Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
10 octobre 2021 7 10 /10 /octobre /2021 23:08

Le Capitalisme

Grandeur et décadence de l'Empire américain

Rêves, illusions et spectacle hallucinatoire de la marchandise

 

 

« Il ne serait pas meilleur pour les hommes que tous leurs vœux soient accomplis. » Héraclite, Fragments sur la nature de l’être.

« Rien n’est permanent, sauf le changement. Seul le changement est éternel. » Héraclite, Maximes.

« Ce qui attend les hommes après la mort, ce n’est ni ce qu’ils espèrent ni ce qu’ils croient. » Héraclite, Fragments sur la nature de l’être.

« La sagesse suprême est d’avoir des rêves assez grands pour ne pas les perdre du regard tandis qu’on les poursuit. » William Faulkner, Sartoris.

« Aucune guerre n’est jamais remportée. Elles ne sont même jamais combattues. Le champ de bataille ne fait que révéler à l’homme sa folie et son désespoir. » William Faulkner, Le bruit et la fureur, 1929.

« Si l’argent est le lien qui me lie à la vie humaine, qui lie à moi la société et qui me lie à la nature et à l’homme, l’argent n’est-il pas le lien de tous les liens ? Ne peut-il pas dénouer et nouer tous les liens ? N’est-il pas non plus de ce fait le moyen universel de déchirement et de séparation ? Il est la vraie monnaie divisionnaire, comme le vrai moyen d’union, la force chimique et universelle de l’aliénation sociale. » Karl Marx, Manuscrit de 1844.

L’histoire économique des Etats-Unis trouve ses origines à l’époque coloniale, lorsque les Européens s’installèrent en Amérique du Nord à partir du XVIe siècle. Les treize colonies anglaises de la côte orientale virent leur économie se développer et la révolution américaine contre la métropole eut des causes économiques. Elle entraîna l’indépendance des Etats-Unis en 1783 et la formation d’une nation ainsi que d’un marché prospère. L’histoire économique du XIXe siècle fut marquée par l’ascension du pays comme puissance productive et commerciale. Les Etats-Unis s’industrialisèrent rapidement grâce à une main d’œuvre abondante, à des ressources naturelles importantes et variées.

La liberté d’entreprendre et le capitalisme américain ont été des facteurs déterminants de l’accession du pays aux premières places de l’économie mondiale. Ces succès alimentèrent une immigration importante. Au XXe siècle, l’économie américaine fut renforcée par les conséquences de la Première Guerre mondiale puis ébranlée par la crise financière de 1929. En dépit du New Deal mis en place par l’administration Roosevelt, le pays ne sortit du marasme qu’avec la Seconde Guerre mondiale dont il sort grand vainqueur, et renforça son image de leadership mondial du capitalisme et de l’économie de marché libérale. La domination économique américaine est alors à son apogée. Dès la deuxième moitié du XXe siècle, cette hégémonie est contestée par de nouvelles puissances telles que le Japon et l’Union Européenne. A partir des années 1970, l’économie américaine profite mais aussi subit la mondialisation : de nouveaux concurrents apparaissent au début du XXIe siècle : Chine, Inde, Russie, etc.

L’histoire du capitalisme

Depuis le XIXe siècle, la question du commencement de l’histoire du capitalisme, de ses origines, de sa consistance et surtout de son évolution est la source de nombreux débats sociologiques, économiques et historiques majeurs.

Les tenants du matérialisme historique y voient le système de production, symbole du triomphe de la bourgeoisie sur la noblesse. Système qui est à la fois une étape et un âge dans l’histoire de l’humanité, caractérisé par la lutte des classes, et la perspective à terme de son renversement inéluctable sous l’action du prolétariat.

Des sociologues allemands du début du XXe siècle, tels Werner Sombart ou Max Weber, y voient la caractérisation d’un état institutionnel de la société globale et expliquent son émergence par des données culturelles et religieuses.

