveau contraint de s’expatrier vers les Pays-Bas après l’incendie de Lenz dans lequel il perdit ses biens et ses manuscrits. A Amsterdam, il fut accueilli avec de grands honneurs et le Sénat lui assura, outre une pension de 500 florins par an, la publication complète de ses œuvres (1657). Il mourut dans cette ville en 1670, non sans avoir pu se réjouir de la naissance, à Londres, de la Royal Society pour le développement des sciences, d’inspiration rosicrucienne, saluée par lui comme le modèle d’une future « institution universelle ».

L’œuvre de Comenius

Le fil d’Ariane, qui permet de suivre la pensée et l’action de Comenius, est la pensée rosicrucienne. Le mouvement de la Rose-Croix, inspiré de la Cabale et de la Gnose, reposait en fait sur le concept de l’unité du monde, des correspondances existant entre microcosme et macrocosme, et avait pour objectif le progrès des sciences et l’institution d’une monarchie sacrée universelle.

S’inspirant de l’Apocalypse et de diverses traditions, il attendait le retour à un Age d’Or, défini comme l’authentique Royaume du Christ, la conversion de tous les peuples à une seule nation et une seule Eglise. Comme les gnostiques, Comenius part d’une constatation négative : la réalité du monde est incohérente pour qui s’en tient à l’apparence des choses ; toutefois, malgré un désordre apparent, le monde forme une unité fondamentale harmonieuse si l’on se réfère à son origine et à ses fins fondamentales. Il faut donc découvrir et approfondir le réel à travers la science et travailler, en tant que chrétiens, au renouvellement total de l’Eglise, de la culture et de la société. D’où, aussi, la présence de la racine grecque Pan (tout) qui domine les sept titres de la Consultatio (1644) : Panergésie, Panaugie, Pansophie, Pampédie, Panglottie, Panorthossie, Panuthésie, ces mots définissant respectivement « le Réveil, la Croissance, la Sagesse universelle, l’Education, la Langue, la Rectification, l’Avertissement ».

« A la base de son concept d’éducation se trouve l’idéal de la « pansophie », c’est-à-dire d’une science universelle et valable pour tous les hommes, science qui les rend frères par une intelligence commune et un amour commun au-delà de toute distinction religieuse et nationale ». (Enciclopedia Treccant, vol. VI, Rome, 1957, p 587).

L’œuvre pédagogique de Comenius, contenu essentiellement dans la « Didactica magna » (1633-1638) est inséparable du reste de son système, essentiellement gnostique. Lui-même le reconnaît quand il affirme : « ce que j’ai écrit sur le thème de la jeunesse, je ne l’ai pas écrit comme pédagogue, mais comme théologien » (Opera didactica omnia, IV, 27).

En réalité Comenius avait très bien compris que des modifications sociales, dans le sens qu’il voulait, pourraient s’imposer seulement grâce à un endoctrinement contrôlé de tous les citoyens depuis l’enfance ; et on ne peut pas affirmer que son héritage spirituel, transmis, adapté et amplifié par des pédagogues de renommée comme Johann Heinrich Pestalozzi (1746-1827) et Maria Montessori (1870-1972), soit aujourd’hui perdu, si l’on considère que l’on retrouve grand nombre de ses caractéristiques dans l’instruction obligatoire moderne.

L’historien  maçon et martiniste Pierre Mariel, comme preuve d’une continuité séculaire idéale, revendique pour la Rose-Croix les préceptes didactiques suivants tirés des œuvres de Comenius :

« 1-Envoie les enfants aux leçons publiques le moins d’heures possibles, pour leur laisser le temps d’accomplir des études personnelles.

2-Surcharge le moins possible la mémoire. Fait apprendre par cœur seulement ce qui est bien compris.

3-Règle la progression de l’enseignement selon l’âge et les progrès scolaires. Individualise les leçons.

4-Enseigne à écrire en écrivant, à parler en parlant, à raisonner en raisonnant.

5-Et la règle d’or : tout ce qui sera offert à l’intelligence, à la mémoire, à ma main, les élèves devront le chercher seuls, et le découvrir, le discuter, le faire, le répéter, le maître se limitera à guider ».

Or qui ne sait qu’à la base de toute instruction il y a la mémoire ; l’absence de fixation des concepts, de leur enchaînement progressif, exception faite de ceux qui sont acquis par expérience directe, limite gravement l’intelligence et disperses ses potentialités. L’étudiant accumule ainsi des lacunes, acquiert une préparation fragmentaire qui le conduit à se priver de la capacité d’écrire correctement dans sa propre langue, de pouvoir raisonner dans l’abstrait ou simplement de façon logique.

La pensée de Comenius est donc d’une extraordinaire actualité. C’est la clé qui fournit l’explication sur l’origine de la « culture de masse » actuelle, diffusée depuis les classes élémentaires jusqu’à l’université : il suffit de penser seulement à la stupidité des « recherches », que les élèves doivent entreprendre au nom de leur étude personnelle et qui se transforment généralement en simple travail de copie, après avoir jeté aux oubliettes les exercices de calligraphie, l’étude sérieuse de la grammaire et de l’analyse logique et en général des disciplines qui impliquent des procédures serrées et rigoureuses, capables de contraindre l’esprit à l’intérieur de schémas d’ordre et de système. Ces méthodes sont remplacées, dans le domaine de ces doctrines bizarres, par des structures de « croissance démocratique » comme les conseils de classe voulus comme des modèles de discussion, de découverte, de recherche ; et par des formules comme l’école à plein temps, véritable aliénation des enfants de la famille, par l’éducation sexuelle, instrument institutionnel de désagrégation morale de la jeunesse, et de façon plus générale par des matières futiles, sans importance, qui retranchent un temps précieux aux disciplines fondamentales.

Il est plus facile maintenant de tenter de répondre à qui peut servir une masse endoctrinée et corrompue, d’intelligence médiocre, conformiste dans ses convictions.

Voici ce qu’en pensait N. Murray Butler :

« La place de Comenius dans l’histoire de l’instruction est donc d’une importance majeure. Il introduit et domine tout le mouvement moderne dans le domaine de l’instruction élémentaire et secondaire. Son rapport avec notre présent est semblable à celui obtenu par Copernic et Newton face à la science moderne, Bacon et Descartes vis-à-vis de la philosophie moderne » (« The Place of Comenius in the History of Education », Syracuse, 1892).

N. Murray Butler était alors une étoile brillante et montante dans le firmament mondialiste : maçon de degré élevé, membres des Illuminés de Bavière, président de la  Pilgrims Society, du C.F.R. américain, de l’université de Colombie, administrateur de la Fondation Carnegie et collaborateur de grands banquiers internationaux qui financèrent la révolution bolchévique de 1917.

 

 

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