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12 juin 2021 6 12 /06 /juin /2021 02:33

Saint-Yves d'Alveydre

Le grand homme des sectes et des sociétés secrètes

 

 

Partie 1

La figure de Saint-Yves d’Alveydre est capitale dans le développement des idées « coméniennes » incarnées par la Synarchie. Il n’est donc pas superflu de s’arrêter pour examiner les caractères les plus saillants et la pensée du père de la Synarchie. Fils d’un médecin, Alexandre Saint-Yves d’Alveydre naquit à Paris en 1842. Son caractère se révélant bien vite difficile et rebelle, son père l’envoya dans un collège, fondé et dirigé par un ancien magistrat, Monsieur de Metz, membre érudit de l’Institut de France. De Metz, tout en se déclarant catholique était en réalité peu orthodoxe et, montrait de la sympathie pour les occultistes comme Antoine Fabre d’Olivet (1768-1825).

La personnalité de De Metz fascina le jeune Alexandre et exerça sur lui une influence déterminante. Grâce à lui, Saint-Yves connut l’œuvre du martiniste Joseph de Maistre (1753-1821) et du philosophe Louis G. Ambroise de Bonald (1754-1840), mais il fut surtout fasciné par le personnage Fabre d’Olivet. Après de brillantes études en médecine navale et en philosophie de l’histoire, et après son service militaire dans la marine, il s’installa dans les îles anglo-normandes où il entra en contact avec Victor Hugo et de nombreux exilés politiques. Là, son attention fut spécialement attirée par Madame Virginie Faure, gardienne fidèle des archives de Fabre d’Olivet que Saint-Yves avait jusqu’alors inutilement essayé de retrouver. Il passe cinq années à étudier ces archives, à approfondir l’œuvre de cet occultiste et à s’imprégner de sa pensée.

En 1870, il participa aux combats autour de Paris, mais le véritable tournant de sa vie fut sa rencontre avec une noble originaire de Trieste, la comtesse Keller, parente par alliance d’une sœur du martiniste Honoré de Balzac. Son mariage avec la comtesse le mit en relation avec les cercles les plus aristocratiques d’Europe, mais le déchargea de tout souci matériel, lui  permettant de se consacrer complètement aux études d’occultisme. En 1880 Saint-Yves prit le titre de marquis d’Alveydre. Voyageur infatigable, il était connu de toutes les cours d’Europe ; il mourut en 1909 à Versailles.

La doctrine du grand initié Saint-Yves d’Alveydre

Si nous nous référons aux textes de Comenius et si nous les confrontons à l’œuvre de Saint-Yves, nous voyons à l’évidence que celle-ci n’a aucune originalité et est en filiation directe de la doctrine coménienne. Saint-Yves n’était ni un novateur, ni l’inventeur du gouvernement synarchique, mais uniquement un dépositaire et un vulgarisateur de doctrines préexistantes. Il a su mettre en lumière et adapter à l’époque un plan antérieur. Il a agi pour élever la Synarchie à la dignité d’un régime théocratique remontant aux plus anciennes traditions. Synarchie qu’il caractérisait comme une « combinaison harmonieuse de spirituel, d’exécutif et d’économie orientée ». La Synarchie constitua le rêve de toute sa vie. La mise à jour du plan offrait aux nouvelles sociétés rosicruciennes européennes une réponse rigoureuse à l’absolutisme palladiste d’outre-atlantique, en lui évitant naturellement de déformer, si jamais on l’oubliait, le dessein général des sectes.

Ces œuvres constituent la charte de la Synarchie traditionnelle. Comme jadis dans l’ébauche de Comenius, Saint-Yves distingue entre Autorité spirituelle qui inspire et fixe les orientations – le pouvoir sacerdotal – et Pouvoir temporel, l’ « Imperium » romain, dont la fonction est de diriger la masse et d’intervenir sur la volonté populaire, entendue comme expression des désirs et des passions des masses, au moment où, à travers le suffrage universel et par le moyen d’un collège électoral temporaire, elle élit les gouvernants. Ces derniers devront naturellement avoir l’agrément de « l’Autorité ».

« Il ne s’agit – écrit Saint-Yves – ni de détruire, ni de conserver au-dessus des Etats et de leurs chefs un quelconque ordre sociale, parce qu’il n’existe pas : il faut le créer. Il faut former, au-dessus de nos nations, de nos gouvernements, quelle qu’en soit la forme, un gouvernement général, purement scientifique, dérivé de nos nations elles-mêmes, qui conserve tout ce qui constitue leur vie intérieure ».

