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1 décembre 2021 3 01 /12 /décembre /2021 22:50

Le Prince Vlad Tepes

Dracula ou le Mythe du Vampire

 

 

« Rentre ! C’est le moment où la lune réveille le vampire blafard sur sa couche vermeille. » Théophile Gautier

L’universalité du mythe du vampire n’est plus à démontrer. Les buveurs de sang ont existé dans toutes les civilisations et dans toutes les cultures : en Egypte, en Chine, au Japon, à Rome, en Grèce. Les récits de vampirisme existent depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours.

Le mythe du démon assoiffé de sang a constitué une source inépuisable d’inspiration tant dans la littérature fantastique que dans les films hollywoodiens. Le magnifique « Dracula » de Francis Ford Coppola, ou « Entretien avec un Vampire », « Blade » et « Van Helsing ». Les victimes séduites et envoûtées par le comte Dracula, se comptent par centaines. Depuis l’apparition du cinéma muet, ce Prince des Ténèbres a exercé ses canines acérées et redoutables sur de nombreux cous graciles de femmes principalement.

Pourquoi cette étrange fascination ? C’est toute une série de concepts liés au monde du surnaturel, de l’occulte, au mythe du sang et à celui de l’immortalité qui y sont exposés. Que ce cache-t-il derrière ces clichés illustrées dans des centaines de livres et de films devenus pour la plupart des grands classiques de l’horreur et de l’épouvante. Lorsque nous abordons le folklore, les légendes et les contes fantastiques traditionnels, nous constatons que le thème de la mort y est omniprésent. Elle est souvent vaincue par des héros mettant en œuvre des méthodes mystérieuses ou magiques.

Avec le mythe du vampire, nous abordons une autre conception de l’immortalité. Si le phénomène vampirique, malgré certaines assises historiques, puise ses sources au plus profond de l’imaginaire populaire, il trouve aussi sa justification dans la nature même de l’être humain sur lequel le mal et ses noirceurs exercent une puissante fascination depuis la nuit des temps. L’homme est par nature ambivalent, poussé au bien mais séduit par le mal, il éprouve des difficultés à dominer ses instincts et ses pulsions inconscientes. La mort qu’il associe souvent au monde des ténèbres, reste le plus grand mystère de sa vie.

L’histoire du Prince Vlad Tepes ou Vlad Dracul l’Empaleur

Le Prince Vlad Tepes ou Vlad III Basarab, surnommé « l’Empaleur » (1431-1476) est né à Targoviste en Valachie (Roumanie). Son surnom de Vlad III Draculea (signifiant « fils du dragon » en roumain médiéval), fut repris par Bram Stocker pour nommer le personnage littéraire du comte vampire Dracula.

Vlad est un boyard et prince de Basarab, qui désigna initialement la Valachie avant de désigner une partie de la Moldavie. Le premier représentant connu de cette dynastie est Basarab Ier qui délivra le pays de la vassalité hongroise. Issu de la dynastie princière valaque des Basarab, Vlad Tepes a pu voir le jour à Targoviste alors capitale de la Principauté, à Curte de Arges, autre ville princière, ou encore à Bucarest, comme l’affirment certaines sources anciennes. Mais, depuis 1990, le mythe de Dracula lancé par Bram Stoker étant parvenu en Roumanie où il est commercialement exploité, une légende popularisée par l’historien roumano-américain Radu Florescu situe, sans preuve, sa naissance à Sighisoara, ville de Transylvanie où son père exilé est censé avoir séjourné et où l’on montre depuis lors sa « maison natale ».

 

 

En 1442, Vlad Tepes est envoyé comme otage auprès du sultan Mourad II, avec son jeune frère Radu III le Beau. Le jeune Vlad est retenu à Andrinople (alors capitale de l’Empire Ottoman, qui n’avait pas encore pris Constantinople) jusqu’en 1448, et son frère Radu jusqu’en 1462. Cette période de captivité chez les Turcs a joué un rôle important dans la montée au pouvoir de Vlad. Probablement s’est-il fait durant cette période des relations utiles à son ambition, et à son désir de revanche contre les Danesti. En sa qualité d’otage princier, il avait certains privilèges tel que celui de pouvoir étudier, correspondre, disposer de pages et de serviteurs.

En 1448, profitant de l’absence de Vladislav, éloigné de Targoviste par les combats de la seconde bataille de Kosovo contre les Turcs, Vlad III Tepes rentre d’Andrinople avec une troupe de cavalerie turque et un contingent de troupes prêtées par le pacha Mustafa Hassan pour s’emparer du trône. Mais Vladislav le chasse dès son retour, deux mois plus tard, et Vlad doit s’exiler en Moldavie où règne Bogdan II Musat. Là, il se lie d’amitié avec le futur Etienne III de Moldavie. La chute de Constantinople aux mains des Turcs en 1453 change la donne : les chrétiens doivent faire feu de tout bois et Jean Hunyadi, qui part défendre Belgrade contre les assauts ottomans, confie à Vlad Tepes une armée pour défendre la Valachie et la Transylvanie. Mais Vlad en profite, avec l’aide de boyards valaques, pour reprendre le trône de Valachie : il écrase et tue Vladislav II au combat en août 1456. Il règne ensuite pendant six ans, consolidant son pouvoir en centralisant l’autorité, de la même façon que Matthias Corvin en Hongrie ou Louis XI en France. Il achète ou bien élimine tous les boyards qui tentaient de le déstabiliser.

Début 1462, Vlad se sent plus fort, et la participation qui lui promet Matthias Corvin en personne à une expédition contre les Turcs l’enhardit jusqu’à briser son alliance avec les Ottomans. Il lance alors une campagne contre ces derniers sur le Danube, tuant plus de 30.000 hommes. Vlad perd alors l’allégeance de son frère Radu cel Frumos (Radu le Beau) et provoque la colère du sultan Mehmed II, fils de Mourad, lorsqu’il refuse d’accéder à la demande des émissaires ottomans, le turc Hamza Bey et le phanariote Thomas Katavolinos, de payer le tribut à l’Empire ottoman, sous peine d’être envahi et de voir la Valachie transformée en province turque.

Toujours est-il que c’est Radu cel Frumos, frère de Vlad et candidat des Turcs pour le trône de Valachie, qui, à la tête de la puissante armée turque et d’une partie de « l’oastea domneasca » qu’il convainc de rejoindre son camp, poursuit son frère jusqu’à la forteresse de Poenari. Vlad se retira à Targoviste non sans se livrer à des actions de guérilla contre les Turcs, dont la plus célèbre est l’attaque de nuit à Targoviste du 17 juin 1462. D’après la légende, la femme de Vlad, qui voulut s’échapper, trouva la mort en tombant du haut de la falaise au pied de la forteresse de Poenari. Vlad, lui, réussit à s’échapper du siège de Poenari en passant à travers la montagne et, selon la légende, en ferrant ses chevaux dans le mauvais sens pour s’échapper de nuit : ses ennemis, le lendemain, voyant des traces de sabots allant vers la forteresse, en déduisent que des cavaliers ont pénétré dans Poenari alors que Vlad en était sorti. Il est très difficile de démêler le mythe de la réalité dans cette historiographie déjà romancée du vivant de Vlad. Radu le Beau monte sur le trône de Valachie le 15 août 1462.

En 1476, Vlad est à nouveau élu prince de Valachie, mais il ne jouit que peu de temps de son troisième règne car il est assassiné à la fin du mois de décembre 1476 à Bucarest, dans des circonstances aussi nébuleuses que sa naissance. Vlad Tepes est décapité et sa tête envoyée au sultan qui l’expose sur un pieu comme preuve de sa mort. Ainsi naît, en quelque sorte, l’histoire et la légende de Vlad Tepes.

La sépulture de Vlad l’Empaleur

La réalité des faits est loin de la fiction du roman « Dracula » ou de nombreux films et spectacles y faisant référence, mettant tous en scène un cercueil dans une crypte gothique entourée de ténébreuses montagnes.

Le « tombeau » de Vlad Tepes est censé se situer au monastère de Snagov, sur une île située dans un lac à une vingtaine de kilomètres au nord de la capitale roumaine. Selon l’historien Constantin Rezachevici, son tombeau pourrait être en fait situé au monastère de Comana qu’il avait fondé au milieu du XVe siècle dans le Judet de Giurgiu au sud-ouest de Bucarest.

Des études récentes ont montré que le tombeau de Snagov ne contient que quelques ossements de chevaux sauvages fossiles, des tarpans datés du Néolithique. D’après le livre de Radu Florescu et Raymond McNally « A la recherche de Dracula », il y a deux autres tombes à Snagov : la première à l’entrée de la chapelle du monastère et la seconde au pied de l’autel. On s’accorde généralement à dire que c’est la seconde qui devrait contenir le corps décapité de Vlad.

 

 

En 1932, une mission archéologique roumaine ouvrit cette tombe et n’y trouva que des fragments d’ossements humains, mâchonnés par des bêtes. L’autre tombe, celle de l’entrée, fut également ouverte : elle contenait un squelette d’homme très friable, comprenant l’arrière de son crâne mais pas son visage. Sa tête était recouverte d’un tissu de soie, et le tombe contenait une épée très oxydée, une médaille de l’Ordre du Dragon, une couronne, les restes d’une cape pourpre et une bague de femme, cousue à l’intérieur de ce qui fut autrefois la manche d’un vêtement (tradition d’amour courtois très répandue en Europe à la fin du Moyen-âge). Le Musée d’Histoire et d’Archéologie de Bucarest en fit un inventaire, mais actuellement seules les photos en témoignent, car entre-temps, le Musée et ses réserves ont déménagé plusieurs fois, subi des bombardements et des incendies, et la malle contenant les reste de Snagov reste à ce jour introuvable. De toute manière rien ne permet d’attribuer ces restes à Vlad, en dépit des affirmations issues de la « Draculomanie » sévissant en Roumanie.

Le monastère de Snagov est orthodoxe, or Vlad avait abjuré sa foi orthodoxe et s’était converti au catholicisme pour pouvoir bénéficier du soutien de Mathias Corvin afin de remonter sur le trône. Il était donc considéré comme un « hérétique » par les moines orthodoxes, qui n’aurait pas mis son corps en terre dans cette tombe. Un « hérétique », mais baptisé orthodoxe et de sang princier : on aurait pu lui accorder de reposer dans la chapelle, mais à l’entrée, les fidèles et les moines marchant alors sur sa tombe chaque jour en signe de contrition pour lui.

Avec l’avènement de la génétique, on s’intéressa de nouveau au corps trouvé à l’entrée de la chapelle en 1932 pour tenter de l’authentifier en comparant son ADN à celui des descendants de Vlad III encore en vie. Mais le nombre de candidats à ce titre fut si élevé que je projet fut abandonné.

La légende de Dracula et la quête de l’immortalité

A travers les diverses croyances religieuses qu’il s’est créées, l’homme a tenté au cours des âges d’exorciser sa peur de la grande faucheuse d’âmes qu’est la mort. Il a été hanté par le rêve d’immortalité qu’il a tenté d’atteindre tant par la Quête du Graal que celle de la Pierre Philosophale. Le travail est long, la route périlleuse. Volonté, patience et vertus semblent être les clés menant à cette éternité tant convoitée. Quelle est la part de concret dans cette recherche ?

Existe-t-il des techniques pour prolonger la vie ? La science a ses limites et malgré les progrès indéniables de la médecine, quelques humains seulement sont devenus centenaires. L’éternité reste une étoile inaccessible et personne n’a encore découvert la mythique eau de Jouvence.

L’immortalité des vampires réels ou supposés a été prise au sérieux par divers écrivains et chercheurs.

Des écrivains comme Bram Stocker mais aussi l’inspiration puise ses sources dans le roman gothique du XIXe siècle, dès 1819 en Angleterre, tels : John William Polidori (The Vampire inspiré d’une idée originale de Lord Byron), Sheridan Le Fanu (Carmilla), mais aussi en Allemagne, Karl Von Wachsmann (L’Etranger des Carpathes en 1844, avec tous les éléments réunis pour créer une ambiance d’épouvante : château en Transylvanie, forêts sombres, personnage maudit, voyageurs effrayés…) et, en France, Charles Nodier (Histoires de vampire), Théophile Gautier (La Morte amoureuse), Paul Féval (qui fait de la goule la femelle du vampire dans « La Vampire » de 1856) et surtout, cinq ans avant Dracula, Jules Verne (Le Château des Carpathes), sans oublier le roman de Marie Nizet : Le Capitaine Vampire. De plus, Bram Stoker a commencé ses recherches pour son roman en pleine horreur médiatique suscitée par le « serial killer » Jack l’Eventreur, qui sévit à Londres en 1888.

 

 

Des chercheurs comme Serge Hutin, Roland Villeneuve, Tony Faivre, Maurice Magre, Robert Amadou, Robert Ambelain et René Alleau. Leur explication du phénomène procédait de thaumaturgies (miracles) alchimiques perdues à travers les siècles qui donnaient aux adeptes le moyen de vaincre la mort. Comme le fameux Comte de Saint-Germain, réputé immortel selon la légende, un personnage hors du commun, dont son histoire symbolise le rêve de l’immortalité. Cette quête d’éternité a envahi l’ensemble des enseignements initiatiques. Elle a dépassé la simple ambition nourrie par tout homme d’acquérir des réponses face à l’énigme de la mort.

Dans une civilisation occidentale où les références de base sont d’ordre purement matériel et rationnel, il est impossible d’apporter des preuves tangibles dans les domaines touchant à la magie, aux traditions et aux légendes.

Nous connaissons le cycle biologique et naturel de la vie : naissance, croissance, déclin et mort. Pour certains chercheurs, le vampirisme est une expression liée à l’angoisse de la mort, et un désir de survivance.

Serge Hutin disait : « Quelle que puisse être la vérité de fait de tous ces récits fantasmagoriques, ils sont forts intéressants pour le psychologue qui se penche sur la pérennité des rêves, des désirs et des aspirations des hommes. Même s’il s’agit là, en somme de mythes et de légendes au second degré, constituant une forme détaillée, systématisée, dramatisée, concrétisée des thèmes centraux tournant autour de l’immortalité, il ne faut pas négliger l’enseignement que l’on peut en tirer ».

Jean-Jacques Rousseau quant à lui n’hésita pas, à contre-courant des opinions, à écrire une lettre à l’Archevêque de Paris dans laquelle il affirmait haut et fort : « S’il y a dans le monde une histoire attestée, c’est bien celle des vampires ! »

Au cours des âges, des peuples et de sociétés occultes ont sacrifié des êtres humains dans le but d’entrer dans les bonnes grâces d’une divinité sanguinaire susceptible de leur offrir l’éternelle jeunesse. Au cours de cérémonies magiques, des âmes choisies pour leur innocence furent immolées parce que les vertus de leur sang les prédisposaient au sacrifice. Tout le monde a gardé en mémoire les holocaustes sanglants auxquels se livraient les peuples d’Amérique du Sud découverts par les Conquistadores. Ces populations qualifiées de sauvages cherchaient à s’accorder les bonnes grâces de leurs dieux ou à acquérir certains pouvoirs.

L’histoire de France a dans ses annales un célèbre Barbe Bleu, le maréchal de France Gilles de Rais, compagnon de Jeanne d’Arc, qui sans doute atteint par la démence, prit plaisir à égorger des centaines d’enfants dans les chambres de ses châteaux. Celui que certains ont appelé « L’Alchimiste du Diable » chercha à s’octroyer les faveurs du malin en vue d’accroître ses richesses.

Bien que les origines du vampirisme soient très anciennes, le mort-vivant assoiffé de sang tel que nous le connaissons est une création récente. A partir de la Renaissance, le bruit se répandit en Allemagne, en Autriche et en Europe de l’Est, que des morts se relevaient de leurs tombeaux pour attaquer les vivants et s’abreuver de leur sang. Dans des tombes suspectes, on découvrit des cadavres non décomposés. Certains paraissaient avoir dévoré une partie de leur linceul, parfois une de leurs mains. Leurs veines étaient remplies d’un sang liquide. Il n’en fallait pas plus pour réveiller les vieilles peurs endormies.

Dracula puise également ses racines dans le Roman Gothique

Le roman gothique  est un genre littéraire anglais, né en 1764, et s’inscrit dans la logique d’un engouement pour le sentimental et le macabre qui se fait jour dans l’Europe du XVIIIe siècle avec des auteurs comme l’abbé Prévost dont « L’Histoire de Monsieur Cleveland, fils naturel de Cromwell » (1731-1739) paraît d’abord dans une traduction anglaise à Londres.

La naissance du roman gothique est également associée à la redécouverte de l’architecture gothique dans l’Angleterre de la deuxième moitié du XVIIIe siècle et plus généralement à l’engouement pour le passé. Horace Walpole, noble et homme politique anglais qui fut l’ami intime de Madame de Tencin, se fait ainsi construire un château de style médiéval sur la colline de Strawberry Hill. Le premier, Walpole va réunir les ingrédients du roman gothique historique dans « Le Château d’Otrante » paru en 1764 : action située dans le passé mythique des croisades, décor médiéval, présence du surnaturel, personnages contemporains victime des mystères du passé.

 

 

En France, des auteurs comme François Guillaume Ducray-Duminil, Charles-Antoine-Guillaume Pigault-Lebrun, Madame de Genlis ou François-Thomas-Marie de Baculard d’Arnaud exploitent dans leurs œuvres ce goût pour le macabre. Baculard d’Arnaud produit une version dramatique des « Mémoires du comte de Comminge » (1735) de Madame de Tencin avec pour décor une crypte « où sont les tombeaux des religieux de la Trappe, avec des crucifix, des têtes de morts » inspirés des décors macabres cher aux Graveyard Poets (poètes des cimetières) anglais tels que Edward Young dont il admirait beaucoup les Nuits.

En Allemagne, les romantiques, notamment les poètes comme Frédéric Schiller, se sont également tournés vers le Moyen-âge, mais ce sont des auteurs de moindre importance comme Joseph Alois Gleich (1772-1841) ou Christian Heinrich Spiess qui lancent le genre du roman de l’effroi.

 

 

Cependant, c’est en Angleterre que le roman gothique trouve son terrain de prédilection. Les femmes s’y distinguent comme Clara Reeve, influencée par la lecture du Château d’Otrante, d’Horace Walpole, publie en 1777 Le Champion de la Vertu ou le Vieux Baron Anglais ; à son tour, Charlotte Smith (1749-1806) publie une série de romans très populaires à la fin du XVIIIe siècle : Emmeline ou l’Orpheline du château en 1788, Ethelinde ou la Recluse du lac en 1789 et Célestine ou la Victime des préjugés en 1791, accentuant le thème de la persécution féminine déjà présent chez Richardson. Elle précède Ann Radcliffe dont les Mystères d’Udolpho (1794) connaissent un succès européen et passent à la postérité comme un monument du genre gothique.

 

 

Les caractéristiques du roman gothique

Le roman anglais gothique se caractérise par la présence d’un certain nombre d’éléments de décor, de personnages mais aussi de situations stéréotypées et de procédés narratifs (récit dans le récit).

Le décor :

L’engouement pour l’histoire et le passé, caractéristique du romantisme, entraîne le retour à des décors populaires du théâtre élisabéthain tels que le château hanté (Macbeth, Hamlet), la crypte (Roméo et Juliette), la prison médiévale (Richard III ou Edward II de Christopher Marlowe), le cimetière (Hamlet). Les décors naturels sont ceux des contes de bonne femme, paysages nocturnes (Macbeth), sabbats de sorcières (Macbeth), orages déchaînés sur la lande (Le Roi Lear), tempêtes en mer (La Tempête, Un conte d’hiver).

Une autre caractéristique du roman gothique est la recherche de l’exotisme : l’Italie pour Le Château d’Otrante, l’Orient pour Vathek, l’Espagne pour le Manuscrit et Le Moine.

 

 

Les personnages :

Le religieux (l’Inquisition), la femme persécutée, la femme fatale, le démon, la belle, la bête, l’ange, l’ange déchu, le maudit, le vampire, le bandit.

Les situations :

Le pacte infernal, l’incarcération et la torture, le suicide, le vampirisme, les secrets du passé venant hanter le présent.

Les lieux :

Le château, les ténèbres, le cimetière, une ruine, une église, la nature, un endroit abandonné, une maison détruite, hantée…

 

 

Nosferatu ou le Comte Orlock

Le Comte Orlock est un personnage de fiction créé par Friedrich Wilhelm Murnau et Henrik Galeen en 1922 pour le film « Nosferatu le vampire » avec Max Shreck qui incarne le comte vampire. Il s’agit en fait du comte Dracula créé par Bram Stocker, dans le remake de Werner Herzog, « Nosferatu, fantôme de la nuit », le personnage du vampire interprété par Klaus Kinski reprend le nom du comte Dracula.

 

 

Le comte Orlock possède certaines similitudes mais aussi de nombreuses différentes avec le Dracula de Bram Stoker. Dracula est dans le roman, un vieillard qui rajeunit au fur et à mesure de l’histoire. Bram Stoker le décrit de la sorte : « Son nez aquilin lui donnait véritablement un profil d’aigle : le front haut, bombé, les cheveux rares aux tempes mais abondants sur le reste de la tête ; des sourcils broussailleux se rejoignant presque au-dessus du nez, et leurs poils, tant ils étaient long et touffus donnaient l’impression de boucler. La bouche du moins ce que j’en voyais sous l’énorme moustache, avait une expression cruelle, et les dents, éclatantes de blancheur, étaient particulièrement pointues ; elles avançaient au-dessus des lèvres dont le rouge vif annonçait une vitalité extraordinaire chez un homme de cet âge. Mais les oreilles étaient pâles, et vers le haut se terminaient en pointe ; le menton, large, annonçait, lui aussi, de la force, et les joues, quoique creuses, étaient fermes. Une pâleur étonnante… ».

 

 

Orlock possède comme le Dracula du roman, un nez aquilin, un front haut, des sourcils broussailleux et des oreilles pointues. Ses particularités physiques sont d’ailleurs accentuées par le maquillage. Il n’a en revanche pas de cheveux ni de moustache et des incisives pointues à la place des canines. Le comte Orlock est pâle, rigide, le crâne chauve et déformé, tel un cadavre aux mains décharnées et au regard obnubilé, cerclé par un contour de suie.

 

 

Il craint la lumière du jour, susceptible de le terrasser. Cette particularité qui n’est pas présente dans le roman (puisque Dracula se promène en plein jour dans les rues de Londres) deviendra récurrente dans les films et les œuvres sur Dracula, et sur les vampires en général. Elle deviendra même une caractéristique du personnage fictif du vampire.