 

 

Des historiens, tels Fernand Braudel, font remonter les racines du capitalisme au Moyen-âge et illustrent l’évolution de cette « civilisation » dans le temps long de l’histoire. Le capitalisme dériverait de la pratique du « commerce au long cours » où des négociants financiers inventent l’association financière pour monter des expéditions lointaines susceptibles de ramener des marchandises très recherchées.

Des économistes, tels Joseph Schumpeter, soutiennent que les caractéristiques essentielles du capitalisme existaient déjà dans le monde gréco-romain.

L’histoire et la représentation du capitalisme soulèvent de nombreuses discussions, sujets de confrontation entre les grands courants politiques, économiques et historiques : impérialisme, colonialisme, inégalités, crises économiques mais aussi démocratie, liberté, développement, richesse et abondance sont autant de termes et concepts maniés par les auteurs.

A la fin du XXe siècle, l’effondrement du bloc soviétique et de son système économique qui, depuis la Révolution russe de 1917, avait concerné une part importante de la population humaine, marque un nouvel âge du capitalisme ainsi qu’une réorientation de sa critique, en l’absence d’existence d’un système alternatif le menaçant. Des économistes comme Thomas Piketty soutiennent cette théorie. Selon ce dernier : « La croissance moderne et la diffusion des connaissances ont permis d’éviter l’apocalypse marxiste, mais n’ont pas modifié les structures profondes du capital et des inégalités, ou tout du moins pas autant qu’on a pu l’imaginer dans les décennies optimistes de l’après-Seconde Guerre mondiale ».

La philosophie d’Adam Smith

Le philosophe et l’économiste Adam Smith (1723-1790) est l’une des principales figures à l’origine des idées moderne sur le capitalisme, l’état, la division du travail, le libre-échange et le marché libéral. Il est l’auteur de deux ouvrages classiques : Théories des sentiments moraux et Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, respectivement publiés en 1759 et 1776. Il reste dans l’histoire comme l’un des pères des sciences économiques modernes. Professeur de philosophie morale à l’université de Glasgow, Adam Smith consacre dix années de sa vie à « La richesse des nations » qui inspire les grands économistes, ceux que Karl Marx appellera les « classiques » et qui poseront les grands principes du libéralisme économique. La plupart des économistes le considèrent comme « le père de l’économie politique » ; pourtant, certains, comme Joseph Schumpeter ou Murray Rothbard l’ont défini comme un auteur mineur, considérant que son œuvre comportait peu d’idées originales et que ces dernières étaient pour beaucoup fausses.

 

 

Les convictions religieuses d’Adam Smith ne sont pas connues avec précision, et il est souvent considéré comme un déiste à l’image de Voltaire qu’il admirait. Ronald Coase a critiqué cette thèse et note que, bien que Smith fasse référence à un « Grand Architecte de l’Univers », à la Nature, ou encore à la fameuse « main invisible », il ne parle que très rarement de Dieu, et surtout il explique que les merveilles de la nature attisent la curiosité des hommes, et que la superstition est la façon la plus immédiate de satisfaire cette curiosité, mais qu’à terme, elle laisse la place à des explications plus usuelles et donc plus satisfaisantes que celles de l’intervention des dieux.

Bien qu’il soit connu de son vivant pour ses œuvres de philosophie, la postérité a surtout retenu son talent d’économiste. Les sciences économiques l’ont très rapidement élevé au rang de fondateur. Le courant libéral, autant économique que politique, en a fait un de ses auteurs de référence. Qu’y a-t-il dans « La richesse des nations » qui justifie une telle postérité ? Paradoxalement, Adam Smith n’a apporté presque aucune idée nouvelle à la philosophie et à l’économie dans son ouvrage. La plupart de ces idées ont déjà été approchées par des philosophes et des économistes comme François Quesnay, John Locke, William Petty, David Hume (avec qui il entretenait des relations amicales), Turgot ou encore Richard Cantillon. La Richesse des nations mentionne plus d’une centaine d’auteurs auxquels sont empruntées les différentes analyses.

