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18 décembre 2021 6 18 /12 /décembre /2021 00:50

Le Mythe de la Poupée possédée

Hantise et Envoûtement

La Poupée sanglante

 

 

Partie 2

La Magie : son histoire et ses pratiques

« La magie est de tous les temps. Depuis le début de l’humanité, elle suit les pas des hommes sur tous les continents. A l’ombre des religions, en leur sein parfois, plus souvent en vive concurrence avec elles, elle transporte une part du sacré, du transcendant, de ce qui dépasse l’être mortel, pour lui parler du surnaturel et pour lui laisser la certitude, l’espoir ou l’illusion de pouvoir agir efficacement sur le monde invisible. » Robert Muchembled, Magie et sorcellerie en Europe du Moyen-âge à nos jours.

La magie est par définition « l’art présumé de produire des effets contre nature. » Au Moyen-âge, l’Eglise condamna les magiciens et les sorciers, parce que selon elle, ils agissaient « dans un sens contraire aux intentions divines », en cherchant à modifier les lois naturelles. En vérité, la magie se sert de phénomènes naturels que la science n’arrive toujours pas à expliquer.

La magie que les anciens appelaient le Sanctum Regnum – le « Saint Royaume » - ou le Royaume de Dieu – Regnum Dei – n’a été faite au départ que pour les rois et les prêtres. Elle était la science des mages, la religion des prêtres de l’ancienne Perse, issue de la Babylone antique. Plus tard, le mot « mage » donna naissance au mot « magicien ». Pour parvenir à la science et à la puissance des mages, quatre éléments sont indispensables : une intelligence vive éclairée par l’étude, une témérité et également une volonté à toute épreuve, et enfin, une discrétion que rien ne puisse altérer. Savoir, Oser, Vouloir, Se Taire, telles sont les quatre voies de la sagesse. Il existe une vraie magie divine (ou Théurgie), la « blanche » qui utilise des procédés naturels restés secrets et une magie infernale ou démoniaque dite « noire », appelée aussi sorcellerie, qui fait appel au pouvoir surnaturel des démons et du diable. Les sorciers et les sorcières passent pour avoir conclu un pacte avec le malin afin de pouvoir opérer leurs maléfices.

Le mot sorcellerie est issu de l’ancien verbe « sorceler » et de « sorcier » venant du latin « sortiarius », issu lui-même, de « sors », « sortis ». Le sorcier est par définition celui qui « jette des sorts » ou qui « prononce des sorts ». Pour réaliser ses maléfices, il demande l’aide de génies malfaisants et des démons avec lequel il a conclu un pacte. Mais le terme sorcier n’apparaît officiellement qu’en 589. C’est alors un terme qui désigne de façon péjorative un personnage cristallisant la diabolisation de tous ceux qui pratiquaient la magie d’antan : les guérisseurs, les herboristes, les barreurs de feu, etc. Et tous les arts médicaux des druides et des druidesses, les sourcières, les astrologues et les devins, pourchassé depuis l’occupation romaine. Le mot sorcier a pour origine la déformation du mot sourcier : celui qui détecte la source, l’eau à distance.

 

 

Contrairement au magicien, le sorcier a toujours eu une connotation péjorative. On allait le trouver pour faire du mal, obtenir des profits et des biens terrestres, voir le diable et les démons, faire apparaître les morts (nécromancie). Certains se contentaient de pratiquer les arts divinatoires. En règle générale, le sorcier ne possède pas la science du mage, il dispose seulement de « recettes ». Si le magicien est le roi de la nature et de ses éléments, le sorcier en est le profanateur. Bref, si le diable se donne au magicien, le sorcier lui, doit se donner au diable !

Le mot « magie » est un terme générique définissant les arts hermétiques (réservés aux initiés), occultes ou divins. Il n’y a pas une seule magie mais des magies : blanche (théurgie), rose, noire, druidique, celtique, runique, angélique… Le principe magique est toujours le même. Le praticien invoque des éléments supérieurs ou inférieurs et donne une impulsion positive ou négative à ses pratiques. Contrairement aux arts divinatoires pratiqués occasionnellement, la magie est un mode de vie au quotidien que l’adepte doit respecter, sous peines de lourds préjudices. Qui n’a jamais entendu parler du « choc en retour », rappelant au praticien que son premier devoir restait l’humilité envers la nature et les éléments qui l’entourent.