 

 

Le vampire de Murnau est très différent du personnage de Dracula tel qu’il sera représenté dans les futures adaptations filmées, notamment le Dracula de 1931, incarné par Bela Lugosi. Dans cette adaptation, le comte Dracula devient un homme élégant, un être au charme mystérieux et raffiné ; il porte une cape noire, un habit de soirée et ses cheveux sont plaqués sur la tête. Cette incarnation va faire référence pour le cinéma et l’imagerie populaire. Tous les futurs interprètes du personnage, Christopher Lee ou Frank Langella s’inspireront du personnage joué par Bela Lugosi.

Dracula personnage de roman et de cinéma

Dracula est, avant tout, un roman épistolaire de l’écrivain anglais Bram Stoker publié en 1897. Il raconte l’histoire du comte Dracula, un vampire immortel qui se repaît du sang de ses victimes et peut les transformer à leur tour en créature démoniaque. La complexité du personnage de Dracula renouvelée par des thèmes modernes chers à la psychanalyse comme l’association d’Eros et de Thanatos – le sexe, la mort et le désir de la vie éternelle – ou le questionnement des limites (entre la bête et l’homme, entre la vie et la mort ou entre le bien et le mal) en feront un mythe moderne que le cinéma contribuera à amplifier par le biais de multiples adaptations.

 

 

Dracula personnage du roman de Bram Stoker

Dracula n’est pas le premier roman fantastique à exploiter le thème du vampire. Il marque pourtant une étape cruciale dans la littérature fantastique, et en particulier celle abordant le thème des vampires, le succès du livre et la popularité du personnage l’attestent encore aujourd’hui. Plus que le sens du récit et la maîtrise du suspense de Bram Stoker, c’est la personnalité de son personnage principal qui fonde le mythe. Le comte Dracula, au-delà de la créature d’épouvante aux pouvoirs surnaturels, est avant tout un être humain damné, un non-mort, et c’est cette dimension complexe qui assure son charme.

En effet, Dracula est un monstre mais est aussi un réprouvé, un rejeté de Dieu, une personne à craindre mais aussi à plaindre. Mina Harker exhorte ses compagnons à éprouver à son endroit non de la haine mais de la pitié, ce qui n’exclut évidemment pas de la détermination pour s’en débarrasser.

« Mais ce n’est pas une œuvre de haine. Le pauvre être qui a causé toute cette souffrance est le plus malheureux de tous. Songez quelle sera sa joie à lui aussi quand, son double malfaisant étant détruit, la meilleure part de lui-même survivra, son âme immortelle. Vous devez avoir pitié de lui aussi, sans que cela empêche vos mains de le faire disparaître de ce monde. » Bram Stoker, Dracula, chapitre 23.

Le récit se joue donc entre l’Angleterre et la Transylvanie au XIXe siècle, notamment dans un château retiré des Carpates. Se fondant sur des récits mythologiques, Bram Stoker crée le personnage du comte Dracula, un vampire aristocratique à la fois monstrueux et raffiné. La première partie du livre, qui se déroule dans le château du comte, est magistralement teintée d’une atmosphère étrange et sinistre.

Le récit est épistolaire et est composé de fragments des journaux intimes et lettres des protagonistes, ainsi que d’articles de journaux. Des passages ont été retranscrits alors que ce sont des passages enregistrés au phonographe. C’est donc un récit à la première personne mais qui épouse plusieurs points de vue, excepté celui du comte.

Dracula œuvre de fictions cinématographiques

Si certains films adaptent l’œuvre de Bram Stoker plus ou moins fidèlement ainsi que l’adaptation théâtrale d’Hamilton Dean, d’autres modifient l’intrigue et les caractéristiques des personnages, y compris leurs noms. Il existe environ 200 films dans lesquels Dracula tient le rôle principal, ce qui en fait une des figures cinématographiques les plus populaires. Les adaptations du roman sont :

 

 

Dracula

La première adaptation du livre de Bram Stoker, et le premier film traitant du thème du vampire, s’intitule « Drakula halàla » de Karoly Lajthav en 1921, avec Margit Lux et Paul Askonas. Deux années avant le film de Murnau, ce film hongrois, réalisé sans l’autorisation de la veuve de Bram Stoker, a été tout d’abord considéré comme étant la première adaptation cinématographique du roman. Des découvertes plus récentes semblent indiquer que ce n’est pas le cas. Ce film est aujourd’hui considéré comme perdu.

Nosferatu de Murnau

« Nosferatu le vampire » réalisé par Friedrich Murnau en 1922 est la deuxième adaptation du roman de Stoker. Ce premier Nosferatu a fait l’objet d’un remake spécifique : Nosferatu, fantôme de la nuit » de Werner Herzog en 1979 avec Klaus Kinski, Isabelle Adjani et Bruno Ganz.

Dracula de Tod Browning

Dracula est un film de 1931 réalisé par Tod Browning, avec Bela Lugosi qui joue le rôle de Dracula. Le scénario du film de Browning n’est pas une adaptation directe du roman de Stoker, mais de la pièce d’Hamilton, dans laquelle Lugosi (Dracula) et Edward Van Sloan (Van Helsing) jouaient déjà. Gregory A. Waller souligne cependant que dans l’adaptation cinématographique ont été ajoutées des scènes de Stoker qui avaient été omises par Deane pour des raisons pratiques essentiellement, le voyage en mer, par exemple.

 

 

Le cauchemar de Dracula

En 1958, Terence Fisher réalise « Le Cauchemar de Dracula » avec Christopher Lee l’un des acteurs les plus représentatifs du rôle de Dracula. Le film présente une version plus gothique de l’œuvre. Hammer Films produisit ensuite une dizaine de films autour du personnage de Dracula, tous interprétés par Christopher Lee.

 

 

Dracula et ses femmes vampires

« Dracula et ses femmes vampires » réalisé en 1973 par Dan Curtis avec Jack Palance et Simon Ward. C’est cette adaptation qui mettra pour la première fois en avant l’idée du vampire confronté à la réincarnation de son amour perdu, qui sera exploité plus tard dans l’œuvre de Francis Ford Coppola.

 

 

Dracula de John Badham

Dracula réalisé en 1979 par John Badham avec Frank Langella et Laurence Olivier. Cette version prend comme point de départ le voyage de Dracula vers les côtes anglaises à bord du Demeter, épisode qui se situe initialement au centre de l’intrigue. Alors qu’elle se promène sur la plage, Mina, qui est ici la fille de Van Helsing, découvre le corps inconscient du comte, unique survivant du naufrage du bateau. Dracula sera ensuite introduit auprès des personnes de son entourage : Le Dr Seward, ami de son père, Lucy Seward et son fiancé, Jonathan Harker. Mina, puis Lucy, succomberont rapidement aux charmes du comte. Le Dracula qui est ici mis en scène est très sensuel et distingué ; il fait par ailleurs preuve d’une certaine humanité puisqu’il lui est possible de tomber amoureux. L’action est déplacée dans les années 1910, ce qui accentue encore le décalage entre une Angleterre résolument moderne et les valeurs passéistes que porte le comte.

Dracula de Francis Ford Coppola

En 1992, sort le film de Francis Ford Coppola, sur un scénario de James V. Hart : Dracula (Bram Stoker’s Dracula) avec dans le rôle de Dracula Gary Oldman, accompagné de Winona Ryder, Keanu Reeves et Anthony Hopkins. Ce film, qui est sans doute celui qui suit le plus près l’œuvre de Stoker, prend toutefois, de nombreuses libertés avec le roman initial.

Dracula Untold

Dracula Untold, réalisé en 2014 par Gary Shore avec dans le rôle principal Luke Evans retrace l’histoire du prince Vlad III et de son épouse Mirena, juste avant qu’il ne devienne Vampire. Le scénario de Matt Sazama et Burk Sharpless souligne la dualité entre le bien et le mal, un héros qui devient démon pour sauver les siens.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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20 octobre 2021 3 20 /10 /octobre /2021 23:35

Halloween

La conspiration du sorcier

Halloween une fête pour les petits enfants vraiment ?

 

 

« Chaque pas dans la vie est un pas vers la mort. » Casimir Delavigne, Louis XI.

« Et toi, divine mort, où tout rentre et s’efface, accueille tes enfants dans ton ciel étoilé ; affranchis-nous du temps, du nombre et de l’espace, et rends-nous le repos que la vie a troublé. » Leconte de Lisle, Poèmes antiques.

« L’image touchante de la mort ne s’offre pas à l’homme sage comme un objet d’effroi, ni à l’homme pieux comme un dernier terme. Elle ramène le premier à l’étude de la vie, et lui apprend à en profiter ; elle présente au second un avenir de bonheur, elle lui donne l’espérance au milieu de ses jours de tristesse. Pour l’un et pour l’autre, la mort devient la vie. » Goethe.

« La mort peut bien t’oublier un jour, mais elle ne t’oubliera pas le lendemain. » Les Mille et Une Nuits.

Halloween est une fête folklorique et païenne traditionnelle originaire des îles Anglo-Celtes célébrée dans la soirée du 31 octobre, veille de la fête catholique de la Toussaint. Son nom est une contraction de l’anglais All Hallows-Even qui signifie the eve of All Hallows’Day en anglais contemporain et peut se traduire comme « la veille de tous les saints » ou «  la veillée de la Toussaint ».

En dépit de son nom d’origine chrétienne et anglaise, de multiples sources présentent Halloween comme un héritage de la fête religieuse de Samaïn qui était célébrée au début de l’automne par les Celtes et constituait pour eux une sorte de fête du Nouvel An. Halloween est ainsi connue jusqu’à nos jours sous le nom de Oiche Shamhna en gaélique. Elle est une fête très populaire en Irlande, en Ecosse et au Pays de Galles où l’on trouve de nombreux témoignages historiques de son existence. Jack-o’-lantern, la lanterne emblématique d’Halloween, est elle-même issue d’une légende irlandaise.

C’est à partir du VIIIe siècle, sous le pape Grégoire III (731-741) et, au siècle suivant, sous le pape Grégoire IV (827-844), que l’Eglise catholique déplaça la fête de la Toussaint, qui pouvait se fêter jusqu’alors après Pâques ou après la Pentecôte, à la date du 1er novembre. Il fut avancé que l’Eglise chercha à recouvrir la fête du Samaïn. L’Eglise célébrait une fête des martyrs après Pâques et lorsque la fête de la Toussaint fut instituée, celle de Samaïn était tombée en désuétude. Les Celtes possédant un calendrier lunaire, la fête du Samaïn ne pouvait tomber à échéance régulière sur le 1er novembre. La nature même de ces deux fêtes étant radicalement différentes, on ne voit guère ce qui peut rapprocher la fête des saints des Catholiques, de la fête celtique du Samaïn et  de son imagerie avec le Sidh.

La fête d’Halloween est introduite aux Etats-Unis et au Canada après l’arrivée massive d’émigrants irlandais et écossais notamment à la suite de la Grande famine en Irlande (1845-1851). Elle y gagne en popularité à partir des années 1920 et c’est sur le nouveau continent qu’apparaissent les lanternes Jack-o’-Lanterns confectionnées à partir de citrouilles, d’origine locale, en remplacement des navets utilisés en Europe.

La fête de Samaïn, une origine celtique

La plupart des historiens considèrent la fête d’Halloween comme une fête folklorique païenne traditionnelle comme un héritage de Samaïn, une fête qui était célébrée au début de l’automne par les Celtes et constituait pour eux une sorte de fête du Nouvel An. Pendant la protohistoire celtique, existait une fête religieuse Samaïn en Irlande, Samonios en Gaule, qui se déroulait sous l’autorité des druides, pendant sept jours : le jour de Samaïn lui-même et trois jours avant et trois jours après. « C’est une fête de fermeture de l’année écoulée et d’ouverture de l’année à venir. Dans le calendrier celtique basé sur le cycle solaire, la date de Samaïn correspondait à une des quatre périodes intermédiaires entre les deux équinoxes et les deux solstices, (le vrai nouvel an correspondant au solstice d’hiver). »

 

 

Le temps de Samaïn est celui du Sidh (l’autre monde) brièvement confondu avec celui de l’humanité. La nuit de Samaïn n’appartient ni à l’année qui se termine, ni à celle qui commence. La fête est une période close en dehors du temps. C’est la période où les barrières sont baissées et où, selon les croyances de l’époque, l’irréel côtoie le réel et où les hommes peuvent communiquer avec les gens de l’autre monde (les démons ou des dieux des Tuatha Dé Danann). Lors de cette nuit de fermeture, les Gaulois avaient l’habitude de pratiquer une cérémonie afin de s’assurer que la nouvelle année à venir se déroulerait sereinement. Par tradition, ils éteignaient le feu de cheminée dans leur foyer puis se rassemblaient en cercle autour du feu sacré de l’autel, où le feu était aussi étouffé pour éviter l’intrusion d’esprits maléfiques dans le village. Après la cérémonie, chaque foyer recevait des braises encore chaudes pour rallumer le feu dans leurs maisons pour ainsi protéger la famille des dangers de l’année à venir. Les fêtes druidiques ont disparu d’Irlande au Ve siècle, avec l’arrivée d’une nouvelle religion, le christianisme.

Halloween est aujourd’hui célébrée principalement en Irlande, en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis, au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande et, dans une moindre mesure, dans de nombreux autres pays. La tradition moderne la plus connue veut que les enfants se déguisent avec des costumes effrayants à l’image des fantômes, des sorcières, des monstres ou des vampires et aillent sonner aux portes en demandant des friandises avec la formule : « des bonbons ou un sort ! ». La soirée peut également être marquée par des feux de joie, des feux d’artifice, des jeux d’enfants, la lecture de contes horrifiques ou de poèmes d’Halloween, la diffusion de films d’horreurs mais aussi la tenue de messes anticipées de la Toussaint dans sa version strictement religieuse.

Halloween, la Toussaint et la fête des morts

La fête catholique de la Toussaint tire son origine d’une commémoration de tous les martyrs instituée à Rome en 613 par le pape Boniface IV ; à l’origine elle était fêtée le 13 mai, jour anniversaire de la dédicace du Panthéon. Elle remplaçait la fête des Lemuria de la Rome antique célébrée à cette date pour conjurer les spectres malfaisants.

 

 

Au IXe siècle, la fête fut étendue à tous les saints par le pape Grégoire IV et décalée au 1er novembre. Les historiens considèrent généralement que cette date a été choisie pour christianiser la fête de Samaïn. Certains spécialistes considèrent toutefois les festivités de la « veille de la Toussaint » comme devant exclusivement être rattachées à la tradition chrétienne et récusent toute origine païenne à ces célébrations.

La célébration de la Toussaint fut suivie localement d’un office des morts dès le IXe siècle. En 998, les moines de Cluny instituèrent une fête des trépassés le 2 novembre, qui entra dans la liturgie romaine comme commémoration des fidèles défunts au XIII siècle. Le culte des morts resta cependant massivement célébré le 1er novembre. Selon une croyance bretonne qui aurait perduré jusqu’au début du XXe siècle, les âmes des morts revenaient à la veille de la Toussaint et lors des nuits de solstice. Avant d’aller se coucher, on leur laissait de la nourriture sur la table et une bûche allumée dans le feu pour qu’ils puissent se chauffer. Cette croyance n’étant pas chrétienne, elle pourrait être une survivance de Samaïn.

La mythologie de Samaïn

Samaïn est la première des quatre grandes fêtes religieuses de l’année celtique protohistorique, fêtée aux environs de notre 1er novembre. C’est aussi le nom de la fête qui correspond à peu près au Halloween anglo-saxon, et au mois de novembre dans les langues gaéliques. Elle vient après Lugnasad et avant Imbolc et marque le début de la période sombre pour les Gaels, comme pour les anciens Celtes et leurs ancêtres indo-européens, l’année était composée de deux saisons fondamentales : une saison sombre et une saison claire. C’est une fête de transition – le passage d’une année à l’autre – et d’ouverture vers l’Autre Monde, celui des dieux et des mânes. Elle est mentionnée dans de nombreux récits épiques irlandais car, par définition, elle est propice aux événements magiques et mythiques. Son importance chez les Celtes est incontestable, puisqu’on la retrouve en Gaule sous la mention Tri nox Samoni (les trois nuits de Samoni), durant le mois de Samonios (c’est-à-dire le mois de novembre), sur le calendrier de Coligny.

L’origine de Samaïn

On pense qu’à l’origine, Samaïn est une fête où la société celtique se rassemble à l’occasion de banquets rituels ; son caractère sacré la place sous l’autorité de la classe sacerdotale des druides et la présidence du roi. Selon l’idéologie tripartite des indo-européens définie par Georges Dumézil, les trois classes de la société (sacerdotale, guerrière et artisanale) sont associées aux cérémonies. Cette assemblée religieuse et sociale a progressivement disparu avec le christianisme, mais elle reste attestée jusqu’au XIIe siècle dans la littérature médiévale irlandaise. En effet, bien que la mythologie gaélique soit issue de la tradition orale, elle a été consignée par les moines irlandais du Moyen-âge, qui en ont profité pour la christianiser partiellement. Leurs écrits peuvent néanmoins nous donner beaucoup d’indices sur la nature de la fête de Samhain et sur la manière dont elle était célébrée chez les Celtes d’Irlande.

 

 

La mythologie irlandaise nous apprend que Samhain est l’une des quatre fêtes de l’année. La Tochmarc Emire, un récit du Xe siècle qui raconte comme Cùchulainn fit la cour à Emer, présente Samaïn comme le premier des « quatre jours ». Chez les Gaels, Samaïn était associé à l’assemblée de Tara, qui se tenait pendant une semaine aux alentours du 1er novembre actuel. La dernière fois que cette très vieille assemblée se serait tenue aurait été en 560. Toutefois, les motifs de Samaïn, comme ceux de l’assemblée de Tara, restent difficiles à évaluer. Selon les sources écrites, il peut s’agir de voter des nouvelles lois, de rendre la justice, de célébrer la fin des moissons, de célébrer des mariages officiels.

La notion de passage se retrouve aussi à ce moment, entre le monde des humains et l’Autre Monde résidences des dieux (le Sidh). On a relaté l’aventure de héros, ou d’hommes exceptionnels, qui se rendent dans le Sidh, et y passent quelques heures agréables. Le temps des dieux n’étant pas le même, leur séjour est, en fait, de plusieurs siècles et quand ils reviennent chez eux, ils ne peuvent vivre puisqu’ils sont morts depuis longtemps.

La fête elle-même dure une semaine pleine : trois jours avant la pleine lune de novembre, le jour de la pleine lune lui-même, puis trois jours après. Soit sept jours en tout, on retrouve une fois encore la symbolique du chiffre 7 (comme nous l’avons vu au sujet de l’article sur le « Schéma de la Création Divine »). Pour les Celtes, cette période est entre parenthèses dans l’année : elle n’appartient ni à celle qui s’achève ni à celle qui va commencer ; c’est une durée autonome, hors du temps, « un intervalle de non-temps ». C’est le passage de la saison claire à la saison sombre, qui marque une rupture dans la vie quotidienne : la fin des combats pour les guerriers et la fin des travaux agraires pour les agriculteurs.

Halloween, la conspiration du sorcier

Halloween 3 : le sang du sorcier. L’intrigue du troisième volet de la saga Halloween est centré sur une enquête menée par le docteur Daniel Challis et Ellie Grimbridge sur les activités d’un mystérieux fabricant de masques d’Halloween, Conal Cochran.

 

 

Un homme, avec un masque d’Halloween à la main, est amené à l’hôpital après avoir été poursuivi par de mystérieuses personnes. Quelques heures plus tard, il est violemment assassiné dans son lit d’hôpital. Le docteur Daniel Challis, qui s’occupait du patient avant sa mort, tente de rattraper le meurtrier. Mais celui-ci est stupéfait de voir l’homme se suicider dans sa voiture. Intrigué, il va alors mener son enquête, avec l’aide d’Ellie Grimbridge, la fille de l’homme assassiné, pour découvrir les vraies raisons du meurtre. Ils font alors le trajet jusqu’à la ville de Santa Mira, où les masques d’Halloween sont fabriqués. Sur place, ils vont découvrir les plans diaboliques de Conal Cochran, le fabricant de jouets.

Le docteur Daniel Challis et Ellie Grimbridge se mettent à enquêter sur la société qui semble être à l’origine de cette affaire. Dans l’hôtel où ils résident, une femme est emmenée par une ambulance après avoir eu un mystérieux accident avec un masque d’Halloween. Le lendemain, ils sont conviés à une visite guidée dans l’usine de fabrication de jouets avec la famille Kupfer. Ils découvrent alors l’existence d’un entrepôt surveillé par d’étranges hommes en costumes. Peu de temps après, Ellie est enlevée par ces derniers. Daniel Challis se rend alors dans l’usine et découvre que les hommes en costumes sont en fait des androïdes créés par le mystérieux Conal Cochran. Bien que Challis réussisse à neutraliser l’un de ces androïdes, il est capturé par d’autres plus nombreux.

Conal Cochran lui révèle alors son plan diabolique qui consiste à tuer un bon nombre de personnes. Les masques qu’il vend, destinés aux enfants, sont équipés de badges, et ces derniers réagissent à un signal envoyé par une publicité Silver Shamrock qui sera diffusée la nuit d’Halloween à la télévision, encourageant tous les enfants à mettre les masques. Le badge envoie un laser qui fait littéralement fondre le crâne de l’enfant et cause aussi la mort atroce de son entourage. Cochran lui fait une démonstration avec la famille Kupfer, enfermée dans une pièce. Challis constate que des serpents, araignées et autres insectes jaillissent de la tête de l’enfant.

 

Rentrez chez vous, il est bientôt l'heure les enfants, l'heure de votre programme préféré sur Halloween !!!

 

 

Plus tard, Daniel Challis réussit à s’échapper de la cellule où l’avait enfermé Cochran et en profite pour sauver Ellie. Il veut tout faire pour empêcher que ce plan diabolique ne se réalise, d’autant plus que ses propres enfants ont déjà acheté ces masques Silver Shamrock. Pour ça, il se rend dans la pièce principale de l’usine, avec la pierre magique qui servit à fabriquer les badges. Il trouve alors des cartons remplis de badges et les lance sur Cochran et les techniciens. La musique de la publicité Silver Shamrock résonne alors et ils sont tous tuées par les rayons laser. L’usine de fabrication de jouets prend alors feu… Challis découvre ensuite qu’Ellie était en réalité un androïde qui avait pris la place de la jeune femme. Il réussit à s’en débarrasser.