Ce qui donne toute sa valeur à l’œuvre de Smith n’est donc pas son originalité, mais la synthèse de la plupart des idées économiques pertinentes de son époque. La plupart des auteurs qui l’on précédé ont développé des idées brillantes, mais distinctes de tout système global cohérent, et souvent associées à d’autres conceptions économiques beaucoup moins pertinentes. Adam Smith corrige les erreurs a posteriori évidentes des auteurs qui l’ont précédé, il approfondit leurs idées et les lie entre elles pour tisser une compilation cohérente. Son mode de pensée repose souvent sur le principe suivant : pour Smith ce qui est sage pour le chef de famille ne peut pas être une folie dans la gestion d’un empire.

Avant Smith, les économistes avaient proposé deux grandes définitions de la richesse. Smith reprend, dans le Livre IV de la Richesse des Nations, une critique des mercantilistes que Schumpeter qualifiera « d’inintelligente », à savoir que la richesse est définie par la possession de métaux et de pierres précieuses, car ce sont eux qui permettent de financer les guerres, ce sont eux qui ont une valeur durable dans le temps et reconnue partout. Il s’agit d’une richesse essentiellement princière. « Jamais les mercantilistes n’ont soutenu cela », souligne Schumpeter. Pour les physiocrates, la production agricole est la seule source de richesse, les autres activités n’étant vouées qu’à la transformation de cette richesse première.

 

 

Pour Smith, la richesse de la nation, c’est l’ensemble des produits qui agrémentent la vie de la nation tout entière, c’est-à-dire de toutes les classes et de toutes leurs consommations. L’or et la monnaie ne constituent donc plus la richesse, elles n’ont en elles-mêmes aucune autre utilité que celle d’intermédiaire de l’échange (ainsi naît la notion de la valeur d’échange de la marchandise). Adam Smith rejoint donc la vision de la monnaie proposée par Aristote dans l’Antiquité. Pour lui, l’origine de la richesse est le travail des hommes. Il pose ainsi les bases de la doctrine de la valeur du travail, qui sera pleinement théorisée au siècle suivant par David Ricardo.

Cette richesse, comment est-elle produite, et comment peut-on l’accroître ? En tentant de répondre à cette question, Smith propose une analyse de la croissance économique. Analysant l’économie de son temps, il distingue trois grandes causes de l’enrichissement de la nation : la division du travail, l’accumulation du capital, et la taille du marché. Comme dans la Théorie des sentiments moraux, Smith se demande dans la Richesse des nations comment survit une communauté où chaque individu se préoccupe avant tout de son intérêt égoïste. Il va toutefois avancer une explication nouvelle et différente de celle proposée dans on ouvrage précédent.

En fait, les actions des individus sont coordonnées et rendues complémentaires par le marché et ce qu’il appelle la « main invisible ». Selon Smith, les « lois » du marché, associées au caractère égoïste des agents économiques, conduisent à un résultat inattendu : l’harmonie sociale. La confrontation des intérêts individuels mène naturellement à la concurrence, et cette dernière amène les individus à produire ce dont la société a besoin. En effet, la forte demande provoque l’envolée des prix, cette dernière amène donc naturellement les producteurs avides de profits à produire le bien recherché. L’égoïsme d’un individu seul est nuisible, mais la confrontation des égoïsmes mène à l’intérêt général. Si un producteur tente d’abuser de sa position et fait monter les prix, des dizaines de concurrents tout aussi avides de profit en profiteront pour conquérir le marché en vendant moins cher. La main invisible oriente donc le travail vers l’usage le plus utile à la société car c’est aussi celui qui est le plus rentable. Elle règle avec justesse aussi bien les prix, que les revenus et les quantités produites.