Ce sont les chamans, les « hommes-médecins » qui révélèrent probablement les pratiques magiques aux peuples. C’est par leurs contacts avec les esprits de la nature que ces guérisseurs tirèrent leurs connaissances des plantes et des remèdes. Leur savoir et leurs pouvoirs étaient acquis par une « modification de la conscience » volontaire, lors d’extases ou de transes. Pour communier avec les forces de l’Univers, les chamanes utilisaient le jeûne, la soif, la souffrance, l’absorption de produits hallucinogènes et employaient des tambours, des crécelles, des surfaces réfléchissantes, la musique, le chant, la danse. Ces manifestations primitives constituèrent le point de départ de toutes les formes de magie, de sorcellerie et de religion. Par la suite, la naissance de l’écriture permit la gravure des rituels magiques, des pentacles et des talismans.

 

 

Les chamans pratiquent la magie blanche ou l’art d’accomplir des prodiges et des miracles en utilisant les pouvoirs cachés de l’homme et les génies de la nature. La magie est donc, en tout premier lieu, la science traditionnelle des secrets de la nature. Au moyen de cette science, le magicien se trouve investi d’une toute puissance relative et semble agir de manière « miraculeuse ». De nombreux mages comme Hermès Trismégiste ou Apollonius de Thyane furent considérés après leur mort comme des dieux, du fait des prodiges qu’ils réalisèrent. Jésus qui multiplia les pains, transforma l’eau en vin, marcha sur les eaux et ressuscita les morts fut déclaré « fils de dieu ». D’autres magiciens furent au contraire considérés comme des suppôts de Satan comme l’enchanteur Merlin ou Cornélius Agrippa.

L’Ancien Testament rejette les pratiques magiques : « Tu ne laisseras pas vivre la sorcière » (Exode, XXII, 18). « Vous donc, n’écoutez ni vos prophètes, ni vos devins, ni vos songes, ni vos augures, ni vos magiciens » (Jérémie, XXVII, 9). La magie est assimilée aux sacrifices d’enfants par le feu, à la sorcellerie, à la nécromancie, et attribuée aux étrangers, aux Egyptiens, Mésopotamiens, Perses et Cananéens.

Dans le christianisme, la magie a mauvaise réputation. Les gouvernements, de 311 à 361, ont prohibé la magie, l’haruspicine (l’interrogation des entrailles des victimes sacrificielles en vue de la divination), les cultes syriens. Constantin, en 321, punit la simple connaissance de la magie, même sans pratique. Saint Justin (Dialogue contre Tryphon), Ambroise, Saint Augustin (De la doctrine chrétienne), les théologiens condamnent, en ne distinguant pas la magie des autres sciences occultes et en y voyant un culte des démons ou une hérésie. L’Eglise se montre sévère, le Décret de Gratien, rédigé aux alentours de 1140, rassemble plus de 3800 textes, contient quantité de condamnations. Selon l’Apocalypse, les magiciens sont excommuniés de facto, ils n’ont pas accès à la vie éternelle, et vont directement en enfer.

 

 

La magie noire est couramment utilisée dans le satanisme. Elle puisse dans les émotions pour gagner en énergie et être employée de différentes manières. Le plus souvent par le biais de rituels considérés comme maléfiques. Pour effectuer ces rituels, les adeptes du satanisme utilisent cinq ingrédients :

- Le désir : aussi appelé « le vouloir », c’est la volonté de réussir le rituel.

- La période : la « réceptivité » de la cible et la configuration astrale.

- L’imagerie : pour la visualisation, requiert deux éléments : biologique (cheveux, ongles, etc.) et émotionnel (photo, parfum, etc.).

- La direction : accumulation des forces nécessaires vers le rituel.

- Le facteur de balance : l’évaluation des possibilités en fonction des moyens.

D’autres types de magies noires existent, ils sont souvent issus d’un rituel, les messes noires, les envoûtements, le spiritisme, ou encore l’invocation de démons comme l’incube et le succube.

Il existe aussi une magie utilisée contre le satanisme : l’exorcisme. Cela consiste à extraire un démon d’un corps humain, après qu’il en a pris la possession.

A l’époque de la Préhistoire, les chasseurs-cueilleurs ont de nombreux rites liés aux phénomènes de la nature et de manière générale à tout ce qui leur est inexpliqué. Ceci est lié à l’irruption de la pensée magique et à l’animisme qui affirme que tout objet a une âme. Il est donc assez naturel, par extrapolation, de considérer que la magie est venue très tôt, en Occident, avec les Néanderthaliens et même l’Homo erectus. Celui-ci a découvert le feu vers 750.000 ans et a envahi toute l’Afrique et l’Eurasie, il est raisonnable de penser que divers rituels l’accompagnaient. Les cavernes ornées de représentations d’animaux sont interprétés comme support de rituels magiques car c’était une nécessité d’assurer un nombre important de prises. L’utilisation de l’ocre rouge (280.000 ans) pour les armes, pour les peintures, pour les sépultures est aussi un indice. Il est possible que certains personnages peints de 33.000 à 10.000 ans avant J.-C. soient des « sorciers » ou « chamanes ».