On aura compris dans cette courte description de l’exercice du Pouvoir que les alternances démocratiques par le suffrage universel du peuple est une pure fantaisie ! Les partis politiques n’existent et ont le droit de gouverner qu’avec l’assentiment de l’Autorité Synarchique qui est en réalité l’Etat profond et secret composé de révolutionnaires technocratiques et de polytechniciens capables de toutes les compromissions pour garder et conserver le pouvoir avec l’aide des grandes banques et de la haute finance internationale. La démocratie pour le peuple et par le peuple est donc un leurre !

Le Pacte Synarchique a des origines plus ou moins obscures avec les Illuminés de Bavière et le Martinisme, la Synarchie a pris naissance en France avec la création en 1922 du Mouvement Synarchique d’Empire (M.S.E.) et correspond au Pacte Synarchique révolutionnaire pour l’Empire français. Dans cette organisation secrète on recruta de hauts fonctionnaires de l’Etat français essentiellement fournis par l’Ecole Polytechnique d’Administration, l’Ecole normale, E.N.A., etc… ce type d’organisation fut infiltré par des agents des services secrets, des francs-maçons dévoyés, des anciens de la guerre d’Algérie, de l’OAS, des vichystes et des pétainistes, des collabos, des racistes et des antisémites, la mafia : des truands servant aux bases œuvres d’intimidations et d’exécutions des « contrats » à l’encontre des gauchistes, des anarchistes qui oseraient prendre le pouvoir par la force ou la ruse. Bref, une belle brochette de crapules, de salopards et de personnages peu recommandables. On remarquera la même chose outre-atlantique aux Etats-Unis avec le recrutement par la CIA d’anciens nazis pour des missions ultra-secrètes dans le domaine de la géopolitique mondiale.

La Synarchie voit dans les technocrates modernes l’Autorité idéale et naturelle qui visent à plier scientifiquement les forces de la nature au bénéfice de tous les hommes (dans la doctrine officielle) jusqu’à ce que soit fondée une société « d’aristocrates » éclairés ou illuminés servis par les machines et des entités robotisées…

Le Pacte Synarchique envisageait en fait la constitution d’un Gouvernement Mondial sous l’autorité d’une société universelle des nations à direction technocratique, c’est-à-dire sous le contrôle de la haute finance internationale, dont les technocrates ne sont que les représentants.

La vision de Saint-Yves d’Alveydre

Pour atteindre ces buts Saint-Yves proposait l’institution en Europe d’un Super gouvernement organisé hiérarchiquement autour de :

- Un conseil européen des Eglises nationales.

- Un conseil européen des Etats nationaux.

- Un conseil européen des Communes nationales.

« Le premier conseil doit représenter la vie religieuse et intellectuelle, c’est-à-dire la Sagesse et la Science. Le second conseil doit représenter la vie politique et juridique, c’est-à-dire l’Equité et la Justice. Le troisième conseil doit représenter la vie économique, c’est-à-dire la Civilisation et le Travail. »

Ce n’est ni plus ni moins que la politique actuelle européenne en vue d’une communauté économique dominée par l’argent des grandes concentrations bancaires, d’une communauté politique basée sur un Parlement Fédéral et d’une communauté religieuse syncrétiste dominée par la maçonnerie sous le signe du spiritualisme de la religion universelle du Temple de la Compréhension.

Le plan de Comenius subit une adaptation technocratique : l’Autorité provient d’un Conseil unique à la fois religieux et culturel, et non des deux conseils séparés de la Lumière et de l’Eglise Universelle, tandis que le Gouvernement est rendu trinitaire moyennant l’introduction d’un Conseil économico-social « technocratique » que nécessite le développement de l’économie. Il est significatif que Saint-Yves lui-même demande un renversement dans la pratique de l’ordre hiérarchique des trois Conseils, en partant de la base : d’abord l’économique, puis le politique, et ensuite le religieux. Exigence tactique facile à comprendre si l’on fait attention au fait qu’une unité économique fondée sur l’argent est bien plus facile à atteindre qu’une unité qui exige des valeurs spirituelles communes, et cela d’autant plus qu’il s’agit de la foi en un Dieu unique : en faisant ainsi on pouvait situer la société sur une base matérialiste en renfermant en même temps l’homme dans les limites étroites d’une vision productiviste et marchande jusqu’à le réduire à une simple expression de ses besoins (selon la théorie de Fichte) ; mais surtout on coupait le cordon ombilical qui, depuis des siècles, avait relié le souffle vital de la créature vers son Créateur c’est-à-dire Dieu !

 

 

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