Daniel Challis se rend ensuite dans une station-service, le soir d’Halloween, à quelques minutes de la diffusion du clip meurtrier. Il appelle les trois chaînes de télévision ayant accepté de diffuser le clip vidéo, en leur demandant de ne pas le montrer. Deux des trois chaînes interrompent leurs programmes alors que le clip a démarré, mais le troisième refuse. Le film se termine sur le clip qui clignote (la citrouille d’Halloween est le signal) et sur le hurlement au téléphone de Challis : « Coupez, coupez, coupez !!! »

Les ressorts de l’imaginaire complotiste américain

Dans le film de John Carpenter « Halloween 3 : le sang du sorcier » nous retrouvons les éléments-clés du complotisme chers à nos amis américains, à savoir un mystérieux fabriquant de jouets, de masques d’Halloween, Conal Cochran qui avec l’aide de ses serviteurs, des androïdes à l’aspect extérieur d’hommes, se proposent de contrôler et de diriger le monde, et d’accomplir leurs sinistres desseins en programmant la mort de citoyens américains lors de la diffusion d’un message publicitaire sur la fête d’Halloween à la télévision, dans lequel un mystérieux signal va déclencher la mort des personnes possédant un masque de la société Silver Shamrock de Conal Cochran.

 

 

On retrouve là plusieurs éléments dans l’imaginaire complotiste :

1-Un mystérieux personnage supposé être un magicien, un sorcier et un maître du monde présent ou en devenir : Conal Cochran.

2-Des serviteurs, des hommes-machines, qui se révèlent être, non des hommes, mais des androïdes au service du magicien, du maître du monde.

3-Une usine de fabrication de jouets qui sert de couverture à une base souterraine où se dissimule une équipe de techniciens travaillant pour Conal Cochran sur un projet mystérieux, tout en faisant des recherches sur les mythes et les légendes du passé comme les pierres de Stonehenge. Le rapport avec des savoirs mystérieux et anciens qui restent dissimuler par des dirigeants secrets se fait alors pressentir, notamment avec le pouvoir de la magie.

4-Ces hommes-machines, ces androïdes ou robots, préfigurent le devenir programmé par une élite mondiale secrète, à savoir transformer les êtres humains en machines, en esclaves robotisés au service des Maîtres du Monde.

5-Les rituels de magies noires représentés par le plan de Conal Cochran avec ses masques d’Halloween disposant d’un badge électronique relié à un signal laser qui déclenche la mort des sujets possédant ces masques. On observe là des rituels de magies sacrificiels en vue de programmer la naissance d’un nouveau monde, en sacrifiant l’ancien monde qui doit disparaître. On remarquera l’allusion aux rituels sacrificiels à caractère satanique perpétrés par une élite secrète, les Maîtres du Monde, le Gouvernement Mondial ou le Nouvel Ordre Mondial.

6-La ville de Santa Mira et l’usine de fabrication des masques d’Halloween sont sous surveillance électronique par des caméras vidéos présentent à tous les coins de la ville, et dans toutes les pièces de l’usine de Conal Cochran. Là aussi, nous retrouvons les éléments-clés liés à la surveillance électronique des citoyens par une élite mondialiste qui souhaite mettre la population humaine sous surveillance et sous contrôle.

7-Enfin, l’émergence d’un nouveau monde et d’une nouvelle race d’hommes au service d’une élite, d’une fraternité occulte, et le changement du cours de l’histoire humaine.

Nous vivons une époque où l’imaginaire du complot mondial semble se confondre avec l’imaginaire politique tel qu’il s’est mondialisé. Les guerres et les conflits sont toujours perçus à travers le prisme du complot, qui présuppose l’existence de forces occultes. On ne saurait s’étonner de constater que la croyance au complot donne l’illusion d’expliquer ou de pouvoir expliquer certains événements historiques paraissant incompréhensibles. Croire au complot, c’est se mettre en mesure de donner un sens à ce qui en paraît dépourvu, et qui inquiète. Or, avec l’évolution chaotique liée à la mondialisation, l’obscurité semble s’accroître avec l’incertitude, laquelle provoque le désarroi et nourrit des angoisses. D’où l’intensification de la demande de sens, et l’extension du domaine du complot.

 

Face aux dangers des nouvelles technologies électroniques et numériques, à l’Intelligence Artificielle (I.A.), la robotique, les OGM, le transhumanisme, les manipulations génétiques et du climat de la planète. L’imaginaire complotiste surgit et questionne : « A qui profite le crime ? ». La réponse est bien connue : les « multinationales », c’est-à-dire les artisans et les bénéficiaires de la « mondialisation libérale ». Ces derniers sont censés faire partie du cercle sans frontières des élites dirigeantes, dont le noyau dur constitue une sorte de gouvernement secret d’extension planétaire. Les nouveaux Maîtres du Monde qui désirent instaurer, par diverses manœuvre secrètes, un « Nouvel Ordre Mondial » ou encore un « Gouvernement Mondial ». Ils sont dénoncés comme des « manipulateurs » ou des « conspirateurs », censés appartenir à des « sociétés secrètes » faisant d’étranges et d’inquiétants rituels de magies sacrificiels dans le but de faire vivre leurs projets démoniaques.

 

 

Bonnes Fêtes d'Halloween chers (ères) amis (es) !!!

 

 

 

 

 

 

 

Coupez l'émission, coupez, coupez, coupez, cooooopez !!!

 

 

 

 

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10 octobre 2021 7 10 /10 /octobre /2021 23:08

Le Capitalisme

Grandeur et décadence de l'Empire américain

Rêves, illusions et spectacle hallucinatoire de la marchandise

 

 

« Il ne serait pas meilleur pour les hommes que tous leurs vœux soient accomplis. » Héraclite, Fragments sur la nature de l’être.

« Rien n’est permanent, sauf le changement. Seul le changement est éternel. » Héraclite, Maximes.

« Ce qui attend les hommes après la mort, ce n’est ni ce qu’ils espèrent ni ce qu’ils croient. » Héraclite, Fragments sur la nature de l’être.

« La sagesse suprême est d’avoir des rêves assez grands pour ne pas les perdre du regard tandis qu’on les poursuit. » William Faulkner, Sartoris.

« Aucune guerre n’est jamais remportée. Elles ne sont même jamais combattues. Le champ de bataille ne fait que révéler à l’homme sa folie et son désespoir. » William Faulkner, Le bruit et la fureur, 1929.

« Si l’argent est le lien qui me lie à la vie humaine, qui lie à moi la société et qui me lie à la nature et à l’homme, l’argent n’est-il pas le lien de tous les liens ? Ne peut-il pas dénouer et nouer tous les liens ? N’est-il pas non plus de ce fait le moyen universel de déchirement et de séparation ? Il est la vraie monnaie divisionnaire, comme le vrai moyen d’union, la force chimique et universelle de l’aliénation sociale. » Karl Marx, Manuscrit de 1844.

L’histoire économique des Etats-Unis trouve ses origines à l’époque coloniale, lorsque les Européens s’installèrent en Amérique du Nord à partir du XVIe siècle. Les treize colonies anglaises de la côte orientale virent leur économie se développer et la révolution américaine contre la métropole eut des causes économiques. Elle entraîna l’indépendance des Etats-Unis en 1783 et la formation d’une nation ainsi que d’un marché prospère. L’histoire économique du XIXe siècle fut marquée par l’ascension du pays comme puissance productive et commerciale. Les Etats-Unis s’industrialisèrent rapidement grâce à une main d’œuvre abondante, à des ressources naturelles importantes et variées.

La liberté d’entreprendre et le capitalisme américain ont été des facteurs déterminants de l’accession du pays aux premières places de l’économie mondiale. Ces succès alimentèrent une immigration importante. Au XXe siècle, l’économie américaine fut renforcée par les conséquences de la Première Guerre mondiale puis ébranlée par la crise financière de 1929. En dépit du New Deal mis en place par l’administration Roosevelt, le pays ne sortit du marasme qu’avec la Seconde Guerre mondiale dont il sort grand vainqueur, et renforça son image de leadership mondial du capitalisme et de l’économie de marché libérale. La domination économique américaine est alors à son apogée. Dès la deuxième moitié du XXe siècle, cette hégémonie est contestée par de nouvelles puissances telles que le Japon et l’Union Européenne. A partir des années 1970, l’économie américaine profite mais aussi subit la mondialisation : de nouveaux concurrents apparaissent au début du XXIe siècle : Chine, Inde, Russie, etc.

L’histoire du capitalisme

Depuis le XIXe siècle, la question du commencement de l’histoire du capitalisme, de ses origines, de sa consistance et surtout de son évolution est la source de nombreux débats sociologiques, économiques et historiques majeurs.

Les tenants du matérialisme historique y voient le système de production, symbole du triomphe de la bourgeoisie sur la noblesse. Système qui est à la fois une étape et un âge dans l’histoire de l’humanité, caractérisé par la lutte des classes, et la perspective à terme de son renversement inéluctable sous l’action du prolétariat.

Des sociologues allemands du début du XXe siècle, tels Werner Sombart ou Max Weber, y voient la caractérisation d’un état institutionnel de la société globale et expliquent son émergence par des données culturelles et religieuses.

 

 

Des historiens, tels Fernand Braudel, font remonter les racines du capitalisme au Moyen-âge et illustrent l’évolution de cette « civilisation » dans le temps long de l’histoire. Le capitalisme dériverait de la pratique du « commerce au long cours » où des négociants financiers inventent l’association financière pour monter des expéditions lointaines susceptibles de ramener des marchandises très recherchées.

Des économistes, tels Joseph Schumpeter, soutiennent que les caractéristiques essentielles du capitalisme existaient déjà dans le monde gréco-romain.

L’histoire et la représentation du capitalisme soulèvent de nombreuses discussions, sujets de confrontation entre les grands courants politiques, économiques et historiques : impérialisme, colonialisme, inégalités, crises économiques mais aussi démocratie, liberté, développement, richesse et abondance sont autant de termes et concepts maniés par les auteurs.

A la fin du XXe siècle, l’effondrement du bloc soviétique et de son système économique qui, depuis la Révolution russe de 1917, avait concerné une part importante de la population humaine, marque un nouvel âge du capitalisme ainsi qu’une réorientation de sa critique, en l’absence d’existence d’un système alternatif le menaçant. Des économistes comme Thomas Piketty soutiennent cette théorie. Selon ce dernier : « La croissance moderne et la diffusion des connaissances ont permis d’éviter l’apocalypse marxiste, mais n’ont pas modifié les structures profondes du capital et des inégalités, ou tout du moins pas autant qu’on a pu l’imaginer dans les décennies optimistes de l’après-Seconde Guerre mondiale ».

La philosophie d’Adam Smith

Le philosophe et l’économiste Adam Smith (1723-1790) est l’une des principales figures à l’origine des idées moderne sur le capitalisme, l’état, la division du travail, le libre-échange et le marché libéral. Il est l’auteur de deux ouvrages classiques : Théories des sentiments moraux et Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, respectivement publiés en 1759 et 1776. Il reste dans l’histoire comme l’un des pères des sciences économiques modernes. Professeur de philosophie morale à l’université de Glasgow, Adam Smith consacre dix années de sa vie à « La richesse des nations » qui inspire les grands économistes, ceux que Karl Marx appellera les « classiques » et qui poseront les grands principes du libéralisme économique. La plupart des économistes le considèrent comme « le père de l’économie politique » ; pourtant, certains, comme Joseph Schumpeter ou Murray Rothbard l’ont défini comme un auteur mineur, considérant que son œuvre comportait peu d’idées originales et que ces dernières étaient pour beaucoup fausses.

 

 

Les convictions religieuses d’Adam Smith ne sont pas connues avec précision, et il est souvent considéré comme un déiste à l’image de Voltaire qu’il admirait. Ronald Coase a critiqué cette thèse et note que, bien que Smith fasse référence à un « Grand Architecte de l’Univers », à la Nature, ou encore à la fameuse « main invisible », il ne parle que très rarement de Dieu, et surtout il explique que les merveilles de la nature attisent la curiosité des hommes, et que la superstition est la façon la plus immédiate de satisfaire cette curiosité, mais qu’à terme, elle laisse la place à des explications plus usuelles et donc plus satisfaisantes que celles de l’intervention des dieux.

Bien qu’il soit connu de son vivant pour ses œuvres de philosophie, la postérité a surtout retenu son talent d’économiste. Les sciences économiques l’ont très rapidement élevé au rang de fondateur. Le courant libéral, autant économique que politique, en a fait un de ses auteurs de référence. Qu’y a-t-il dans « La richesse des nations » qui justifie une telle postérité ? Paradoxalement, Adam Smith n’a apporté presque aucune idée nouvelle à la philosophie et à l’économie dans son ouvrage. La plupart de ces idées ont déjà été approchées par des philosophes et des économistes comme François Quesnay, John Locke, William Petty, David Hume (avec qui il entretenait des relations amicales), Turgot ou encore Richard Cantillon. La Richesse des nations mentionne plus d’une centaine d’auteurs auxquels sont empruntées les différentes analyses.

Ce qui donne toute sa valeur à l’œuvre de Smith n’est donc pas son originalité, mais la synthèse de la plupart des idées économiques pertinentes de son époque. La plupart des auteurs qui l’on précédé ont développé des idées brillantes, mais distinctes de tout système global cohérent, et souvent associées à d’autres conceptions économiques beaucoup moins pertinentes. Adam Smith corrige les erreurs a posteriori évidentes des auteurs qui l’ont précédé, il approfondit leurs idées et les lie entre elles pour tisser une compilation cohérente. Son mode de pensée repose souvent sur le principe suivant : pour Smith ce qui est sage pour le chef de famille ne peut pas être une folie dans la gestion d’un empire.

Avant Smith, les économistes avaient proposé deux grandes définitions de la richesse. Smith reprend, dans le Livre IV de la Richesse des Nations, une critique des mercantilistes que Schumpeter qualifiera « d’inintelligente », à savoir que la richesse est définie par la possession de métaux et de pierres précieuses, car ce sont eux qui permettent de financer les guerres, ce sont eux qui ont une valeur durable dans le temps et reconnue partout. Il s’agit d’une richesse essentiellement princière. « Jamais les mercantilistes n’ont soutenu cela », souligne Schumpeter. Pour les physiocrates, la production agricole est la seule source de richesse, les autres activités n’étant vouées qu’à la transformation de cette richesse première.

 

 

Pour Smith, la richesse de la nation, c’est l’ensemble des produits qui agrémentent la vie de la nation tout entière, c’est-à-dire de toutes les classes et de toutes leurs consommations. L’or et la monnaie ne constituent donc plus la richesse, elles n’ont en elles-mêmes aucune autre utilité que celle d’intermédiaire de l’échange (ainsi naît la notion de la valeur d’échange de la marchandise). Adam Smith rejoint donc la vision de la monnaie proposée par Aristote dans l’Antiquité. Pour lui, l’origine de la richesse est le travail des hommes. Il pose ainsi les bases de la doctrine de la valeur du travail, qui sera pleinement théorisée au siècle suivant par David Ricardo.

Cette richesse, comment est-elle produite, et comment peut-on l’accroître ? En tentant de répondre à cette question, Smith propose une analyse de la croissance économique. Analysant l’économie de son temps, il distingue trois grandes causes de l’enrichissement de la nation : la division du travail, l’accumulation du capital, et la taille du marché. Comme dans la Théorie des sentiments moraux, Smith se demande dans la Richesse des nations comment survit une communauté où chaque individu se préoccupe avant tout de son intérêt égoïste. Il va toutefois avancer une explication nouvelle et différente de celle proposée dans on ouvrage précédent.

En fait, les actions des individus sont coordonnées et rendues complémentaires par le marché et ce qu’il appelle la « main invisible ». Selon Smith, les « lois » du marché, associées au caractère égoïste des agents économiques, conduisent à un résultat inattendu : l’harmonie sociale. La confrontation des intérêts individuels mène naturellement à la concurrence, et cette dernière amène les individus à produire ce dont la société a besoin. En effet, la forte demande provoque l’envolée des prix, cette dernière amène donc naturellement les producteurs avides de profits à produire le bien recherché. L’égoïsme d’un individu seul est nuisible, mais la confrontation des égoïsmes mène à l’intérêt général. Si un producteur tente d’abuser de sa position et fait monter les prix, des dizaines de concurrents tout aussi avides de profit en profiteront pour conquérir le marché en vendant moins cher. La main invisible oriente donc le travail vers l’usage le plus utile à la société car c’est aussi celui qui est le plus rentable. Elle règle avec justesse aussi bien les prix, que les revenus et les quantités produites.

 

 

Adam Smith avance donc l’idée d’un marché « autorégulateur » que n’avaient pas eue les physiocrates. Paradoxalement ce mécanisme, paradigme du libéralisme économique, est très contraignant pour l’individu qui se voit imposer aussi bien son activité que sa rémunération. Il ne s’agit pas de faire ce que l’on veut, car le non-respect des recommandations du marché mène à la ruine. En fait, « l’individu est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n’entre nullement dans ses intentions. »

L’idée que l’économie puisse être régulée par des mécanismes amoraux n’est pas nouvelle. Bernard de Mandeville l’avait déjà fait remarquer dans sa « Fable des Abeilles », où il expliquait comment les vices privées, c’est-à-dire la consommation de richesses, se révélaient être des vertus collectives, susceptibles de stimuler l’activité économique.

On constatera dans cette analyse que le capitalisme, le marché et le libre-échange sont par essence et par nature inégalitaires.

Adam Smith n’est pas pour autant l’apôtre d’un capitalisme sauvage. Le principe du marché tel qu’il le décrit s’applique à l’économie artisanale de son époque. Il en a conscience et dénonce les industriels qui par les ententes et les monopoles tentent de contourner la loi du marché à leur seul profit. Ce n’est donc pas l’Etat qui menace le plus l’économie de marché mais plutôt les industriels, c’est-à-dire les acteurs économiques privés, et il revient à l’autorité souveraine de la nation de s’assurer du respect des règles du marché.

On observera donc la connivence et les intérêts croisés entre le capital, l’état et le marché dans le maintien du système et de l’activité économique pour aboutir à la création de richesse via la notion de la valeur d’échange : marchandise produite contre l’argent. Les flux financiers étant captés par le sommet du système : Grand Capital, Industriels, Banques, Marché Financier, Etats. Le tout alimentant le système en permanence dans un flux continu de productions et d’échanges de biens produits et de circulation d’argent visant à maintenir la servitude des acteurs de la vie économique dans une vision hallucinatoire de la réalité de la marchandise produite devenue la seule réalité indépassable de l’existence.

La servitude de l’être dans la dictature machinique de l’avoir

Dans l’univers du spectacle de l’acquisition de la marchandise, l’homme n’est plus qu’un objet technique du déploiement fonctionnel du hors-nature qui à chaque coin de rue des vastes espaces de la schizophrénie mégapolitaine étend ses monstrueuses tentacules sur tous les désirs devenus bassement machinables. De la biotechnologie de la misère rentable à la révolution numérique de la détresse enluminée, l’absolutisme du mesurable et du quantifiable a rendu toutes les existences malléables dans un monde immobilisé par les cristallisations du gain et de l’avoir et où il n’y a pas d’autre avenir que le futur des stocks d’énergie capitalisable ayant partout gommé ou déformé les traces d’un passé devenu parfaitement illisible.

Le spectacle moderne de la dictature démocratique de la marchandise se révèle comme le règne autocratique de la liberté du marché enfin parvenu à mettre en mouvement la plénitude mondiale de sa logique froide et appropriative. Désormais, chaque être humain ne peut plus se faire connaître que par sa place dans l’économie des richesses narcissiques du détenir, de l’illusoire, du calcul, de l’apparat et de l’avoir. Le XXIe siècle, né du triomphe des perfectionnements totalitaires de la finance occidentale sur les vétustés carcérales du capitalisme soviétique, s’impose  dorénavant planétairement comme abondance fastueuse de la survie dans les galeries marchandes des droits de l’homme commercialisé.

 

 

L’histoire est toujours écrite par les étapes supérieures du spectacle de la marchandise qui justifie ainsi les trajets de fourberie et de massacres qui lui permettent d’évoluer vers son apogée en l’emportant ainsi sur les phases antérieures devenues anachroniques. Dans le spectacle des cauchemars et des répugnances du boniment florissant, c’est une constante nécessité pour le fétichisme de la marchandise que de se composer des épouvantements antérieurs ou externes sans égal qui permettent d’unifier les antagonismes de la société de classe en la distrayant de ses vraies dissensions ainsi déplacées vers d’autres intrigues phénoménales qui camouflent la nature véritable de la misère réelle. La vérité est en contraste total avec ce qu’a l’habitude d’en dire l’Etat et ses multiples appendices de vilenie bornée et de légalité construite. Il suffit pour la débusquer de trouver le chemin où l’on peut renverser les mensonges effrontés derrière lesquels se camoufle la colossale entreprise démocratique des miasmes fétides de la décomposition capitaliste.

Le système marchand de l’illusion démocratique qui a une aversion profonde pour toute pensée vraiment pensante n’éprouve aucune crainte quant à la déférence, la flagornerie, la platitude et la niaiserie constitutives du marché des livres où ne se multiplient exclusivement qu’une infinité d’imbéciles déclinaisons sans vigueur et où ne réside jamais rien d’intéressant pour la cause de l’élévation de l’être puisque l’on n’y trouve que les putrides déchets du spectacle de l’avoir.

En confirmation de ce qu’a montré l’exploration généalogique du Capital, en son fameux morceau consacré à la Loi générale de l’accumulation capitaliste, les espaces marchands les plus développés connaissent aujourd’hui une considérable immigration de peuplement qui substitue peu à peu des populations venues du Sud lointain aux anciens peuplements traditionnellement européens. Les immigrés y constituent là plus que jamais l’armée de réserve du capital théorisée par Marx qui a notamment rapporté cette retentissante : « Remplacer une force supérieure et plus chère par plusieurs forces inférieures et à bon marché, l’homme par la femme, l’adulte par l’adolescent et l’enfant, un Yankee par trois Chinois. Voilà autant de méthodes pour diminuer la demande de travail et en rendre l’offre surabondante, en un mot, pour fabriquer des surnuméraires. »

 

 

Et donc la fabrique des esclaves modernes, serviles, dociles et bon marché sont l’apanage du grand capital où les discours faux et trompeurs des politiques, sous couvert d’humanisme, de droits l’hommisme et d’antiracisme, cachent la réalité de l’asservissement des masses prolétariennes immigrés à la loi du marché du capital du libre-échange de la marchandise.

On ne peut qu’être frappé de voir comment les réseaux sans-papiéristes des bazars humanitaristes et de l’extrême gauche du capital qui s’essayent à trouver dans les immigrés une plèbe clientéliste de substitution servent en fait les intérêts prédominants du patronat en l’aidant ainsi à importer une masse salariale élastique et souple correspondant aux besoins d’obéissance renforcée voulus par la stratégie préventive des états-majors du spectacle de la marchandise. Réseaux mafieux, passeurs d’hommes chosifiés et de chosifications humanisées, économistes, sociologues et démographes de la fausse conscience des esclavages du fétichisme de la loi de la valeur, militants humanitaires du marché de l’humain : tous sont ainsi adeptes de la religion métisse du grand-mélange par lequel le libre-échangisme de la démocratie mondiale s’emploie à ensevelir le passé des luttes de classe radicale de l’hémisphère Nord.