 

 

Adam Smith avance donc l’idée d’un marché « autorégulateur » que n’avaient pas eue les physiocrates. Paradoxalement ce mécanisme, paradigme du libéralisme économique, est très contraignant pour l’individu qui se voit imposer aussi bien son activité que sa rémunération. Il ne s’agit pas de faire ce que l’on veut, car le non-respect des recommandations du marché mène à la ruine. En fait, « l’individu est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n’entre nullement dans ses intentions. »

L’idée que l’économie puisse être régulée par des mécanismes amoraux n’est pas nouvelle. Bernard de Mandeville l’avait déjà fait remarquer dans sa « Fable des Abeilles », où il expliquait comment les vices privées, c’est-à-dire la consommation de richesses, se révélaient être des vertus collectives, susceptibles de stimuler l’activité économique.

On constatera dans cette analyse que le capitalisme, le marché et le libre-échange sont par essence et par nature inégalitaires.

Adam Smith n’est pas pour autant l’apôtre d’un capitalisme sauvage. Le principe du marché tel qu’il le décrit s’applique à l’économie artisanale de son époque. Il en a conscience et dénonce les industriels qui par les ententes et les monopoles tentent de contourner la loi du marché à leur seul profit. Ce n’est donc pas l’Etat qui menace le plus l’économie de marché mais plutôt les industriels, c’est-à-dire les acteurs économiques privés, et il revient à l’autorité souveraine de la nation de s’assurer du respect des règles du marché.

On observera donc la connivence et les intérêts croisés entre le capital, l’état et le marché dans le maintien du système et de l’activité économique pour aboutir à la création de richesse via la notion de la valeur d’échange : marchandise produite contre l’argent. Les flux financiers étant captés par le sommet du système : Grand Capital, Industriels, Banques, Marché Financier, Etats. Le tout alimentant le système en permanence dans un flux continu de productions et d’échanges de biens produits et de circulation d’argent visant à maintenir la servitude des acteurs de la vie économique dans une vision hallucinatoire de la réalité de la marchandise produite devenue la seule réalité indépassable de l’existence.

La servitude de l’être dans la dictature machinique de l’avoir

Dans l’univers du spectacle de l’acquisition de la marchandise, l’homme n’est plus qu’un objet technique du déploiement fonctionnel du hors-nature qui à chaque coin de rue des vastes espaces de la schizophrénie mégapolitaine étend ses monstrueuses tentacules sur tous les désirs devenus bassement machinables. De la biotechnologie de la misère rentable à la révolution numérique de la détresse enluminée, l’absolutisme du mesurable et du quantifiable a rendu toutes les existences malléables dans un monde immobilisé par les cristallisations du gain et de l’avoir et où il n’y a pas d’autre avenir que le futur des stocks d’énergie capitalisable ayant partout gommé ou déformé les traces d’un passé devenu parfaitement illisible.

Le spectacle moderne de la dictature démocratique de la marchandise se révèle comme le règne autocratique de la liberté du marché enfin parvenu à mettre en mouvement la plénitude mondiale de sa logique froide et appropriative. Désormais, chaque être humain ne peut plus se faire connaître que par sa place dans l’économie des richesses narcissiques du détenir, de l’illusoire, du calcul, de l’apparat et de l’avoir. Le XXIe siècle, né du triomphe des perfectionnements totalitaires de la finance occidentale sur les vétustés carcérales du capitalisme soviétique, s’impose  dorénavant planétairement comme abondance fastueuse de la survie dans les galeries marchandes des droits de l’homme commercialisé.

 

 

L’histoire est toujours écrite par les étapes supérieures du spectacle de la marchandise qui justifie ainsi les trajets de fourberie et de massacres qui lui permettent d’évoluer vers son apogée en l’emportant ainsi sur les phases antérieures devenues anachroniques. Dans le spectacle des cauchemars et des répugnances du boniment florissant, c’est une constante nécessité pour le fétichisme de la marchandise que de se composer des épouvantements antérieurs ou externes sans égal qui permettent d’unifier les antagonismes de la société de classe en la distrayant de ses vraies dissensions ainsi déplacées vers d’autres intrigues phénoménales qui camouflent la nature véritable de la misère réelle. La vérité est en contraste total avec ce qu’a l’habitude d’en dire l’Etat et ses multiples appendices de vilenie bornée et de légalité construite. Il suffit pour la débusquer de trouver le chemin où l’on peut renverser les mensonges effrontés derrière lesquels se camoufle la colossale entreprise démocratique des miasmes fétides de la décomposition capitaliste.

