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30 mai 2021 7 30 /05 /mai /2021 01:17

Jan Amos Comenius

Le père spirituel du Mondialisme

 

 

Partie 2 : La Panorthossie (1644)

Dans la Panorthossie, sixième partie de la « De rerum humanarum emendatione Consultatio catholica », Comenius conçut une structure cohérente, rationnelle, pragmatique, au souffle planétaire, dans laquelle il allait pouvoir inscrire ses projets de réforme du savoir et de l’éducation. Il prévoyait la création d’une académie mondiale, le « collegium lucis » - sorte de ministère international de l’éducation pour l’unification du savoir – une langue universelle en remplacement du latin, alors en vigueur, pour en favoriser la réalisation, un consistoire mondial des religions qui tendrait à leur embrassement syncrétiste au nom d’une humanité commune, et enfin un tribunal de la paix, sorte de cour international de justice, qui veillerait au bon fonctionnement des deux premiers organismes en prévenant les guerres et toutes les déviations.

Pierre Mariel est l’auteur de la thèse de la non-originalité de la Panorthossie, qu’il faut ramener, selon lui, à un simple manifeste de la Rose-Croix, auquel Comenius aurait prêté seulement nom et connaissances, en tant que porte-parole et rapporteur d’une commission de Sages dont les membres sont restés volontairement dans l’ombre.

Dans la Panorthossie – du grec pan = tout, universel et orthos = droit, juste – Comenius expose fidèlement la pensée rosicrucienne, reprenant des concepts et des idées de la « République » de Platon, du socialisme utopique de la « Civitas solis poetica » de Thomas Campanella (1568-1639), s’inspirant de la « République Cosmopolitaine » de J. V. Andreae, et même de « New Atlantis » de Francis Bacon (1561-1626), œuvres dans lesquelles étaient décrits des Etats idéaux fondés sur le communisme le plus intransigeant, mais qui n’étaient pas fermés pour cela à toutes religions ou hérésies, réunies au contraire dans la synthèse supérieure d’une vision panthéiste de la nature, révélant par la même une conception gnostique de l’homme.

Un rapide examen de quelques citations permettra au lecteur de saisir, dans tout son concept, l’articulation du plan de subversion de l’ancien ordre catholique, à remplacer par le schéma archétype suivant, exposé lucide des idées synarchiques pour partir à la conquête du monde :

1-Un conseil culturel international, qui fixe la doctrine des nouveaux dogmes dans le domaine de la culture.

2-Une église universelle qui, englobant celle de Pierre, transmet fidèlement la doctrine élaborée dans le domaine de la religion.

3-Un tribunal de la paix qui impose le respect de la doctrine transmise dans le domaine de la politique.

« Quand la condition humaine sera améliorée au point que tout – la philosophie, la religion et la politique – nous sera vraiment familier, les lettres pourront recueillir et classifier la vérité et l’insuffler dans l’esprit humain ; les prêtres pourront diriger les âmes vers Dieu ; les hommes politiques pourront instaurer la paix et la tranquillité. Une ardeur sacrée animera tout le monde dans l’effort de contribuer chacun du mieux qu’il pourra dans son domaine respectif au progrès du bien-être du genre humain ».

Il faut préciser que la Panorthossie divise la société en trois classes : les lettrés, les prêtres, les hommes politiques. Aux lettrés, dépôt de la vérité, est réservée l’Autorité, la domination sur les prêtres qui doivent veiller à la diffusion des principes des lettrés, tandis que le Pouvoir sera exercé par les hommes politiques qui devront préparer les structures nécessaires à l’œuvre des prêtres : ainsi dans le système mondialiste et synarchique de la Panorthossie les gouvernements sont libres seulement d’obéir à une politique imposée par des cercles supérieurs, dogmatiques et inaccessibles. On peut se demander quel rôle est réservé à ceux qui n’appartiennent pas aux classes des initiés. La réponse est facile, ils devront seulement obéir, à la manière des artisans et des paysans de la « République » de Platon, mais de façon encore plus impersonnelle et féroce. Ce sont en effet des « négligeables » selon la définition qu’en a donnée un haut initié d’une société secrète du siècle dernier, la « Golden Dawn » qui écrémait de l’humanité seulement les saints et les mages, c’est-à-dire ceux qui avaient une vision claire de la nature réelle fondamentale des affaires humaines.