Cette époque de domination totalement réalisée du spectacle marchand s’inscrit comme dislocation toujours plus entretenue des moments et des lieux de vie réorganisés en simples usines de distribution de l’aménagement territorial de la paralysie mentale au profit du mouvement de l’économie totalitaire du libre développement du citoyen mondial à sens unique. Le Capital redessine là la totalité du monde comme sa propre mise en scène de despotisme absolu et sa géographie humaine doit correspondre exclusivement à l’absence historique de tout tumulte subversif. C’est pourquoi, l’espace-temps de l’organisation de la servilité spectaculaire entend se débarrasser de tous les emplacements de mémoire critique de l’ancestrale lutte de classe prolétaire pour les remplacer par des terrains vagues sociaux, ouverts à tous les vents d’une immigration avide d’euphorie marchande.

La dynamique historique de l’avoir qui a détruit les communautés traditionnelles de l’être pour asservir le paysan à l’argent puis pour jeter ce dernier dès lors qu’elle l’avait ruiné sur les routes ouvrières de la concentration urbaine et usinière, se définit d’abord comme tyrannie de l’horreur mercantile en ce qu’elle anéantit toutes les harmonies qui lient le plaisir de l’homme aux rayonnements de la terre et aux jouissances cosmiques de l’homme primordial.

 

 

Pour la dictature démocratique du marché, l’homme n’est rien d’autre qu’une unité asservie de production interchangeable et la seule chose dès lors qui lui importe c’est que le libre prix de l’asservissement au travail soit le plus avantageux possible. La tradition communiste des luttes de classes pour refaire vivre l’être de l’homme contre l’impérialisme du despotisme du quantitatif que celui-ci soit libéral, social-démocrate ou bolchévique, est donc là une réaction radicale à l’opposé de toutes les formes d’aliénation et ce, en premier lieu, contre l’arrachement civilisationnel de la modernité qui coupe les hommes de la souche historique et sensuelle de leur authenticité véridique.

La gauche et l’extrême gauche du Capital en tant qu’avant-garde du progrès de la raison mercantile, sont là les meilleurs serviteurs du melting-pot mondialiste qui aspire à créer cet homme hors-terre, hébété, nomade et vagabond qui n’a plus pour seul repère que les grandes surfaces spectaculaires de la possession, là où l’existence se mesure exclusivement à l’aune des calculs du fétichisme marchand, de l’errance narcissique et du coloriage stupide de la vie fausse.

L’immigration se révèle ici comme une stratégie capitaliste de vaste envergure pernicieuse qui vise fondamentalement à disloquer la spontanéité historique des solidarités prolétaires naturelles en hétérogénéisant le substrat de la réalité du sentir et ressentir ouvriers. De la sorte, l’immigration est toujours l’expression de la contre-révolution du capital car elle permet avant tout de démanteler la combativité ouvrière en désarticulant l’identité de ce qui structure les cohésions et les immanences de l’écosystème de sa longue durée.

L’immigration a été ici une arme particulièrement préjudiciable et corrosive, savamment utilisée par la classe capitaliste, pour diluer et dissiper l’esprit de résistance et de subversion de la classe ouvrière. La gauche et l’extrême gauche du Capital et leur obsession fiévreuse pour l’hystérie immigrationniste ont constitué là l’un des plus grands vecteurs opératoires de ce dont avait besoin le despotisme de la modernisation mercantiliste pour court-circuiter les risques de développement de la lutte des classes.

La pratique économique qui consiste à utiliser lourdement de la main-d’œuvre sans racines rétives et sans réserve récalcitrante a prioritairement pour fonction de casser les reins à toute résistance ouvrière naturelle d’envergure et permet ainsi au capital international de faire circuler sa matière aliénatoire sans risque de révolte majeure. Les représentants de commerce gauchistes de la démocratie de la satisfaction marchande qui ont fait du sans-papier l’icône première de leur logorrhée de rénovation capitaliste constituent donc en fait le bras idéologique armé le plus éminent du MEDEF lequel entend bien éliminer l’insubordination ouvrière et l’héritage communard en liquidant le patrimoine des insoumissions historiques européennes.

 

 

Aujourd’hui, les faunes urbaines de l’économie souterraine qui brûlent rituellement des voitures ne sont pas des enfants d’ouvriers en révolte qui se battent par haine de la marchandise, mais des paumés incultes adorateurs du fric, de ses modes insanes et de toutes ses grossières insipidités. Bien loin d’êtres des persécutés en rupture, ce sont les enfants chéris du système de la discrimination positive de l’anti-subversif, les talismans médiatiques de l’ordre capitaliste à révérer, bref ce que Marx désignait sous le terme de lumpenprolétariat, cette « masse strictement différenciée du prolétariat industriel recrutée dans les bas-fonds, voleurs et criminels de toutes sortes, vivant en marge de la société, des gens sans travail défini, sans foi ni loi » et qui sont bien sûr les meilleurs alliés de l’Etat lorsqu’il s’agit de livrer combat à la véritable désobéissance prolétarienne.

Le Capital a fini par tout confisquer, assimiler et consumer depuis que devenu la seule mémoire autorisée de l’histoire de la raison marchande, il est parvenu à mettre l’humanité hors d’état de nuire à sa propre inhumanisation en faisant notamment disparaître jusqu’à la possibilité même d’un vrai discernement historique, c’est-à-dire d’une compréhension radicale des contradictions qui font le mouvoir du temps qui passe. Le gouvernement du spectacle mondial se montra là en tant qu’horloge directoriale d’un temps immobilisé pour une histoire arrêtée où l’essentiel demeure toujours dissimulé. Il représente là l’activité de centralisation dictatoriale du procès de domination réalisée de la démocratie de la valeur lorsqu’il n’y a plus que le mode de production capitaliste qui existe et qu’ont ainsi disparu toutes les formations pré-capitalistes.

Le chaos institué par le gouvernement mondial de la marchandise

Un rapport officiel des Nations Unies rendu public en octobre 2009 nous apprend que la culture du pavot en Afghanistan entretient, sous l’égide démocratique de l’OTAN, un marché de l’héroïne et de l’opium représentant 65 milliards de dollars par an, qui fournit plus de 15 millions de drogués à travers le monde. Les mixtures en question transitent par les provinces de l’empire du billet vert où commandent notamment les mafias turques et albanaises. Depuis que les talibans qui avaient détruit nombre de champs de pavot ont été remplacés par les mercenaires de l’ordre américain, la culture du trafic a repris de plus belle pour l’enrichissement continu de mystérieux réseaux transnationaux.

Jacob Leon Rubenstein dit Jack Ruby, gestionnaire de boîtes de nuit et de clubs de strip-tease, faisait notoirement partie de la mafia. Il avait de nombreuses connaissances dans les milieux de la pègre et de la police de Dallas. Il abattit fort opportunément Lee Harvey Oswald, l’assassin présumé du président américain John Fitzgerald Kennedy, le 24 novembre 1963, dans les locaux mêmes de la police de Dallas et cela en direct sous les yeux de millions de téléspectateurs. Jacob Leon Rubenstein mourut ensuite durant son procès en appel d’une embolie pulmonaire providentielle consécutive à un cancer survenu fort à propos.

Le pouvoir de l’argent est devenu si énigmatiquement cabalistique qu’après le meurtre étatique d’Aldo Moro par les Brigades rouges des services secrets à faux drapeau,  on a pu se demander qui maîtrisait vraiment la logique de commandement gouvernemental. Et donc qui peut commander le monde démocratique des marchands du Temple, si ce n’est le Temple de la marchandise démocratique elle-même…

Le terrorisme d’Etat est la continuation de la politique de l’économie de crise par d’autres moyens et sur d’autres modes plus expéditifs. Il accomplit ici la force supérieure des manœuvres obscures de l’Etat de droit qui a d’abord le droit, quant à la garantie de la science juridique du monopole de la violence marchande d’orienter dans l’ombre du champ de bataille des services secrets, les soubresauts du spectacle général de la domination afin de désorienter de manière appropriée la perception des spectateurs pour que l’univers du mensonge continue de pouvoir vaquer à ses occupations. Le terrorisme étatique a franchi une étape supplémentaire depuis les attentats du 11 septembre 2001, dans l’inflation industrielle des jeux et des enjeux de la feinte, de la pirouette et du trompe-l’œil. Si l’on découvre parfois quelques faux comparses périphériques, il est bien entendu convenu que les vrais commanditaires demeureront, eux, toujours inatteignables même s’il est manifeste que leur qualité d’intouchables est précisément ce qui les désigne comme responsables.

Le terrorisme aveugle n’est en fait pas si aveugle que cela car il sait viser et il vise d’abord l’attention de la population asservie. Les ententes internationales entre services spéciaux contre le terrorisme servent bien évidemment à échanger les diverses techniques terroristes et à coordonner ainsi les divers et variés terrorismes d’Etat. De même qu’un organisme d’Etat censé lutter contre le terrorisme n’est en fait là que pour étudier dans quelle mesure le terrorisme de l’Etat peut ou non être utile et comment et où le mettre en œuvre, le spectacle des attentats terroristes ne peut donc être commis que par l’ennemi le plus antagoniste de la conscience humaine c’est-à-dire l’Etat lui-même.

La pensée du mensonge spectaculaire généralisé feint volontiers de croire que le chaos, l’insécurité et le marasme seraient toujours et nécessairement en eux-mêmes des fléaux catastrophiques venant de l’extérieur, créé par je ne sais quel « ennemi invisible extérieur à la Nation ». Mais c’est là une vue complètement inversée du problème. En réalité, le chaos de l’insécurité joue un rôle d’importance incomparable dans la préservation et la stabilité durables du système de domination spectaculaire de la marchandise puisqu’il favorise fort utilement la démoralisation et l’abattement des populations spectatrices en réussissant par là même à les convaincre de la vanité qu’il y aurait à vouloir s’opposer à l’autorité de la marchandise.

Ainsi, l’on doit assurément observer que l’ordre par le chaos universalisé, en ces temps de crise accélérée de la production fallacieuse du monde, constitue le mode d’unification le plus fructueux du règne de la gestion en ce qu’il neutralise, éduque et rééduque toutes les perceptions, souvenirs et jugements adéquatement à l’impérieuse nécessité de réduire l’humanité subjuguée à l’impuissance achevée afin de la placer dans l’incapacité de ne plus rien pouvoir entreprendre contre la classe dirigeante en place. Bref, le spectacle du chaos est l’instrument le plus efficace de contrôle social car il rend hautement hypothétique et toujours plus aléatoire le risque de contestation venue des spectateurs, les gens du peuple. On comprend dès lors aisément l’empressement tout particulier que le gouvernement du capitalisme mondial met à laisser se développer le chaos spectaculaire comme il le fait en s’employant à le favoriser discrètement et minutieusement par mille et une combinaisons, toutes plus tortueuses les unes que les autres.

L’Etat a toujours été terroriste et le terrorisme des services secrets de l’Etat a toujours eu le monopole de la terreur la plus féroce et la plus épouvantable mais c’est évidemment à l’heure imminente de sa crise historique terminée que l’Etat spectaculaire de la marchandise doit être le plus violemment terroriste.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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12 septembre 2021 7 12 /09 /septembre /2021 01:15

La Mort et l'Au-delà

La survivance de la conscience

 

 

 « Et toi, divine mort, où tout rentre et s’efface, accueille tes enfants dans ton ciel étoilé ; affranchis-nous du temps, du nombre et de l’espace, et rends-nous le repos que la vie a troublé. » Leconte de Lisle, Poèmes antiques.

Partie IV : Le Dévachan (Séjour des Dieux, Paradis des Bienheureux)

Définition

Le dévachan ou dévakhan, la « demeure des dieux » (contrée des dieux, Dévasthan, Séjour des dieux, Ciel, Paradis) est une partie du plan mental qui se distingue de l’autre par l’état conscient spécial des êtres qui s’y trouvent ; où la tristesse et le mal sont entièrement exclus.

C’est là que résident après leur séjour en Kamâloka, les êtres humains dépouillés de leur corps physique et de leur corps astral.

C’est là le plan aux sept montagnes d’or, c’est-à-dire les sept sous-plans du plan mental formant deux grandes zones : le ciel inférieur (quatre sous-plans) et le ciel supérieur (trois sous-plans) qui divisent l’existence dévakhanique en deux périodes d’inégale longueur.

Arrivée des âmes

Nous avons vu que le décédé peut arriver directement de la terre au Dévachan en traversant rapidement le Kamâloka sans s’y réveiller (âmes très évoluées) ou en y séjournant plus ou moins longtemps et arriver au ciel après une seconde mort : celle du corps astral.

La conscience endormie s’éveille alors à un sentiment de joie ineffable, de paix, de félicité qui surpassent toute compréhension. Toute l’atmosphère semble musique et couleur et l’être tout entier est inondé de lumière et d’harmonie.

Puis apparaissent doucement souriantes, les figures aimées sur terre, idéalisées en la beauté qui exprime leurs plus nobles émotions, sans une seule trace des soucis des mondes inférieurs.

Généralités

Non éternité du Ciel

De même que nous nous sommes débarrassés de l’idée de l’enfer éternel, nous devons laisser de côté l’idée de paradis éternel parce qu’aucun homme n’est assez puissant pour mettre en action dans une vie, des forces qui continuent à agir éternellement.

Il faut aussi laisser de côté l’idée de récompense comme nous l’avons fait pour l’idée de châtiment ; car ces idées entraînent nécessairement la possibilité du caprice et de l’arbitraire.

La vie dans le ciel est le résultat de certains actes de l’homme pendant la vie physique et une vie limitée ne peut pas entraîner une vie sans fin.

Actes déterminant cette durée

Tout d’abord, disons que la vie céleste est une vie au cours de laquelle éclot ce que nous avons semé ici-bas ; nous ne pouvons rien y faire qui n’ait été commencé sur terre et c’est en cela que nous sommes limités.

Une fois dans la vie céleste nous ne pouvons plus amasser d’expérience pour l’assimiler. Il nous faut alors nous borner à celle que nous avons accumulée durant notre existence mortelle, à laquelle vient s’ajouter un peu d’expérience acquise dans le monde intermédiaire, mais fort peu.

La durée totale de l’existence dévakhanique dépend donc des matériaux rassemblés par l’âme ici-bas. Si nous étudions notre vie sur terre, nos facultés, nos plaisirs, nos occupations, nous pouvons prévoir ce que sera notre vie de l’autre côté.

Ces matériaux comprennent tout ce qui est susceptible d’être converti en facultés mentales et morales : pensées et émotions pures, les efforts intellectuels et moraux, les aspirations du même ordre, toute acte désintéressé et altruiste, tout travail utile accompli et tout projet formé pour le service de l’humanité.

Pas un seul effort n’est perdu quelque faible et éphémère qu’il ait été.

Les passions animales égoïstes ne peuvent entrer en Dévachan, toute cette partie inférieure de l’être a été consumée, purifier en Kamâloka, seul ce qui est pur s’élabore au ciel.

Tout le mal de l’existence passée ne peut empêcher la pleine récolte de la moisson de bien semée, si maigre qu’elle puisse être ; l’homme le plus dépravé qui a eu la moindre aspiration au bien, au sacrifice, au désintéressement, passera au Dévachan où l’étincelle de bien s’épanouira en minuscule flamme.

Durée

Aux temps passés, les hommes avaient au cœur le désir du ciel et le séjour en Dévachan était fort long (plusieurs milliers d’années). Actuellement, la vie y est plus brève.

Suivant le degré d’évolution (en laissant de côté les bas-fonds de l’humanité ou les niveaux humains très inférieurs) cette durée peut aller de quelques années à 1200 ans environ, la majorité des classes travailleuses y passant cent à deux cents ans environ.

Presque toute la période se passe dans le ciel inférieur ; seule l’élite (saints et sages) peut passer quelque temps dans le ciel supérieur (jusqu’à cinquante ans), mais la plupart des hommes ne font qu’entrer dans cette région sublime pour en ressortir immédiatement.

Notion du temps

Les alternances de sommeil et de veille n’ont pas de place dans la vie céleste. Il y a un réveil lorsque l’homme après la mort astrale devient progressivement conscient sur ce plan, et le seul sommeil consiste à tomber dans une heureuse inconscience quand la vie céleste prend fin.

Le ciel donnant à chacun un bonheur parfait, efface de ce fait, toute notion de temps qui est d’ailleurs pratiquement inexistante sur le plan mental.

Contact avec le ciel

Dans les premiers stades évolutifs, les égos retardataires n’atteignent jamais le monde céleste. Voyons un exemple concret ayant permis le premier contact avec le ciel.

Dans un recoin sordide de Londres vivait une couturière très pauvre mais très bienveillante pour ses voisins. Après une longue journée de travail, souvent elle veillait la moitié de la nuit au chevet d’un malade ; aussi la reconnaissance éveillée dans le cœur de ces ignorants était le seul sentiment de leur vie grossière et abjecte.

Certains malades succombèrent, mais l’affection exempte d’égoïsme que la charité de cette femme avait développée en eux stimula leur nature spirituelle au point qu’ils purent passer pour la première fois sur le niveau le plus bas du monde céleste.

Idées fondamentales

1-Intensité et réalité de la vie céleste

La première idée à saisir est que la vie mentale est infiniment plus intense, plus active et plus voisine de la réalité que la vie des sens.

Elle est plus voisine de deux degrés de la réalité, car il y a deux voiles d’illusion en moins sur ce plan ; les voiles astral et physique.

Si nous sommes loyaux avec nous-mêmes, nous reconnaîtrons que notre sentiment de réalité ici-bas est totalement illusoire.

Nous ne connaissons que les impressions imparfaites produites sur nos sens, et les conclusions souvent erronées qu’en tire notre raison.

Si nous mettons côte à côte les idées que se font d’un même homme : son père,  son ami intime, sa fiancée, son concurrent en affaires, son mortel ennemi, une connaissance de hasard, nous verrons combien ces images sont disparates.

Ainsi nous vivons dans l’illusion, mais nous avons le sentiment de la réalité et ceci suffit pour nous contenter.

En Dévachan, les conditions sont renversées, ceux qui s’y trouvent sentent la réalité de leur vie : seule réelle contre l’illusion de la vie terrestre ; mais ici-bas, c’est la vie terrestre qui nous paraît réelle et le ciel illusoire.

En fait, ceux-là sont plus près de la vérité que ceux qui dénigrent sur terre leur séjour céleste.

Illusion

Si nous prenons ce mot au sens métaphysique, tout ce qui est conditionné est illusoire, car en réalité les phénomènes ne sont que des apparences, c’est-à-dire le masque extérieur sous lequel notre Univers mobile révèle la Réalité Une. Plus l’apparence est matérielle, plus elle s’éloigne de la Réalité, plus elle est illusoire.

La crainte de matérialiser les idées spiritualistes a toujours prévalu en Orient. C’est ainsi que l’hindou, en décrivant la vie de l’âme libérée, choisit les termes les plus aptes à faire paraître cette vie la moins matérielle possible : illusion, rêves, etc. Le mot rêve indique essentiellement qu’il n’est plus question du plan physique.

Tandis qu’en Occident la tendance est de matérialiser ce qui est spirituel, de décrire la même vie avec des mots suggérant des idées de splendeur et de luxe terrestre : fêtes nuptiales, rues en or, etc.

Ses images du paradis ne sont que des copies des scènes terrestres avec la douleur en moins.

Aussi un Maître de Sagesse exprimant clairement son idée dit : « Nous appelons la vie posthume la vraie vie et la vie terrestre, y compris la personnalité, la vie imaginaire. »

2-Le pouvoir créateur de la pensée

L’homme n’étant plus revêtu que de son corps mental manifeste son pouvoir créateur librement et totalement, car la matière mentale prend forme au moindre mouvement de la pensée.

De sorte que le marbre n’est plus rigide pour le sculpteur ni la couleur trop boueuse pour le peintre. Ce que l’artiste pense se traduit directement en forme, en couleur et en son.

Ainsi chaque homme peut accroître indéfiniment la beauté de ce qui l’entoure, selon la richesse de son intelligence et chacun crée son propre ciel.

Donc au fur et à mesure que l’homme évolue dans des vies successives, sa vie, en Dévachan devient de plus en plus pleine, plus délicate, plus exquise, plus vaste.

Rappelons-nous que notre récolte dans le ciel est proportionnée à nos semailles sur la terre.

On peut ici choisir la société de ceux qui nous voulons rencontrer là-bas ; par exemple celles de nobles penseurs que nous ne pouvions fréquenter sur la terre. En étudiant leurs œuvres, nous créons un lien qui se consolide dans le ciel et alors nous aurons pour maîtres ces grandes âmes dont nous aurons étudié les œuvres avec amour, lors de notre vie physique.

3-Nous vivons au ciel avec ceux que nous aimons

L’image mentale d’un être aimé, conservé intacte au fond du cœur devient un compagnon réel et vivant pour l’âme dans le ciel. De sorte qu’autour de chaque âme se pressent ceux qu’elle a aimés sur la terre.

L’accord sympathique de l’intelligence et du cœur peut seul rassembler les hommes en Dévachan, de sorte qu’aucun ennemi ne peut pénétrer dans notre ciel.

Nous vivons donc au ciel avec ceux que nous aimons et que nous admirons. Nous les retrouvons sous les formes que nous avons aimées sur terre et avec le souvenir parfait de nos rapports terrestres. Nul malentendu de paroles ou de pensées ne peut naître, car chacun voit la pensée que crée son ami, ou du moins tout ce qui lui est accessible dans cette pensée (lorsque les amis sont à des degrés d’évolution différents).

Sur la terre nous ne connaissons qu’une partie de nos amis, et si nous pouvions les contempler tout entiers grâce à la vue directe du plan mental, après la mort, il est probable que nous ne les reconnaitrions pas (pas en tant que forme). En Dévachan nous arrivons à connaître nos amis infiniment mieux qu’il ne nous serait jamais possible de le faire sur terre.

Sur ce point, il faut tenir compte d’un double facteur : le degré de développement de chacune des personnes considérées.

Images mentales

L’image mentale subjective de notre ami, formée sur terre, devient au ciel une image mentale objective en matière mentale vivante. C’est par cette image que l’ego de notre ami (même vivant sur terre) pourra s’exprimer d’une manière plus complète que sur le plan physique.

Mais cette expression, par suite du degré d’évolution de chacun, peut être imparfaite dans les deux sens suivants :

1-L’image formée par le défunt (d’évolution peu avancée) peut être trop vague pour permettre à l’ami (même avancé) d’en faire grand usage.