Le système marchand de l’illusion démocratique qui a une aversion profonde pour toute pensée vraiment pensante n’éprouve aucune crainte quant à la déférence, la flagornerie, la platitude et la niaiserie constitutives du marché des livres où ne se multiplient exclusivement qu’une infinité d’imbéciles déclinaisons sans vigueur et où ne réside jamais rien d’intéressant pour la cause de l’élévation de l’être puisque l’on n’y trouve que les putrides déchets du spectacle de l’avoir.

En confirmation de ce qu’a montré l’exploration généalogique du Capital, en son fameux morceau consacré à la Loi générale de l’accumulation capitaliste, les espaces marchands les plus développés connaissent aujourd’hui une considérable immigration de peuplement qui substitue peu à peu des populations venues du Sud lointain aux anciens peuplements traditionnellement européens. Les immigrés y constituent là plus que jamais l’armée de réserve du capital théorisée par Marx qui a notamment rapporté cette retentissante : « Remplacer une force supérieure et plus chère par plusieurs forces inférieures et à bon marché, l’homme par la femme, l’adulte par l’adolescent et l’enfant, un Yankee par trois Chinois. Voilà autant de méthodes pour diminuer la demande de travail et en rendre l’offre surabondante, en un mot, pour fabriquer des surnuméraires. »

 

 

Et donc la fabrique des esclaves modernes, serviles, dociles et bon marché sont l’apanage du grand capital où les discours faux et trompeurs des politiques, sous couvert d’humanisme, de droits l’hommisme et d’antiracisme, cachent la réalité de l’asservissement des masses prolétariennes immigrés à la loi du marché du capital du libre-échange de la marchandise.

On ne peut qu’être frappé de voir comment les réseaux sans-papiéristes des bazars humanitaristes et de l’extrême gauche du capital qui s’essayent à trouver dans les immigrés une plèbe clientéliste de substitution servent en fait les intérêts prédominants du patronat en l’aidant ainsi à importer une masse salariale élastique et souple correspondant aux besoins d’obéissance renforcée voulus par la stratégie préventive des états-majors du spectacle de la marchandise. Réseaux mafieux, passeurs d’hommes chosifiés et de chosifications humanisées, économistes, sociologues et démographes de la fausse conscience des esclavages du fétichisme de la loi de la valeur, militants humanitaires du marché de l’humain : tous sont ainsi adeptes de la religion métisse du grand-mélange par lequel le libre-échangisme de la démocratie mondiale s’emploie à ensevelir le passé des luttes de classe radicale de l’hémisphère Nord.

Cette époque de domination totalement réalisée du spectacle marchand s’inscrit comme dislocation toujours plus entretenue des moments et des lieux de vie réorganisés en simples usines de distribution de l’aménagement territorial de la paralysie mentale au profit du mouvement de l’économie totalitaire du libre développement du citoyen mondial à sens unique. Le Capital redessine là la totalité du monde comme sa propre mise en scène de despotisme absolu et sa géographie humaine doit correspondre exclusivement à l’absence historique de tout tumulte subversif. C’est pourquoi, l’espace-temps de l’organisation de la servilité spectaculaire entend se débarrasser de tous les emplacements de mémoire critique de l’ancestrale lutte de classe prolétaire pour les remplacer par des terrains vagues sociaux, ouverts à tous les vents d’une immigration avide d’euphorie marchande.

La dynamique historique de l’avoir qui a détruit les communautés traditionnelles de l’être pour asservir le paysan à l’argent puis pour jeter ce dernier dès lors qu’elle l’avait ruiné sur les routes ouvrières de la concentration urbaine et usinière, se définit d’abord comme tyrannie de l’horreur mercantile en ce qu’elle anéantit toutes les harmonies qui lient le plaisir de l’homme aux rayonnements de la terre et aux jouissances cosmiques de l’homme primordial.