 

 

La magie occidentale s’est inspirée d’autres cultures. Les Grecs en étaient conscients, en particulier quand ils disaient qu’Apollonius de Thyane avait « rendu visite aux Mages de Babylone, aux Brahmanes des Indes et aux Gymnosophistes d’Egypte ».

La magie grecque commence en Crète avec les Dactyles (métallurges), les Courètes (danseurs) vers 2500 avant J.-C. On connaît des chamans grecs dès 600 avant J.-C. Les principaux documents sur la magie antique consistent en papyrus magiques, en tablettes de malédiction et en amulettes. Les esprits ont été marqués par ce passage du Corpus Hermeticum, traité XIX, Asclépius (Ier siècle) : « Ce sont des statues pourvues d’une âme, consciente, pleines de souffle vital, et qui accomplissent une infinité de merveilles, des statues qui connaissent l’avenir et le président par les sorts, l’inspiration prophétique, les songes et bien d’autres méthodes, qui envoient aux hommes les maladies et qui les guérissent, qui donnent, selon nos mérites, la douleur et la joie ». Hérodote condamne les mages, considérant que ces conseillers de palais sont des intrigants et qu’ils se trompent dans leurs interprétations.

Ainsi la magie est contrôlée politiquement, elle menace l’autorité. A Rome, la « Loi des douze tables » (450 avant J.-C.) sanctionne quantité d’opérations magiques, en particulier contre les terres d’autrui. L’empereur romain Constant Ier, en 341, interdit la magie, sous peine capitale. L’Eglise s’inquiète plutôt du paganisme, de l’hérésie, concurrence à la création divine : le concile de Laodicée, vers 364, dans son 36ème canon, interdit aux prêtres de s’occuper de magie et de sorcellerie. L’Eglise distingue les arts magiques et la magie lors du concile d’Ancyre, en 314. Le Code de Théodose interdit la divination et la magie en 439.

 

 

Au cours du temps, la magie a pris bien des formes, allant de la simple divination, à la préparation de potions aux vertus miraculeuses, jusqu’aux messes noires, aux envoûtements et aux possessions diaboliques. Il s’ensuivit un amalgame malheureux entre tentatives de connaître l’avenir dans un but purement instructif, cérémonies païennes célébrant les déités de la nature et les rituels démoniaques destinés à appeler le démon.

Parce que les hommes avaient peur de ce qu’ils ne comprenaient pas et de ce qu’ils ne maîtrisaient pas, les magiciens ont été persécutés tout au long des siècles. Charmes, pentacles, incantations et potions devinrent les outils privilégiés du sorcier. Les initiés finirent brûlés vifs, au nom d’une crainte infondée. Beaucoup de sorcières envoyées au bûcher n’étaient que des sages femmes à une époque où la médecine était réservée aux seuls notables. Le simple fait de vivre à l’écart du village, de préparer des remèdes, d’être affublé d’une tare physique suffisait pour être considéré comme « hérétique ».

Les traités classiques de démonologie n’opèrent aucune distinction entre les sorciers et les magiciens. A une époque, ils furent tous considérés comme des invocateurs du démon, des empoisonneurs, des devins, des jeteurs de sorts, des enchanteurs, des nécromanciens…

 

 

Quant à la sorcière, elle reçut divers noms : strix, stria ou encore striga qui donnèrent le mot stryge. Elle devint aussi la lamie, en souvenir de Lamia, l’égorgeuse d’enfant et aussi Lilith, le démon femelle, la première femme d’Adam. Toutefois, si sorcières et sorciers étaient réputés ignares et illettrés, le magicien était qualifié de savant.

Les magiciens étaient considérés comme des illusionnistes, des prestidigitateurs habiles. Ils étaient mieux considérés que les sorciers. Les magiciens se vantaient de prédire l’avenir, de parler avec les morts, de découvrir des trésors ou des objets perdus. Les sorciers ne cherchaient pour leur part qu’à nuire, à tuer, à faire perdre la santé ou la fortune. Ils étaient proches des traditions et des campagnes, contrairement aux magiciens qui étaient plus urbains et plus cultivés. On suppose en général que les sorciers pratiquaient la magie noire et que les magiciens s’en référaient uniquement aux puissances de la nature.