2-L’image peut être nette (défunt évolué) mais l’ami n’est pas assez développé pour en tirer parti.

Ces deux facteurs : nature de l’image d’une part, et ce que l’âme peut exprimer d’autre part, déterminent jusqu’à quel point l’homme véritable pourra se manifester.

Il faut noter qu’un homme peut simultanément figurer dans la vie céleste de plusieurs amis défunts et simultanément se manifester dans chaque image, tout en vivant dans un corps physique.

Non seulement ces images représentent le moi véritable d’une façon plus complète que l’expression terrestre, mais chaque manifestation semblable lui donne une nouvelle et précieuse occasion de se développer sur le plan mental. En même temps, il voit grandir le pouvoir de se manifester sur le plan mental, conséquence directe de ses actions qui ont amené des sentiments affectueux à son égard.

Plus il progresse et plus il éveille dans son entourage l’amour et la vénération, ce qui multiplie les forces-pensées à sa disposition sur le plan mental. En même temps, il voit grandir le pouvoir de s’exprimer dans chacune de ses formes et sa réceptivité quand il les a revêtues.

En résumé, plus une âme est développée et mieux elle peut s’exprimer dans les formes que revêt pour elle l’affection de ses amis, et plus elle profite de la force aimante et vivante qui se déverse sur elle à travers les images mentales.

C’est là le seul mode de communication possible (très souvent inconscient) entre les âmes vivant dans le corps physique et celles qui sont dans le monde céleste.

La nature a combiné les choses afin que la vie céleste fasse éprouver à chacun la plus grande somme de bonheur. Ceux que l’on aime ne nous quittent jamais ; ils ne nous montrent que le côté le plus noble et le plus élevé de leur nature. Egalement pour que son bonheur soit possible, le défunt ne peut suivre les difficultés de ses amis sur la terre.

L’amour au-delà de la tombe conserve une force magique qui réagit sur les vivants. L’amour d’une mère sera toujours ressenti par ses enfants incarnés. Il se manifestera dans leurs rêves et parfois dans les événements comme protection providentielle, car l’amour est un bouclier puissant que ne limitent ni le temps ni l’espace. Il en est de même de toutes les affections, à l’exception de celles purement égoïstes ou matérielles.

Même si quelqu’un nous délaisse ici-bas, continuons à aimer celui qui a cessé de nous aimer, car dans le monde céleste nous regagnerons l’amour de celui que nous pensions avoir perdu. Ne brisons pas le lien et ce lien nous réunira dans le ciel.

4-Transmutation des expériences en facultés

Le Dévachan est beaucoup plus qu’un séjour de félicité et de repos pour le pèlerin fatigué. C’est là que se produisent l’élaboration, l’assimilation de tout ce qui a une valeur dans les expériences de la vie écoulée. De là l’immense importance de la vie terrestre qui représente le champ à ensemencer, l’endroit où l’expérience doit être mise en jeu. L’âme en Dévachan sépare et crible ses expériences et apprend peu à peu à les apprécier à leur juste valeur.

Toutes ces expériences sont longuement méditées et transformées en facultés, en qualités mentales et morales, en pouvoirs désormais acquis avec lesquels l’homme reviendra sur la terre lors de sa prochaine incarnation.

Si un homme a étudié profondément une question, l’effet de son travail sera la création d’une faculté spéciale lui permettant d’approfondir cette question dès qu’elle se présentera à lui dans son incarnation future. D’où les facultés dites « innées » que l’enfant apportera avec lui à sa naissance.

Le corps mental n’assimile pas le souvenir précis des expériences du passé, car il est mortel comme tout ce qui compose la personnalité. Le souvenir du passé ne subsiste que pour l’ego qui a traversé ce passé et qui survit immortel.

Mais la sagesse extraite du panorama des mille images du passé est la meilleure mémoire, car dans les nombreux moments où il faut se décider sur le champ, il ne serait pas possible d’évoquer du passé tous les groupes de souvenirs se rapportant à la décision à prendre, d’en revoir tous les événements et d’en tirer une ligne de conduite.

Avec la transmutation des expériences en facultés, l’âme est prête à répondre sans retard par la « voix de la conscience » : fais ceci, évite cela.

Tout est utilisé en Dévachan, les aspirations et les efforts stériles deviennent des aptitudes. Tous les projets de bienfaisance qui ont échoué faute d’habileté, sont élaborés soigneusement au ciel et exécutés pour ainsi dire, détail par détail, et ils seront effectivement réalisés dans une vie suivante en connaissance de cause.

Donc non seulement notre vie présente détermine les limites de notre activité en Dévachan, mais encore l’amplitude des qualités mentales que l’individu en rapportera pour sa prochaine existence terrestre.

Rien n’est créé miraculeusement de quelque chose ; il n’est pas possible d’isoler une vie d’une autre vie.

Les expériences étant les documents sur lesquels l’âme médite pour saisir l’action de l’Intelligence Universelle dans la Nature manifestée et en apprendre les lois, il en résulte que l’homme revient à chaque fois sur la terre comme une âme plus sage.

C’est essentiellement par les expériences indiquant comment la souffrance est causée par l’ignorance de la loi que la conscience naît et se développe. Et quand le désir pousse l’âme vers une jouissance qui est le mal, la mémoire des expériences passées s’affirme comme conscience, rappelle la défense et retient les sens.

Au stade actuelle de l’évolution, nous sommes passés par un nombre suffisant d’épreuves pour connaître le bien et le mal dans leurs grandes lignes ; mais en ce qui concerne bien des questions plus élevées et plus subtiles se rapportant au stade actuel de notre évolution, l’expérience est encore si insuffisante qu’elle n’a pu jusqu’à présent, être transformées en conscience et l’âme peut se tromper dans sa décision, quelque bien intentionné que soit son effort de voir clairement et d’agir pour le bien.

Renoncement au Dévachan

C’est une possibilité d’avancement plus rapide mise à la portée de l’homme à mesure qu’il progresse.

Normalement, à mesure que l’homme développe sa nature spirituelle, il vit de plus en plus longtemps dans le monde céleste où ses expériences deviennent sagesse. Il fait ainsi de plus grands progrès que s’il pouvait prolonger son incarnation physique.

En renonçant au Dévachan, l’homme mettrait en contradiction la Loi avec elle-même, puisque la Loi pousse en avant et que l’homme arrêterait ses progrès.

Le renoncement ne peut être qu’exceptionnel, et en règle générale, nul ne peut renoncer à la béatitude céleste avant de l’avoir goûtée pendant la vie terrestre ; c’est-à-dire avant d’être assez développé pour pouvoir élever sa conscience jusqu’au plan mental et en rapporter ici-bas le souvenir.

La personnalité doit être en état de bien comprendre les avantages qu’elle sacrifie.

Pour cela, il faut être tout ou moins, élève en probation de l’un des Maîtres de Sagesse.

Le Maître choisit pour son élève le lieu et l’époque où il devra renaître et il conserve dans sa nouvelle vie le corps astral et le corps mental qu’il avait dans la vie précédente ; il ne prend qu’un nouveau corps physique.

Mort du corps mental

Lorsque l’égo dans son corps mental a absorbé tous les fruits de sa vie terrestre, il rejette ce corps pour vivre sans entraves dans son propre séjour. Le corps mental, dernier vêtement temporaire de l’homme véritable se désagrège alors et ses matériaux retournent à l’océan commun de la matière mentale.

Toutes les énergies mentales et passionnelles s’éclipsent pour un temps dans le corps causal à l’état de forces latentes, faute de matière pour se manifester.

Et le corps causal subsiste seul, réceptacle et trésor de tout ce qui a été assimilé de la vie passée.

Passage au Ciel supérieur

L’égo se trouve alors dans sa contrée natale. Aux premiers stades de l’évolution, l’égo est inconscient, son séjour y est très court ; la plupart des personnes ne font qu’entrer dans cette région sublime pour en ressortir immédiatement, sa vie palpite doucement en lui en assimilant les résultats insignifiants de sa vie passée.

Quand il se développe, son séjour s’allonge et sa mémoire déroule devant lui le panorama de ses vies passées. Il voit les causes engendrées et leurs effets.

En outre, il entre en contact avec les grandes âmes et reçoit les enseignements de leur sagesse.

Son savoir et sa compréhension de la loi vont en grandissant et lorsqu’il revient à la vie terrestre, c’est avec une vision plus claire du but de la vie et un discernement plus net du sentier qui y mène.

Claire vision

Lorsqu’arrive le moment du retour à la vie terrestre, il vient un moment de claire-vision à chaque égo.

Pendant un instant, il voit son passé avec les causes qu’il renferme, génératrices de l’avenir ; puis le plan général de son incarnation prochaine se déroule devant lui.

Alors les nuées de la matière inférieure surgissent autour de lui (pour reformer un nouveau corps mental puis un nouveau corps astral) et sa vision se perd dans les ténèbres : le cycle d’une incarnation nouvelle commence.

Deva

Un dieu, une divinité « rayonnante ». Deva-Deus d’après la racine div « briller ». Un Deva est un être céleste : bon, mauvais ou indifférent. Les Devas habitent « les trois mondes », qui sont les trois plans au-dessus de nous. Il y en a 33 groupes ou 330 millions.

Devachan

La « demeure des dieux ». Etat intermédiaire entre deux vies terrestres dans lequel l’Ego – l’Atma-Buddhi-Manas ou la Trinité faite Une – entre après la séparation d’avec le kâmarûpa et la désintégration des principes inférieurs utilisés sur terre.

Deva-Lokas

Demeure des Dieux ou des Devas dans les sphères supérieures. Les sept mondes célestes au-dessus du Mont Méru.

L’amour et la mort

L’amour au-delà de la tombe conserve une force magique qui réagit sur les vivants. L’amour d’une mère sera toujours ressenti par ses enfants incarnés. Il se manifestera dans leurs rêves et parfois dans les événements comme protection providentielle, car l’amour est un bouclier puissant que ne limitent ni le temps ni l’espace.

 

 

 

 

 

 

 

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4 septembre 2021 6 04 /09 /septembre /2021 21:28

La Mort et l'Au-delà

La survivance de la conscience

 

 

« Je te salue, ô Mort ! Libérateur céleste ; tu ne m’apparais point sous cet aspect funeste que t’a prêté longtemps l’épouvante ou l’erreur. » Lamartine, Premières Méditations

« Les vivants ne peuvent rien apprendre aux morts ; les morts, au contraire, instruisent les vivants. » François-René de Chateaubriand

Partie III : Le Kamâloka (Purgatoire)

Remaniement du corps astral

Quand l’homme se retire du double éthérique, prâna, l’énergie vitale spécialisée ayant perdu son véhicule, retourne au grand réservoir de la vie universelle, et le corps astral prêt à passer sur son plan (Kamâloka) subit un remaniement qui sépare ses matériaux par ordre de densité en une série d’enveloppes ou d’écorces concentriques.

La plus subtile est en dedans, la plus dense au-dehors, chacune des écorces étant formée de la matière d’un seul sous-plan, plan astral.

Le corps astral devient donc un ensemble de sept couches superposées et de ce fait l’homme en se réveillant sur le plan astral ne peut plus être conscient que sur un seul sous-plan, celui qui correspond à la couche la plus extérieure de son corps.

Réveil

Toutefois, il ne se trouvera éveillé et conscient que sur le sous-plan dont la matière correspond à ses activités émotionnelles et passionnelles déployées pendant la vie physique.

Il traversera tous les sous-plans inférieurs dans un état inconscient, absorbé par des rêves agréables, pendant le temps strictement nécessaire pour la désintégration mécanique des couches concentriques appartenant à ces sous-plans inférieurs.

De sorte que l’homme spirituellement développé ne fera que traverser le Kamâloka sans y arrêter, car son corps astral se désagrège avec une rapidité extrême. Un homme dont la vie a été pure et sobre traversera le plan astral d’un vol moins rapide en rêvant paisiblement, il s’éveillera en atteignant le Ciel.

L’homme moyen traversera les régions inférieures du plan astral et reprendra conscience dans la division qui correspond à son activité consciente pendant la vie terrestre. Chacun se rend littéralement au lieu qu’il s’est assigné lui-même par les passions, désirs, émotions qu’il a vitalisés au cours de sa vie physique.

L’homme aux passions animales s’éveillera sur le sous-plan le plus bas (c’est-à-dire le plus dense).

La durée de détention de l’homme dans l’une quelconque des sept couches concentriques, dépendra de l’intensité avec laquelle il a développé désirs et passions dont les vibrations s’exercent dans la matière de ce sous-plan, en attirant ainsi dans le corps astral une quantité correspondante de matière de ce sous-plan.

Les émotions élevées et pures vitalisent la matière des sous-plans supérieurs, les passions vulgaires celles des sous-plans inférieurs. C’est pourquoi il est dit si justement : l’homme est son propre législateur, le dispensateur de sa gloire ou de son châtiment.

Perception astrale

La perception dans le corps astral consiste dans la faculté qu’ont les molécules qui le composent de répondre aux impulsions extérieures qui leur arrivent de molécules semblables.

Donc l’homme qui a laissé opérer le remaniement de son corps en couches différentes ne peut être conscient que sur le sous-plan correspondant à la couche extérieure. Quand un homme a étudié ces questions et qu’il sait, il peut s’opposer à ce remaniement de son corps astral après la mort et de cette façon il possède la faculté d’être conscient sur tous les sous-plans et non plus sur un seul.

Ceci est indispensable au désincarné qui désire après sa mort travailler et aider sur le plan astral quelle qu’en soit la subdivision.

Subdivisions du Kamâloka

Définition

Kamâloka (Prétaloka, Hadès, purgatoire) est littéralement le séjour du désir. C’est une partie du plan astral qui se distingue de l’autre partie par l’état conscient spécial des êtres qui s’y trouvent et non en tant que localité distincte.

Cette région renferme des êtres humains privés du corps physique par la mort et destinés à subir certaines transformations purificatoires avant de pouvoir passer au ciel (sur le plan mental).

Cette zone englobe les conditions attribuées aux états intermédiaires, enfers, purgatoires, que toutes les grandes religions considèrent comme la résidence temporaire de l’homme avant son arrivée au ciel.

Elle ne renferme aucun lieu de torture éternelle, mais elle comprend des conditions de souffrances temporaires et purificatoires résultant de causes mises en jeu pendant la vie terrestre. Donc, pas d’enfer éternel, pas plus d’ailleurs que de paradis éternel.

L’état de Kamâloka se retrouve dans chaque subdivision du plan astral, il comporte donc sept régions différentes par la densité des matériaux. Avec le remaniement du corps astral, nous comprenons aisément que la densité de la forme extérieure du décédé détermine la région où il se trouve enfermé.

Elémental du désir

Le remaniement du corps astral se fait sous l’influence de l’élémental du désir qui se voit menacé de perdre son existence séparée. En effet, le corps astral ayant attiré à lui l’essence élémentale correspondante, cette dernière se trouve séparée de la masse générale pendant la vie de l’homme et acquiert comme une existence propre.

L’élémental du désir cherche à défendre son existence en réorganisant le corps astral en couches concentriques et en mettant la plus dense à l’extérieur parce que c’est la plus résistance à la destruction, et qu’ainsi il peut résister plus longtemps contre les forces de désagrégation.

Signalons que les actions conscientes accomplies sur un sous-plan peuvent jusqu’à un certain point abréger ou prolonger le séjour qu’on y fait.

Quel que soit le niveau intellectuel du défunt, l’intelligence qu’il possède en corps astral va en décroissant, car le mental inférieur attiré en haut par la nature spirituelle, contrôle de moins en moins le corps astral.

C’est pourquoi il est néfaste de rappeler vers la terre le décédé en communiquant avec lui par l’intermédiaire d’un médium car le décédé devenant de moins en moins capable d’influencer sa partie inférieure, reste cependant, jusqu’à séparation complète, susceptible d’engendrer du karma avec bien plus de chances d’en semer du mauvais plutôt que du bon.

Nous pouvons maintenant considérer une à une chaque région du Kamâloka, afin de nous faire une idée plus nette de cet état intermédiaire, et nous commencerons par la région la plus dense, celle du septième sous-plan.

Septième région

Elle renferme les conditions qui répondent aux différents genres d’enfers (non éternels) décrits dans les religions.

L’atmosphère de ce lieu est lourde, triste, sombre, déprimante, elle semble imprégnée de toutes les influences opposées au bien.

Le caractère repoussant de ce lieu est accru par le fait que dans le monde astral, la forme s’adapte au caractère. L’homme a donc pleinement l’apparence de tout ce qu’il est. Les appétits bestiaux donnent au corps astral une forme hideuse, bestiale, moitié humaine, moitié animale. Déjà même sur la terre, le scélérat avili et abruti possède un aspect repoussant, mais ce n’est rien à côté du plan astral ou chacun a exactement l’air de ce qu’il est.

La population de ce bas-fond du Kamâloka se compose du rebut de l’humanité : assassins, bandits, criminels de toute sorte, ivrognes, débauchés, en un mot de tout ce que le genre humain renferme de plus vil.

Nul ne peut se trouver ici s’il n’est coupable de crime brutal, de cruauté persistante, de dépravation ou en proie à quelque vice abject.

Nous trouverons ici le vivisecteur entouré des formes de ses victimes, mutilées, pantelantes, hurlantes, dans une ambiance de haine frémissante contre le bourreau.

Les seules personnes d’un caractère plus élevé qui se trouvent là pour un temps, sont des suicidés qui ont voulu éviter les conséquences de leurs actions néfastes et échapper à la punition terrestre de leurs méfaits.

Sinon, toutes les âmes de ce sombre séjour errent furieuses et avides, pleines d’appétits féroces et inassouvis, brûlées par la vengeance, par la haine, par les convoitises qu’elles ne peuvent satisfaire faute d’organes.

Elles s’amassent autour des maisons de débauche, des bouges, où l’on s’enivre, excitant les habitués de ces lieux à des actes de honte et de violence, cherchant l’occasion de les obséder et de les amener aux pires excès.

Elles incitent quiconque nourrit de haine et la vengeance à commettre le crime médité.

L’atmosphère écœurante de ces lieux est due en grande partie à la présence de ces entités liées à la terre par leurs passions abjectes.

Sachant cela, nous n’en éviterons que davantage le voisinage de ces lieux.

Nous pouvons nous consoler en pensant que ces souffrances ne sont que temporaires, et que l’âme apprend la leçon dont elle a grand besoin : c’est que la Loi existe et que la misère survient inévitablement lorsqu’elle n’est pas observée ; mais en fin de compte elle assure notre évolution et conduit l’âme à la conquête de l’immortalité.

Sixième région

Cette région peut être considérée comme la reproduction astrale du monde physique, elle est la plus étroitement liée au monde physique.

La majeure partie des décédés y sont constamment éveillés et y séjournent quelque temps. Ce sont ceux qui n’ont eu d’intérêt que pour les mesquineries et les vétilles de l’existence, les potins, les mondanités, l’argent, le jeu, les toilettes. Aussi, restent-ils dans le voisinage des objets terrestres.

Ces gens-là sont pour la plupart mécontents, anxieux, agités et s’ennuient considérablement.

Sachant cela à l’avance, faisons en sorte qu’une partie de nos amusements puissent nous accompagner de l’autre côté, quelque chose qui cultive et épure : musique, chant exprimant un sentiment élevé, une émotion pure, par exemple, et non les stupides refrains de café-concert.

Aussi bon nombre d’âmes prolongent leur séjour en cherchant à communiquer avec la terre par des médiums. Dans cette zone, l’âme est exposée à être attirée vers la terre par des regrets passionnés d’amis ; parfois elle y est réveillée alors qu’elle dormait paisiblement, ou détournée de son mouvement ascensionnel.

C’est de cette région que provient le bavardage banal des séances spirites publiques.

Quatrième et cinquième régions

Plus éthérées que la sixième, les caractéristiques générales en sont les mêmes. Les âmes y sont un peu plus évoluées, moins accessibles aux clameurs terrestres, elles cherchent à communiquer avec la terre.

Bien des gens instruits et réfléchis mais qui se sont laissés absorber par des soucis mondains sont conscients dans ces deux régions.

Troisième région

Son aspect est nettement lumineux et rayonnant, il justifie l’épithète d’astral donné à l’ensemble du plan.

C’est ici que se trouvent les cieux matérialisés des diverses religions : les chasses célestes du peau-rouge, le Valhalla du scandinave, le paradis plein de houris du musulman, la Nouvelle Jérusalem en or aux portes de pierres précieuses du chrétien, le ciel rempli de lycées du réformateur matérialiste.

C’est là le séjour des dévôts attachés à la lettre, des touche-à-tout religieux et philanthropiques dont le souci est d’écouter leurs lubies. Ils édifient des églises, des asiles, des écoles à leur grande satisfaction personnelle.

Pour eux elles ne laissent rien à désirer ; bien qu’aux yeux du voyant les constructions puissent paraître imparfaites et même grotesques.

On s’assemble de préférence entre coreligionnaires ou compatriotes, non seulement par affinité naturelle, mais parce les barrières du langage subsistent en Kamâloka.

C’est de cette région et de la suivante que proviennent les esprits-guides de bon nombre de médiums, et ces âmes savent qu’elles doivent passer dans d’autres zones plus hautes d’où les communications seront impossibles.

Deuxième région

C’est la troisième plus subtile ; les âmes y sont plus évoluées. Leur détention est due au rôle prépondérant de l’égoïsme dans leur vie intellectuelle et artistique. Toutes s’attendent à passer dans une sphère plus haute.

Première région

Elle est presque exclusivement occupée par des intellectuels matérialistes, attachés aux moyens par lesquels le mental inférieur acquiert des connaissances dans le corps physique : savants, intellectuels, politiciens, hommes d’état.

Ils continuent à poursuivre leur objet avec une persistance infatigable ; étude de leur sujet favori dans une véritable bibliothèque astrale, efforts pour exécuter en astral quelques-uns de leurs projets.

Ils sont sceptiques quant aux possibilités supérieures qui les attendent et reculent devant la perspective d’une deuxième mort.

Souvent ils essaient d’aider leurs confrères terrestres en leur suggérant de nouvelles découvertes ou de grandes idées qui les dirigeront dans les voies les plus utiles.

Durée de vie astrale

Elle varie selon le degré de développement des individus ; chez les moins avancés elle peut être de quelques années seulement avant de revenir sur terre et sans aller au ciel.

Pour la moyenne des individus, elle peut aller jusqu’à quarante ou cinquante ans, ou parfois plus.

Pour les plus avancés cette durée peut être réduite à quelques années et même à quelques heures ; ces derniers ne font que traverser le plan sans s’y arrêter et vont droit au ciel.

Mort astrale

Pour tous, sauf pour une faible minorité, il arrive un moment où les entraves du corps astral sont brisés ; l’âme devient inconsciente momentanément puis elle est réveillée par un sentiment de félicité intense, la félicité du monde céleste.