 

 

Pour la dictature démocratique du marché, l’homme n’est rien d’autre qu’une unité asservie de production interchangeable et la seule chose dès lors qui lui importe c’est que le libre prix de l’asservissement au travail soit le plus avantageux possible. La tradition communiste des luttes de classes pour refaire vivre l’être de l’homme contre l’impérialisme du despotisme du quantitatif que celui-ci soit libéral, social-démocrate ou bolchévique, est donc là une réaction radicale à l’opposé de toutes les formes d’aliénation et ce, en premier lieu, contre l’arrachement civilisationnel de la modernité qui coupe les hommes de la souche historique et sensuelle de leur authenticité véridique.

La gauche et l’extrême gauche du Capital en tant qu’avant-garde du progrès de la raison mercantile, sont là les meilleurs serviteurs du melting-pot mondialiste qui aspire à créer cet homme hors-terre, hébété, nomade et vagabond qui n’a plus pour seul repère que les grandes surfaces spectaculaires de la possession, là où l’existence se mesure exclusivement à l’aune des calculs du fétichisme marchand, de l’errance narcissique et du coloriage stupide de la vie fausse.

L’immigration se révèle ici comme une stratégie capitaliste de vaste envergure pernicieuse qui vise fondamentalement à disloquer la spontanéité historique des solidarités prolétaires naturelles en hétérogénéisant le substrat de la réalité du sentir et ressentir ouvriers. De la sorte, l’immigration est toujours l’expression de la contre-révolution du capital car elle permet avant tout de démanteler la combativité ouvrière en désarticulant l’identité de ce qui structure les cohésions et les immanences de l’écosystème de sa longue durée.

L’immigration a été ici une arme particulièrement préjudiciable et corrosive, savamment utilisée par la classe capitaliste, pour diluer et dissiper l’esprit de résistance et de subversion de la classe ouvrière. La gauche et l’extrême gauche du Capital et leur obsession fiévreuse pour l’hystérie immigrationniste ont constitué là l’un des plus grands vecteurs opératoires de ce dont avait besoin le despotisme de la modernisation mercantiliste pour court-circuiter les risques de développement de la lutte des classes.

La pratique économique qui consiste à utiliser lourdement de la main-d’œuvre sans racines rétives et sans réserve récalcitrante a prioritairement pour fonction de casser les reins à toute résistance ouvrière naturelle d’envergure et permet ainsi au capital international de faire circuler sa matière aliénatoire sans risque de révolte majeure. Les représentants de commerce gauchistes de la démocratie de la satisfaction marchande qui ont fait du sans-papier l’icône première de leur logorrhée de rénovation capitaliste constituent donc en fait le bras idéologique armé le plus éminent du MEDEF lequel entend bien éliminer l’insubordination ouvrière et l’héritage communard en liquidant le patrimoine des insoumissions historiques européennes.

 

 

Aujourd’hui, les faunes urbaines de l’économie souterraine qui brûlent rituellement des voitures ne sont pas des enfants d’ouvriers en révolte qui se battent par haine de la marchandise, mais des paumés incultes adorateurs du fric, de ses modes insanes et de toutes ses grossières insipidités. Bien loin d’êtres des persécutés en rupture, ce sont les enfants chéris du système de la discrimination positive de l’anti-subversif, les talismans médiatiques de l’ordre capitaliste à révérer, bref ce que Marx désignait sous le terme de lumpenprolétariat, cette « masse strictement différenciée du prolétariat industriel recrutée dans les bas-fonds, voleurs et criminels de toutes sortes, vivant en marge de la société, des gens sans travail défini, sans foi ni loi » et qui sont bien sûr les meilleurs alliés de l’Etat lorsqu’il s’agit de livrer combat à la véritable désobéissance prolétarienne.