 

 

La Poupée maudite : objets possédés, malheurs et malédictions

 

 

« Bénie soit la providence qui a donné à chacun un joujou : la poupée de l’enfant à la femme, la femme à l’homme, et l’homme au diable. » Victor Hugo.

Les premiers cas de poupées maudites ou possédées remontent à l’ancienne Egypte où les ennemis de Ramsès III auraient tenté d’utiliser de la cire pour crée une image ressemblante à ce dernier afin de provoquer sa mort. Les poudres de la coca utilisées dans ce rituel étaient censées vivre et maudire tous ceux à qui elles ressemblaient. On dit souvent que les poupées égyptiennes, les effigies et les poupées Vaudou ont été maudites à cause de leur longue histoire de malédictions et de leur association avec le monde de l’occulte.

 

 

Les premières poupées hantées étaient des Poppets et des objets Vaudou créés par les premiers peuples de la Préhistoire à des fins religieuses ou cérémonielles. Ces objets traditionnels ont ensuite été acquis par diverses civilisations à des fins mystiques ou occultes. A Rome, les poupées étaient souvent utilisées dans les rituels magiques pour représenter un lien avec un dieu ou une déesse. Les prêtres et les magiciens égyptiens utilisaient souvent des poupées à des fins cérémonielles, pour débarrasser le corps du mal ou pour imposer des malédictions à ceux qui allaient à l’encontre de la volonté des dieux.

Les poupées ont historiquement été utilisées pour lancer des malédictions sur d’autres membres d’une communauté à des fins religieuses ou traditionnelles. Certaines des premières effigies étaient utilisées par les cultures Africaines, Amérindiennes et Européennes. Les poupées européennes ont leurs racines dans les premières tribus germaniques et scandinaves qui les utilisaient à des fins cérémonielles. De nos jours, les Wiccans ont adapté cette pratique à leurs propres usages. La plupart des Wiccans utilisent les poupées comme représentation symbolique d’une personne. Les sorts et autres actions sont exécutés sur la poupée pour transférer tout ce qui pourrait affecter le sujet ciblé dans un rituel de guérison. Les statuettes congolaises Nkisi, et les figurines Bocio utilisées dans les traditions Vaudou du Bénin et du Togo sont des poupées traditionnelles d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale, ressemblant à des effigies dont les utilisateurs considèrent qu’ils peuvent protéger ou guérir.

 

 

Les poupées maléfiques n’apparaissent pas en tant que telles dans le Vaudou. Les fidèles offrent des poupées sur les autels d’Erzulie, mais elles ne visent pas à ensorceler. Les wangas ou ouangas, permettent en revanche de jeter des sorts (maladie, échec, rupture amoureuse…) sans aller jusqu’à la mort. Ils prennent cependant la forme de paquets ficelés rassemblant plusieurs ingrédients, et non des poupées. Les bokors sont des sorciers vaudous qui ont la réputation de jeter des sorts. Aux Antilles françaises, les paquets permettant d’envoûter des gens sont appelés quimbois.

Dans la sorcellerie occidentale, la poupée (souvent de cire, de bois ou de chiffons) qui sert à jeter des sorts est appelée dagyde (du grec dagos, poupée). Elle apparaît dès l’Antiquité : on a ainsi retrouvé des poupées magiques dans le sanctuaire d’Isis et de Mater Magna (Ier et IIe siècles) à Mayence. Les Métamorphoses d’Apulée (IIe siècle) en fait également mention, la sorcière Pamphile envoie sa servante Photis recueillir des cheveux pour jeter des sorts aux personnes dont ils proviennent. Les dagydes réapparaissent au Moyen-âge, on en retrouve des exemples depuis le XIIIe siècle en Europe.

 

 

En Inde du Sud, au Kerala, et encore de nos jours lors de la fête de la « nuit de Shiva », les Brâhmanes mettent dans les mains des dévots du temple, face à l’idole du dieu, un petit personnage en bois grossièrement sculpté, censé représenté l’homme qui avait réussi à veiller toute une nuit en récitant le mantra pour Shiva, entouré de tous les dangers de la jungle, dévots qui redonnent la poupée de bois au brâhmane après avoir salué le dieu Shiva dans le temple.

La poupée représente une personne, et les actions sur la poupée sont supposées avoir des effets sur la personne à travers la poupée. Elle est censée contenir un élément de la personne à envoûter (cheveux, bouts de peau, ongles…), son nom sur un morceau de papier, ou une image (photographie). La poupée est parfois consacrée suivant des rites particuliers. Dans les cérémonies de magie noire, la poupée est piquée d’aiguilles, coupée ou brûlée à certains endroits. La personne visée est censée souffrir aux endroits où la poupée a été atteinte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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