Le cadavre astral se compose des débris des sept écorces, débris encore maintenus ensemble par des restes du magnétisme de l’âme. Au fur et à mesure que le magnétisme se disperse ce corps se décompose de plus en plus.

Ainsi que nous l’avons vu, il peut être vitalisé par le magnétisme d’âmes incarnées et jouer le rôle d’intelligence communiquante sans originalité, que caractérise la répétition automatique de pensées familières.

C’est pourquoi il est préférable de hâter la dissolution astrale en envoyant au décédé des pensées et des vœux de progrès rapide ; certaines prières par les sons émis facilitent cette désagrégation et aident le décédé dans sa marche ascendante.

Quand l’égo durant la vie physique a fréquemment été vaincu par ses désirs, il arrive souvent à ne se dégager de la coque astrale qu’au prix de l’abandon d’une certaine quantité de matière mentale qui reste enchevêtrée dans le cadavre astral. C’est là une perte parfois sérieuse qu’il ne répare qu’au prix d’efforts prolongés, dans les incarnations futures.

Quand l’égo a quitté le Kamâloka, il sort complètement de la sphère d’attraction de la terre. Dès que l’égo a franchi le Pont d’Or qui conduit aux sept Montagnes d’Or, il ne peut plus s’entretenir familièrement avec les médiums.

Kamaloka : Le plan semi-matériel, subjectif et invisible pour nous, où les « âmes personnalités », les formes astrales désincarnées, appelées kâmarûpa demeurent, jusqu’à ce qu’elles en disparaissent par épuisement complet des effets des impulsions mentales qui ont créé ces eidolons de passions et de désirs. C’est le Hadès des anciens Grecs et l’Amenti des Egyptiens, la terre des Ombres silencieuses.

Eidolon : Dans la littérature grecque antique, un eidolon est une image d’esprit d’une personne vivante ou morte ; une nuance ou un fantôme ressemblant à la forme humaine.

Dave Bowman en Kamaloka

« O Samsara, océan des naissances et des morts, tu me conduis dans le cycle des existences conditionnées successives, soumises à la souffrance, à l’attachement et à l’ignorance. Je transmigre inlassablement de vies en vies, la Roue du désir m’étreint et me donne la soif d’exister… Qui étanchera cette soif ? Qui éteindra le feu de la passion et du désir de vivre pour soi-même. Le néant guette mes pas qui me conduisent vers la mort ! L’angoisse de la mort frappe tout être constitué de chair mortelle. Le goût d’exister et la peur du néant effrayent. »

« O Seigneur, inspire-moi l’Esprit, l’esprit libre d’obstacles qui triomphe de la mort et échappe aux Cycles des Renaissances… Que les états intermédiaires du Bardo me conduisent à l’Eveil… Et que l’Eveil me conduise à la Libération, au Nirvana… Ma Divine Conscience s’unit à toi Seigneur à tout jamais dans l’Amour Absolu et pour l’Eternité ! »

« O Dave Bowman, tu te diriges à nouveau vers la Terre pour renaître, pour revivre, ton désir de vivre et d’avoir un nouveau corps te pousse vers Moi – O Terre-Mère ! Accueille-moi dans un nouveau corps car la Flamme de vivre me pousse à naître encore et encore... »

 

 

 

 

 

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29 août 2021 7 29 /08 /août /2021 21:49

La Mort et l'Au-delà

La survivance de la conscience

 

 

« Chaque pas dans la vie est un pas vers la mort. » Casimir Delavigne

« Quand on a tout perdu, quand on n’a plus d’espoir, la vie est un opprobre, et la mort un devoir. » Voltaire

« Les morts vivent tant qu’il y a des vivants pour penser à eux. » Emile Henriot

Partie II : Les derniers moments et le réveil dans l’Au-delà

Voyons maintenant ce qui arrive au moment de la mort : il arrive exactement ce qui arrive chaque soir lorsque nous nous endormons.

La mort est le seuil d’une vie plus haute

Avec la mort du corps physique, tombe le plus lourd des voiles qui nous cachait la lumière.

Quand nous serons bien pénétrés de la réalité plus grande des mondes supérieurs, nous nous habituerons à considérer la mort comme l’entrée dans une existence plus vaste et la disparition d’un être cher prendra pour nous un tout autre aspect.

Nous ne la ressentirons plus comme une séparation définitive car rien ne peut séparer les âmes ; et la mort cessera d’être un tyran cruel, parce qu’elle est en réalité l’ange radieux de l’évolution.

La croyance à l’immortalité de l’âme a répandu sa lumière bienfaisante sur le monde antique tout entier ; elle faisait partie de la vie de tous les jours, se reflétait dans sa littérature et l’aidait à franchir avec un calme serein, la porte de la mort.

Pour l’Oriental mystique et rêveur, cherchant à échapper à la tyrannie des sens, l’état de désincarnation paraît éminemment désirable, comme étant celui qui donne le plus de liberté à la pensée.

La mort y est regardée comme une chose facile.

Pour l’Occidental matérialiste, pour qui le corps est tout (point de vue erronée), la mort revêt tout juste l’aspect contraire qui est lui aussi, complètement erronée.

Départ de l’âme

Même s’il y a des signes de souffrance physique, l’intelligence qui s’en va ne sent plus les convulsions du corps mourant ; elle est pour ainsi dire, tournée vers le dedans et inconsciente du monde qu’elle est en train de quitter.

Toutes les énergies vitales qui rayonnaient vers l’extérieur sont ramenées vers l’intérieur, leur retrait se manifeste par l’engourdissement des organes des sens.

Lentement le Seigneur du corps se retire enveloppé du double éthérique emmenant avec lui Prâna et tous les autres principes. Ce sont d’abord les membres inférieurs qui se refroidissent, le dégagement remonte vers le cœur puis s’opère par le sommet de la tête.

Panorama de la vie

Pendant ce temps l’homme est absorbé dans la contemplation de sa vie passée qui se déroule devant lui, complète jusqu’au moindre détail. Il voit tous ses efforts, ses ambitions, ses triomphes, ses défaites, ses amours et ses haines.

La tendance prédominante de l’ensemble s’affirme nettement, marquant la région où se passera la majeure partie de son existence posthume.

Solennel est le moment où l’homme, face à face avec sa vie entière, entend sortir de son passé le présage de son avenir. Pendant un bref espace de temps il se voit tel qu’il est, reconnaît le but de sa vie et sait que la Loi est puissante, juste et bonne.

Le calme et le respect doivent marquer la conduite de ceux qui s’assemblent autour du mourant, afin qu’aucun bruit ne vienne troubler l’examen de son passé par l’âme qui s’en va. Les cris, les lamentations produisent sur elle une impression pénible qui l’empêche de partir paisiblement. C’est un acte égoïste que de troubler son calme.

Les religions ont sagement agi en prescrivant des prières pour les agonisants, et cela plus encore pour calmer les vivants que celui qui s’en va. En outre, elles provoquent des inspirations désintéressées qui aident et protègent le mourant comme toute pensée aimante.

Un maître a écrit : « L’homme peut souvent paraître mort et pourtant même après sa dernière respiration, après le dernier battement du cœur, après que le dernier degré de chaleur a abandonné son corps, le cerveau pense et l’égo revoit toute sa vie en quelques instants. Et surtout, gardez le silence auprès d’un lit d’agonie. »

Même lorsque la mort est soudaine, ce processus a lieu et même, tandis que leur corps se trouvait comme mort (pendant la submersion) certaines personnes sont passées par cet état spécial de conscience dont elles ont gardé ensuite, le souvenir précis.

Rupture du lien

Puis après cet examen, le lien magnétique se rompt entre le corps grossier et le corps éthérique et normalement l’homme tombe dans une inconscience paisible.

Quelques heures après la mort, pas plus de trente-six heures en général, l’homme se retire du double éthérique et ce dernier  abandonné à son tour comme un cadavre inerte, reste dans le voisinage du corps physique et partage le même sort que lui.

Sort du corps dense

Pour ce corps considéré comme organisme, mort signifie dissolution, destruction, rupture des liens qui unissent un nombre infini de vies en une seule vie. En effet, chaque particule composant notre corps est une vie et nous savons que pendant la vie il y a une circulation continuelle de particules entre l’homme et ce qui l’entoure.

Ces vies sont contrôlées par des vies infinitésimales « les vies de feu » ou dévoreurs qui les organisent et les dirigent pour en faire un tout : le corps humain.

A la mort, les vies de feu cessent leurs fonctions et les vies inférieures non contrôlées commencent le travail de décomposition dans ce qui était un organisme complet.

Le corps n’est jamais aussi vivant que lorsqu’il est mort ; mais il est vivant dans ses unités constitutives, et mort dans sa totalité : chaque particule ira former d’autres corps.

Sort du double éthérique

Quand le corps grossier est enterré, le double flotte au-dessus de la tombe en se désagrégeant lentement. L’impression pénible éprouvée dans la visite d’un cimetière est largement due à la présence de ces cadavres éthériques en décomposition dont l’état suit celui du corps dense.

Lorsqu’on brûle le corps, le double se disperse très rapidement et c’est là une raison pour laquelle la crémation est préférable à l’inhumation, car ce cadavre dissocié ne peut plus être l’objet de pratiques coupables de la magie noire.

Sort de l’homme lui-même

Après la révision de la vie, le commun des mortels passe dans un état paisible et rêveur, à moitié léthargique.

Si la pensée du mort s’est portée fortement vers quelqu’un du voisinage, le double peut s’y transporter, il paraît silencieux, vague et indifférent.

Mort brusque

La mort subite n’est pas désirable, et mieux vaut la maladie qui permet de relâcher peu à peu les liens qui nous attachent à la vie, que le choc brusque causé par un soudain départ.

Si la victime est pure et de tendances spirituelles, elle sera l’objet d’une protection spéciale et dormira paisiblement jusqu’au terme de son existence physique normale.

Mais s’il en est autrement, elle restera consciente, incapable de se rendre compte qu’elle a perdu le corps physique et obsédée pendant quelque temps par la scène fatale aux horreurs de laquelle elle est impuissante à se soustraire.

La vie régulière en Kamâloka ne commence que lorsqu’est épuisé le temps qu’aurait durée l’existence normale.

Le sort des assassins

Un assassin exécuté pour son crime continue à vivre et à revivre en Kamâloka la scène du meurtre et des événements subséquents, répétant sans cesse son acte meurtrier et repassant par toutes les terreurs de son arrestation et de son exécution.

Il n’y a rien de plus absurde que d’envoyer légalement un meurtrier dans l’autre monde. En l’enfermant on l’empêche de nuire, mais en l’exécutant on le libère de l’autre côté sans qu’on puisse se défendre contre lui.

Cet homme furieux d’avoir été tué, haïssant la société et désirant se venger, pousse souvent au crime d’autres hommes plus faibles, surtout à l’endroit du premier crime.

Suicides

Lorsqu’un homme qui a fait du mal aux autres essaie d’échapper par le suicide aux conséquences de ses actes, il n’échappera à rien du tout. De l’autre côté, il assiste impuissant au spectacle de la misère qu’il a causée, il est entouré par les pensées de colère de ses victimes, en réalité il n’a fait qu’intensifier ses souffrances.

Tout est dans le motif et l’homme n’est puni que dans le cas de responsabilité directe. Si le suicidé a agi sans réflexion par suite de grandes souffrances, de désespoir, sans préméditation, les résultats engendrés sont moins graves.

Le suicide est toujours une folie et les seuls cas où le suicidé s’endorme d’un sommeil paisible sont ceux où la douleur avait affaibli sa raison et où aucune responsabilité morale n’était encourue du fait de cet acte inconsidéré.

Sinon, le suicidé répétera automatiquement les sentiments de crainte qui ont précédé son crime et renouvellera pendant longtemps avec une persistance lugubre l’acte fatal et la lutte de l’agonie.

Enfin, les conditions de la vie sont moins favorables qu’ici-bas. L’homme reste pour ainsi dire, lié à la terre, mais c’est la vie sans corps physique jusqu’à l’heure normale de la mort.

En aucun cas le suicide n’entre dans le plan de la vie d’une personne, l’homme est directement responsable d’un tel acte, bien que cette responsabilité puisse être partagée par d’autres.

Accident

Dans ce cas, l’être bon et innocent sommeille paisiblement jusqu’à épuisement du temps qu’il aurait pu vivre, mais si la victime d’un accident est dépravée et grossière, son sort est des plus tristes.

Arrachés aux scènes de la vie dans toute la force de ses passions terrestres, elle cherche les occasions que les médiums lui offrent de goûter à nouveau ces sensations. Elle se trouve liée par ses désirs au monde physique mais en ayant perdu les organes habituels de son activité.

Folie

Un homme qui se tue dans un accès de folie temporaire n’est pas un suicidé. Aussi n’est-il pas abandonné sans défense aux tentations du Kamâloka et s’endort comme toute autre victime.

Toutes les âmes qui cherchent l’aide d’un sensitif ou d’un médium pour s’occuper une fois des plus d’affaires terrestres, encourent par là de lourdes responsabilités pour l’avenir. Ce n’est pas sans quelque raison occulte que l’Eglise nous enseigne cette prière : « de la bataille, du meurtre et de la mort subite, délivrez-nous Seigneur ».

 

 

 

 

 

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22 août 2021 7 22 /08 /août /2021 00:30

La Mort et l'Au-delà

La survivance de la conscience

 

 

 « La mort est la fin d’une prison obscure, pour les nobles âmes ; c’est un malaise pour les autres qui ont placé dans la fange tout leur sollicitude. » Pétrarque, Triomphe de la mort.

Partie I : La mort et les différents états de conscience dans l’Au-delà

Les idées fausses à éliminer

Bien des idées fausses ont cours dans notre société, et il en résulte pour l’homme une grande confusion.

La mort serait la fin de tout

Toutes les grandes religions, malgré la complication de leurs doctrines, enseignent l’idée d’une vie après la mort du corps : Purgatoire, Paradis. Les expériences des spirites, les recherches de groupes et mouvements ésotériques dans ces domaines nous prouvent également que la vie ne cesse pas à la mort du corps physique.

L’homme est une âme et possède un (ou plusieurs) corps. Le corps n’est pas l’homme lui-même, il n’en est que le vêtement. Ce que l’on nomme la mort n’est que le fait de quitter un vêtement usé et ce n’est pas plus la fin de celui qui meurt que l’acte d’enlever notre manteau n’est la fin pour nous-mêmes.

Il s’ensuit que nous n’avons pas perdu notre ami ou parent mais nous avons perdu la vision du vêtement dans lequel nous étions habitués à le voir.

Le vêtement a disparu mais l’homme qui le portait continue son existence sur le plan astral.

Notre chagrin est compréhensible mais en même temps basé sur un malentendu : nous pleurons sur quelque chose qui en réalité, n’est pas arrivé, bien que nous disions : ma perte est une réalité. Lorsque nous aurons compris la « vraie » vérité, nous cesserons de pleurer car cette perte n’est qu’apparente, et apparente à notre point de vue seulement.

La personne disparue vit maintenant dans un nouveau corps astral comme il vivait antérieurement dans le corps physique.

Ce n’est pas là un corps qu’il revêt pour la première fois au moment de la mort, car chaque nuit, chacun quitte son corps dense et se trouver revêtu du corps astral.

On peut ainsi avancer que le sommeil est une sorte de mort temporaire dans laquelle on peut reprendre le vêtement que l’on a quitté pendant que nous dormons ; nous nous trouvons donc dans la même condition que le disparu.

La mort n’est que le passage d’un stade de vie à un autre plus subtil et ce qui arrive, c’est que l’homme se trouve exactement tel qu’auparavant dans sa propre demeure (moins le corps physique), donc avec cette différence qu’il n’est plus capable de se faire entendre ni de se faire voir par ceux qui l’entourent, car ils sont inconscients de sa présence.

En réalité la mort n’est qu’un incident périodique, se renouvelant dans une existence sans fin et c’est une conception erronée que de définir l’Au-delà comme un pays d’où personne ne revient.

Notre vie sur la terre n’est qu’un jour de la vraie vie comportant des myriades et des myriades de jours semblables.

De même qu’à chaque jour succède la nuit, nous recommençons le lendemain la vie où nous l’avions laissée la veille (nous nous déshabillons le soir et nous nous rhabillons le lendemain matin), de même l’homme après sa vie sur terre passe dans l’Au-delà et recommence la vie suivante dans un corps nouveau comme une continuation de la vie précédente, en reprenant son évolution au point où il l’avait laissée antérieurement.

Changement radical de l’être

Une autre idée fausse est que la mort produit un changement total, l’homme devenant soit un ange, soit un démon.

En mourant, l’homme ne transforme pas plus sa nature réelle qu’il ne se transforme en passant d’une pièce à l’autre en changeant de vêtement.

L’ignorant n’acquiert pas de connaissances plus hautes, il reste le même ignorant qu’il était sur terre ; l’homme intelligent continue à être intelligent. Tout progrès est graduel et successif.

Ce que l’homme était avant sa mort, il le sera exactement après, conservant ses qualités, ses défauts, ses caractéristiques. Les procédés de la Nature sont merveilleux et souvent incompréhensibles pour nous ; mais jamais ils ne sont contraires à la raison et au bon sens.

La seule différence est que l’homme a perdu le corps physique. Par conséquent il n’y a plus ni douleur, ni fatigue, ni devoirs fastidieux ; il n’est plus astreint à un travail pour gagner de l’argent car il n’a plus besoin de se nourrir, de se vêtir et de s’abriter.

Il a la liberté entière de faire ce qui lui plaît, visiter les plus beaux sites de la terre, écouter les meilleurs orchestres, contempler les chefs-d’œuvre des artistes. Il peut satisfaire tout ce qui est du domaine de l’intellect et des émotions élevées ne nécessitant pas le corps physique.

Mais il lui est impossible de satisfaire les jouissances basses et grossières nécessitant le corps : l’ivrogne souffre d’une soif inextinguible, le gourmand est privé des plaisirs de la table, l’avare n’a plus d’or à accumuler, les désirs sensuels et sexuels ne peuvent plus être assouvis jusqu’à ce que la force de la cause (appétit grossier) se trouve épuisée. Pour remarque, il faut savoir que les lieux de plaisirs : bars, discothèques, night-clubs, maisons closes, clubs libertins et échangistes, et tous autres lieux de débauches sont souvent fréquentés, en plus de leurs clients habituels, par des « entités invisibles » ou des personnes décédées avides de plaisirs sensuels qui se nourrissent de l’énergie et des appétits sexuels de leurs occupants.

Mais tout homme possédant un intérêt intellectuel ou artistique se trouvera infiniment plus heureux hors du corps physique que dans ce corps.

Impossibilité de savoir ce qui arrive après la mort

C’est là une conception tout à fait fausse qui n’existait pas dans l’Antiquité. Nous avons en général un point de vue étroit et mesquin en vertu duquel nous croyons savoir tout ce qui peut être su et que tout ce que nous ignorons a toujours été ignoré.

Parce que les anciens n’avaient ni chemin de fer, ni avions, ni radios et télévisions, nous en concluons qu’ils ne pouvaient pas avoir découvert quoi que ce soit sur les questions élevées de l’âme. Les ouvrages de spiritualité et de mystique orientale sont là pour nous démontrer le contraire.

Il est possible aujourd’hui comme autrefois, d’acquérir la connaissance de l’Au-delà, tout comme on acquiert la connaissance des pays étrangers, c’est-à-dire en les parcourant et en observant ce qui s’y trouve.

Pour cela deux moyens : l’un facile mais peu satisfaisant, celui des spirites ; l’autre, difficile mais devenant de plus en plus satisfaisant par le dédoublement conscient.

Le moyen spirite

Il se sert d’intermédiaires, les médiums ; ce qui permet à des entités désincarnées de se manifester. Mais on ignore qui sont réellement ces entités et des fraudes assez fréquentes discréditent partiellement le moyen, qui de plus est nuisible au médium dont la santé physique et psychique s’altère fréquemment.

L’autre moyen

Il repose sur le fait que nous sommes des esprits revêtus de corps et qu’il est possible d’entraîner le corps astral de façon à pouvoir travailler comme intelligence vivante dans ce corps.

Il est possible de quitter son corps physique et d’y revenir en restant conscient. C’est ce que l’on fait pendant le sommeil, la transe, mais en étant habituellement inconscient.

Il arrive même un moment où il n’est plus utile de quitter le corps pour être conscient de l’Au-delà à l’état de veille. A ce moment-là, les deux mondes astral et physique ne forment plus qu’un seul monde pour le champ de la conscience.

L’homme est une âme vivante sur laquelle la mort n’a pas de prise ; la clef de sa prison charnelle est entre ses mains et il peut apprendre à s’en servir s’il le désire.

De la sorte, il est possible à l’homme incarné devenu conscient dans ce corps subtil d’obtenir des notions sur l’état dans lequel il se trouvera après sa mort.

C’est d’ailleurs là une faculté qui existe chez tous les êtres à l’état latent et que nous développerons tous un jour lorsque le courant évolutif de l’humanité aura atteint un certain point de sa course dans un avenir très lointain.

Enfin beaucoup de personnes pensent que l’homme doit ignorer les secrets de l’Au-delà et que c’est une impiété et une témérité blâmables de chercher à les connaître. Dans ce cas l’ignorance devient une règle obligatoire, ce qu’on ne saurait admettre.

Terreur de la mort

Sa base principale est que l’on va entrer dans l’inconnu. Mais dès que nous nous rendons compte que ce soi-disant inconnu peut être connu pendant cette vie même, la plus grande partie de la terreur disparaît avec cette connaissance.

Sachant que l’événement est périodique, la terreur inspirée par l’attente d’un événement implacable et compliquée de l’horreur que cause un gouffre béant s’atténue considérablement ; l’homme regarde l’opération de la loi avec la philosophie que ne peut avoir celui qui croit à une expérience unique.

Cette terreur de la mort résulte aussi de l’idée qu’elle est un passage douloureux. Dans presque tous les cas, les derniers tressaillements et râles du corps ont lieu après que l’ego conscient l’a quitté ; même lorsque les souffrances subies pendant la maladie à laquelle la mort met un terme ont été longues et pénibles.

La paisible expression du visage, fréquente après la mort, vient à l’appui de cette assertion.

Autant qu’on peut l’observer, la totalité de la Grande Loi travaille d’une façon continuelle dans le sens de l’évolution.

Toujours la vie s’élève de plus en plus haut. C’est la forme qui meurt pour permettre à la Vie de continuer sa progression dans une forme plus affinée. La mort qui est universelle, doit fatalement n’être qu’un stade dans cette évolution. Elle n’est donc pas une chose à redouter et il faut simplement l’accepter comme une partie de la vie même.