Le Capital a fini par tout confisquer, assimiler et consumer depuis que devenu la seule mémoire autorisée de l’histoire de la raison marchande, il est parvenu à mettre l’humanité hors d’état de nuire à sa propre inhumanisation en faisant notamment disparaître jusqu’à la possibilité même d’un vrai discernement historique, c’est-à-dire d’une compréhension radicale des contradictions qui font le mouvoir du temps qui passe. Le gouvernement du spectacle mondial se montra là en tant qu’horloge directoriale d’un temps immobilisé pour une histoire arrêtée où l’essentiel demeure toujours dissimulé. Il représente là l’activité de centralisation dictatoriale du procès de domination réalisée de la démocratie de la valeur lorsqu’il n’y a plus que le mode de production capitaliste qui existe et qu’ont ainsi disparu toutes les formations pré-capitalistes.

Le chaos institué par le gouvernement mondial de la marchandise

Un rapport officiel des Nations Unies rendu public en octobre 2009 nous apprend que la culture du pavot en Afghanistan entretient, sous l’égide démocratique de l’OTAN, un marché de l’héroïne et de l’opium représentant 65 milliards de dollars par an, qui fournit plus de 15 millions de drogués à travers le monde. Les mixtures en question transitent par les provinces de l’empire du billet vert où commandent notamment les mafias turques et albanaises. Depuis que les talibans qui avaient détruit nombre de champs de pavot ont été remplacés par les mercenaires de l’ordre américain, la culture du trafic a repris de plus belle pour l’enrichissement continu de mystérieux réseaux transnationaux.

Jacob Leon Rubenstein dit Jack Ruby, gestionnaire de boîtes de nuit et de clubs de strip-tease, faisait notoirement partie de la mafia. Il avait de nombreuses connaissances dans les milieux de la pègre et de la police de Dallas. Il abattit fort opportunément Lee Harvey Oswald, l’assassin présumé du président américain John Fitzgerald Kennedy, le 24 novembre 1963, dans les locaux mêmes de la police de Dallas et cela en direct sous les yeux de millions de téléspectateurs. Jacob Leon Rubenstein mourut ensuite durant son procès en appel d’une embolie pulmonaire providentielle consécutive à un cancer survenu fort à propos.

Le pouvoir de l’argent est devenu si énigmatiquement cabalistique qu’après le meurtre étatique d’Aldo Moro par les Brigades rouges des services secrets à faux drapeau,  on a pu se demander qui maîtrisait vraiment la logique de commandement gouvernemental. Et donc qui peut commander le monde démocratique des marchands du Temple, si ce n’est le Temple de la marchandise démocratique elle-même…

Le terrorisme d’Etat est la continuation de la politique de l’économie de crise par d’autres moyens et sur d’autres modes plus expéditifs. Il accomplit ici la force supérieure des manœuvres obscures de l’Etat de droit qui a d’abord le droit, quant à la garantie de la science juridique du monopole de la violence marchande d’orienter dans l’ombre du champ de bataille des services secrets, les soubresauts du spectacle général de la domination afin de désorienter de manière appropriée la perception des spectateurs pour que l’univers du mensonge continue de pouvoir vaquer à ses occupations. Le terrorisme étatique a franchi une étape supplémentaire depuis les attentats du 11 septembre 2001, dans l’inflation industrielle des jeux et des enjeux de la feinte, de la pirouette et du trompe-l’œil. Si l’on découvre parfois quelques faux comparses périphériques, il est bien entendu convenu que les vrais commanditaires demeureront, eux, toujours inatteignables même s’il est manifeste que leur qualité d’intouchables est précisément ce qui les désigne comme responsables.

Le terrorisme aveugle n’est en fait pas si aveugle que cela car il sait viser et il vise d’abord l’attention de la population asservie. Les ententes internationales entre services spéciaux contre le terrorisme servent bien évidemment à échanger les diverses techniques terroristes et à coordonner ainsi les divers et variés terrorismes d’Etat. De même qu’un organisme d’Etat censé lutter contre le terrorisme n’est en fait là que pour étudier dans quelle mesure le terrorisme de l’Etat peut ou non être utile et comment et où le mettre en œuvre, le spectacle des attentats terroristes ne peut donc être commis que par l’ennemi le plus antagoniste de la conscience humaine c’est-à-dire l’Etat lui-même.