Mais, poursuit Comenius, afin que tout soit vraiment mis en commun, on devra constituer :

« Des gardiens permanents de l’ordre que nous aurons créé. On veillera sans relâche à ce que les écoles éclairent les esprits, les églises réchauffent les cœurs, les gouvernements maintiennent la paix ; et on ne permettra pas d’infractions à l’ordre institué ».

On a bien là une vision d’un futur projet de Gouvernement Mondial Planétaire orchestré par un aréopage occulte ou un organe secret du Pouvoir détenu par un groupe d’initiés, la sévérité de l’exercice du pouvoir démontre que c’est bien d’une dictature qu’il s’agit.

En conséquence :

« Dans chacune des trois sphères de la vie humaine, l’école, l’Eglise et l’Etat, nous instituerons donc des collèges de dirigeants. Leur chef suprême sera cet Hermès Trismégiste (l’interprète trois fois grand de la volonté de Dieu, prophète suprême, suprême prêtre et suprême roi) qu’est le Christ, guide unique, puissant, universel ».

Mais, se demande Comenius :

« Ne sera-t-il pas bien de réunir les représentants les plus élevés des collèges en trois tribunaux mondiaux d’arbitrage, auxquels seraient soumises toutes les divergences qui pourraient surgir entre les lettrés, les prêtres et les princes ? Les soins vigilants de ces tribunaux ne réussiraient-ils pas à empêcher, dans chacune des trois sphères d’autorité, les discordes et les litiges ? La paix et la tranquillité seraient maintenues ».

« Il sera utile de distinguer ces tribunaux par des noms divers, en appelant Conseil de la Lumière le tribunal des savants, Consistoire le tribunal ecclésiastique et Tribunal de la paix le tribunal politique. Le Conseil de la Lumière garantira à tous les hommes du monde la possibilité de recevoir une instruction et d’être éclairés par la parole de Dieu. Il offrira, en somme, à chaque personne l’occasion de tourner ses yeux vers cette lumière dans laquelle elle verra la vérité et ne pourra plus mêler des erreurs et des chimères. Le Conseil pourrait être aussi appelé Institut d’éducation du genre humain ».

C’est la philosophie qui est à la base du Siècle des Lumières et, de nos jours, de l’U.N.E.S.C.O. à laquelle est déléguée la tâche d’élaborer officiellement la culture et son enseignement universel afin de les répandre dans tous les coins de la planète à travers les mass-médias, de façon à orienter, dès l’enfance, l’humanité dans le sens voulu par les gouvernants occultes.

Il n’est pas difficile d’entrevoir les traits du Léviathan, du « Dieu mortel » du contemporain de Comenius, l’anglais Thomas Hobbes, capable de plier toute volonté avec une force immense et irrésistible. C’est le visage de la synarchie technocratique et totalitaire actuelle, qui s’arroge le droit d’établir ce qui est juste et ce qui ne l’est pas pour les peuples, et qui accapare tous les pouvoirs pour asservir l’homme lui-même à ses projets de domination.

Comenius proclame même si c’est dans un langage initiatique, l’idée d’une Eglise universelle, une O.N.U. des religions qui sera l’Autorité naturelle, incontournable et obligatoire pour toutes les âmes de ce monde pilotée par une hiérarchie occulte d’initiés rompus à la connaissance, aux savoirs ésotériques propres à guider avec fermeté et sévérité les « masses ignorantes et incultes » de la société devenue universelle.

 

 

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