La crainte de la mort est une erreur, car l’homme demeure constamment en sécurité dans les mains de l’Eternelle Puissance qui conserve et qui gouverne tout.

Idées de deuil et de tristesse exagérées

Bien qu’il soit naturel pour nous d’éprouver du chagrin à la mort de nos proches, ce chagrin est une erreur et un mal parce qu’ils sont passés à une vie plus vaste et plus heureuse.

Nous devons cesser d’agir en égoïstes, car nous devons penser à eux et non à nous-mêmes, donc à ce qui est le meilleur pour eux et le plus utile à leur progrès et non à ce que nous ressentons.

Si nous pleurons, il émane de nous comme un lourd nuage, qui pour eux assombrit le ciel et les fait souffrir. Chacune de nos pensées, chacun de nos sentiments les influencent ; veillons donc à ne leur envoyer que des pensées d’aide, de paix, de progrès, de purification.

L’attitude de deuil est une attitude d’incrédulité et d’ignorance. Quoi de plus attristant que l’obscurité maintenue dans la maison où repose le mort ? Quoi de plus repoussant que les longs vêtements de crêpe et la laideur recherchée du grand voile d’une veuve ? Quoi de plus révoltant que de voir la douleur de commande des porteurs de cercueil et tous les apprêts funéraires ?

Ce sombre aspect prêté à la mort jusque dans l’art et la littérature est l’un des traits caractéristiques du christianisme.

Repentir suprême et damnation éternelle

Repentir

Une autre erreur est de croire que le sort d’un homme après sa mort dépend de son état d’esprit au moment où elle se produit, et de croire à la nécessité d’une préparation immédiate lorsqu’il est près de mourir.

La seule préparation à la mort est de faire un bon usage de la vie et ce n’est pas un dernier spasme de repentir, au moment suprême, qui pourra changer la vie post-mortem.

Cependant l’état d’esprit du mourant doit être pris en considération. On sait l’importance de la dernière pensée d’une personne qui s’endort, cette pensée devant la suivre en astral ; à plus forte raison quand il s’agit du grand sommeil.

Damnation

On a parfois voulu nous faire croire qu’il y avait un châtiment  illimité et des souffrances infinies pour une somme nécessairement finie d’iniquités commises ici-bas.

Cette idée est contraire au sens commun. Il est impossible qu’une chose limitée  ait un résultat illimité.

L’enseignement d’un enfer éternel est cause de grandes souffrances dans l’Au-delà, car celui qui quitte le monde avec cette pensée, endure réellement pendant un temps les souffrances qu’il redoute. Heureusement des aides invisibles viennent le détromper, mais il leur faut parfois beaucoup de temps pour le convaincre sur ses craintes imaginaires.

Souffrances inutiles et temps perdu, voilà le bilan de cette fausse croyance que nous chercherons donc à empêcher ici-bas, avant que la mort survienne.

L’enfer éternel n’existe pas. Si l’ivrogne et l’homme sensuel se préparent un état qui se rapproche étrangement de l’enfer, il ne dure que tant que leurs désirs ne sont pas épuisés ; ils peuvent à tout moment y mettre fin s’ils sont assez forts et assez sages pour dominer ces aspirations terrestres.

Par contre, l’idée d’un purgatoire transitoire est tout à fait exacte.

Les idées vraies à connaître

La vie après la mort est d’une façon absolue le résultat de la vie sur la terre.

Partons de l’idée courante du purgatoire où l’homme doit séjourner un certain temps, de manière à être purifié à travers un état de souffrance.

Pour nous il ne s’y rattache aucune idée de châtiment de la part d’un Etre supérieur, ni l’idée d’un juge qui récompense ou qui punit.

L’homme détermine, absolument et pour lui-même, ses conditions futures comme résultat de sa vie sur terre. Si un homme a cédé à tous ces désirs et qu’il meurt, il va souffrir certainement dans son corps astral, mais la souffrance est le résultat de ses actions, elle ne lui est pas donnée comme punition.

En effet, toute passion, tout désir, provoquent des vibrations intenses dans le corps astral qui attirent (pendant la vie physique) dans ce corps, de la matière astrale qui est susceptible de répondre à ces vibrations.

Cet homme se trouvera donc retenu après la mort, dans le monde astral dense, et par les émotions de sa nature inférieure et la nécessité de se défaire d’un corps astral très résistant qu’il a vitalisé et matérialisé sur la terre par la répétition de ses passions vulgaires. Il est bien compréhensible que le temps nécessaire pour désintégrer ce corps dépendra de la résistance de ses matériaux.

Donc plus on s’adonne sur terre à une passion quelconque, plus on vitalise dans le corps astral la matière du sous-plan correspondant à cette passion et plus la durée de détention sur ce sous-plan sera longue après la mort.

Supposons un ivrogne. Il développe un corps astral qui est la base d’expression même de sa passion. Délivré après la mort du corps physique, sa passion est plus violente que jamais, mais il ne peut plus la satisfaire faute du corps dense.

D’où pour lui, un véritable enfer (temporaire) où il est brûlé par les feux de son propre désir inassouvi jusqu’à épuisement de ce désir.

Personne ne le punit, mais il est obligé de se débarrasser du vêtement qu’il s’est tissé lui-même sur terre et le temps nécessaire dépend précisément de l’emprise que le vice a eu sur l’homme.

En résumé, l’homme est obligé de détruire les obstacles qu’il s’est créé lui-même.

De même que la conduite d’un homme dans sa jeunesse crée en grande partie les conditions de son âge mûr et de sa vieillesse, de même la conduite de l’homme pendant sa vie terrestre détermine sa condition pendant les stades posthumes.

Influence de l’âge sur la vie après la mort

L’âge auquel l’homme meurt est un facteur très important, puisque nous l’avons vu, la vie post-mortem est liée au développement des désirs et des passions terrestres.

Si l’homme est âgé, il aura accompli une grande partie de la tâche qui consiste à se défaire des passions inférieures, car avec l’âge avancé le corps ne désire plus et par conséquent en général, désirs et passions ne vitalisent plus le corps astral ; tout au contraire l’élimination des matériaux grossiers du corps astral commence à s’effectuer dès la vie physique avant la mort. De même en cas de maladie.

Par contre, l’homme qui meurt dans la fleur de l’âge, aura probablement toutes ses passions dans un état de vitalité beaucoup plus intense et par suite sa vie sur le plan astral sera plus longue que celle de l’homme âgé.

Toutefois, celui qui s’est efforcé de dominer les désirs inférieurs au cours de sa vie terrestre, ne peut plus être tourmenté après la mort par des désirs qu’il a déjà éliminés. En outre, il a très peu d’éléments susceptibles de le retenir sur le plan astral et il est prêt, après un temps très bref, à passer dans des conditions meilleures.

Il existait jadis en Orient, une règle établie par les anciens sages et basée sur la moyenne de l’existence à cette époque.

L’homme devait consacrer les vingt et une premières années de sa vie à son éducation, les vingt et une années suivantes aux devoirs de sa famille, puis les vingt et une suivantes à la culture spirituelle et à la méditation, enfin les vingt et une dernières étaient passées dans l’isolement et la contemplation.

Avec la vie occidentale agitée et l’ignorance de ces questions, le travail de purification n’étant pas entrepris ici-bas, se trouve reporté à la vie astrale, ce qui en augmente considérablement la durée.

Avantages d’une longue vie terrestre

Il y a avantage par ce que la vie physique est le temps des semailles ; c’est là surtout que nous mettons en mouvement des forces dont la récolte sera  moissonnée sur les plans supérieurs. Sur les autres plans, l’homme est en général entouré de la coque de ses pensées et de ce fait ne sème rien ou peu de choses sur ces plans.

Il y a intérêt à conserver longuement le corps physique et à en tirer profit, parce que chaque incarnation donne à l’ego un travail de préparation considérable, surtout pendant la période ingrate de l’enfance. C’est donc une perte de temps qu’il est intéressant de réduire au moyen de longues incarnations.

Bien entendu, ceci suppose que le corps garde une activité moyenne  suffisante.

La vie astrale intermédiaire s’en trouve moins longue et plus facile, ainsi que nous l’avons vu précédemment et l’accession à la vie céleste s’en trouve plus rapide.

Questions diverses

Voyons maintenant quelques questions qui se posent fréquemment et dont la réponse nous donnera quelques idées justes supplémentaires.

Les morts nous voient-ils ?

Ils perçoivent sans difficulté notre corps astral et savent si nous sommes heureux ou malheureux, mais ils n’entendent pas nos paroles et ne sont pas non plus conscients en détail de nos actions physiques.

En ce qui concerne les défunts, nous sommes éveillés la nuit pendant notre sommeil, et lorsque nous nous réveillons il semble aux défunts que nous nous endormons, car nous ne sommes plus en état de communiquer avec eux.

De ce fait nous sommes avec eux pendant la nuit et loin d’eux pendant le jour ; pendant leur vie sur terre c’était juste le contraire.

Parce que nous ne nous souvenons pas de ce nous avons vu pendant notre sommeil, nous avons l’illusion d’avoir perdu nos morts ; mais eux n’ont jamais cette illusion (de nous avoir perdu) car ils peuvent nous voir tout le temps, et quand nous sommes endormis ils communiquent avec nous aussi librement qu’ils le faisaient jadis sur terre.

Ce sont nos sentiments et nos émotions qui apparaissent le plus nettement à nos morts pendant que nous sommes éveillés ; la plupart de nos pensées étant liées à des sentiments leur sont nettement perceptibles, mais toute pensée d’ordre abstrait leur est invisible.

Les morts s’éloignent-ils ?

Dans la plupart des cas, lorsqu’un homme meurt, il se retrouve là où il se trouvait auparavant, c’est-à-dire qu’il sera dans sa propre demeure là où il a vécu, là où il est mort, parmi ses proches et conscient de leur présence.

C’est pourquoi bien des morts se croient toujours physiquement vivants dans la période qui suit immédiatement leur décès et considèrent ce nouvel état de choses comme un rêve gênant.

Mais ce décédé ne peut plus se faire entendre, ni se faire voir par ceux qui l’entourent, bien que lui puisse les voir, et il restera dans cet état durant un certain temps qui dépend essentiellement du genre d’existence qu’il a menée.

Peu à peu, il sera amené à comprendre le nouvel état dans lequel il se trouve ; il rencontrera quelque ami parti depuis longtemps qui le renseignera sur sa situation actuelle. C’est alors qu’il pourra s’éloigner de son ancienne demeure.

Les morts s’inquiètent-ils de ceux qu’ils laissent ?

Cela arrive parfois et cette inquiétude est une cause de retard dans leur progrès. Si ceux qu’ils laissent sont capables de se diriger eux-mêmes et de se tirer d’affaire, le mort n’en a pas plus de préoccupation que s’il s’était éloigné d’eux sur le plan physique.

C’est donc tout spécialement une bonne action que de prendre soin d’enfants orphelins, car on délivre les parents d’un grand souci et on les aide par cela même à suivre la voie ascendante qui s’ouvre devant eux. Un exemple :

« Un ouvrier décédé ne pouvait détourner ses pensées du monde terrestre, à cause de ses inquiétudes au sujet de deux jeunes enfants que sa mort laissait sans moyen d’existence.

Un aide invisible le remarqua et lui demanda s’il n’avait aucun parent à qui on pourrait confier les enfants. Il avait bien un frère mais il l’avait perdu de vue depuis quinze ans qu’il était parti dans une ville du nord, comme apprenti charpentier.

Malgré ces indices si vagues l’aide se mit à chercher le frère dans cette ville, accompagné par le défunt.

Ils finirent par le découvrir, marié sans enfants, faisant bien ses affaires. On chercha à l’impressionner mentalement par des rêves qui l’influencèrent, mais sans succès.

L’aide alors (sur le plan physique) écrivit au charpentier pour lui narrer les choses. Devant cette confirmation de ses rêves, l’homme partit immédiatement et put recueillir à temps les enfants de son frère décédé.

Aussitôt après, le père décédé, délivré de son inquiétude, reprit joyeusement sa voie ascendante dans l’Au-delà. »

Croyances religieuses erronées

Elles sont néfastes pour les défunts qui ont ces croyances, en les faisant souffrir de terreurs concernant leur destinée future.

Fort heureusement, il y a bien des aides invisibles (vivants ou décédés) qui ont pris pour tâche spéciale de rechercher ces défunts et de les instruire sur ces faits tels qu’ils sont réellement.

Sort des enfants morts

Ce sont les plus heureux des habitants de l’Au-delà immédiat. Ils n’ont aucun sentiment de perte ou de séparation puisque leurs parents ou leurs camarades sont avec eux pendant ce que nous appelons la nuit, au lieu d’y être pendant le jour.

Pendant le jour, les enfants se réunissent et s’amusent ensemble. De plus, comme leurs pensées prennent une forme visible : si l’un d’eux désire une armée à commander, cette armée se présente à ses yeux. Aussi les enfants sont toujours remplis de joie.

S’ils sont d’un tempérament religieux, ils trouveront les anges et les saints des légendes plus tendres et plus radieux que jamais leur imagination n’avait pu concevoir.

Quant aux tout petits bébés trop jeunes pour s’amuser, plus d’une mère dans l’Au-delà est prête à les serrer sur son cœur. D’habitude ces enfants retournent très rapidement sur terre, souvent chez les mêmes parents.

Bien que le baptême ait son utilité, l’omission de cette formalité avant le décès de l’enfant, ne change en rien l’action immuable et bienfaisante des lois divines.

Communication avec les morts

Il y a la voie naturelle et normale de s’élever jusqu’à eux pendant le sommeil physique.

Il y a aussi la voie anormale du spiritisme que l’occultiste désapprouve, d’une part parce qu’elle retarde souvent le défunt dans son évolution et d’autre part parce qu’elle présente trop de risques de tromperie et de déception.

Parfois cependant des morts cherchent à communiquer parce qu’ils désirent que nous fassions quelque chose d’important pour eux. Le mieux est de s’efforcer de découvrir ce qu’ils veulent, faire la chose s’il y a moyen, afin de leur rendre le repos de l’âme.

Si nous désirons communiquer quelque nouvelle à un ami décédé, il suffit de la formuler très nettement dans notre esprit avant de nous endormir, avec la résolution ferme de lui en parler, et nous sommes sûrs de le faire aussitôt que nous aurons rejoint notre ami, une fois endormi.

Rappelons-nous cependant qu’il est positivement fâcheux de troubler les décédés pour des affaires appartenant à la vie terrestre dont ils viennent d’être affranchis.

 

 

 

 

 

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16 août 2021 1 16 /08 /août /2021 23:57

Schéma de la Création Divine

Nouvelle Théorie explicative du monde divin

 

 

 

 

 

 

Le Deuxième Dieu, la Sagesse, Sophia ou Dieu la Mère, le Logos féminin des Gnostiques, le Mental Universel, le Saint Esprit féminin. Entité féminine Céleste ou Sephira (Intelligence divine ou première émanation de l’Eternel ou Ain-Soph). Chutant hors du Plérôme, elle donne naissance au processus de la Création.

 

 

Le Troisième Dieu, le Logos, le Créateur ou Dieu le Père. Le logos personnifié, l’éon divin, en tant qu’éon qui est une émanation divine qui compose le Plérôme. Les éons fonctionnent par couple : masculin-féminin, positif-négatif, lumière-ombre. Ainsi, le Logos est-il Dieu et Satan à la fois comme principe unique et dual. Le Logos est Syzygie, il fonctionne par pair ou couple. C’est le couple Dieu/Satan. Par analogie, l’atome est composé de protons et de neutrons, ensemble ils forment une unité avec des principes doubles, c’est la particule atomique, comme le Logos. Dieu et Satan forment ensemble un éon divin, la particule et son antiparticule, Satan est, en somme, le « frère jumeau » en négatif de Dieu. Tous les deux, ils sont issus de la Source qui est l’éon divin ou le Logos.

 

 

Le Logos (Satan/Dieu) : Son aspect sombre crée le Premier Archonte, le Démiurge, qui est le Chef des Archontes, qui est l’émanation négative ou satanique de l’Univers. Les Archontes façonnent et gèrent la sphère inférieure de la Création. Ils créent le monde, le corps et l’âme de l’homme. Les Archontes vont diriger les « monades inconscientes » d’elles-mêmes vers les matrices astrales (monde l’âme) et les matrices physiques (monde corporel) afin qu’elles puissent entamer un processus évolutif. L’aspect sombre du Logos appelé Satan est le Père du Premier Archonte, le Démiurge. Le chef des archontes, Démiourgos, est le Fils de Satan par émanation. Le Démiurge crée à son tour l’Esprit qui est désigné Jéhovah, dieu de la lumière et des ténèbres dans la Bible, chef des anges déchus, les démons (dieux sous leurs aspects sombres).

Le Logos (Dieu/Satan) : Son aspect lumineux crée le Premier Archange, l’Ange suprême, le Chef des Anges qui crée les dieux de lumière, qui est l’émanation positive ou divine de l’Univers. Lui-même va donner naissance à Lucifer, le Porteur de  Lumière, le Sauveur qui est le Christ. Il est Celui qui apporte la Connaissance pour sortir des ténèbres du monde de l’ignorance et des générations successives et ininterrompues des transmigrations de l’âme ; et permettre à l’homme de retrouver le chemin qui mène à la « Mère Patrie de l’Esprit », à la Source Divine. L’aspect lumineux du Logos appelé Dieu est le Père du Premier Archange, Métatron. Le chef des archanges du monde de Briah, Métatron, est le Fils de Dieu par émanation.

Le schéma est simplifié au maximum mais le processus évolutif de la Création Divine est beaucoup plus complexe.

Une Doctrine très ancienne :

La croyance des Anciens est d’enseigner l’ubiquité de leurs Anges. Les Zoroastriens considéraient leurs Amshaspends comme des entités doubles. Les Amshaspends sont les six anges, ou Forces divines personnifiées comme dieux, qui servent Ahura Mazda qui en est la synthèse et le septième. Ahura Mazda est la divinité unique, abstraite et transcendante du zoroastrisme. Or, dans les Doctrines ésotériques archaïques qui remontent à la nuit des temps, le monde, l’univers a été créé non par Dieu mais par les dieux au nombre de sept. Le chiffre sept est la clef pour comprendre les mystères ésotériques de la création et de la manifestation à travers un processus gradué et évolutif. Ils appliquaient cette dualité des Anges dans leur doctrine ésotérique à tous les habitants spirituels et invisibles des mondes physiques innombrables de l’espace que nous pouvons percevoir.

Dans une note de Damascius, Philosophe néoplatonicien, VIe siècle, sur les Oracles Chaldéens, nous avons une preuve de cette doctrine car il dit : « Dans ces Oracles, les sept Cosmocrates du Monde (Les « Piliers du Monde »), dont saint Paul parle aussi, sont doubles, une partie est préposée au gouvernement des mondes supérieurs, les mondes spirituel et sidéral, et l’autre surveille et guide le monde de la matière ». Telle est aussi l’opinion de Jamblique, qui fait une distinction entre les Archanges et les Archontes.

Mais l’Eglise Catholique Romaine tient à faire absolument une distinction et une opposition entre les Archanges pour divins et sacrés qu’ils soient avec leurs « doubles » comme des Diables. Ils sont simplement le revers ou le côté opposé d’un attribut ou qualité. Ainsi, lorsque l’Occultiste dit que « le Démon est l’inverse de Dieu », le mal, le revers de la médaille, il ne veut point parler de deux choses différentes, mais de deux aspects ou faces de la même Unité. Mais, par comparaison, l’homme le meilleur, mis à côté d’un Archange paraîtrait un démon tant son évolution serait vile et inférieure.

Un vieil aphorisme kabbaliste bien connu dit : « Une pierre devient une plante, une plante devient un animal, un animal devient un homme, un homme devient un esprit ; et l’esprit devient dieu ». La clef de compréhension de l’évolution divine se trouve contenue dans cette phrase. Là, est la clé de compréhension du Mystère de Dieu ! Car tout dans l’Univers est en perpétuelle et constante évolution y compris Dieu. Ainsi, nous devons abandonner l’idée d’un Dieu figé, statufié dans sa position immuable de Créateur de toutes choses qui a toujours été ainsi, et qui n’a jamais évolué pour se perfectionner. Ce qui signifie que la vision de Dieu des trois religions monothéistes (Judaïsme, Christianisme et Islam) est erronée ou tout au moins largement incomplète.

La Monade ou Jiva fut d’abord projetée par la Loi d’Evolution Divine dans la forme la plus inférieure de la matière, l’état minéral. Enfermée dans la pierre, elle en sort, après une septuple giration, comme ce que nous pourrions nommer un lichen. Passant ensuite à travers toutes les formes de la matière végétale puis ensuite dans la matière animale, elle atteint le point culminant de son évolution pour devenir le germe futur qui deviendra l’homme physique. Car la Monade ou Jiva, ne peut même pas être appelée un Esprit, c’est un Rayon, un Souffle de l’Absolu, ou plutôt l’Absolu lui-même fragmenté et inconscient qui cherche à évoluer pour devenir conscient et rejoindre le Tout à la fin de son évolution.

« Je Suis la Racine qui ne meurt jamais, la Flamme à Trois Langues des Quatre Mèches… Les Mèches sont les Etincelles qui émanent de la Flamme aux Trois Langues projetée par les Sept, - Leur Flamme, - les Rayons et les Etincelles d’une Lune unique réfléchie dans les Flots agités de tous les Fleuves de la Terre. »

La « Flamme à Trois Langues qui ne meurt jamais » est la Triade spirituelle immortelle, l’Atmâ, Bouddhi et Manas, appelée Monade ou Jiva. Les « Quatre Mèches » qui sortent et s’éteignent sont le quaternaire, les quatre principes inférieurs : Prana (souffle de vie), Kama (désirs, passions, attachement à l’existence) se projetant dans le corps astral (troisième principe), qui lui-même incorpore le corps physique (quatrième principe). Ensemble, ils forment le principe septénaire de l’homme. La Triade supérieure, immortelle et le Quaternaire inférieur, transitoire et mortel.