La pensée du mensonge spectaculaire généralisé feint volontiers de croire que le chaos, l’insécurité et le marasme seraient toujours et nécessairement en eux-mêmes des fléaux catastrophiques venant de l’extérieur, créé par je ne sais quel « ennemi invisible extérieur à la Nation ». Mais c’est là une vue complètement inversée du problème. En réalité, le chaos de l’insécurité joue un rôle d’importance incomparable dans la préservation et la stabilité durables du système de domination spectaculaire de la marchandise puisqu’il favorise fort utilement la démoralisation et l’abattement des populations spectatrices en réussissant par là même à les convaincre de la vanité qu’il y aurait à vouloir s’opposer à l’autorité de la marchandise.

Ainsi, l’on doit assurément observer que l’ordre par le chaos universalisé, en ces temps de crise accélérée de la production fallacieuse du monde, constitue le mode d’unification le plus fructueux du règne de la gestion en ce qu’il neutralise, éduque et rééduque toutes les perceptions, souvenirs et jugements adéquatement à l’impérieuse nécessité de réduire l’humanité subjuguée à l’impuissance achevée afin de la placer dans l’incapacité de ne plus rien pouvoir entreprendre contre la classe dirigeante en place. Bref, le spectacle du chaos est l’instrument le plus efficace de contrôle social car il rend hautement hypothétique et toujours plus aléatoire le risque de contestation venue des spectateurs, les gens du peuple. On comprend dès lors aisément l’empressement tout particulier que le gouvernement du capitalisme mondial met à laisser se développer le chaos spectaculaire comme il le fait en s’employant à le favoriser discrètement et minutieusement par mille et une combinaisons, toutes plus tortueuses les unes que les autres.

L’Etat a toujours été terroriste et le terrorisme des services secrets de l’Etat a toujours eu le monopole de la terreur la plus féroce et la plus épouvantable mais c’est évidemment à l’heure imminente de sa crise historique terminée que l’Etat spectaculaire de la marchandise doit être le plus violemment terroriste.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaire sur le Capitalisme

Tout est un contexte civilisationnel, socio-économique et culturel. L’idéologie du capitalisme, de l’économie libérale, du matérialisme et du consumérisme se reflètent à tous les niveaux de notre société y compris et surtout dans la publicité, le marketing, le cinéma et la musique. Les rapports humains et la vie humaine même y sont prédéfinis, conditionnés et stéréotypés. Les hommes et les femmes étant devenus des produits de consommation dans l’idéologie de la valeur marchande où tous s’achètent et se vendent y compris l’amour. La vie dans notre société est devenue une vision purement « hallucinatoire » d’un pseudo-bonheur et d’un pseudo-amour dans la tyrannie de la marchandise et de la valeur d’échange qui nous échappent constamment et nous échappera toujours… Tant que nous ne prendrons pas conscience de qui nous sommes réellement ainsi que la vraie valeur des choses. Et même cette prise de conscience serait-elle suffisante ? La dictature et la tyrannie de l’avoir font qu’il est difficile d’être réellement nous-mêmes et d’aimer vraiment sans aucuns préjugés d’aucunes sortes… Peut-être que les dieux et les démons sourient voire rient à gorge déployée sur les désirs, les exigences et les prétentions humaines au bonheur ! Les êtres humains tissant inconsciemment la toile de leurs désillusions et de leurs souffrances…

 

Tout est là dans la subtilité, l’ambiguïté, la tyrannie des rapports de force, de pouvoir et de subordination entre employeurs et employés, entre le patronat et les salariés, entre le Capital et le prolétariat sur fond d’idéologie suprématiste de la marchandise et de la valeur d’échange.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0

commentaires