« Je suis la Flamme aux Trois Langues et mes Langues sont immortelles » dit le défunt libéré de ses principes inférieurs, et dans la région des Flammes qui ont détruit leurs adversaires, qui se sont débarrassées de leurs Quatre Mèches génératrices du péché de la forme et de la concupiscence existentielle. »

« De même que des milliards d’étincelle brillantes dansent sur les eaux d’un océan au-dessus duquel brille une seule lune, de même nos Personnalités passagères – enveloppes illusoires de l’immortelle Monade-Jiva – brillent et dansent sur les ondes de Mâyâ. Elles apparaissent et, comme les milliers d’étincelles produites par les rayons de la lune, ne durent qu’autant que la Reine de la Nuit projette sa gloire sur les Eaux (Ondes) Mouvantes de la Vie, la durée d’un Manvantara, puis elles disparaissent, ne laissant survivre que les Rayons, - symboles de nos Egos Spirituels éternels, - lesquels se plongent dans la Source Mère (Parabrahman) et deviennent un avec elle, comme ils étaient avant. »

« Je Suis les Sept fois Sept Personnalités passagères ou formes illusoires. Je poursuis mon évolution à travers les Sept Formes, les Sept Plans, les Sept Rondes et les Sept Globes. »

La Monade ou Jiva, une fois dans le règne humain, devient alternativement Sept fois un Homme et Sept fois une Femme à travers son cycle d’évolution cosmique.  La Monade ou l’Esprit androgyne devenant successivement un homme, une femme, un homme puis une femme ; pendant sept vies successives, elle est un homme, puis pendant sept autres vies successives, elle est une femme ; et ainsi de suite, jusqu’à complète compréhension et absorption de toutes les expériences humaines, avant de passer à un stade d’évolution supérieure.

La métempsychose doctrine selon laquelle, une âme anime successivement des corps humains et animaux, est fausse car une fois parvenue dans le règne humain, l’âme ne retourne pas en arrière dans son processus évolutif. Par contre, l’âme humaine incorpore successivement, au cours des réincarnations, des corps d’hommes et de femmes.

On ne peut pas réellement comprendre la vie d’un homme, sans devenir soi-même un homme ; et l’on ne peut pas comprendre la vie d’une femme, sans devenir soi-même une femme. Cette devise est valable pour tous les domaines de l’existence, ainsi l’on ne peut comprendre la vie d’un pauvre, sans devenir soi-même pauvre ; et l’on ne peut comprendre la vie d’un riche, sans devenir soi-même riche. Tel est la Loi de l’évolution.

Les Sept fois Sept Personnalités masculines et féminines transitoires et illusoires. Car on ne peut comprendre les principes, les oppositions, les différences et les contraires sans les vivrent soi-même.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Archontes sont les « agents de la Matrice » comme dans le film Matrix. Ils façonnent, gèrent et contrôlent la sphère inférieure de la Création.

 

 

 

 

 

 

 

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2 août 2021 1 02 /08 /août /2021 19:06

La Fraternité du Royaume des Ombres

 

La Loge Noire Planétaire

 

 

Partie 10 (dernier épisode) : Les 99 Loges Noires et le devenir du monde

 

« Le Christianisme transcendant est celui qui sublime et franchit la barrière de notre conscience. C’est un christianisme de révélation personnelle, qui est en totale opposition avec un christianisme dogmatique où tout est imposé de l’extérieur par une structure sacerdotale. Le christianisme Transcendant est une voie de recherche et d’accomplissement personnelle ». Martinès de Pasqually.

 

Les 99 « Sous-Loges Noires » planétaires

 

« S’il se trouve deux ou trois hommes éveillés parmi une multitude d’endormis, ils se reconnaissent immédiatement, alors que les endormis ne les distingueront pas… Deux cents hommes conscients, s’ils estimaient leur intervention nécessaire, pourraient changer toutes les conditions d’existence sur la Terre » Ouspensky, Fragments d’un enseignement inconnu.

 

L’existence de 99 Loges Noires disséminées dans le monde, réunissant chacune 99 membres.

 

Ceux-ci ne sont, en fait, que de simples humains, sans aucun pouvoir occulte susceptible de leur attribuer le qualificatif de « mage » ; leur soif de pouvoir et de richesse en ce monde est, cependant, si forte, qu’ils acceptent, en échange de la réalisation de tous leurs désirs, de servir ces véritables mages noirs qui, eux, forment la Loge Noire dont dépendent les 99 autres.

 

Ces hommes se recrutent généralement dans les catégories sociales où le pouvoir joue un rôle important que ce soit dans la classe politique, le milieu bancaire ou le monde des affaires au plan international. Cela ne signifie pas, néanmoins, que chaque homme politique ou que chaque banquier doive, à la suite de cette lecture, être soupçonné d’une telle adhésion. En réalité, 9081 les hommes en tout et de par le monde, sont au service de la Loge Noire de façon consciente. D’autres, à l’évidence, sont utilisés sans pour autant savoir qu’ils contribuent à une immense œuvre de destruction.

 

L’addition théosophique de ces nombres donne : 9+0+8+1=18=1+8=9. Neuf est le Nombre régissant la Manifestation, 99 (9+9=18=9 aussi) implique les deux polarités de la manifestation : le Bien Positif et le Bien négatif, lequel, utilisé à l’encontre du plan Divin, devient « le Mal ».

 

L’Ordre de Thulé, si actif sous le IIIème Reich, est une des manifestations de ces 99 Loges. En effet, la Confrérie des Ténèbres fut aussi à l’origine de la vaste boucherie de la dernière guerre, lors de laquelle, peut-être pour la première fois depuis l’Histoire récente de l’Humanité, les pratiques et les emblèmes magiques furent si abondamment affichés (voir la Swastika tournant dans le sens de la densification et le pouvoir des signes runiques transcrivant le groupe des SS).

 

 

A l’effet de mieux comprendre comment la Loge Noire et ses affidés agissent, nous souhaitons livrer à votre méditation quelques lignes extraites de l’œuvre de Louis-Claude de Saint-Martin, le Philosophe Inconnu, intitulée : « Le Crocodile, ou la guerre du Bien et du Mal ». Cet épisode est la description « symbolique » d’un cercle de magiciens noirs, saisi et crayonné sur le vif de leurs opérations scélérates. Elle montre comment la pile génératrice d’influences négatives est amorcée et la chaîne électromagnétique bouclée afin que le Crime puisse techniquement fonctionner.

 

Nous entrons dans le récit au moment où le héros, Ourdeck (Aoûr d’Aesch, la Lumière du Feu), pénètre dans un temple ou prêche un redoutable Hiérophante, grand maître d’un cercle de magiciens pervers, et nous conte ce dont il est témoin :

 

« J’entre, je trouve un grand concours de peuple assemblé et paraissant écouter un homme qui était assis dans une chaire et leur parlait. Je pus, à mon aise, lire toutes les paroles de son discours, parce que, comme il parlait seul, elles s’étaient conservées d’une manière très distincte ; et je puis dire que ce discours renfermait tout ce que la plus Sage Philosophie du Portique et du Pyrée a jamais enseigné de plus pur et de plus imposant, quant à la sévérité des Principes et à la sainteté de la Doctrine. »

 

« Mais chose étonnante ! Indépendamment de ces paroles visibles, et qui étaient sorties de la bouche de l’orateur, j’en apercevais, dans son intérieur, qui étaient un peu moins marquées, mais qui l’étaient assez pour que je pusse les lire et les discerner ; c’était comme des germes de paroles, dont les uns étaient presque entièrement développés, d’autres à moitié, d’autres au tiers. Ce qui me confondit et me remplit d’indignation, ce fut de voir que ces paroles, que j’apercevais dans l’intérieur du corps de l’orateur, avaient un sens absolument opposé à celles qui étaient sorties de sa bouche ; autant celles-ci étaient sensées, sages et édifiantes, autant les autres étaient impies, extravagantes et blasphématoires, de façon que je ne pus douter alors que cet orateur en avait imposé audacieusement à son auditoire, et qu’il ne croyait pas un mot de ce qu’il lui avait débité… »

 

 

« Comme cet orateur traitait de matières saintes et divines, et qu’il les traitait publiquement, il fallait qu’il fit tous ses efforts, non seulement pour ne pas scandaliser son monde, mais encore pour l’édifier ; d’un autre côté, ces efforts eux-mêmes contrariant ses sentiments intérieurs, il redoublait aussi d’efforts en dedans, pour faire le contrepoids de ce qu’il était obligé de débiter tout haut ; et ce sont ces efforts secrets, qui, donnant à ses pensées sacrilèges un plus grand degré de fermentation, donnaient en même temps aux paroles internes qui en naissaient, une forme plus déterminée et un caractère plus marqué… »

 

« … A force de l’examiner avec attention, je remarquai encore qu’il sortait de son cœur comme un courant de ces mêmes paroles impies et sacrilèges. Ce courant était d’une couleur sombre et bronzée : il était double, c’est-à-dire qu’il y en avait un rentrant et l’autre sortant ; et le cœur de l’orateur était à la fois comme le foyer et le terme de ce double courant : ces effluves se succédaient avec rapidité, et s’étendaient dans le Temple et même au-delà, car ils passaient outre par la grande porte d’entrée ; mais comme je les voyais aussi rentrer par cette même porte, je présumai qu’il devait y avoir un second foyer à l’autre extrémité de ce courant, et je résolus de le chercher à l’instant, en suivant les traces très sensibles de cet extraordinaire phénomène. »

 

« Je parcourus donc, non sans souffrir, cette longue chaîne de paroles impies sortant du cœur de l’orateur ; je détournai mes yeux de tout autre objet, tant j’avais envie de satisfaire ma curiosité… En sortant de la grande porte du temple, je vis ce courant infect tourner à gauche dans une grande rue, au bout de laquelle se trouvait une place elliptique assez vaste ; il la traversait par le milieu, et de là entrait dans une petite rue sombre, malpropre, mal alignée et d’une longueur à m’ennuyer ; au bout de cette rue, il en enfilait une autre, qui me parut encore plus désagréable, plus sale et plus tortueuse. Mais ces dégoûts furent tempérés, en partie, par la joie et l’espoir de trouver ce que je désirais avec tant d’ardeur ; car enfin, en regardant l’inscription de cette vilaine rue, je vis qu’elle s’appelait « la rue des Singes » ; et je n’eus pas atteint la vingtième maison de cette rue, que ce double courant de paroles qui m’y avait conduit, entra dans une porte au-dessus de laquelle je vis écrit : « l’Hiérophante. »

 

 

« Jugez de ma satisfaction. Je ne doutai point que cet Hiérophante ne fût ce même personnage… que je venais de voir prêchant dans le Temple. J’entre précipitamment par cette porte ; je traverse, toujours à la lumière sombre du double courant, une petite allée obscure, au fond de laquelle se trouvait un escalier, dont une partie montait à des appartements supérieurs ; mais dont l’autre, recouverte seulement par une trappe, descendait dans une cave ; le courant se dirigeait sur cette trappe, je la lève et je la suis jusque dans la cave, où j’arrive après avoir descendu cinquante marches. »

 

 

« Là, je trouve un grand emplacement de forme pentagonale. Quatorze personnes étaient rangées tout autour sur des sièges de fer, ayant chacune au-dessus de leur tête un nom écrit, qui indiquait leur fonction et leur emploi dans cette assemblée ; au fond de cette cave, et sur une estrade élevée de deux gradins, était un autre siège de fer plus ample que les autres et mieux travaillé, mais vide ; et au-dessus de ce siège était écrit en grandes lettres : « l’Hiérophante ». J’eus alors une pleine conviction que j’avais trouvé ce qui était l’objet de mes recherches. »

 

« Indépendamment de ce courant de paroles qui m’avait conduit jusqu’à cette cave et qui avait précisément le fauteuil de l’Hiérophante pour second centre, il y avait de semblables courants qui allaient depuis ce fauteuil de l’Hiérophante jusqu’à la bouche de chacun des quatorze assistants, et qui retournaient de leurs bouches à ce fauteuil ; de façon que je jugeai que cet Hiérophante était comme l’âme de leurs paroles, et qu’ils n’en étaient que les organes et les instruments. »

 

 

« Au milieu de la place était une grande table de fer, ayant la forme pentagonale comme la cave, et sur cette table, une espèce de lanterne de papier, transparente, également pentagonale, et dont les côtés répondaient aux côtés de la table et à ceux de la cave ; au centre de cette lanterne, il y avait une pierre brune, mais luisante, et qui laissait voir à chaque assistant, des mots et des phrases toutes entières, écrites sur les faces du papier qui lui étaient correspondantes ; et ces phrases répondaient aux paroles que j’avais lues dans l’intérieur de l’Hiérophante. »

 

 

« Devant son fauteuil, il y avait une autre table oblongue, aussi de fer, et sur cette table, deux singes de fer qui avaient chacun à chaque patte et au col, une chaîne de fer rivée sur cette table ; ce qui faisait dix chaînes. Devant ces deux singes de fer, il y avait un gros livre dont les feuillets étaient aussi en fer, et que je pouvais remuer et lire à mon gré. »

 

« J’y lus clairement les traités des différents émissaires des docteurs occultes, avec plusieurs conquérants de la terre, et les horribles conditions sous lesquelles ils leur livraient les nations de ce monde… »

 

« J’y lus que ces entreprises avaient pour but de faire anéantir l’ordre de toutes choses, et d’établir à sa place un ordre fictif qui ne fût qu’une fausse figure de la vérité. On devait renverser tous les calculs, connus depuis sous le nom de calculs de Pythagore, et tellement les confondre, que l’esprit le plus simple et le mieux conservé ne pût jamais en retrouver les traces. »

 

« On devait ramener par cette même loi tous les règnes de la nature et de l’esprit, à un seul règne ; toutes les substances, soit élémentaires, soit spirituelles, à une seule substance ; toutes les actions visibles ou occultes des êtres à une seule action ; toutes les qualités, bonnes ou mauvaises, vivantes ou mortes, à une seule qualité ; et ce seul règne, cette seule substance, cette seule action, cette seule propriété, devait résider dans ce chef de l’assemblée, ou dans ce Hiérophante, qui allait bientôt lancer hautement dans le monde cette doctrine, et exiger pour récompense, dès son vivant, les honneurs de l’apothéose et sa divinisation, à l’exclusion de tout autre Dieu… »

 

 

« Ourdeck, notre héros, frémit d’horreur et d’indignation à la lecture de ce grimoire annonçant les malheurs et la ruine devant fondre sur l’Europe et le Monde ; mais il découvrit qu’un Mage de Lumière doit lutter contre ce Hiérophante des Ténèbres, afin de déjouer ses horribles trames et ruiner ses exécrables projets. Le cœur d’Ourdeck (La Lumière du Feu) s’embrasa du violent désir de connaître le Nom de celui par qui seraient sauvés les hommes. Il poursuit son récit… »

 

 

« Ce désir s’empara tellement de moi, qu’il fût comme un feu brûlant dans mon sein ; mais bientôt ce feu ne pouvant plus ce contenir en moi, il en sortit une Lumière d’une blancheur ravissante, au milieu de laquelle je vis clairement le nom d’Eléazard, et cela par trois fois consécutives… »

 

« Sachez donc qu’à l’instant où ce nom d’Eléazard fut ainsi manifesté dans cette enceinte souterraine, les quatorze hommes qui étaient assis sur des sièges de fer reprirent la vie, en faisant des grimaces et des contorsions épouvantables ; sachez que les courants particuliers qui les liaient au fauteuil de l’Hiérophante se détachèrent de ce fauteuil, et rentrèrent dans ces quatorze hommes, ce qui sembla rendre leur état plus violent ; sachez que les deux singes de fer, qui étaient enchaînés sur la petite table, furent détachés à l’instant ; qu’ils devinrent vivants et engendrèrent aussitôt chacun six autres singes vivants comme eux ; que ces quatorze singes se jetèrent comme des éperviers, chacun sur un des quatorze hommes, et les dévorèrent tous. »

 

« Sachez que l’Hiérophante même, par une violente attraction, fût amené en un clin d’œil depuis le Temple jusqu’à son fauteuil, où il me parut à lui seul plus tourmenté que les quatorze autres ; sachez aussi que les quatorze singes se précipitèrent aussitôt sur lui, et le dévorèrent, après lui avoir arraché les yeux ; sachez que les quatorze singes, après avoir mangé tout le monde, finirent par se manger les uns les autres, sans qu’il en restât vestige devant mes yeux… »

 

« Sachez enfin, qu’il se fît un tremblement de terre si violent, que tout sembla prêt à s’écrouler sur moi. Mais au milieu de ces scènes si effrayantes, une main invisible s’est emparé de moi… ; et elle m’a transporté, je ne sais par où ni par quels moyens, jusqu’à cet égout de la rue Montmartre, où vous savez que j’ai pris terre. »

 

Ici ce termine ce récit, écrit en 1798 !… Toute cette horreur n’est pas nouvelle ! Lisez-le avec attention. Vous débusquerez, avec l’acuité de votre esprit et la lumière de votre intuition, décrite sous une forme imagée, l’organisation secrète et destructrice de notre planète.

 

« Un jour tout sera bien, voilà notre espérance. Tout est bien aujourd’hui, voilà l’illusion ». Voltaire.

 

Prières pour la Quête de l’Absolu :

 

Dans les pas du Seigneur : « Oh Seigneur Dieu ! Je vais vers Toi, vers l’Infini, vers l’Absolu, vers l’Amour… vers la Conscience Totale et la Vie éternelle ! Puisses-tu un jour m’accueillir, comme tous les êtres vivants doués de conscience, dans Ton Royaume de Pure Lumière, de Béatitude et de Félicité éternelle ! »

 

« Oh Seigneur Dieu ! Dissipe-moi les images et les illusions de Mâyâ ! Et délivre-nous du Mal ! Car tout ce qui existe n’a qu’une réalité relative et non absolue, puisque l’apparence, que le noumène caché revêt pour un observateur donné, dépend du pouvoir de discernement de ce dernier. »

 

« Oh Seigneur Dieu ! Rien n’est permanent en ce monde, à l’exception de l’unique Existence cachée et absolue qui contient elle-même les noumènes de toutes réalités. Conduis-moi vers les Chemins de la Béatitude et de l’Amour Absolu ! »

 

« Oh Seigneur Dieu ! Mène-moi sur le Chemin de l’éveil progressif, vers la Réalité ultime que cachent tous les ombres des apparences matérielles. Conduis-moi vers Toi, l’Etre Ultime, que ma conscience fusionne avec Ta Conscience absolue et que je puisse vivre à jamais auprès de Toi et de Ton Amour ! »

 

 

 

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2 août 2021 1 02 /08 /août /2021 18:29

La Fraternité du Royaume des Ombres

 

La Loge Noire Planétaire

 

 

Partie 9 : L’horrible projet des Forces des Ténèbres

 

« Tout ce que nous savons, tout ce que nous pouvons vous révéler de ce secret, c’est qu’il existe encore des Maîtres dans cette science importante : vous apprendre à les chercher, vous dire à quels signes ils peuvent vous reconnaître, c’est satisfaire à tous nos engagements, et nous osons le dire, vous avoir rendu le plus important service que l’homme puisse attendre de ses semblables ». Jean-Baptiste Willermoz.

 

Le Plan de la Loge Noire : L’asservissement du genre humain

 

« Il y a deux histoires : l’histoire officielle, menteuse… puis l’histoire secrète où sont les véritables causes des événements, l’histoire honteuse. » Honoré de Balzac, Illusions perdues.

 

Les membres de cette Loge Noire planétaire sont donc de véritables magiciens noirs, praticiens de magie noire.

 

Ils ne vivent pas, cependant, à l’écart de tous, pratiquant leurs rites immondes pour leur seule jouissance. Ils agissent !… Et cette action a une incidence capitale sur l’évolution de l’humanité. En fait, ils ont un but précis et celui se comprend parfaitement lorsque l’on connaît les Lois Cosmiques.

 

Ils veulent, en effet, asservir les hommes en les maintenant, le plus longtemps possible si ce n’est toujours, dans un mode d’être, de sentir et de penser afin de bloquer leur évolution vers une plus grande conscience et la Libération des servitudes terrestres. Ils œuvrent pour la « densification », le renforcement de l’Inertie et de la Mort, inhérentes à la Matière. Ceci est leur but.

 

 

Pourquoi la Loge Noire agit-elle ainsi ? Pour une raison très simple : lorsque l’humanité accédera à un plan de conscience plus élevé et donc à une plus grande Connaissance, ces magiciens noirs ne pourront plus vampiriser l’Energie Divine que captent malgré tout les hommes. Alors, la Loi Cosmique s’accomplira et sonnera pour eux le glas : l’annihilation définitive. Sur aucun plan que ce soit, ils n’auront d’existence. Cette désagrégation fera d’eux une énergie pure et inconsciente dans le vaste Espace que gère la Divinité car c’est ainsi que Celle-ci recycle les déchets de l’Immense Aventure qu’est l’acquisition de la Conscience.

 

En conséquence, retarder au maximum cette issue fatale pour eux, là est leur seule lutte et cette dernière implique l’usage de toutes les méthodes possibles pour entraver la progression de l’Humanité. Ils sévissent donc sur Terre depuis des millénaires. Ils sont la cause des engloutissements successifs de l’Atlantide, de la fermeture, beaucoup plus tard, des Temples d’Egypte et de l’Occultation générale de tous les Mystères Sacrés.

 

 

Ils ont renforcé l’esclavage qu’est déjà en soi la condition humaine. Que ce soit sur le plan physique, psychique ou mental, ils n’ont cessé, depuis la nuit des temps, de harceler les hommes en utilisant les failles inhérentes à leur nature : la peur, la violence, les désirs inassouvis et surtout l’ignorance, qui gisent dans les tréfonds de la structure humaine, sont constamment vivifiés par le jeu de ces êtres perdus. La permissivité croissante des mœurs et l’apologie de la violence par l’esthétique portent la signature de la Loge Noire. Ils sont les instigateurs de toutes les tortures et des guerres car dans le sang, ils trouvent (eux et les démons qui les servent) la charge énergétique qui les sustentera ; ils sont à l’origine de tous les sacrifices, d’animaux ou d’êtres humains, à l’effet de se procurer cet aliment précieux.

 

Afin de régner, ils ont accru le fardeau qu’est la gestion de la matière en freinant le progrès technique et sa diffusion de par le monde, resserrant ainsi l’étau de la misère, de la souffrance physique et de la pénibilité des tâches.

 

Ils sont la cause du refus provisoire de la part de la Grande Loge Blanche de la diffusion, au bénéfice de l’humanité, d’un Savoir libérateur car ils en auraient immédiatement fait un mauvais usage.

 

« Il faut que l’humanité se prépare. Celui qui dort va se réveiller. C’est votre incroyance qui le rend plus puissant, qui le renforce. C’est votre stupide foi en la science qui le renforce dans sa malédiction. Il subsiste dans la moindre petite part de vie, les atomes, mais il est invisible. Il vit dans tout ce qui Est. Il est dans la moindre petite parcelle. »

 

 

 

Ce que l’on observe dans cette vidéo, surtout vers la fin, est un résumé symbolique de rituel de Magie Noire opérée par la Loge Noire planétaire dans un but de « mise à mort » aussi bien d’un simple individu comme de l’Humanité tout entière. Ils vont tout faire, jusqu’au bout, tout tenter pour sauver ce qu’il reste de leurs « êtres » et de leurs « consciences » !

 

 

 

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